Essen 2025 – jour 3 : Apocalypse et pépites !
💎 Sanctuary est-il le nouvel Ark Nova ? On décrypte les nouveautés d’Essen 2025 J3, de l’ambiance survoltée aux jeux qui buzzent.
Essen 2025
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L’essentiel en 3 points :
- Essen 2025 bat des records de fréquentation (samedi complet) et de surface (77 500 m²), offrant une atmosphère électrique mais très dense.
- Découverte de jeux très prometteurs comme Tag Team (deck-building à programmation fixe innovant) et le carton annoncé Carnival of Sins (sublime, fun et déjà sold-out).
- Analyse de titres mitigés, notamment Sanctuary, une version trop édulcorée et sans tension d’Ark Nova.
Jeudi, c’était l’échauffement. Vendredi, la montée en puissance. Mais samedi à Essen ? C’est l’apocalypse.
Dès l’entrée, c’est la claque. Une marée humaine occupe chaque mètre carré du salon. L’allée principale s’étend, noire de monde. Comme un apnéiste avant la plongée, je prends une grande inspiration et je me jette dans ce bain de foule.
L’ambiance est électrique, la cacophonie permanente. Annonces au micro, exclamations de joie (et de rage !), discussions dans toutes les langues. Essen, c’est Babel version ludique (plus de 80 nationalités !). C’est cette magie qui nous permet de partager une table avec des inconnus et des inconnues venues des quatre coins du globe, tous unis par la même ferveur.
Toujours plus grand, toujours aussi intense
L’édition 2025 pulvérise les compteurs. Après les 204 000 visiteurs de 2024, on attend bien plus de 220 000 personnes cette année. On attend ce soir ou demain matin pour connaître les chiffres officiels de fréquentation. Pour accueillir ce tsunami humain, le salon pousse les murs : un 7ème hall porte la surface totale à 77 500 m² (+13% !).
Mais ne vous y trompez pas, les journées de pointe restent denses. Très denses. Le samedi affichait complet avant même l’ouverture, sans billetterie sur place. Conseil d’ami : soyez prévoyants l’année prochaine !
Malgré des allées élargies, zigzaguer entre les stands bondés reste un sport de haut niveau. On le pratique avec patience et sourire, car l’ambiance générale reste incroyablement chaleureuse et bienveillante. On en ressort fourbu, les pieds en compote, mais le cœur rempli d’enthousiasme.
Allez, trêve de bavardage, voici ce qu’on a déniché dans la fournaise ce troisième jour d’Essen 2025 !
Tag Team, Scorpion Masqué
Tag Team est un jeu d’affrontement dynamique en 1 contre 1. Chaque opposant commence par choisir deux champions parmi un roster d’une douzaine de personnages (l’éditeur mentionne 66 configurations différentes).
Chaque héros vient avec sa fiche de personnage, ses pouvoirs spécifiques, une carte de départ et un deck de pouvoirs évolués. La mise en place est réduite à sa plus simple expression : on prend en main les deux cartes de départ des deux personnages, on décide de leur ordre, et enfin on mélange les deux decks de progression de ses personnages et on les pose à côté de soi.
Tag Team est un jeu de deck-building à programmation fixe : à chaque tour, les deux joueurs révèlent simultanément la carte du dessus du paquet joueur, appliquent son effet, et ainsi de suite jusqu’à ce que les deux paquets soient entièrement joués. Chaque joueur pioche ensuite 3 cartes d’amélioration, en choisit une et l’intègre dans sa pile de jeu à l’emplacement de son choix.
L’emplacement n’est pas anodin, car le deck joueur n’est jamais remélangé. Au début du prochain tour, on va le remettre face cachée et le dérouler exactement dans le même sens.
Si la troisième carte de votre deck est une attaque dévastatrice, mais que la troisième carte de votre adversaire est une parade, vous allez devoir placer une carte en première ou deuxième position afin de décaler les deux cartes… À moins, bien entendu, que votre adversaire n’ait anticipé votre réaction en faisant exactement la même chose.
Les différents personnages et pouvoirs interagissent dans tous les sens, et chaque personnage a vraiment son propre timing. Certains vont voir leur puissance augmenter au fil du temps, d’autres vont devoir ronger leur frein pendant de nombreux tours avant de placer un combo dévastateur.
Testé sur une partie, avec des choix de decks imposés par l’éditeur pour faciliter la prise en main : le résultat était fort sympathique, plus dynamique à mon sens qu’un Unmatched par exemple. Le jeu est déjà dispo ici.
Bellevue, Gigamic
Bellevue est le second jeu « petit format » sorti juste avant Essen 2025, avec Verso dont on a déjà parlé il y a deux jours.
C’est un jeu de collection plutôt chill et tranquille. De manière assez classique, on va venir prendre des morceaux d’immeubles et les assembler, en cherchant à respecter les conditions de scoring indiquées sur les étages du haut et du bas.
Il y a moyen de s’embêter un peu en prenant les cartes qui arrangeraient trop un adversaire, mais ce n’est clairement pas le moteur du jeu. L’interaction reste faible, l’objectif étant plutôt de pouvoir réaliser son plus bel immeuble.
La direction artistique, tout en aplats, est atypique et ne convaincra pas tout le monde. Mais elle colle à la thématique, basée sur les façades hollandaises.
Au final, le titre est un peu trop gentil pour mes goûts personnels, mais ceux qui l’ont testé ont en général bien apprécié. À tester, si vous avez l’occasion de mettre la main dessus. On vous en parlait déjà en détail ici.
Echoes of Time, Cranio et/ou Intrafin
On passe à un jeu un peu plus expert, disponible pour l’instant en version originale chez Cranio mais dont la version française pouvait déjà être testée sur le stand d’Intrafin.
Echoes of Time est un pur jeu de combo, dans lequel tout tourne autour de cartes qu’il va falloir poser puis invoquer afin d’utiliser leur pouvoir. Eh oui, les pouvoirs des cartes ne sont pas disponibles immédiatement, il va falloir attendre un certain nombre de tours avant de pouvoir les utiliser, selon un système qui n’est pas sans rappeler celui de Mech a Dream.
Il y a bien entendu des pouvoirs et des actions pour accélérer tout ça, et il y a d’ailleurs des interactions dans tous les sens dans le jeu. Les règles sont plutôt simples en soi, puisqu’il n’y a que 4 actions disponibles (piocher 2 cartes, poser une carte, avancer 1 carte de 2 emplacements pour l’invoquer plus tôt et conquérir un lieu de pouvoir apportant un effet actif ou passif). La complexité provient en revanche de la multitude de combos disponibles.
Difficile de juger de la variété sur une seule partie, mais 3 joueurs sur les 4 avaient choisi une stratégie radicalement différente (conquête de territoire, chaînage d’effets d’objets qui se déclenchent les uns les autres et pouvoirs impactant les autres).
Les premiers tours sont forcément un peu mous, le temps qu’une petite mécanique à combo commence à se mettre en place, et la fin de partie peut s’accélérer assez vite et donner lieu à pas mal d’affrontements entre les joueurs.
Pas forcément un incontournable, mais en tout cas un jeu très agréable. Le jeu débarque bientôt.
Sanctuary, Super Meeple
En deux mots, Sanctuary est une version simplifiée et accessible d’Ark Nova. Et si vous ne connaissez pas Ark Nova, tant mieux pour vous, car vous êtes le public cible.
Le but du jeu consiste à construire un zoo en plaçant des animaux de la façon la plus harmonieuse possible, afin de maximiser les points qu’ils vont vous rapporter.
Le tour est relativement simple : on pioche une tuile, puis on réalise une action parmi 4 (placer un projet, placer un animal de rocher / de forêt / d’eau). Il y a quelques actions bonus en plus, notamment pour valider un projet de conservation et marquer des points lorsqu’on a posé les animaux qui vont bien, mais l’essentiel est là.
L’idée est qu’il est important de varier ses actions, puisque la dernière action jouée va se retrouver en bas de la pile : il est possible de refaire exactement le même coup le tour d’après, mais l’action ne sera pas très puissante.
C’est finalement assez proche d’Ark Nova, mais en beaucoup plus permissif. Là où le grand-frère était un jeu hyper contraint, ici l’expérience est sans prise de tête : il n’y a pas besoin de rusher les projets de conservation, on n’est pas limité par l’argent ou la taille des enclos, et plus généralement il n’y a pas de tuiles pour pourrir ses adversaires. Et surtout, aucun intérêt de jouer à 4 vu le très faible niveau d’interaction.
Il en résulte un jeu très sage, trop sage sans doute, qui se destine clairement à un public plus familial qui recherche une expérience exigeante mais pas trop, facile à sortir et qui dure moins d’une heure tout compris.
Les fans d’Ark Nova resteront sur leur faim et regretteront la perte de tout ce qui faisait le sel de leur expérience : la tension dans les choix et la nécessité de surveiller ses adversaires en permanence. Terra Nova montre pourtant qu’il est possible de simplifier l’expérience d’un jeu expert sans perdre tout ce qui fait son charme…
Bref, un jeu agréable mais loin d’être inoubliable, dommage ! Le jeu débarque bientôt.
Light Speed Arena, Pegasus Spiele
Allez, on passe sur du beaucoup plus léger avec Light Speed Arena, un jeu bien fun taillé pour l’apéro. Le principe est simple : chaque joueur dispose d’une pile de 6 vaisseaux qu’il va falloir placer en moins de 10 secondes et en simultané sur la zone de jeu. Chaque vaisseau a des lasers, et parfois des boucliers. Le tout étant de bien placer son vaisseau pour que ses tirs atteignent les autres joueurs, en évitant si possible les tirs amis.
10 secondes fois 6 vaisseaux, la session de jeu dure donc une minute tout pile. Le jeu est livré avec une appli qui permet de timer tout cela, et surtout de prendre une photo en fin de partie histoire de compter les morts et distribuer les points.
C’est fun et visuel, peut-être un poil long puisqu’il faut cliquer un à un sur chaque tir réussi pour passer au suivant. Mais cela évite toute contestation entre les joueurs, et cela permet surtout de constater à quel point on ne sait pas viser.
En conclusion, un jeu bien dans l’air du temps, facile à sortir avant ou pendant l’apéro et idéal pour mettre l’ambiance avant de passer au gros jeu. Le jeu débarque bientôt.
Brutus, OldGames
Pendant qu’on en est à parler de petits jeux, pourquoi ne pas évoquer le cas de Brutus, un petit jeu indépendant présenté en hall 4 à Essen 2025 ?
Il s’agit d’un jeu de pli rethématisé dans le monde de la Rome antique et des gladiateurs.
Le déroulement du jeu rappelle énormément Pili Pili, un petit titre sorti cet été chez ATM Gaming. Le jeu se compose d’une pile de 30 cartes, numérotées de 1 à 30, et d’une pile de modificateurs de manches. Chaque joueur dispose également d’un personnage, qui lui offre un petit pouvoir asymétrique et personnel.
Un round commence par le tirage d’une carte modificatrice : celle-ci va indiquer combien de cartes vont être distribuées à chaque joueur sur le tour, ainsi qu’une règle spéciale qui sera active uniquement cette fois-ci.
Une fois que tous les joueurs ont leurs cartes en main, ils doivent estimer combien de plis ils vont faire. Pour le reste, on est sur du jeu de pli pur sucre : tout le monde joue une carte et la valeur la plus élevée remporte le pli. Une fois que toutes les cartes ont été jouées, on perd autant de points que le différentiel entre le nombre de plis annoncés et réalisés.
Inutile de vous dire qu’on est face à un pur jeu d’enflure : les pouvoirs des personnages vont considérablement perturber la recette de base, par exemple en dissimulant de l’information ou en forçant les autres à modifier leur stratégie.
La durée de partie peut varier de 2 minutes 37 secondes (c’est du vécu) à une vingtaine de minutes environ. C’est classique mais bien troussé, et c’est là encore le genre de jeu idéal à sortir pour mettre l’ambiance en début de soirée. Le jeu débarque bientôt.
Whispwood, CGE
Celle-là, en revanche, on ne l’attendait pas. CGE est une maison d’édition tchèque (le « C » dans leur nom) qui a lentement glissé au fil des années du jeu familial+ vers le jeu expert. Je suis personnellement particulièrement fan des réalisations du studio, entre un Narak impeccablement réalisé, un Starship Captain injustement sous-estimé, sans parler de leurs récents cartons Kutná Hora et SETI…
On les attendait donc au tournant, pourtant l’éditeur propose cette année un petit jeu de placement complètement orienté vers le public familial.
Si vous connaissez Pyramido, par exemple, vous serez complètement en terrain connu.
Au centre du jeu, il y a un gros marché circulaire qui comporte des tuiles fantômes et des formes de pièces de Tetris. Sur le côté du plateau, il y a des cartes de scoring qui listent les motifs et les configurations qui feront des points pendant la partie.
À son tour, on choisit une des formes de Tetris disponibles, et on récupère une des tuiles fantômes adjacentes. On récupère également autant de tuiles vierges face cachée qu’il faut pour réaliser la forme choisie.
On vient placer tout cela sur son plateau, et une fois que tout le monde a complété une zone de 5×5, on compte une première fois les points en fonction des cartes de scoring.
On enlève toutes les tuiles vierges (mais on laisse les fantômes) et on recommence une deuxième fois. Forcément, il sera plus difficile de placer des pièces sans laisser des trous un peu partout, et les choix seront donc nettement plus contraints. On remplit cette fois-ci une zone de 6×6.
Une fois celle-ci remplie et scorée, on refait l’exercice une troisième fois avec une zone de 7×7 et encore plus de contraintes de placement.
Honnêtement, le jeu est très sympathique et se joue comme un charme, mais il arrive dans un créneau assez concurrentiel où il y a déjà pas mal de petits jeux finauds qui vont venir lui faire de l’ombre – notamment Pyramido comme mentionné plus haut.
Il mérite en tout cas bien plus qu’une seule partie, à voir si l’intérêt se maintient sur le long terme. Le jeu débarque bientôt.
Carnival of Sins, Tranjis Games
Finissons cette troisième journée à Essen 2025 par un véritable carton à venir : Carnival of Sins. Le jeu a été sold-out lui aussi dès le premier jour, ce qui n’a rien de surprenant quand on voit la qualité de ses mécaniques et de sa direction artistique. Mon petit doigt me dit qu’il devrait arriver chez Asmodee dans les mois à venir, on peut dire qu’ils ont eu bon nez sur ce coup-là…
Parlons tout d’abord de la direction artistique monstrueusement réussie. Le jeu reprend les codes graphiques popularisés par Présage : des couleurs de base en aplat (ici du noir), des vernis et des dorures sélectives pour renforcer l’identité du titre. Et clairement ça claque !
Niveau gameplay, le jeu mise sur la simplicité : on commence la partie avec une main de 7 cartes identique pour tous les joueurs. Le premier joueur commence par lancer une brouette de dés au centre de la table, puis tout le monde choisit une carte et la pose sur la table face cachée.
Les cartes sont révélées une par une, dans l’ordre du tour, et on applique immédiatement leur effet. On reste sur du simple : on prend le dé avec la valeur la plus haute, on prend deux dés de même valeur, on prend le dé le plus proche de soi, etc.
Une seule carte permet de piquer un dé à ses adversaires, et une autre permet de prendre un dé de son choix et de l’utiliser pour essayer de jouer au bowling avec les autres, histoire de pimenter un peu les certitudes des uns et des autres.
Une fois que tout le monde a joué sa carte, on marque les points du ou des dés disposés devant soi. Le ou les joueurs avec le total le plus faible bénéficient d’un dé bonus en guise de lot de consolation, et on recommence un tour jusqu’à ce que tout le monde ait joué ses 7 cartes.
Dit comme ça, ça peut avoir l’air simple, mais tout l’art consiste à déterminer le meilleur moment pour placer ses cartes les plus puissantes. C’est fun, rapide, punitif, avec juste ce qu’il faut d’interaction et de mind-guessing pour qu’on ne puisse s’en prendre qu’à soi-même en cas de défaite cuisante.
Conclusion du jour 3 et d’Essen 2025 pour moi
Cette troisième journée à Essen 2025 a été intense, épuisante, mais tellement puissante. Entre la densité de la foule et l’enchaînement des découvertes, on sent la fatigue monter, mais l’enthousiasme ne faiblit pas. Une journée marathon épuisante, mais qui prouve encore une fois qu’Essen est le cœur battant (et surpeuplé) de la planète ludique.
Aujourd’hui, je rentre chez moi. Lessivé. Mais heureux. Essen, c’est exactement ça. On en ressort épuisé. Mais les étoiles plein les jyeux. Ce fut en tout cas un réel plaisir de couvrir l’événement pour vous !
Galerie du jour 3 à Essen 2025
Voici quelques photos du jour 3 à Essen 2025 :






























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5 Comments
generouslyfearlessf47e5c049b
Bonjour, avez vous pu tester Covenant ?
Ange
Merci pour le reportage quasi en direct. On attend avec impatience les articles de certains jeux présentés. Je suis sûr que vous n’êtes pas repartis les mains vides.
Jean-Roger
Le jeu du Scorpion Masqué, c’est pas plutôt Tag Team ?
Gus
Merci JR, vous avez raison ! C’est corrigé.
christophe ebro
Euh le deck sans mélange ça existe depuis un moment déjà avec Aeon’s end ?