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Escape the Dark Castle. Péripéties lugubres

Entre les livres dont vous êtes le héros et les jeux de rôle, y a-t-il une place à prendre ? Peut-être, avec Escape the Dark Castle.


Escape the Dark Castle

Escape the Dark Castle est un jeu d’aventure immersif. Dans lequel on va devoir essayer de sortir du Sombre Château. Préparez-vous à une balade bucolique dans un donjon lugubre aux multiples monstres et couloirs remplis de chausse-trappes.

Ils et elles devront coopérer afin d’espérer voir la lumière du jour. Avec la menace, constante. Un mort d’un seul membre de l’aventure entraînant la défaite de toutes et tous.

Enjeux en jeu

Emprisonné à tort dans les geôles du sinistre Sombre Château, le groupe va devoir traverser 15 salles (appelées chapitres) et faire face à différentes épreuves et monstres terrifiants, ensemble, pour retrouver leur liberté.

On commence par choisir un personnage parmi les 6 disponibles : cuisinier, forgeron, meunier, tanneuse, couturière et clerc. Chaque personnage ayant des caractéristiques (force, ruse et sagesse) différentes.

Ces caractéristiques sont représentées par un dé (un par personnage), avec autant de symboles sur ces faces que sur la carte du personnage (par exemple, le dé de la tanneuse a une face Force, une face Ruse , deux faces Sagesse, une face double ruse et une face double sagesse). Les joueurs et joueuses notent également sur leurs feuilles leur nombre de points de vie (en fonction du nombre de personnes).

Le donjon est constitué en tirant aléatoirement 15 cartes parmi les 45 cartes chapitres disponibles, et une carte boss final parmi les 5 disponibles dans la boîte de base.

Tours et donjons

À chaque tour, une carte chapitre est retournée qu’on va alors lire à haute voix. La plupart des cartes sont des cartes de rencontre, qui vont se résoudre aux dés. Les caractéristiques des ennemis sont représentées par des dés, qui doivent être battus par les membres du groupe. En réaction, ceux-ci vont devoir lancer leurs dés.

Si le résultat correspond à un dé de l’ennemi, celui-ci est retiré. Si l’ennemi n’a plus de dé, il est battu. Sinon, l’ennemi inflige des dégâts, et un nouveau round de combat commence.

Lorsqu’un ennemi est battu, on pioche une carte objet qu’on va pouvoir garder. Ces objets vont permettre aux personnages de mieux se battre, de regagner des points de vie ou de se protéger.

Dans le cas où une personne arrive à 0 points de vie lors d’un combat ou après une action, le personnage meurt immédiatement, et la partie est finie. Afin de retarder au maximum ce moment, dans Escape the Dark Castle, on peut décider de ne pas participer à un combat. On regagne alors un point de vie par round.

Certaines cartes ont un effet sur la personne qui l’a retournée. Ces effets sont souvent négatifs. Dans Escape the Dark Castle, le choix de la personne qui va retourner la prochaine carte est donc crucial.

Une fois les 15 chapitres traversés, la carte du boss final est retournée, et le dernier combat débute. Bonne chance !

Comparaison est raison

Avec Escape the Dark Castle, la comparaison avec les livres dont vous êtes le héros est facile, et évidente. Tout comme dans les aventures livresques, on va incarner des personnages avec des compétences différentes, accumuler des objets au cours de la quête et faire des choix qui auront un impact sur ses chances de réussite finale.

Les combats et rencontres se dénouent avec des dés, comme dans les jeux de rôle papier (et les livres). La différence principale réside dans la linéarité. Là où un livre dont vous êtes le héros (et encore plus un jeu de rôle !) est un arbre, avec des résultats différents selon les décisions (à droite ou à gauche ? Tuer un innocent ou mourir ?), Escape the Dark Castle est linéaire.

Les membres de l’équipe vont pouvoir faire certains choix, mais ces choix ne modifieront pas l’étape suivante. Ils modifieront les effets de l’étape en cours uniquement. C’est un effet du mécanisme de jeu, mais qui n’est pas gênant pour l’expérience ludique.

Gore et glauque

L’esthétique du jeu rappelle également les livres dont vous êtes le héros, avec des images en noir et blanc d’une qualité discutable, mais qui rappelleront des souvenirs. Ces illustrations, particulières, glauques, ne péjorent pas la qualité du jeu. Même pour les personnes pour qui les illustrations jouent un rôle prépondérant dans un jeu.

👉 À lire également : L’esthétique d’un jeu, sa fabrique à succès ?

En vrai, les illustrations participent fortement à l’ambiance du jeu. Un point particulièrement important, rappelé dans les règles du jeu.

Escape the Dark Castle se veut un jeu immersif. Comme indiqué, les illustrations sont faites pour marquer. Et les textes sont aussi très travaillés. La lecture à haute voix de ces textes va créer l’ambiance, le plus du jeu. Sans cette ambiance, sans cette narration, le jeu n’est qu’un bête jeu de lancer de dé. Qui risque vite de devenir mécanique et inintéressant. Si vous n’aimez pas lire ou le roleplay, Escape the Dark Castle n’est pas fait pour vous. Passez votre chemin. Pour les autres, surtout, ne vous arrêtez pas à l’esthétique de la boîte et du jeu ou des cartes. Venez, entrez dans le Sombre Château !

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Rapide à mettre en place (2 minutes), Escape the Dark Castle est aussi rapide à jouer. Comptez 30 minutes sortir du château ou… pour mourir.

Et la rejouabilité est importante. Le nombre de cartes chapitres et de boss finaux fait qu’il est hautement improbable de tomber deux fois sur le même tirage. Quand bien même, la part de hasard due aux tirages de dés et aux objets trouvés font que toute aventure est unique.

Escape the Dark Castle, univers eXtendu

Au cas où les 45 cartes du jeu de base ne vous suffisent pas, vous avez la possibilité d’étendre vos sessions avec une des trois extensions disponibles en français :

Le culte du chevalier de la mort

15 nouvelles cartes de chapitre, 1 nouveau boss, 3 nouveaux personnages, et des malédictions. Jouable en tant qu’aventure indépendante (en utilisant les 15 cartes chapitres et le boss), ou en mélangeant les cartes chapitres à celles du jeu de base.

Les malédictions s’ajoutent aux objets du jeu de base, et vont affecter les membres de l’équipe qui vont les tirer. Elles ne sont pas transférables, et peuvent être très pénalisantes (pas de possibilité de regagner des points de vie, par exemple).

La malédiction « marqué par la mort » va aussi changer le dé du personnage touché lorsque celui ou celle-ci passe en dessous de la moitié de ses points de vie.

👉 Vous pouvez trouver l’extension ici chez Philibert.

Le joug de la reine revenante

15 nouvelles cartes de chapitre, 1 nouveau boss, 3 compagnons et de nouveaux objets et événements. Jouable en tant qu’aventure indépendante (en utilisant les 15 cartes chapitres et le boss), ou en mélangeant les cartes chapitres à celles du jeu de base.

Les nouveaux objets et événements s’ajoutent aux objets du jeu de base. Lorsqu’une carte compagnon est tirée de la pioche d’objets, le compagnon rejoint l’aventure, et se comporte comme un nouveau membre de l’équipe. Il ne peut y avoir qu’un seul compagnon en même temps dans l’équipe.

👉 Vous pouvez trouver l’extension ici chez Philibert.

Le fléau du seigneur de la peste

15 nouvelles cartes de chapitre, 1 nouveau boss, 3 nouveaux personnages, de nouveaux objets et des cartes peste. Jouable en tant qu’aventure indépendante (en utilisant les 15 cartes chapitres et le boss), ou en mélangeant les cartes chapitres à celles du jeu de base.

Les objets et cartes peste s’ajoutent aux objets du jeu de base, et vont affecter les membres de l’équipe qui vont les tirer. La COVID-19 peste vient également bouleverser le jeu. On peut désormais être infectés par les ennemis ou les objets. La maladie va alors s’aggraver au cours du jeu, et faire perdre des points de vie supplémentaires. Une extension destinée à toutes celles et ceux qui considèrent qu’Escape the Dark Castle serait trop facile !

Chacune de ces extensions est compatible avec les autres. Et il est possible de jouer avec les trois en même temps. Mais le jeu de base est toujours obligatoire. Même si vous souhaitez jouer avec une extension en tant qu’aventure indépendante.

Une version « espace » du jeu existe également : Escape the Dark Sector, pour l’instant (avril 2022) en anglais uniquement. Bientôt une VF ?

👉 Vous pouvez trouver l’extension ici chez Philibert.

Escape the Dark Castle, verdict

À l’esthétique trash, punk et lugubre, Escape the Dark Castle est un jeu d’aventure et d’ambiance immersif, qui rappellera des souvenirs aux fans de livres dont vous êtes le héros, mais qui sait aussi plaire aux autres. Un jeu Passionnant !

Note : 5 sur 5.

  • Auteurs : Thomas Spike, Alex Crispin, James Shelton
  • Illustrateur: Alex Crispin
  • Éditeur : Exod Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4 (tourne bien à toutes les configurations)
  • Âge conseillé : Dès 14 ans (voire un poil avant. Mais l’ambiance est quand même bien anxiogène, à commencer par son univers visuel)
  • Durée : 30-45′
  • Thème : Donjon, médiéval-fantastique
  • Mécaniques principales : Coopératif, narratif

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Article écrit par Clément de la Team Gus&Co. Adepte des jeux rapides, son pire ennemi est le paralyseur. Spécialiste des jeux de plis, des casse-têtes et des ours. Il a deux chats, trop de plantes et une mémoire défaillante. Devise : « Faut que ça poppe ! »

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