Comment l’Ecoscore pourrait changer la donne

Temps de lecture: 4 minutes

Vous l’avez sans doute remarqué, depuis quelques mois, dans nos critiques de jeux, dans la mesure du possible, nous nous efforçons d’indiquer l’origine de fabrication du jeu chroniqué. La très (trop) grande majorité du temps, c’est en Chine que nos jeux de société sont produits

C’est lors de la critique du jeu suisse Smak que notre rédaction a été étonnée: un jeu de lancer de quilles, tout en bois et produit en… Chine

Parce qu’il n’y a pas de bois en Europe? Ni en… Suisse? 🤔

Suite à cette découverte, nous avons longuement réfléchi à la possibilité d’introduire une étiquette sur les jeux de société, comme cela se fait déjà pour les véhicules, les maisons, les appareils électroménagers, et depuis 2017, pour l’alimentation aussi pour aider à mieux manger, avec le groupe suisse Nestlé s’y met aussi enfin depuis la semaine passée

L’Ecoscore, les mains dans le cambouis

Qu’est-ce que l’Ecoscore?

C’est « simple ». Chaque jeu est produit quelque part: Chine, Allemagne, Pologne, US. Ce qui signifie, pour nous Européens et Européennes, un certain kilométrage, donc un coût environnemental engendré en matière de rejet de gaz à effet de serre et d’utilisation de pétrole

Exemple: prenons le cas du tout récent (et excellent) Tuki. Nous l’avons commandé chez Philibert ici Nous ne compterons pas le transport de la boutique au domicile, le « dernier kilomètre », car tout dépend du domicile. Pour peu que l’on habite également Strasbourg, le même emplacement que Philibert, ce « dernier kilomètre » ne sera pas le même que si on habite Genève (comme nous) ou Marseille ou que l’on commande le jeu depuis encore plus loin

L’Ecoscore ne comptabilise pas ce dernier trajet. Il ne prend non plus en compte le trajet des stocks de l’éditeur au distributeur, puis ensuite du distributeur à la boutique. Cela deviendrait très, très compliqué à totaliser, d’autant que certains éditeurs sont eux-mêmes distributeurs, avec un trajet supprimé, et certaines boutiques peuvent être plus ou moins éloignées

En revanche, l’Ecoscore prend en compte deux aspects:

  • le trajet pour la fabrication
  • le matériel de jeu

Le trajet

Revenons à Tuki. Édité par Plan B (Québec), commandé à Strasbourg, joué à Genève. Et produit en Chine

Pour faire Europe-Chine, il aura fallu pour le jeu parcourir plusieurs milliers de kilomètres. S’il avait été produit en Allemagne, Pologne, Belgique, le trajet aurait plus court, les rejets de gaz à effet de serre aurait été différents

Pour un jeu produit en Europe, l’Ecoscore indique A

Pour un jeu produit en Asie, Vietnam, Inde, Chine, pour indiquer ce coût énergétique et environnemental, l’Ecoscore saute à C

Le matériel

Tout dépend ensuite du matériel de jeu, s’il s’agit de bois, de papier-carton ou de figurines et pièces en plastique

Si quelques pièces en plastique sont présents dans le jeu, issus du pétrole, matériau non-renouvelable et polluant, et si le jeu est produit en Europe, l’étiquette passe de A à B

Si le matériel est principalement en éléments renouvelables, papier, carton, bois, et que le jeu est produit en Asie, l’Ecoscore se fige à C

Si quelques pièces en plastique sont présents dans le jeu, issus du pétrole, matériau non-renouvelable et polluant, et si le jeu est produit en Asie, l’étiquette passe alors de C à D

Si la très grande majorité du jeu est composée de figurines et autres pièces en plastique, l’Ecoscore tombe à E, le niveau le plus bas (et tout rouge), pour indiquer le coût élevé en énergie et en impact du jeu sur la planète

Pour revenir à notre exemple avec Tuki, comme le jeu est entièrement, à part la règle, constitué de plastique, l’étiquette Ecoscore indique donc un D, ce qui est mentionné dans la critique

L’Ecoscore, petit résumé

Pour un jeu produit en Europe composé uniquement de matériel renouvelable, tels du papier, carton, bois:

Pour un jeu produit en Europe et contenant des éléments non-renouvelables, tel du plastique:

Pour un jeu produit en Asie et contenant des éléments renouvelables:

Pour un jeu produit en Asie et contenant peu d’éléments non-renouvelables:

Pour un jeu produit en Asie et contenant beaucoup d’éléments non-renouvelables:

La morale de l’histoire

L’idée ici avec cet Ecoscore n’est pas de faire la morale à qui que ce soit, éditeurs ou joueurs et joueuses. Chacune et chacune est évidemment libre de consommer comme il la sent, en toute âme et conscience et libre-arbitre

Le but de l’Ecoscore est juste d’informer, de donner un étalonnage des coûts environnementaux de production de notre hobby et passion

Est-ce que cet Ecoscore va changer quelque chose? Est-ce que des jeux produits en Chine et bourrés de fig en hydrocarbures polluants et non-renouvelables seront, à terme, moins achetés… boycottés?

Désormais, dans la mesure du possible, pour autant que le lieu de fabrication soit indiqué, ce qui est le cas la plupart du temps, nous indiquerons l’Ecoscore dans nos critiques

À terme, cette étiquetage pourrait peut-être même inciter certains éditeurs (hello, Helvetiq et Smak) à essayer de réfléchir pour produire autrement

Et pourquoi pas, à publier, communiquer l’Ecoscore directement sur la boîte, comme ça se fait partout ailleurs avec les autres étiquettes énergétiques et alimentaires, pour mieux informer les joueurs et joueuses

Edit: Mise à jour du 20.7.19 : après mures réflexions, en vous écoutant / lisant et avec certains de nos collègues blogueurs, nous avons donc suivi vos conseils et décidé de changer de nom. Le LudiScore devient donc… l’EcoScore. C’est plus clair ainsi, vous aviez raison, merci pour tous vos commentaires !

Que pensez-vous de l’EcoScore ? Bonne ou mauvaise initiative? Nous nous réjouissons de découvrir vos réactions

95 responses to Comment l’Ecoscore pourrait changer la donne

  1. Laurence says:

    sniff… alors on va encore plus loin dans l’endoctrinement ? autant je suis pour le respect de la planète et la défense de l’environnement (et je suis même co-présidente d’une association qui multiplie les actions dans ce sens) autant je trouve qu’on assiste à une surenchère permanente ces temps ci sur le sujet, au point d’en arriver à l’écoeurement, et de faire réagir négaitvement ceux qui se sentent « non concernés » : n’as tu jamais entendu toi aussi « oh vous me faitez chier à la fin avec vos trucs d’écolos ». Le mot pénible dans cette phrase est le « à la fin », il nous rappelle que ce n’est pas en faisant un concours de précieuses ridicules qu’on fera avancer le truc, ni en martelant encore et encore, mais en trouvant des moyens plus subtils, plus « facilitants » pour les non convaincus… pas facile à faire, beaucoup plus dur en tout cas que de se la jouer moralisateur et prosélyte. Mais tellement plus agréable au final pour ceux et celles qu’on aura réellement convaincus, sans forcing, et qui se mettront spontanément à agir dans le bon sens. Oui ça existe, je le vis au quotidien ou presque, mais bien sûr c’est un travail plus ardu. Et plus efficient, en réel. Car là, quand on a convaincu quelqu’un, c’est pour toujours. Alors que quand on l’endorctrine et qu’on le « bassine » alors dès qu’on aura le dos tourné tout sera perdu.
    Relire à ce sujet les dernières conclusions d’Altruisme Efficace…

    • Gus says:

      Merci Laurence pour votre riche, pertinente et passionnée réaction 🙏🏼

      Le but du LudiScore n’est pas de faire de l’endoctrinement, mais juste de l’information, comme le Nutri-Score

      Le but n’est pas de juger ou de critiquer telle ou telle pratique, mais bien de communiquer sur la fabrication et le matériel employé

      Après, à chacun et chacune de choisir ou ignorer

      Je travaille également pour le Département de l’Agenda 21 à Genève, nous réfléchissons constamment, comme vous Laurence, aux moyens de communiquer « juste » sur l’environnement et nos impacts

      Faut-il « tomber » dans le catastrophisme, mettre en valeur les messages et bonnes pratiques = positiver, juger et dénoncer les mauvaises?

      Jamais je n’aurais pensé que le catastrophisme soit une solution, et pourtant, c’est le message véhiculé par Greta Thunberg, qui semble toucher des milliers de gens…

      Encore une fois, merci Laurence pour votre réaction

    • Gabee says:

      Bravo Gus. Il était certain que les « SJW » et « vos trucs d’écolos » allaient fleurir dans les commentaires… Comme tu l as très bien dit : il s’agit d’informer. De sorte que chacun peut assumer ses choix (et sa responsabilité) de consommateur, ou pas.

      • Gus says:

        Bien vu. C’est exactement ça. Aucune leçon, jugement, prosélytisme ou doxa. Juste l’info, rien de plus

  2. Excellente idée ! Par ailleurs, outre l’aspect incitatif pour une production plus raisonnée, cela pourrait permettre aux éditeurs et distributeurs européens de s’affranchir de la dépendance aux soubresauts géopolitiques (taxe Trump sur les produits chinois par exemple dont tu as fait un article très intéressant).
    Cela pourrait aussi permettre de développer une industrie du jeu locale avec des imprimeurs et fabricants plus nombreux en Europe. On voit avec les applis de type « Yuka » ou « Que choisir » que la prise de conscience écologique et sociale des consommateurs pousse les industriels à s’adapter, pourquoi pas dans le jeu ?
    Je m’inquiète un peu par contre de la prolifération de logos, étiquettes sur nos belle boites de jeux.
    Merci Gus pour ces réflexions !

    • Gus says:

      Merci Laurent pour ta réaction

      Je sens que cet article, cette initiative va susciter de nombreux commentaires, entre fervents (comme toi) défenseurs et passionnés « défonceurs » 😆

      Perso, je verrais bien une mini étiquette discrète sur la boîte, rien de méchant

      Me réjouis de voir quel éditeur « ouvrira le feu » en premier, qui aura les « balloches » pour se lancer en premier, IELLO, Space Cowboys, Blam!, Libellud, Super Meeple? Tu paries sur qui, Laurent?

      • fischer13 says:

        euh taxe trump en europe????????
        jusqu’a preuve du contraire l’europe n’est pas les etat unis donc pourquoi la taxe trump sur des jeux qui viennent en europe?

  3. OPLA ou Bioviva seraient bien placés pour faire valoir avec un ludiscore leur production locale… mais il est clair qu’un « gros » éditeur comme ceux que tu cites auraient une valeur d’exemple sacrément efficace. Question « Balloches », si on pariait sur les Space Cowboys ?

    • Gus says:

      Tu as amplement raison Laurent

      En termes de « balloches », les Space enverraient un message fort

      Mais

      Les Space appartiennent à Asmodée. Pas certain qu’ils soient très partisans d’une telle initiative. Je peux / espère me tromper. Le marché changerait alors en profondeur et de nombreux éditeurs se verraient alors « obligés » de suivre le mouvement

      Bref, on peut / doit toujours rêver 😉

      PS hasard des coïncidences des calendriers Laurent, marrant que cet article apparaisse juste en période de (fin) canicule de ouf (46 degrés dans certaines localités françaises) 🌡 🥵 🔥

  4. Nadir says:

    Article très intéressant qui me laisse avec une question tout à fait hypothétique à ce stade: quid des jeux pleins de plastique et d’une éventuelle réédition? J’ai en tête Eclipse ou Forbidden Stars, qui sont deux gros jeux avec pas mal de plastique (surtout FS). Est-il possible d’éditer de tels jeux sans autant de plastique et à un coût abordable?

    Je suis ici uniquement sur des jeux qui ont apparemment « besoin » de ce plastique. Je suis totalement contre les « goodies » (ici plutôt « evilies ») en plastoc fourni par paquet de 1000 avec les KS. Cela n’apporte en général rien et en plus, c’est du matos de qualité discutable.

    Parce que c’est parfois nécessaire d’avoir des figurines en plastique pour des raisons de coût. Ainsi, tout Forbidden Star en bois, ça doit être maousse cheros. Et je pense qu’en terme d’immersion, pour un jeu comme celui-ci, c’est nécessaire de fournir de jolis objets et pas juste des pions.

    Cela me pose une question de béotien absolu en matière de science des matériaux: est-ce que le plomb/métal est plus écolo? Après tout, avant le plastique, les éditeurs de figouzes employaient le plomb et le font encore pour les petits éditeurs de figurines.

    Car sans alternative, j’ai peur qu’on perde des jeux ludiquement très intéressant, car ils offrent une bonne immersion grâce à leur matériel, qui est actuellement en plastique.

  5. damiens says:

    Très bonne initiative Gus ! Pour ma part je ne comprend pas* pourquoi un marquage graphique clair n’existe pas depuis longtemps sur les produits que l’on achète (*ou je comprend trop bien…) Que nous, les gens, sachions ce que nous achetons, que nous sortions de cet abrutissement dans lequel on nous laisse pour consommer en toute quiétude (coût, coût sociale, coût environnementale, coût pour la santé,…).
    Mais, je ne l’appellerai pas Ludiscore qui prête à confusion (score ludique = est-ce ludique = la note de tes fins de chroniques).
    Pourrais-tu nous donner rapidement quelques exemples pour voir ? 😉
    Existe t’il des jeux orientés environnement (et qui tourne bien) ?

    • Gus says:

      Merci Damien pour ton retour. Oui en effet, quand nous avons sorti la chronique de Smak, nous nous sommes fait la même constatation (accablante) que toi. Mais pourquoi pas avant?

      Pour des exemples d’utilisation, je t’invite à déjà jeter un oeil à:

      Tuki
      La Vallée des Vikings
      Noctiluca

      Si nous avons deux minutes (à perdre), nous allons reprendre toutes nos autres chroniques pour y injecter le LudiScore. Une chose est certaine, dans la mesure du possible, nous le placerons désormais dans toutes nos prochaines. Est-ce que d’autres sites, blogs, communautés ludiques vont également se lancer?

  6. Sébastien says:

    Bonjour Gus.

    J’approuve totalement votre démarche. Il m’est moi-même déjà arrivé d’hésiter entre deux jeux, et au final de faire mon choix avec comme critère le lieu de fabrication. Voire même de renoncer à un achat car le jeu était produit en Chine alors que c’était un pur jeu « à l’allemande » (cubes en bois et carton).

    J’aimerais beaucoup que ce type d’indication se développe chez les éditeurs, même si la mise en place n’est pas forcément aisée : que faudrait-il indiquer comme note pour un jeu produit au même endroit, puis vendu à la fois en Europe et aux États-Unis par exemple ?

    Il n’empêche que les boites devraient à minima indiquer, clairement, d’où vient le matériel, et où il a été assemblé. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas.

    J’ai juste un petit doute sur le nom donné à votre système de notation. Le Nutri-Score indique la qualité nutritive d’un produit. Le Ludi-Score en revanche n’indique pas la qualité ludique d’un jeu, mais son impact environnemental. Bon, j’avoue, je ne trouve rien de plus adéquat non plus ^^

    Et je dirais aussi qu’il manque deux valeurs à votre échelle (ou alors il faudrait revoir les critères) :
    – le A+ pour des jeux fabriqués de manière écoresponsable, comme le font les Jeux Opla
    – le E- (de couleur noire, tant qu’à faire), pour la grosse majorité des projets Kickstarter et leur brouette de figurines en plastique à l’intérêt souvent limité (voire inexistant)

    Enfin bref, j’aimerais beaucoup que votre idée trouve écho auprès des éditeurs, mais je n’y crois pas vraiment. Surtout pas chez les gros. À mon sens, si l’initiative doit naitre quelque part, cela viendra plutôt des petits éditeurs, hors du giron d’Asmodee, plutôt ceux distribués par Blackrock. Ou étrangers, Allemagne en tête.

    Bien à vous.

    • Gus says:

      Merci Seb (j’adore votre email 😂)

      Vous avez raison, l’appellation est… discutable. Nous nous sommes inspirés de Nutri-score bien sûr, mais vous avez raison de relever que le LudiScore peut être ambigu

      Bref. Gardons-le ainsi jusqu’à ce qu’on trouve mieux: Eco-Score?

      Pour le A+ et le E- pourquoi pas, merci pour votre proposition

      Mais perso, peu convaincu. Le but de cette étiquetage n’est, encore une fois, pas de juger ou de montrer du doigt tel ou tel éditeur. Le +/- fait très prof (que je suis), très jugement de valeur. Tandis que la lettre, toute simple, renvoie « juste » à des pratiques de production. Et surtout, si on commence à balancer des + ou des -, il va falloir scinder l’échelle en de multitudes de fragments. Avec votre proposition Seb, ce qu’on gagnerait en granularité et spécificité, on le perdrait en clarté, lisibilité et simplicité. À choisir…

      À très vite Seb (et gardez votre email, à vie ❤️️😉)

  7. Loïc says:

    Ca me laisse très dubitatif. Outre les aspects soulevées par Laurence, Plan B, comme tu le dis, est québécois et vend dans le monde entier. Pas certain que l’intégralité de la prod arrive en Europe. Quel est le coût total du transport pour l’ensemble des distributeurs de cet éditeur ? Donc, en plus d’être moralisateur (les couleurs rendent le truc forcément culpabilisant), il est Euro-centré, donc totalement inutile car les américains ont un marché ludique très fort (certains jeux se vendent mieux là-bas qu’ici) et l’Asie est en train d’exploser. Donc un ludiscore eurocentré semble pour le moins un peu mensonger.
    Et ensuite, considéré le plastique comme pire que le bois au niveau écologique mondial, ça me semble aussi un raccourci très dangereux. En fonction de l’origine de fabrication de ces deux produits, les conséquences environnementales peuvent être totalement différents.

    L’article me semble donc un peu « facile » et très parcellaire dans son analyse.

    • Gus says:

      Le bois est renouvelable, pas (encore) le plastique 😉

      • Loïc says:

        La rapidité de destruction des forêts et le coté recyclable du plastique font que la question ne me semble pas aussi binaire que cela. Tout dépend de l’origine du bois (forêt durable ou non) et de celles du plastique (recyclé ou non),… En plus, la provenance de la matière première joue aussi,… Disons qu’il me parait compliqué de résumer ça par une simple lettre.

        • Gus says:

          Très juste Loïc, sur toute la ligne

          Mais

          Ne vaut-il pas mieux un instrument, aussi approximatif qu’il soit, mais qui donne déjà une petite idée, plutôt qu’aucun instrument du tout?

          Perso, je préfère le numéro 2. En tant que géographe et travaillant avec le Département de l’Agenda 21 de la ville de Genève, même si on peut perdre temps et énergie en débat et scepticisme, à un moment, il faut se lancer. Mais je rejoins tout à fait votre avis, cet instrument n’est peut-être pas précis, comme le sont toutes les autres étiquettes d’ailleurs, nutri, énergie, etc. Tout peut être discuté, débattu, remis en question

          Au plaisir de vous lire Loïc,

          • Thomas S. says:

            La question est, l’instrument est il simplement approximatif ou bien faux ?
            Au vue des questions soulevées dans les différents commentaires, la réponse à cette question n’est pas si évidente. Du coup s’il est faux, le résultat pourrait être contre productif …
            L’enfer est pavé de bonnes intentions, n’est il pas ?

    • Alexgodlex says:

      ‘ Et ensuite, considéré le plastique comme pire que le bois au niveau écologique mondial, ça me semble aussi un raccourci très dangereux’

      Euh Bein nan y’a pas de débat : le plastique c’est du pétrole et le bois c’est renouvelable donc le bois sera toujours meilleurs dans tous les cas. Encore plus s’il est issu de forêt eco-gérés.

  8. Bonjour à vous,

    Autant à titre personnel je trouve l’initiative plus qu’alléchante même si je me pose certaines questions sur la pertinence à long terme, autant en tant qu’éditeur (Lumberjacks Studio) je trouve qu’il y a certaines variables qu’ils seraient intéressantes de prendre en compte. Je m’explique !

    – Comment faites-vous la part entre un jeu « produit » en Europe et un jeu « assemblé » en Europe ?

    Oui, car sur la boite de jeu c’est un simple « Made in Europe » (Remplacez le « Europe » par le pays d’origine, j’en conviens). Je tient à mettre ici en lumière que des éléments de jeux comme les dés, les éléments plastiques ou même certains punchboards spéciaux seront importés de Chine sans que vous le sachiez (bien qu’une énorme majorité de ces éléments soient systématiquement produit en Chine).
    Prenons un exemple avec votre notation : un jeu produit en Europe contenant des éléments non-renouvelable => B …alors que la plupart du temps c’est un jeu « assemblé » en Europe contenant des éléments « produits » en Chine…..non-renouvelables => ce serait un D. Ou me trompe-je ? Récolterez-vous ces informations auprès des éditeurs ?

    – Autre question, et celle-ci est plutôt intéressé car nous concernant : comment prenez-vous en compte le mode de transport ?

    Nous utilisons maintenant concernant 3 importations sur 4 : le train. (il existe une ligne Shanghai Lyon)
    Bien moins polluant que le bateau.
    Autant je pense que votre notation doive faire intervenir cette provenance et mettre en lumière la distance séparant la production en Chine des consommateurs en Europe, autant ici, il y a une énorme nuance de part le mode de transport. Je serai prêt à « prendre » une mauvaise note pour des jeux importés via le bateau (et malheureusement nous en avons encore), alors que je serais malheureux de recevoir la même note alors qu’un mode de transport moins polluant ai été employé pour le même jeu.
    Ne souhaitant pas tomber dans le Charity Business nous ne communiquons que très peu sur ces éléments. mais je pense qu’à partir du moment où une notation est mise en place, certaines variables telles que celles-ci doivent intervenir ….et donc qu’il est important que j’en parle.

    Il y aurait tant à dire sur d’autres sujets comme le type de matériaux utilisés (labels etc), l’usine utilisée (certaines usine, même en Europe, n’ont clairement pas les mêmes considérations pour l’écologie*) etc etc etc autant de variables** qui faussent la notation.

    Bref. Sujet au combien intéressant, et tellement à dire.
    Le but ici n’est pas de faire une liste mais de faire la lumière sur l’importance des « variables » à prendre en compte. Je reste donc très septique quant à votre système de notation bien que je salue grandement l’initiative.

    Au plaisir de vous lire.
    Antoine

    *la Chine est en train de faire le plus grand bon en avant jamais opéré concernant l’écologie ces derniers mois/années et il serait bien bête de l’ignorer. Rien n’est parfait, ils restent un des plus gros pollueurs du monde, mais il serait mal venue de les prendre pour des imbéciles, on en reparle dans 5/10 ans !! Certaines lois sur l’obligation de recyclage sont dingues et bien plus drastiques que certaines européennes. (n’oublions pas non plus qu’ils recyclent aussi beaucoup pour l’occident et qu’ils sont « un peu » plus qu’équipés en la matière).
    **le but ici n’est pas d’en faire la liste mais soyons honnête la liste pourrait être longue.

  9. Thomas S. says:

    Bonjour,

    Même si l’initiative est bonne je ne suis pas certain de la pertinence (mais ce n’est que mon opinion !). Pour afficher un score pertinent il faudrait une vraie méthode scientifique incluant de nombreux paramètres. Un ex. : au niveau du transport, en Europe ça va être par camion, d’Asie ça sera par bateau. Quel est l’impact en terme d’émissions de GES par kg de marchandise transportée entre ces 2 modes de transports ? En gros vaut il mieux transporter 1kg sur 2000km en camion ou bien sur 5000 en bateau ? Pas si simple de donner la réponse comme ça …

    Concernant le plastique/pétrole, le brûler pollue et émet du CO2, mais faire des pièces pour un jeu de société non, alors certes on utilise une matière non renouvelable, mais dans des quantités infinitésimales, est ce bien la priorité ? D’autant qu’il faudrait également regarder comment est produit le carton ou bien d’ou provient le bois .. Bref là encore ce n’est pas si simple.

    Pour conclure, je pense que si on veut vraiment agir pour le climat et notre environnement, le plus simple (mais le plus dur) c’est de s’attaquer aux 1eres sources de pollution, et pas forcément à des micros détails comme les boites de jeux de société. Car le risque dans ce cas c’est de saturer le discours et de perdre de vue l’essentiel. Ou bien encore de se contenter de ces petits gestes quotidiens pour se donner bonne conscience et de ne pas agir sur l’essentiel.

    PS: étant donné que c’est mon 1er commentaire sur votre site, j’en profite pour vous féliciter pour vos articles et conseils que je lis régulièrement avec plaisir !

    • Bonjour : je le dis dans mon message au dessus, en Asie, ce n’est plus systématiquement par bateau. Justement… Comme vous le dites, c’est bien compliqué de « noter » sans prendre en compte des variables !

    • Gus says:

      Merci Thomas pour votre retour

      Si je puis me permettre: je vous cite « si on veut vraiment agir pour le climat et notre environnement, le plus simple… » et je reprends le relais: serait peut-être de ne pas consommer? Ou…consommer moins? Quel que soit le LudiScore 😉

      • Thomas S. says:

        C’est exactement ça ! Et c’est tout le problème … Y’a pas grand monde qui veut moins consommer … C’est même plutôt l’inverse, on veut toujours plus et ça nous emmène droit dans le mur. Snif.

        • Gus says:

          Thomas, petite anecdote qui m’est arrivée pas plus tard qu’hier soir

          L’un des membres de notre équipe, à la fin d’une soirée-test, m’a dit être super content d’avoir pu backer un jeu sur KS. Édition limitée. D’un nouveau jeu auquel il n’a jamais joué, et qu’il pense recevoir dans 2-3 ans. Les mots parlent d’eux-mêmes: nouveau, édition limitée

          Pour consommer moins, il faudrait commencer par agir sur son circuit de la récompense interne, la dopamine, dont nous avons déjà beaucoup débattu ici). Acheter moins, c’est accepter le JOMO et virer le FOMO. Plus facile à dire qu’à faire. Ce LudiScore n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois… (super expression)

  10. Yoann Dolomieu says:

    Je comprend le principe. Après en terme de logistique et de fabrication, rien n’est simple.
    Si tu produit un jeu et si tu en produit plusieurs en amalgame, ce n’est pas la même chose.

  11. Nicolas says:

    Première remarque : le terme LudiScore n’est pas adapté. A la première impression j’ai cru qu’il s’agissait d’une note de « jeu », pas pas « écologique ». Il faut le remanier. L’idée est intéressante, mais la plupart des éditeurs qui font fabriquer en France, ou en éco-responsable, apposent déjà un logo sur leur boîte. Ceux qui ne le font pas non pas d’intérêt, puisque l’idée est d’apposer une note qui tire vers le rouge… Et personnellement je ne le vois pas non plus, à part encore plus dramatiser l’écologie. La plupart des jeux que vous possédez ne seraient pas fabriqués si les éditeurs n’avaient pas la possibilité de le faire ailleurs qu’en Europe. Ou bien pas au même prix, et je ne parle pas de quelques euros. Donc viabilité 0, sachant que les éditeurs ne roulent déjà pas sur l’or… Bref un grand débat… Et puis il faut être honnête, même un jeu fabriqué en Europe peut faire de l’outsourcing en Chine…

  12. Jean-Claude says:

    Je me sens concerné par les enjeux écologiques mais je trouve cette initiative contre-productive.
    Tout d’abord, utiliser le NutriScore comme référence graphique pose un problème. Le NutriScore est une notation qui se fonde sur des données précises ayant un impact direct sur la santé (gras, sucre, …). Il n’est pas parfait, pour certains, car il ne prend pas en compte les additifs ou le degré de transformation de la nourriture. Cependant, il est d’utilité publique et à mon avis, un peu décrédibilisé ici (ce n’est que mon avis). Il me semble que son adoption a fait l’objet d’un combat acharné contre l’industrie agro-alimentaire.
    Ce qui amène à un autre problème qui est la pertinence de votre ludiscore. Je trouve qu’il est simpliste. Il n’a aucune base solide. Il a peut-être fait l’objet de débats chez vous mais il n’en ressort pas grand chose. Si vous voulez introduire une notation, faites l’effort de faire une vraie étude.
    Contrairement à la nourriture dont on a besoin et que l’on consomme tous les jours de manière régulière, le jeu est un bien de consommation différent. Je vois au-dessus que le jeu de figurine KS est déjà stigmatisé. Mais il vaut mieux un jeu de figurine joué exclusivement ou quasi pendant deux ans ou un jeu « éco-responsables » par mois. Quel est l’impact de chaque consommateur ? Quel est le vrai cout écologique des jeux et de leur composants ? Et la qualité ludique, on en fait quoi ? Un « mauvais » jeu écologique aura un cout de production, même faible mais produira beaucoup de déchets, non ? Un déchet ne devient un déchet que quand on le jette, si il reste sur notre étagère pendant des dizaines d’années, il ne pollue rien.

    Je réagis peut-être un peu vivement. Je pense que le débat est intéressant et nécessaire mais il faut l’aborder de manière sérieuse. On m’objectera que l’important est de faire quelque chose mais je ne suis pas d’accord avec ça. La bonne volonté peut être contre-productive.

    • Gus says:

      « faites l’effort d’une vraie étude »

      Merci JC pour votre proposition. L’observation dépasse l’étude: un jeu produit en… un jeu contenant du

      Voilà, ce n’est pas plus compliqué que cela

      Encore une fois, nous avons fait le choix de la simplicité par rapport à la complexité

      En tout cas, merci tout plein pour votre commentaire riche enflammé JC, nous sommes heureux de savoir que nous pouvons compter sur une communauté de lecteurs et lectrices qui se sentent:

      1. concerné.e.s par les enjeux écologiques
      2. sceptiques

      Au plaisir de vous lire,

  13. yoann says:

    J’aime beaucoup l’idée pour envoyer un signal au consommateur, mais il faudrait peut être indiquer le « pourquoi » de la note à chaque fois (C parce que telle provenance, tels composants, etc.), parce qu’une lettre toute seule, c’est un peu court comme info (mais c’est visuel, donc efficace).

    Par contre, pour taquiner un peu Gus (qui aime bien châtie bien), c’est drôle de faire la chasse au plastique dans les jeux, mais de réclamer systématiquement des thermos dans les boites, non ?

    ^^

    • Gus says:

      ??? Yoann, tout est indiqué dans l’article, lettres et explications

      Et merci de me taquiner Yoann, ça fait toujours du bien ☺️

      • yoann says:

        Oui, pardon, je ne suis pas assez clair : c’est bien expliqué dans l’article, mais je parlais de mettre une petite bafouille à chaque jeu, pour expliquer son score.

        Si on prends l’exemple du Nutriscore, quand je vois « C » sur un produit, je ne sais pas s’il doit ce score au fait qu’il soit gras/sucré/salé/enrichi en jus de Licorne, du coup je ne trouve pas Nutriscore très informatif.

        Sur les thermos, a part la blague, il existe des alternative au plastique ? C’est une vraie question, parce que je ne vois pas trop du verre, du bois ou du popcorn comme solution viable, mais peut être que ça existe ?

        • Gus says:

          Comme indiqué dans l’article, dans toutes nos critiques nous indiquons le matériel et le lieu de production, donc le LudiScore devient évident

          C’est juste que cet étiquetage permet juste de quantifier des éléments, rien de plus 😌

  14. lebrument says:

    Indépendamment de la pertinence du score, je me pose surtout la question : mais à quoi cela peut-il bien servir ? A part la culpabilisation des joueurs (il est méchant il a dans sa ludothèque pleine de jeu avec un mauvais score) est-ce que vous pensez que la notation va influencer les producteurs à produire local (est-ce que sérieusement ils le peuvent même s’ils le voulaient) ? Et localement cela veut dire quoi ? Un indicateur doit nous permettre de faire un choix en connaissance de cause, choix d’autant plus pertinent qu’il y a des alternatives. Et parce qu’il y a des alternatives on incite les producteurs à imaginer d’autres manière de produire. Mais dans le jeu ? Est-ce que cela à vraiment un sens ?

    • Gus says:

      Merci pour votre réaction extrêmement pertinente et sensée

      Encore une fois, cet étiquetage n’est pas là pour punir ou culpabiliser mais de prendre conscience. C’est déjà beaucoup

      Qui s’est déjà amusé à regarder l’étiquette de son t-shirt 👕 ? De ses fruits 🍉 ? De son… jeu 🎲 ?

      Le LudiScore (marrant, mon portable reconnaît désormais le mot automatiquement pour le proposer en écriture automatique 😆 tellement je l’ai utilisé aujourd’hui fermer la parenthèse) est une info, c’est tout

      À voir, décider aux joueurs et joueuses de réagir, ou pas. Pareil avec toutes les autres étiquettes disponibles sur le marché. On a toujours le choix. De produire et de consommer, autrement

  15. lebrument says:

    Je ne suis pas certain que tout ceci soit très applicable aux jeux. Je peux choisir une machine à laver selon des critères énergétiques, je peux choisir une tomate selon sa provenance et si elle est bio ou non… est ce que je peux choisir un 7éme continent selon sa provenance ? Est-ce que je peux simplement choisir un jeu d’escape uniquement selon sa trace carbone ? Ou est-ce que tous les jeux sont les mêmes et je n’ai qu’à prendre les plus éco citoyen ? L’étiquetage n’a dans ce cas, pour moi, aucun sens. Pourquoi ne pas étiqueter les films ou les séries selon leur impact sur la planète ? Pourquoi ne pas nous étiqueter selon notre impact sur la planète (n’y avait-il pas une dystopie sur ce thème ?). Je ne comprends pas ce que cela pourrait nous apporter, mais je vais suivre avec intérêt les échanges.

    • Gus says:

      Je prends bonne note de vos remarques

      Encore une fois, le but premier et unique du LudiScore est d’informer

      Aux clients et clientes de choisir ensuite que faire de cette information, les réponses sont multiples

  16. jocoma says:

    Très bonne initiative même si finalement je ne pense pas que cela ai un impact sur les décisions de l’acheteur final. Mais bonne idée !

  17. Schnorblatz says:

    Me voilà parti pour un commentaire probablement beaucoup trop long pour rester intéressant jusqu’au bout je vais donc tenter d’éviter de m’eparpiller et rester concis.

    Ma première remarque concerne le nom LudiScore, ça peut paraître bête mais il me semble a côté de la plaque voir trompeur. Pour reprendre le nutriscore qui a servi d’étalon a la création du LudiScore, son nom emploi « nutri » car il est bien question des nutriments contenus par le produit que l’on achète. Or ici, le LudiScore n’indique ici aucunement le degré de ludicité… Heu… luditude… Bref si un jeu a un intérêt ludique ou non (d’ailleurs je suis curieux de savoir quelle méthode serait ici utilisée…).

    Une fois cette grosse parenthèse fermée, parlons de la méthode calcul en elle même. Se renseigner sur l’empreinte carbone laissée par nos loisirs ne peut être qu’honorable. Cela dit connaître le lieu de production et les matériaux s’avère finalement réducteur… Un jeu produit en Chine mais uniquement produit a partir de matériaux renouvelables et acheminé par train mérite il un moins bon LudiScore qu’un jeu produit en Europe avec du plastique et qui aurait subi un transport en avion? (Vous avez 4 heures…)

    Et encore cela ne constitue que la partie émergée de l’iceberg, doit on par exemple mettre un malus pour les jeux nécessitant un application (comme unlock) ou même un site web (comme détectives) car ceux ci engendrent une plus grande consommation électrique (pas toujours propre) de leur conception a leur « consommation »? (Bon ok je vais un peu loin, mais l’électronique a tout de même un impact écologique final.) Qu’en est il des produits utilisés par les usines (vaut il mieux rejeter de l’encre et polluer des fleuves que produire a base d’hydrocarbure?). Bref selon moi la question écologique bien que de plus en plus primordiale est bien trop complexe pour se résumer a une formule tel que le fait le nutriscore pour les aliments (pour lequel tout est « bêtement » mathématique)

    De plus si on ne peut que saluer la prise de conscience écologique qui a lieu un peu partout en ce moment, pourquoi se limiter à ce seul critère? L’éthique des fabricants sur des questions telles que les conditions de travail de leurs employés me paraissent personnellement aussi importantes (même si dans ce cas il n’y a pas de gros changements : mieux vaut un jeu produit en Europe (les puristes rajouteront de l’ouest car on discerne déjà des différences entre la Pologne ou la Roumanie et la France ou l’Allemagne…))

    Bref, je me répète, mais si je trouve l’initiative de renseigner les consommateurs sur les produits plus qu’honorable, la méthode pour le faire ne me semble pas (encore) parfaite…

    • Gus says:

      « la méthode pour le faire ne me semble pas (encore) parfaite… »

      Le sera-t-elle jamais?

      Bougeons les lignes

      • Schnorblatz says:

        Après avoir partagé mon avis, j’ai lu une bonne partie des autres commentaires et je me suis rendu compte que certains aspects que j’ai évoqué l’était également par d’autres visiteurs et avaient même pour certain obtenus une réponse. Alors premièrement, bravo Gus pour continuer d’apporter autant de réponses que possibles sur un sujet comme celui ci qui a semblé déchaîner les foules. Et ensuite bien que de nombreuses questions émergent au fil des commentaires, un consensus semble se former sur l’intérêt du LudiScore… Et ça c’est bien!

        Bref pour en revenir au sujet principal : non, elle ne sera probablement jamais parfaite (la méthode de calcul du LudiScore) (bien qu’il ne faille jamais dire « jamais ») car comme je le disais aucune formule mathématique imparable ne peut être utilisée pour l’écologie. Cependant si la perfection semble impossible à atteindre rien n’empêche d’essayer de s’en approcher au maximum.

        Voici quelques suggestions pour affiner le calcul :

        – plutôt que de parler de production européenne ou chinoise, utiliser une échelle de distance a partir des pays francophones d’Europe (désolé pour les Québécois mais j’essaie de simplifier un maximum le calcul) : exemple : si l’on prend un point central situé quelque part en Bourgogne entre Auxerre et Bourges, de telle sorte que les confins de la Belgique, de la Suisse et de la France soit situés a environ 600km de ce point on pourrait dire :

        De 0 a 1000km autour de ce point : A , production locale ou limitrophe (Allemagne, pays , Itbas,héquie Autriche, Tchéquie, Italie, Espagne et royaume uni)

        De 1000 a 2000km autour de ce point : B , production européenne (ou nord africaine)

        De 2000 a 4000km autour de ce point : C production hors Europe (une partie des pays d’Afrique et une partie de la Russie entre dans cette catégorie)

        Entre 4000 et 5500km autour de ce point : D comme précédemment mais plus loin (une partie du Québec et des USA rentrent dans cette catégorie)

        Et enfin plus de 5500km autour de ce point : E production typiquement chinoise ou américaine

        -concernant le transport, le sujet n’est aujourd’hui pas assez abordé par les distributeurs/éditeurs bien que dans la majorité des cas ce transport de fasse par bateau, il pourrait être intéressant de distribuer ici des bons ou mauvais points (incitant donc potentiellement les acteurs du marché a communiquer et changer leurs habitudes sur ce segment de la production). On pourrait par exemple avoir :

        Transport en train quelque soit la distance : passage en catégorie supérieure

        Transport en camion sur moins de 1000 km : pas de changement

        Transport en camion sur plus de 1000km : passage en catégorie inférieure

        Transport par bateau : heu… Je ne sais pas trop… Leur pollution étant parfois qualifiée d’énorme et parfois comme un bien meilleur choix que l’avion…

        Transport par avion : passage en catégorie inférieure

        -pour les matériaux de production, le clivage papier plastique peut rester pertinent avec quelques nuances. Par exemple :

        Utilisation en majorité de materiaux renouvelables et/ou gérés durablement : utilisation du symbole « + » en complément

        Utilisation en majorité de matériaux non gérés durablement (pour le papier et ou carton principalement) : pas de symbole supplémentaire

        Utilisation en majorité de plastique : utilisation du symbole « – » en complément.

        J’avais également abordé l’éthique des usines concernant leurs travailleurs dans mon commentaire. On peut également annoter des + ou des – selon le pays producteur

        Un dernier point non abordé par le LudiScore car trop complexe pourrait être le dernier kilomètre. La simple annotation d’un « – » si l’on décide de se faire livrer le jeu a domicile (désolé Philibert) aborderait cette notion. Pas de changement pour tous les autres moyens de récupérer son jeu, les boutiques effectuant des commandes pour plus d’un exemplaire d’un seul jeu.

        Bon ça fait beaucoup de – et de + tout ça… Donc pour simplifier la note finale il suffit de considérer que deux symboles – amènent a passer sur la catégorie inférieure.

        Qu’en pensez vous?

        • Gus says:

          Ouahou, Jérémy, ça c’est de la précision! Beau boulot

          Pour répondre à votre question: « Qu’en pensez vous? »

          La nôtre: on n’est pas assez / du tout payé pour gérer tous ces calculs sur notre blog 😂

          D’où l’intérêt pour nous de gérer un instrument simple. Simple à utiliser, simple à présenter

          Mais en tout cas, un grand MERCI pour votre intervention extrêmement détaillée. Vous ne seriez pas un matheux, des fois? 😉

          • Schnorblatz says:

            Même pas 🤣…
            Bon après c’est vrai que je suis assez cartésien…😅

            Effectivement, tous ces calculs sont chronophage, mais j’essayais d’apporter une certaine nuance dans la méthode de calcul du LudiScore, certains visiteurs ayant assimilé votre échelle comme « jeu francais : bien. Jeu chinois, beurk pas beau! » Alors que comme vous le soulignez en réponse dans lesdits commentaires une telle échelle serait là uniquement pour informer et aucunement pour essayer de faire du « Chine-bashing » (bien que si l’on va au bout des choses, la seule présence de cette information amorce la réflexion chez le consommateur et peut affecter son choix) d’où l’idée de rendre l’échelle plus objective sans nommer précisément la Chine (ou plus largement l’Asie). Au delà de ça la méthode de calcul que je propose est elle aussi pleine de défauts (outre le temps nécessaire aux calculs 😉), le plus grand étant que je distribue plus facilement des mauvais points que des bons (un jeu fabriqué en chine, a base de plastiques et transporté par avion puis livré à domicile aurait la note de F— (alors que le F n’apparait même pas dans l’échelle 😣)).

            Quoiqu’il en soit, la mise à disposition du public des informations sur le lieu de fabrication et son transport ainsi que ses composants sous forme d’une échelle simple à comprendre est une bonne idée, continuez comme ca. Reste maintenant à ce que des éditeurs/distributeurs aient eux aussi envie de… jouer le jeu (oui j’aime aussi les mauvais jeux de mots😅)!

            • Gus says:

              « Reste maintenant à ce que des éditeurs/distributeurs aient eux aussi envie de… jouer le jeu »

              👏🏼👏🏼👏🏼

  18. Ange says:

    J’ai le même avis que Seb sur la notation en ABCDE qui cherche à combiner 2 critères. Pourquoi ne pas conserver les 2 critères, qui sont interessants à connaitre? autant faire une notation double, type de A1 à E5. La lettre pour le matériel et le chiffre pour la distance du pays de production, et pour simplifier/réduire l’échelle n’avoir que 3 niveaux dans chaque (ABC et 123) donc de A1 « tip top » à C3 « pas bon », avec 3 dégradés dans 3 couleurs…
    Quand au nom, je rejoins aussi les commentaires précédents : Ludiscore n’est pas du tout parlant.
    Et sur le fond, je ne suis pas sûr de l’effet. En effet, si le jeu est bon et motivant et qu’il a une mauvaise note écologique, je pense que je l’achèterai tout de même. Et comme j’ai également un doute sur l’utilisation de ce type de logo sur les boites par les fabricants et que cela les motive à faire du A1 !

    • Gus says:

      Merci pour votre retour Ange. Encore une fois, nous utiliserons désormais cet étiquetage non à titre de prosélytisme mais d’information, c’est tout, et c’est déjà bien

      Mais sur les grandes lignes, vous avez raison. Pas sûr que cela motive les clients et clientes à acheter autrement, les éditeurs à produire autrement. Mais communiquer, conscientiser est déjà pas mal

  19. meuh says:

    A la lecture des commentaires, je trouve qu’il faut surtout saluer l’initiative. L’urgence écologique et la complexité des réponses à apporter nécessite justement que chacun participe à la réflexion. Chacun doit connaître et réfléchir à l’impact de ses décisions. Rien ne nous empêche d’acheter « un bon jeu non écologique mais nous sommes au courant ».

    Si pour chaque initiative, il fallait répondre « ce n’est pas possible dans mon secteur », rien n’avancera (par ex j’ai entendu que ce n’était pas possible dans la santé car ce serait dangereux pour la santé des patients… Certainement, mais cela n’empêche pas de réfléchir, entre autre, à limiter le matériel jetable autant que possible ET de ne plus avoir une machine à café à dosette; pareil pour les secteurs qui crient à la catastrophe en terme d’emploi, commençons par avoir des petites actions quotidienne pour faire évoluer nos comportements…). Bref, ce n’est pas en s’opposant ou critiquant chaque initiative au point de démotiver toutes les personnes qui s’engagent et participent que nous commencerons à bouger.

    Merci à « Lumberjacks Studio » justement d’essayer et de réfléchir à d’autres moyen de production et de transport; sans en faire de la publicité, mettre en ligne une charte « de transition et réflexion » pour information me semble utile justement.
    Merci encore à Gus et au site d’avoir le courage de participer au débat, et bravo pour votre éternelle bienveillance 🙂

    • Gus says:

      « Rien ne nous empêche d’acheter « un bon jeu non écologique mais nous sommes au courant » » ❤️️

      « ce n’est pas en s’opposant ou critiquant chaque initiative au point de démotiver toutes les personnes qui s’engagent et participent que nous commencerons à bouger. » ❤️️❤️️

      « Merci encore à Gus et au site d’avoir le courage de participer au débat » ❤️️❤️️❤️️

  20. SwatSh says:

    Excellente initiative Gus! Si tu es d’accord, un jour, quand mon webdesigner aura le temps, je mettrai le même système en place sur Vin d’jeu.

    • Gus says:

      Mais classe François, avec grand plaisir

      Belges et Suisses, unis pour la vie ☺️

  21. Fafa says:

    J’apprécie globalement vos articles sur les jeux, mais quand vous parlez de sujets politiques ou de société j’ai beaucoup plus de mal.
    Si votre intention est bonne, la réalisation manque de rigueur et est trop basée sur des idées reçues pour qu’elle soit réellement pertinente. Comme beaucoup l’on souligné, il faudrait faire une analyse beaucoup plus poussée (qui inclue le mode de transport, l’origine du bois/plastique,…) pour avoir une note qui a du sens. Et globalement l’impact de ce système me parait beaucoup trop limité, en tout cas personnellement je ne ferais pas attention à cela.
    Selon moi pour avoir plus de productions locales il faut agir au niveau politique. Finalement un des problèmes est que beaucoup trop de produit viennent de Chine par bateau (qui reste un des moyens de transport les moins polluant par kilo transporté). Une solution serait peu être d’introduire un peu plus de protectionnisme, mais de façon plus planifiée et réfléchie que celle de Trump. En annonçant cela en avance déjà, ce qui laisserait le temps au entreprise de s’adapter. Mais j’ai l’impression que cette idée va à l’encontre de votre vision politique progressiste libérale, vu votre réaction au protectionnisme de Trump.

    • Gus says:

      « J’apprécie globalement vos articles sur les jeux, mais quand vous parlez de sujets politiques ou de société j’ai beaucoup plus de mal. »

      C’est noté, merci

  22. Chrys M says:

    Bonne initiative, j’avoue que même étant moyennement écolo, beh, en fait, je ne m’étais jamais intéressé au coût écologique, au transport entre la fabrication et la livraison etc.

    J’apprécie ton initiative.

    Je crois qu’il y a un autre problème subsidiaire : les gens peu fortuné-e-s n’ont souvent pas les moyens d’acheter neuf, d’un côté acheter en seconde main c’est écolo mais ça demande du transport, souvent (mais en soi, c’est sûr ça évite que la personne qui vend d’occasion le jette (ne trie pas les composants du jeu) mais en attendant le stock du magasin reste le même donc ça veut dire que le stock de jeux en magasin reste le même donc gâchis de ressources).

    Toi, tu penses que ça gâche moins de ressources d’acheter neuf ou d’occasion?

    Autre idée : Le problème vient des industriels : ils / elles peuvent proposer une version écolo (avec matières recyclables ou dégradables) et une version – écolo qui coûterait + cher. Mais justement, nous sommes dans un monde où le choix écolo ou éthique coûte + cher. Mais ça me paraît bien + pertinent de pénaliser les gens qui ne font jamais le choix écolo / écono / éthique (double-éco-éthique pour faire une blague).

    • Gus says:

      « Toi, tu penses que ça gâche moins de ressources d’acheter neuf ou d’occasion? »

      Occasion, toujours

      Les 3 R, clairement, Chrys

      Recycle, Reuse, Reduce

  23. XavO says:

    Bonjour Gus,

    Merci pour cet article, le nouvel indicateur « ludiscore » sur tes critiques de jeux et le travail qui est derrière tout ça. Je trouve l’initiative excellente car elle a le mérite d’exister. J’ai pour habitude de dire que l’écologie, c’est comme la diététique ou l’hygiène : ça gave tout le monde mais faut y passer. Alors allons-y.

    Beaucoup a déjà été dit dans les commentaires précédents : en synthèse, le nom n’est pas approprié et le score n’est pas assez précis.

    Sur le premier point, je suis complétement d’accord. Le gouvernement français a élaboré une échelle similaire nommée « impact environnementale ». https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/laffichage-environnemental-des-produits-et-des-services
    Personnellement, je trouve que graphiquement, il aurait fallu se rapprocher du modèle d’étiquette type « consommation d’énergie » que l’on trouve sur les frigos par exemple qui renvoi plus à la protection de l’environnement (de A++ à G). Cette échelle a plus de niveaux, ce qui autorise plus de finesse. Note aussi qu’il existe des labels environnementaux pour le papier ou le bois par exemple (https://www.ademe.fr/labels-environnementaux). Je pense que cela permettrait d’atteindre les catégories A+ et A++.

    Concernant le second point, la précision du score : ceux qui comme moi ont déjà essayé de mesurer un impact environnemental et ont déjà écrit pour un blog comprennent à mon avis rapidement que ce que tu proposes est à la fois opérationnel et significatif. Je ne te vois pas mener une enquête à chaque jeu que tu chroniques, faut arrêter… Si les éditeurs jouent le jeu (!), ils finiront par indiquer que le transport se fait en train, que le bois vient de forêts durables…etc. Et je pense qu’alors tu ajusteras ton échelle car l’info sera sur la boite.

    Je crois que cibler l’Asie n’est pas pertinent : tout ce qui est fait aux USA posent autant de problème (et va les faire venir en train…). Je crois que des jeux qui impliquent l’utilisation de pile ou d’un smartphone doivent perdre direct deux catégories.

    Cela donnerait ça :
    A++
    A+
    A Pour un jeu produit en local composé uniquement de matériel renouvelable, tels du papier, carton, bois
    B Pour un jeu produit en local et contenant des éléments non-renouvelables, tel du plastique
    C Pour un jeu produit en dehors de l’Europe et contenant des éléments renouvelables
    D Pour un jeu produit en dehors de l’Europe et contenant peu d’éléments non-renouvelables
    E Pour un jeu produit en dehors de l’Europe et contenant beaucoup d’éléments non-renouvelables
    F
    G
    AJUSTEMENTS (d’où les niveau A++, A+, F et G)
    > +1 niveau pour un transport en train
    > +1 niveau par label environnementale ou si l’éditeur replante (vraiment) des arbres ou autre initiative
    > -2 niveaux jeux nécessitant des piles ou une tablette/un smartphone
    > autre indicateur en fonction des infos glanés sur le jeu…

    Je branche François Richard de Ludigaume pour voir s’il accepte de le mettre en place là-bas.

    Bien à toi,

    • Gus says:

      « l’écologie, c’est comme la diététique ou l’hygiène : ça gave tout le monde mais faut y passer. »

      😅

    • Gus says:

      Merci Xavo pour ton retour fort pertinent

      Tu as raison sur toute la ligne, tes propositions sont riches et détaillées

      Si nous avions un.e membre de la Team qui pouvait bosser à 💯 % sur chaque jeu et son LudiScore et mener son enquête à chaque fois auprès de son éditeur, je dirais: GO

      Mais nous ne sommes qu’un petit blog. En l’état, encore une fois, nous préférons la simplicité d’utilisation et de lecture, au détriment de la précision et de la granularité

      Bon dimanche Xavo ☀️

  24. ArnO says:

    Hello Gus!

    Bon, j’avoue ne pas avoir lu tous les commentaires précédents, donc désolé si l’idée a déjà été donnée..

    Premièrement, je trouve l’idée excellente, si seulement cette sorte d’échelle écolo pouvait un jour se retrouver sur les boîtes! Les jeux monteraient évidemment de prix s’ils étaient produits en Europe, mais si seulement!

    Pourquoi ne pas aller encore plus loin? Il n’existe pas à ma connaissance, d’outil pour acheter des jeux eco-responsables. Ce serait génial de pouvoir rechercher (ici ou sur un autre site) tous les jeux qui ont obtenu -par exemple- La notation A. Un outil pour les gamers qui veulent acheter des jeux qui ont une trace écologique modérée!..

    A méditer? 🙂

    Tschüss zamme!

    • Gus says:

      Excellente idée. Nous essaierons désormais de mettre le tag sur chacune de nos critiques pour directement tomber sur les jeux recherchés en fonction de leur Ecoscore

      Merci pour votre excellente et pertinente idée 💡

      Tshüss zsamme aussi 🤣

  25. Kehr Cyrille says:

    Bravo G&C! Bravo car je me plaignais il y a peu de ce manque de considération de l’impact écolo de notre hobby sur les réseaux sociaux et j’étais même assez déçu par la réponse de certains en la matière (genre « oui, mais comparée aux autres industries, celle du jeu pollue peu… » sic). Donc, pour un grand promoteur du plus de pédagogie dans ces débats, je trouve cette initiative exemplaire et à propos. De l’information et de la pédagogie pour avancer en conscience (et non en étant culpabilisé).

    • Gus says:

      Merci Cyrille pour votre réaction enthousiaste et pertinente 🙏🏼

  26. Charajeux says:

    Bonjour,
    C’est une idée très intéressante mais qui tente, hélas, de réinventer la poudre. Les indicateurs RSE (responsabilité sociétale des entreprises) sont suffisamment génériques et complets pour mettre en place des notations sans avoir besoin de faire une liste au doigt mouillé, voire complètement à l’aveugle.
    Je suis professionnel du bilan carbone, et aussi auteur de jeux. Cela me plairait de travailler à mettre en place une méthodologie gratuite et scientifiquement robuste à l’ensemble du secteur. Cela dit, c’est du travail, et si je suis seul dans mon coin à le faire, sans soutien de la communauté en amont, je ne crois pas que ça pourrait avoir un impact.

  27. fischer13 says:

    alors tres interressant mais un jeu fabriquer en europe (allemagne ou pologne par exemple) aurait un A malgres le fait que les pays utilise des centrales a charbon?

  28. Pour ce qui est du transport
    A première vue à poids et km égal, un camion pollue 8 fois plus qu’un porte container. Et ce sera en baisse avec l’arrivée des nouveaux navires.
    L’impression dans l’est de l’europe implique un transport de 1000 à 1800 km.
    La distance en bateau Shanghai >Le havre est de 19000km.
    Je pense que le différentiel ne justifie pas une note de A à C.
    Pour avoir bosser avec la Belgique, l’Allemagne ou la Pologne, les pièces en bois et plastique venaient toute de Chine.

    Pour ce qui est des usines,
    Les usines chinoises en l’obligation d’avoir des panneaux solaires et produisent jusqu’à 20% de leur électricité avec.
    100% des déchets papiers et plastique ont l’obligation d’être recyclé (un dé peut avoir jusqu’à 20% de plastique recyclé dans sa composition).
    Pour l’usine avec laquelle je bosse sur nos productions et avec d’autres éditeurs européens 100% du carton utilisé pour les boites, les planche de jetons et les cales cartons sont composés de carton recyclé et les papiers d’impression sont fabriqués à partir d’exploitation de forêt responsable. Certain éditeur utilisent également du papier recyclé pour leurs règles.
    En moins de 10 ans j’ai vu la Chine avancé à pas de géant sur les questions écologiques (même si la route est encore longue) alors que les usines européennes sont toujours au même point depuis que j’ai commencé à bosser dans le milieu du jeu.

    Après en Chine comme en Europe vous avez toutes sortes d’usines, de la plus moderne à la plus archaïque. La méthode de notation devrait prendre en compte le pays d’Europe ou la région de Chine au minimum. Tous ne produisent pas de la même manière, ni avec les mêmes matériaux. Les usines européennes n’ont pas besoin de passer les tests pour circuler en Europe mais certains ne les auraient pas s’ils devaient les passer.

    Voilà j’espère que ces infos vous seront utiles pour donner une vision plus réelle à vos lecteurs de la production actuelle.

    • Gus says:

      Merci Guillaume pour ce riche retour 👍🏼👍🏼👍🏼

  29. Lebesgue21 says:

    Bonjour,

    Si je peux me permettre, la démarche est louable, mais le système actuel me semble arbitraire et peu scientifique.

    En particulier, l’impact du transport depuis la Chine me semble surpondéré, or le transport final (depuis Philibert jusque chez moi) est potentiellement plus émetteur de CO2. Petit calcul rapide : le fret maritime émet 0.0331 kg eq CO2 / (tonne.km) (source ADEME). Si on considère une boite de jeu de 1kg, la distance France – Chine c’est 8000 km à vol d’oiseau, disons environ x2 par la mer pour bien surestimer, soit 16000 km. On a donc un bilan carbone équivalent par jeu de 0.0331 * 16000/100 = 0,5296 kg. Maintenant, supposons que je fasse 10km A/R en voiture pour aller chercher mon jeu chez Philibert. Avec une voiture pas trop vielle, je consomme 6L/100, soit 0.6L. Or 1L d’essence émet 2,28kg de CO2 (même pas CO2eq), et donc pour aller chercher mon jeu j’aurais émis 1,368 kg de CO2 (et donc encore plus de CO2 équivalent). Au final, la partie finale domine.

    Aussi, comme déjà dit par quelqu’un d’autre, au vu de l’intensité carbone de la production d’électricité en Allemagne, il y a peu de chance que le trajet suffise à rendre un jeu produit en Chine plus émetteur de carbone par rapport à un jeu produit en Allemagne, et ça risque de s’empirer au vu des investissements de la Chine dans le nucléaire. Le transport, c’est vraiment contre intuitif : il vaut mieux produire loin mais plus efficacement.

    Pour finir, le plastique n’est pas forcément non plus pire que le bois : le problème du plastique, c’est si on le jette de manière sauvage car il n’est pas biodégradable. Mais tant qu’on ne le jette pas, c’est du carbone stocké (qui en plus aurait été émis si le pétrole avait été utilisé en carburant plutôt qu’en plastique). Alors que le bois, c’est un arbre coupé, donc de la photosynthèse en moins. En plus, ça aurait pu être utilisé à la place comme une source de chauffage bas carbone.

        • Gus says:

          Maintenant, Vivien, vous avez raison sur toute la ligne. Vos calculs tiennent la route

          Comme relevé à plusieurs reprises dans les commentaires, le but de l’EcoScore est de donner une indication. Votre intervention rappelle à quel point il est vital de remettre les outils 🛠 d’analyse en question, et à quel point il n’y a pas d’outillage 🧰 optimal, parfait. Mais l’avantage c’est qu’il permette déjà de se faire une petite idée sur l’impact carbone et écologique d’un jeu💡

          À très vite sur Gus&Co Vivien ❤️

          • Lebesgue21 says:

            Pour être honnête, c’est moins évident concernant mon point plastique / bois.

            Toujours d’après l’ADEME, la production de plastique c’est :
            – 2350 kg CO2 eq / tonne si non recyclé
            – 202 kg CO2 eq / tonne si recyclé (du coup on change quand même d’ordre de grandeur en fonction de l’origine du plastique)

            Pour le carton :
            – 390 kg CO2 eq / tonne si non recyclé
            – 670 kg CO2 eq / tonne si recyclé (de manière contre intuitive, le carton recyclé est plus émetteur à produire que le non recyclé).

            Du coup plastique < carton recyclé < carton À très vite sur Gus&Co Vivien

            À bientôt ! Gus&Co est un de mes site francophones préféré pour m’informer sur le jds 😉

            • Lebesgue21 says:

              une partie de mon comm a disparu (l’ordre étant donné en performance environnementale croissante) :

              plastique < carton recyclé < carton < plastique recyclé

              • Lebesgue21 says:

                arf j’avais aussi toute une partie sur le bois qui a disparu. J’ai du faire une fausse manip :

                Selon l’ADEME, le bilan du bois est compliqué à réaliser, car ça dépend de comment est gérer la foret dont il est issu. Si bien gérée, ça peut avoir un bilan négatif ! mais si mal géré, c’est catastrophique.

              • xaret says:

                Je reste sceptique. Oui le transport par bateau a un rapport très faible poids/distance sur le plan des émissions de Co2 : mais tout se résume-t-il à ces émissions ? Même faible : en quoi sont-elles indispensables ?
                Quand mon jeu voyage sur l’eau, le cargo émet peu de Co2. Mais au delà du Co2, quelle est la nature des polluants émis ? Quel est l’impact sur le milieu marin (rejets divers, bruit…) ? Quel est l’ampleur des dégazages en mer ? Je lis sur Wikipédia qu’environ 100000 navires commerciaux parcours les mers et océans : quel est l’impact ?
                Quand mon jeu vient de Chine, il arrive sur les côtes française ou peut-être même dans un autre port européen. Il y a donc toute une infrastructure portuaire nécessaire qui forcément pollue. Quel impact sur les côtes ? Quel impact sur les populations vivant proximité des émissions ?
                Se dire que l’on peut produire pas cher ailleurs, conduit à entretenir la surproduction et la surconsommation. Cela permet aussi de délocaliser sa pollution (entre nous que fera la Chine de ses déchets nucléaires ?).
                Enfin, le développement durable à trois piliers : l’environnement, l’économie et le social. Quid du dernier pilier quand on travaille avec un état totalitaire et que l’on s’offre du travail à bas coût au prix de temps de travail énorme et de protection sociale réduite des salariés ?

                • Lebesgue21 says:

                  Tu peux être sceptique, mais si on veut faire de l’écologie scientifique, il faut des chiffres / des études / etc. sinon on ne s’en sort pas, et on risque de proposer des solution contreproductive.

                  Concernant les déchets nucléaires, sans rentrer dans le débat de ce mode de production : le stockage géologique est techniquement une solution viable pour les déchets à haute activité (on a le projet CIGEO en France). Pour la majorité des autres, ils sont potentiellement réutilisable pour produire de l’électricité (c’était le but du projet ASTRID qu’on a abandonné ; ironiquement, les chinois continuent la R&D dans ces techno et risquent de finir avec un nucléaire plus propre que le notre).

                  Les questions sur les impacts écologiques autre que les GES sont évidemment pertinentes. Cependant, le principal problème écologique de notre époque, et celui qui aura le plus d’impact à court terme, il me semble que ça reste le réchauffement climatique.

                  Sur le reste de ton propos, je préfère ne pas répondre car on risquerait de dévier sur une discussion idéologique alors que ce n’est pas le lieu ici (et je suis déjà limite dans mes précédents points).

                  • xaret says:

                    Ok il faut des bases scientifiques solides. C’est bien pour cela que j’ai rédigé mon post sous forme de questions. Moi ma spécialité, c’est la santé au travail, pas la pollution. même s’il existe des liens.
                    L’ennui d’une approche unique par les émissions de gaz à effets de serre est qu’elle nie une partie des impacts. Que le réchauffement climatique soit le principal problème, c’est une affirmation non démontrée. Je n’en suis pour ma part pas du tout persuadé. Je ne nie pas pourtant que ces émissions restent un problème et ce que tu apportes comme élément est très intéressant. On ne peut néanmoins raisonnablement s’en contenter si l’on souhaite une approche écologique globale. Le rapport Bruntland qui a créé les bases conceptuelles du développement durable invite à ne pas segmenter les problématiques. Ton raisonnement conduirait lui à utiliser le transport international de fret : c’est absurde dès qu’on intègre au raisonnement autre chose que le rejet de carbone et le rapport coût/distance (pollution milieu marin, émissions de particules fines, impact sur les côtes et les populations…). Pour ma part, je ne pense ni que l’Ecoscore se résume au carbone ni qu’il ne possède pas de dimension politique.

                    • xaret says:

                      Et désolé pour le ton de mes messages…faut que je sois plus cool ! Ce que tu écris m’intéresse vraiment.

              • Lebesgue21 says:

                Gus, je me suis pris de passion pour le sujet. Je me suis amusé à faire une Google Sheet qui calcule un peu plus précisément l’impact carbone d’un jeu, en fonction du poids (qui est un facteur extrêmement important dont tu ne tiens pas compte), du transport jusqu’au magasin puis du magasin jusqu’au domicile, et des matériaux qui composent le jeu. Je calcule le CO2eq émis, et je donne un équivalent km parcouru en voiture pour avoir une idée de l’ordre de grandeur. J’ai par exemple obtenu pour les jeu suivant (en considérant une commande Philibert livrée à Paris) :
                -Gloomhaven : 54km
                -Zombicide : 17km
                -Res Arcana : 4km
                -Un jeu théorique de 1kg, produit en Europe, constitué à moitié de bois / de carton : 2km

                Si ça t’intéresse, je la partagerai volontiers avec toi, ça peut être une bonne base pour produire un indicateur objectif de l’impact carbone d’un jeu. Voire de produire un outil accessible en ligne. N’hésite pas à me contacter en MP 😉

  30. SwatSh says:

    Salut Lebesgue21, ça peut m’intéresser aussi. Tu peux me l’envoyer à fswatsh acroll gmail point com? Merci d’avance

    • Gus says:

      Yeeeeah ça serait cool que nos cousins Wallons de Vindjeux se mettent aussi à l’EcoScore

      À force de le retrouver un peu partout, ça va peut-être commencer à faire bouger les lignes (hello Nidavellir)

      • SwatSh says:

        Oui enfin, on a un technicien du web fort occupé… difficile de faire beaucoup d’améliorations pour le moment. Enfin, si on peut mettre notre pierre à l’édifice, ce sera avec plaisir 🙂 Déjà maintenant on indique simplement si le jeu contient du plastique et où il a été fabriqué. Santé!

        • Gus says:

          Yeeeeeeeah François toute la Wallonie vous soutient ‼️(Et la Suisse Romande aussi)

  31. Lebesgue21 says:

    Pas de problème pour le ton, je ne me suis pas du tout senti agressé 😉

    Je suis d’accord avec toi sur le coté développement durable. Cependant, avoir un indicateur de l’impact carbone, comme on en a dans plein d’autre domaines, me semble aussi une donnée intéressante. Et ça a le gros avantage qu’on peut facilement trouver des données de qualités, vu que c’est quand même un des problèmes écologique les plus utilisé (à tord ou à raison, je ne juge pas), et donc créer des indicateurs relativement objectifs / transparents.

  32. téa says:

    Bonjour ! je n’ai pas lu tous les commentaires, désolée s’il s’agit d’une redite ! Merci pour votre article et votre initiative, je pense qu’informer est en effet nécessaire pour effectuer une transition vers une production et une consommation plus raisonnées. J’ai une remarque par rapport au contenu de l’évaluation : il me semble que, bien que ce soit facile à évaluer, les critères ne permettent pas une image complète du score (en particulier, le plastique n’est pas un mal en soi, s’il permet de garder un jeu plus longtemps plutôt que d’en racheter un nouveau il permet une plus grane sobriété). Il existe des indicateurs comme le bilan carbone d’un produit (http://www.bilancarbone.fr/), pour évaluer l’impact sur le climat (à travers les émissions de gaz à effet de serre) pour la production et le transport. Cela inclut par exemple la production d’électricité (un jeu fabriqué en Chine aura probablement utilisé de l’électricité d’une centrale à charbon, alors qu’en France l’emprunte carbone de l’électricité est plus faible avec le parc nucléaire). En ce qui concerne la biodiversité, il n’existe pas de méthodologie aussi répendue que le bilan carbone, j’ai trouvé ce site qui regroupe quelques labels pour les matériaux (https://sosbiodiversite.wordpress.com/2009/04/16/mieux-se-reperer-avec-les-eco-labels/). Bon courage en tout cas pour la mise en oeuvre !

    • Gus says:

      Merci Léa pour votre extrêmement riche et détaillé commentaire, nous allons l’étudier avec attention ⚠️

      Content de réaliser que l’EcoScore soulève un tel débat et des réflexions, saines et fertiles

      Se poser ce genre de questions sur notre consommation me paraît pertinente

      Est-qu’un jeu étiqueté A va plus se vendre qu’un D, E ? J’en doute. Il serait intéressant de mener une consultation

      Même si l’EcoScore n’est pas parfait, il présente au moins le mérite de susciter le débat. Et en cela, il l’est déjà, parfait. Cela signifie que nous, que VOUS vous posez déjà des questions. Et ça, c’est déjà une réussite pour l’EcoScore

      Bienvenue sur Gus&Co Léa ❤️

  33. Matthieu says:

    Très bonne idée ! Ce doit être un paramètre très important à prendre en compte selon moi. Faudrait même que ça figure sur les boites de jeux !!

    • Gus says:

      Mais oui 👍🏼

      Mais les éditeurs préfèrent éviter de se coller un E eux-mêmes 😔

  34. Alexgodlex says:

    WoW je viens de découvrir l’ecoscore et je suis conquit ! C’est tellement bien, il fallait que quelqu’un le fasse. Le seul truc c’est que je pense qu’il faudrait l’améliorer en effet pour le moment j’ai l’impression que c’est fait un au doigt mouillé mais pas vraiment de manière scientifique. En effet parfois on peut avoir des surprises avec le calcul du carbone nest pas chose aisée. Et ça peut aller très loin : par exemple un jeu fabriqué en France (ça n’existe pas) produira moins de carbone qu’un jeu fabriqué en Allemagne car en France l’énergie est massivement nucléaire (zéro carbone) alors qu’en Allemagne ils utilisent beaucoup de charbon. Peut être faudrait il s’adosser à une association spécialisé qui pourrait aider. Si je peux aider ou Participer je suis pour.

    • Gus says:

      Bonjour,

      Merci pour votre enthousiasme et soutien, ils nous honorent !

      Je suis moi-même géographe, spécialiste des politiques environnementales et territoriales, et j’ai collaboré au sein du Département de l’Agenda 21 de la Ville de Genève. Nous avons décidé de lancer cet EcoScore pour participer à l’effort d’information et de communication de l’industrie du jeu de société. Cette étiquette est certes discutable, comme l’est tout étiquetage. Votre intervention est toutefois fort pertinente. L’EcoScore a le mérite, et vous le soulevez, de relever un écueil dans ce loisir. À savoir, le manque significatif d’information sur l’origine de fabrication des jeux, ainsi que le matériel qui les compose

      Dommage que les éditeurs n’aient pas pris le train en marche pour indiquer cette étiquette sur leurs boîtes de jeu. Frilosité ?

A vous de jouer ! Participez à la discussion

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