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Pour le Roi (et Moi), notre jeu coup de cœur

Réédition de Biblios sorti en 2007, Pour le Roi (et Moi) est un petit jeu de cartes d’enchères et de bluff. Taquin, malin. Notre coup de cœur !


Pour le Roi (et Moi)

Pour le Roi (et Moi) vient tout juste de sortir en juin 2021 chez Iello. Il s’agit d’une réédition de Biblios, un « vieux » jeu sorti en 2007, et plus réédité depuis, également sorti chez Iello à l’époque.

À sa sortie Biblios a connu un petit succès. Entre jeu de bluff, de majorité et d’enchères, Biblios proposait un thème original : l’acquisition de livres pour composer une bibliothèque parfaite dans un monastère.

Et nous voici près de 15 ans plus tard. Iello a décidé de ressortir le jeu, en changeant deux choses toutefois : l’odeur et le thème.

Biblios, l’odeur

Oui, vous avez bien lu ! Quand Biblios est sorti, ce qui détonnait, c’était son odeur en ouvrant la boîte. En effet, l’encre utilisée pour imprimer les cartes étaient, comment dire, particulière. Et c’est un euphémisme.

Si vous avez joué à Biblios à l’époque, vous savez de quoi je parle. Oui, les jeux ont une odeur.

Pour le Roi (et Moi), le thème

Dans Pour le Roi (et Moi), ouste les moines, basta les bouquins. On incarne un jeune roi, et on doit tenter de s’entourer des meilleurs ministres, avec ou sans lunettes, avec ou sans accent du sud, avec ou sans calvitie.

Un thème moins obscur que Biblios, plus lisse, plus cocasse aussi. Au lieu de courir les livres, on gambade parmi les conseillers, avec des combinaisons souvent loufoques : Ouvreur de rideaux, Tourneur de pages royal, Bouffon du Roy, etc. Plus les ministres montent en grade et plus leur titre et fonction deviennent cruciaux pour la royauté.

Et comment on joue ?

Les règles de Pour le Roi (et Moi) tiennent en quelques phrases : on compose un gros paquet de cartes. À son tour, on en retourne une. On peut la garder, secrète, ou la placer face visible pour composer un marché pour les autres, ou la placer face cachée pour créer un paquet neutre qu’on utilise dans la seconde phase du jeu, les enchères.

Puis les autres, à chacun son tour, vont piquer dans le marché constitué. Cette toute première phase d’attribution de cartes ressemble à du draft : je prends, je laisse ou je mets à l’écart pour plus tard.

Lors de la seconde phase, on s’écharpe dans des enchères pour obtenir les cartes du paquet neutre.

Et voilà, c’est tout.

Le but du jeu ? Obtenir des majorités par couleur de cartes, pour espérer grappiller les points présents sur les conseillers.

Sauf que.

Ces points, ces valeurs ne cessent d’évoluer au cours de la partie. On peut en effet utiliser des cartes pour monter ou descendre ces valeurs. Si on voit que quelqu’un rafle toujours la même couleur et majorité, on peut s’amuser à diminuer sa valeur. Et vice versa. Avec un petit côté bluff, en tentant de dissimuler ses majorités pour éviter de trop s’exposer aux magouilles adverses.

Pour résumer, les mécaniques sont : majorité, collection, draft, bluff, enchères.

Pour le Roi (et Moi), pourquoi on kiffe ?

Qu’est-ce qui fait d’un jeu un bon, un grand jeu ? Quand, mais ce n’est pas tout, il permet de passer un bon moment, à plusieurs, un moment divertissant, un moment passionnant, trépidant. Qu’importe qu’on perde ou qu’on gagne, on se sera bien amusés. C’est le cas de Pour le Roi (et Moi) !

Alors certes, les parties à 5 sont brouillonnes, chaotiques, on ne maîtrise pas grand chose, on ne peut pas suivre qui prend quoi, qui fait quoi.

Mais même dans ce maelstrom de cartes et de bluff on passe un bon moment à faire chavirer les conseillers et leurs points, à mettre des bâtons dans les collections adverses. Même si on se trompe de cible, même si on fait n’importe quoi.

À deux, les parties sont beaucoup plus dans le contrôle, dans l’affrontement direct. Ce qu’on perd en chaos, on le perd aussi en délire.

Chaque phase de jeu nous place dans une position de prise de décision cruciale et douloureuse : que faire, que prendre, combien enchérir. Des décisions cruciales, croustillantes qui crépitent.

Enfin, le matériel est superbe. La boîte, d’abord, petite, dense, bien pensée, et les illustrations, somptueuses et cocasses.

Pour le Roi (et Moi) parvient à maintenir un équilibre rare et subtil entre tactique et stratégie, entre délire et réflexion, entre chaos et contrôle, entre tension et divertissement.

Au final, Pour le Roi (et Moi) est un excellent petit jeu à sortir cet été en terrasse. Petit format, petites parties, grand plaisir !

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Pour le Roi (et Moi), verdict

Grandiose

Un petit jeu de bluff et d’enchères ultra-fun

Note : 5 sur 5.
  • Auteur : Steve Finn
  • Illustrateur : Anthony Weinstock
  • Éditeur : Iello
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2-5 (tourne bien à toutes les configurations, avec des ressentis différents)
  • Âge conseillé : Dès 10 ans (bonne estimation)
  • Durée : 30′ par partie, à la minute près ! (environ)
  • Thème : Royauté
  • Mécaniques principales : Majorité, bluff, enchères, cartes, collection, draft

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