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Écologie,  Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Daybreak : Un plaidoyer ludique pour sauver la planète

🌱 Le célèbre créateur de Pandemic revient avec Daybreak, jeu coopératif palpitant sur le climat ! Ensemble, sauvons la planète.


Daybreak

daybreak

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


2040 : le monde est au bord du chaos climatique. Votre mission, si vous l’acceptez : inverser la tendance en moins de deux heures. Et si sauver la planète était aussi simple que de jouer à un jeu de société ?

Lorsque le célèbre Matt Leacock, papa du best-seller mondial Pandemic, s’attaque de nouveau au genre coopératif, cela fait forcément des vagues dans le petit monde du jeu de société.

Surtout quand sa nouvelle production s’intitule « Daybreak » (littéralement « aube nouvelle » ou « lever du jour » en français) et qu’elle est résolument tournée vers les enjeux climatiques. De quoi piquer la curiosité des foules de fans qui ont fait le succès retentissant de ses précédents titres.

Conçu en collaboration avec Matteo Menapacem son tout premier jeu, Daybreak résonne d’ailleurs étrangement avec l’air du temps. Mais il serait très réducteur de le cataloguer comme un « énième » jeu sur l’écologie.

Car au-delà de sa thématique verte, Daybreak propose en fait une expérience de jeu réellement novatrice à plus d’un titre. Daybreak, on vous en parle depuis longtemps. On a enfin pu y jouer. Voici notre chronique complète.

Daybreak cartes gif

À noter que la version allemande, testée ici, s’appelle e-Mission (cool le jeu de mots). La VF débarque cet automne.

Le pitch : Sauver le climat (oui mais en s’amusant !)

Commençons par poser les bases : Daybreak est un jeu complet qui se joue en 90 à 120 minutes. Voire plus pour la toute première partie, le temps d’assimiler règles et palette de pictos. De 1 à 4 personnes s’y affrontent. Non pas les uns contre les autres, mais avec un ennemi commun : le dérèglement climatique.

Concrètement, on y incarne divers pays ou unions régionales (Chine, USA, Europe, etc.) qui doivent coopérer pour atteindre la neutralité carbone d’ici 6 tours de jeu maximum. Maximum, sinon la partie est pliée (mais ce n’est pas la seule et unique manière de… perdre à Daybreak). Le tout se passe en 2040, dans un futur sombre mais encore porteur d’espoir. En effet, il est encore possible de rester sous la barre fatidique de +1,5°C de réchauffement (LOL ? On n’y croit plus… Les scénarios les plus réalistes tablent plutôt maintenant sur 2°. Au minimum).

Mais à condition de réussir le « drawdown », c’est-à-dire un bilan net zéro entre nos émissions et la capacité de la planète à les absorber naturellement pour pratiquer ce qu’on appelle la séquestration (naturelle) du dioxyde de carbone. Mission impossible ? Pas si sûr ! Surtout si tous les joueurs et joueuses unissent leurs forces vers cet objectif commun plutôt que de défendre aveuglément leurs intérêts nationaux divergents…

Mais gaffe ! À chaque tour, de nouvelles catastrophes climatiques menacent nos maigres avancées écologiques. Il va falloir y opposer les meilleurs choix politiques et technologiques possibles.

Autrement dit, nous sommes plongés au cœur d’un haletant thriller écologique dont NOUS tenons le premier rôle. Et soyons honnêtes : alors que la réaction politique aux rapports du GIEC frise trop souvent l’indigence, un peu d’empowerment utopique dans un jeu fait malgré tout un bien fou !

Mais voyons maintenant COMMENT le duo d’auteurs sont parvenus à transposer un enjeu sociétal aussi vaste et épineux dans les étroites frontières d’une boîte de jeu…

Trois innovations clés

Examinons de plus près les trois piliers conceptuels sur lesquels repose le gameplay de Daybreak :

  1. Une intégration thématique totale

Contrairement à beaucoup de jeux estampillés « écolos », Daybreak ne se contente pas d’un simple « vernis » thématique sur des mécanismes classiques. Non : ici, toute la structure de jeu découle directement du sujet traité, à savoir le défi climatique. Chaque paramètre, chaque option, chaque effet, est une métaphore raccord avec le monde réel.

On incarne ainsi de vraies nations ou unions régionales, dotées de leur propre mix énergétique initial, de leurs sources d’émissions de GES spécifiques, et de leur politique climatique naissante. Et ces différences en mode asymétriques et réalistes ont un réel impact en jeu !

Par exemple, la Chine démarre avec une faim d’énergie vorace, liée à sa démographie galopante et ses infrastructures carbonées. À l’inverse, l’Europe jouit d’un petit matelas technologique grâce à ses investissements passés dans les renouvelables.

Ces traits de caractère uniques complexifient les négociations entre joueurs et joueuses. Car il faut à la fois défendre notre planète commune dans un élan collaboratif … tout en préservant nos intérêts nationaux propres dans une logique plus compétitive ! Un subtil et réaliste équilibre « coopétitif ».

Pour rappel, Les jeux coopétitifs sont une catégorie de jeux qui mélangent des éléments de coopération et de compétition. Dans ces jeux, les joueurs et joueuses doivent souvent collaborer pour atteindre un objectif commun tout en étant en compétition les uns contre les autres, soit pour maximiser leurs propres scores, soit pour gagner des avantages supplémentaires. Ce type de jeu encourage à la fois la coopération stratégique et la compétition pour maintenir un équilibre entre l’aide mutuelle et la rivalité.

Les jeux coopétitifs sont intéressants car ils demandent aux joueurs de jongler entre l’intérêt collectif et l’intérêt individuel, rendant la dynamique de jeu plus complexe et souvent plus engageante. Ils sont populaires dans les jeux de société, mais on les retrouve aussi dans les jeux vidéo et d’autres formes de jeu interactif. Tout ce qu’on retrouve dans Daybreak, un jeu de plateau coopératif, coopétitif, en mode asymétrique, donc.

Autre force : le « moteur Climat » au cœur du système, véritable dynamique physique implacable du carbone à l’échelle globale. Ce moteur va engloutir sans pitié nos maigres promesses écologiques, tour après tour, à moins que nos politiques volontaristes de décarbonation ne l’apaisent à temps !

Une épée de Damoclès qui plane sur nos destinées et garantit un suspense insoutenable durant toute la partie.

  1. Une approche systémique globale

Autre grande force conceptuelle de Daybreak : son approche résolument systémique du défi climatique, à mille lieues des solutions miracles et simplificatrices.

Ici, toutes les cartes Politique et Technologie du jeu forment un immense vivier de leviers d’action possibles, aux effets synergiques à exploiter. Capture du carbone, reforestation massive, transports propres, énergies vertes décentralisées, taxes négatives sur les puits de carbone…

Une centaine d’options concrètes sont ainsi modélisées pour tester une myriade de stratégies bas carbone, qu’elles soient high-tech ou low-tech ! De quoi laisser libre cours à sa créativité pour expérimenter des scénarios de transition peu conventionnels vers la décarbonation de nos économies.

Mieux encore : chaque carte possède au verso un QR code renvoyant vers une fiche scientifique détaillée, explorant les tenants et aboutissants du concept réel dont elle s’inspire ! De quoi approfondir ses connaissances sur les dessous de cette transition socio-technique majeure que nécessite l’urgence climatique actuelle.

Voilà qui change des habituelles règles de jeu ! Désormais, une partie de Daybreak s’apparente autant à un brainstorming collaboratif sur les solutions au défi climatique, qu’à un pur moment ludique.

D’autant plus qu’on peut tester une multitude de combinaisons grâce aux nombreuses parties rejouables offertes par l’important paquet de cartes.

  1. Un modèle coopératif repensé

En matière de jeux coopératifs, Leacock est bien sûr tout sauf un débutant. Mais cette fois, fini le classique « alpha player » accaparant toutes les décisions « pour le bien du groupe » ! Place à un réel gameplay collectif et distribué !

Chaque participant dispose en effet de son propre paquet de cartes Politiques et Technologies à jouer. Inutile de dicter aux autres leurs actions, ils ont leurs propres décisions à prendre de leur côté en parallèle.

Cependant, tous les joueurs et joueuses sont connectés au plateau par le fameux « moteur climat » global qu’ils doivent collectivement apprivoiser. D’où des échanges intenses à chaque tour sur la meilleure répartition des rôles en fonction des ressources propres à chaque nation.

Au final, Daybreak nous offre un modèle coopératif revisité, privilégiant les chasses gardées de chacun tout en nécessitant une coordination fine entre les différentes stratégies nationales mises en place par tous les membres du groupe. Du pur coopétitif. À lire plus haut.

Cerise sur le climat : même le matériel du jeu lui-même est eco-friendly, du plateau en bois FSC aux encres végétales sur les cartes ! Exit le plastique et le polystyrène toxique généralement en vigueur dans le packaging ludique. Ici, place à une production éthique qui tient la route de bout en bout, et ce dans ses moindres détails ! Pareil pour la production du jeu, réalisée en Allemagne, en tout cas pour la version… allemande. Comme la VF ne sort qu’en novembre, nous n’en savons encore rien pour l’instant. Espérons juste que la fabrication sera également européenne. Pour nous, européens. Bref, Daybreak mérite amplement un gros, gros label Dé Vert.

En pratique : règles et déroulement

Étudions à présent plus en profondeur ce qui attend concrètement les joueurs et joueuses autour de la table avec Daybreak…

Mise en place :

Après avoir choisi leur nation (Chine, USA, UE…), chaque joueur et joueuses reçoit un plateau perso personnel qu’il ou elle initie avec ses cubes Énergie sale et propre, ses jetons Émissions CO2 et ses marqueurs de Résilience (écologique, sociale, infrastructurelle).

Sur le plateau commun sont placés pêle-mêle les éléments du « Moteur Climat » à surveiller (acidification et réchauffement des océans, fonte des glaces, désertification, etc).

Enfin, la pioche centrale de cartes Politiques/Technos est constituée, de même que la réserve de catastrophes climatiques qui ne manqueront pas de se déchaîner…

But du jeu :

Le but est simple : les nations doivent UNANIMEMENT décarboner leurs économies avant le 6e tour, en visant la « neutralité carbone ». Concrètement, parvenir collectivement à un bilan GES négatif, en désactivant plus de sources d’émissions carbonées que nos cartes « puits de carbone » (reforestation, captage CO2…) n’en compensent.

Si les joueurs et joueuses y parviennent AVANT que le mercure atteigne le seuil critique de +1,5°C dans le « Moteur Climat », ou AVANT qu’aucune nation n’atteigne ses 12 cases de Communautés en Crise, c’est gagné ! Ouf, l’humanité est sauvée (ou presque…)

Déroulement :

Chaque tour se décompose en 5 phases distinctes :

  1. Phase Globale

C’est le moment redouté où notre bonne vieille planète nous rappelle son funeste destin climatique. De nouvelles catastrophes naturelles sont piochées, dont l’ampleur dépend du niveau actuel du mercure global. Puis deux politiques ou technologies mondiales sont proposées aux joueurs et aux joueuses : ils doivent en sélectionner une par consensus pour la garder active tout le tour.

  1. Phase Locale

Le nerf de la guerre : notre phase d’actions politiques et technologiques cruciale pour infléchir nos courbes d’émissions ! Chacun pioche 5 cartes qu’il va devoir judicieusement jouer ou sacrifier pour activer des capacités.

Multiples options s’offrent à nous :

  • Jouer les cartes devant nous pour enrichir nos « moteurs » nationaux sur 5 emplacements possibles. En les combinant astucieusement on débloque ou amplifie leurs effets décarbonants.
  • Recouvrir un de nos projets existants pour le remplacer par une carte plus puissante.
  • Défausser des cartes pour activer ponctuellement des capacités de ses projets.
  • Assigner certaines de nos cartes aux projets collectifs afin de mutualiser leurs bénéfices.
  • Affecter quelques cartes sous les catastrophes en préparation, pour en atténuer les futures conséquences.

Tout un éventail de choix cornéliens avec un seul objectif : verdir efficacement notre mix énergétique national !

  1. Phase Émissions

L’heure de vérité, où la physique implacable du carbone nous rattrape… et nous juge !

Chaque joueur et joueuse vérifie d’abord s’il remplit ses besoins énergétiques internes croisssants. Si non, ses Communautés entrent en Crise…

Puis vient le décompte global : tous nos jets de CO2 sont additionnés et comparés aux absorptions permises par les « puits » naturels (forêts, océans…). L’excédent est irrémédiablement transféré vers le « Moteur Climat » commun, faisant grimper le mercure global ! Suspense…

  1. Phase Catastrophes

Les désastres climatiques présagés au début du tour se déchaînent à présent impitoyablement ! Un premier effet délétère est déterminé par le lancer du dé. Aïe. Un petit coucou de l’aléa. Puis les joueurs et joueuses subissent tour à tour les effets des cartes Catastrophes, à moins d’avoir su les anticiper lors de la Phase Locale…

Bref, le moment tant redouté où l’addition salée de notre insouciante inertie nous est présentée. Au menu : pertes de Résiliences ou de précieuses cartes, cubes noirs CO2 supplémentaires à éponger… À nous de payer !

  1. Phase Croissance

Enfin, ultime tour de vis où, en dépit de nos efforts, la pression économique et démographique mondiale augmente encore d’un cran. Nos besoins énergétiques nationaux grimpent tristement d’un palier… Avant la reprise d’un nouveau tour !

Comme on le voit, Daybreak ne réinvente pas fondamentalement les codes du jeu coopératif. Mais sa mécanique générale n’en reste pas moins extrêmement bien huilée. Surtout, son thème du défi climatique suinte littéralement de chacune de ses options de jeu !

Une grande réussite qui plonge véritablement les joueurs et joueuses en immersion dans la tempête éco-politique qui secoue actuellement notre planète. Et contrairement à la réalité, ici au moins ils disposent de vrais leviers pour agir !

Il faut toutefois relever un élément essentiel, subtil, savoureux : toutes les mécaniques de jeu sont extrêmement cohérentes et pertinentes avec son thème. Qu’on ne pourrait évidemment pas remplacer par n’importe quel autre thème, comme c’est très souvent le cas dans les jeux de plateau.

Comparaison avec Pandemic

Si tout oppose Daybreak et Pandemic en termes de mécanismes purs, leurs structures coopératives présentent en revanche deux similitudes notables :

  • le sentiment de course contre la montre
  • la nécessité vitale de communiquer

Ces deux aspects font tout le sel de l’expérience coopérative. Ils dynamisent les parties et contraignent à l’entraide, dans un esprit bon enfant typique du genre.

Néanmoins, Daybreak marque malgré tout une nette montée en gamme par rapport à son illustre aîné Pandemic, et ce à plusieurs titres :

  • une thématique intégrée au gameplay plutôt que plaquée artificiellement
  • des choix plus complexes = cerveaux plus sollicités ! Parce que oui, et on le dira plus bas, Daybreak est beaucoup, beaucoup plus costaud que Pandemic : des parties plus longues pour des règles plus profondes
  • l’absence d’un leader écrasant les initiatives individuelles (alpha player)
  • une rejouabilité accrue via l’immense paquet de cartes
  • des parties mieux équilibrées grâce à l’ajustement dynamique de la difficulté
  • une valeur ajoutée pédagogique via les QR codes des cartes

Bref, tout en conservant l’ADN coopératif qui a fait le succès critique et public de Pandemic, Daybreak tire le genre vers le haut en termes de sophistication ludique et philosophique. Oui, Daybreak est un gros jeu. On ne se lancera pas une « petite » partie entre deux jeux. Il faudra bien compter la soirée. Pour gagner, parfois, ou perdre, souvent.

De quoi séduire les fans de la première heure, tout en ouvrant la porte aux joueurs et joueuses avides de défis plus relevés. Le jeu parfait pour une soirée jeux entre joueurs et joueuses aguerries !

Seriez-vous prêt à jouer à un jeu de société sur le changement climatique ?

Daybreak, verdict : fun ET pédagogique !

Au final, Daybreak s’impose d’emblée comme le jeu incontournable de sa catégorie pour 2024 ! Il vient d’ailleurs de remporter le fameux Kennerspiel des Jahres 2024, et c’est tout mérité ! Et en parlant de Kennerspiel, l’un de ses co-auteurs, Matteo Menapace, est au cœur d’une vive polémique. À base de… pastèque.

Certes, sa double thématique climatique ET coopérative lui confère automatiquement un statut à part. Avec Daybreak, Matt Leacock et Matteo Menapace ne se contentent pas de créer un simple jeu : ils nous offrent un véritable outil d’exploration collective des enjeux climatiques. Alliant profondeur stratégique, mécaniques innovantes et pédagogie scientifique, ce titre marque un tournant dans le genre coopératif.

Plus qu’un divertissement, Daybreak est une invitation à repenser notre rapport au monde et à l’action climatique. Il nous place face à la complexité des choix à faire, tout en insufflant l’espoir qu’une mobilisation globale et coordonnée peut encore faire la différence.

Par son gameplay exigeant et sa thématique cruciale, Daybreak nous a franchement éclatés ! Un jeu qui fait réfléchir autant qu’il divertit, à mettre entre toutes les mains pour éveiller les consciences… et peut-être changer le monde.

On a aimé :

  • L’intégration parfaite du thème dans les mécaniques de jeu
  • La profondeur stratégique et la rejouabilité
  • Les événements / catastrophes que l’on voit en début de manche et contre lesquels on peut (on doit ?) se préparer
  • La tension constante entre gérer ses propres enjeux et ceux du groupe. Comme dans la vraie vie, somme toute
  • La version solo
  • La forte rejouabilité du jeu : avec le tirage des cartes, chaque partie est différente
  • Les différents moyens et variantes pour augmenter / diminuer la difficulté du jeu
  • Un jeu qui se joue aussi bien en solo qu’à 4. Très bon dans toutes les configurations (même si l’expérience de jeu sera évidemment complètement différente)
  • L’absence d’alpha player
  • Les aides de jeux individuelles hyper pratiques
  • Le fort aspect asymétrique : chaque pays / région -US, Chine, Europe, Sud Global- dispose de ses propres projets et situation de départ, très représentatif de la réalité
  • La quantité importante et impressionnante de cartes
  • L’aspect pédagogique avec les QR codes sur les cartes
  • Le matériel et une fabrication éco-responsables
  • Des règles très claires, aérées et didactiques

On a moins aimé :

  • La durée des parties, pas adaptée aux sessions courtes
  • Le hasard dans le tirage des cartes : entre les deux projets globaux, les crises et surtout, les 5 cartes persos, on peut tomber sur un bon tirage, ou pas (plus souvent « ou pas »). La chance n’existe pas, certes, il faut savoir se la créer, mais le hasard, oui. Surtout dans Daybreak !
  • La complexité qui peut rebuter les joueurs occasionnels
  • Le temps d’explication des règles (prévoyez un thermos de café bio !)
  • Des illustrations très sommaires, froides, certes modernes mais peu immersives
  • Un matériel de jeu qui fait un peu… cheap : les jetons, les plateaux perso fins et fragiles. Le jeu ressemblerait presque à un… proto
  • Une boîte peu pratique pour ranger tout le matériel
  • Un déluge de pictos pas toujours très facile à comprendre

C’est plutôt pour vous si…

  • Vous aimez les jeux coopératifs qui font chauffer les méninges. Le jeu n’est vraiment, vraiment pas facile !
  • Vous aimez les jeux à forte rejouabilité. Selon le tirage des cartes et les décisions prises, chaque partie est différente. Vous en gagnez une ? Vous pourriez en perdre trois ensuite, et vice versa
  • Vous êtes passionné par les enjeux climatiques
  • Vous aimez les gros jeux
  • Vous cherchez un jeu qui allie divertissement et apprentissage
  • Vous avez toujours rêvé d’être un super-héros écolo (en carton)

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

  • Vous préférez les jeux rapides et légers
  • Vous aimez les jeux… beaux
  • L’idée de sauver la planète vous stresse plus qu’elle ne vous motive
  • Vous êtes allergique aux plateaux chargés : pictos, myriades de jetons…
  • Votre idée d’une soirée jeux, c’est plutôt de jouer au chamboule-tout avec des canettes de soda

Et n’oubliez pas : si jamais vous perdez à Daybreak, dites-vous que ce n’est qu’un jeu… contrairement au vrais enjeux et défi climatique ! Alors, prêts à sauver le monde depuis votre canap’, un paquet de chips bio à la main ?

Grandiose ! Entre jeu de société et jeu sérieux. Une grande, grande réussite ! Mais un jeu ample, complexe, prenant et passionnant, à ne pas mettre entre toutes les mains, et avec une DA très… discutable. À quand une version allégée et plus accessible ?

Note : 4.5 sur 5.

Et encore un truc

Si vous désirez en savoir plus, voici les règles complètes de Daybreak en anglais :

Et nous avons également traduit pour vous les règles simplifiées, dispo en anglais sur BGG :


  • Label Dé Vert : Oui ! Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Matteo Menapace, Matt Leacock
  • Illustrations : Mads Berg
  • Édition : Schmidt Spiele (pour la version allemande testée ici)
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4 (tourne bien à toutes les configurations)
  • Âge conseillé : Dès 10 ans (c’est clairement très, très ambitieux. Comptez plutôt un bon minimum de 12, 14 ans)
  • Durée : 120-150 minutes, difficilement moins
  • Thème : Écologie, nature, changement climatique
  • Mécaniques principales : Coopératif. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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7 Comments

  • Vince_c

    Concernant la version française du jeu qui sort en décembre, je suis très déçu de constater que les cartes ne reprennent pas les QR codes.
    Même si cela renvoyait à de la documentation en anglais, cela aurait permis à tout le monde d’en profiter (sachant que les personnes qui ne parlent pas du tout anglais peuvent utiliser des outils de traduction facilement)

    • Gus

      WHATTTTTTTTTTTTTTTT ? Nan mais vous êtes sérieux Vincent ? Ca c’est vraiment un pur scandal !!! Pour économiser des frais de trad ils dénaturent le jeu. WTFFFFFFFFFFFFFFFF

      Il faudrait demander aux deux auteurs de ce qu’ils pensent de ce choix.

      Merci pour votre commentaire, Vincent.

      • Antoine

        10 parties 10 victoires dont certaines sur bga donc pas d erreur de regle possible..

        Aucune tension du coup contrairement à ce qui est écrit.

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