Jeux de plateau,  sélection

Notre sélection des 7 meilleurs jeux de pirates

Trésors, bastons et aventures. Les pirates se taillent une belle place dans les jeux de société. Voici la sélection de nos 7 jeux préférés.


Des pirates, des jeux

Depuis des siècles, les pirates de mer titillent notre imagination et leurs exploits ont été racontés à travers des récits de fiction comme des films et des livres. Partons à la découverte de leur histoire et de leur culture pour savoir pourquoi ces aventuriers (et aventurières, on y reviendra plus bas) des mers continuent de fasciner et d’inspirer.

Malgré leur mauvaise réputation, les pirates ont souvent été considérés comme des héros par leurs contemporains. Dans cet article, nous explorerons la culture et l’histoire des pirates de mer, et découvrirons pourquoi ces personnages si présents dans notre culture pop continuent de fasciner et d’inspirer.

Il y a quelques semaines, nous vous avons présenté la chronique de Cartaventura Odyssée, un Cartaventura pour enfants dans le milieu des pirates. Revenons aujourd’hui sur ce thème, pour vous proposer aujourd’hui notre sélection de nos 7 jeux de société préférés avec des pirates.

À l’abordage !

Il faut l’admettre, les pirates occupent une place importante dans notre imaginaire. On les retrouve dans les films, les romans, les bandes dessinées, les dessins animés, les jeux vidéo et, comme ici aujourd’hui avec notre sélection, les jeux de société. Comment expliquer une telle présence de cette imaginaire pirate ?

Larguons les amarres et prenons le large pour aborder le sujet (vous apprécierez la phrase).

« Alors, les enfants, on s’énerve pas On les aborde, on les égorge, on les étripe, on les massacre et on les coule. La routine habituelle, quoi ». Cette phrase, vous la connaissez certainement. Culte, elle est prononcée par le chef des pirates dans le dessin animé Astérix et Cléopâtre sorti en 1968.

Il y aussi cet extrait, délirant, du film Astérix & Obélix Mission Cléopâtre d’Alain Chabat sorti il y a vingt ans exactement (déjà ?) en 2002.

Depuis la création des bateaux, les mers ont toujours pullulé de pirates féroces et sombres. Pour signifier leurs intentions peu… sympathiques, les pirates arborent un drapeau bien reconnaissable. Il faut toutefois relever qu’ « au début » de l’histoire de la piraterie, ces drapeaux n’étaient pas du tout noirs, avec une tête de mort et des os humains.

Avant de parler de pirates, on parle plutôt de corsaires. Il s’agissait des pirates qui étaient… sponsorisés, en quelque sorte, par des États comme la France ou l’Angleterre. Ces corsaires étaient « autorisés » à se fendre sur un ennemi et à… se servir dans son bateau. Les corsaires possèdent les lettres de marque, plus tard appelés lettres de représailles.

Le corsaire dispose d’une période pour se livrer à ses activités. Il a des ennemis qui lui sont clairement indiqués. Et évidemment, cette activité ne se fait qu’en temps de guerre. Ce qui n’est en rien le cas de la piraterie.

Les États paient des gens armés, en bateau, pour leur pays. Ils affichaient alors le drapeau du pays correspondant avec le pavillon rouge. Qui signifiait « pas de quartier ».

Quand ils levaient le pavillon rouge, cela voulait dire que l’adversaire n’allait pas être épargné. Qu’il y aurait des morts. C’était, vous l’imaginez bien, une manière de faire peur, de gagner le combat plus rapidement. Parce que les ennemis préfèrent fuir plutôt que… mourir. Cela s’appelle de l’intimidation, et ça fonctionne, parfois, souvent.

Le noir apparaît plus tard sur les drapeaux quand les pirates perdent leur statut de… fonctionnaires. Oui, vous avez bien lu. Par la suite, quand on a cessé d’appeler ces gens des corsaires, parce qu’on a cessé de les entretenir par les États, certains se sont trouvés sans soutien et donc, par conséquent, il leur fallait un drapeau, un pavillon. Car toutes les nations, tous les bateaux se devaient, et encore aujourd’hui, d’en arborer pour afficher son appartenance.

Ces anciens corsaires, devenus indépendants, se sont alors créés des pavillons noirs pour en même temps de se rapprocher, au niveau idéologique, mais également parce que la couleur noire est souvent liée à la mort. Donc au danger. Et en rajoutant parfois des squelettes sur le drapeau, on renforce ici l’idée mortifère, périlleuse. Ça fait son petit effet. De l’intimidation, encore une fois.

Pirates et histoire

Le problème avec les pirates dans l’histoire, c’est qu’ils demeurent incompris parmi les historiens. Bien peu se consacrent à mieux connaître ces… voyous des mers. Très peu d’archives, de recherches existent sur eux. Et comme le dit si bien l’adage, ce sont les vainqueurs qui racontent l’histoire.

Oui, mais. Comme parmi les pirates il y en a très peu qui savent écrire, quelques livres de bord sont certes restés, mais on ne peut pas certifier vraiment qu’il s’agisse de capitaines pirates de l’époque. Et bien évidemment, on peut le comprendre, les pirates préférèrent… rester discrets sur leurs activités.

L’écrivain britannique Daniel Defoe a beaucoup écrit sur les pirates au 17e siècle. Il a laissé un très grand témoignage en racontant la vie très détaillée d’une vingtaine de pirates. Le tout est romancée. Toutefois, il y a tellement d’informations pertinentes qu’on pense qu’il aurait pu avoir accès à certains éléments de bord.

Il existe d’autres livres, d’autres témoignages qui viennent appuyer notre connaissance de l’histoire des pirates. Mais il faut se montrer circonspect. Toute cette connaissance est racontée par des gens de l’époque, par des pirates ou par des proches. Ces éléments sont ainsi souvent déformés.

Y-a-t-il un âge d’or de la piraterie ?

Oui, on peut parler d’âge d’or de la piraterie. Entre 1650 jusque, environ, en 1726 (un jeudi). Le temps que les États réagissent et assurent une police efficace contre la piraterie.

Il faut reconnaître que la colonisation a fait exploser les actes de piraterie. Les échanges commerciaux entre pays européens et Afrique, Inde, Amérique du Sud et Amérique du Nord donnaient l’occasion d’attaquer ces bateaux. L’occasion fait le larron, comme on dit. La colonisation a étendu le rayon d’action des pirates.

Un profil-type ?

Des pirates, il en existait un peu partout, en France, en Angleterre, dans le nord de l’Afrique, dans les Caraïbes bien sûr. Mais y a-t-il un profil type du pirate ? Est-ce que ce sont des gens qui sont pauvres ? Est-ce que ce sont des gens qui ont connu des problèmes avec leur pays, avec leur roi, qui ont dû fuir ?

Dans le cadre de ce qu’on a dit plus haut, les pirates sont d’anciens corsaires. Lorsque la guerre pour laquelle ils (s’) étaient engagés est terminée, on n’a plus besoin d’eux. Refusant de se sédentariser, ils continuent leurs activités en mer. Ils deviennent par conséquent des pirates.

Mais pas seulement.

Il y a également beaucoup d’anciens marins qui sont particulièrement maltraités et qui vont quitter la marine pour s’engager dans des activités de piraterie. Le commerce négrier, par exemple, emmenait des centaines de marins tous les ans pratiquer le commerce triangulaire. Un commerce pénible, impitoyable. Les marins y étaient particulièrement maltraités. battus, humiliés, mal vêtus, affamés, ces gens-là vont finir par se rebeller et vont se mutiner. Pour récupérer le bateau pour eux-mêmes.

Enfin, il y a une troisième et dernière catégorie peu connue qu’il ne faut toutefois absolument pas oublier. Ce sont les pirates qui n’en sont pas. Il a besoin que tout le monde ait son poste, qui l’y ait un charpentier, qu’il y ait un pilote, qu’il y ait un chirurgien. Et s’il manque des gens pour compléter l’équipage, on va les… prélever. Comprenez par-là, kidnapper. Des pirates seront par conséquent aussi des pirates qui n’ont jamais demandé de l’être.

Et le trésor, dans tout ça ?

Le grand fantasme lorsqu’on est enfant, c’est le trésor des pirates à fouiller sur une île oubliée. Dispose-t-on de témoignages de tels trésors ? Fantasme, ou réalité ?

On peut imaginer que certains trésors aient été enterrés, que des cartes ont été dressées pour pouvoir les retrouver. Mais la plus célèbre des légendes de trésor de pirate, c’est celle d’Olivier Levasseur dit « la Buse » ou « la Bouche ». Il était un pirate français en 1730.

Au moment de son exécution, il aurait lancé un cryptogramme en disant que la personne qui le déchiffrerait trouverait son trésor. Et jusqu’à aujourd’hui, trois siècles plus tard, des gens se lancent encore à la recherche du fameux trésor. Qui n’a jamais été découvert. Et qui n’existe peut-être pas. Ou plus.

Et les femmes pirates ?

L’histoire compte peu de femmes pirates, car elles étaient interdites (par les hommes) de monter à bord d’un bateau. Parce que.

On en recense toutefois plusieurs. Certaines célèbres et d’autres moins connues. Parmi les plus célèbres, nous pouvons citer Anne Bonny, Grace O’Malley, Ching Shih, Cheng I Sao, Mary Read, Rachel Wall et Eleanor Guthrie.

Ces femmes pirates étaient connues pour leurs exploits audacieux et leur bravoure. Elles ont navigué sur les mers et les océans, pillant des navires et s’enrichissant au cours de leurs voyages. Bien qu’elles aient été considérées comme des hors-la-loi par les autorités, elles ont toutes gagné le respect et la légende des marins qui naviguaient à leurs côtés.

En en parlant d’Anne Bonny, À Suivre, l’excellent podcast d’Arte qui fête, déjà, ses 30 ans en décembre 2022 vient tout juste de sortir hier une saison de 6 épisodes fictionnels avec, sur, autour d’Anne Bonny. À savourer ici :

La construction d’un mythe

Les films Pirates des Caraïbes, L’île au Trésor, Peter Pan, One Piece et bien d’autres encore. Comment expliquer qu’un monde, qu’une figure évoluant plutôt dans la marge nous marque encore aujourd’hui autant ?

Cette construction du mythe a commencé assez tôt. Quand certains pirates étaient arrêtés, on chercherait à marquer les esprits et à les exécuter en public. Pour effrayer, et avertir la population. Ne faites pas pareil. Parce que ça va mal finir. Une sorte de pédagogie exemplaire. Voilà ce qui va t’arriver si tu deviens pirate.

Avant Netflix, on allait voir les… exécutions publiques. Et pour les pirates, il s’agissait d’exécutions particulièrement… atroces. Parce que les bourreaux s’arrangeaient pour que le pirate agonise pendant une demi-heure. On s’arrangeait effectivement pour qu’il gigote. C’était plus… dramatique. C’est ce qu’on a alors appelé la gigue du pirate. On montrait cela aux enfants pour les effrayer, et avertir. Voilà ce qui t’arrivera si tu n’es pas sage, si tu ne te brosses pas les dents et si tu ne finis pas ta fiche de maths de Madame Jeanmain en CE1. À peu près.

Mais.

C’est finalement tout le contraire qui s’est produit. Et la littérature a finalement exploité ce filon. Avec Defoe, le premier au 18e siècle. Et puis au 19e siècle, Robert Louis Stevenson a continué, et le mythe s’est construit, peu à peu.

Perroquet, que l’on retrouve dans le jeu Cartaventura Odyssée, jambe de bois, cache-œil, drapeau noir, etc. Tant d’iconographies, tant d’emblèmes pour figurer, transfigurer le pirate.

Le cinéma s’en est d’ailleurs emparé très tôt. La bande dessinée, aussi. Il y en a de magnifiques sur les pirates.

La figure du pirate, ces brigands sans foi ni loi, évoque pour nous une certaine liberté. Un côté rebelle, anarchiste, puissant. Qui nous renvoie également à des images de tropiques, de fantasmes de voyages.

Les pirates sont, somme toute, un peu comme les sorcières. Dans l’imagerie pop moderne, il existe beaucoup de figures de pirate. Parfois très méchant qui fait peur avec son crochet, parfois plutôt sympathique. Jack Sparrow, ou Capitaine Crochet.

L’univers des pirates, quand on y pense, est bourré de clichés. On imagine toujours cet homme de la mer, libre, qui boit du rhum, qui a peut-être un crochet. Pour résumer, les pirates sont des brigands, mais… sur l’eau.

J’ai cœur de pirate toujours sur le chantier (yeah)
Les pupilles s’dilatent, drogué, j’veux plus penser (non)
L’arme brandie, j’suis venu récolter toute la maille (maille)
Sombre bandit, j’vais faire du sale toute la night (yeah)

Damso, Cœur de pirate

Notre sélection de jeux de société de pirates

Comme discuté plus haut, les récits de pirates sont appréciés depuis des siècles, avec des pirates réels et fictifs qui font l’objet de grands récits d’action et d’aventure. Les attaques audacieuses sur des navires marchands, les aventures noyées de rhum et les recherches de trésors maudits parcourent depuis les légendes jusqu’aux romans, jusqu’aux films et aux jeux vidéo, ils fournissent également une grande variété de jeux de plateau à propos des pirates.

Voici notre sélection de nos 7 jeux de société de pirates préférés. À l’abordage !

Trésors Légendaires

Les femmes autrices de jeux de société sont beaucoup, beaucoup trop rares sur le marché du jeu de société. Et c’est bien dommage ! Parmi le peu d’autrices, il y a un nom qui se distingue, Annick Lobet. C’est elle qui a sorti les deux jeux à succès Zombie Kidz Evolution et sa suite, Zombie Teenz Evolution, les deux sortis chez le Scorpion Masqué, écurie Hachette.

Dans Trésors Légendaires, ce jeu familial compétitif, on balade son bateau sur un plateau juché de tuiles retournées, et on va pouvoir, devoir peu à peu les prendre comme cargaison sur son navire. Sachant que sa place est limitée, et qu’on va devoir aller vider sa cargaison sur l’une des îles situées aux quatre coins de la carte pour poursuivre le jeu et faire de la place.

Dès que toutes les tuiles ont été prises, la partie est finie. Avec, comme le jeu précédent, la possibilité d’attaquer les autres, juste en défaussant des canons sans aucun lancer de dé nécessaire.

Trésors Légendaires repose sur une mécanique de bluff. Au départ du jeu, on reçoit, cachée, une carte qui indique quelle île, quel coin on possède. En toute fin de partie, on reçoit autant de points que de trésors déposés.

Avec des trésors maudits, négatifs que l’on peut également y placer, et des tuiles neutres qui ne rapportent aucun point. Qui possède quelle île, et comment faire pour empêcher cette personne, ce pirate d’y accumuler trop de trésors, de points.

On peut attaquer, bien sûr, pour rafler des trésors présents sur le navire, ou, pire, mieux, ça dépend si ça vous arrive ou si c’est vous qui le faites, vous pouvez échanger votre carte avec d’autres.

Donc imaginez : vous passez votre partie à chercher des trésors, puis les amener sur votre île, quand patatras, votre île n’est plus la vôtre. Chaud ! Rageant ! Tendu ! Délicieux ! Car cette petite règle et mécanique introduisent une part de bluff et d’interaction suaves.

Et ce n’est pas tout.

On connaît le goût immodéré de l’autrice pour les jeux évolutifs Legacy, c’est également le cas ici dans Trésors Légendaires. Si les règles de bases sont fluides et évidentes, on dispose de 3 actions à son tour, comme dans la série des Zombies Evolution, on se déplace, on prend une tuile, on attaque, une fois la partie finie, on gratte, on révèle une case sur un plateau qui indique des éléments cachés et qui permettent d’ouvrir des enveloppes scellées.

Et comme les Zombies, au contraire d’autres titres Legacy, on ne détruit rien, on ne fait que rajouter des règles, des personnages, des tuiles, des trucs, des bidules, qui donnent furieusement de re-re-rejouer !

Trésors Légendaires, un jeu familial captivant qui réjouira toute la famille. Un must-have de jeu de pirates !


Cartaventura Odyssée

Un autre jeu de pirates. Un autre jeu de société pour famille.

Cartaventura. Ce nom vous dit certainement quelque chose. C’est ce micro-jeu de cartes narratif, coopératif et historique sorti en printemps 2021 chez les Hauts-savoyards de Blam ! Ils viennent de sortir Odyssée pour la fin de l’année, une boîte destinée aux familles, aux enfants.

Cartaventura Odyssée reprend les mêmes mécaniques que la gamme Cartaventura existante et plutôt destinée aux ados-adultes. Un paquet de cartes, numérotées. Avec, à chaque fois, une illustration et un texte. Et enfin, un numéro de carte qu’on est appelé à retrouver dans le paquet. Ces cartes, souvent placées côte à côte, vont finir par dresser un tableau, une carte, un plateau de jeu.

Toutes les cartes affichent deux faces. On passe alors sa partie à les retourner en fonction de ses décisions, actions, réactions.

Cartaventura, Odyssée ou non, est une sorte de Livre dont vous êtes le héros, narratif, immersif, coopératif. Sans paragraphes, mais avec des cartes. Avec la plus-value ébouriffante de nous propulser dans des scénarios historiques, toujours validés par des scientifiques, institutions ou associations qui sont expertes dans le sujet, la période traitée.

Passionnant ! Tonitruante péripétie, épique et historique, Cartaventura Odyssée nous emmène dans une aventure pirate aux multiples rebondissements. Apprendre, à grandir, à effectuer des choix, parfois éthiques, Cartaventura Odyssée nous plonge dans une quête initiatique.

Mais attention à bien choisir son public. Les 6 ans indiqués sur la boîte peuvent paraître… ambitieux. Peut-être parfois anxiogènes et belliqueux, certaines scènes et moments du récit pourraient inquiéter les plus jeunes publics. Préférez un solide 8-10 ans.

On ne s’ennuie pas une seconde ! Un vrai bon divertissement, ludique, historique, érudit, pour grands et petits.


Forgotten Waters

Forgotten Waters, le jeu qui bouscule nos habitudes. Forgotten Waters, un jeu que vous n’oublierez pas.

Forgotten Waters est un gros jeu immersif, narratif et coopératif, dans lequel vous allez vous embarquer dans des aventures pirates épiques et palpitantes. Vous rejoignez un bateau et son équipage, et partez à l’aventure.

Il s’agit d’un jeu de société narratif pour trois à sept joueureuses, dans lequel on incarne des pirates à la recherche de trésors. Forcément, mais pas seulement. Il y a plusieurs scénarios, plusieurs campagnes disponibles, cinq en tout.

Il va falloir se balader et explorer les îles et la haute mer, tout en veillant à gérer son équipage et éviter les soucis : bateau cassé, mutinerie, ou échec de la mission.

Forgotten Waters propose une expérience qui lorgne du côté du jeu de rôle, avec un accent mis sur le pirate que l’on incarne. Avant le début du jeu, on doit en effet créer son perso avec un background, des ambitions et des motivations qui vont influer sur le reste de la partie. Tout ça de manière tout à fait simple et facile en remplissant une petite fiche qui pose quelques questions.

Ensuite, au cours du jeu, grâce à une application qui gère les décisions, ces persos peuvent ensuite améliorer leurs compétences et faire évoluer leur personnage. Le jeu cherche donc à offrir une expérience immersive et narrative, personnalisée. Le jeu propose en effet un gros paquet de feuilles de personnage disponibles, toutes différentes.

Forgotten Waters reprend le même concept que Dead of Winter. Il s’agit d’un jeu coopératif, mais pas vraiment, mais si quand même un peu. On joue ensemble, mais avec un twist ! En effet, tout le monde travaille ensemble, tire à la même corde, mais pas vraiment non plus. À la fin de la partie, il y a quand même un ou plusieurs vainqueurs, selon les objectifs personnels. Mais sans félon infiltré.

Mais surtout, ce qui détonne dans le jeu, c’est son aspect Crossroads. Selon qu’on décide d’aller explorer cette île-ci plutôt qu’une autre, ou réaliser cette action-là, on indique un numéro à l’appli qui réagit et lit la réaction, la situation, la conséquence.

Et oui, vous avez bien lu, Forgotten Waters se joue avec une application. Une plateforme web, plutôt, pas besoin de télécharger quoi que ce soit. On peut même mettre la plateforme en mode off-line si on est coincés au beau milieu de l’océan sans wifi.

Et les voix sont excellentes. Très pro ! On se croirait vraiment plongés dans un film, un livre de pirates. Pareils pour les effets sonores et la musique qui rajoutent une couche immersive au jeu, qui devient une véritable, mémorable expérience.

Bref, en un mot comme en cent, Forgotten Waters est passionnant !


Jamaica

Jamaica – Nouvelle édition est un jeu de société accessible dès l’âge de 8 ans pour des parties de 30 minutes environ et jouable de 2 à 6.

Les mécaniques de jeu principales de Jamaica sont multiples, et palpitantes : la course, la programmation, la gestion de ressource, la prise de risque, le bluff et l’affrontement. Et tout ceci dans l’univers pirates des Caraïbes.

Le but du jeu est de devenir le roi ou la reine des pirates en réussissant à faire avec votre bateau le tour de l’île le plus vite possible tout en récupérant des marchandises et en affrontant au cours de batailles épiques vos adversaires.

Le jeu offre une expérience ludique et des interactions hors du commun. Le jeu est à la fois fun et esthétiquement très réussi. Un must-have des jeux de course, un must-have des jeux de pirates, un must-have des jeux familiaux. Un must-have, tout simplement.


P’tits Pirates

P’tits Pirates, l’aventure en grand, mais pour les petits. P’tits Pirates, un jeu de rôle frais et fun pour enfants dès 6 ans.

Comme son nom le laisse supposer, P’tits Pirates parle d’aventure et de flibusterie. Dans un univers, dynamique, coloré et un brin fantastique. Nos moussaillonnes et moussaillons, c’est ainsi que sont nommés les personnages, sont des apprentis pirates qui vont partir à l’aventure. Ils vont s’embarquer avec l’équipe du « Lointain » qui navigue sur « la grande dame bleue« .

Le monde de P’tits Pirates est bien abouti, spécialement pour un jeu destiné aux enfants. La carte est plutôt étendue, et la mythologie est claire et bien construite.

P’tits Pirates est l’un des meilleurs JDR jeunesse, avec notre jeu de rôle « maison » gratuit Donjons et Chenapans et Petits détectives de Monstres. En effet, P’tits Pirates est fun, accessible, très complet et disponible à un prix raisonnable.

Bref, c’est du tout bon. Un véritable coup de cœur !


Libertalia, Les Vents de Galecrest

Libertalia, Les Vents de Galecrest est la réédition d’un jeu sorti il y a dix ans. Cette version, augmentée, le propulse au firmament.

Libertalia, Les Vents de Galecrest est principalement un jeu de cartes. Avec un deck identique pour chaque personne.

En début de partie, après la mise en place initiale, une personne choisie au hasard mélange ses 40 cartes d’équipage, en pioche 6 et annonce son tirage aux autres. Elles vont alors récupérer celles-ci dans leur deck respectif.

Donc tout le monde commence avec les mêmes cartes. Vous piochez également une tuile de butin par personne à déposer sur le plateau pour chaque jour du voyage à venir. Il y a trois voyages de ce type, commençant à quatre jours puis passant à cinq et six pour les trois manches que comptera la partie.

Chaque jour, on choisit une carte de sa main en secret. La carte affiche un numéro de rang et un ou plusieurs pouvoirs spéciaux. Une fois que tout le monde a choisi, les cartes sont classées par ordre de rang et leurs pouvoirs « jour » sont activés de gauche à droite, par ordre croissant.

Ensuite, leurs pouvoirs «crépuscule» sont activés dans la direction opposée, le rang le plus élevé en premier. Après quoi on peut choisir une tuile de butin parmi la sélection du jour. Ces tuiles de butin ont parfois aussi un effet de crépuscule qui se produit lorsqu’elles sont ramassées. Enfin, quelques cartes ont un effet « nuit » qui s’applique simultanément.

Libertalia, Les Vents de Galecrest est déroutant. Des règles simples, qui cachent un jeu subtil et ample. Quelle carte jouer quand. Sachant que tout le monde a plus ou moins les mêmes. Je mets « plus ou moins », car les autres peuvent en récupérer de leur cimetière, et en garder en main entre une manche et l’autre. Donc si tout le monde commence la partie avec la même main, les choses évoluent et varient au fil de la partie.

Avec Libertalia, Les Vents de Galecrest, plus on y joue et plus on en apprécie sa saveur. À la première partie, on ne saisit pas tout de suite tous les tenants et aboutissants du jeu. On pense avoir affaire à un simple jeu de guess, i.e. de devoir deviner ce que les autres vont jouer pour pouvoir adapter sa stratégie. Alors que cet aspect est, en fin de compte, plutôt léger. Il est évidemment préférable de deviner juste. Mais ce n’est de loin pas l’élément essentiel, le cœur du jeu.

Après plusieurs parties, une fois que les actions des pirates seront bien maîtrisées, on commencera à pouvoir pleinement les exploiter et déjouer le jeu des adversaires tout en échafaudant des stratégies « diaboliques ».

En bref, Libertalia, Les Vents de Galecrest est un très, très bon jeu. Le jeu d’origine était déjà très bon. Cette réédition parvient le sublimer encore plus.

Sa fluidité, les multiples retournements de situation selon la configuration de pirates joués, sa simplicité apparente, une interaction piquante, font de Libertalia, Les Vents de Galecrest un grand jeu.


Unlock chez les pirates

Les fameux Escape game « de salon » Unlock ont sorti deux excellentissimes aventures pirates à ne pas rater.

Le trésor de Tonipal

En juillet 2017 sortait la deuxième boîte Unlock. Une boîte plutôt moyenne. Hormis le troisième scénario, Le Trésor de Tonipal (lapinot ?), un excellent scénario pirates signé par le même auteur (suisse) que Jamaica cité plus haut.

Les Secrets de la Pieuvre

En juillet 2022, l’éditeur parisien Space Cowboys, écurie Asmodee (qui vient de décider de fermer son site de jeux TricTrac, peut-être un peu fatigué de payer pour assurer le service comm des autres éditeurs…) sortait 6 mini-Unlock.

Des scénarios Unlock au format court, comptez 20 à 45 minutes, mais à l’intérêt très, très moyen. Sauf un. Le meilleur. Les Secrets de la Pieuvre, une aventure pirates.

Avec Les Secrets de la Pieuvre, partez sur les traces du pirate légendaire et découvrez son trésor ! Attention, le Baron Samedi n’est pas forcément celui qui vous croyez ! Les Secrets de la Pieuvre est une aventure Unlock de niveau de difficulté 3 (sur 3). Ambiance pirates palpitante !

Les Secrets de la Pieuvre est sans conteste la meilleure aventure des six Unlock Short Adventures. Une ambiance immersive, des énigmes fluides et passionnantes, une appli assez peu présente, un récit tenu qui tient la route, la distance et le format. Et tout ceci pour une poignée de doublons d’euros. Grandiose !


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Article écrit par Gus. Rédacteur-en-chef de Gus&Co. Enseigne à l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration, travaille dans le monde du jeu depuis 1989 comme auteur et journaliste.


Et vous, quel est votre jeu de pirates préférés ? Laissez-nous vos reco, on se réjouit de découvrir vos coups de cœur.

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13 Comments

  • amnesix77

    Merci beaucoup pour cet article et la mise en perspective habituelle. J’ai découvert Libertalia il y a peu et je confirme le grand plaisir de jeu.

    Sinon je sais que vos listes ne visent pas à l’exhaustivité mais je me sens presque obligé de signaler 2 must have dans cet univers :

    – Sea of clouds chez iello qui reste chez moi le jeu familial qui sort le plus : une mécanique de collection avec une tension permanente sur les choix (et ce que je prends ces cartes ou prend le risque de voir ce qu’il y a dans la pile suivante ?) ; un thème utilisé à fond (bouteilles de rhum, reliques,…) et les petits combats avec ses voisins 3 fois par partie ;

    – l’île au trésor avec une mécanique complètement nouvelle et un métriel somptueux pour rechercher un trésor sur l’île (des compas, règles,…) enterré par l’un des joueurs qui attend son heure : un de jeux les plus immersifs que je connais même si il il peut se terminer rapidement si un des joueurs à un coup de chance.

  • Mely

    Skull King ! un des jeux qui est le + aimé lors des soirées , même avec ma belle mère 😉 Et jeu qu’on a pu jouer en Laponie avec des espagnols qui le connaissaient ^^

    • Gus

      Mely, je retiens : « belle-mère » et « Laponie ». Deux mots qui ne devraient jamais être dans la même phrase 😜 (ou alors dans une série chilienne sur Netflix).

      En parlant de polar, Mely. On a fait La Chambre de Tante Hilda ce matin, monstre cool. Tu l’as faite ? Et on va bientôt tester leur toute nouvelle, Cornelius. T’as d’autres reco dans la région que t’as kiffé ?

  • Yaztromo

    Oye oye bande de flibustier-es ! Le meilleur JDR dans l’univers de la piraterie n’est pas cité ici, il s’agit de « Pavillon Noir ». Cette omission est normal car le le jeu n’est plus en vente pour le moment, mais préparez-vous car il pourrait être à nouveau disponible… !

  • Trapipo

    Bonjour,
    Suite à cet article j’ai offert Trésors Légendaires à mes enfants (11 ans).
    On a fait une première partie hier, ils ont adorés, on été à fond.
    Habitué a des jeux plus « adultes » ou plus complexe, ça nous à tous fait du bien de nous retrouver autour d’un jeu aux règles simple, avec une part de bluff, de mystère (les enfants adorent retourner et découvrir une tuile ! A chaque fois que ce système est en place dans un jeu ils accrochent… Et si en plus ils peuvent ajouter leur tuile dans un bateau… ahalalala, extase. Je rigole mais c’est vrai que c’est tres sympa).
    Le coté évolutif : tout le monde adore.
    La réflexion de mon fils à ce sujet : « mais papa, on va pouvoir y jouer longtemps alors !? Pendant un an ! »
    Comme si un jeu non évolutif ne pouvait pas être joué un an… :/
    Bref passons, mais c’est intéressant de voir que pour certains (je pense la nouvelle génération) rejouabilité = évolution des réglés ou du matériel, mais c’est un autre sujet.

    En parlant de matériel, pour revenir au jeu Trésors Légendaires, le matériels est magnifique, de qualité.
    Les enveloppes scellé, les règles, le plateau, les tuiles… La boite qui permet de tout bien ranger comme on aime… C’est soigné, c’est top.

    Donc merci pour votre article qui nous a permis de découvrir ce jeu très sympathique.
    A bientôt!

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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