Oui, les ordinateurs sont capables de nous mentir. Brains vs AI. Un ordinateur à l’assaut du poker. Inquiétant

robot

Ca y est, on est foutu. Ou presque. Bientôt. Terminator, Skynet, tout ça.

Depuis le 11 janvier, quatre (très bons) joueurs de poker, Jimmy Chou, Daniel Mcaulay, Jason Les et Dong Kim, affrontent en même temps (mais séparément en heads-up, i.e. à un contre un) une intelligence artificielle, Libratus, au poker. En Texas No Limit. Sur 120’000 mains. Jusqu’au 30 janvier. Et ils en sont déjà à plus de 70’000 mains.

La revanche des ordinateurs.

En avril 2015, Claudico, le prédécesseur également développé par Carnegie Mellon University, s’était ramassé contre quatre joueurs (dont deux les mêmes). Donc en heads-up à plusieurs, c’est l’homme qui est plus fort au poker.

C’est l’homme qui est plus fort au poker. C’est? C’était? Rendez-vous à la fin du mois de janvier pour voir qui remportera le duel. Pour l’instant, les parties peuvent être suivies sur Twitch.

Et pour l’instant, ça sent le sapin pour les humains. C’est Libratus, l’intelligence artificielle, qui a l’avantage. De beaucoup. Elle a déjà raflé 700’000 aux humains.

libratus

Il faut dire que le poker est un jeu aux variables impressionnantes et surtout basé sur le bluff et la lecture de ses adversaires (même online). Si une intelligence artificielle a été capable de gagner au jeu d’échecs à la fin des années 90, puis au Go en 2016, il n’est pas impossible que Libratus parvienne à nous battre au poker, nous, pauvres humains que nous sommes. Et comment est-ce possible? L’intelligence artificielle est en mode « deep learning », autrement dit, elle apprend et s’améliore.

Alors oui, si vous êtes de fidèles lecteurs de Gus&Co vous vous souvenez certainement de Cepheus, l’intelligence artificielle qui a déjà gagné au poker en janvier 2015. Mais c’était un poil différent, puisque:

  1. il s’agissait de Texas Limit Hold’em (et pas No-Limit comme aujourd’hui)
  2. il n’y avait qu’un seul joueur en heads-up

(et la toute dernière phrase de l’article se mettait à l’époque le doigt dans l’œil et bien profond jusqu’à l’omoplate… Car une année après, on sait ce qui s’est passé avec le Go…)

Donc oui, cette histoire est intéressante à plus d’un titre. Car elle prouve qu’un ordinateur est capable de bluffer. Autrement dit, de nous mentir. Faut-il nous en inquiéter?

C’est quoi le prochain défi humain VS IA? La plomberie? La politique internationale?

Ça ne vous fait pas un peu flipper, vous, qu’une intelligence artificielle puisse être plus balaise que des humains?

 

L’émerveillement. Cette insolite émotion qui nous motive à jouer

lake_side_by_frankatt-d8p1qn8

Chaque lundi pendant quatre semaines nous nous intéresserons aux émotions et à leur rapport au jeu. Voici le tout premier article, consacré à l’émerveillement.

Méandre

Laissez-moi vous raconter une petite histoire. J’habite près d’une toute petite rivière. A peine plus grande qu’un ruisseau. Sertie dans un carcan de verdure. Une petite balade délicieuse. Je m’y rends volontiers avec mes deux enfants de deux et trois ans.

Lors de nos pérégrinations cela leur arrive souvent de rester figés pour observer l’eau qui coule, un méandre, une minuscule cascade, des cailloux immergés. Plus que de l’observation, ils sont en pleine contemplation. Dans l’émerveillement.

Quant à moi, père, adulte, sans mes enfants je ne m’arrêterais pas pour apprécier le paysage. Trop habituel, naturel et normal. Mes enfants, très jeunes, eux, sont surpris et émus. A mon tour alors d’être émerveillé. De leur émerveillement. Et si l’émerveillement était une émotion que nous rechercherions tout au long de notre existence? Pour nous faire goûter à une certaine forme de bonheur? Pour transcender notre quotidien?

Séquence émotion

Les émotions sont ces états humains (et animaux) qui nous agitent tous. Parfois en mal, avec des émotions négatives telle que la colère, l’angoisse, la peur, la culpabilité, la frustration, parfois en bien avec des émotions positives telle que la joie, l’amour, l’admiration, l’émerveillement.

L’émerveillement, justement. Cette émotion générée par la surprise qui nous rend alors perplexes et fascinés. Une émotion extrêmement positive de bien-être qui nous sublime.

Plusieurs éléments peuvent susciter de l’émerveillement: certaines formes d’art, certaines nouvelles expériences, des individus, certains rituels religieux. Quand on y pense, c’est d’ailleurs peut-être l’une des raisons de ralliement à la religion. Qu’à travers fêtes, rites et traditions elle parvienne à investir le quotidien d’un merveilleux sacré et enchanteur.

Avec le triste constat que plus on vieillit et moins on s’émerveille. Ce qui nous émerveillait enfant cède alors sa place à la routine. Adulte, la contemplation et l’émerveillement se font de plus en plus rares ou deviennent des pratiques, des états d’esprit choisis. L’émerveillement, une émotion rare et recherchée.

Jouer, c’est s’émerveiller

En 2017, les jeux vidéo font leur révolution. Les casques VR sont en plein essor. Être plongé dans une réalité fantasmée. Serait-ce lié à ce besoin universel de se sentir émerveillé?

Et si ce qui nous motive à jouer serait justement cette recherche de l’émerveillement? On a souvent expliqué le besoin de nouveautés par le shot de dopamine. Mais si au final découvrir l’annonce d’un prochain jeu ne provoquerait pas en nous un brin d’émerveillement? Ou ouvrir un tout nouveau jeu puis dépuncher? Ou découvrir un thème, une aventure? Ou essayer une mécanique originale, surprenante et renversante? Souvenez-vous de vos toutes premières parties intenses de Dominion en 2008. Ou de votre tout premier run épique à Time Stories. Comment vous êtes-vous sentis?

La Mécanique du Merveilleux

Comment provoquer ce sentiment d’émerveillement?

Depuis 1989 nous organisons des événements grandeur nature. Des Escape Rooms depuis 2012, des Sherlock Holmes Live, des événements Zombies grandeur nature (Zombies Invasion), des soirées pour entreprises, le Bar à Jeux de Genève. Et à chaque fois depuis 1989 nous essayons d’insuffler une part de mystère, de merveilleux, de surprenant, de différent.

Mais soyons lucides. L’émerveillement est extrêmement difficile à générer car il ne peut pas être artificiel. C’est une émotion vécue intérieurement. On peut tout faire pour créer cette expérience, mais elle reste une émotion personnelle, différente et propre à chaque individu. Difficile de faire l’unanimité.

Voici toutefois les trois piliers de l’émerveillement

La nouveauté. Pour créer la surprise. Un moteur essentiel pour provoquer l’émerveillement (telle que les soirées Hygge par exemple…)

Les 5 sens. Impliquer le plus de sens permet une plus forte immersion.

Le mystère. La fameuse boîte de JJ Abrams. Qui nous motive à comprendre et qui surprend.

Observez cette couverture de jeu et dites-moi ce que vous ressentez. Un tout petit peu d’émerveillement?

montagnes-hallucinees-couv-wip-web

Réf

Si le sujet vous intéresse, vous pouvez en apprendre plus dans cet excellent ouvrage de Robert C Fuller sorti en 2006.

516cjntipml-_sx320_bo1204203200_

 

Et vous, quels sont les jeux qui ont provoqué chez vous un émerveillement? Est-ce que c’est aussi ce que vous recherchez dans un jeu?

Star Gate. Le projet secret de la CIA aujourd’hui déclassifié. Une mine d’or d’inspiration

cia

Histoire

Créée en 1947 comme un service de collecte d’informations pour le gouvernement, la CIA a toujours fasciné. Espionnage. Conspiration. Manipulation. Assassinats. Aujourd’hui (enfin, plutôt il y a 17 ans déjà, mais personne ne s’y est intéressé avant. Faut dire que le moteur de recherche n’était pas aussi performant), la CIA a déclassifié 12 millions de documents (plus ou moins?) confidentiels via la plateforme CREST (CIA Records Search Tool).

Et ce qu’on y trouve est rocambolesque. Notamment le projet Star Gate.

Pendant près de 20 ans, de la fin des années 70 à 1995, la CIA a mené des recherches et des opérations secrète sur les pouvoirs psychiques: télékinésie, télépathie, précognition, magie, voyance, perception extra-sensorielle… Bref, des « super-pouvoirs ».

Tout ça pour voir s’il était possible d’obtenir un avantage sur les Soviétiques. Car à la fin des années 60, en pleine Guerre Froide, la CIA apprend que les Soviétiques dépensent un gros budget pour étudier les pouvoirs et manifestations psychotroniques. La CIA décide alors de faire pareil. Forcément. Si les Soviétiques s’y intéressent, c’est que ça devait forcément être vrai (celui qui n’a jamais été un mouton lance la première pierre…).

Dans les années 90, mal géré, cher et avec peu de résultats probants (ha bon???), le projet a été abandonné. 20 millions. C’est ce que le projet Stargate aura coûté pendant ses près de 20 ans d’activité.

Thème

Peu de jeux exploitent cette thématique. Delta Green bien sûr, le Cthulhu contemporain.

Imaginez un jeu de rôle dans lequel les personnages incarnent des agents aux pouvoirs psy engagés par la CIA et envoyés dans des missions périlleuses et ultra-confidentielles. Ou un jeu de plateau dans lequel il faut se rendre sur différents emplacement sur la planète pour engager des médiums et ensuite les envoyer en mission. Ou pourquoi ne pas développer une extension « pouvoirs psy » dans V-Commandos, trente ans avant le Projet Star Gate? Ou un scénario Time Stories en pleine Guerre Froide, avec des agents Star Gate à sauver?

Baladez-vous dans CREST. Avec ses 12 millions de documents disponibles, vous trouverez une mine d’or d’inspiration (et pas mal de trucs inutiles aussi).

Ça vous inspire?

La CREST, avec les 12 millions de documents de la CIA

Le Projet Star Gate de la CIA

stargate

magie

 

Auteurs de jeux c’est pour vous. 3 astuces pour augmenter vos chances d’être édités

i_had_an_idea___wallpaper_by_dejotak-d4uiwa1

Alors même qu’il n’y a jamais eu autant de jeux édités, plus de 4’000 en 2016, le métier d’auteur de jeux n’a jamais aussi difficile. Concurrence, starisation, pression, fusions… Beaucoup de défis à surmonter pour enfin se faire éditer.

Vous avez créé un jeu? Vous voulez vous faire éditer? Voici 3 astuces très simples pour augmenter vos chances.

Timing

old_clock-wallpaper-1920x1200

Choisissez le moment idéal pour contacter un éditeur. Ne négligez pas cet aspect. Envoyez votre message, votre proto à un éditeur le mauvais jour au mauvais moment risquerait de diminuer vos chances. Alors quel est le meilleur moment, le meilleur jour pour augmenter la probabilité d’être lu? Que votre proto soit découvert et testé par un éditeur?

Le lundi. En début de matinée ou en début d’après-midi. Ou le mercredi.

Pourquoi lundi?

Le lundi, c’est le jour de la reprise de boulot. C’est le jour où l’on entame la nouvelle semaine, les nouveau projets, les idées claires et fraîches, une humeur positive et pleine d’entrain. Pour les éditeurs comme pour le reste du monde. Envoyer votre projet à un éditeur un lundi matin entre 8h et 9h ou en début d’après-midi entre 13h et 14h vous assurera une meilleure réception.

Pourquoi 8h-9h, et 13h-14h?

8h-9h, c’est le début de la journée. Les autres projets n’ont pas encore véritablement commencé. L’éditeur aura plus de ressources pour étudier votre jeu. Le pire? Envoyer votre jeu entre 11h et 12h. En fin de matinée, la fatigue comme la faim se font ressentir. Pas de bons clients. Il a été prouvé que les juges rendaient un jugement plus expéditif, plus punitif juste avant midi parce qu’affamés et fatigués. Entre 13h et 14h, c’est également un bon moment dans la journée, juste après la pause du repas. Rassasié, reposé, pas encore lancé dans un projet, l’éditeur sera dans de meilleures dispositions pour se pencher sur votre jeu. Évitez aussi la fin de journée, entre 16h et 18h, le pire. Entre fatigue et stress de boucler les derniers éléments avant de rentrer, votre jeu tombera comme un cheveu sur la soupe. Pensez-y.

Pourquoi mercredi?

Lundi, c’est le jour où on étudie les projets en cours et à venir. On est prédisposé à organiser. Mardi on est déjà lancé. Mercredi arrive comme une bouffée d’air. C’est le milieu de la semaine. On a besoin de penser à autre chose, de faire une pause médiane. Votre jeu apportera un vent de fraîcheur, de la nouveauté dans les préoccupations habituelles et hebdomadaires de l’éditeur. Jeudi et vendredi, on sent le weekend approcher et le besoin pressant de tout boucler avant de quitter le travail. Deux jours à éviter pour mettre toutes les chances de votre côté, entre fatigue qui s’installe et tension qui augmente.

Brain Grain

6863941-plant-wallpaper

Semez votre petite graine.

Avec autant de jeux édités et des dizaines, voire centaines de protos qui arrivent chaque semaine chez un éditeur, juste envoyer votre contribution risque de vous noyer dans la masse. Comment faire pour vous démarquer? Semez votre petite graine. Dans le cerveau de l’éditeur.

Pensez « brain grain ». Quand vous entendez quelque chose de tout à fait nouveau pour la toute première fois, quelle est votre réaction? Généralement, une réaction de rejet, de méfiance ou de désintérêt. Une réaction neurologique habituelle pour ne pas déranger ses constructions et habitudes mentales. Puis plus tard, vous en entendez parler encore une fois, ailleurs. Puis plus tard, puis encore et encore. Jusqu’à déclencher un « effet loupe », l’impression de voir ça partout.

Prenez l’exemple de nos soirées Hygge au Bar à Jeux de Genève. Très peu de gens en Suisse (et en France?) n’avaient connaissance du concept danois. Quelle a été votre toute première réaction? Rejet, méfiance, désintérêt? Puis peut-être l’envie d’en apprendre plus. Vous avez alors lu un article sur le sujet. Ou vous en avez entendu parler ailleurs. Jusqu’au point d’avoir l’impression que tout le monde en parle, c’est le hype du moment. Le concept est alors accepté, intégré, normalisé. Brain Grain. La graine a germé.

Pareil pour le jeu que vous êtes en train de créer. Ne vous contentez pas de l’envoyer à un éditeur. Plutôt que de parachuter votre proto comme ça, pouf, ex-nihilo, faites-le tourner en amont. Dans les festivals (PEL, Off de Cannes, Parthenay, Ludinord, Tokyo Game Market, Ludesco…), sur les réseaux sociaux (Twitter, Instagram), tournez une vidéo YouTube. Plus on le voit, plus on en parle. Et plus on en parle, plus le jeu sème sa petite graine dans le cerveau des éditeurs: « Haaaa mais oui, j’en ai déjà entendu parler. Je ne sais plus où. Mais le jeu me dit quelque chose. » Vous augmentez ainsi la visibilité et l’intérêt de votre jeu. Brain Grain. La graine a germé.

Collaboration

downloaded

Un moyen ultime d’être édité? Vous associer à une « star ».

Les Cathala, Bauza, Lang, Rosenberg, Faidutti, Feld, Daviau, Wallace, Teuber, Kramer, Knizia, Henry, Moon, Chvátil… Tant d’auteurs connus et reconnus. Aujourd’hui, Pour diminuer les risques et augmenter la rentabilité, les éditeurs préfèrent en effet signer un jeu d’un auteur connu. Avec autant de jeux qui sortent chaque année, comment faire pour le public pour débusquer les bons titres? Les noms connus représente une valeur-refuge.

Vous associer à l’un d’eux représente un excellent tremplin. Pour plusieurs raison:

la « star » a un carnet d’adresses bien fourni, donc plus facile de contacter un éditeur

la « star » jouit d’une crédibilité auprès des éditeurs, donc plus facile de « pousser » votre jeu

la « star » est plus facile à contacter qu’un éditeur. Les auteurs ont un contact plus humain, plus direct. D’autant que les éditeurs, eux, disposent souvent d’un chargé de com, de chargés de projet, de développeurs, etc. Un personnel plus étendu. Alors qui contacter? (Au fait, vous les connaissez, vous, tous les différents métiers dans l’édition du jeu de plateau?)

la « star » possède d’indéniables compétences en gamedesign acquises grâce à l’expérience. L’auteur sera à même de vous aider, de parfaire votre jeu.

Et quand vous présenterez votre prochain projet, seul-e cette fois-ci peut-être, vous aurez déjà un jeu à votre actif, votre nom sera (plus ou moins) connu. Vous aurez gagné en crédibilité. C’est la validation sociale. Si vous avez déjà sorti un jeu, c’est que vous devez forcément être bon.

Essayez donc de présenter votre proto à un auteur connu, et s’il semble intéressé et enthousiaste par votre projet, proposez-lui de vous associer. De collaborer sur le jeu. D’avoir vos deux noms sur la boîte. Le champion pour co-signer des jeux avec de nouveaux et « jeunes » auteurs? Bruno Cathala. Avec Sylvain Duchêne (The Blue Lion), Matthieu Lanvin (Manchots Barjot, Crazy Mistrigry), Florian Sirieix (Curiosity), Marc Paquien (Yamataï).

Comme on dit, « it’s not WHAT you know, but WHO you know ».

Et vous, quelles sont vos astuces pour augmenter vos chances d’être édités?

Critique de jeu: Tikal 2016. Indiana Meeple Jones

tikal-open

Tikal est sorti en 2016. Enfin, plutôt en 1999. Enfin non, en 2016. Celui dont on va parler ici. Qui a gagné le prestigieux prix du meilleur jeu de l’année. En 1999, pas en 2016. C’est confus?

Super Meeple est cet éditeur parisien qui réédite les « vieux » jeux cultes de notre « enfance ». Comprenez par-là, ceux sortis avant Snapchat. Pour en sublimer l’expérience matérielle. Tikal est leur troisième titre, après Mexica et l’excellentissime Amun-Re.

Tikal est un gros jeu de plateau qui se joue de 2 à 4 joueurs, d’une durée de 90 minutes, créé par Michael Kramer et Wolfgang Kiesling. Ou le contraire. L’un des jeux indispensables de toute solide collection de jeux.

Et comment on joue?

A son tour, chaque joueur dispose de 10 points d’action: se déplacer entre les tuiles, mettre en jeu un nouvel explorateur, dégager un nouvel étage d’un temple (pour scorer plus de PV), pose d’un campement, prise de possession d’un temple en y posant un gardien, découvrir un trésor.

Beaucoup d’actions disponibles, sachant que certaines ont un coût en points d’action différent.

Des règles instinctives expliquées en quelques minutes. Surtout que chaque joueur dispose d’une pratique plaquette personnelle qui résume actions et coûts.

tikalplateau

Et comment on gagne?

Dans Tikal il y a trois décomptes qui arrivent comme ça, pouf. Dès qu’on sort une certaine tuile, un volcan, tous les joueurs peuvent encore jouer leur tour puis on passe au scoring intermédiaire. On remporte des points en fonction de la hauteur des temples qu’on « contrôle » avec un gardien, ou pour lesquels on détient la majorité d’explorateurs. Les trésors identiques obtenus rapportent également des points. Puis on procède à un décompte final.

Et Tikal, ça parle de quoi?

Dans Tikal, les joueurs incarnent des archéologues qui viennent découvrir les ruines de Tikal, la mystérieuse cité Maya enfouie au Guatemala depuis mille ans et découverte pour la toute première fois en 1848.

On se « prend vraiment au jeu », car toutes les impressions sont prégnantes: déplacement dans la jungle, campement, découverte des temples et de leurs niveaux, fouille des trésors. Un appel à l’aventure.

tikal_gran-plaza_temple_i

Et à combien y jouer?

Clairement à quatre. L’optimum. Pour vivre des parties plus poignantes, plus passionnantes. Comme Tikal est un jeu de majorité, à deux ou trois joueurs la tension n’est pas aussi palpable. Mais qui dit quatre joueurs, dit également temps d’attente beaucoup plus longs. Tiens, parlons-en justement.

Et il a pris un ride?

Oui.

Quand Tikal est sorti en 1999 ses deux mécaniques principales, majorité et points d’action, étaient relativement innovantes. Ce qui n’est évidemment plus le cas aujourd’hui avec l’abondance de titres similaires.

Et surtout oui, il a pris une ride, car depuis 1999, l’expérience et les habitudes des joueurs ont changé. Nous sommes de moins en moins patients. On a pris l’habitude des jeux fluides dans lesquels on attend très peu entre les tours qui se résument souvent à très peu d’actions disponibles.

Dans Tikal, c’est tout le contraire. Avec ses 10 points d’action, le tour d’un joueur peut s’éterniser. Si en 1999 c’était la norme, 18 ans plus tard, en 2017, avec l’avènement des portables et du tout-tout-de-suite, nos attention et patience ont évolué (et pas forcément dans le bon sens…). Et du coup les joueurs perdent en attention, parfois en intérêt.

A 4 joueurs, le risque c’est que le jeu tombe dans la catégorie des jeux vaisselles. Il va falloir s’armer de patience et être prêt à s’engouffrer dans la jungle et le jeu pour vivre une véritable expérience immersive et intellectuelle. Et lâcher son portable entre les tours.

tikaltemples

Et alors, Tikal, c’est vraiment bien?

Oui, grâce au matériel de 2016, surtout. Dans Tikal 1999, les temples étaient des bouts de carton qu’on empilait. Avec Super Meeple, on a droit à de la résine, donc de superbes pièces « réalistes ». En tout cas très jolies et qui augmentent la sensation de découverte archéologique. Déjà avec leurs précédents jeux, Mexica et Amun-Re, Super Meeple revisite les jeux cultes pour en sublimer l’expérience grâce à un somptueux matériel. Origames et Whatz Games sont passés par-là, et tant mieux!

Tikal, à la soirée Hygge du Bar à Jeux de Genève
Tikal, à la soirée Hygge du Bar à Jeux de Genève

Le jeu est extrêmement riche et demande d’observer le plateau avec minutie et d’optimiser son tour. Le jeu est principalement tactique puisque de nouvelles tuiles apparaissent et que le plateau évolue, et également parce que les majorités fluctuent au fil de la partie. Mais également stratégique, car il faut prévoir ses 2-3 prochains tours pour ne pas être largué. Un jeu prenant, passionnant, exigeant.

Trois soucis qui peuvent toutefois refroidir l’expérience-joueur:

L’analysis-paralysis. 10 points d’action, c’est beaucoup. Du coup, les joueurs risquent de bloquer sur les différentes actions disponibles. Comment y remédier?

Comme vu plus haut, le temps d’attente entre les tours peut s’éterniser. Une impression renforcée et flagrante en 2017. Des parties à quatre joueurs plus tendues, mais plus lentes aussi.

Les parties qui se ressemblent: déplacement-découverte-majorité. Même si la rejouabilité est forte, puisque la configuration du plateau ne sera évidemment jamais la même, le ressenti entre les différentes parties est répétitif.

Mais encore

Le jeu propose également des règles avancées, moins cohérentes avec le thème mais plus tactiques, avec une phase d’enchères en début de tour pour se partager les tuiles. On ne les tire en effet plus au hasard mais on procède à une enchère, payée en PV, pour déterminer qui prend quoi et qui devient premier joueur.

Des règles avancées qui rendent le jeu certes plus complexe mais également plus long. Comptez le double de temps de partie. Les joueurs exigeants prêts à passer 3h sur Tikal apprécieront. Les autres se contenteront de se balader dans la jungle et de découvrir les temples- Et ça suffira déjà bien ainsi.

Et sinon, en 2010 Gameworks a édité Tikal II, toujours de Kramer et Kiesling. Dans cette suite, les joueurs rentrent cette fois à l’intérieur des temples pour les explorer. Pas mal. Sans être incroyable non plus. Moins bien que le premier opus.

tikal-ii-le-temple-perdu

Et maintenant, quelle sera la prochaine réédition Super Meeple? Aucune. Enfin, pas vraiment. Mais si quand même un peu. Mafiozoo. Annoncé pour Cannes et quelques temps plus tard en boutique.

Mafiozoo, un nouveau gros jeu de plateau de Rudiger Dorn (Goa, Istanbul). Qui reprend la mécanique de majorité (encore???) de son Louix croix-bâton-vé sorti en 2004 avec un thème différent, moins aristo et plus mafioso. Et avec des zanimaux.

mafiozoo-box3d

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Vous pouvez trouver Tikal 2016 chez Philibert,

Chez Ludibay,

Et chez Ludikbazar.

L’infaillible méthode Trump. Comment s’en inspirer pour gagner à tous les jeux d’enfoirés

img_4969

Dans 4 jours, le 20 janvier, Donald Trump sera investi comme 45e président des Etats-Unis. La fête.

La méthode du Donald est tellement incroyable et infaillible. Pourquoi ne pas nous en inspirer pour nous aider à gagner à tous les jeux d’enfoirés (Intrigue, Diplomacy, Rencontre Cosmique…)?

Voici quelques méthodes efficaces:

Utilisez la post-vérité

Le mot de 2016. La post-vérité. Ce qui compte, ce n’est pas le contenu du message, mais son impact émotionnel.

Lors de votre prochaine partie, utilisez la post-vérité. Avancez tout et son contraire, juste pour provoquer des émotions auprès de votre interlocuteur: sympathie, empathie, crainte. Dites n’importe quoi, quitte à vous contredire et à inventer des inepties… Tant que vous touchez votre public… Vous verrez, ça marche à tous les coups. La preuve, Donald a été élu président. Et petite astuce: plus c’est gros, plus ça marche.

Le 6 janvier 2017 l’émission Le Club sur France Culture a fait une émission sur la post-vérité et la présidentielle française. Ça peut vous aider pour affiner votre méthode.

Atteignez le point Godwin

Le Point Godwin, c’est quand le débat finit par arriver à l’Allemagne nazie. Du coup, plus rien d’autre ne pourra être dit. Parce que. Nazi. Essayez vous aussi.

Lors de votre prochaine partie, quand vous devrez négocier avec vos voisins et que la discussion s’enlise, traitez-les de nazis. Vous verrez, c’est super efficace. Vous mettrez un terme au débat (on a dit « efficace », pas « galant » ni « intelligent »). C’est le point Godwin. nazi

N’écoutez pas les autres

Oui oui, écouter ses partenaires de jeux, écouter leurs attentes, leurs besoins, tout ça, c’est tellement mars 2016.

En 2017, ne les écoutez pas, tout simplement. Ignorez-les. Ou mieux, dites-leur de se taire parce qu’ils ont tort ou qu’ils disent n’importe quoi. Hyper, hyper efficace aussi (mais pas forcément hyper poli).

Faites des gestes emphatiques

Autre méthode prouvée, la gestuelle. Rajoutez-en. Faites-en des caisses. Brassez de l’air avec vos bras. Utilisez vos doigts, vos bras. A n’importe quel moment. Sans aucune cohérence.

Plus vous faites de gestes et plus vous paraîtrez intelligents. Mais surtout, plus votre interlocuteur sera hypnotisé par votre gestuelle et ne s’intéressera plus à votre message. Et vous pourrez ainsi remporter n’importe quelle négociation. Ou la Maison Blanche.

Décrédibilisez, déstabilisez et menacez vos adversaires

La méthode la plus performante? Déstabilisez vos adversaires. Décrédibilisez-les. Et surtout, menacez-les (de mort, de prison, tout ça). La menace, y a que ça de vrai.

Constituez des alliés. Secrets.

Passez votre partie à critiquer et à démolir tout le monde. La stratégie de vos voisins. Leur gestion. Leur façon de jouer. Ça marche aussi avec les Démocrates, les Républicains, le FBI, les médias, la CIA, les Mexicains, les femmes, les handicapés, l’OTAN, Angela Merkle, Merryl Streep et Arnold Schwarzenegger. Critiquez tous vos voisins. Sauf un. Votre allié.

Et quand on vous interroge sur lui, affirmez haut et fort que vous n’avez aucun, aucun lien avec lui. Vous allez ainsi chercher à affaiblir tout le monde sauf votre allié. Allié que vous allez bien évidemment éviter de reconnaître. Juste pour noyer le poisson et dissimuler vos stratégies hyper stratégiques.

 

Et vous, vous connaissez d’autres méthodes Trump qui pourraient vous aider à gagner (hormis avoir une coupe de cheveux approximative)?

Jouer rend heureux. La preuve

img_4945

Hier soir, le Bar à Jeux organisait la toute première soirée Hygge. Un concept encore inédit à Genève.

Hygge (prononcez «hu-gueuh»), une idée du bonheur danois.

Le concept? Une soirée cocooning cosy:

Des boissons chaudes (pour l’occasion nous avons proposé un chocolat chaud artisanal). Pour se réchauffer

Tout le monde en chaussettes ou pantoufles. Pour se sentir comme à la maison

Aucune lampe, que des bougies. Pour une lumière plus chaude, plus douce

Des gaufres bio. Pour la gourmandise

Des jeux. Pour s’amuser

Et des gens, surtout. Pour faire des rencontres, discuter et partager une soirée conviviale tout en douceur

Less is more.

Et hop, tout le monde repart heureux pour bien commencer l’année.

Vivement la prochaine soirée Hygge au Bar à Jeux du 4 février.

Le Bar à Jeux de Genève remercie tous ses partenaires.

C’est grâce à vous que les gens peuvent passer des soirées mémorables.

MERCI!

Le CPV pour le local

La boutique de jeux online Philibert

logo-phili_WEBmedium

Pour les jeux, le magasin de jeux à Carouge, Genève

Helvetia Games, éditeur et distributeur de jeux en Suisse

hg logo

Plato Magazine, un mag chatoyant francophone qui parle de jeux de société, à découvrir au Bar à Jeux

plato-logo

Iello, important éditeur et distributeur en Europe

LOGOIELLO

Blackrock, éditeur et distributeur familial et sympathique français

logo_blackrok_games_noir

Matagot, éditeur de jeux riches et immersifs

logo-matagot

Ludibay, boutique en ligne avec un beau et solide catalogue.
ludibayLudikBazar, boutique en ligne avec des jeux d’occasion, mais pas que.

ludikbazar-logo

Cocktail Games, éditeur de jeux ultra-fun.

logo-cocktailgames

Helvétia Games Shop Genève, la toute nouvelle boutique de jeux à Genève, aux Pâquis. Énorme choix, belle sélection.

HG-genève

Helvetiq, éditeur suisse de jeux suisses. Mais pas que.

helvetiq

Space Cowboys, éditeur français de jeux immersifs et puissants.

space-cow-boy

En 2017, essayez le bonheur. Soirée Hygge au Bar à Jeux de Genève

cozy-winter-fireplace-knitted-socks-desktop-wallpaper

Selon les Nations Unies, le Danemark est le pays le plus heureux au monde. Pourquoi? Peu de soleil, et des impôts inversement proportionnels aux températures.

La raison pour expliquer ce bonheur?

Hygge

(prononcez «hu-gueuh»)

Des soirées régulières entre Danois avec

du chocolat chaud,

des bougies,

des chaussettes,

un feu de cheminée,

des jeux de société et des discussion entre amis.

Bref, une ambiance cocooning et cosy qui rend les gens heureux. Parce que partagée et vécue ensemble.

Pour la toute, toute, toute première soirée de 2017 du Bar à Jeux de Genève, nous vous proposons une soirée Hygge.

Bougies (et pas de lumières froides), chocolat chaud artisanal et gaufres faites maison, playlist cocooning. Laissez vos chaussures à l’entrée et passez la soirée en grosses chaussettes ou pantoufles. Prenez-les avec de la maison.

Venez seul-e. Ou à plusieurs. Pour rencontrer des gens. Pour découvrir des jeux. Pour passer une soirée cocooning. Pour commencer l’année heureux-se.

 

Et ce samedi, vous pourrez essayer plusieurs nouveautés. Cottage Garden. En VF chez Blackrock. Le nouveau jeu d’Uwe Rosenberg. Une sorte de Tetris malin de 1 à 4 joueurs (oui, comme Patchwork, mais en mieux).

Citadelles nouvelles version. Le retour du jeu culte. Dans une grande boîte.

Tikal. La somptueuse réédition chez Super Meeple.

Et d’autres.

A ce soir. On vous attend entre 17h et 23h. En chaussettes. Pour du Hygge.

 

Pour en savoir plus sur le Hygge, nous vous conseillons le livre de Meik Wiking (un vrai nom de Nordique ça), sorti en VF en novembre 2016

41ocycjkrl-_sx359_bo1204203200_

Toutes les infos du Bar à Jeux

Et les dates de 2017:

baj-2017

Vous venez?

Découvrez les jeux à ne pas rater en 2017

explore-wallpaper-1920x1080

2017 s’annonce comme une bonne année ludique. Voici les jeux qui nous font déjà très, très envie.

Les nouveautés

Outlive

outlive

Un jeu qui va faire du bruit à sa sortie. Financé à plus de 400’000 dollars sur KS en 2016. Sortie prévue pour février-mars chez La Boîte de Jeu. Aventure, exploration dans un superbe univers post-apo signé par Miguel Coimbra. Une grande claque ludique du début d’année.

Sbires

gigamic_jjsb_sbires_box-right

En mars chez Gigamic. Un jeu de plateau fun et stratégique dans lequel on va pouvoir faire des crasses à ses voisins. Mais pas que. A l’univers déjanté. On se réjouit de découvrir ça.sbires

Great Western Trail

great-western-trail-vf

La VF chez Gigamic de cet excellent jeu. L’un des meilleurs de 2016. Pour avril.

Mafiozoo

mafiozoo-box3d

Le prochain jeu Super Meeple (Tikal, Amun-Re). Le nouveau jeu de Rüdiger Dorn (Istanbul, Goa) basé sur la mécanique de son excellent jeu, Louis XIV. Qui était déjà très, très bien. Mafiozoo vous plongera au cœur de la mafia où chaque joueur va incarner un mafieux qui souhaite devenir un affranchi. Un (gros) jeu de placement et d’influence qui donne vraiment envie. Annoncé pour Cannes.

mafiozoophotoeclate

Jetez un œil aux illustrations signées par Damien Colboc et dites-moi que le jeu ne vous fait pas aussi envie…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Doggy Bag

doggy-bag

Le nouveau Blam! Sortie prévue fin mai / début juin. Un jeu de bluff, d’os et de chiens. Je l’ai testé à Essen, et il est vraiment sympa.

Twelve Heroes

twelve-heroes

Twelve Heroes, le nouveau jeu des lyonnais de Catch Up Games (Freak Shop, SOL), annoncé pour février. Un jeu de cartes d’affrontement orienté combos uniquement pour deux joueurs de deux auteurs nippons, Masato Uesugi (Welcome to the Dungeon) et Takashi Sakaue. Le jeu tient en une trentaine de minutes avec des règles assez simples mais pas mal de réflexion. Un concentré minimaliste.

Nous l’avons découvert au Bar à Jeux de Genève en avant-première en novembre, et le jeu a rencontré un beau succès.

Paper Tales

mcol_closed_box

Aussi chez Catch Up Games. Pour Essen. La refonte (principalement visuelle) de Vorpals. Là encore un jeu de cartes (toujours orienté combo), également par Masato Uesugi (Welcome to the Dungeon). De 2 à 5 joueurs, un mélange de draft et de gestion de l’espace avec une mécanique de vieillissement des unités très intéressante. Tendu, profond. Franchement addictif.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Grumpf

grumpf

En plus d’Outlive, la Boite de Jeu va publier Grumpf, un jeu de rapidité et d’observation familial vraiment très fun pour 3 à 6 joueurs d’une durée de 15 minutes.

Chaque joueur incarne une tribu qui va essayer de capturer les animaux de la faune locale placés sur six plateaux au centre de la table. Le but: avoir des séries d’animaux différents. Un excellent mélange entre placement, réflexion et temps limité. Sortie en juin.

Cottage Garden

jds-cottage-garden-1

Patchwork était l’un des meilleurs jeux de 2015. Le voici de retour, en VF chez Blackrock, et avec Cottage Garden il peut se jouer jusqu’à 4 joueurs. Sortie prévue début janvier. Tout bientôt, donc.

Crazy Mistigri

Crazy_Mistigri_visuel_2_HD

Chez Cocktail Games. De Bruno Cathala et Matthieu Lanvin. Le jeu du Pouilleux revisité. Un jeu de cartes de défausse dans lequel on doit se débarrasser de paires (de chats). Très familial et fun. Rien que les illustrations donnent envie.

Magic Maze

magic-maze

Le nouveau Sit Down! (Rockwell), un jeu coopératif unique. Essentiellement silencieux, simultané et en temps réel qui bouleverse les ­habitudes! Frais, fun et original. Disponible à Cannes.

magic-maze-2

Les Maîtres de l’Italie

mcol_closed_box

Non, Ystari n’est pas mort. De loin pas. Cyril est toujours motivé, même si les projets Space Cowboys (Unlock 1 & 2, Sherlock Holmes, Détective Conseil, Watson & Holmes) lui prennent du temps.

Ystari back en 2017? Peut-être. Avec deux sorties.

Les Maîtres de l’Italie, un jeu qui tourne depuis quelques années. Un deck-building dans l’Italie de la Renaissance créé par Pascal Ribrault. Hyper profond, hyper addictif. On croise les doigts pour 2017.

La Horde du Contrevent

mcol_closed_box

Chez… Ystari. Oui. L’adaptation de l’excellent livre d’Alain Damasio sorti en 2004. Un semi-coopératif plutôt balaise. Une adaptation très, très fidèle du roman.

Pour avancer, les joueurs activent les personnages de sa horde, avec, comme dans le roman, des personnage aux pouvoirs, aux objectifs de guilde spécifiques. Il faut réussir, mais il n’y a qu’un joueur qui gagnera. Semi-coopératif, donc. Avec le Vent à gérer bien sûr. Prévu pour 2017. Prévu. Sinon plus tard. Un gros carton ludique assuré. Ystari, revient!!!

L’Arbre

arbreLe nouveau jeu des éditions Asyncron annoncé pour Cannes. Un superbe jeu dans lequel on incarne des esprits de la forêt qui doivent faire pousser des… arbres. Oui, d’où le titre. Super écolo, super original. Un peu de poésie dans un monde de cubes.

Profiler

profiler_visuel_1

Aussi chez Cocktail Games. Découvert en avant-première au Bar à Jeux de Genève. Vraiment excellent. Un jeu coopératif fun dans lequel il faut retrouver des personnalités selon des critères loufoques et une échelle de probabilité. Très bon. Sortie prévue pour mars.

Drôles de Zèbres

mcol_closed_box

Oui, c’est la réédition de ce « vieux » jeu de Bruno Cathala de 2004. Un jeu tactique à deux joueurs. Réédité par une toute nouvelle maison d’édition suisse, Ôz Editions. Prévu pour fin 2017.

Unlock

unlock_3d_box_left

Chez les Space Cowboys. Un Escape Game uniquement sur cartes et avec une appli très discrète pour rentrer des codes et faire un décompte du temps. Vraiment très balaise.

Le scénario d’intro et de démo peut d’ores et déjà être téléchargé ici. Sortie tout début février. La boîte comptera 3 aventures. Un gros carton de ce début d’année. Et un Unlock 2 avec trois autres scénarios prévu pour juin…

Victorian Masterminds

mcol_closed_box

Créé par un duo de choc, Antoine Bauza et Eric Lang. Chez Space Cowboys. Dans Victorian Masterminds, les joueurs incarnent des grands méchants façon Despicable Me, qui vont tenter de construire une méchante machine méchante pour dominer le monde. Placement, embauche, coups tordus. Et un matos 3D. Sortie prévue pour la Gen Con (août).

Serena

Un petit jeu de cartes malin des Valaisans d’Helvétia Games. Un petit jeu d’enquête et de déduction. Les joueurs incarnent des renards dans une soirée masquée pour retrouver la belle Serena. Pour avoir joué au proto, j’ai trouvé trèèèèès sympa. Sortie annoncée pour Essen.

Hope

cover-hope

Sortie boutiques en mai de ce jeu tant attendu chez Morning. Conquête et exploration spatiale sur un plateau en (fausse) 3D. Vivement.

7e Continent

7th continent

Quelques petits mois de retard pour ce tonitruant KS. Exploration, aventure, le tout se jouant avec des cartes. Un énorme carton en 2017. Livraison prévue pour les backers du KS en mai.

Lisboa

lisboa

Gros jeu de gestion et de placement d’ouvriers sur l’histoire de Lisbonne. Par l’auteur lusitanien Vital Lacerda (The Gallerist, CO2, Vinhos, Kanban). Ca va envoyer du lourd.

lisboa-matos

Charterstone

charterstone

Le nouveau jeu du talentueux auteur américain Jamey Stegmaier (Euphoria, Scythe). Pour une fois sans lancement sur KS. Un jeu de construction, de placement d’ouvriers, le tout en format Legacy (le jeu évolue d’une partie à l’autre). Classe.

Dice Forge

dice-forge

Certainement l’une des sorties les plus attendues de 2017. Après Mysterium en 2015, Libellud revient en force cette année avec ce jeu original de dice crafting/dice building. Autrement dit, on change et améliore les face de ses dés. Créé par Régis Bonnessée, le patron des éditions Libellud qui a déjà créé Lords of Xidit (réedition de son Himalaya) et l’excellent Seasons.

dice-forge-des

Un matos de dingue, aux illustrations signées par le talentueux Biboun. dice-forge-matos

Yamatai

yamatai

Premier semestre 2017 chez Days of Wonder, de Bruno Cathala et Marc Paquien. Le joueurs incarnent des architectes qui travaillent pour la reine pour lui construire une cité légendaire. Un jeu de construction « qui s’adresse au même public que Five Tribes » nous a assuré Bruno. Pour  2 à 4 joueurs. Le prochain carton chez Days après Five Tribes?

Curiosity

mcol_closed_box

Chez Bombyx, créé par Bruno Cathala (encore?!) et Florian Sirieix. Ambiance Steam-Onirique pour un jeu de gestion de ressources et de construction. Sortie prévue en… 2017.

Mountains of Madness

montagnes-hallucinees-couv-wip-web

Chez IELLO. Ambiance pulp pour ce jeu dans l’univers de Lovecraft. Créé par Rob Daviau (SeaFall, Pandemic Legacy). Et non, pour une fois pas du Legacy. Un coopératif en temps réel et de la folie (c’est du Lovecraft, après tout…). Les joueurs étant parfois affligés de certaines contraintes. Annoncé pour Essen. Un gros carton de fin d’année.

mountains-of-madness

Arena

arena_mockup-wip-web

Toujours aussi chez IELLO, Arena for the Gods! le nouveau jeu de l’auteur de Big Book of Madness. Des enchères, de l’équipement, des dés et de la baston tactique. Mais pas que. Un jeu qui va cogner… fort. Forcément. Sortie en avril.

Bunny Kingdombunnybox3d

Très attendu, aussi chez IELLO. De Richard Garfield (Magic, King of Tokyo). Prévu pour 2016, le jeu a été repoussé en 2017. Richard Garfield. Des lapins dans un univers fantastique. Du draft. Du contrôle de territoire… Sortie prévue en septembre. Bunny Kingdom:

giphy (1)

Le coin des extensions

En vrac, voici les extensions que nous attendons le plus:

Une grosse et excellente extension pour fêter les 10 ans de Jamaica. The Crew. Chez Gameworks (qui ne fait malheureusement plus rien depuis longtemps 😢). Vous voulez en savoir plus? Nous vous l’avions déjà présentée ici. Sortie annoncée pour juin.

the_crew

Une extension pour Kingdomino.

Deux extensions pour V-Commandos qui donnent vraiment, vraiment envie (déjà que le jeu de base est excellent!)

Une Xe extension pour Colt Express: Indiens & Cavalerie.

Une nouvelle extension pour Room 25: Room 25 Escape Room. Une extension qui peut se rajouter au jeu de base ou qui peut être jouée en stand-alone comme escape game sur plateau.

room-25-escape

La saison 2 de Pandémic Legacy. Une toute nouvelle boîte. Une toute nouvelle aventure. Plus ambitieuse. Un univers post-apo dans lequel les joueurs devront se battre pour leur survie.

Dice Town Cowboys pour Cannes. Une nouvelle extension pour Dice Town. Avec la possibilité d’utiliser ses as pour récupérer du bétail qu’on va pouvoir mettre sur ses terrains pour les protéger et augmenter leurs PV. Extension qui accompagnera la toute nouvelle boîte du jeu avec un matos pimpé.

Une extension annoncée pour Splendor. Annoncée pour juin.

Une extension pour Not Alone. Une extension qui boostera la créature pour la rendre plus puissante, et également pour booster les Traqués qui pourront chercher des survivants aux pouvoirs particulier. Sortie prévue pour le deuxième semestre.

Time Stories. 3 scénarios pour 2017 (si tout va bien). Lumen Fides. Un scénario qui se passe au début du 15e siècle. Dans lequel les joueurs incarnent des espions envoyés en Andalousie par le Pape pour enquêter sur les agissements de l’Eglise espagnole. Avec un ancrage historique extrêmement important. Et cette fois, le temps ne sera pas LE facteur déterminant. Suivi par deux autres scénarios aux ambiances très très différentes. Estrella Drive en juin, un scénar plutôt « adulte », sex drogue et rock n’roll (interdit aux moins de 16-18 ans). Puis un autre en septembre-octobre. Pirates.

Sherlock Holmes Détective Conseil. La réédition de Queen’s Park+Carlton House+La Piste Tordue pour juillet. Rien de neuf. Mais fin 2017, 10 scénarios inédits et originaux écrits par un anglais. Donc du tout neuf!

Et pendant ce temps, chez Gus&Co?

NIFFF 2017

nifff17

De nouveau en juillet 2017 nous allons collaborer avec le Festival de Films Fantastiques de Neuchâtel, du 30.6 au 8.7 pour proposer un événement grandeur nature… inquiétant et immersif.

Le Bar à Jeux saison 2017

baj-2017

Le Bar à Jeux de Genève sera de retour en 2017. Pour rencontrer des gens et découvrir des jeux. Avec toujours des invités et des avant-premières en exclusivité.

Nuit des Musées, 20 et 21 mai, Genève.

Sherlock Holmes Live – Nemesis

sherlock-nemesis

Le retour de Sherlock Holmes Live. Pendant la Nuit des Musées, samedi soir 20 mai et dimanche 21. Pour vivre une aventure intense dans la peau d’un détective, plongé dans une affaire mystérieuse. Et en grande avant-première l’affiche. Ouverture des inscriptions en février-mars.

Et vous, quels sont les jeux que vous attendez le plus en 2017?

Bonjour 2017. Vous cherchez un taf dans le monde du jeu?

shop

Gérez une boutique de jeux, ça vous tente?

Suite au départ pour d’autres horizons professionnels du gérant de la boutique de jeux de Genève, Helvétia Games recherchent un gérant qui souhaite s’investir dans le monde du jeu pour reprendre leur magasin. Dans le quartier des Pâquis. Magasin tout, neuf tout rutilant, ouvert en juin 2016.

Où?

Là:

paquis

Vous cherchez du taf? Ou vous vous embêtez dans votre taf actuel et vous voulez changer? Si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure et gérer votre propre boutique de jeux de société à Genève, contactez Helvétia Games à info@helvetia-games-shop.ch.

Et à partir de quand? C’est flexible. Ces prochaines semaines.

Ils cherchent à établir un partenariat durable avec une personne motivée, pleine d’idée, intégrée dans la vie ludique genevoise, qu’ils proposent d’accompagner sur le chemin du succès. Tout un programme.

Ça vous branche?

Le secret pour acheter plus de jeux en 2017? Évitez le 10-10-10

money-2560x1440-003

Après une semaine de dingue sur Gus&Co avec tous les Meilleurs Jeux de 2016, vous envisagez à présent d’hypothéquer votre rein gauche pour pouvoir tous vous les acheter. Mais à force d’avoir pledgé des jeux sur KS à coin 2016, vous avez fini l’année sans un rond…

Du coup, vous ne vous posez qu’une seule question: comment faire pour acheter des jeux en 2017?

D’ailleurs, vous êtes-vous déjà demandé ce qui nous poussait à acheter un jeu? Ce qui se passait dans notre tête pour nous inciter à dépenser 10, 20, 100 euros dans une boutique IRL, online, ou sur KS?

Le bouche-à-oreille bien sûr, les critiques glânées par-ci par-là, une vidéo punchy, la validation sociale (d’autres l’ont, c’est que le jeu doit forcément être bien).

Quand nous sommes face à la décision de procéder à un achat, d’emmener le jeu à la caisse ou de valider notre panier virtuel, nous sommes tous confrontés à des hésitations, des choix. Nos achats de jeux sont souvent liés à des émotions à très court terme: le désir (d’avoir), l’angoisse (de ne pas avoir), l’avidité, la jalousie.

Comment faire alors pour se débarrasser de ses propres hésitations pour acheter encore plus de jeux en 2017?

Grâce à Gus&Co, maintenant, c’est possible. Nous allons vous révéler une méthode démentielle et essentielle.

Surtout, évitez la règle des 10-10-10.

La nuit porte-jarretelles

Vous connaissez bien ce proverbe: la nuit porte conseil. En d’autres termes, ne pas se hâter pour ne pas être « esclave » de nos émotions. « A tête reposée », « garder la tête froide »… Toutes ces expressions qui confirment que pour prendre une décision il vaut mieux éviter la précipitation, souvent motivée par des émotions viscérales. Car ces émotions, furtives, puissantes, disruptives,  disparaissent souvent rapidement pour laisser place à une confusion, voire à des regrets.

D’où la règle des 10-10-10.

Qu’il ne faut donc pas suivre.

C’est la journaliste et empêcheuse-d’acheter-en-rond Suzy Welch qui a développé cette méthode en 2009. Pour améliorer notre prise de décision, elle propose cette règle des 10-10-10:

Comment je me sentirais dans 10 minutes?

Et dans 10 mois?

Et dans 10 ans?

Ces trois questions permettent de relativiser et de remettre en question toute décision.

Est-ce vraiment utile, nécessaire? Est-ce que je le fais juste parce que je suis motivé-e par mes émotions fugaces et momentanées? Ou parce que cela représente un réel apport dans ma vie?

Par exemple un exemple

Prenons l’exemple d’un jeu. Un jeu qui vous a tapé dans l’œil. Un jeu dont vous avez entendu parler sur Gus&Co.

Tiens, par exemple, Le Trône de Fer: la Main du Roi de Bruno Cathala. Un petit jeu de cartes tactique dans l’univers de George RR. C’est du Bruno Cathala. Donc vous vous dites que ça doit forcément être bien. En plus, le jeu n’est pas cher. Et qui plus est, ça se déroule dans GoT, ça tombe bien, vous adorez la série. Vous avez aperçu 2-3 photos envahir les réseaux sociaux, Twitter, FB ou Instagram. D’autres y jouaient. C’est que ça doit forcément être bien. Vous allez craquer. Vous avez envie de craquer.

Alors, faites-le. Maintenant. Vite.

Courez dans votre boutique préférée, IRL ou online, et achetez-le. Surtout, n’hésitez pas. La règle de cette pimbêche de Suzy Welch nous dit qu’il faudrait se demander comment on se sentirait 10 minutes après son achat. 10 mois plus tard. Puis enfin 10 ans après.

Si vous suiviez cette méthode, en ressortant de la boutique vous pourriez vous demander 10 minutes après si  et achat était vraiment nécessaire. Après tout, c’est un petit jeu de cartes, sympa, mais sans grande richesse ni profondeur. Un jeu qui ne casse pas trois pattes à un Stark. 10 mois plus tard, est-ce que vous y joueriez encore? Est-ce que le jeu présenterait suffisamment d’intérêt pour qu’il tourne encore? Ou serait-il immobilisé sur l’une de vos étagères à déguster de la poussière? Et dans 10 ans? Est-ce que le Trône de Fer: la Main du Roi s’avérerait comme l’un des trois meilleurs jeux de votre ludothèque, au point d’y jouer encore et toujours?

Même si au final le jeu n’est pas cher, c’est toujours une somme que vous pourriez investir ailleurs: un jeu plus conséquent, ou enfin de nouveaux sous-vêtements pas troués, ou encore un resto vegan en tête avec un autre être humain.

En appliquant cette méthode de projection future, vous risquez de remettre en question toutes vos envies d’achat et de financement participatif (tous ces SG vous semblent pourtant une bonne affaire, ça serait vraiment dommage de rater l’occasion…).

Non, surtout, évitez la règle des 10-10-10 de cette gauchiste de Suzy Welch qui ne pense qu’à saper l’économie mondiale.

Si tout le monde la suivait, on arrêterait de sauter sur n’importe quel jeu, n’importe quelle sortie jusque parce que c’est une nouveauté. On achèterait moins de jeux. Juste ceux qu’on estime vraiment passionnants, ultimes, cruciaux. Auxquels on aura toutes les chances de jouer encore dans 10 ans.

Références à ne surtout pas lire

Voici deux livres que nous vous déconseillons très fortement. Si vous les lisez vous serez foutus. Vous saurez peut-être ensuite comment prendre de meilleures décisions. Et éviter des achats de jeu que vous pourriez regretter plus tard.

Decisive: How to Make Better Choices in Life and Work, de Chip Heath et Dan Heath. 2013.

516gbruam-l-_sx332_bo1204203200_

10-10-10: A Fast and Powerful Way to Get Unstuck in Love, at Work, and with Your Family, de cette greluche de Suzy Welch. Sorti en 2010.

41zt8u1s4bl-_sx322_bo1204203200_

 Sinon, vous pouvez toujours parler à votre banquier pour qu’il vous donne quelques conseils ultimes pour dépenser plus en 2017. Une vraie mine d’or (c’est le cas de le dire) d’information.

man_office_businessman_smile_laptop_79850_2560x1024

Quels sont les jeux que vous avez achetés il y a dix mois auxquels vous jouez encore? Il y a dix ans? Quel jeu avez-vous regretté d’avoir acheté?

Bye bye 2016. Voici 5 façons d’améliorer votre vie de joueur en 2017

2017

2017, c’est parti!

Bonne année à tous!

2017. Une nouvelle année qui commence. Comme d’habitude, les débuts d’année sont propices aux résolutions. Qu’on ne finit pas toujours à respecter. Et si cette année on se mettait 5 défis à réaliser? 5 choses à ne pas faire? 5 résolutions pour améliorer son expérience ludique?

Poussière

giphy-2

 

Cette année, ne pas laisser de jeux prendre la poussière.

Pourquoi?

Et si cette année on se débarrassait enfin de ces jeux auxquels on ne joue plus et qui prennent la poussière depuis des mois, années, siècles? Pour plusieurs avantages:

regagner de la place sur ses étagères. Pour d’autres jeux

ne garder que les jeux essentiels. Ceux auxquels on jouera encore dans 10 mois, 10 ans

pour se rendre compte qu’au final, acheter des jeux n’est pas aussi vital. Puisque beaucoup finiront sous la poussière

gagner un peu de sous en le revendant. Ou encore mieux, en les offrant à ses amis, ses voisins, ses collègues de boulot

Et si vous avez une grosse collection, pourquoi ne pas essayer le défi des 30 jours pendant ce mois de janvier? Chaque jour, vous vous débarrassez d’un jeu, tout simplement. Donc 31 jeux en tout en moins (oui, janvier compte 31 jours).

Voire encore plus fort! Le défi des 30 jours, mais sous stéroïdes. Le premier jour, vous vous débarrassez d’un jeu. Le deuxième de deux, etc, jusqu’au trentième-et-unième  en vous débarrassant de… 31 jeux. En tout, ça vous fera 500 jeux en moins. Balaise. C’est parti?

Je ne peux que vous conseiller ce livre qui a changé ma vie « The Life-Changing Magic of Tidying: A simple, effective way to banish clutter forever », de Marie Kondo, sorti en 2014. Jeter/se débarrasser d’objets inutiles qui s’amassent chez vous. Pour vivre plus léger. Et ne garder que les objets qui vous rendent heureux.

kondo

Tapis

giphy-1

Cette année, ralentir la course à la nouveauté.

Pourquoi?

« Je me prénomme Octave et m’habille chez APC. Je suis
publicitaire : eh oui, je pollue l’univers. Je suis le type qui
vous vend de la merde. Qui vous fait rêver de ces choses
que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nanas jamais
moches, un bonheur parfait, retouché sur PhotoShop.
Images léchées, musiques dans le vent. Quand, à force
d’économies, vous réussirez à vous payer la bagnole de
vos rêves, celle que j’ai shootée dans ma dernière
campagne, je l’aurai déjà démodée. J’ai trois vogues
d’avance, et m’arrange toujours pour que vous soyez
frustré. Le Glamour, c’est le pays où l’on n’arrive jamais.
Je vous drogue à la nouveauté, et l’avantage avec la
nouveauté, c’est qu’elle ne reste jamais neuve. Il y a
toujours une nouvelle nouveauté pour faire vieillir la
précédente. Vous faire baver, tel est mon sacerdoce. Dans
ma profession, personne ne souhaite votre bonheur, parce
que les gens heureux ne consomment pas. »

C’est tiré du livre 99F de Frédéric Beigbeder (2000). « Les gens heureux ne consomment pas ». Tout est dit.

Et si en 2017 on levait le pied? On décélérait la course à la nouveauté? Et si on ralentissait le tapis roulant? Avec une sortie qui en chasse une autre? « L’avantage avec la nouveauté, c’est qu’elle ne reste jamais neuve. Il y a toujours une nouvelle nouveauté pour faire vieillir la précédente. » A coup de buzz et de teasing, les nouveautés sont communiquées de plus en plus tôt, car la fenêtre de tir d’un jeu se réduit à mesure que le nombre de jeux augmentent.

Attention, je vais parler comme un vieux con nostalgique, c’était mieux avant, tout ça. Vous êtes prêts? C’est parti:

Je me souviens encore des années 90. De 1997, pour être plus précis. Oui, une grande année! 1997, 200 jeux sortis dans l’année, 20 fois moins que 20 ans plus tard.

Quorridor, Elixir, Twilight Imperium, Jungle Speed, Tigre et Euphrates, et surtout, les Colons de Catane. 20 ans plus tard le jeu ne fait plus tellement saliver le Core Gamer, tant bien même qu’il se vend encore très bien avec près de 18 millions d’exemplaires vendus en 20 ans. Asmodée en a d’ailleurs racheté la licence en janvier 2016, c’est pour dire.

Quand nous avions découvert les Colons en 1997, nous sommes devenus frénétiques. Nous enchaînions les parties, soirées après soirées après soirées. Pendant plusieurs mois. Le jeu était tellement bien. Nous n’en nous lassions pas. Il faut dire que la concurrence n’était pas aussi brutale qu’aujourd’hui. Oui, c’était mieux avant, tout ça.

Aujourd’hui, justement, si l’on joue plus de cinq fois au même jeu, c’est déjà une prouesse, une exception. Levez la main et laissez-nous un commentaire:

Qui parmi vous est arrivé à finir les dix scénarios de la boîte de base de Sherlock Holmes Détective Conseil, avant d’acheter ses extensions (Carlton House, Mr Jack…)?

Combien de fois jouez-vous au même jeu avant de passer à un autre?

Pourquoi si peu?

Qu’est-ce qui a changé entre 1997 et 2017?

Le marché du jeu. Et nous avec.

Avec près de 4’000 sorties en 2016, nous sommes devenus accro à la nouveauté. Mais vraiment accro. Mr Phal, mon dealer.

Alors évidemment, ce ne sont pas les jeux qui nous rendent accro. Les jeux de société n’ont rien à voir avec les jeux d’argent ou les paris qui peuvent véritablement engendrer une addiction au sens clinique du terme. Les jeux de société peuvent nous rendre gentillement accro. Gentillement. Comme dans « c’est gentillet », faut pas pousser. Je ne pense qu’il faille consulter (à moins qu’on dépense 617’000 euros par mois rien que pour backer des jeux avec de la fig parce que oui, oui, la figouze, c’est vraiment bien).

Accro, nous le sommes aussi tous en vérifiant 284 fois par jour notre smartphone pour relever nos mails, checker les réseaux sociaux et communiquer (mais pas téléphoner avec. Téléphoner avec son smartphone c’est tellement ringard). Ce que nous recherchons avant tout, c’est la dopamine. Un nouveau mail: hop un shot de dopamine. Un Whatsapp, hop un autre shot. Un snap, hop. Rien du tout du tout? C’est pas grave, on a essayé, c’est pour la prochaine fois. D’ailleurs, rien que le fait de vous en parler ici, dans cet article, maintenant, levez-la main et dites-moi si vous n’avez pas été pris d’une irrésistible envie de vérifier votre smartphone… Pareil avec les jeux de plateau. La nouveauté, la comm, le buzz, l’info, les vidéos, tout nous plonge dans un perpétuel bain de dopamine.

C’est exactement ce qui explique le succès des machines à sous. Comment un jeu, un objet peut rapporter autant d’argent, faire jouer autant de gens, alors qu’il n’y a aucune technique, aucune stratégie, et que le tout repose uniquement sur le hasard? Parce qu’on ne sait jamais si l’on va gagner ou pas. Parfois oui, souvent non. Mais on joue pour ressentir ce rush, l’anticipation, la surprise. On surfe sur TT, LX ou G&C, et hop, parfois on lit un article sur un tout nouveau jeu qui va sortir dans 1d6 mois ou la critique d’un jeu ou une vidéo de présentation. Parfois non, rien de nouveau. Et on y retourne. Cet après-midi. Ce soir. Demain.envie

excitation

Et du coup, on joue moins souvent aux jeux, parce qu’on en achète plus. Notre ludothèque augmente, pas notre temps à disposition.

Une résolution pour 2017? Achetez moins de jeux. Ralentir. Pour profiter plus des jeux qu’on possède déjà, de ceux qu’on va quand même finir par acheter parce qu’ils le méritent.

Plus

giphy-3

Cette année, ne pas jouer moins.

Pourquoi?

Chaque année, c’est certainement la résolution que tous les gamers prennent en début d’année. Jouer. Plus. Si on achètera moins de jeux en 2017, ça voudra donc dire qu’on aura plus le temps d’y jouer.

Vraiment?

Pas forcément.

Mais c’est déjà ça.

A nous ensuite de dégager du temps. De trouver des opportunités pour jouer plus. Sortir dans les bars à jeux, les assoc, réunir des amis, des voisins. Et pourquoi pas organiser un lunch ludique, entre collègues. Vous ne trouvez pas assez de joueurs autour de vous? Voici quelques idées pour en trouver plus. Avant que quelqu’un ne finisse par développer une app géolocalisée pour trouver des joueurs. Un tinder/grindr du gamer. Ha ben tiens, ça pourrait s’appeler… Gamr. Mais peut-être que ça existe déjà???

Donc une bonne résolution. Jouer. Plus. Tout simplement

Debout

giphy-4

Cette année, ne plus jouer assis.

Pourquoi?

Nous passons une énorme partie de notre journée assis: boulot, ou études, 8-10h par jour, assis. Voiture ou transports publics, 1-2h par jour, assis (la plupart du temps, à moins que le tram ou RER ne soit bondé). Télé, lecture, jeux vidéo ou jeux de plateau le soir, 2-3h, assis. Repas, restaurants, 2-3h par jour, assis.

« Sitting is the new smoking. »

Comptez le nombre d’heures quotidien que vous passez assis ou couchés. Vous pouvez même le calculer ici. Ça vous donne quoi? Assis ou allongés, les moyennes sont de 21h sur 24h. Impressionnant, non?

Rester assis, ça veut dire dépenser moins de calories, mais également des risques de développer des diabètes, des cancers, des dépressions. Oui ça fait beaucoup quand même… Sans parler des impacts sur la santé dus à la posture: dos bien sûr, jambes, bras, muscles. J’écris d’ailleurs ces quelques lignes assis. Je ne devrais pas. Mais j’essaie d’appliquer la technique Pomodoro. La puissance magique de la tomate 😉

Donc cette année, plutôt que de rester assis pendant des heures devant un jeu de plateau, levez-vous. Appliquez la technique Pomodoro par exemple, 25-5. Ou encore mieux, restez debout pendant toute la partie. Ceci vous permettra de:

rester toniques

rester concentrés, ne pas risquer de vous endormir

avoir une meilleure vision du jeu puisque vous verrez tout le plateau de haut. Et donc bénéficier d’un net avantage

sittingshouldscareyou

Toxiques

giphy-5

Cette année, se défaire des joueurs toxiques.

Pourquoi?

Parmi vos partenaires de jeu, lesquels vous insupportent? Lesquels trichent? Se montrent exécrables, désagréables? Arrivent toujours en retard sans s’excuser? Passent leur partie le nez collé à leur portable?

Alors oui, il est important d’accepter et de tolérer tout le monde. De faire preuve d’empathie, c’est ce qui nous rend humains. De discuter de ce qui ne va pas, de trouver des solutions, des compromis. Mais parfois, trop, c’est trop.

Quand vous avez tout essayé, et que l’autre continue à s’entêter, que c’est impossible de s’entendre, quand certains de vos amis se montrent vraiment insupportables, le temps est peut-être enfin venu de ne plus les inviter, tout simplement. Pourquoi? Pour vous ménager. Pour éviter de vous énerver. Pour passer de plus belles soirées et de meilleures parties.

Et en 2015, nous vous avions proposé ces quelques résolutions sous forme de #gusgraf. Toujours pertinents deux ans plus tard…

appli

kickboxing

plus

 

manger

Et vous, quelles sont vos résolutions ludiques pour 2017?

Toute l’équipe de Gus&Co vous souhaite une excellente année

Les WTF Gaming Awards 2016

wtf-gaming

Pour finir l’année 2016 en beauté, voici les WTF Gaming Awards. Autrement dit, les plus beaux epic fails et autres trucs rigolos des jeux de société en 2016.

Le jeu au packaging le plus moisi de 2016

Star Wars Destiny

fichier-29-12-2016-09-06-09

Un petit paquet. Un thermo inutile, pas pratique, extrêmement fin et de mauvaise qualité.

L’autre jeu au packaging le plus moisi de 2016

Oceanos

fichier-04-09-2016-10-26-14

Autrement dit, débrouille-toi. Découvrez la critique du jeu.

Le jeu avec le plus de nichons sur la couverture

Sabbat Magica

sabbat-magica

 

L’auteur de jeu qui ne sait faire que ça en 2016 

Rob Daviau

Avec SeaFall sorti en 2016. Encore un autre jeu au format Legacy (Risk Legacy, Pandemic Legacy).

Le jeu avec le thème le plus WTF de 2016

Edenia

edenia

Des moutons. Dans l’espace

Le jeu en 2016 qui ressemble le plus à un autre mais pas vraiment mais si quand même un peu

The Others Zombicide The Others

theothers-zombi

Le meilleur jeu de 2016 qui n’est toujours pas sorti alors qu’on l’attend depuis 4 ans (mais qui est quand même finalement annoncé pour 2018)

Consequential

Créé par Carl Chudyk (Innovation). Un jeu narratif avec une app. Annoncé depuis l’invention de l’électricité. A chaque fois sur toutes les listes d’Essen. Et jamais présenté. Sortie prévue pour… 2018. A la louche.

Depuis le temps, les couv n'ont cessé de changer
Depuis le temps, les couv n’ont cessé de changer

L’éditeur qu’on sait plus trop où il est

Moonster Games

A part une coédition avec Cocktail Games sur Imagine en début d’année, MG (Minivilles, Koryo) a complètement disparu des radars. Et c’est bien dommage. Alors que leur site annonce:

« 1er trimestre 2016 : IMAGINE en coédition avec Cocktail Games

1er semestre 2016 : Miniquest, le deuxième jeu dans la game Minivilles, illustré par Naïade

2e semestre 2016 : DRAGON & EDAMAME, un jeu « Made In Japan » sur l’élevage de dragons avec des Edamame !

2e semestre 2016 : CIV8, un jeu de civilisation avec une incroyable mécanique pour 3 à 8 joueurs, le tout en moins de 20 mn !!!

2017 : Une merveilleuse idée ludique de Juhwa Lee, illustré par Vincent Dutrait.

Voilà, une belle année 2016 à venir donc ! »

Euh…

L’extension qui est en fait un stand-alone qui a fait un gros four en 2016

Les Aventuriers du Rail Autour du Monde

rs-box-462

Trop long. Trop cher. 60 euros/95 CHF. Une carte monde pour des parties estimées de 1h à 2h. Tout est dit.

L’éditeur qui aime bien changer de logo 6 fois par année

Morning

morning

Ha ben finalement ce seront des croissants. (Mais quel rapport avec les jeux de société?)

Le jeu qui fait le plus mal à la tête en lisant les règles

Great Western Trail

western

Bourrées de détails, de rappels, de résumés, les règles sont plutôt… douloureuses (alors que le jeu est démentiel!). Retrouvez la critique complète du jeu ici.

Le jeu qui est sorti en 2016 chez un éditeur et qui va bientôt ressortir en 2017 chez un autre (mais on ne comprend pas vraiment pourquoi)

Scythe

scythe-wtf

D’abord chez Morning en 2016 en VF. Et Matagot en avril 2017. Pourquoi? Selon Matagot: « Pour des raisons qui leur appartiennent [à Morning], ils ne pouvaient pas continuer à éditer le jeu en France ». Tout est plus clair maintenant. La critique du jeu.

Le jeu qui est sorti en 2015 qui a l’air tellement trop stylé mais auquel on n’a toujours pas joué en 2016

The Gallerist

gallerist

L’éditeur qui en branle vraiment pas une en 2016

Ystari

fichier-29-12-2016-11-43-43

Une mini-micro-nano extension pour Shakespeare. Backstage. C’est tout.

Le jeu de 2016 que vous n’arriverez pas à finir

New Angeles

new-angeles-couv

Parce que trop long. Surtout à 6. Découvrez la critique ici.

Le jeu le plus lourd de 2016

A la Gloire d’Odin

fichier-29-12-2016-09-04-35

3,390kg

Le meilleur jeu de 2016 mais épuisé après 2 minutes 30 et qu’il va falloir attendre 3 mois pour le retrouver

Not Alone

notalone

L’un des meilleurs jeux d’Essen. Sauf qu’épuisé à Essen. Et du coup il faut attendre. Relisez la critique ici.

L’éditeur en 2016 qui ne peut pas s’empêcher de sortir des jeux avec Holmes dans le titre

Space Cowboys

sherlock-space

L’éditeur qui ne peut pas s’empêcher de rééditer des vieux jeux

Super Meeple

supermeeple

 

L’éditeur qui te prend vraiment pour une vache à lait

FFG avec les Demeures de l’Epouvante v2

demeures-v2

La nouvelle version du jeu coûte déjà près de 90 euros / 140 CHF. Le jeu se joue avec une app. Et les DLC/nouveaux scénarios sont payants…

Et vous, quels sont vos WTF et EPIC FAIL de 2016?

Résultats du concours Ninja All-Stars

ninja-all-stars

Pour fêter Noël, en partenariat avec le distributeur suisse Helvétia Games Distribution, vous avez pu tenter de gagner Ninja All-Stars, ce jeu de combat frénétique de clans de ninja.

Vous avez été plus d’une centaine à y participer, alors que le concours n’était réservé qu’aux Suisses.

Voici les réponses:

Dans Ninja All-Stars, on gagne: tout dépend des défis, des scénarios.

L’arme qui n’est pas utilisée par les ninja? L’Hikari bien sûr. Qui n’est pas une arme. Mais le nom de l’extension pour Takenoko, au passage.

Dans quel canton suisse romand est basé Helvétia Games Distribution ? Valais, bien sûr. Faut pas déconner.

Beaucoup de bonnes réponses.

Après tirage au sort, c’est Yann R qui remporte le jeu. Il sera contacté en privé et recevra son jeu par la poste. Bravo à lui et à tous les participants !

Comment vendre plus de jeux? Le toucher. Une technique marketing efficace

business-handshake-png-handshake-business

Demain, c’est Noël. La folie acheteuse va s’emparer du monde entier. Vite. Un dernier cadeau à offrir…

Sur Gus&Co nous abordons souvent le sujet des techniques subtiles en marketing pour inciter les clients à acheter. Et à acheter plus. Nous vous avons déjà parlé de l’effet d’appréciation, de l’effet de réciprocité, de l’effet de rareté.

Penchons-nous aujourd’hui sur une autre stratégie: l’effet de toucher.

Etudes

Des études ont été menées dans un magasin. Une femme présente à l’entrée du magasin donnait aux clients une brochure publicitaire sur les produits en promotion. Parfois, l’hôtesse touchait la personne. Le bras ou sur l’épaule. Un bref contact physique.

Qui, selon vous, consultait la brochure plus longtemps? Restait plus longtemps dans le magasin? Dépensait plus? Le groupe-contrôle, celui qui n’avait pas été touché, ou le groupe touché?

La réponse est évidente.

Les clients qui avaient été touchés restaient près de deux fois plus longtemps dans le magasin. 13 minutes contre 22 minutes. La valeur totale des achats étaient également plus importants. Et surtout, l’évaluation du magasin était beaucoup plus positive.

De pareilles études ont été menées avec des serveurs dans un restaurant. Au moment d’encaisser l’addition, le serveur touchait parfois le client. Ces derniers laissaient alors jusqu’à 20% de pourboire supplémentaire. Et lors d’un sondage d’évaluation, encore une fois, les clients touchés présentaient un avis plus favorable sur l’établissement.

L’effet de toucher se montre donc être un outil redoutable pour augmenter les dépenses et le sentiment de bien-être des clients.

Pourquoi?

Difficile à expliquer avec précision la raison qui pousse un client touché à dépenser plus. Plusieurs pistes possibles.

L’effet d’appréciation, encore une fois. Le client touché se sent bien accueilli, reconnu, apprécié. Il connaît alors un sentiment de bien-être, qui se transforme en avis favorable sur l’enseigne. Une mise en confiance qui l’incitera à dépenser plus.

L’effet grégaire. Avoir un contact humain rapproche. Nous sommes des animaux sociaux. Les barrières sociales, la méfiance, la timidité tombent ou diminuent. Une mise en confiance également.

L’ocytocine. Le toucher humain libère une hormone particulière, l’ocytocine. Egalement appelée hormone du bonheur car elle entraîne un sentiment de bien-être chez l’individu. Un bien-être qui se traduit ensuite par une mise en confiance, des dépenses supplémentaires.

Une chose est sûre, c’est que plus un client se sent bien dans un magasin, un restaurant, et plus il aura tendance à y venir souvent, à y rester plus longtemps et à y dépenser plus.

Références

Si vous voulez approfondir sur le sujet, et en savoir plus sur d’autres formes de manipulation (ou de techniques marketing, ça dépend de quel côté de la barrière on se trouve…), je ne peux que vous conseiller ces trois ouvrages:

Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, 2004, réédité en 2014, de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois.

telechargement

Influence: The Psychology of Persuasion, de Robert Cialdini, 2004

51lswlktnl-_sx329_bo1204203200_

Et le tout récent de 2016: Pre-Suasion: A Revolutionary Way to Influence and Persuade, de Robert Cialdini aussi, l’expert en la matière.

51-ixpv5xql-_sx323_bo1204203200_

Et vous, est-ce que ça vous est déjà arrivé qu’on vous touche dans un magasin? Au restaurant? Un vendeur, une serveuse qui vous serre la main, par exemple? Est-ce que ça a changé quelque chose pour vous?

Concours. De Noël. Pour gagner une groooosse boîte

38241064-christmas-tree-wallpaper

1. Joyeux Noël à tous!

2. Et du coup nous vous proposons un petit concours. Pour gagner une grosse boîte. Ninja All-Stars.

Ninja All-Stars, c’est ce jeu de combat frénétique de… wait for it… ninja. Vous ne vous y attendiez pas.

Des rois mages clans de ninja offrent des cadeaux s’affrontent dans une crèche un temple. Ça va être sympatoche cogner.

Et comme aujourd’hui c’est Noël, vous pouvez gagner une boîte. D’une valeur de plus de 100 CHF quand même. Offerte et envoyée par Helvétia Games Distribution.

Pour ceci, il vous suffit de liker notre page Facebook 617 fois au moyen de votre auriculaire gauche tout en chantant l’hymne national suisse mais à l’envers et avec un accent suédois répondre à quelques questions pour tester votre connaissance ninja.

Vous avez jusqu’à ce lundi 26 décembre 2016 à 18h pour envoyer vos réponses. En cas d’égalité, le vainqueur sera tiré au sort. Le nom du vainqueur et les réponses seront annoncés mardi 27 décembre à 13h.

Ha et encore une chose, comme le distributeur est Suisse, ce concours est réservé aux… Suisses. Ben oui. Il vous faudra donc une adresse pour être livré en Suisse.

Bonne chance à tous!

Concours fini. À demain mardi 13h pour les résultats

ninja-all-stars

 

La chasse au proto a commencé. Et elle est féroce

1920x1200-data_out_112_37064712-hunting-wallpaper

Comment débusquer le prochain blockbuster ludique?

Avec aujourd’hui plus de 3’000 jeux qui sortent chaque année, comment est-ce que les éditeurs font pour trouver le proto d’un auteur? Le prochain carton? Le prochain… Spiel des Jahres? La concurrence entre éditeurs devient de plus en plus tendue.

En écumant les salons et festivals? En attendant que des protos soient envoyés au bureau pour ensuite les dépiauter? En créant des jeux soi-même (le cas de nombreux éditeurs qui peuvent compter sur leur propre team d’auteurs: FFG, CGE…)? En prenant peu de risques et en ne faisant que de la trad? Que de la réédition de plus ou moins vieux titres? Ou en n’acceptant que les auteurs « confirmés » (les Bauza, Cathala, Lang, Wallace, Feld, etc), starisation-oblige?

De plus en plus de festivals proposent un coin « proto » pour mettre en valeur la création. Et les prix, avec en tête celui de Boulogne-Billancourt, permettent de mettre un proto sous les feux de la rampe. Les éditeurs vont souvent y faire leurs emplettes puisqu’un jeu primé par un jury est souvent gage de qualité. Le cas notamment de Not Alone qui a remporté le prix de Boulogne en 2016.

Pour en savoir plus sur cette chasse aux protos que les éditeurs doivent mener, nous avons interviewé Mike de Cocktail Games, habitué à voyager de par le monde (US, Japon…) pour dénicher les proto qui deviendront peut-être de futures perles ludiques.

Mike, merci d’avoir bien voulu répondre à nos questions. En général, comment faites-vous pour trouver des jeux à éditer ?

Il n’y a pas de magasin ni de filon de bonnes idées de jeux ! Un bon jeu peut être trouvé partout, il faut donc être un peu partout (rires).

Nous faisons donc notre maximum pour faire le plus de rencontres possibles, et voir le plus de prototypes ou jeux étrangers afin de dénicher la perle rare. Nous avons bien sûr un grand nombre de prototypes qui nous sont envoyé par mail ou courrier, ou donné lors de festivals, par des auteurs débutants ou confirmés.

Nous entretenons donc de bonnes relations avec des auteurs pour être informés de leurs nouveautés et nous sommes curieux des protos qui tournent sur les festivals, rencontres et salons ludiques… Et nous sommes aussi à l’écoute des jeux étrangers, comme à la Toy Fair de New York où nous rencontrons éditeurs et auteurs américains ainsi qu’au Game Market de Tokyo où de nombreux jeux japonais sont présentés et tomberont vite dans les oubliettes si on ne les remarque pas à cette occasion.

Intéressant, merci Mike. En moyenne, combien de protos voyez-vous par semaine ou mois ? Beaucoup ?

Les protos arrivent souvent par vagues, il y a des périodes plus propices à la création… En moyenne, on voit environ une trentaine de jeux par mois, entre ceux que l’on reçoit, ceux que l’on va chercher, ceux qui nous sont présenté sur les festivals et salons…

Ah ouais, trente par mois quand même… Et vous est-il déjà arrivé de vous retrouver à plusieurs éditeurs intéressés par un proto ? Comment est-ce que ça s’est fini ? Co-éd ? Sur un ring ? Autour d’un bon verre de lait de soya bio ? Avec des avocats ? Ou grâce à un gros chèque bien dodu ?

Oui, bien sûr, c’est déjà arrivé. C’est assez simple : l’auteur a le dernier mot, c’est son jeu et c’est à lui de choisir selon les arguments des éditeurs. Donc point de bagarre, point de batailles judiciaires, c’est plus souvent autour d’un café que l’on va exposer notre vision du jeu : matériel, adaptations, taille de boite, illustrations, potentiel à l’international… Et à partir de ces infos, l’auteur prend sa décision.
Les auteurs décident en fonction des critères qu’ils privilégient, mais le plus souvent, ce sont des raisons affectives, liées à l’image de l’éditeur, ou au premier qui a fait confiance, celui qui va le mieux correspondre à l’univers du jeu.

Je vois. Donc c’est l’auteur qui a le dernier mot. Mais peut-on aujourd’hui parler de course à l’échalote slash aux protos entre éditeurs ?

Cocktail Games a une ligne éditoriale très marquée, ainsi nous avons la chance d’être sollicités assez prioritairement par les auteurs de jeux d’ambiance.

Les auteurs sont généralement plutôt attachés à la confiance d’un éditeur, il est donc important pour nous de convaincre, quand on croit en un jeu, qu’on va mettre les moyens et maximiser les chances de succès du jeu. C’est un travail de passion, et quand l’auteur est aussi passionné, on parle le même langage.

Il peut y avoir « course » , car un auteur va souvent privilégier le premier qui a cru en son projet, c’est pour cela, qu’il faut être curieux et toujours aux aguets pour ne pas louper un bon jeu ! Le domaine du jeu de société n’est pas (encore ?) guidé par l’argent ou le pouvoir, il n’y a pas de surenchères. La compétition est plutôt saine.

Espérons que cela reste ainsi encore longtemps. Depuis plusieurs années vous vous rendez avec Cocktail Games au Tokyo Game Market. C’est là-bas par exemple que vous y avez trouvé Imagine. Pourquoi faites-vous le voyage ? Qu’est-ce qui vous intéresse dans les jeux Japonais ? Y avez-vous trouvé une perle rare cette année ?

Le Game Market est un événement unique. Ce sont environ 500 auteurs de jeu, dont c’est souvent le premier jeu, qui ont un mini stand et vendent leur création sous forme d’une « autoédition ». Avec un petit tirage, les jeux sont forcément assez chers, dans les 20-25€ pour un petit jeu de cartes.

Si en France, et dans la majorité des pays, un auteur va convaincre un éditeur pour que son jeu soit édité puis commercialisé, au Japon, ils ont une vision différente : les créateurs vont faire fabriquer quelques dizaines d’exemplaires de leur jeu et le vendre au Game Market. La vie de la majorité des jeux présentés va s’arrêter là.

Les jeux sont ainsi plutôt de bonne qualité du point de vue matériel, avec des vraies illustrations et du « vrai » matériel, mais il n’est pas passé par les mains d’un éditeur. Les auteurs n’ont pas forcément une vue globale des jeux de société existants et des attentes des joueurs, et bien souvent des jeux sont très inspirés de jeux classiques ou n’ont pas beaucoup d’originalité. Mas cette fraicheur est aussi une qualité car parmi les jeux présentés, on ne peut jamais savoir si ne se cache pas un jeu extraordinaire et unique ! Parfois, des idées très éloignées des mécanismes habituels émergent, il y a toujours des surprises, même si cela ne suffit pas forcément pour faire un bon jeu.

Quelques photos de la Game Market. Crédit photos Mike@cocktailgames

 

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le Game Market est ainsi une « chasse au trésor ludique », parmi tous les jeux présentés, il faut arriver à juger, jauger, et détecter les potentiels… ce qui n’est pas toujours facile quand on ne parle pas la langue, quand aucune traduction anglaise n’est proposée, et même souvent quand le jeu n’est même pas déballé et est uniquement présenté sur une table sous forme d’une pyramide de boites fermées.

L’expérience est toujours enrichissante, en rencontres, en découverte d’un monde ludique unique et étonnant. Et surtout, cela nous a permis de découvrir des jeux extraordinaires, comme Crossing et Imagine et… peut-être d’autres futurs hits !!!

Super intéressant. Merci Mike pour toutes vos réponses. Donc si je comprends bien, la situation pour le course aux protos entre éditeurs est (encore ?) bon enfant. C’est bon à savoir. Mais il faut quand même se bouger. J’espère que vous avez trouvé cette année quelques jeux intéressants pour Cocktail Games au Game Market.

Critique de jeu: New Angeles. Sim City chez les enfoirés

new-angeles-couv

C’est la crise. Les manifestants ont envahi les rues. Les grèves paralysent la ville. Aux prises avec la tourmente, prenez la tête d’une corporation de New Angeles, cette cité futuriste au bord de l’explosion.

Sous un « bête » jeu de plateau composé de quelques cartes et de quelques figurines en plastique se cache en fait un redoutable vecteur d’interrogation éthique et politique. Vous n’en sortirez pas indemne.

Bluff, mensonges, manipulation, alliances, trahisons. Un pur jeu d’enfoirés. Tendu, immersif, à la superbe patine, mais bien trop long et laborieux pour convaincre. Un point positif? Il donne furieusement envie de s’engouffrer à nouveau dans le flamboyant Battlestar Galactica.

 

New Angeles est sorti en décembre 2016 en VO chez FFG. Créé par James Kniffen (Star Wars Armada, l’extension Daybreak pour Battlestar Galactica). Pour 4 à 6 joueurs, dès 14 ans, pour une durée de 120 à 240 minutes (oui, ils ne se mouillent pas trop côté estimation…)

Et ça parle de quoi?

Dans New Angeles, les joueurs gèrent chacun une corporation dans l’univers SF maison de FFG, Android (Netrunner JCE, Mainframe). Ces corporations doivent contrôler une ville futuriste et tout faire pour en assurer la production et la sécurité. Parce que la ville est au bord de l’explosion sociale, politique et économique. Le feu couve, l’éruption veille. Oui, il y a des manifestations. Et des grèves aussi (les joueurs français et genevois apprécieront).

new-angeles-matos

Et comment on joue?

Beaucoup, beaucoup de règles différentes. Pour faire simple, chaque tour on retourne une carte asset = un personnage qui va désormais offrir un avantage. Le joueur actif va alors faire une offre pour obtenir ce personnage. Les autres peuvent ensuite effectuer une contre-offre pour le chiper à sa place.

Les joueurs qui ne sont pas directement impliqués dans la confrontation peuvent alors jouer des cartes de leur main en soutien à l’un ou l’autre. Le joueur (offre ou contre-offre) qui a obtenu le plus de soutien reçoit alors l’asset et active l’offre/contre-offre. Sachant que cette dernière a un effet direct et toujours positif sur le plateau: production de ressources par un district, traitement d’une épidémie, arrestation de manifestants, etc.

Une fois que toutes les cartes assets ont été obtenues on passe à la fin de la manche. Les districts sur lesquels les jetons androïdes se trouvent produisent alors des ressources spécifiques. Sauf si elles sont en grève. Forcément. Ou qu’elles sont en panne. Puis on tire un événement, et là, c’est le drame. Ces événement sont toujours négatifs et vont impacter le plateau: ajout de manifestants, grèves, pannes, etc.

Et surtout, comment on gagne?

C’est là tout le piment. Au début du jeu, chaque joueur tire une carte faction en secret. Le but: en fin de partie, partie qui durera six manches (si tout va bien et que ce n’est pas le chaos avant), parvenir à être le plus riche que la faction tirée. Il y aura donc un ou plusieurs vainqueurs, un ou plusieurs perdants.

Et si on tire sa propre faction? C’est aussi possible. Dans ce cas, il faudra être plus riche que deux autres factions, à choix. Mais deux.

Voilà.

C’est tout?

Non. Car le chaos, le désordre civil secoue de plus en plus la ville et avance sur une piste de score selon les événements tirés et actions effectuées: épidémies, déplacements de manifestants, mais surtout de beaucoup quand la production de ressources requise n’est pas atteinte en fin de manche. Un peu comme du Uwe Rosenberg. Là, ça cogne. Et quand ce chaos atteint un maximum la ville tombe aux mains des manifestants, des grévistes, là, c’est le drame. Tous les joueurs ont perdu.

Voilà.

C’est tout?

Et bien non Roger. Car il est probable, mais pas certain, qu’un des joueurs incarne un félon. Son but: que la ville tombe dans le chaos. Pour gagner, non seulement ce joueur doit avoir réussi à faire tomber dans la ville, oui, exactement comme Archipelago, mais en plus totaliser un capital minimum. S’il parvient à réaliser son objectif il s’en sort alors comme seul vainqueur.

angeles-cartes2

Et au fait, à combien y jouer?

A quatre joueurs, c’est le top. Voire à cinq. Moins d’interaction qu’à six, certes. Mais des discussions et des parties qui risquent moins de s’éterniser. A six le jeu devient injouable et long puisque bloqué par toutes les factions et leurs propres agendas.

Et VO? VF?

VF. Clairement.

Pour l’instant, décembre 2016, le jeu n’existe qu’en VO. Et on peut facilement s’attendre à une VF chez Asmodée dans pas longtemps.

La VO contient vraiment beaucoup, beaucoup de texte à lire. Les cartes en sont truffé. Les joueurs sont censés les comprendre pour mieux les utiliser. Sans parler des règles, denses et touffues. A moins que tous ne maîtrisent la langue de Donald Trump, mieux vaut s’armer de patience pour pratiquer la VF.

angeles-cartes

Et alors, New Angeles, c’est bien?

Oui, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que c’est un pur gros jeu d’enfoirés. Et ça, c’est bien. Pourquoi?

Parce qu’il est possible qu’un des joueurs fasse tout pour jeter la ville dans le chaos et ainsi remporter la victoire tout seul. Bluff, contre-bluff.

Parce que chaque joueur doit être plus riche qu’un autre. Information gardée secrète. Alliances, trahisons, promesses non-gardées, coups bas.

Parce que le système de vote, de soutien, d’offre-contre-offre, permet des rebondissements et des coups de p… « j’ai dit avant que je soutenais ton offre, mais en fait non, va jouer dans le mixer »… Comme on dit dans les jeux d’enfoirés, et aussi en politique, les promesses n’engagent que ceux qui les croient.

L’interaction est omniprésente. Un très bon point. Souvent tendue, elle peut parfois dégénérer et tourner au vinaigre. A ne pas forcément jouer avec vos meilleurs amis ou avec votre partenaire de vie…

Un autre point positif est la tension constante liée à tous les paramètres à gérer en commun: grèves, production, unités ennemies qui se parachutent sur le plateau (mafia & manifestants) et qui bloquent le ville, épidémie, pannes, événements, désordre civil qui progresse. New Angeles est presque un jeu coopératif. Presque. Car au final, opportuniste, il faudra réussir à jongler avec tout ce joyeux bordel pour parvenir à accumuler plus de richesse que son adversaire secret. Ou à ne pas se faire pécho si on incarne le traître.

Fable acerbe moderne de nos sociétés inégalitaires de ce début du 21e siècle, le jeu est d’un cynisme crasse et dresse le portrait d’un capitalisme vorace. Le profit avant le bien-être de la population. Occupy New Angeles! Des manifestants qui expriment leur désarroi, tandis que des corporations (vous) œuvrent dans l’ombre pour dégager le plus grand profit et suivre leurs objectifs financiers. A y regarder de plus près, notre réalité n’est pas si éloignée de la fictive New Angeles… La loi travail, le 49-3, RIE III, tout ça. On nage dans de la pure kleptocratie.

New Angeles soulève également une question éthique, un dilemme moral, une problématique politique (de polis, la ville en grec). Le bien-être personnel VS le bien-être collectif. Est-ce que la société est plus heureuse quand l’individu est heureux? Ou est-ce que c’est l’individu qui est plus heureux quand c’est la société toute entière qui l’est? Le fondamental clivage entre gauche et droite. Dans New Angeles, les joueurs seront confrontés toute leur partie à ce questionnement. Suivre son agenda personnel ou s’engager pour la collectivité. Dans un jeu coopératif le choix est évident. Tous les joueurs œuvrent ensemble pour relever les défis posés par le jeu et ainsi trouver la meilleure issue possible. Tous les joueurs gagnent ensemble, ou perdent ensemble. Dans les jeux compétitifs les joueurs doivent faire appel à leurs compétences mentales (raisonnement, anticipation, observation, mémoire, calcul, planification) pour remporter la victoire. Pour « battre » ses adversaires. Et se montrer ainsi supérieur aux autres.

Dans News Angeles le curseur vadrouille entre compétition et coopération. Faire passer l’intérêt général avant et résoudre les difficultés qui se présentent à tous (ressources à produire, manifestants, pannes, grèves, épidémies)? Ou faire de son intérêt personnel sa priorité, en ne suivant que ses propres objectifs (objectifs de fin de manche, de faction).

L’avidité ou la solidarité? Un dilemme cornélien constant et captivant. A chaque prise de décision, à chaque offre, contre-offre et soutien il faudra savoir se situer. Bref, sous un « bête » jeu de plateau composé de quelques cartes et de quelques figurines en plastique se cache en fait un redoutable vecteur d’interrogation éthique et politique. Vous n’en sortirez pas indemne.

Enfin, un autre élément passionnant, les conditions de victoire. Chaque joueur doit être plus riche qu’un adversaire gardé secret jusqu’à la fin. Comme dans Dead of Winter, il peut donc y avoir plusieurs vainqueurs. Et plusieurs perdants. Très fort!

Et alors, New Angeles, c’est vraiment, vraiment aussi bien?

Non.

Le jeu est trop long pour s’élever au panthéon des jeux nécessaires.  Alors certes, plus la partie avance et plus la tension augmente: être plus riche que son adversaire secret avant la fin de partie, contrôler la rue, le désordre civil qui ne cesse d’enfler pour ne pas se faire déborder, découvrir le félon (pour autant qu’il y en ait un). Mais poussif et répétitif, on ne fait que la même chose pendant 2-4h: jouer les pompiers pour contrôler tout ce joyeux bordel en participant aux votes/offres/soutiens. C’est sympa sur 2h. Pas sur 3-4h.

Et ce qui manque cruellement au jeu, c’est un univers. Oui, New Angeles se déroule dans la saga SF Android, plongé dans une ville imaginaire, futuriste et corrompue (par nous). Mais l’univers Android est trop diaphane. Si le tout se déroulait dans un véritable univers littéraire ou cinématographique connu, l’immersion serait plus complète et épique. Imaginez devoir gérer Coruscant, la Ville-Planète de Star Wars, ou le Los Angeles de Blade Runner. Le jeu gagnerait en texture, en saveur, en profondeur. Ici, tout sonne creux, vide, plat. Désolé FFG, mais Android ne transporte pas.

New Angeles est au final une pâle réinvention de l’excellentissime Battlestar Galactica. Sur lequel l’auteur a également travaillé en signant l’extension Daybreak. Comme si FFG avait voulu ressortir ce « Grand Ancien » de 2008, tout en jugeant que son univers était aujourd’hui passé de mode (en 2008 on était encore en plein dans la série qui s’est achevée en 2009). Dans Battlestar aussi il y avait des urgences à traiter et qui se manifestaient sur le plateau. Les fameux vaisseaux Cylons qui s’amassaient pour menacer le Galactica. Le ou les Cylons infiltrés dans l’équipage. La constante et captivante paranoïa. Mais là où BSG proposait une expérience ludique passionnante, New Angeles sonne creux et ne parvient pas à convaincre sur le long terme. Rares sont les jeux qui donnent envie d’arrêter avant la fin. New Angeles est l’un d’eux.

Mais encore

Si vous voulez mettre toutes vos chances de votre côté pour remporter toutes vos parties de New Angeles, vous devriez aller jeter un œil à ces quelques articles:

Comment avoir toujours l’avantage dans un jeu d’enfoirés

Ces 10 méthodes infaillibles pour repérer un joueur qui vous bluffe

Comment devenir un parfait négociateur pour gagner aux jeux d’enfoirés

Sinon, si vous aimez jouer en musique, même si ce n’est pas toujours conseillé, il y a cette playlist, parfaite. Civil Disobedience. Ça veut tout dire.

 

Vous pouvez trouver New Angeles en VO chez Philibert,

Et chez Ludikbazar.

C’est bientôt Noël. Tous les bons plans pour acheter vos jeux de société

christmas-animated-background-christmas-wallpaper

Dans quelques jours ça sera Noël, la dinde (vegan) aux marrons, le sapin (écolo et recyclé), la famille (avec ou sans belle-mère), les cadeaux, tout ça. Et comme idée de cadeau, rien de tel qu’une bétonneuse un bon vieux jeu de société.

Du coup, comment faire, où aller pour acheter des jeux de société? Voici quelques bons plans.

IRL

IRL, si vous êtes nés avant 1995, ça veut dire In Real Life, ou autrement dit, dans la vraie vie qui est réelle dans la réalité. Ailleurs que sur internet, donc.

Soyons honnêtes, la très très très grande majorité des jeux de société qui sortent chaque année, près de 3’000, ne peuvent pas être trouvés sur les étagères des centres commerciaux (FNAC) ou grandes enseignes de jeu (la Grande Récré, etc.). Seuls les titres primés (As d’Or, Spiel des Jahres) auront toutes les chances d’y être, pour le reste, il va falloir battre du pavé et se rendre dans ces repaires de joueurs infâmes, les boutiques spé (ou boutiques spécialisées, mais ça fait plus hype).

A moins d’habiter dans un hameau de moins de 25 personnes au fin fond d’une vallée de l’Ardèche, la plupart des villes francophones d’une certaine taille, disons dès 100’000 habitants, à la louche, ont une boutique de jeux, voire même parfois plusieurs pour les plus grandes villes, Paris, Lyon, Bruxelles, Genève.

Avantages

Acheter ses jeux dans les boutiques spé présente quatre avantages: 1. on fait tourner l’économie locale, c’est bon pour le moral (oui, la Compagnie Créole), 2. on bénéficie des conseils des vendeurs, même que parfois ces vendeurs sont 2.0, 3. on peut toucher, voir, humer le jeu. Donc se rendre un peu plus compte s’il va plaire ou pas. 4. on a le jeu tout de suite, pas besoin d’attendre.

Désavantages

Les boutiques, surtout en Suisse, mais c’est gentiment en train de changer, n’ont pas toutes les nouveautés, la distribution n’est pas toujours au top.

Les prix peuvent souvent être plus élevés que sur le net, mais c’est normal, il faut bien payer la surface et les vendeurs.

Habitant à Genève, ou à côté, il y a le choix. Pas moins de 4 boutiques spé en ville, sans compter celles en France voisine (Annecy, Ferney-Voltaire…)

Et vous, quelles sont vos boutiques spé préférées?

ONLINE

Aujourd’hui, 7-8% des achats se font en ligne. 2,8% sur smartphone, 5,1% sur tablette et 6,3% sur ordinateur. Des chiffres en augmentation car nos habitudes d’achat sont en train de changer.

Le net regorge de boutiques spé. Philibert, Ludibay. Pratique, parce qu’ils proposent parfois la détaxe pour la Suisse 2. parce qu’ils ont un ENORME choix 3. parce qu’ils ont des prix concurrentiels. Après, il n’y a pas que Philibert, il y en a des tonnes d’autres très pro, dont Helvétia Games Shop en Suisse, un gros choix, un super service.

Sinon, même Amazon en fait. Mais c’est moins sympa.

Avantages

Énormément de choix, prix accessibles, beaucoup de soldes.

Désavantages

Pas de conseil « humain », prix du port à rajouter et devoir attendre que la poste vous livre le colis, avec les problèmes que cela peut engendrer (blocage et frais douaniers…), surtout en période de fêtes.

OCCAZ

Plusieurs sites vous propose d’acheter des jeux « second-hand » soit directement auprès des joueurs, soit parce que la boutique d’occasion en vend elle-même.

Les deux les plus connus : Okkazeo, qui permet aux joueurs de mettre leurs jeux à la vente, ou sinon bien sûr ebay.

Sinon plus pro, les boutiques online en proposent aussi, comme Ludikbazar par exemple qui offre un énorme choix.

Enfin, troisième possibilité, les brocantes, vides-greniers et autres marchés aux puces. De quoi dégoter des pépites ludiques vintage retentissantes.

Avantages

Avoir des jeux moins chers bien sûr. Et être écolo puisqu’on « recycle » au lieu de jeter ou entreposer.

Désavantages

Des jeux d’occasion. Donc pas neufs. Pour un cadeau de Noël, ça se discute. A moins de trouver une pièce de collec.

ORIGINAL

Il y a quelques temps nous vous avions proposé deux articles:

Des abonnements de jeux: Un abonnement pour recevoir des jeux chaque mois. Une idée à creuser

Des jeux en location: Lud-o-Share. Un projet d’économie collaborative pour les jeux de plateau

Et en 2016, ces initiatives existent pour de vrai:

Coludik. C’est l’économie collaborative qui fait son entrée dans le monde des jeux. Co-achetez et partagez des jeux avec les joueurs de votre quartier ou de votre ville pour économiser et réutiliser.

Le Coffre à Jouer. Qui vous propose des boîtes remplies de jeux. Surpraïz! (et aussi des trucs à grignoter dedans).

Pelopia. Un abonnement pour recevoir des jeux, et vous ne gardez que ceux qui vous plaisent.

Avantages

Découvrir des jeux. Régulièrement. Une idée de cadeau original, offrir un abonnement à un ami ou à votre partenaire de vie (comme ça vous en profiterez aussi. Un peu comme avec les sous-vêtements en dentelle, finalement).

Désavantages

Vous ne choisissez pas les jeux. Et le renvoi pour les jeux non-désirés peut s’avérer pénible.

EDITEURS

De nombreux éditeurs vendent leurs jeux directement online. C’est le cas par exemple de Iello, qui fait aussi de la distrib, ou d’autres.

En fait c’est vite vu, même si le site de l’éditeur ne propose pas de vente en ligne, je suis persuadé que si vous lui envoyez un petit mot il vous répondra pour soit vous vendre directement une boîte soit vous dire comment faire pour vous en procurer une.

C’est surtout pratique pour les petits éditeurs indie et étrangers pas forcément toujours super bien distribués de par chez-nous. (ex Roumanie, Grèce, Japon…)

Avantages

Avoir un contact direct avec l’éditeur.

Désavantages

Étrangement, les jeux sont très rarement moins chers qu’en boutique. Enfin, quand je dis étrangement… C’est surtout pour ne pas faire concurrence aux boutiques en fait.

AMIS

Rien de tel que de parler à l’un de vos amis pour 1. connaître ses coups-de-cœur, et du coup avoir un réel conseil, pratique 2. lui racheter les jeux dont il se débarrasse. Car un joueur a, quoiqu’il vous dise, beaucoup trop de jeux. Demandez-lui combien de jeux il possède, puis demandez-lui ensuite combien de fois il y a joué. Beaucoup trop de jeux.

N’empêche, il n’est pas impossible que votre ami soit tout content de récupérer un peu de place sur ses étagères en vous vendant / offrant quelques miettes de sa collection.

Avantages

Des jeux vraiment pas chers, voire moins chers que gratuits. Et également un conseil de connaisseur.

Désavantages

Des jeux d’occasion, donc pour offrir à Noël, ça se discute. Et bien souvent, votre ami cherchera à vous fourguer les jeux qu’il n’apprécie pas tellement pour garder ses préférés. Pas folle la guêpe (excellente expression!).

Et vous, où allez-vous acheter vos jeux pour Noël? Quels sont vos bons plans?