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On the Underground : Métro, boulot, bùtonnets

On the Underground article banniĂšre

🚇 Paris ou New York ? Choisissez votre terrain de jeu dans On the Underground et devenez le maĂźtre des rĂ©seaux souterrains.


On the Underground

On the Underground

⚠ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă  prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.


En bref

  • Un jeu de sociĂ©tĂ© qui transpose la gestion des rĂ©seaux de mĂ©tro en expĂ©rience stratĂ©gique, disponible en versions Paris et New York.
  • Une mĂ©canique solide mais familiĂšre, inspirĂ©e de classiques comme Scotland Yard et Get on Board, qui manque parfois d’originalitĂ©.
  • Une expĂ©rience de jeu accessible mais approfondie, idĂ©ale pour les amateurs de jeux de gestion, malgrĂ© une interaction limitĂ©e.

Avez-vous dĂ©jĂ  rĂȘvĂ© de crĂ©er votre propre rĂ©seau de mĂ©tro ? On the Underground transforme cette ambition en une expĂ©rience ludique.

On the Underground propose deux jeux en un. Les deux versions utilisent les mĂȘmes rĂšgles de base, mais avec des objectifs et donc un dĂ©compte de points diffĂ©rents, selon la ville choisie (New York ou Paris). À noter qu’il existe Ă©galement une autre boĂźte, avec Londres et Berlin. Nous ne nous sommes cantonnĂ©s ici qu’Ă  NY et Paris.

Le jeu se dĂ©roule sur un plateau reprĂ©sentant la ville choisie, avec ses stations de mĂ©tro et les connexions entre ces stations, ainsi qu’une piste de score autour du plateau. Chaque joueur ou joueuse reçoit des bĂątonnets qui serviront Ă  marquer ses lignes. Les cartes des stations sont mĂ©langĂ©es et placĂ©es en pile face cachĂ©e sur le cĂŽtĂ© du plateau. On pioche alors les 4 premiĂšres cartes et les place face visible, un jeton destination est posĂ© sur la station correspondant Ă  chaque carte, et le voyageur est placĂ© sur la station de dĂ©part.

À son tour, chaque joueur ou joueuse effectue 4 actions, dans l’ordre qu’il ou elle souhaite. Pour chaque action, il ou elle peut :

  • Placer un bĂątonnet
  • Prendre une tuile « branchement »

Les rĂšgles de placement des bĂątonnets sont simples :

  • Le premier bĂątonnet d’une couleur peut ĂȘtre placĂ© sur n’importe quelle voie libre de la carte
  • Les bĂątonnets suivants doivent prolonger la ligne, c’est-Ă -dire partir d’une station avec un seul bĂątonnet (sauf si le joueur ou la joueuse utilise un branchement)
  • Une voie doit obligatoirement s’arrĂȘter dans une station ; il n’est pas possible de s’arrĂȘter au milieu de l’eau (dans le cas de New York, oĂč les voies traversant les riviĂšres font deux bĂątonnets)
  • S’il y a plusieurs voies parallĂšles entre deux stations, il est possible de placer plusieurs bĂątonnets, mais de couleurs diffĂ©rentes
  • Pour effectuer un branchement, c’est-Ă -dire prolonger une ligne Ă  partir d’une station non terminale, il faut dĂ©penser deux tuiles « branchement »

AprĂšs le tour de chaque joueur ou joueuse, le voyageur se dĂ©place. Il se dirige vers la station destination la plus proche (en nombre de stations) de son emplacement actuel, en respectant les rĂšgles suivantes : le voyageur privilĂ©gie les voies avec des bĂątonnets plutĂŽt que les voies vides et Ă©vite de changer de ligne. Pour chaque ligne utilisĂ©e, le joueur ou la joueuse possĂ©dant cette ligne marque un point. Pour Paris, le voyageur ne visite qu’une station, mais pour New York, il se dĂ©place deux fois par tour.

Une fois le déplacement effectué, on tire une ou deux nouvelles cartes destination, et le joueur ou la joueuse suivante commence son tour.

On the Underground plateau

RÚgles spéciales

New York

À New York, les joueurs et joueuses marquent des points supplĂ©mentaires quand une des conditions suivantes est remplie :

  • La ligne passe par au moins une station bleue (National Rail) : un point
  • La ligne est connectĂ©e Ă  une station rouge (Terminus) : deux points par terminus et une tuile branchement
  • La ligne passe par trois ponts : trois points
  • La ligne relie plusieurs zones violettes (cluster) : un point par cluster reliĂ©

Les points ainsi marqués sont décomptés immédiatement, et le jeton de score du joueur ou de la joueuse est déplacé en conséquence.

Paris

À Paris, les joueurs et joueuses reçoivent des objectifs secrets, qui consistent Ă  relier des stations et permettent de gagner des points supplĂ©mentaires en fin de partie. Certaines stations reçoivent aussi des jetons (face cachĂ©e) de 5 types diffĂ©rents, qui seront rĂ©coltĂ©s par le premier ou la premiĂšre Ă  relier la station. Un joueur ou une joueuse qui collecte 5 jetons de types diffĂ©rents marque 7 points. Il est possible de remplacer un ou des jetons manquants par deux tuiles branchements (pour chaque jeton manquant).

Les joueurs et joueuses marquent également des points quand une des conditions est remplie :

  • La ligne est connectĂ©e Ă  une station rouge (Terminus) : deux points ou un point et une tuile branchement
  • La ligne est connectĂ©e Ă  une station bleue (RER), mais ce n’est pas la premiĂšre Ă  arriver dans cette station : un point (et 0 pour la premiĂšre)

Le matériel

La boĂźte d’On the Underground est plutĂŽt dans les grands formats, sans ĂȘtre gigantesque. Cette taille est justifiĂ©e par celle du plateau, qui n’est pas excessive Ă©tant donnĂ© le fonctionnement du jeu. Il faut suffisamment d’espace entre les stations pour placer les bĂątonnets, et l’Ă©quilibre est parfait – ni trop, ni trop peu. La diffĂ©renciation entre les villes (pour les cartes destination) est claire, avec des dos vraiment distincts, ce qui facilite le rangement et la mise en place. Les bĂątonnets, le voyageur et les jetons destinations sont en bois, les couleurs des lignes sont bien diffĂ©renciĂ©es, et le reste du matĂ©riel est en carton ou papier. Un point bonus pour les marqueurs de score, qui indiquent les couleurs Ă  prendre pour chaque joueur ou joueuse selon le nombre de participants, puisque toutes les couleurs ne disposent pas du mĂȘme nombre de bĂątonnets (5 avec 20, 6 avec 15).

Le livret de rĂšgles est au format de la boĂźte et trĂšs illustrĂ©, avec de nombreux exemples (au moins la moitiĂ© des pages sont consacrĂ©es Ă  des exemples de placement, de dĂ©placement du voyageur ou de score). Les rĂšgles particuliĂšres Ă  chaque ville sont intĂ©grĂ©es aux rĂšgles gĂ©nĂ©rales, avec un code couleur diffĂ©rent (fond gris pour New York, fond bleu pour Paris). Certaines rĂšgles ne sont toutefois pas mises ainsi en Ă©vidence, ce qui peut ĂȘtre lĂ©gĂšrement dĂ©routant.

On the Underground, verdict

On retrouve comme un arriĂšre-goĂ»t de Get on Board dans On the Underground, avec une touche de Scotland Yard, ce jeu qui a animĂ© certains dimanches aprĂšs-midi des annĂ©es 1980. Get on Board pour le thĂšme Ă©videmment, puisqu’il est question de mĂ©tro dans les deux cas, mais aussi pour la gestion des lignes de mĂ©tro, avec ces petits bĂątonnets de couleur qui viennent quadriller le plateau et relier les stations. La sensation est encore plus prĂ©gnante dans la variante Paris, puisqu’ici aussi il s’agit de collectionner des jetons pour marquer des points, comme il fallait collectionner les personnages dans Get on Board.

On peut d’ailleurs y ajouter une bonne dose des Aventuriers du Rail, avec les cartes objectifs qui dĂ©terminent des stations Ă  relier. Pour Scotland Yard, c’est le dĂ©placement du personnage en fin de tour qui rappelle ce classique, avec ses enquĂȘteurs et Monsieur X. L’ensemble donne une impression de dĂ©jĂ -vu assez marquĂ©e, ce qui n’est pas nĂ©cessairement un dĂ©faut si ce n’est qu’une impression qui s’estompe au fil de la partie. Malheureusement, ce n’est pas le cas ici : l’impression persiste et s’intensifie mĂȘme. Le jeu manque d’originalitĂ©, de ce petit plus qui crĂ©erait un intĂ©rĂȘt particulier.

Attention, le jeu n’est pas mauvais en soi. Le mĂ©canisme fonctionne bien, les tours s’enchaĂźnent fluidement une fois que les rĂšgles ont Ă©tĂ© bien assimilĂ©es et comprises, y compris les particularitĂ©s de chaque ville, ce qui ne demande pas beaucoup de temps. Le jeu est accessible Ă  tous et toutes, sans difficultĂ©s particuliĂšres ni hasard perturbateur. La gestion des lignes de mĂ©tro est cruciale, notamment le choix des couleurs, puisqu’elles n’ont pas toutes le mĂȘme nombre de bĂątonnets. Il peut ĂȘtre frustrant de se retrouver bloquĂ© Ă  une station du terminus ou du bonus de traversĂ©e parce qu’une couleur n’a que 15 bĂątonnets au lieu de 20, mais le joueur ou la joueuse ne pourra s’en prendre qu’Ă  lui-mĂȘme ou elle-mĂȘme, ses choix prĂ©cĂ©dents l’ayant conduit(e) Ă  cette situation. Il est donc essentiel de choisir judicieusement dĂšs le dĂ©but les bonnes couleurs pour ses lignes principales et secondaires, particuliĂšrement dans la version Paris, oĂč les cartes objectifs indiquent des stations Ă  rejoindre. Il n’est pas toujours possible de relier les stations avec les petites lignes, surtout s’il faut faire des dĂ©tours pour trouver des passages disponibles, le centre de la carte Ă©tant rapidement saturĂ© par tous les participants et participantes.

Cette course aux emplacements constitue la seule vĂ©ritable interaction entre les joueurs et joueuses dans On the Underground, chacun et chacune dĂ©veloppant son rĂ©seau individuellement, avec sa vision et ses choix de score, les points marquĂ©s par le dĂ©placement du voyageur n’Ă©tant pas nĂ©cessairement les plus avantageux. L’ambiance autour du plateau est plutĂŽt froide, sauf en cas de dĂ©saccord sur le trajet que doit emprunter le voyageur, les rĂšgles Ă©tant suffisamment imprĂ©cises pour permettre diffĂ©rentes interprĂ©tations et des trajets vraiment distincts, rapportant plus ou moins de points Ă  l’un ou l’autre. Ces situations peuvent alors provoquer de vĂ©ritables tensions, selon les personnes prĂ©sentes autour de la table et leur degrĂ© de bonne foi. Tensions qui laisseront place Ă  une ambiance encore plus glaciale, sans aucun doute.

On the Underground semble s’adresser Ă  des joueurs et joueuses plutĂŽt expĂ©rimentĂ©s. Les rĂšgles, bien que pas extrĂȘmement complexes, font appel Ă  des concepts qui pourraient dĂ©stabiliser des joueurs et joueuses dĂ©butants. La durĂ©e de jeu ajoute une difficultĂ© supplĂ©mentaire, puisqu’il faut prĂ©voir une bonne heure de partie, avec un Ăąge minimum recommandĂ© de 14 ans. Mais ce public risque d’ĂȘtre déçu par ce jeu qui n’apporte pas, Ă  mon sens, de nouveautĂ© ou d’Ă©volution significative justifiant son achat par rapport Ă  d’autres jeux existants du mĂȘme type, plus Ă©tablis et probablement plus accessibles Ă  tous les publics.

On a aimé

  • La double version Paris/New York (comme un billet aller-retour !)
  • Le matĂ©riel de qualitĂ© (plus solide que les rames aux heures de pointe)
  • L’accessibilitĂ© des rĂšgles (plus claire que les plans de mĂ©tro)

On a moins aimé

  • Le manque d’originalitĂ© (comme les retards sur la ligne 13)
  • L’interaction limitĂ©e (moins de contact qu’en heure de pointe)
  • La durĂ©e de partie (aussi longue qu’un trajet avec correspondances)

C’est plutĂŽt pour vous si


  • Vous rĂȘvez secrĂštement d’ĂȘtre chef de gare
  • Vous collectionnez les plans de mĂ©tro
  • Vous aimez les jeux qui roulent sur des rails bien huilĂ©s

Ce n’est plutĂŽt pas pour vous si


  • Vous prĂ©fĂ©rez le bus
  • Vous avez le mal des transports
  • Vous cherchez l’innovation Ă  tout prix

Si je mixe Get on Board, Scotland Yard et Les Aventuriers du Rail, ça donne
 un truc un peu plat. On the Underground : un voyage ludique qui, mĂȘme s’il emprunte des rails dĂ©jĂ  tracĂ©s, vous conduit Ă  destination sans trop de retards !

Sympathique, sans plus.

Note : 3 sur 5.

  • Label DĂ© Vert : Non ! Pour en savoir plus sur le label DĂ© Vert, c’est ici.
  • CrĂ©ation : Sebastien Bleasdale
  • Illustrations : Viktor Csete
  • Édition : LudiCreations
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 Ă  4
  • Âge conseillé : dĂšs 14 ans
  • DurĂ©e : 30
  • ThĂšme : MĂ©tro
  • MĂ©caniques principales : Placement (de bĂątonnets). Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, c’est ici.

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