Pourquoi les règle de jeu sont parfoi tellement mal traduit

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Vous est-il déjà arrivé de lire des règles de jeux mal traduites? Bourrées de fautes d’orthographe? Et de vous dire que l’éditeur avait réalisé un travail vraiment moisi?

Limp nous signe ici un article acerbe, riche et éclairé. Et par expérience, il sait de quoi il parle.

Problème de règlement

S’il y a un sujet qui revient bien souvent dans les forums traitant des jeux de société, c’est bien celui des soucis de règles de jeux. Précisions manquantes, fautes d’orthographe, traduction approximative ou amputée d’un paragraphe, j’en passe et des meilleures. On trouve même régulièrement de splendides coquilles sur le couvercle ou le dos d’une boite de jeu.

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Et je ne vous parle pas des articles rédigés sur les sites ou blogs ludiques, qui eux aussi, minés, peuvent donner une impression bien moins professionnelle de notre petit univers qu’il ne l’est vraiment (mais là, nous sommes hors-sujet).

Il y a plusieurs mois, un de vos commentaires sur un de mes articles me disait que je devenais un peu « bisounours ». Que nenni. Je rédige tout simplement moins de billets, et, la plupart des fois, je préfère utiliser ce temps pour vous parler d’un jeu que j’ai apprécié. Et même là encore, je retrouve souvent à redire !

Je vais revenir sur ce secret de polichinelle de comment sont (souvent) traduites les règles d’un jeu de société. Et tout ce que vous allez lire est avéré. Comme le but n’est pas de faire un procès à untel ou untel, je ne nommerai personne, surtout que pour vous servir des exemples, je mêlerai parfois plusieurs cas entre eux comme s’ils ne faisaient qu’un.

Alors, comment traduit-on une règle de jeu en français?

La plupart des éditeurs francophones, pour ne pas dire tous, traduisent les règles de jeu en interne. La chose est des plus logiques. Pour autant, elle ne garantit pas une qualité finale exemplaire. Maints exemples pourraient être donnés. Traducteur, à la base, c’est un métier. Le souci, et je vais y revenir, c’est qu’il vaut mieux être un joueur de jeu de société pour traduire correctement. En même temps, c’est un peu vrai dans tous les domaines, non ? Et les traducteurs de métier étant joueurs de jeux de sociétés modernes, ça ne doit pas courir les rues.

Mais quand vous vous ouvrez un jeu de société d’un éditeur étranger et que, à votre plus grand bonheur, se trouvent dedans des règles du jeu en plusieurs langues dont la nôtre, eh bien figurez-vous que ce n’est que bien rarement fait en interne. Et quand ça l’est, c’est bien souvent ce que  nous appelons humblement de la « traduction google ». Avant l’arrivée de Monsieur Sathimon, j’écorche probablement son pseudo : qu’il  me pardonne, traducteur infatigable, certaines règles de jeux en VF sur les jeux japonais, par exemple, ressemblaient aux légendaires notices Ikea qui vous font devenir fous…

Non, la plupart du temps, mais également chez les éditeurs français il y a quelques années, quand on commençait fébrilement à faire des versions françaises des meilleurs jeux, les règles sont rédigées par des joueurs passionnés, comme vous et moi. Et ces derniers sont « remerciés » par un exemplaire du jeu, et parfois par un second jeu, quand ils ont de la chance. Donc non, pas de rémunération, rien d’officiel. Et bien souvent, pour avoir votre nom (petit prestige qui fait la fierté du traducteur) en fin de règles dans la ligne concernée, il faut encore le demander…

Une boite de jeu, pour info, coûte environ 7€ de fabrication, tout compris. 7€ est le prix donné par les éditeurs de Taverna lors d’une présentation à la télé. 

Une traduction varie beaucoup, mais quand vous avez 15 pages, ça se comptent en heures. Plusieurs heures. Donc, c’est un coût vraiment faible pour l’éditeur. Surtout quand très souvent il n’a pas d’envoi postal à faire vu que le jeu sera réceptionné à Essen. Et sur place, comme le traducteur n’est connu de personne, c’est bien souvent une demi-heure d’attente et un ersatz de négociation pour repartir avec la boite tant méritée. Par contre, ce qui est plus sympa pour le traducteur, c’est que ces 7€ de boite de jeu pour l’éditeur, c’est davantage pour lui: 35/40€ dans le commerce. Mais bon, on ne s’y retrouve pas et le travail, non déclaré, n’est  pas « reconnu ».

Il suffit donc que le traducteur fasse des fautes pour que celles-ci se retrouvent imprimées dans votre joli livret. Vu que l’éditeur ne parle pas la langue, il ne pourra pas contrôler, et, si le traducteur ne s’impose pas un travail de relecture. Mais il faut également un relecteur externe. Car nous faisons tous des fautes systématiques. J’entends par-là des fautes qui  ne sont pas dues à un manque d’attention ou à une erreur de frappe.

J’ai d’ailleurs fait un travail de relecture pour un « gros » jeu. Le traducteur de base était de la même nationalité que l’éditeur et professeur de français de métier. Il n’était pas joueur du tout. Et ça se sentait !

Je ne sais plus comment il avait appelé une « tuile », par exemple…

De même, sans parler des phrases incompréhensibles, le monsieur avait évité très souvent d’utiliser un même mot à intervalles trop rapprochés (comme on nous apprend à le faire pour avoir une jolie rédaction). Mais il le faisait pour illustrer un même élément du jeu ! Imaginez un peu pour vous y retrouver…  Et oubliez votre nom dans le livret pour une « simple relecture », même si au final, vous avez énormément changé tout ça…

De plus, pour cet exemple-là, le jeu est sorti par la suite chez un éditeur en VF. Je ne sais pas si l’éditeur a réutilisé ces règles ou s’est appuyé dessus, mais si c’est le cas, traducteur et relecteur de base ne seront pas cités, forcément : c’est du travail en interne…

Vous lirez partout sur le web ludique que les jeux de société sont de meilleure qualité. On pourrait en débattre. Je reconnais l’évolution graphique. Et la reconnaissance grandissante envers les illustrateurs, enfin. Les produits sont de plus en plus beaux. Mais il sort de plus en plus de jeux, et le pourcentage de jeux oubliés, parfois sans que le jeu ne puisse avoir la moindre chance du fait de la profusion, est de plus en plus élevé. J’ai l’impression que l’intérêt ludique sur le long terme, en terme général, décroit. Tout comme les jeux les plus « gamers ». Pourquoi ? La cadence mes amis, la cadence…

Ça nous aura permis de voir un nouveau genre émerger : les jeux dits « minimalistes ».

Pourquoi cette parenthèse sur le sujet initial, me direz-vous ? Eh bien, parce que forcément, tout ça nuit à la qualité des traductions de règles. En effet, combien de fois il sera demandé au traducteur de réaliser sa VF en un temps imparti bien court, afin de pouvoir envoyer tout ça à l’impression à temps pour que le jeu soit prêt pour Essen ?

Et comme c‘est traduit en plusieurs langues, chacun des traducteurs y va de sa proposition d’amélioration, quand ce n’est pas l’éditeur lui-même. Du coup, vous devez faire des changements partout, faire une V1 de vos traductions, une V2 etc etc. Et quand on remplace un terme par un autre, pour ensuite revenir au premier (et ce n’est qu’un des nombreux exemples), le risque d’erreurs où plusieurs versions et termes se seront mélangés augmente, le stress de la deadline amplifiant tout ça. 

Je me souviens du cas d’un jeu qui, paru en VO à Essen ne possédait pas le même matériel dans sa boite que celui listé dans les règles. Pourquoi ? Parce que l’auteur avait fait des changements entre-temps et que ces derniers n’ont été pris en compte que dans l’un des deux cas : règle ou matériel. Et pourquoi ? Pour sortir le jeu à temps à Essen… 😦

Et, imaginez que sur un gros jeu bien stratégique, vous travaillez souvent à l’aveugle, sans avoir connaissance de ce à quoi ressemble le matériel ou le graphisme. Pour être certain d’utiliser le bon mot, pourtant, avoir cette base est indispensable. Une bonne moyenne d’un éditeur sur deux ne l’a pas compris alors que bien souvent, il a déjà tout ça à disposition. Peut être craignent-ils une fuite et une mise en ligne trop tôt sur le net…

Vous en voulez encore ? Il arrive qu’un traducteur lise sur les forums que la VF est moins précise ou qu’elle rabâche plusieurs fois la même chose et que donc le traducteur est mauvais. Bien souvent, cela est dû au fait qu’il est imposé une traduction avec un éloignement minime (pour ne pas dire quasi nul) de la VO, et parfois encore un nombre de caractères équivalent à la version anglaise. Et le français, ça prend bien plus de place, malheureusement.

Fort heureusement, je ne vous présente là que tout ce qui ne va pas. Et fort heureusement encore tous ces cas n’arrivent pas tous en même temps, sinon, c’est mission impossible.

Alors, comment faire pour améliorer tout ça?

Pour ma part, je prône que le métier de traducteur soit reconnu et la personne payée, avec un contrat. Cela obligerait le traducteur à prendre ses responsabilités et à faire un travail sérieux s’il veut qu’on refasse appel à lui. Alors oui, c’est une dépense supplémentaire. Mais une fois, et sur le nombre de boites vendues, je ne pense pas qu’on en ressente l’impact financier. Mais c’est un autre débat. Une règle mal rédigée peut faire perdre pas mal d’acheteurs potentiels…

… tout comme une règle mal expliquée lors d’un salon !

Car nous avons le même problème avec les personnes expliquant les règles. Non déclarées pour la plupart, on leur offre quelques boites de jeux en échange de journées complètes à expliquer des règles de jeu. Certaines connaissances ayant demandé des jeux qui n’étaient pas encore sortis ont dû faire des pieds et des mains pour obtenir plus tard ce dû…

Et moi qui regarde le géant Asmodée bien souvent avec méfiance, effrayé de manière générale par les géants qui dévorent les petits poucets sur leur passage pour ensuite pouvoir faire leur loi, eh bien, je leur tire mon chapeau. Lors de Paris est Ludique, les démonstrateurs, qui n’étaient pas des employés de l’éditeur de base, étaient des personnes, parfois auto-entrepreneurs mais payés comme il se doit et non « remerciés » par des boites de jeux. Pourvu que ça se généralise. Bien souvent à Essen, et surtout sur les stands des grands éditeurs allemands, les démonstrateurs sont de ravissantes demoiselles  qui ne sont en rien des joueuses et à qui on explique rapidement le jeu juste avant l’ouverture du salon. Essen, ce n’est pas le salon de l’automobile. Je préfère qu‘on m’explique bien la règle du jeu, plutôt que de repartir en me disant : bon, le jeu est buggué, mais la fille qui me l’a expliqué était toute mimi…

L’univers du jeu de société grandit, et on a fini par mettre les auteurs mieux en avant et à les reconnaître, puis les illustrateurs. La prochaine étape sera selon moi de ne plus jouer sur le côté geek et passionnés des traducteurs et démonstrateurs, de les reconnaître à leur tour. Cela aura comme avantage d’accroître la qualité et de la rendre bien plus régulière…

Et vous, comment avez-vous réagi quand vous êtes tombés sur des règles mal traduites et bourrées de fote?

Donjons et Dragons 5 en français? Hasbro ne cèdera pas

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Sorti en août 2014 et blindé de prix, tous les livres de la 5ème édition de Donjons et Dragons n’existent pour l’instant qu’en anglais. Une année après, toujours aucune trad française.

Et c’est bien dommage, car DD5 est une excellente édition. Plus fluide, plus nerveuse, plus orientée débutants. DD5 a même réussi à dépasser Pathfinder qui est depuis devenu une véritable usine à gaz.

Mais alors, pourquoi est-ce que cette nouvelle version n’a toujours pas été traduite en français? Est-ce que les éditeurs francophones de jeux de rôle ne sont pas intéressés?

Bien au contraire, en fait.

De source sûre, plusieurs éditeurs ont contacté Hasbro, qui possèdent Wizard of the Coast, l’éditeur de DD. Et à chaque fois, Hasbro a refusé les propositions.

Pourquoi?

Hasbro dit ne vouloir donner la licence à aucune édition étrangère pour traduction, ils préfèrent que la VO soit la seule et unique édition.

Mais pourquoi? Ca n’a aucun sens, me direz-vous. Si DD5 était traduit en VF, ça marcherait.

Mais Hasbro ne cèdera pas.

Et c’est bien dommage pour le public francophone, car le vocabulaire est quand même technique. Et pour tenir actuellement une campagne DD5, je peux vous assurer qu’il faut vraiment que tous les joueurs à la table soient parfaitement bilingues pour maîtriser les termes, ou que le MJ fasse un gros travail de trad perso.

Voici nos théories, probables ou fumeuses, pour expliquer le refus d’Hasbro :

  1. Tout à fait probable: Hasbro préfère que les joueurs soient obligés d’acheter la VO. Directement chez eux. Que chez eux.
  2. Un poil fumeuse : Parce que les offres de rachat de la licence faites à Hasbro n’étaient pas assez convaincantes.
  3. Plus que fumeuse : Parce que Hasbro compte lancer les traductions en interne.
  4. Probable. Quoique : Parce que Hasbro a déjà signé la licence VF mais qu’ils n’ont pas encore le droit de le dire. Mais alors pourquoi attendre plus d’une année???
  5. Tout à fait probable : Parce que les bureaux de Hasbro ont été colonisés par une race extra-terrestre hyper-puissante qui ne maîtrise que l’anglais terrien.
  6. Fumeuse ou probable, on ne se mouille pas : Parce que Hasbro attend de connaître les chiffres de vente pour voir si la 5e édition marchera ou pas avant de vendre la licence. Et à quel prix.

Entre temps, vous pouvez toujours télécharger l’excellente traduction non-officielles des règles du Starter Set réalisée par AideDD.

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Ou vous rabattre sur la VO…

Et vous, comment expliquez-vous la décision d’Hasbro? Vous êtes tristesse?

Empires, une extension pour 7 Wonders

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Nous l’avions déjà publiée en anglais il y a quelques temps, Empires, l’extension non-officielle de Scot Eaton, vient d’être enfin magnifiquement traduite par la Cave aux Trolls, à Domancy en Haute-Savoie.

Pour télécharger la règle en vf

Pour télécharger les cartes

Pour télécharger le plateau

Empires rejoint notre compile d’extensions non-officielles pour 7 Wonders.

Encore bravo et merci la Cave aux Trolls !

Et si l’extension vous intéresse, voici nos conseils d’impression

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Tout le matériel de l’extension

 

Urban Panic, les règles en français

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Urban Panic est l’un des jeux de l’éditeur polonais G3 qui est sorti à Essen la semaine passée.

Michaël Ferrari est non seulement vaudois mais également grand fan de jeux de société. A tel point qu’il vient de traduire lui tout seul les règles du jeu. Officiellement puisque son nom est mentionné dans les règles.

Michaël nous fait l’immense plaisir de nous les proposer sur Gus&Co.

Les voici pour vous en AP.

Dungeon of Mandom, les règles en français. Et non, ce n’est toujours pas un titre de film SM

Une petite boîte au format habituel pour l'éditeur. Mais méfiez-vous de la taille, le jeu est excellent.
Une petite boîte au format habituel pour l’éditeur. Mais méfiez-vous de la taille, le jeu est excellent.

Nous avons publié l’article d’Izobretenik sur Dungeon of Mandom il y a quelques jours, et le jeu / article a eu visiblement tellement de succès qu’une traduction vf a été demandée. Et paf, c’est chose faite, grâce à Izobretenik qui manie couramment la langue des ninjas (et peut-être aussi les shurikens, surtout pour cuisiner). Merci qui?

L’article qui présent Dungeon of Mandom

Pour télécharger les règles en vf de ce formidable jeu japonais

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Amerigo, correctif des règles 2.0

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Notre critique et errata des règles (tellement mal traduites c’est pas possible) d’Amerigo a tellement déchaîné les passions, et lever d’autres lièvres, que nous avons décidé de publier un correctif en soi, un vrai pédaihaif à télécharger.

Si vous voyez encore d’autres erreurs de trad / règles, laissez-nous un commentaire et on lancera la V2.

Et c’est ici que ça se trouve

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PS : Si jamais vous vous cherchez un travail comme traducteur de règles d’anglais à français, écrivez à Queen Games à info@queen-games.de et proposez-leur vos services, vous ne pourrez JAMAIS faire pire que leurs traducteurs à eux (pour autant qu’ils en aient…).

Tout ça me rappelle quand même furieusement un précédent article,

Éditeurs de jeux, tous des amateurs?

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Amerigo: critique du jeu & errata

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Amerigo est le nouveau GROS jeu de Stefan Feld (Trajan, Notre Dame) paru chez Queen Games en octobre 2013, pour 2 à 4 joueurs, avec des règles en multilingue (aucun texte sur le matériel de jeu). Amerigo avait été préalablement lancé sur Kickstarter en printemps 2013.

Voici notre critique du jeu ainsi qu’un correctif important des règles car la traduction française, comme souvent chez Queen Games, cf. Lancaster, laisse passablement à désirer et peut entraîner des erreur.

erratum1. En page 12, Actions de planification et d’expansion, la règle française dit : « Quand le propriétaire choisit l’action planification, il peut prendre deux tuiles de terrain neutre supplémentaires de son choix. Il doit cependant payer les deux avec des points d’action. » Ce n’est pas très clair, et peut largement prêter à confusion. C’est le terme « supplémentaire » qui pose problème ici.

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Alors que la règle allemande dit que le propriétaire de la tuile peut prendre deux tuiles neutres, sans aucune utilisation du terme « supplémentaire ». Et la règles anglaise, la plus claire ici, dit : « During the « Plan » action, the token’s owner may take two neutral landscape tiles instead of one as long as he pays the cost for both tiles. » Donc une tuile supplémentaire.

En résumé, au lieu d’une seule tuile neutre, le joueur peut en prendre une deuxième. C’est plus clair maintenant.

Mais WTF, pourquoi pas ne pas traduire tout simplement mot-à-mot pour éviter ce genre de souci?

2. En page 7, action verte : expansion, point b tout en tout en haut : « soit à une série de tuiles de terrain neutres ou appartenant au joueur, et qui aboutit à son propre comptoir commercial. Le joueur n’est pas obligé d’avoir construit sur les tuiles de terrain. » QUOI ? « Le joueur n’est pas obligé d’avoir construit sur les tuiles de terrain. » HEIN ? En fait, la traduction ne veut strictement rien dire. Rien. Non mais vraiment rien du tout. Vous avez beau chercher.
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Les règles allemandes disent : « Dabei spielt es keine Rolle, wer die allgemeinen Landschaftplättchen gebaut hat », i.e. cela ne joue aucun rôle de savoir qui a posé la tuile neutre. La règle anglaise dit, en gros, la même chose.
En résumé : on peut construire d’autres tuiles à côté de tuiles neutres, peu importe qui les ont joué préalablement. C’est plus clair ainsi?
3. En page 11, pour la tuile navigation, il est bien indiqué +8, alors que la traduction française indique… 5. WTF? Queen ne sait même compter (ou alors juste son chiffre d’affaire). Merci à Yannibus pour le rajout.
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4. En page 4, avant-dernier paragraphe de la version anglophone : « Multiple players can choose the same action ». Ceci n’est simplement pas traduit en français. C’est quand même plutôt important. En résumé : les joueurs peuvent utiliser la même action. Logique, mais pas précisé en vf alors qu’en anglais, oui.
5. En page 4 toujours, en anglais il est indiqué : « action points (AP) that can be spent on a single available action during this game phase ».
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En français, queud.
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En résumé, on ne peut faire qu’un seul type d’action par tour (ou refuser son action et recevoir de l’or à la place, aussi possible, dans ce cas on divise le nombre de cubes par trois et on arrondit au chiffre supérieur)
Ceci n’est pas clair du tout en français, le fait qu’il n’y ait qu’une action par phase, alors qu’en anglais, c’est même souligné en gras. Merci à Wraith75 pour le rajout!
Nous n’avons pas vu d’autres erreurs, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a n’a pas. Si vous en trouvez d’autres, dites-nous, on les rajoutera ici.
themeHa ben pour une fois pour un jeu de Stefan Feld, le thème est presque bien exploité. On joue des explorateurs, comme Amerigo Vespucci (sa vie, son oeuvre, ici), on navigue, on découvre, on établit des comptoirs, on progresse, on s’arme contre les pirates (quoi, des pirates au 15e siècle, alors qu’ils ont véritablement écumé les mers au 18e? Ok j’arrête de pinailler). Un bon thème, bien exploité, et les actions sont presque toutes cohérentes. Presque. Parce que la mécanique principal n’a rien à voir.
materielLe plateau est hideux. Sérieusement. L’éditeur a réussi la prouesse de sortir un plateau de jeu avec un vert en même temps plat et criard. Honnêtement, ça pique les yeux. Le reste est assez commun, tonnes de bouts de tuiles en carton pour s’étendre, ressources, et pions en bois. Mouaif, côté matos on repassera.
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Deux points positifs toutefois: la tour, exactement la même que dans Shogun déjà chez Queen Games, dans laquelle on balance les cubes d’actions multicolores. Originale et surprenante. Mais attention de ne pas trop bouger la table, la tour risque de « vomir » ses cubes à des moments inopportuns.  Autre point positif, la boîte de rangement, avec du thermoformage pratique, certainement le premier jeu de Feld qui propose un tel espace de rangement idéal. Kudos!
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mecaniqueLa mécanique principale repose sur l’utilisation de la tour. A chaque tour, 7 par saison pour 5 saisons en tout, on jette le contenu d’une case dans la tour. Selon ce qui en ressort, on connaît alors les actions disponibles pour le tour, sachant que la majorité d’une couleur donnera la quantité. Exemple : 3 cubes bleus sortent, en même qu’un jaune et deux bruns. On a donc à dispo 3 actions bleues, mais également 3 jaunes et 3 bruns (puisque la majorité est de 3). Ingénieux, surprenant, original. Certes, la chance est importante, on ne sait jamais exactement ce qui va jaillir de la tour, mais on peut s’amuser à parier sur les prochains tours selon ce qui est ressorti et ce qui pourrait logiquement ultérieurement ressortir.
tour
Les jeux qui proposent des mécaniques originales sont extrêmement rares de nos jours, la production ludique actuelle se marche allégrement dessus en reprenant toujours les mêmes recettes, enchères, placement, majorité, objectifs secrets… Dans Amerigo, la tour épice le jeu.
La vidéo super brève
Inutile de présenter tout le reste du jeu, complexe, mais selon les actions on peut naviguer, s’étendre, progresser scientifiquement, s’armer, avancer sur la piste d’ordre du tour, etc. Au final, la mécanique du jeu est extrêmement fluide.
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L’interaction est plutôt froide, on ne peut pas directement s’en prendre à un autre joueur, mais les îles peuvent très bien se partager, et confèrent des points si elles ont été complètement construites. Un petit côté opportuniste, car il faut savoir s’installer chez ses voisins pour bénéficier de ces points. Malin, entre Terra Mystica et Blue Moon le jeu de plateau.
Et évidemment, on peut piquer les ressources avant les autres, sur les îles ou au marché, tout le sel du jeu.
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Donc au final, une bonne interaction, qui fait que la partie est en constante évolution et qu’on ne s’embête jamais hors de son tour.
conclusionAmerigo est un grand grand jeu, pas étonnant qu’il ait été élu meilleur jeu d’Essen 2013 (même si, soyons honnêtes, ces classements sont vraiment du vent puisque vous avez deux pelés trois tendus qui votent, les autres préfèrent jouer et découvrir. C’est surtout une excellente vitrine publicitaire pour les éditeurs. JedisJeux en parle d’ailleurs ici).
La taille, et le poids, de la boîte pourront en rebuter certains, on peut s’attendre à un tout gros jeu de 2-3h, alors qu’au final on plie une partie à 4 joueurs en 90 minutes. 7 actions pour 5 manches peuvent paraître beaucoup, mais au final, chaque action est très courte, on n’attend pas longtemps entre son tour, il y a toujours à observer, planifier.
La tour est vraiment excellente, elle dynamise et épice le jeu, un grand bravo à l’auteur d’avoir su brillamment l’exploiter (et la recycler de Shogun).
Je me faisais la remarque en 2012 que les jeux devenaient de plus en plus chers, alors qu’avec Amerigo, pour une grosse boîte bien remplie, on ne paie au final que 40-45 euros (par exemple sur Philibert). Est-ce qu’on s’est habitués ou les prix ont quelque peu baissé?
likeUn excellent jeu, addictif, on a envie d’y rejouer pour tester d’autres stratégies
Le système de la tour, dynamique et surprenant, poussant les joueurs à adapter leurs actions et à parier sur les prochains tours.
Des parties à 2 aussi bien qu’à 4 joueurs, et inversement. La taille du plateau est adaptable, et même à 4 on ne doit pas trop attendre.
Le prix du jeu, acceptable pour un tel déluge de matos et une telle qualité ludique.
Des parties extrêmement différentes et intenses.
Une grande rejouabilité puisque la config du plateau change à chaque fois.
Un jeu étonnamment fluide et instinctif, les explications de règles sont relativement courtes (comment expliquer des règles de jeu, 10 conseils, au passage)
Un excellent Feld, qui a sorti plus de 4 jeux cette année. Oui, 4! Bruges, Bora Bora, Rialto et Amerigo. Dingue! Et des gros jeux, pas juste de simples petits jeux de cartes…
paslike
La traduction très moyenne, c’est le moins qu’on puisse dire, qui peut engendrer des erreurs d’interprétation de règles. Cf errata ci-dessus. Hey, Queen Games, j’ai une proposition pour vous, et si vous sortiez un peu moins de jeux et passiez plus de temps à les fignoler? Par exemple.
La couleur du plateau, l’esthétique moisie, ça donne mal aux yeux. Pas folichon. Quand on voit de (petits) éditeurs se casser le cul pour soigner le design de leurs jeux, Ludonautes, Matagot, Pearl Games, franchement on sent ici que Queen a clairement bâclé le travail.
Les backers Kickstarters qui ont payé leur jeu plus cher que prix public. Pas cool Queen Games. Le Crowdfunding, menaces ou opportunités?
La tour, pas toujours très pratique puisqu’elle est très « sensible ». Mais je pinaille. Pensez à la mettre sur une surface plane et stable.

Quarriors! : traduction des cartes en français

Notre ami et néanmoins collègue ludique Hebus vient de passer 412 heures à traduire les cartes de Quarriors! en français.

Bravo à lui pour son travail titanesque et non moins chatoyant, ainsi qu’à CycyX sur BGG.

Bref rappel : Quarriors ! est un dice-building, qui reprend la même mécanique que Dominion / Thunderstone, mais avec des dés. Notre critique et aide de jeu à découvrir ici.

Avec son accord, voici le fichier à télécharger en PDF.

Le site d’Hebus, Boardgame 42

Aide de jeu : Municipium, traduction des règles

Sorti en 2007, Municipium de Reiner Knizia n’a jamais été traduit en français, et c’est dommage.

Jeu de majorité et de placement dans la Rome Antique aux couleurs chatoyantes, il aurait mérité une vf.

Qu’à cela ne tienne, nous avons traduit les règles nous-mêmes.

La version light des règles en PDF ici

La version complète (et lourde) des règles en PDF ici