Babylon : Par les ponts de Babylone
🌺 Voyagez dans l’ancienne Babylone et créez les plus beaux jardins suspendus ! Babylon, un jeu de société où chaque pilier compte.
Babylon : Architecture 3D pour joueurs et joueuses habiles
⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
En bref :
- Un jeu de construction 3D ambitieux qui vous plonge dans l’univers des jardins suspendus de Babylone
- Une mécanique de jeu originale mêlant placement de tuiles et construction verticale
- Une expérience ludique intéressante mais parfois frustrante à cause de problèmes de stabilité et d’une durée de jeu excessive
Les mains tremblantes, vous posez le dernier pilier de votre jardin suspendu, espérant que votre création restera stable jusqu’à la fin de la partie.
Babylon, le pitch :
Au 6ème siècle avant J.-C., Nabuchodonosor II, roi de Babylone, fait ériger de magnifiques jardins en l’honneur de sa jeune épouse, Amytis de Médie, à qui il désire offrir une véritable montagne de fleurs aux parfums enchanteurs. Il fait donc appel aux plus illustres architectes de son royaume afin que ceux-ci rivalisent d’ingéniosité dans la création de cette œuvre, considérée comme l’une des 7 Merveilles du monde antique.
Babylone et les constructions antiques ont déjà fait couler beaucoup de meeples d’encre dans le milieu ludique. On pense notamment à Ishtar – Les Jardins de Babylone d’Evan Singh et Bruno Cathala, au tout récent Les Architectes d’Amytis de Jeremy Ducret et Romaric Galonnier, ainsi qu’à Ancient Knowledge chez Iello ou encore World Wonders chez Super Meeple.
C’est désormais au tour de l’éditeur belge Geek Attitude Games, à travers la création d’Olivier Grégoire (Tiwanaku, qui m’avait beaucoup plu !), de tester nos talents d’architecte sur les terres de l’Irak antique.
Babylon est un jeu de stratégie de placement de tuiles et de matériel en 3D pour 2 à 4 joueuses et joueurs dès 8 ans. Vous vous glisserez dans la peau d’architectes de renom pour créer les plus beaux jardins suspendus de la ville et agrémenter votre œuvre de belvédères, de fontaines, de statues et de ponts.
C’est en prenant de la hauteur et en admirant vos réalisations que vous déterminerez celle ou celui qui remportera la victoire.
Comment on joue ?
Chaque adversaire possède un plateau individuel perforé sur lequel il va construire ses jardins suspendus en y plaçant des piliers soutenant des tuiles.
Chaque joueuse et joueur commence avec une tuile de départ à sa couleur permettant de gagner des bonus au cours de la partie.
À tour de rôle, vous choisirez une tuile terrasse parmi celles disponibles dans la carrière de 16 tuiles visibles sur 3 niveaux et matériaux différents : le basalte pour le fond de la carrière, le granit et pour finir l’argile à la surface. Deux actions sont obligatoires : creuser et stocker ou défausser les éléments non utilisés. L’action de construction est quant à elle facultative.
Creuser consiste à prendre une des tuiles de la carrière. En fonction de la tuile choisie et de son emplacement (4 critères d’attribution possibles), vous recevrez un certain nombre de piliers.
Construire : pour cela, vous pourrez disposer vos piliers simples ou doubles sur les emplacements disponibles de votre plateau de jeu ou sur une tuile terrasse déjà placée. Vous devrez alors y déposer une nouvelle tuile terrasse, face jardin, soutenue par 4 ou 3 piliers, tout cela en respectant certains critères. Cela vous permettra de faire avancer votre création de jardin suspendu.
Sur chaque tuile sont mentionnés par des icônes ce que nous pourrons y réaliser : un escalier reliant deux niveaux différents, un pont reliant deux tuiles de même hauteur avec un espace entre elles, une fontaine pour deux icônes adjacentes au même niveau, une statue orthogonalement alignée avec une autre déjà posée ou un belvédère pour toute construction ne reposant que sur 3 piliers au lieu de 4.
À chaque tour, une tuile ronde est retournée et applique pour tout le monde un avantage possible (exemple : récupérer un pilier double en plus) ou un inconvénient (exemple : déduire un pilier simple).
Le nombre de tours est déterminé par le nombre de joueurs et joueuses : 15 tours à 2, 12 tours à 3 et 11 tours à 4.
Lorsque tous les tours sont achevés, nous passons au décompte des points. Votre plateau est alors détaillé en vue de dessus. Chaque tuile ou élément de décor entièrement ou partiellement visible permet de remporter des points de victoire, majorés en fonction de l’étage sur lequel ils se trouvent.
L’architecte ayant le plus de points de victoire remporte la partie.
Babylon, verdict
La première surprise en ouvrant la boîte est de tomber sur un thermoformage, devenu rare désormais dans les jeux de société, qui permet d’accueillir les différents éléments de construction ainsi que la carrière à 3 niveaux dans laquelle nous allons piocher nos tuiles. C’est pratique et plutôt plaisant, même si c’est un peu moins écologique.
Le matériel est qualitatif, bien que nous ayons trouvé un peu bas de gamme les éléments de décor couleur blanc crème, mais cela reste très subjectif.
La règle du jeu est bien expliquée, en quelques pages avec des exemples clairs qui permettent une rapide prise en main. Le décompte final pourrait sembler fastidieux mais il n’en est rien, tout est très vite relevé et en très peu de temps on découvre le vainqueur.
Le concept est intéressant à défaut d’être vraiment original, l’idée d’une construction en 3D est alléchante et demande des compétences stratégiques indéniables pour visualiser une construction adaptable et modulable.
Le fait que le jeu repose sur la verticalité est un plus, mais la faible stabilité gâche l’expérience. En effet, dans la mise en pratique, la difficulté est plus d’ordre manipulatoire. Assez rapidement, dès que nous passons aux étages supérieurs ou à des rapprochements de tuiles, la planéité de la table de jeu et mes gros doigts de bûcheronne jurassienne m’ont fait croire à une possible dyspraxie. Malgré les encoches du plateau de jeu, nous avons à plusieurs reprises craint pour la stabilité future de notre création.
Nous pensions être souvent limités par la configuration des icônes sur les tuiles ou le « vol » de tuiles par un adversaire, mais dans les faits cela ne s’est que peu présenté lors de nos parties, limitant par le fait les interactions avec les autres adversaires.
Le plus gros reproche à faire à Babylon est sa longueur. L’auteur indique des parties de 40 à 60 minutes. Nous dirions plutôt entre 60 et 90 minutes, en fonction du temps de réflexion de chacun, plus ou moins long. Ce qui passe plutôt mal, c’est que justement nous n’avons pas trouvé l’intérêt à prolonger sur 15 ou 11 tours selon le nombre de joueuses et joueurs, ce qui ferait totalement son effet avec la moitié moins de tours.
On ne peut pas non plus expliquer ces tours à rallonge par la recherche de construire le plus possible en hauteur. Cette stratégie s’est finalement avérée peu payante contrairement aux ajouts de bâtiments simplement sur un premier ou second niveau.
On a aimé :
- Le concept original de construction en 3D
- La qualité globale du matériel
- La satisfaction visuelle des constructions terminées
- Des règles claires et bien expliquées
On a moins aimé :
- La durée de partie excessive
- Les problèmes de stabilité qui donnent des sueurs froides
- Beaucoup, beaucoup de plastique
- Un jeu qui perd en intérêt au fil des tours
C’est plutôt pour vous si…
- Vous avez la patience d’un architecte babylonien
- Vous aimez les jeux qui se construisent en hauteur
- Vous avez des doigts de fée et une table parfaitement plane
- Vous préférez la construction à la confrontation
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vos gestes sont parfois… explosifs
- Vous cherchez des parties rapides
- Votre table de jeu ressemble aux montagnes russes
- Vous cherchez un jeu hautement interactif
Verdict final : Babylon, une bonne idée de base, un matériel correct mais un peu bas de gamme en termes de couleurs mais surtout, surtout un temps de jeu bien trop long pour vraiment savourer les plaisirs de la création. Dommage.
Babylon prouve que, même après des millénaires, construire des jardins suspendus reste un défi… surtout quand votre chat Godziminet rôde autour de la table !
Sympathique, sans plus.
- Date de sortie : Novembre 2024
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : E. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici
- Label Dé Vert : Non ! Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Olivier Grégoire
- Illustrations : The creation studio
- Édition : Geek Attitude Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4
- Âge conseillé : dès 8 ans
- Durée : 30 à 60 minutes (comptez plus)
- Thème : Antiquité
- Mécaniques principales : Tuiles, construction 3D. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
Une alternative plus dynamique en guise d’épilogue
Vous cherchez un jeu dans le style de Babylon, mais avec un petit plus de peps ? Laissez-moi vous parler de Monkey Palace !
Vous savez ce qui arrive quand LEGO et Asmodee font équipe (non, on n’a pas -encore- été rachetés ni par l’un ni par l’autre) ? Ils ont concocté un jeu de construction en 3D qui règle pratiquement tous les petits soucis qu’on peut rencontrer dans Babylon.
Envie de parties plus rapides ? C’est dans la poche – on parle de 30-45 minutes grand max. Et oubliez ces moments de stress intense où tout menace de s’écrouler comme dans Babylon – les briques LEGO, elles, ne bougent pas d’un poil d’un escalier d’une brique ! En prime, ils ont ajouté un système économique bien malin qui vous fera chauffer les méninges, et quelques variantes pour pimenter le tout. Ah, et j’ai mentionné qu’il y avait des singes ? Parce que OUI, DES SINGES ! 🐒
Les LEGO, franchement, ça change tout. Ces moments dans Babylon où vous retenez votre souffle en priant que votre pièce s’emboîte ? Que votre structure tienne ? Ici, rien de tout ça ! Tout s’emboîte comme par magie. OK non, pas par magie, mais par accrochage de pièces LEGO, tout simplement.
Un truc marrant – même mon chat (vous savez, celui qui se prend pour une boule de démolition ?) ne peut pas mettre le foutoir ! Les pièces restent pile là où vous les posez.
Bon, d’accord, on troque l’ambiance babylonienne contre une jungle un peu déjantée, mais croyez-moi, ça vaut le coup. Et puis, avouons-le, qui n’a jamais rêvé de construire des escaliers LEGO complètement ouf en mode MC Escher (le peintre, pas le MC) ?
Et encore un tout, tout dernier truc. Vous avez la réf du titre de l’article ? 🔊😉
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