Critique de jeu: Zombicide Black Plague. Le Saigneur des Haineux

zbp

avant-propos

Un exemplaire du jeu nous a été offert pour test et critique sur notre site par Asmodée, distributeur officiel du jeu en France.

presentation

Zombicide Black Plague (ZBP) est sorti début février 2016 chez Cool Mini or Not en VO et chez EDGE en VF. Pour 1 à 6 joueurs, d’une durée de 45 à 90 minutes, tout dépend des scénarios. Créé par Raphael Guiton, Jean-Baptiste Lullien and Nicolas Raoult.

Non, les zombies ne sont pas encore morts. Les jeux de zombies sont un peu comme une solide migraine. On est soulagé quand on s’en est débarrassé, mais on sait qu’elle peut revenir d’une minute à l’autre.

On a beau croire que c’est bon, ça c’est fait, check, il y a eu assez de jeux de zombies comme ça, et pouf, il y en un nouveau qui sort. Sauf que Zombicide Black Plague n’est pas nouveau. Enfin si, un peu quand même. Car il s’agit d’un nouveau chapitre, d’une nouvelle boîte dans la saga du phénomène Zombicide, une pure success-story sur Kickstarter. Parce que je n’ai strictement à rien faire dans la vie, j’ai été épluché pour vous ces chiffres phénoménaux:

Zombicide : en 2012. 781’597 dollars levés par 5’258 contributeurs.

Zombicide saison 2 (oui, parce que dire « saison » est tellement plus branchouille que juste mettre un chiffre…) : en 2013. 2’255’018 dollars engagés par 8’944 contributeurs.

Zombicide saison 3: en 2014. 2’849’064 pour 12’011 contributeurs.

Zombicide Black Plague (ha ben finalement non, le mot « saison » n’est plus si branchouille que ça en 2015): en 2015. 4’079’204 dollars levés par 20’915 contributeurs. Un record, le 2e jeu de société qui a levé le plus de fonds dans l’histoire de Kickstarter. Après les chats explosifs et leurs 8 millions.

Et évidemment, ces chiffres n’incluent pas les ventes ultérieures en boutique via EDGE et sa VF par exemple.

Bref. Et le jeu vaut quoi?

matos

theme

ZBP propose de nous renvoyer dans notre passé, dans un moyen-âge en proie à la grande peste noire du 14e siècle, d’où le titre, entre mysticisme, fanatisme et obscurantisme. Avec évidemment beaucoup de fantastique, parce que oui, si les zombies existent pour de vrai, oui c’est vrai, un anthropologue les a vus, faut pas pousser grand-mère dans la catapulte (expression anglo-normande du 11e siècle) non plus.

Est-ce que le thème est bien rendu? Bien exploité?

Oui.

Les figurines, les illustrations, les mécaniques, tout nous fait vivre et nous propulse dans une histoire terrifiante et passionnante. Alors non, on n’est pas dans un vrai jeu de zombies grandeur nature comme les Zombies Invasion, mais pas loin. L’univers, narré et illustré, rend les parties épiques et éprouvantes.

tuiles

materiel

Gros BIG UP pour Cool Mini or Not, qui a réussi à non seulement améliorer leurs illustrations, tuiles, personnages, équipement, mais aussi et surtout l’ergonomie du jeu. Je pense notamment aux fiches de personnages. Simples bouts de carton avec quelques marqueurs malmenés dans les autres chapitres / saisons / boîtes, Zombicide Black Plague innove en proposant des mini-consoles bien pratiques.

Désormais, on peut y joindre sa carte personnage, son équipement, et surtout, au moyen d’un curseur, garder un décompte de son expérience et de ses compétences.

console

Les autres boîtes paraissent depuis bien cheap. Un upgrade pour les trois précédentes versions prévu d’ici-peu?

personnage

mecanique

C’est Zombicide. Avec quelques menus changements.

Si vous n’avez jamais joué à Zombicide, lisez ceci. Sinon, lisez plus loin.

Jamais joué?

Zombicide est un jeu coopératif à scénario. Chaque partie sera différente car la mise en place et les quêtes seront différentes.

Chaque joueur totalise 3 actions pour: se déplacer d’une zone à l’autre, fouiller, donner de l’équipement, prendre un objectif, ouvrir une porte ou… cogner du mort-pas-vraiment-vivant-mais-si-quand-même-un-peu-presque. Avec fouille et matériel à récupérer.

Chaque fois qu’un mort est enfin vraiment mort, le joueur gagne de l’expérience qui lui permet de progresser dans ses compétences. Tout le sel du jeu qui donne envie de jouer et rejouer et s’améliorer (l’un des 4 piliers de la motivation, soit dit en passant).

Une fois que tous les joueurs ont activé leur personnage, c’est à présent au tour des zombies d’apparaître et/ou de se déplacer et/ou d’attaquer, avec un système « d’intelligence artificielle » automatique. Aucun joueur n’incarne les zombies.

Et comment est-ce qu’on résout les combats? A coups de dés et grâce à ses cartes équipement. Chaque arme indique le nombre de dés à six faces à lancer, et le chiffre minimal à obtenir pour infliger des dégâts. Pas compliqué. Plus l’arme est balaise et plus on aura évidemment de chance de toucher. Beaucoup de hasard, certes, mais pas tellement, puisque le système de combat le réduit en modifiant les proba selon l’équipement disponible.

Déjà joué?

Zombicide Black Plague, c’est du pur Zombicide. Avec un autre thème.

C’est tout?

Non.

Mais alors qu’est-ce qui change par rapport aux AUTRES jeux Zombicide sur le marché? Passons tout cela en revue:

  1. La console, et donc l’ergonomie du jeu: comme vu précédemment, la console de personnage et ses curseurs rendent le jeu plus clair, plus pratique à manier
  2. Les illustrations: plus épiques, plus méd-fan, plus fines, moins « plates » que les précédents opus.
  3. Les Nécromants: oui car il faut savoir, les zombies ne sont pas venus touts seuls parce qu’ils passaient par-là et qu’ils ont vu de la lumière. Newsflash, ils ont été invoqués/réveillés par des nécromants, ces sorciers spécialisés dans la magie morbide et l’évasion fiscale. Mais ça c’est une autre histoire. Les nécromants, enfin plutôt LE nécromant, pour l’instant, car il n’y en a qu’un dans la boîte de base, arrive avec son entourage. Le nécromant est un PNJ puissant doté de capacités spécifiques méchantes. Parce que. Avec la condition d’échec supplémentaire que si un nécromant parvient à se faire la malle alors que 6 pions d’invasion sont encore en jeu la partie est pliée.
  4. Les sorts: désormais, les joueurs peuvent lancer des sorts magiques plus ou moins puissants. Souvent des boules de feu et autres trucs qui font FIZZZZ, BAM, PROUT. Et qui viennent renforcer l’aspect fantastique du jeu.
  5. Les protections: armures, boucliers, qui, s’y bien utilisés peuvent éviter de se prendre des dégâts.
  6. Les dégâts à ses co-équipiers: tirer à distance, c’est bien. Mais quand un ami se trouve sur la case visée, et que l’attaque est ratée, cet allié se prend les dommages. Fun. Donc oui, à la demande générale, on peut tuer ses amis. Une phrase à ne pas sortir un soir de Réveillon entre potes.

En résumé, oui, c’est du pur Zombicide, mais avec quelques minuscules changements qui parviennent à améliorer le jeu.

zombies-dessin

zombies

interaction

Comme ZBP est un jeu coopératif l’interaction y est logiquement très forte: stratégies à discuter, formation d’équipes, etc. Il va falloir compter sur ses alliés pour venir à bout des décharnés.

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Casual et familles: Casual, oui, car les mécaniques ne sont pas compliquées du tout, malgré le quintal de matériel dans la boîte. Ni les déplacements, ni les combats, tout est simple et fluide. Famille? Il s’agit quand même d’un jeu avec des zombies, faut-il le rappeler, avec des illustrations horrifiantes. Pas sûr que ce public soit le plus adapté.

Party-Gamers: Mais pourquoi pas, en fait, car on peut tout à fait y jouer en mode WTF / « Shaun of the Dead » mais dans le passé. On pourrait même envisager un crossover Les Visiteurs / Shaun of the Dead / Evil Dead 3 en utilisant les personnages contemporains de précédentes versions de Zombicide pour les catapulter dans Black Plague. Juste pour rire.

Hobby et Core Gamers: Hobby Gamers, clairement, à fond, car le jeu est fun, léger, rapide. Core Gamers? Pas nécessairement, car Zombicide n’offre pas de stratégies profondes et complexes. Les zombies apparaissent, attaquent, et pouf. Peut-être trop léger pour les Core Gamers qui n’auront pas grand-chose à se mettre sous les crocs.

Mais bon, soyons lucides, il y a de la fig. Et les Core Gamers, surtout américains, sont passionnés par la figouze. Je me demande d’ailleurs si le Kickstarter aurait eu autant de succès si à la place des fig on avait mis de simples bouts de carton. Lapalissade? A méditer pour les éditeurs…

fig2

conclusion

Zombicide Black Plague est un bon jeu, épique, terrifique et immersique (je n’ai pas trouvé de mots qui rimaient). Pour peu bien sûr qu’on aime les jeux de zombies, les jeux coopératifs et Zombicide.

Si vous possédez déjà une ou plusieurs boîtes des précédents volets, cela voudra donc dire que vous êtes un fervent convaincu et que vous n’attendez plus grand chose pour acheter ce nouvel opus.

Si vous n’avez par contre encore aucun Zombicide, et que du coup vous vous demandez s’il vous faut en acheter un, dans ce cas-là Black Plague est certainement la meilleure option, de par son univers, plus original, son ergonomie et ses quelques mini-améliorations de règles.

Black Plague, c’est Zombicide, en un peu mieux. Sans radicalement changer de système de jeu, tout en proposant quelques modif et améliorations, dont le tir ami, über-fun. Si depuis 1970 et chaque année on peut compter sur un Woody Allen, avec Zombicide c’est un peu pareil. Mais avec nettement beaucoup plus de zombies. Depuis 4 ans Cool Mini or Not nous propose une nouvelle version de leur jeu, de nouveaux environnements, de nouvelles règles, sans vouloir radicalement changer une recette qui marche. Et qui vend. Cf les chiffres Kickstarter plus haut.

Après, c’est Zombicide. Un jeu fluide, nerveux, léger. Si vous en avez déjà fait le tour avec les précédentes boîtes, à vous de voir si vous voulez tomber dans la collectionnite aiguë ou utiliser votre pécule pour découvrir un autre jeu.

Verra-t-on bientôt un Zombicide dans l’espace et dans le futur? Un Zombicide au Paléolithique? Un Zombicide pendant la Deuxième Guerre Mondiale? Un Zombicide Pirates des Caraïbes? Un Zombicide à l’époque Victorienne? Un Zombicide au Club Med? Les déclinaisons sont innombrables ad eternam et ad nauseam. D’ailleurs, à l’heure à laquelle j’écris ce quelques lignes je suis persuadé que les Cool Mini sont en train de monter leur prochaine saison sur KS.

Et N.B., si vous êtes féru de zombies, sachez que les Space Cowboys vont sortir en 2016 Route 666 de Martin Wallace, un autre jeu de zombies à l’univers et à l’esthétique originaux.

like

Du Zombicide, mais en un tout petit mieux.

Un matériel toujours aussi somptueux.

Un univers fantastique & épique.

La console. Pratique. Ergonomique. Du coup tous les autres Zombicide prennent un sacré coup de vieux. Vivement un kit de conversion.

Le tir ami. Uber-fun. Qui rajoute une certaine tension aux tirs à distance.

Des règles claires, didactiques et bien traduites en VF.

Un bon rapport qualité-quantité-prix. Grosse boîte lourde et chère, vue aux alentours de 90 euros, mais bourrée à craquer de matériel.

Les différentes quêtes, épiques. Le livre de base en contient 10, c’est déjà pas si mal. Et d’autres sont proposées sur le net. Et rien n’empêche non plus de recycler les scénarios contemporains des précédents opus pour les adapter à Black Plague. Et rien n’empêche non plus d’en inventer soi-même, encore mieux et encore plus créatif.

La possibilité virtuelle, i.e. pour peu qu’on ait suffisamment de matériel / add-on, d’y jouer jusqu’à 12 joueurs! Non, je n’ai pas encore essayé, mais ça doit être aussi long et bordélique que délirant. A essayer de toute urgence, donc.

paslike

C’est du Zombicide, donc après 4-5 parties on en aura peut-être fait le tour car le jeu devient répétitif: déplacements, fouille, combat. C’est d’ailleurs un peu ce qui est souvent reproché aux Dungeons Crawlers.

C’est toujours et encore du Zombicide. Pour peu qu’on n’ait déjà pas été emballé par les autres volets, celui-ci ne va pas forcément plus convaincre. A moins que l’univers méd-fan sombre soit l’argument-phare.

Le jeu est prévu pour 1 à 6 joueurs, mais ce n’est vraiment qu’à 4-6 qu’il s’avère intéressant. D’une part parce que chaque joueur contrôle un ou au pire deux personnages, il doit toujours en avoir six par partie, et d’autre part parce qu’il y aura plus de discussion à la table

mais

Bon à savoir, ou pas, une extension est déjà prévue en VF pour dans quelques jours / semaines, Wulfsburg, avec de nouvelles créatures, les Loups-Zombies, de nouveaux personnages et deux nouvelles tuiles.

Pas de quoi se lever la nuit, une extension plutôt chère pour son contenu, près de 50 euros, mais qui apporte encore un peu plus de variété au jeu.

Wulfsburg

Vous pouvez trouver Zombicide Black Plague chez Philibert,

Chez Ludibay,

Chez Ludikbazar,

Et si vous habitez en Suisse, chez Helvétia Games Shop.

Au fait, vous avez déjà lu la liste des meilleurs jeux de société de zombies? Elle date de 2014, mais quand même.

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Et si vous aimez les zombies dans un autre univers que le contemporain, le film Pride and Prejudice and Zombies sort tout bientôt sur les écrans. C’est une adaptation d’Orgueil et Préjugés de Jane Austen, avec des zombies au 19e. Classe. Tiré du livre éponyme sorti en 2009. Du féminisme gore et survitaminé.

PPZ

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3 réflexions au sujet de « Critique de jeu: Zombicide Black Plague. Le Saigneur des Haineux »

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