Critique de jeu: Zombicide Black Plague. Le Saigneur des Haineux

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avant-propos

Un exemplaire du jeu nous a été offert pour test et critique sur notre site par Asmodée, distributeur officiel du jeu en France.

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Zombicide Black Plague (ZBP) est sorti début février 2016 chez Cool Mini or Not en VO et chez EDGE en VF. Pour 1 à 6 joueurs, d’une durée de 45 à 90 minutes, tout dépend des scénarios. Créé par Raphael Guiton, Jean-Baptiste Lullien and Nicolas Raoult.

Non, les zombies ne sont pas encore morts. Les jeux de zombies sont un peu comme une solide migraine. On est soulagé quand on s’en est débarrassé, mais on sait qu’elle peut revenir d’une minute à l’autre.

On a beau croire que c’est bon, ça c’est fait, check, il y a eu assez de jeux de zombies comme ça, et pouf, il y en un nouveau qui sort. Sauf que Zombicide Black Plague n’est pas nouveau. Enfin si, un peu quand même. Car il s’agit d’un nouveau chapitre, d’une nouvelle boîte dans la saga du phénomène Zombicide, une pure success-story sur Kickstarter. Parce que je n’ai strictement à rien faire dans la vie, j’ai été épluché pour vous ces chiffres phénoménaux:

Zombicide : en 2012. 781’597 dollars levés par 5’258 contributeurs.

Zombicide saison 2 (oui, parce que dire « saison » est tellement plus branchouille que juste mettre un chiffre…) : en 2013. 2’255’018 dollars engagés par 8’944 contributeurs.

Zombicide saison 3: en 2014. 2’849’064 pour 12’011 contributeurs.

Zombicide Black Plague (ha ben finalement non, le mot « saison » n’est plus si branchouille que ça en 2015): en 2015. 4’079’204 dollars levés par 20’915 contributeurs. Un record, le 2e jeu de société qui a levé le plus de fonds dans l’histoire de Kickstarter. Après les chats explosifs et leurs 8 millions.

Et évidemment, ces chiffres n’incluent pas les ventes ultérieures en boutique via EDGE et sa VF par exemple.

Bref. Et le jeu vaut quoi?

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ZBP propose de nous renvoyer dans notre passé, dans un moyen-âge en proie à la grande peste noire du 14e siècle, d’où le titre, entre mysticisme, fanatisme et obscurantisme. Avec évidemment beaucoup de fantastique, parce que oui, si les zombies existent pour de vrai, oui c’est vrai, un anthropologue les a vus, faut pas pousser grand-mère dans la catapulte (expression anglo-normande du 11e siècle) non plus.

Est-ce que le thème est bien rendu? Bien exploité?

Oui.

Les figurines, les illustrations, les mécaniques, tout nous fait vivre et nous propulse dans une histoire terrifiante et passionnante. Alors non, on n’est pas dans un vrai jeu de zombies grandeur nature comme les Zombies Invasion, mais pas loin. L’univers, narré et illustré, rend les parties épiques et éprouvantes.

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Gros BIG UP pour Cool Mini or Not, qui a réussi à non seulement améliorer leurs illustrations, tuiles, personnages, équipement, mais aussi et surtout l’ergonomie du jeu. Je pense notamment aux fiches de personnages. Simples bouts de carton avec quelques marqueurs malmenés dans les autres chapitres / saisons / boîtes, Zombicide Black Plague innove en proposant des mini-consoles bien pratiques.

Désormais, on peut y joindre sa carte personnage, son équipement, et surtout, au moyen d’un curseur, garder un décompte de son expérience et de ses compétences.

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Les autres boîtes paraissent depuis bien cheap. Un upgrade pour les trois précédentes versions prévu d’ici-peu?

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C’est Zombicide. Avec quelques menus changements.

Si vous n’avez jamais joué à Zombicide, lisez ceci. Sinon, lisez plus loin.

Jamais joué?

Zombicide est un jeu coopératif à scénario. Chaque partie sera différente car la mise en place et les quêtes seront différentes.

Chaque joueur totalise 3 actions pour: se déplacer d’une zone à l’autre, fouiller, donner de l’équipement, prendre un objectif, ouvrir une porte ou… cogner du mort-pas-vraiment-vivant-mais-si-quand-même-un-peu-presque. Avec fouille et matériel à récupérer.

Chaque fois qu’un mort est enfin vraiment mort, le joueur gagne de l’expérience qui lui permet de progresser dans ses compétences. Tout le sel du jeu qui donne envie de jouer et rejouer et s’améliorer (l’un des 4 piliers de la motivation, soit dit en passant).

Une fois que tous les joueurs ont activé leur personnage, c’est à présent au tour des zombies d’apparaître et/ou de se déplacer et/ou d’attaquer, avec un système « d’intelligence artificielle » automatique. Aucun joueur n’incarne les zombies.

Et comment est-ce qu’on résout les combats? A coups de dés et grâce à ses cartes équipement. Chaque arme indique le nombre de dés à six faces à lancer, et le chiffre minimal à obtenir pour infliger des dégâts. Pas compliqué. Plus l’arme est balaise et plus on aura évidemment de chance de toucher. Beaucoup de hasard, certes, mais pas tellement, puisque le système de combat le réduit en modifiant les proba selon l’équipement disponible.

Déjà joué?

Zombicide Black Plague, c’est du pur Zombicide. Avec un autre thème.

C’est tout?

Non.

Mais alors qu’est-ce qui change par rapport aux AUTRES jeux Zombicide sur le marché? Passons tout cela en revue:

  1. La console, et donc l’ergonomie du jeu: comme vu précédemment, la console de personnage et ses curseurs rendent le jeu plus clair, plus pratique à manier
  2. Les illustrations: plus épiques, plus méd-fan, plus fines, moins « plates » que les précédents opus.
  3. Les Nécromants: oui car il faut savoir, les zombies ne sont pas venus touts seuls parce qu’ils passaient par-là et qu’ils ont vu de la lumière. Newsflash, ils ont été invoqués/réveillés par des nécromants, ces sorciers spécialisés dans la magie morbide et l’évasion fiscale. Mais ça c’est une autre histoire. Les nécromants, enfin plutôt LE nécromant, pour l’instant, car il n’y en a qu’un dans la boîte de base, arrive avec son entourage. Le nécromant est un PNJ puissant doté de capacités spécifiques méchantes. Parce que. Avec la condition d’échec supplémentaire que si un nécromant parvient à se faire la malle alors que 6 pions d’invasion sont encore en jeu la partie est pliée.
  4. Les sorts: désormais, les joueurs peuvent lancer des sorts magiques plus ou moins puissants. Souvent des boules de feu et autres trucs qui font FIZZZZ, BAM, PROUT. Et qui viennent renforcer l’aspect fantastique du jeu.
  5. Les protections: armures, boucliers, qui, s’y bien utilisés peuvent éviter de se prendre des dégâts.
  6. Les dégâts à ses co-équipiers: tirer à distance, c’est bien. Mais quand un ami se trouve sur la case visée, et que l’attaque est ratée, cet allié se prend les dommages. Fun. Donc oui, à la demande générale, on peut tuer ses amis. Une phrase à ne pas sortir un soir de Réveillon entre potes.

En résumé, oui, c’est du pur Zombicide, mais avec quelques minuscules changements qui parviennent à améliorer le jeu.

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interaction

Comme ZBP est un jeu coopératif l’interaction y est logiquement très forte: stratégies à discuter, formation d’équipes, etc. Il va falloir compter sur ses alliés pour venir à bout des décharnés.

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Casual et familles: Casual, oui, car les mécaniques ne sont pas compliquées du tout, malgré le quintal de matériel dans la boîte. Ni les déplacements, ni les combats, tout est simple et fluide. Famille? Il s’agit quand même d’un jeu avec des zombies, faut-il le rappeler, avec des illustrations horrifiantes. Pas sûr que ce public soit le plus adapté.

Party-Gamers: Mais pourquoi pas, en fait, car on peut tout à fait y jouer en mode WTF / « Shaun of the Dead » mais dans le passé. On pourrait même envisager un crossover Les Visiteurs / Shaun of the Dead / Evil Dead 3 en utilisant les personnages contemporains de précédentes versions de Zombicide pour les catapulter dans Black Plague. Juste pour rire.

Hobby et Core Gamers: Hobby Gamers, clairement, à fond, car le jeu est fun, léger, rapide. Core Gamers? Pas nécessairement, car Zombicide n’offre pas de stratégies profondes et complexes. Les zombies apparaissent, attaquent, et pouf. Peut-être trop léger pour les Core Gamers qui n’auront pas grand-chose à se mettre sous les crocs.

Mais bon, soyons lucides, il y a de la fig. Et les Core Gamers, surtout américains, sont passionnés par la figouze. Je me demande d’ailleurs si le Kickstarter aurait eu autant de succès si à la place des fig on avait mis de simples bouts de carton. Lapalissade? A méditer pour les éditeurs…

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conclusion

Zombicide Black Plague est un bon jeu, épique, terrifique et immersique (je n’ai pas trouvé de mots qui rimaient). Pour peu bien sûr qu’on aime les jeux de zombies, les jeux coopératifs et Zombicide.

Si vous possédez déjà une ou plusieurs boîtes des précédents volets, cela voudra donc dire que vous êtes un fervent convaincu et que vous n’attendez plus grand chose pour acheter ce nouvel opus.

Si vous n’avez par contre encore aucun Zombicide, et que du coup vous vous demandez s’il vous faut en acheter un, dans ce cas-là Black Plague est certainement la meilleure option, de par son univers, plus original, son ergonomie et ses quelques mini-améliorations de règles.

Black Plague, c’est Zombicide, en un peu mieux. Sans radicalement changer de système de jeu, tout en proposant quelques modif et améliorations, dont le tir ami, über-fun. Si depuis 1970 et chaque année on peut compter sur un Woody Allen, avec Zombicide c’est un peu pareil. Mais avec nettement beaucoup plus de zombies. Depuis 4 ans Cool Mini or Not nous propose une nouvelle version de leur jeu, de nouveaux environnements, de nouvelles règles, sans vouloir radicalement changer une recette qui marche. Et qui vend. Cf les chiffres Kickstarter plus haut.

Après, c’est Zombicide. Un jeu fluide, nerveux, léger. Si vous en avez déjà fait le tour avec les précédentes boîtes, à vous de voir si vous voulez tomber dans la collectionnite aiguë ou utiliser votre pécule pour découvrir un autre jeu.

Verra-t-on bientôt un Zombicide dans l’espace et dans le futur? Un Zombicide au Paléolithique? Un Zombicide pendant la Deuxième Guerre Mondiale? Un Zombicide Pirates des Caraïbes? Un Zombicide à l’époque Victorienne? Un Zombicide au Club Med? Les déclinaisons sont innombrables ad eternam et ad nauseam. D’ailleurs, à l’heure à laquelle j’écris ce quelques lignes je suis persuadé que les Cool Mini sont en train de monter leur prochaine saison sur KS.

Et N.B., si vous êtes féru de zombies, sachez que les Space Cowboys vont sortir en 2016 Route 666 de Martin Wallace, un autre jeu de zombies à l’univers et à l’esthétique originaux.

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Du Zombicide, mais en un tout petit mieux.

Un matériel toujours aussi somptueux.

Un univers fantastique & épique.

La console. Pratique. Ergonomique. Du coup tous les autres Zombicide prennent un sacré coup de vieux. Vivement un kit de conversion.

Le tir ami. Uber-fun. Qui rajoute une certaine tension aux tirs à distance.

Des règles claires, didactiques et bien traduites en VF.

Un bon rapport qualité-quantité-prix. Grosse boîte lourde et chère, vue aux alentours de 90 euros, mais bourrée à craquer de matériel.

Les différentes quêtes, épiques. Le livre de base en contient 10, c’est déjà pas si mal. Et d’autres sont proposées sur le net. Et rien n’empêche non plus de recycler les scénarios contemporains des précédents opus pour les adapter à Black Plague. Et rien n’empêche non plus d’en inventer soi-même, encore mieux et encore plus créatif.

La possibilité virtuelle, i.e. pour peu qu’on ait suffisamment de matériel / add-on, d’y jouer jusqu’à 12 joueurs! Non, je n’ai pas encore essayé, mais ça doit être aussi long et bordélique que délirant. A essayer de toute urgence, donc.

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C’est du Zombicide, donc après 4-5 parties on en aura peut-être fait le tour car le jeu devient répétitif: déplacements, fouille, combat. C’est d’ailleurs un peu ce qui est souvent reproché aux Dungeons Crawlers.

C’est toujours et encore du Zombicide. Pour peu qu’on n’ait déjà pas été emballé par les autres volets, celui-ci ne va pas forcément plus convaincre. A moins que l’univers méd-fan sombre soit l’argument-phare.

Le jeu est prévu pour 1 à 6 joueurs, mais ce n’est vraiment qu’à 4-6 qu’il s’avère intéressant. D’une part parce que chaque joueur contrôle un ou au pire deux personnages, il doit toujours en avoir six par partie, et d’autre part parce qu’il y aura plus de discussion à la table

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Bon à savoir, ou pas, une extension est déjà prévue en VF pour dans quelques jours / semaines, Wulfsburg, avec de nouvelles créatures, les Loups-Zombies, de nouveaux personnages et deux nouvelles tuiles.

Pas de quoi se lever la nuit, une extension plutôt chère pour son contenu, près de 50 euros, mais qui apporte encore un peu plus de variété au jeu.

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Vous pouvez trouver Zombicide Black Plague chez Philibert,

Chez Ludibay,

ou chez Ludikbazar.

Au fait, vous avez déjà lu la liste des meilleurs jeux de société de zombies? Elle date de 2014, mais quand même.

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Et si vous aimez les zombies dans un autre univers que le contemporain, le film Pride and Prejudice and Zombies sort tout bientôt sur les écrans. C’est une adaptation d’Orgueil et Préjugés de Jane Austen, avec des zombies au 19e. Classe. Tiré du livre éponyme sorti en 2009. Du féminisme gore et survitaminé.

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Photos et debrief du Bar à Jeux de février 2016

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Une chouette soirée tout en douceur. Pas trop de monde (pour une fois), une fréquentation des plus « raisonnables ». Avec près de 80 personnes venues passer la soirée avec nous et notamment découvrir SOL, le nouveau jeu des éditions lyonnaises Catch Up Games. La sortie de SOL est prévue pour fin février, un jeu qui a énormément plu et qui n’a jamais désempli tout au long de la soirée.

On vous laisse avec quelques photos et on vous retrouve à la prochaine soirée du BàJ le samedi 12 mars, avec deux tournois, Quadropolis et Star Realms, et un éditeur parisien qui fera certainement le déplacement pour nous présenter son tout nouveau jeu. Mais on vous en dira plus plus plus tard.

Merci à Sébastien de Catch Up Games d’être venu passer la soirée avec nous.

Vous pouvez d’ailleurs d’ores et déjà précommander son jeu chez Philibert,

chez Ludibay

ou chez Ludikbazar.

Merci à tous les partenaires du Bar à Jeux de Genève qui nous soutiennent et qui nous aident à le faire vivre:

Le CPV pour le local

La boutique de jeux online Philibert

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Espace-Terroir, pour les fruits de la région et de saison

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Pour les jeux, le magasin de jeux à Carouge, Genève

Helvetia Games, éditeur et distributeur de jeux

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Plato Magazine, un mag chatoyant francophone qui parle de jeux de société, à découvrir au Bar à Jeux

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Asmodée, le plus grand éditeur et distributeur de France (voire du monde?)

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Iello, important éditeur et distributeur en Europe

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Blackrock, éditeur et distributeur familial et sympathique français

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Matagot, éditeur de jeux riches et immersifs

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Ludibay, boutique en ligne avec un beau et solide catalogue.
ludibayLudikBazar, boutique en ligne avec des jeux d’occasion, mais pas que.

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Ce samedi, partez à l’aventure sur l’île du soleil

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box_solCe samedi 6 février, c’est Bar à Jeux de Genève.

Avec en grande avant-première, plusieurs semaines avant sa sortie officielle, SOL, le tout nouveau jeu des éditions Catch Up Games (avec le très remarqué Sapiens). Qui feront le déplacement de Lyon pour passer la soirée avec nous et nous présenter leurs jeux.

SOL, c’est quoi?

Sur île perdue au large des Amériques, deux équipages, Aventuriers d’un côté et Conquistadors de l’autre, se disputent le fabuleux trésor du Dieu Soleil, caché quelque part, dans l’un des temples de l’île.

SOL est un jeu d’aventure par équipes, sur une île en relief, conçu pour pouvoir rassembler de 2 à 8 joueurs, à partir de 10 ans environ, pour des parties de 45 minutes. Créé par Pierre Buty et illustré par Naïade.

Le but du jeu est de trouver le trésor du Dieu Soleil, caché dans l’un des temples de l’île, mais surtout de parvenir à s’échapper de l’île en bateau en sa possession.

Déduction, jeu par équipe, une pointe de bluff, combats simples et frénétiques. SOL va cartonner!

Soyez parmi les premiers au monde à le découvrir ce samedi au Bar à Jeux de Genève, en compagnie des éditeurs. Nous vous attendons dès 17h.

Vous pouvez d’ailleurs d’ores et déjà précommander son jeu chez Philibert,

chez Ludibay

ou chez Ludikbazar.

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Pour enfin tout savoir sur le fun

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Est-ce que jouer à Agricola ou à Madeira peut être autant fun que de jouer à un party-game de chez Cocktail Games?

Oui.

Tout dépend du type de fun que l’on recherche et apprécie. Il y a quelques temps nous vous présentions les deux types de fun, le SIMPLE Fun et le HARD FUN.

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Après recherche et questionnaire sur 180 personnes, le site ludique anglais Gamified UK vient de publier une typologie du fun plus détaillée, pour en dégager cinq types.

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Le fun d’accomplissement: on s’amuse à relever des défis, à apprendre, à surmonter les difficultés. Typiquement le Hard fun et ses aspects « froids » à gérer ressources et tableurs excel.

Le fun d’esprit libre: la créativité, l’exploration, la découverte sont les éléments recherchés.

Le fun social: le but ici est de partager son plaisir avec autrui. Typiquement les jeux coopératifs ou par équipe.

Le fun facilité: Les jeux narratifs, de rôle et à thème fort feront parties de cette catégorie. On recherche l’aspect immersif.

Le fun non-facilité: l’humour est ici le pivot central, on cherche à rire, à vivre des sensations. Nous sommes clairement ici dans le Simple fun et les party-games.

En ce qui me concerne, j’aurais de la peine à me limiter à un seul type de fun, tout dépend du moment, de l’humeur et des joueurs avec qui je me trouve. Si j’ai plutôt tendance à apprécier les gros jeux complexes, longs et exigeants, j’aime aussi parfois changer avec des jeux courts, drôles et légers.

Et les joueurs?

Ces cinq catégories peuvent être également reliées aux quatre types de joueurs, représentés par les quatre couleurs de cartes.

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Le Pique: le joueur agressif qui « pique » et pour qui la victoire est la motivation première. Mais la victoire en écrasant ses adversaires. Qu’il considère comme des adversaires plus que comme des partenaires de jeu. Ce joueur appréciera avant tout les jeux d’affrontement tel que Kemet ou Blood Rage.

Le Cœur: le joueur social, celui pour qui les émotions et le partage seront les éléments principaux recherchés. Il favorisera les jeux coopératifs, tel que Samurai Spirit.

Le Carreau: en anglais, carreau se dit « diamonds ». Ce joueur-là recherche l’accumulation, la richesse. Il veut gagner, en amassant points de victoire et argent. Il appréciera tout particulièrement les jeux stratégiques, à gestion de ressources, tel que Through the Ages ou Marco Polo.

Le Trèfle: trèfle, donc nature. C’est le joueur explorateur, celui qui apprécie jouer pour découvrir. Il ne joue pas (forcément) pour gagner mais pour le plaisir de la découverte, de la surprise, vivre de nouvelles expériences, tel que Time Stories par exemple.

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Après, autant les cinq catégories de fun que ces quatre types de joueurs me semblent simplistes. Ils me font un peu le même effet que l’astrologie. Pour donner du sens au chaos environnant et pouvoir trouver des explications sur ce qui nous entoure, on a toujours une furieuse tendance à en dégager, des tendances. Des catégories. Des groupes. Des sous-groupes. Des sous-sous-groupes. Parce que ça nous permet de trouver des explications rapides, faciles, rassurantes.

Mais les êtres humains ne sont pas comme des conserves de petits pois, on ne pas leur coller des étiquettes. Nous sommes autant multiples que différents. Et tant mieux.

Et vous, parmi les 5, quel type de fun préférez-vous?

Des vrais titres de vrais jeux de société véritablement vrais

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Golden Moustache, tout le monde connaît. C’est cette chaîne YouTube de comiques français percutants qui appartient à M6. Mais pas que, ils ont aussi un site délirant.

Ils viennent d’ailleurs de retitrer des (vieux) jeux de société. Bon, soyons honnêtes, leur culture ludique n’est pas aussi étendue que leur humour, mais passons.

Très fort. Tellement vrai.

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2006-2016, ce qui a changé en dix ans dans les jeux de société

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En pleine effervescences depuis 4-5 ans, le jeu de société connaît aujourd’hui un véritable Age d’Or. Multitude de sorties. Des jeux riches, profonds, beaux. Et jamais on en a autant parlé. Plus qu’un effet de mode, les jeux de société dits modernes depuis les années 1990 se sont véritablement inscrits dans le paysage culturel de nos sociétés du loisir.

Revenons sur ces dix dernières années pour voir ce qui a changé et comment le marché du jeu de société a évolué.

Nombre de sorties

En 2006 il y a eu près de 932 sorties. Soit trois fois moins qu’en 2015 avec ses 3’000 sorties, un record historique.

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On peut s’imaginer que 2016 verra un nouveau record. A voir le nombre de sorties déjà annoncées par les éditeurs, tout semble aller dans ce sens.

Peut-on alors dire qu’il y a trop de jeux? Que le marché est saturé? Non. Beaucoup, oui.

Plus il y a de jeux et plus il y a de choix. Mais plus de jeux signifie également plus de difficulté pour trouver les titres qui plairont. Et une concurrence accrue et féroce pour les éditeurs. Nous sommes bien loin de 1997 avec ses 200 jeux édités…

Que s’est-il passé en dix ans? Comment expliquer cette nette augmentation? Plusieurs pistes. Tout d’abord, l’effet boule de neige. Plus il y a de jeux, et plus il y a de bons jeux, c’est mathématiques. Plus il y a de bons jeux, et plus il y a de gens qui se mettent à découvrir le jeu de société. Et donc plus le marché se porte bien. Et donc plus les chiffres d’affaire augmentent. Et donc plus les éditeurs sont amenés à vouloir lancer de nouveaux jeux pour faire gonfler leurs revenus.

Autre piste: plus il y a de joueurs, et plus il y a d’auteurs. De plus en plus de joueurs découvrent de plus en plus de jeux. Et comme créer=copier, certains joueurs se découvrent alors des velléités pour créer leur propre jeu et le soumettre ensuite à des éditeurs. Voire à se lancer eux-mêmes dans l’aventure de l’édition. Le cas d’Ystari à ses débuts avec Ys, Offrandes pour Ludonaute, Troyes et Pearl Games, Garçon! pour Blackrock, et plusieurs autres.

Mode de financement

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Ce qui a grandement changé entre 2006 et 2016, c’est l’avènement du financement participatif. Kickstarter et ses consœurs sont apparus en 2009-2010. Depuis, le financement participatif a radicalement changé les modes d’édition et de consommation. Le parallèle entre le nombre de sorties de jeux en forte croissance et l’émergence du financement participatif est facile à tirer. Grâce à Kickstarter, les éditeurs ont pu compter sur une avance de fonds leur permettant de lancer le jeu.

Mais pas que.

Kickstarter est une formidable machine à communiquer. Si avant 2009 on achetait un jeu, sur Kickstarter on peut bénéficier d’une ribambelle de strech-goals venus allécher le chaland. Des SG souvent anecdotiques mais ô combien nécessaires. La campagne de levée de fonds devient alors épique, on la suit comme une saison de télé-réalité pour suivre son avancement et croiser les doigts pour débloquer le prochain palier. Et on cherche alors à rallier ses amis à la cause. Avant, c’était « plus on est de fous et plus on s’amuse », aujourd’hui c’est « plus on est de fous et plus on débloque ». Le jeu est alors médiatisé, relayé.

De nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour critiquer le système. Mais il faut être lucide, le paradigme a bien changé. Si en 2009 on participait, on soutenait, en 2015-2016 on précommande. Kickstarter et consœurs sont devenus des plateformes de précommande participative, avec tous les risques que cela engendre, entre retard agaçant et arnaque crasse.

N’empêche, depuis 2009, grâce à Kickstarter, de nombreux jeux ont pu voir le jour. Des jeux qui n’auraient pas forcément pu être édités par la voie « traditionnelle ». Je pense notamment aux chats qui explosent.

Smartphones

iphone_compareLe tout premier iPhone remonte à juin 2007. Aujourd’hui, près de deux personnes sur trois sont équipées en France et en Suisse. La première tablette, c’est 2010.

Et qu’est-ce que ça change dans le jeu de société?

Depuis quelques années on voit de plus en plus apparaître des jeux qui utilisent cette nouvelle technologie comme accessoire, voire comme élément intrinsèque au matériel de jeu. Le tout récent World of Yo-Ho en est un parfait exemple. Un jeu de « plateau », dans lequel son portable devient son bateau pirate virtuel qui se déplace dans les mers « réelles » du plateau. Avec missions héroïques et combats fantastiques.

Avant 2007 on devait utiliser une calculatrice, du papier-crayon pour noter les scores. Dix ans plus tard, smartphones et tablettes sont de véritables assistants. A tel point que certains hésitent aujourd’hui à les bannir des tables de jeux tellement ils sont devenus intrusifs et perturbateurs.

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Avec l’avènement des smartphones, des tablettes et du multi-touch, plusieurs jeux de société ont été portés ces dernières années en numérique. Si certains éditeurs voient cela comme une perte financière, craignant que leur jeu « en dur » ne soit plus acheté au profit de la version numérique, on peut constater que ce n’est pas le cas. Les versions portées permettent des parties sur le pouce, souvent en solo. Elles permettent au contraire de faire découvrir le jeu et de donner envie de l’acheter pour le pratiquer à plusieurs et « en vrai ».

Au fait, l’article remonte à quelques temps déjà, mais nous avions présenté les meilleurs portages sur iOS.

Réseaux Sociaux

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YouTube, c’est 2005. Facebook et Twitter, 2006. Tumblr, 2007. Instagram, 2010. Snapchat, 2011. Vine, 2013. Periscope, 2015.

Qu’est-ce que toutes ces plateformes et média ont en commun? Qu’ont-ils changé en dix ans dans le jeu de société?

Ils permettent d’abord aux joueurs de partager leurs parties, leurs achats, leurs découvertes, et surtout ensuite aux professionnels, éditeurs, boutiques, auteurs, illustrateurs, de communiquer sur leurs produits.

Entre buzz qui tâchent et teasers somptueux, les réseaux sociaux sont devenus en 2016 de véritables chevaux de bataille publicitaires. D’ailleurs, depuis les années 2010 et l’avènement de ces médias omniprésents et intrusifs on ne parle plus de publicité mais bien de communication. On ne cherche plus à vendre mais à transmettre l’information. A la relayer. On partage comme on respire. La publicité est devenue honnie, la communication sacralisée. Le FOMO comme religion (FOMO, pour fear of missing out). Aujourd’hui on trouve tout à fait normal de « suivre » une boutique de jeux sur Facebook, sur Twitter, pour connaître les nouvelles sorties, les soldes, leur communication. Auparavant verticale, avec les réseaux sociaux la publicité est devenue horizontale, virale.

Les réseaux sociaux ont également permis aux communautés de naître. La communauté. Un vecteur important dans le partage et la prévalence d’information. La communauté est devenue une ressource capitale pour les professionnels. Certains emploient même des community-managers, des gérants de communauté. C’est tout dire. Branding et buzz sont devenus des vérités et des nécessités commerciales.

Information

Blog, Flickr, CC, by Christian Schnettelker

Blog, Flickr, CC, by Christian Schnettelker

En 2006 on comptait déjà plusieurs sites spécialisés, TT, Jeuxsoc, BGG. Grâce à la démocratisation de production et de transmission, YouTube, WordPress, Soundcloud, ces dix dernières années ont vu une explosion et une professionnalisation du nombre de sites et blogs.

Podcasts qui parlent de jeux, vidéos d’explication de règles, blogs et sites ludiques (Gus&Co est né en 2007), tout un foisonnement qui bruisse sur la toile et qui alimente l’information et relaie la communication des éditeurs. Avec toujours la question brûlante de l’objectivité qui est devenue une véritable matière première et précieuse.

Preuve d’une médiatisation massive, même les médias dits traditionnels, radio, tv, presse papier, s’intéressent au phénomène et dépassent les poncifs éculés que sont devenus les jeux de société traditionnels (échecs, Monopoly).

Esthétique

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Depuis dix ans on assiste à une valorisation de l’esthétique des jeux. On assiste de plus en plus à un véritable souci esthétique et artistique. Difficile de savoir exactement quand cette tendance est apparue, mais on peut se demander ce n’est pas Libellud qui a ouvert les feux en 2008 avec leur Dixit à l’univers artistique et onirique.

Aujourd’hui, des Vincent Dutrait, Biboun, Naïade, Pierô, Matthieu Leyssenne, Michael Menzel, Marie Cardouat sont devenus des incontournables du jeu de société. Les illustrateurs sont parfois même à présent cités sur la boîte, aux côtés de l’auteur.

Depuis ces dernières années les éditeurs l’ont bien compris. Un jeu moche est un jeu mort. Plus l’aspect esthétique sera travaillé et plus le jeu percera. Alors certes, il y aura toujours des jeux aux visuels « approximatifs » qui trouveront leur public, dû à leur intérêt ludique et mécanique manifeste. Mais depuis une dizaine d’années et pour se démarquer, les jeux doivent être bons ET beaux.

Through the Ages 2006 à gauche, version 2015 à gauche.

Le jeu Through the Ages version 2006 à gauche, version 2015 à droite.

Star-System

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Autre changement notable en dix ans, c’est le star-system, peu développé au début des années 2000. En dix ans, des noms d’auteurs se sont élevés pour asseoir une certaine renommée auprès du public.

Comme pour l’affiche d’un film, les noms sont devenus extrêmement importants ces dernières années. Au point de motiver les éditeurs à signer leurs jeux: Bruno Cathala, Antoine Bauza, Stefan Feld, Eric M. Lang, Richard Garfield, Frederic Henry, etc. C’est l’aspect « égérisation » des jeux. On consomme un jeu, mais on en consomme aussi son auteur. Le nom de l’auteur augmente les chances de succès du jeu. Par sa qualité ludique, certes, mais également par le nom. J’achète le nouveau Cathala, le nouveau Bauza. Qu’importe le titre, l’éditeur, on fait confiance à l’auteur pour sortir une oeuvre savoureuse.

Et comment expliquer ceci? C’est peut-être dû au tout premier point énoncé, le nombre de sorties. Se rattacher à quelques noms d’auteurs, quelques repères, quelques valeurs qu’on décide sûres devient un moyen de trier le bon grain de l’ivraie, de savoir quels jeux acheter dans cette déferlante. Et même si certains de leurs jeux déçoivent, et ça arrive, forcément, on leur pardonnera plus facilement parce qu’on saura qu’ils représentent un phare dans ce chaos.

Et vous, quels sont les changements que vous avez constaté en dix ans?

Concours spécial Western. Gagnez Flick’em Up (avec extension) et Colt Express (avec extension)

Standard

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En partenariat avec les boutiques de jeux Ludibay et Ludikbazar, nous vous offrons la possibilité de gagner un Flick’em Up avec son extension, Stallion Canyon, ainsi qu’un Colt Express également avec son extension, Chevaux et Diligence. Donc deux lots différents en tout.

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Colt Express est un jeu fun et frénétique. Incarnez un bandit et dévalisez un train en marche. Elu meilleur jeu 2015. Flick’em Up est un jeu de pichenette dans le far-west avec des scénarios de fou. Deux excellents jeux.

Comme ces deux jeux sont à thème western, vous l’aurez deviné, nous allons mettre votre culture western à rude épreuve. Enfourchez votre monture, calez votre chapeau, gardez vos guns prêts et c’est parti pour la chevauchée!

Sauf que.

Parce que nous sommes des petits coquins, nous avons un peu corsé le tout. A chaque fois, il y a une petite astuce. Je vous laisse la découvrir.

Un film vu par Véronique (Sanson)

Un film vu par Joe Dalton(ien)

Un film vu par Rosa Parks(inson)

Un film vu par un mec qui a un truc dans l’œil.

 

Allez faire un tour sur le Facebook de Ludibay et de Ludikbazar ces prochains jours, il n’est pas impossible que vous y trouviez des indices qui pourraient vous aider…

Conditions de participation:

Délai de participation: mercredi 10 février 2016 à midi. Une seule participation par personne.

Je réponds aux 4 questions en-dessous. Je soutiens le Facebook, le Twitter des partenaires du concours.

En cas d’égalité les meilleures réponses seront tirées au sort. Les jeux seront envoyés par la poste. Il y aura deux vainqueurs. Le premier participant qui aura été tiré au sort pourra choisir son lot en premier, soit Flick’em Up avec extension, soit Colt Express avec extension. Le second participant recevra l’autre.

Annonce des résultats: dimanche 14 février 2016 à 18h.