Halloween
Analyses & psychologie du jeu,  Jeux de plateau,  sélection

10 jeux de société pour hanter votre Halloween

🎃 10 jeux de société effrayants pour Halloween ! De Betrayal à Cthulhu, plongez dans l’horreur ludique. Frissons et fun garantis ! 🃏👻


Halloween

En bref :

  • Halloween : une fête ancestrale pour apprivoiser nos peurs de façon ludique.
  • La peur : une expérience universelle mais culturellement diverse.
  • 10 jeux de société variés pour vivre Halloween, intensément.

Et si cette année, au lieu de bonbons, vous offriez des frissons à vos amis ? Le cri strident résonne dans le manoir… mais ce n’est que le début de votre soirée jeux d’Halloween.

Halloween, c’est dans un peu moins de deux semaines. Les jeux de société sont un moyen facile et immersif de vivre une soirée d’Halloween inquiétante, effrayante. Pour les fans de films, de séries, de livres, de jeux d’horreur, Halloween est la soirée parfaite pour jouer, dans les deux sens, à se faire peur.

Nous avons sélectionné pour vous quelques jeux d’horreur qui vont vous permettre de vivre une soirée d’Halloween mémorable.

Halloween, mais qu’est-ce que c’est

Halloween, c’est cette soirée passée à se faire peur. Une tradition qui nous vient des US. Via les films, les séries et le merchandising, surtout, cette tradition s’est peu à peu étendue et installée chez nous en Europe.

À l’approche d’Halloween, beaucoup d’entre nous pensent aux sorcières, aux fantômes et aux zombies. Des films d’horreur se succèdent sur les chaînes de télévision et de streaming, et les devantures de magasins sont recouvertes de citrouilles, de squelettes et de toiles d’araignée. 

Pour certaines personnes, c’est une période passionnante de l’année. Une période où l’on peut savourer le frisson d’avoir peur

Comme toutes les fêtes, Halloween se compose de rites, de symboles et de relations interpersonnelles. Dans la tradition américaine, il s’agit de jouer avec le monde de l’invisible. On tourne en dérision les sujets les plus tabous. On se moque de nos propres peurs. Halloween a une fonction importante de désacralisation de la mort. Mais il ne faut pas en évacuer tout le côté ludique.

C’est une fête qui permet de développer les relations interpersonnelles. Elle joue un rôle social réunificateur important souvent mis à mal dans nos sociétés modernes. Par exemple, en faisant du porte-à-porte, les enfants ont l’occasion de tisser des liens sociaux différents. La société américaine a réussi à se réapproprier cette fête celte. Nous en parlerons en détails plus bas.

En Europe, la situation est différente, l’événement a été… parachuté. Le public cible est clairement l’enfant, et c’est l’aspect festif qui domine. Contrairement aux États-Unis, le côté «jouer avec la mort» ne semble que très secondaire. Pour l’instant on ne peut pas dire qu’il y a une véritable réappropriation.

Une autre différence fondamentale est que la culture américaine est empreinte d’enchantement et de féerie. Ce n’est pas le cas sur le Vieux Continent qui a une culture plus… rationnelle. Le rapport au magique n’est pas aussi profondément inscrit.

Des origines celtes d’Halloween à nos jours

Halloween, loin d’être une simple fête américaine, puise ses racines dans l’antique tradition celte de Samain. Ce festival marquait la fin de l’été et le début de la nouvelle année celte, une période où l’on croyait que le voile entre notre monde et celui des esprits s’amincissait.

Samain était caractérisé par des feux de joie, des sacrifices pour apaiser les divinités, et des rituels de divination. Les gens se déguisaient pour tromper les esprits malveillants et attribuaient les farces aux êtres surnaturels.

Avec l’avènement du christianisme, l’Église adapta habilement ces traditions païennes. Au VIIIe siècle, la Toussaint fut stratégiquement placée le 1er novembre, coïncidant avec Samain. Les rituels païens furent réinterprétés : les offrandes aux esprits devinrent des dons aux pauvres, et les déguisements furent associés aux saints plutôt qu’aux créatures surnaturelles.

Au fil du temps, cette fusion de traditions donna naissance à Halloween. La fête conserva les éléments de Samain tels que les déguisements et les farces, tout en évoluant vers une célébration plus laïque et ludique.

Aujourd’hui, Halloween perpétue cet héritage millénaire, nous permettant de jouer avec nos peurs tout en célébrant le cycle éternel de la mort et de la renaissance, comme le faisaient nos ancêtres celtes.

La psychologie derrière notre attrait pour la peur

Qu’est-ce qui nous pousse à voir des films d’horreur ? À aller dans des parcs d’attraction ? À jouer à des jeux qui risquent de susciter de la peur ? On aime avoir peur. On aime se faire peur.

C’est une émotion que l’on recherche. On peut même dire que l‘on prend un certain plaisir à avoir peur.

Alors que le monde regorge déjà de véritables horreurs, pourquoi sommes-nous si nombreux et nombreuses à rechercher activement des expériences effrayantes, particulièrement à Halloween ? La réponse réside dans la psychologie passionnante de la peur. Contrôlée.

Les expériences de peur contrôlée, comme celles offertes par les jeux de société d’horreur, et les films, et les romans, et les parcs d’attraction et autres Escape games d’horreur, déclenchent une réaction physiologique similaire à une menace réelle, mais sans danger véritable. Notre corps libère de l’adrénaline, augmentant notre rythme cardiaque et notre respiration. Une fois la « menace » passée, nous ressentons une vague de plaisir et de soulagement grâce à la libération de dopamine. C’est cette combinaison qui rend l’expérience si attrayante.

De plus, affronter la peur ensemble renforce les liens sociaux. Lorsque nous vivons une expérience effrayante en groupe, comme lors d’une partie de jeu d’horreur, notre corps libère de l’ocytocine, l’hormone dite « de l’amour ». Ce phénomène explique pourquoi les soirées jeux d’Halloween peuvent être si mémorables et renforcer les amitiés.

Étonnamment, s’exposer régulièrement à des expériences de peur contrôlée peut nous aider à mieux gérer le stress dans la vie réelle. Des études ont montré que les fans de médias d’horreur ont fait preuve d’une meilleure résilience psychologique pendant la pandémie de COVID-19. Mais oui. Même si comme ça, ça fait très… WTF. En quelque sorte, ils s’étaient « entraînés » à gérer la peur et l’anxiété à travers leurs divertissements.

Mais a-t-on véritablement peur ? Ou est-ce qu’exposés à un jeu, à un film, nous sentons que cette pseudo-peur n’est que… pseudo, justement ? Le plaisir de ne pas avoir une peur réelle. Et peut-être que cette recherche de la peur est également liée à un besoin de confrontation à cette émotion pour en faire l’apprentissage.

C’est tout le plaisir ressenti lors de nos nombreuses parties de cache-cache en tant qu’enfant (ou à IKEA une fois adulte…). Partir se cacher et attendre, fébrile, que l’autre vous découvre. Le plaisir du cache-cache réside dans cette attente, cet inconnu. Quand va-t-on être découvert ? Une forme d’apprentissage de la peur, comme un entraînement, ludique, contrôlé et sans danger. Pour ensuite mieux apprendre à gérer la peur, la vraie.

Halloween et catharsis

Dans dix jours semaines, c’est donc Halloween. Cette fête est principalement célébrée dans le monde anglo-saxon, notamment aux États-Unis. Mais elle s’infuse de plus en plus en France, en Suisse, où, s’il n’est pas encore courant de voir des enfants courir d’un domicile à l’autre, déguisés en monstres et réclamant des bonbons, il est en revanche devenu fréquent de se faire inviter à des soirées costumées.

Il est vrai que chez nous, la tradition consistait plutôt le premier novembre à fêter la Toussaint. Et le lendemain, à aller fleurir la tombe des membres de sa famille. Raison pour laquelle l’Église catholique a longtemps été hostile à la diffusion, en France, de cette fête païenne. Bien trop païenne.

Et pourtant. Cette fête correspond, semble-t-il, à un besoin humain très profond qui est celui de… jouer à se faire peur.

L’être humain est un animal qui a la capacité de rêver. Mais aussi celle, très surprenante, de cauchemarder. En effet, rien ne paraît plus absurde et inexplicable que ce phénomène, que cette torture que le cerveau nous inflige en nous faisant faire des cauchemars.

Pire encore. Nous passons parfois des nuits de terreur et sommes prêts à réitérer l’expérience à la lumière du jour, en allant nous enfermer dans des salles de cinéma pour regarder des films d’horreur, par exemple. Ou de jouer à des jeux de rôle ou de société effrayants. Ou de vivre une apocalypse zombies « en vrai ».

Alors, à quoi tient la présence de l’horreur, de la peur dans nos lectures, dans nos divertissements, dans nos rêves et dans nos fêtes ? La réponse se trouve peut-être chez… Aristote.

Parlant dans sa poétique de la tragédie, le philosophe l’a défini par cette phrase qui a depuis fait couler beaucoup d’encre. La tragédie, au moyen de la terreur et de la pitié, opère la purgation, en grec, la catharsis, de ces mêmes passions.

Pour Aristote, en les éprouvant dans le cadre d’une représentation théâtrale, nous sommes moins amenés à les éprouver dans le reste de notre vie. Nous sommes en quelque sorte apaisés. Les cauchemars, les jeux effrayants ou les films d’horreur semblent ainsi relever de cette catharsis. Ils sont comme un grand… égout pour notre esprit, qui se « lave » à travers eux, de la violence de ses passions.

Cette purgation serait un besoin humain qui expliquerait notre passion pour le fait de jouer à se faire peur.

Les multiples facettes de la peur

Alors que nous nous préparons pour la saison d’Halloween, il est fascinant de considérer comment la peur, bien qu’apparemment universelle, se manifeste différemment selon les individus et les cultures. Cette diversité explique pourquoi certains d’entre nous sont attirés par les maisons hantées et les films d’horreur, tandis que d’autres les évitent à tout prix.

Traditionnellement, on considérait la peur comme une émotion universelle, ancrée dans notre évolution pour nous protéger du danger. Des études ont même montré que les gens du monde entier peuvent reconnaître les expressions de peur sur les visages, indépendamment de leur culture ou de leur langue. Cependant, des recherches plus récentes révèlent une réalité plus nuancée.

Par exemple, une étude menée auprès des Trobriandais de Papouasie-Nouvelle-Guinée a montré que ces adolescents, culturellement isolés, interprétaient une expression faciale de peur typique comme de la colère. Cela suggère que même les expressions de peur les plus basiques peuvent avoir des significations différentes selon les cultures.

De plus, les choses qui nous effraient varient considérablement d’une culture à l’autre. Dans les maisons hantées japonaises, par exemple, les gens ont tendance à se regrouper face à la peur, contrairement à l’instinct occidental de fuir individuellement. Cela pourrait refléter la nature plus collectiviste de la culture japonaise.

Le contenu de ce qui nous effraie diffère également. Alors que les films d’horreur américains se concentrent souvent sur des tueurs en série ou des monstres, coucou Terrifier 3, l’horreur japonaise met davantage l’accent sur les fantômes et l’au-delà, reflétant des croyances culturelles différentes.

Il est important de noter que même au sein d’une même culture, les réactions à la peur peuvent varier considérablement d’un individu à l’autre. Certains recherchent activement les sensations fortes, tandis que d’autres préfèrent les éviter complètement.

Cette diversité dans l’expérience de la peur explique la variété des jeux et activités d’Halloween disponibles. Et si vous décidez de vous aventurer dans une maison hantée, de regarder un film d’horreur ou de jouer à un jeu de société qui fiche les jetons, n’oubliez pas que l’expérience peut être amplifiée lorsqu’elle est partagée avec des amis. D’où tout l’intérêt des jeux de société !

Quelle est votre façon préférée de célébrer Halloween ?

10 jeux de société pour passer une soirée d’Halloween effrayante

Voici notre sélection de nos 10 jeux de société préférés pour vivre une soirée d’Halloween terrifiante. Mémorable, à coup sûr.

NB : Liste non exhaustive, et très, très personnelle. Alors OK, on n’a pas dressé la liste de TOUS les jeux horrifiques. Il en existe encore d’autres. Beaucoup d’autres. Nous ne vous proposons ici que les meilleurs, les plus riches, les plus aboutis, les plus passionnants, les plus fun. Selon nous ! Nous nous réjouissons de découvrir VOS coups de cœur en commentaire !

Le plus culte

Betrayal at the House on the Hill

C’est LE jeu idéal à sortir pour votre soirée d’Halloween ! Deux jeux en un, avec une montée inexorable de la tension et une fin en apothéose.

Au début, vous vous baladez dans un manoir sans connaître votre véritable but, quand tout d’un coup, une personne à la table se fait posséder et se transforme pour devenir le méchant du jeu. Et là, c’est le drame.

Le jeu propose un système malin de deux brochures séparées : une pour les survivants / gentils, et une pour le méchant, avec des scénarios et informations secrètes à lire uniquement lors de cette transformation.

Juste. Démentiel.

Et la troisième édition, grandement améliorée, avec de nouveaux scénarios, de nouvelles mécaniques, un nouveau matériel, sublime encore plus l’expérience de jeu. Immersif, narratif, coopératif (en tout cas au début, après ça part en cacahouète) et palpitant.


Le plus loufoque

Scooby-Doo: Escape

Comme Betrayal, vous vous baladez dans un manoir, hanté, et vous devez trouver le moyen de vous en échapper, et de résoudre l’affaire du fantôme de Lady Fairmont.

Dans Scooby-Doo: Escape from the Haunted Mansion, vous et votre groupe incarnez le gang Mystery Incorporated, soit Fred, Daphné, Véra, Sammy et Scooby-Doo. C’est Betrayal, mais avec un petit côté… cocasse.

Tout au long du jeu, vous vous déplacez de pièce en pièce du manoir, en tirant des cartes d’indices et en ouvrant des enveloppes secrètes au fur et à mesure de votre progression. Beaucoup d’enveloppes secrètes , avec du matos et des énigmes aussi surprenantes que passionnantes.

Si dans certains Escape games les énigmes sont, comment dire, cheap et plates, soyons honnêtes, celles de Scooby-Doo: Escape from the Haunted Mansion sont particulièrement réussies. Ni cucul, ni tarabiscotées.

Ce qui détonne et passionne dans le jeu, c’est qu’il est composé de plusieurs livrets souples, découpés en chapitres. Jusque-là, rien de bien surprenant. On a bien affaire à un Escape game de salon.

Mais.

Chaque livret renvoie à l’un des personnages emblématiques de l’équipe de Scooby. Il y a le livret, de Fred, de Velma, de Fred, de Daphné et de Scooby bien sûr. Et chaque personnage possède son propre pouvoir spécifique. Il arrive souvent qu’on doive prendre l’un des livrets pour activer, pour contrôler l’un des personnages et réussir une tâche en fonction de la compétence nécessaire pour la réussir.

Chacun des personnages dispose donc d’une capacité propre. Et chaque fois que vous voulez l’utiliser, vous combinez son numéro unique avec l’élément avec lequel vous voulez interagir sur une tuile de carte ou une carte indice. Le résultat de ces associations de nombres vous renvoie à un chapitre correspondant du livret du personnage correspondant. Si vous vous trompez, vous prenez une pénalité, un Scooby Snack. À la fin du jeu, vous perdez des points pour chaque Scooby Snack que vous avez mangée.

Voilà.

La prise en main est extrêmement rapide, une fois cette mécanique d’association de chiffres comprises. Un élément, un objet, un personnage, un pouvoir, un livret et un paragraphe. Tout devient fluide et limpide une fois la partie lancée.

À relever que l’aventure dure bien 2 à 3h en tout. Elle est découpée en plusieurs chapitres, ce qui permet de s’interrompre pour continuer plus tard. Le jeu propose alors un système de « sauvegarde ». Malin, pratique.

Et incarner Scooby à Halloween, c’est ouf !

👉 Découvrez ici notre chronique complète.


Le plus compact

Horreur à Arkham : Le jeu de cartes

Depuis une dizaine d’années, entre jeux de cartes, de rôle et de plateau, il faut admettre que le mythe de Cthulhu fait souvent son apparition dans les jeux de société.

Cela fait 70-80 que les écrits de Howard Phillips Lovecraft, auteur et reclus de Providence dans le Maine, ont fasciné et façonné la culture populaire. C’est lui qui a inventé le fameux mythe de Cthulhu. Au point d’inspirer de manière régulière et fréquente les auteurs de jeux contemporains à intégrer les diverses créatures et cosmogonies liées au mythe.

Les fondamentaux du mythe de Cthulhu reposent sur la terreur, l’angoisse, l’épouvante et l’horreur de la menace cosmogonique cruelle et constante. Tous les jeux Cthulhu sont des candidats idéals pour une soirée d’Halloween sur le thème de la peur.

Sorti en novembre 2016 chez FFG / Asmodée, Horreur à Arkham le jeu de cartes coopératif a remplacé l’autre jeu de cartes, compétitif L’Appel de Cthulhu, compétitif celui-ci. Et en 2021, le jeu ressort, en version révisée, avec quelques modifications mineures, qui vous permet de continuer à jouer avec les scénarios précédentes.

Au lieu de se battre l’un contre l’autre, vous faites désormais équipe pour vous attaquer aux mystères d’Arkham au cours d’une campagne narrative. Tout au long de vos aventures, vous allez devoir résoudre des mystères et plonger dans l’horreur (d’où le titre) du mythe. C’est un jeu de cartes, tout petit, tout « simple ». Avec toutefois une place importante à l’aspect narratif et inquiétant.


Le plus massif

Les Demeures de l’Épouvante, deuxième édition

C’est LE jeu de Manor-Crawling par définition. Aventure et baston, baladez-vous dans un manoir et des environnements angoissants, cherchez des indices et affrontez les bébêtes du mythe dans ce gros jeu coopératif et narratif.

Cette deuxième édition, sortie en 2016, met en place une appli qui permet de gérer tout le jeu, de la mise en place à la gestion des créatures qui se déversent sur le plateau. Dans la première édition, préférée par certaines personnes, le jeu était en mode semi-coop, tous contre un. Dans cette deuxième édition, c’est l’appli qui incarne ce rôle, comme dans le Seigneur des Anneaux, Voyages en Terres du Milieu.


Le plus narratif

Escape the Dark Castle

Entre les livres dont vous êtes le héros et les jeux de rôle, y a-t-il une place à prendre ? Peut-être, avec Escape the Dark Castle.

Escape the Dark Castle est un jeu d’aventure immersif. Dans lequel on va devoir essayer de sortir du Sombre Château. Préparez-vous à une balade bucolique dans un donjon lugubre aux multiples monstres et couloirs remplis de chausse-trappes.

Coopérez afin d’espérer voir la lumière du jour. Avec la menace, constante. Un mort d’un seul membre de l’aventure entraînant la défaite de toutes et tous.

Emprisonné à tort dans les geôles du sinistre Sombre Château, le groupe va devoir traverser 15 salles (appelées chapitres) et faire face à différentes épreuves et monstres terrifiants, ensemble, pour retrouver leur liberté.

On commence par choisir un personnage parmi les 6 disponibles : cuisinier, forgeron, meunier, tanneuse, couturière et clerc. Chaque personnage ayant des caractéristiques (force, ruse et sagesse) différentes.

Ces caractéristiques sont représentées par un dé (un par personnage), avec autant de symboles sur ces faces que sur la carte du personnage (par exemple, le dé de la tanneuse a une face Force, une face Ruse , deux faces Sagesse, une face double ruse et une face double sagesse). Les joueurs et joueuses notent également sur leurs feuilles leur nombre de points de vie (en fonction du nombre de personnes).

Le donjon est constitué en tirant aléatoirement 15 cartes parmi les 45 cartes chapitres disponibles, et une carte boss final parmi les 5 disponibles dans la boîte de base.

L’esthétique du jeu rappelle également les livres dont vous êtes le héros, avec des images en noir et blanc d’une qualité discutable, mais qui rappelleront des souvenirs. Ces illustrations, particulières, glauques, ne péjorent pas la qualité du jeu. Même pour les personnes pour qui les illustrations jouent un rôle prépondérant dans un jeu.

En vrai, les illustrations participent fortement à l’ambiance du jeu. Un point particulièrement important, rappelé dans les règles du jeu.

Escape the Dark Castle se veut un jeu immersif. Comme indiqué, les illustrations sont faites pour marquer. Et les textes sont aussi très travaillés. La lecture à haute voix de ces textes va créer l’ambiance, le plus du jeu. Sans cette ambiance, sans cette narration, le jeu n’est qu’un bête jeu de lancer de dé. Qui risque vite de devenir mécanique et inintéressant. Si vous n’aimez pas lire ou le roleplay, Escape the Dark Castle n’est pas fait pour vous. Passez votre chemin. Pour les autres, surtout, ne vous arrêtez pas à l’esthétique de la boîte et du jeu ou des cartes. Venez, entrez dans le Sombre Château !

Rapide à mettre en place (2 minutes), Escape the Dark Castle est aussi rapide à jouer. Comptez 30 minutes sortir du château ou… pour mourir.

Et la rejouabilité est importante. Le nombre de cartes chapitres et de boss finaux fait qu’il est hautement improbable de tomber deux fois sur le même tirage. Quand bien même, la part de hasard due aux tirages de dés et aux objets trouvés font que toute aventure est unique.

À l’esthétique trash, punk et lugubre, Escape the Dark Castle est un jeu d’aventure et d’ambiance immersif, qui rappellera des souvenirs aux fans de livres dont vous êtes le héros, mais qui sait aussi plaire aux autres. Un jeu Passionnant, effrayant. Parfait à sortir pour 1-2 personnes à Halloween.


Le plus adapté pour les enfants

Les Aventuriers du Rail – Le Train Fantôme

Les enfants aussi ont droit à un jeu de plateau Halloween. Et ça tombe bien, parce que cette année, justement sortie quelques jours avant la fête, les attend une version des Aventuriers du Rail en version Junior et rethématisée Halloween.

Conseillée dès 6 ans, c’est une excellente adaptation du jeu de plateau pour les plus petits.

Visitez écoles abandonnées, marécages inquiétants et grottes obscures et connectez-les pour y demander « des bonbons ou un sort ». Trick or Treat.

Chacun reçoit 2 cartes Ticket, avec les mêmes dessins que sur le plateau pour identifier rapidement les lieux que vous devez relier. Piochez des cartes Wagons ou dépensez-les pour prendre une route du plateau en y plaçant vos pions en forme de wagons, de votre couleur. Si vous avez réussi à relier les 2 lieux hantés indiqués sur un de vos Tickets avec des wagons de votre couleur, le Ticket est réussi et vous pouvez en piocher un nouveau. 

Le vainqueur est la première personne qui réussit son sixième Ticket, ou celle qui en a validé le plus si on termine la partie en posant ses derniers wagons.

Avec cette version, adaptée aux enfants, les règles sont faciles à apprendre et les parties sont rapides. Vous trouverez tous les ingrédients des Aventuriers du Rail pour les grands ! Cet opus vous emmène dans un univers d’Halloween, où citrouilles, sorcières et vampires forment autant d’étapes du train fantôme qui vous emmène, pour une ambiance drôle et fantastique ! Rien d’anxiogène, rien de terrifiant. Nous y avons joué en famille, et nous avons beaucoup apprécié.


Le plus beau

Mysterium

Un manoir. Un meurtre. Un fantôme. Les ingrédients-types du parfait film d’horreur. Mysterium propose un monde où les fantômes sont « réels » et veulent vous aider à résoudre des crimes. Plus précisément, leur meurtre à eux. 

Dans Mysterium, une personne incarne le rôle dudit fantôme, dont les méthodes de communication se limitent à un jeu de cartes magnifiquement illustrées. Avec ces cartes, le fantôme doit conduire les autres, des détectives du paranormal, vers le bon suspect avant la fin de la nuit. 

Mysterium reprend le concept initial de Dixit et lui applique un ensemble de règles plus abouties et un thème plus fort, plus angoissant, plus Halloween-friendly.


Le plus sadique

Terroscape

Terrorscape est un jeu asymétrique inspiré des films de slasher, où 1 à 3 joueurs et joueuses incarnent des survivants face à un tueur contrôlé par un autre joueur. Le but ? S’échapper ou survivre assez longtemps pour que les secours arrivent.

Points forts :

  • Une maison en 3D à monter, servant de plateau de jeu et de séparation entre les camps
  • Choix entre 5 survivants aux capacités uniques et 3 tueurs aux styles de jeu différents
  • Mécanique de bruit et de terreur pour une tension constante
  • Parties courtes (30-45 minutes) mais intenses
  • Ambiance plus légère qu’on pourrait le croire, parfaite pour Halloween

Terrorscape offre une expérience de « cache-cache » terrifiante mais amusante, idéale pour les groupes cherchant un frisson ludique sans trop de gore. Avec ses extensions, il promet également une rejouabilité importante pour vos futures soirées d’Halloween.

👉 Découvrez ici notre chronique complète.


Le plus 80s

Greenville 1989

Greenville 1989 reprend les mécaniques de Mysterium à coups de déduction d’images, en lui donnant un vernis très 80s de Stranger Things.

À relever que les illustrations sont vraiment, vraiment, vraiment terrifiantes. Coopératif, immersif, un classique des jeux d’horreur ! Parfait pour frémir à Halloween.

👉 Découvrez ici notre chronique complète.


Le plus poulpique

Cthulhu: Death May Die

Cthulhu: Death May Die est un gros jeu de stratégie coopératif. Vous incarnez le rôle de détective. Votre taf ? Empêcher les cultistes de mener à bien leur rituel, puis invoquer vous-même une créature pour la combattre et la vaincre une fois pour toutes.

Avec ses tuiles et sa palette de figurines, à la première impression on a l’impression d’avoir affaire à un énième Dungeon Manor-Crawling coopératif et banal. Et pourtant, non. Cthulhu: Death May Die parvient à se démarquer des autres titres du genre.

Le jeu propose une importante quantité de scénarios, de quoi renouveler le jeu et l’aventure. Il met également en scène un système de « santé mentale« , chère à Lovecraft, qui vous oblige tout au long de la partie de prendre des décisions stratégiques douloureuses et délicieuses.

Un jeu tendu, immersif, narratif, aux règles étonnamment simples pour un tel gros format.

À noter également, Cthulhu: Death May Die a été conçu par un duo d’auteurs de jeux explosifs et bankables : Rob Daviau (Pandemic Legacy) et Eric Lang (Blood Rage), et publié par CMON (Zombicide), un éditeur qui apprécie les gros jeux intenses et bourrés de figs.


Le plus nomade

Un petit Unlock pour Halloween ?

Faut-il encore présenter Unlock ? Ces Escape Games « de salon » qui tiennent dans un deck de cartes, une appli et hop. C’est parti pour 60 minutes de triturage de neurones pour réussir l’aventure le plus rapidement possible et avant la fin du chrono.

Pourquoi parler d’Unlock dans cette sélection des meilleurs jeux pour passer un Halloween terrifiant ? Parce que plusieurs scénarios de ce jeu proposent une aventure dans une ambiance effrayante.

Dans la 2e boîte, sortie en 2017, Mystery Adventures, dans La Maison sur la Colline, on se balade dans une Maison Hantée, avec un scénario bourré de succession de références du cinéma de genre. De loin pas le meilleur scénario Unlock, mais qui fait bien son taf pour ce Halloween 2020.

Dans la 4e boîte, sortie en 2018, Exotic Adventures, on retrouve La Nuit des Croquemitaines. Le pitch : « Dans cette aventure, vous devrez aider Guillaume, un petit garçon qui a vu ses rêves envahis par les croque-mitaines. Travaillez en équipe pour chasser ces horribles cauchemars et faire en sorte que le petit garçon retrouve des nuits plus calmes ». Un scénario qui se déroule dans l’univers des cauchemars. Angoissant ! « Halloweenesque » à souhait.

Dans Epic Adventures, la 7e boîte sortie en 2019 et plutôt décevante dans sa globalité, on y retrouve un autre scénario d’horreur, 7eme Art et Décès, qui reprend l’ambiance du scénario de La Maison sur la Colline de Mystery Adventures.

Dans Legendary Adventures, la 9e boîte sortie en début 2021, et vraiment réussie, on y retrouve Sherlock pour une enquête de tueur en série. Ambiance glauque et gothique, parfaite pour Halloween.

Dans Game Adventures, la 10e boîte sortie fin 2021, Mysterium, le jeu de plateau cité plus haut, est adapté en scénario Unlock. Le pitch : élucidez le meurtre avec les cartes Rêves du fantôme. Un voyage onirique et ésotérique rempli de mystères… Entrez dans le manoir Warwick pour une enquête sombre et onirique. Un scénario idéal à jouer à Halloween.

Et enfin, dans Extraordinary Adventures, la 11e boîte (et la moins réussie ?), on y trouve Dia de Los Muertos, la fameuse Jour des Morts mexicaine, ambiance Coco de Pixar. Le pitch : Une fois par an, le monde des morts et celui des vivants s’alignent, l’occasion pour vous de retrouver le talisman perdu de la famille. Parfait pour Halloween !

Conclusion

Halloween approche à grands pas, et avec elle, l’opportunité de vivre des expériences effrayantes et palpitantes. Comme nous l’avons vu, cette fête ancestrale, ancrée dans les traditions celtes et transformée au fil des siècles, répond à un besoin profondément humain : celui de jouer avec nos peurs dans un cadre sécurisé et contrôlé.

Les jeux de société que nous avons sélectionnés offrent une manière unique et interactive de célébrer Halloween. Qu’il s’agisse d’explorer un manoir hanté dans « Betrayal at the House on the Hill », de résoudre des mystères avec la bande de Scooby-Doo, ou de plonger dans l’univers lovecraftien avec « Horreur à Arkham », chacun de ces jeux propose une expérience immersive et terrifiante à sa façon.

Ces jeux ne sont pas seulement des divertissements, ils sont aussi des vecteurs de catharsis, nous permettant d’affronter nos peurs dans un contexte ludique. Ils nous rappellent que la peur, bien que universelle, se manifeste différemment selon les cultures et les individus, enrichissant ainsi notre expérience collective.

N’oubliez pas que ces jeux sont encore plus fun lorsqu’ils sont partagés avec des amis ou en famille, renforçant ainsi les liens sociaux qui sont au cœur de la célébration d’Halloween.

Alors, cette année, pourquoi ne pas troquer les traditionnels bonbons et déguisements contre une soirée jeux terrifiante ? Partez en explo pour ces univers effrayants, affrontez vos peurs, et créez des souvenirs mémorables. Après tout, Halloween n’est qu’une fois par an, alors profitez-en pour partir en voyage dans ces mondes imaginaires « fun » mais entre guillemets.

Joyeux Halloween à toutes et à tous !


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3 Comments

  • ddexert

    Hé hé ! J’ajouterais personnellement quelques jeux atypiques tels que :
    – Nictophobia : un slacher, se jouant les yeux fermés, semi coop.
    – The Faceless : ambiance Stranger things, Coop se jouant avec une boussole sur un plateau sur lequel le Billy Goth aimanté nous attire…
    – Hantise : jeu d’ambiance en groupe ds la ligné de Two room and à boom. Sortie prévue plutôt début 25 malheureusement…

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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