Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Le Secret de mon Père. Jeu XXL

Le Secret de mon père est un jeu narratif. Incarnez les membres d’une famille dont le père vous a légué son laboratoire. Époustouflant !


Le Secret de mon Père

Lancé en printemps 2021 sur Kickstarter, ayant presque levé la somme de 1 millions de dollars, Le Secret de mon père est un jeu narratif de placement d’ouvriers. Incarnez des membres d’une fratrie dont le père, tout juste décédé, vous a légué son laboratoire rempli d’inventions inachevées.

Le pitch :

« Les murs étaient recouverts d’étagères métalliques exposant une multitude de bocaux en verre. Ces derniers contenaient des formes étranges et grotesques qui baignaient dans le formol. Des ustensiles en laiton en parfait état, et des métaux d’une qualité sans pareille étaient entreposés sur de solides plaques de bois et sur des blocs de pierre, que l’usure avait fini par rendre tranchants. Bien vite, mon regard s’arrêta sur un secrétaire à la fabrication robuste, fait d’acajou incrusté de cuivre, sur lequel se trouvait un livre dont la couverture en cuir avait subi les affres du temps. Le journal de mon père, héritage de longues années d’apprentissage et d’innombrables expérimentations. Et à l’intérieur de l’ouvrage usé, tout en haut des pages jaunies par l’oxydation, les notes d’un savant fou obnubilé par un projet ô combien ambitieux, qu’il ne pût jamais mener à terme de son vivant son chef d’œuvre !

Comme mues par une volonté propre, mes mains tremblèrent alors que je serrais le journal contre moi. La lecture de ses travaux scientifiques, frénétiquement consignés sur des bouts de papier, m’emplit à la fois d’anxiété et de fierté, car ces derniers m’appartenaient désormais. J’en fis alors une véritable obsession. Je me devais de redonner à ce laboratoire son prestige d’antan et de consacrer ma vie au secret de mon père !»

Comment on joue ?

Le Secret de mon Père est un jeu narratif de placement d’ouvriers, évolutif en mode legacy, sans destruction durable du matériel de jeu.

Vous êtes les héritiers et héritières de générations de savants fous. Le jeu se déroule sur 3 générations de 3 manches chacune.

La personne ayant remporté le plus de points de victoire à la fin des 3 générations remporte la partie.

Pour y parvenir vous devrez réaliser plusieurs actions possibles :

  • Envoyer vos personnages en ville pour récolter des ingrédients, des connaissances, acheter des aménagements pour votre domaine ou découvrir des secrets
  • Réaliser des expériences dans votre manoir, consigner vos connaissances dans votre journal ou acquérir de nouvelles cartes

Matériel

Le Secret de mon Père propose un matériel XXL. Mais vraiment : (somptueuses) figurines par palettes, véritables fioles pour créer ses potions, et 200 000 autres composants tous aussi splendides les uns que les autres. Rarement un jeu de société aura placé un tel déluge ! Le Secret de mon Père devrait clairement rejoindre la liste des plus beaux jeux de plateau.

Chaque joueureuse reçoit une expérience ultime permettant de remporter un maximum de points de victoire. Pour espérer la réaliser vous devrez acquérir plus de connaissances et réaliser des expériences de plus en plus complexes.

À chaque nouvelle génération vous perdrez la totalité de vos ingrédients, argents et connaissances non consignées et ne pourrez transmettre aux générations futures qu’une seule expérience.

Ce paramètre rend le jeu particulièrement stratégique.

Vos choix et la nature de vos expériences seront déterminants pour la suite de l’histoire et surtout pour la réussite de vos missions.

Vous devrez également être très vigilants à ce que vos expériences ne réveillent pas la colère du peuple ou ne vous rendent fou. Les séquelles et autres maladies affecteront alors les générations suivantes.

Le Secret de mon Père, un jeu Legacy

Quand on analyse la production culturelle, on se rend compte qu’il y a peu d’évolution douce et continue, progressive. On a plutôt affaire à des évolutions « buissonnantes », des sauts soudains, puissants. Ces bonds « buissonnants » interviennent souvent lorsqu’une nouvelle mécanique apparaît. Ce fut le cas en 2011 avec Risk Legacy.

Créé par Rob Daviau, Risk Legacy propose une mécanique disruptive : au fur et à mesure des parties, et selon leurs résultats, on ouvre des enveloppes et on découvre de nouveaux éléments. Ce format de jeu a révolutionné l’industrie du jeu de ces dix dernières années.

L’auteur américain Rob Daviau affirme avoir eu l’idée de ce nouveau format lors d’une réunion de travail après avoir demandé en plaisantant pourquoi les meurtriers dans le jeu Cluedo sont toujours invités à dîner. Réalisant que chaque nouveau jeu se réinitialise, Daviau s’est alors demandé ce qui arriverait si tout le monde se souvenait de qui était le meurtrier.

L’auteur a alors proposé à l’éditeur Hasbro une mécanique pour changer le Cluedo. Hasbro a rejeté l’idée pour le Cluedo. Rob a toutefois pu introduire cette innovation dans une nouvelle version du jeu Risk. Les jeux Legacy étaient nés !

Dans les jeux au format Legacy, « héritage », en français, un lien entre passé et futur, il est question de modifier les prochaines parties de manière plus ou moins profonde et irrémédiable. Selon ses résultats, ses décisions, on progresse dans le jeu. Les choix, les actions effectuées au cours d’une session de jeu se répercutent sur la suivante, créant ainsi une expérience de jeu personnalisée.

Les jeux Legacy, comme ici avec Le Secret de mon Père, sont des jeux de société qui placent un récit ou un récit au long court qui se développe au cours de plusieurs sessions de jeu. Chaque session s’appuie sur la précédente, les joueureuses prenant des décisions qui façonnent la direction de l’histoire et modifient parfois même de manière permanente les composants du jeu lui-même.

Les jeux Legacy incluent souvent des enveloppes scellées ou des mini-boîtes contenant du nouveau contenu de jeu à révéler à certains moments de l’histoire, comme indiqué par le jeu. Ces jeux peuvent être très fun pour les publics qui aiment les expériences immersives et variées. On joue, on rejoue, mais à chaque fois de manière différente.

On découvre alors du nouveau matériel, de nouvelles règles, et on altère le jeu. Il y a un effet de surprise, de découverte, de transformation, d’appropriation. Le jeu devient sien. On le change à sa manière, selon ses actions.

Depuis bientôt dix ans, ce sont presque une centaine de jeux en format Legacy qui ont été publiés, parmi lesquels on retrouve des titres-phares, pour n’en citer que quelques-uns parmi les mieux cotés : les deux saisons de Pandemic LegacyGloomhaven et sa suite FrosthavenZombie Kidz EvolutionMaracaiboBetrayal LegacyThe Crew et The King’s Dilemma.

Si vous avez déjà joué à l’une ou l’autre excellente saison de Pandemic Legacy, vous avez remarqué que le jeu évolue, se modifie en profondeur au gré de vos décisions. Exactement comme dans Le Secret de mon Père.

Au fil des parties, des changements irréversibles sont souvent apportés au jeu. Qu’il s’agisse d’ouvrir de mystérieuses enveloppes scellées ou de noter ou biffer des éléments sur des cartes. Avec souvent la possibilité de personnaliser le jeu pour notifier de votre progression. Pour résumer, les jeux Legacy sont pleins de surprises !

La plupart des jeux de société sont figés, permanents : mêmes règles, même matériel. On y rejoue, en essayant d’autres stratégies, mais tout est pareil. Dans les jeux Legacy, tout change, en fonction des décisions des personnes à la table.

Application ?

Le Secret de mon Père se joue obligatoirement avec l’aide d’une application dédiée. Elle vous permettra d’accéder aux nombreux passages narratifs, de mettre en place les aménagements de plateaux entre les générations, de procéder à des votes ou d’obtenir individuellement certaines informations que vous tiendrez secrètes. Elle a également sa part dans l’immersion du jeu avec un graphisme et un fond musical adapté.

À la sortie du jeu, cette application a créé de sacrés remous ! En effet, quand le jeu est sorti en version publique en boutique, et pas en avance pour les backers, l’application n’était pas disponible en français. Il existait une version en format web, mais qui buguait. L’éditeur communiquant peu, et mal, la communauté ludique s’est pas mal étripée et énervée sur le sujet ! Jusqu’à ce que, comme une fleur, l’appli est devenue dispo en français… six jours plus tard !

À ce jour, la version de lecture audio n’est toujours pas disponible et l’éditeur l’annonce « pour une prochaine mis à jour » sous couvert que « la priorité était de pouvoir vous faire jouer ». De privilégier la mise à disposition rapidement jouable du jeu. Après… une année d’attente. Sérieux ?

Si vous êtes allergiques aux jeux de société purement analogiques, passez votre chemin. Dans Le Secret de mon Père, l’appli est cruciale.

Le Secret de mon Père, verdict

Le Secret de mon Père est époustouflant par la qualité du matériel proposé ainsi que par sa quantité, pour un rapport qualité-prix très intéressant. Comme dit plus haut, de vraies petites fioles en verre, des pièces et rouages mécaniques en métal du plus bel effet, des figurines en bois toutes différentes pour les animaux et des figurines personnages magnifiques en mode Washed (Le washed est une technique qui consiste à mettre en évidence les ombres). Pour finir tout cela est parfaitement rangé par des inserts Gametrayz de haute qualité.

Le graphisme et les illustrations sont également magnifiques et très travaillés, principalement sur les cartes. Vous serez plongés dans un univers sombre et glauque à souhait !

Au niveau du jeu, nous sommes ici dans du pur jeu de placement d’ouvriers, sans grande surprise. Chaque personnage a des pouvoirs et limitations qui lui sont propres, avec lesquels il va falloir composer ingénieusement pour en tirer tous les avantages. Les figurines auraient pu être de simples Meeples, plus facile à gérer sur le plateau de jeu et facilitant la jouabilité. Mais non, non, non, elles sont décidément trop belles !

Il aurait toutefois été intéressant de trouver sur les plateaux individuels un endroit spécifique pour y ranger ses ressources.

Un des reproches qui peut être fait à ce jeu, c’est son (léger) manque de clarté des règles. Elles sont touffues et nécessitent un certain temps à les intégrer. Alors que finalement, le jeu ne se révèle pas si complexe que cela. Une FAQ aurait été la bienvenue. Incluant peut-être la technique de « pensée renversée ».

Malgré une lecture préalable des règles, notre première partie a duré près de 5 h, principalement pour des temps de clarifications de points de règles. Au fil des tours, des parties, des générations, on gagne en fluidité et donc en temps de jeu. Environ 1h par génération.

Mais attention. Il faut relever que Le Secret de mon Père est un jeu punitif. La moindre petite erreur tactique se paie sur plusieurs générations. Il est difficile de rattraper un retard en PV suite à un mauvais choix d’action préalable. De quoi générer une certaine frustration. Mais pas forcément la « bonne » frustration. Cela peut avoir pour effet de ralentir le jeu, par volonté d’éviter toutes erreurs tactiques.

Le point le plus positif de ce jeu est son scénario vraiment original et d’excellente qualité littéraire. Je dirai même qu’il nous amène vers des réflexions sociologiques et éthiques importantes qui créent ensuite débat dans un second temps. Nos actions entraînent des conséquences. Et les sentiments vécus dans le jeu sont vite exportables à notre monde réel et à ses… dérives. Mais je ne divulgâcherai pas plus.

Vos choix seront déterminants et vous amèneront à découvrir différentes fins possibles. Le plateau de jeu évolutif en fonction de vos choix est vraiment intéressant et amène une vraie originalité au jeu.

Pour ce qui est de la rejouabilité, vous en aurez également pour votre argent. Avec notre première partie de 5h – les suivantes seront plus proches des 3h00 – nous n’avons réalisé que le 1/8ème de la première campagne. Le jeu en comporte 3 au total. Je vous laisse donc faire le calcul !

Je craignais un peu que le jeu s’avère répétitif. Mais non. Avec tous les changements qui s’opèrent pendant la partie, en fonction de nos choix, chacune des trois manches semblent pareilles, mais différentes et distinctes l’une de l’autre. Je dois avouer qu’il est impossible de procéder aux mêmes actions, stratégies, à chaque fois. Il va falloir ajuster, adapter ses stratégies en fonction de la situation.

Concernant l’application, indispensable au jeu, comme dit plus haut, il est plus que regrettable que la version française soit sortie plusieurs jours après la livraison du jeu sous le sapin.

Cela a inévitablement généré un bad buzz, frustrant et regrettable chez les joueureuses. Après celui, plus anecdotique, un mois en arrière, lié au tarif préférentiel sur les sites marchands par rapport à celui proposé initialement en réservation chez les vendeurs de jeux. C’est clairement l’erreur de communication de trop. Sans compter que l’éditeur a plus que tardé à communiquer sur ces deux erreurs stratégiques de vente. Ce jeu fantastique sous bien des aspects risque de rester également dans les annales comme l’un des plus gros plantage en terme de gestion de projet et de logistique.

L’application est donc indispensable pour toutes vos parties. Le jeu comprend une part narrative importante. La lecture automatique n’est, à ce jour, toujours pas disponible en français. C’est vraiment regrettable. J’ai dû lire les passages à haute voix pendant toute la partie. C’est… relou, surtout sur 3, 4, 5h de partie ! C’est déjà ce qu’on a regretté avec Descent 3e édition. Deux jeux spectaculaires qui intègrent une appli pratique, mais avec de la lecture à faire. Et dans Le Secret de mon Père, il y a vraiment beaucoup de lecture à faire ! Et il est pratiquement impossible d’en faire l’impasse, au risque de ne rien comprendre et de ne pas savoir quoi faire ensuite.

Si certaines personnes apprécient lire à haute voix aux autres pendant 2-3h, perso, je préfère de loin un jeu, une expérience comme Forgotten Waters et ses voix de grande qualité avec des actrices et des acteurs qui nous immergent dans un véritable récit palpitant de pirates.

En revanche, pour en revenir à l’appli, nous n’avons pas constaté de bug dans l’application, hormis le manque audio, même si certains joueureuses sur le net semblent avoir rencontré quelques problèmes, totalement rédhibitoire dans ce type de jeu. Une application qui plante après 1,2 ou 3h de jeu, tout est à refaire ! C’est clairement la pire chose qui puisse arriver.

En conclusion, ce jeu m’a fait rêver avant de le recevoir, à son ouverture lors de la découverte du matériel. Et le jeu a fini par me transporter dans un univers sombre, glauque et palpitant. Cette immersion, jouissive, a réussi à me faire tenir en haleine tout au long de la partie. Clairement une prouesse pour moi qui ne suis pas une grande cliente des jeux dépassant 90 à 120 minutes.

Est-ce que j’ai envie de rejouer ? Oui, clairement oui !

Est-ce que je vais y rejouer ? Pour être honnête, probablement non.

Ou alors lors des prochaines vacances un jour de pluie, cet été ou à Noël prochain ? Les occasions de bloquer 3h ou 4h de jeu et à plusieurs, dans mon agenda chargé de maman, d’épouse, d’amie, de professionnelle, et fan de nombreuses autres activités sont quasiment inexistantes.

À bientôt 50 ans, Le Secret de mon Père est un jeu que j’aurais adoré avoir entre les pattes à 18-20 ans, quand la vie était plus… simple ? Sans enfants, sans job, avec beaucoup d’amies et surtout, la possibilité de faire des nuits blanches sans la piler pendant deux semaines ensuite (et ne pas toujours devoir aller en cours…).

Mais aujourd’hui, pour moi en tout cas, Le Secret de mon Père est plus une magnifique pièce de collection à placer dans sa ludothèque qu’on regarde avec envie mais qui, à moins d’avoir un temps de ouf à dispo, d’être ado/adulte sans enfant, a de fortes chances de… prendre la poussière. Qui dispose de 72h à jouer au même jeu ? Car non, il est impossible de se lancer une « petite » partie. Avec Le Secret de mon Père, plus c’est long, plus c’est bon !

👉Vous pouvez consulter les règles du jeu ici.

Un dernier mot

Rares sont les jeux qui suscitent autant de discussions à la rédaction. En règle générale, nous sommes plutôt sur la même longueur d’onde en ce qui concerne nos chroniques, nos évaluation sur les jeux. Mais pour Le Secret de mon Père, ce fut une autre paire de manches. Nous n’étions pas d’accord. Ça arrive. C’est rare, mais ça arrive.

Certaines et certains d’entre nous étaient d’avis pour évaluer le jeu à 5 sur 5, pour son matériel, spectaculaire, pour son côté Legacy, pour sa richesse littéraire et pour son… immersivité (est-ce que ça se dit ?). Comment mettre moins avec un tel jeu, une telle œuvre qui a pris des heures et des heures et tant d’effort de réalisation ?

D’autres, au contraire, pensaient que les quelques points faibles cités dans l’article finissaient quelque peu par entacher le plaisir et l’expérience du jeu. Ce long et houleux débat en a soulevé un autre, enrichissant. Comment évaluer un jeu ? Et comment « bien » le faire ? Nous qui passons des heures à jouer, tester et chroniquer des jeux chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année depuis 2007, c’est une question pertinente, saine.

Quand nous testons, analysons et chroniquons un jeu, nous « disséquons » le jeu de manière attentive. Lorsque nous jouons, il nous arrive parfois de prendre des notes, de réfléchir à ce que nous apprécions, à ce que nous apprécions moins. Ensuite, nous tentons de déterminez le public cible du jeu. Est-ce un jeu destiné à un public « général » ou à un public spécialisé (gamer, enfant) ? Cela peut influencer la façon dont nous abordons notre chronique. Nous nous lançons alors dans une analyse du jeu la plus détaillée possible. De son matériel, de ses règles de jeu, des ses mécaniques. Tout en essayant de justifier nos points de vue avec des exemples, précis.

Enfin, dans le chapitre « verdict », la conclusion de nos chroniques, nous résumons notre avis sur le jeu. C’est ici que nous expliquons pourquoi nous le recommanderions, ou non. Et grâce aux étoiles de fin d’article, les fameux « ratings », ou évaluations, nous pouvons visualiser et cristalliser cet avis.

En tant que critiques de jeux, il nous paraît important de rester le plus objectif possible et de ne pas laisser nos préférences personnelles déteindre, nuire à notre jugement. Même si, au fond, toute critique est subjective. Dans Le Secret de mon Père, j’aime quand l’appli fait les voix, je n’aime pas quand l’appli fait les voix. J’aime quand un jeu est punitif, je n’aime pas quand un jeu est punitif. Il nous semble essentiel d’expliciter nos choix, nos avis.

J’aime, je n’aime pas. Mais, pourquoi. C’est cette explicitation qui nous paraît cruciale. Et dans toutes nos chroniques, nous essayons de mettre en avant les qualités et les défauts du jeu, et ceci de manière équilibrée. Avec Le Secret de mon Père, trouver un consensus au sein de la rédaction fut compliqué, voire impossible. Au lieu d’un consensus, nous avons finalement opté pour un compromis.

Très, très bon

Note : 4.5 sur 5.

  • Création : T.C. Petty III
  • Illustrations : Eric Hibbeler, Anh Le, Damien Mammoliti, Janos Orban, Cold Castle Studios
  • Édition : Renegade Game Studio
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4 (tourne bien à toutes les configurations)
  • Âge conseillé : Dès 14 ans (pas moins !)
  • Durée : 3h par scénario. Et il y en a 8 par campagne. Et il y a trois campagnes
  • Thème : Famille, héritage, fantastique
  • Mécaniques principales : Placement d’ouvriers, narratif. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

Et encore une chose

Avec presque le même titre, et dans un autre registre, un film d’animation est sorti il y a quelques mois en septembre 2022, tiré de la bande dessinée autobiographique Deuxième Génération de Michel Kichka sortie en 2012.

Dans les années 60, en Belgique, Michel et son frère Charly vivent une enfance heureuse dans leur famille juive. Leur père, taiseux et discret, ne livre rien de son passé. Les deux frères l’imaginent en grand aventurier, pirate ou chercheur de trésors… Mais que cache-t-il ? Avec les voix de Michèle Bernier, Jacques Gamblin et Arthur Dupont.


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Article écrit par Aline. Elle travaille dans le domaine social. Elle est tombée toute petite dans la marmite du jeu sous toutes ses formes (plateau, jeux vidéo, escape room, murder). Écrire sur le blog lui permet de découvrir de nouveaux jeux et partager de vrais coups de cœur.

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5 Comments

  • Chris

    Merci pour ce super article, comme toujours :))
    Clairement, les explications du pourquoi on aime ou pas m’aident tjs énormément à me faire ma propre idée du jeu 🤗👍

    • Gus

      La tristitude

      La tristitude
      C’est quand tu viens juste d’avaler un cure-dent
      Quand tu te rends compte que ton père est Suisse-Allemand
      Quand un copain t’appelle pour son déménagement
      Quand un jeu que tu rêverais d’avoir est également un jeu auquel tu ne joueras jamais parce que t’as une vie
      Et ça fait mal

      Tout pareil 😔

      Après avoir lu l’article d’Aline je révérais d’avoir le jeu, d’y jouer. Mais avec des enfants en bas âge et 604 tafs en même temps, je dois, à mon grand regret, devoir faire preuve de lucidité. À quoi bon posséder un jeu (génial), si c’est pour ne jamais pouvoir y jouer ? C’est peut-être ça, être un adulte. Faire passer la raison avant l’émotion (et la passion…).

      • Flavien Tailleur

        Oui mais c’est tellement bon de craquer !

        Une seule partie m’a convaincu que l’investissement était bon vu l’expérience !

        Je ne vais clairement pas le sortir souvent, mais tel une belle croute sur un mur, il fait tellement beau dans ma ludothèque !
        Et quel plaisir, même si pas le temps de lancer une partie, d’ouvrir la boite, sortir le matériel et montrer (hum, faire baver) aux copains 😀

  • amnesix77

    Ca yest…. Nous nous y sommes lancés et avons joué notre premier scénario. Nous nous y sommes mis à 3 à 21H00 hier et….. une faille spatio temporelle plus tard, la partie se termina à 3H00 du matin.

    J’ai finalement remporté la partie sans faire mon grand œuvre contrairement à l’une des autres, grâce aux nombreux aménagements que j’ai pu réaliser.

    Notre sentiment au petit matin :
    – un vent de fraîcheur, une expérience nouvelle et passionnante. Nous avons aimé faire chacun nos choix et découvrir un peu plus tard dans l’histoire les conséquences sur le jeu ;
    – nous ne nous sommes pas ennuyés jusqu’au milieu de la dernière génération ou la répétition des actions commencent à se faire sentir ;
    – des règles pas si claires, ce qui est bien dommage alors que le jeu n’es pas si compliqué, cela nous a fait perdre pas mal de temps.

    Au final un jeu magnifique, avec une mécanique finalement classique mais une histoire prenante (quel pied cette fin !)

    J’espère que nous y rejouerons mais pour moi le contrat est rempli : j’ai un thème très fort sur un jeu qui n’est pas collaboratif, et ce n’est pas si courant.

    Merci encore pour la chronique.

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