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Jeux de plateau

Fateforge: Chronicles of Kaan. Osez l’aventure

🏰 L’univers épique de Fateforge: Chronicles of Kaan ! 🐉 Notre test complet de ce jeu narratif qui repousse les limites du dungeon crawler.


Fateforge: Chronicles of Kaan. La promesse d’une belle aventure en terres inconnues

Fateforge: Chronicles of Kaan

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


En bref:

  • Un jeu narratif hybride alliant dungeon crawler et JDR, avec une app innovante
  • Expérience immersive et difficile, mémorisant les choix des joueurs
  • Riche en stratégie et rejouabilité, malgré quelques limitations de gameplay

Imaginez un monde où votre jeu de société se souvient de chacun de vos choix… Bienvenue dans l’univers de Fateforge: Chronicles of Kaan.

Et voilà. Je reviens à nouveau avec un gros jeu narratif hybride qui se noie dans le marché actuel. Les jeux de campagne semblent perdre leur influence au profit de jeux plus courts et familiaux. C’est la loi du marché !

Tant pis. J’y retourne avec une envie toujours renouvelée qui m’ouvre les portes d’un monde que je n’avais observé que de loin jusque-là.

Il est temps d’y déposer ma besace pour voir de quoi il retourne…

Aux origines : Dragons le JDR

À l’origine de ce gros jeu en anglais produit par un éditeur américain, il y a un éditeur français : Studio Agate.

En 2015, ils lancent une campagne participative pour profiter du SRD (System Reference Document) du plus grand jeu de rôle dans sa 5e édition : D&D. Contre toute attente, ils se retrouvent au même moment sur la table des négociations pour gérer la VF, mais ils ne l’emportent pas…

Suite à la demande générale de leurs backers de l’époque, ils décident donc de se lancer dans l’édition de leur propre jeu avec des règles simplifiées et un monde spécifique. Dragons. Eana vient de naître et l’histoire est toujours en marche. Mais Dragons est bien plus qu’une énième resucée de D&D. Sa feuille de route fait montre d’une ambition beaucoup plus grande. Je vous laisserai rechercher si le sujet vous tente.

La Forge du Destin (Fateforge) est tirée du background de Dragons. En fait, il s’agit du titre du JDR dans sa version anglaise.

Les bases étant posées, le rôliste que je suis risque d’en attendre beaucoup. Qu’en sera-t-il ?…

Fateforge: Chronicles of Kaan plateau

Entre Descent 2e Édition & Role Player Adventures

Avec Fateforge: Chronicles of Kaan, on est ici dans du Dungeon crawler presque pur et dur. Les aficionados de Descent (ou Sword & Sorcery ou Erune ou Gloomhaven, rayez la mention inutile) seront en terrain connu avec des tuiles à placer, des salles à piller, des monstres à tuer, des blessures à soigner, des niveaux à gagner, des compétences à développer, des objets puissants pour s’équiper. Rien de bien neuf sous le soleil au premier abord.
Si en plus vous avez joué la campagne solo de Descent sur votre tablette, en quoi Fateforge va-t-il proposer autre chose ? Il va falloir continuer la lecture pour le savoir…

Heureusement, il y a aussi une part de Roll Player Adventures. Le côté « livre dont vous êtes le héros » est présent et vos choix durant la partie narrative de l’aventure auront une influence sur la suite de l’histoire. Vos réussites, mais aussi vos échecs, serviront de bornes pour le voyage à venir. Le jeu se souvient de tout et l’utilise pour écrire l’histoire.

Décorticage en profondeur

Dans Fateforge: Chronicles of Kaan, une aventure est composée d’un enchaînement de scènes. En moyenne 2 scènes de combat suivies d’une scène de repos. Cela peut être 3 scènes de combat entre deux repos, mais cela reste assez rare. Gardez cela en tête pour comprendre la suite de ce retour d’expérience.

Difficile de se lancer dans un descriptif complet tellement le jeu est riche. Je vous propose donc d’éplucher les bons et les mauvais points de manière plus chaotique qu’à mon habitude.

Fateforge: Chronicles of Kaan matos

Les bons points

  • Les personnages. Basiques mais complémentaires. Un ranger roi du combat à distance, un voleur discret et vicieux, une mercenaire pouvant booster ses attaques comme sa défense, un shaman maîtrisant la magie de la nature, un noble escrimeur hors pair ou une enchanteresse pratiquant les arts occultes. À vous d’équilibrer votre groupe.
  • Les tuiles servant de carte modulable. De manière très classique, le jeu propose une tripotée de tuiles double face, aux formes diverses. Elles permettent de mettre en place le plateau modulable d’une scène à l’autre. Plus simples et versatiles que dans Descent, du bonheur dans l’utilisation.
    On peut à loisir adapter la Map à la taille et à la forme de la table en respectant le principe de tuile. Et attention, certaines peuvent cacher des indices dans leurs illustrations. Des énigmes pourront ainsi y trouver réponse et faciliter votre aventure.
  • Le mouvement. Simplissime, un déplacement permet de passer sur une tuile voisine. C’est la même règle pour les tirs à distance. Pas d’angles morts ou autre. Très bonne chose mettant en avant la rapidité dans la résolution des combats.
  • L’incarnation de chats. (…spoilers…) À certains moments de l’aventure, vous serez transformés en chat. Une carte spécifique pour vos actions à ce moment sera mise en jeu. Pas de matériel. Pas de potions. Seulement une toute petite partie de vos compétences disponibles. Mais un joli collier avec clochette en prime !
  • Mais où est Charlie ? La plus étonnante partie du jeu fut de sortir une loupe et rechercher sur la carte des indices pour y trouver certaines destinations secrètes. Un petit côté Micro Macro City Crime auquel je ne m’attendais pas et donc du bonus au gameplay. La loupe n’est pas fournie.
  • Les changements de plans. Bien que coincés en ville, dans Fateforge: Chronicles of Kaan, vous aurez l’occasion de visiter un autre plan d’existence pour aller y glaner quelques informations. Intéressant bien qu’un peu léger.
  • Les ennemis. Ayant de nombreuses capacités à intégrer intelligemment dans vos tactiques à venir. Leur système de gestion se fait autour de la table via les cartes les représentant et non par l’appli. Un vrai Monster Manual à découvrir et anticiper.
  • Les quêtes annexes. Durant les scènes de repos, vous disposerez de temps permettant de vous lancer dans les quêtes secondaires. Ces dernières pourront vous aider pour la suite ou au contraire vous mettre à genoux. Elles possèdent toutes une difficulté de 1 à 4. À bien réfléchir avant de se lancer. Vos choix tout au long de l’aventure en débloqueront certaines et vous fermeront les autres.
  • Un monde à découvrir. On est dans un monde avec déjà un énorme background. Le jeu profite de tout le boulot fait en amont par Studio Agate et une encyclopédie de 360 pages était disponible pour les backers lors de la campagne de financement participatif. Tous les ouvrages du JDR sont aussi disponibles pour creuser plus loin. Par contre, le budget risque d’exploser…
  • L’application. Elle gère le déroulement de l’histoire, prenant en compte vos décisions mais aussi vos victoires, vos défaites, les quêtes annexes en rapport avec le scénario principal. Elle garde tout en mémoire et sauvegarde en temps réel. Pas de perte de données et c’est la colonne vertébrale de la narration. Et vous aurez beaucoup, beaucoup de choses à lire.
    Accessoirement, il y a une musique de fond et des effets sonores pour mettre l’ambiance autour de la table, signés des pros de Syrinscape. Si vous avez une enceinte connectée, cela n’en sera que plus grandiose.
  • Le jeu solo. Un mode solo mais avec 2 personnages minimum. Réglé un peu plus difficile puisque vous êtes le seul à gérer l’ensemble des résultats des dés de vos personnages. Il tourne nickel et fait parfaitement le job.
  • Les stickers. Ils ne cachent que certaines destinations à venir. Ils n’auront aucune incidence réelle sur vos parties futures ou une revente éventuelle du jeu. Je déteste lorsque cela pourrit le matériel, ce n’est pas le cas ici.
  • Les leviers. Comme dans toute exploration de donjon, un levier au beau milieu d’une pièce est toujours une invitation à la manipulation. Même, voire surtout, lorsqu’on n’a aucune idée de sa fonction. Ici aussi, des fois c’est bon et d’autres c’est mauvais. Mais on a vraiment envie d’y toucher à chaque fois, juste pour voir…
  • L’initiative. À chaque début de round de combat dans Fateforge: Chronicles of Kaan, vous lancerez vos 4 dés afin d’avoir une idée de vos actions potentielles. Vous déciderez ensuite d’en relancer certains ou de vous déplacer en avance (mais rien de cela ne sera gratuit). Puis vous déciderez quel personnage agira en premier. Certains ennemis à portée auront une réaction. Les autres personnages agiront. Puis les ennemis font leur tour d’action. Tout est très clair et très carré. Très tactique.
    Certaines fois, les ennemis réagiront en premier (un round de surprise) et on enchaînera la suite normalement.

Les mauvais points

  • La difficulté du jeu. Mon Dieu que ce jeu est difficile ! Certains risquent de ne pas aimer et il vous faudra une bonne dose d’abnégation pour continuer malgré les écueils traversés. Il y a un sale côté Dragonfire ici au niveau de l’équilibrage du jeu : il va falloir tester, tomber et repartir un certain nombre de fois avant d’en profiter pleinement. Mais quel bonheur au sortir de chaque victoire durement acquise !
  • La forme digitale hybride. Aïe. J’entends déjà grogner derrière l’écran : et si l’appli plante, et si le site de l’éditeur ferme, et s’il n’y a pas de connexion, et si je n’ai pas de batterie, et si je n’aime pas le digital pour jouer ? Hormis le fait qu’une fois téléchargée l’appli ne nécessite plus rien d’autre, si ce point est rédhibitoire pour vous, passez votre chemin.
  • L’envie de continuer. C’est frustrant d’arriver en fin de seconde campagne avec une furieuse envie de vivre plus de ces bons moments passés. Et bien non… à part recommencer les deux campagnes avec des personnages différents et faire des choix différents, c’est un peu court !
  • Prisonniers d’une ville. Toute la première campagne se passe dans la cité d’Easifir. On sort un peu des murailles mais on reste autour, voire on descend en dessous. C’est un peu dommage de se cantonner à un si petit territoire.
  • Les ennemis. Ils peuvent être vicieux, dangereux, nombreux et surtout très mortels. Et quelle tanasse de trouver le bon ennemi au milieu des pions puisque 2 adversaires différents sont imprimés tête-bêche… Seule la couleur aide.
  • Le timing des scènes de repos. C’est carrément trop court ! On veut aller s’entraîner, se soigner, acheter du matos et faire toutes les quêtes annexes disponibles… et on a le temps de faire qu’une parcelle de tout cela à chaque scène de repos. C’est rageant….
  • L’application. Pas de possibilité de retour en arrière… une mauvaise manipulation et c’est enregistré en temps réel. Faites gaffe avec vos gros doigts ou votre envie d’aller trop vite avant de faire un choix.
  • Les stickers tout pourris. Mais d’où sortent ces trucs immondes ! On nous demande de les décoller et ils arrachent une partie de ce qui se cache en dessous. C’est tout naze !
  • Les règles maison. Vu la difficulté du jeu, nombreux sont les joueurs de BGG ayant utilisé des règles maison afin d’ajuster et pouvoir profiter convenablement de leur achat. Je ne fais pas exception à la règle : j’ai décidé de manière unilatérale en accord avec moi-même de revendre les objets récupérés en cours d’aventure. Je sais que cela n’est pas dans les règles et que l’auteur a précisé que cela ne devait pas se faire. Je m’en fiche totalement ! Je veux avoir une chance de finir tout ce que ce jeu propose ! Il fallait penser à mieux équilibrer le jeu, messieurs.
  • Les compétences. Chaque personnage commence avec une compétence puis certains objets ou l’expérience permettent d’en acquérir d’autres. C’est une bonne chose. Le problème est que vous obtenez des points de compétences au fur et à mesure de vos réussites lors de vos jets. Si les dés ne vous sont pas favorables, vous n’allez jamais développer de compétences supplémentaires et cela vous ralentira lors de vos aventures à venir. Ce n’est pas trop top comme système. Punitif au possible.

Les très bons points

  • Le timing des scènes de combat. Ne vous attendez pas à être en vacances. Chaque scène de combat ne durera qu’entre 3 à 5 rounds. Vous devrez valider les objectifs de la scène pour gagner votre combat. On ne parle pas ici de tuer tout le monde rapidement, bien au contraire. Il vous faudra faire preuve de rapidité ou de discrétion selon vos objectifs. Intelligence tactique et choix stratégiques.
  • Le puzzle de dés. Vous ne pourrez jamais lancer plus de 4 dés lors de vos actions de combat. Que vous soyez suréquipés ou en slip, cette règle est immuable. Il vous faudra donc choisir judicieusement vos dés parmi ceux disponibles au total suivant vos objectifs de combat, de déplacement ou d’actions spéciales. Un vrai bon casse-tête rappelant fortement RPA mais dans un autre registre. Beaucoup plus intéressant pour moi.
  • Stratégie & tactique des combats. Vous ne pourrez pas tout faire puisque vous n’avez qu’un nombre limité de rounds de combat pour réussir vos objectifs. Vous ne pourrez donc pas prendre votre temps pour tout visiter, tout looter, tout explorer, tout exterminer. Les objectifs sont variés et votre premier round sera le plus important : vérifier vos objectifs afin de peser le pour et le contre. Allez-vous les valider le plus rapidement possible et sortir de la Map, allez-vous tenter de fouiller un coffre de l’autre côté et lourdement gardé en espérant boucler à temps ou déciderez-vous de ne pas remplir vos objectifs pour obtenir le plus d’or ou de nourriture disponible ? Cette dernière option aura forcément des conséquences négatives sur la suite de votre aventure mais peut s’avérer salvatrice en fin de compte. Sacrifier une ou plusieurs pièces pour remporter la partie.
    Autre règle se mettant en place rapidement : chercher d’abord à abattre les boss et les mages. On peut encaisser quelques coups des sbires mais les grosses capacités des lieutenants ou des boss doivent être évitées au possible. Sous peine de grosse débandade !
  • La sauvegarde. Votre aventure est prise en charge par l’appli et s’enregistre automatiquement au moment où vous fermez votre support digital. Chaque scène dure en moyenne entre 30 min et 1h. Si vous avez une table pour laisser votre matériel, vous pouvez faire une scène puis vaquer à vos occupations, revenir pour 2 scènes puis aller chercher les enfants au sport, faire le repas du soir, revenir sur une quête secondaire et aller rejoindre votre moitié devant une série. C’est tellement facile que c’en est risible.
    Sinon il existe aussi une sauvegarde classique avec des boîtes pour chaque personnage et une pour le groupe.
  • Suivre son instinct (lorsque l’on est rôliste) En regardant une Map avec un levier dans un endroit loin de tout truc vraiment intéressant… on se dit que cela cache certainement quelque chose d’important. La plupart du temps c’est le cas. De rares fois c’est un piège ! Ils sont vicieux ces auteurs, on dirait presque des MJs…
  • Le « push your luck ». Vous aurez entre 3 et 5 rounds de combat pour valider vos objectifs. Mais si vous sentez que vous y êtes presque et que vous voulez pousser votre chance, il y a possibilité de faire un unique round de combat supplémentaire. Pour cela, vous devrez piocher une carte de Corruption et subir son effet immédiat, voire durable. Une prise de risque qui peut s’avérer payante, ou pas. Le simple fait de pouvoir le tenter est comme un levier inconnu dans une grande salle vide…
  • La coopération. On est ici dans un vrai jeu tactique et coopératif. Presque un wargame. Tous vos dés devront être utilisés au maximum tout comme ceux de vos compagnons si vous voulez arriver à valider tous les objectifs. Il y a des paravents derrière lesquels chaque joueur lance les dés de son personnage. On peut discuter mais pas donner de précisions sur le résultat de ses dés. Avec le système d’initiative, il faudra correctement dispatcher vos résultats dans le bon ordre. Communication claire et esprit de groupe obligatoire, bienvenue dans un groupe de JDR classique !
    En version épique, le jeu propose que chacun utilise ses dés sans communiquer avec ses compagnons. On perd beaucoup en ambiance autour de la table.

Les très mauvais points

Aucun !!! C’est dire. Le prix, peut-être ?

Un ultime point… trop étrange pour le classer précisément

Le cochon !!! C’est quoi cette nouvelle lubie des éditeurs de planquer des cochons tout mignons dans des jeux d’aventure où on est censé trucider tout ce qui bouge ???

On en avait déjà croisé un durant 3 ou 4 chapitres sur Role Player Adventures avec un vrai développement scénaristique. C’était aussi le cas dans le jeu de plateau « Pillars of Eternity: Lords of the Eastern Reach » (2018) avec un cochon éthéré, tiré du jeu vidéo original. Et bien on remet ça ici ! Y aurait-il un lobby des cochons tout mignons travaillant en sous-marin pour survivre à l’espèce humaine ?

Je ne vais pas déflorer le sujet mais le cochon en question est au cœur d’une quête secondaire et pourrait carrément devenir un de vos compagnons de voyage. Avec sa truffe, il pourrait vous rapporter beaucoup. Surprenant.

Chronicles of Kaan

Une histoire en 3 actes se déroulant « presque » exclusivement en ville. Récupérez une loupe et commencez à chercher des indices. Autant certains seront faciles mais d’autres pourraient vous poser plus de soucis à force de traîner dans les rues sombres…

Pour un total de 23 scènes auxquelles viennent s’ajouter, pour ma part, 6 quêtes secondaires complétées parmi celles disponibles. On en prend pour environ une trentaine d’heures de jeu.

Si vous faites comme moi, vous arrêterez au beau milieu du second acte en hurlant sur la difficulté. Puis vous reprendrez l’aventure à son départ, avec de nouveaux objectifs et de nouvelles tactiques. Grâce à votre expérience de la défaite cuisante, cette seconde tentative n’en sera que plus addictive. Et vous pourrez même enchaîner la seconde campagne avec les mêmes personnages ou presque.

Clash of the Immortals

Enfin sortis de la cité d’Easifir, explorant les terres enneigées du nord puis les steppes torrides de l’est.
Comme précisé par les auteurs dans le livret de règles additionnelles, cette seconde campagne est plus difficile que la première. Ils ont osé et ils en sont fiers ! Il est donc fortement conseillé d’avoir joué cette dernière avant de tenter de chasser les immortels.

Vous ne commencerez pas avec juste 6 points de compétences basiques cette fois mais directement avec 13 points que vous pouvez aller piocher dans celles plus évoluées. Vous en aurez bien besoin !
Seulement 11 scènes de base, auxquelles peuvent s’ajouter des scènes surprises ou une poignée de quêtes secondaires. Comptez environ 8h de jeu au total.

De nouvelles règles viennent soutenir l’édifice de base. Les compagnons dans Fateforge: Chronicles of Kaan viendront prendre la place des alliés avec de meilleures conditions d’utilisation. Du combat monté, des bonus d’or suivant vos victoires en combat, des références à Indiana Jones, de nouveaux objets/adversaires, des tactiques de combat de groupe, une enchanteresse comme nouvelle possibilité de personnages. Plein de petites choses venant renouveler le plaisir.

À noter que vous pouvez inclure directement sur l’appli l’extension lors du jeu de la première campagne. Je n’ai pas tenté mais peut-être que cela peut modifier certains facteurs comme les ennemis ou les tactiques de groupe d’entrée de jeu.

Enfin, il y a suffisamment de place dans la boîte de base pour y ranger l’extension… en serrant bien fort.

Ce qui m’a plu dans cette seconde campagne c’est le fait qu’elle prenne son temps d’un point de vue de temporalité narrative. Il se passe quelques mois durant la première scène de repos par exemple pour passer de la fin de l’automne au début du printemps. Par contre, on n’a pas plus de temps pour faire tout ce qu’on voudrait mais bon.

Mode Battle

Quelle bonne idée que de proposer un mode permettant de profiter du jeu même après avoir fini la campagne. Voire sans avoir commencé la campagne. Cela permet de rentabiliser le jeu et de ne pas prendre les acheteurs (que) pour des vaches à lait.

Testé avec des personnages différents, ce mode vous donne un aperçu du jeu sur 2 à 3h. Les règles sont sensiblement différentes du jeu de base : pas de scènes de repos entre les scènes de combat mais l’appli vous précise quelles compétences vous pouvez augmenter. Plus de loot également durant les scènes de combat.

On perd le côté attachement à ses personnages mais cela permet aussi d’en tester d’autres, moins motivants au premier abord.

Rallongeant la vie du jeu et notre plaisir, on est ici sur des épisodes one-shot indépendants dans l’esprit des campagnes proposées. Cela risque toutefois d’être redondant car il n’existe que 5 scénarios : 1 facile, 2 moyens et 2 difficiles. Le moyen aussi de tester le système avec votre groupe afin de savoir s’ils seront motivés par la campagne.

Et après…

Le Studio Agate a posté une news fin septembre avec le programme des réjouissances pour la gamme Dragons, dont un petit encart plus spécifique à Fateforge.

Une nouvelle campagne de financement participatif de Fateforge: Chronicles of Kaan aura lieu en février 2025. Une réimpression de toute la gamme est prévue, avec l’ajout d’une nouvelle campagne en mode extension.

Cerise sur le gâteau : Studio Agate devrait être aux commandes d’une version VF.

Hâte d’en savoir plus.

Expérience très personnelle

Après avoir écumé les deux campagnes durant 45 à 50 h de jeu, je suis heureux d’en être arrivé au bout. Heureux mais frustré !

Refaire la campagne de base à mi-chemin pour cause de difficulté sur-élevée n’est pas dans mes habitudes mais, avec le recul, c’était nécessaire à ma véritable découverte du jeu. J’aurais pu arrêter le test là, écrire un article sur un jeu tout pourri et passer à autre chose.

Certains jeux demandent à être apprivoisés pour en découvrir toute la richesse et c’est tout l’intérêt de prendre du temps pour les tests. Dans une société de plus en plus demandeuse de contenu, il est bon de prendre son temps et de s’investir sur les jeux.

En reprenant les mêmes personnages pour les jouer beaucoup plus tactiques et moins JDR classique, j’ai repris la main sur mon aventure et j’en suis sorti la tête haute même si je n’ai pas gagné toutes mes scènes de combat. On est ici dans l’idée principale des auteurs. Je mets le lien vers une bonne explication de la gestion de la difficulté.

J’en sors également un peu frustré car je dois m’arrêter là… pour le moment. À moins d’attaquer le JDR d’origine pour me replonger dans le monde d’Eana, ce que je n’ai clairement pas le temps de faire, je vais devoir refermer ce chapitre jusqu’à la prochaine campagne de financement participatif.

On, et je dois surtout dire je, soulève régulièrement le prix des jeux. Souvent chers, sont-ils rentables ? J’avais déjà abordé le sujet des jeux narratifs dans cet article il y a quelques mois.

J’ai eu la chance de tester Fateforge sans mettre la main à la poche. Non ce n’est pas un cadeau éditeur, je l’ai tout simplement emprunté à l’acheteur d’origine. Aujourd’hui j’ai envie d’y retourner et de découvrir ce que les auteurs vont nous proposer ensuite. Je reprendrais bien aussi les campagnes avec de nouveaux personnages ayant leurs tactiques propres.

Je sens déjà que la campagne prévue en février prochain me fait de l’œil… Il faudrait arrêter de proposer des trucs aussi intéressants et revenir à des classiques comme Cluedo et Catan !

Fateforge: Chronicles of Kaan, verdict

Dois-je revenir sur les nombreuses forces et les quelques faiblesses de cette superbe aventure ?
Je sais parfaitement que je suis le public cible de ce type de production et que je ne peux que vous conseiller de découvrir Fateforge si vous pratiquez la langue de Shakespeare.

Une aventure riche en rebondissements qui vous demandera des choix moraux, du sens tactique, l’œil de l’enquêteur, la gestion de vos ressources et surtout de faire face aux challenges qui vous seront proposés.
Ce n’est pas un jeu facile mais quelle n’est pas la joie ressentie au sortir d’un combat qui a failli vous coûter la vie (et donc l’aventure) !

Je pense que jusqu’ici je n’avais jamais vraiment retrouvé l’ambiance d’une tablée de JDR. Avec tous ses petits détails, Fateforge est ce qui s’en rapproche le plus pour moi. Ce qui est déjà un exploit en soi.
Si vous n’êtes pas fans des aventures « pépères », vous serez sur le bon terrain.

Fateforge: Chronicles of Kaan, c’est un peu comme un bon bouquin : on a vraiment bien profité de la découverte puis on le repose au milieu des autres et on a hâte de l’oublier un peu… jusqu’à la prochaine fois où on le sortira.

On a aimé :

  • L’immersion narrative et la mémorisation des choix
  • La richesse tactique des combats
  • L’application compagnon bien intégrée
  • Le cochon. Oui, le cochon.

On a moins aimé :

  • La difficulté parfois frustrante (préparez vos mouchoirs)
  • Le confinement initial en ville (claustrophobes s’abstenir)
  • La durée limitée des phases de repos (pas le temps de faire une sieste)

C’est plutôt pour vous si…

  • Vous aimez les défis qui vous font transpirer du cerveau
  • Vous rêvez d’une app qui se souvient de vos bêtises mieux que votre conjoint(e)
  • Vous avez toujours voulu adopter un cochon, mais dans un cadre fantastique

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

  • Vous pensiez que « push your luck » était une technique de yoga
  • Votre idée d’une campagne épique est de regarder le Seigneur des Anneaux en version longue
  • Vous êtes allergique aux dés, aux cochons, ou aux jeux qui vous font réfléchir

Le fracas des armes et la cité colorée d’Easifir vous attendent. Il est temps de répondre à leur appel !

Très bon !

Note : 4 sur 5.

  • Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Gordon Calleja
  • Illustrations : Yusuf Artun, Mark Casha, Max Kosek, Antonio Muntean, Yamandú Daniel Orce, Arjuna Susini
  • Édition : Mighty Boards
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4 ( 1 à 2 c’est top mais cela dépendra vraiment de votre groupe pour jouer plus nombreux )
  • Âge conseillé : Dès 14 ans ( éventuellement 12 ans )
  • Durée : 60 minutes ( étonnamment, oui ! )
  • Thème : Heroic Fantasy
  • Mécaniques principales : Coopératif, exploration, narratif, dés, roleplay, legacy. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici

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