Critiques de jeux,  Jeux de plateau

3 nouveaux jeux de société pour partir à la chasse au trésor

Découvrez Dive, The Last Bottle of Rum et Trésors Légendaires, 3 nouveaux jeux de société qui vous emmèneront à la chasse au trésor.


Trésors, fantasmes et habitudes

Nous allons vous présenter aujourd’hui 3 jeux de société récents qui parlent de chasse au trésor. Mais au fond, qu’est-ce qui nous intéresse tant à les chasser, ces trésors ?

Pour aller à l’essentiel, le plaisir de la chasse réside dans l’anticipation de la récompense.

Imaginez que vous vous trouviez devant un distributeur automatique. Vous y glissez une pièce d’un euro. Et là, paf, au lieu d’un paquet de bonbons, comme vous l’attendiez, vous en recevez deux. Vous allez aussitôt vous en réjouir et vous dire que vous avez vraiment eu de la chance !

En conséquence, votre réponse en dopamine augmente. D’un autre côté, si vous glissez la pièce et la machine vous fournit le paquet commandé, comme prévu, il n’y a aucun changement dans la dopamine. L’idée de base dans cet exemple est que les neurones libèrent de la dopamine de manière proportionnelle à la différence entre les récompenses anticipées et réalisées lors d’un événement particulier.

Notre système de récompense, ce qui génère de la dopamine, concerne moins la récompense que son anticipation. Les récompenses imprévisibles produisent un plaisir beaucoup plus grand que ceux anticipés. Votre réaction à des situations qui sont meilleures ou pires que prévu est généralement plus forte que celles que vous pouvez prévoir. Les récompenses imprévisibles provoquent plus de libération de dopamine que les récompenses prévisibles. Et comme vous pouvez l’anticiper, plus de dopamine signifie plus de… plaisir.

Le but de la poussée de dopamine est d’amener le cerveau à prêter attention à des stimuli nouveaux et importants. Lorsque le stimulus cesse d’être nouveau, nous nous y habituons. C’est ce que l’on appelle l’accoutumance ou l’habituation. Au début de tout nouvel événement, de toute nouvelle situations, nous sommes « bombardés » par de la dopamine, pour ensuite peu à peu s’estomper à mesure que la situation devient connue, habituelle.

L’accoutumance est similaire à la tolérance à un médicament. Les biens matériels, comme les jeux, procurent un plaisir certain, parce que nouveaux. Mais ce plaisir est temporaire. Avec le temps, la routine, ce plaisir s’estompe. La satisfaction dépend du changement et disparaît avec la consommation continue.

La dopamine concerne davantage la poursuite d’une certaine forme de bonheur, la clé de la motivation humaine. Lorsque notre objectif est atteint, nous ressentons de la satisfaction, de l’épanouissement et du plaisir. En tant qu’êtres humains, nous nous habituons aux choses. C’est l’aspect tragique de l’accoutumance. Les trésors, et leur chasse, reposent sur ce circuit de la récompense, imprévisible.

Très or

L’astuce consiste à contrôler l’accoutumance afin de pouvoir continuer à savourer le plaisir des activités que nous apprécions. Vivre le bonheur, c’est apprendre à désirer les choses que nous avons déjà. Bouddha a dit un jour que le secret du bonheur est d’apprendre à vouloir ce que l’on a et à ne pas vouloir ce que l’on n’a pas.

La dopamine est donc l’hormone de motivation, celle qui nous pousse à… chasser le trésor. Et c’est cette chasse qui nous excite et qui alimente autant de fantasmes. Pensez à la Chouette d’Or, cette chasse au trésor qui existe depuis bientôt… 30 ans, avec un million en or et toujours cachée.

Ou, moins connue par chez-nous, la chasse au trésor de Fenn au US, enfin trouvé l’année passée, avec 2 millions à la clé, découverte 10 ans plus tard.

En 2010, un vieux millionnaire nommé Forrest Fenn a publié ses mémoires, The Thrill of the Chase, ainsi qu’un poème décrivant neuf indices sur l’emplacement d’un coffre au trésor d’une valeur de deux millions de dollars caché dans les montagnes Rocheuses. Quelques semaines en arrière, il y a même eu une recherche en psychologie qui s’est penchée sur les motivations de ces « chasseurs et chasseuses » de Fenn.

Au fond, c’est ça, ce qui nous motive et excite dans les chasses au trésor. Ne pas savoir exactement où, ni comment le trouver. Et c’est tout ce que l’on retrouve dans ces trois nouveaux jeux de société que nous allons vous présenter aujourd’hui. 3 nouveaux jeux de société qui présentent ce thème. Partez avec Dive, The Last Bottle of Rum et Trésors Légendaires, et embarquez dans une chasse au trésor.


Dive

Dive est un petit jeu de reconnaissance et d’observation, mâtiné de programmation sorti il y a quelques semaines. On dispose de jetons, d’un mini plateau où les placer et d’un écran pour tout cacher.

Le but ? dans Dive, plonger, il faut être capable de plonger le plus profondément possible pour atteindre la perle rare, le trésor des anciens, avant les autres.

Et pour ceci, on va devoir observer des pièces en plastique posées au centre de la table et recouvertes d’éléments et faunes marins : tortues, coraux, baleines, et requins, surtout. Pour descendre le plus bas possible et devancer les autres, il va falloir tenter de savoir sur quelle fiche transparente se trouve un requin. Et comme elles sont transparentes, et recouvertes d’autres illustrations, il faut faire preuve d’agilité visuelle pour discerner le tout.

Si on a vu juste, et qu’on a annoncé un requin, on peut continuer sa plongée et sa programmation, et avancer dans les points. Sinon, on doit s’interrompre, et c’est tant pis.

Dive propose quelques mécaniques subtiles, comme les tortures et les raies manta, à discerner également, auxquelles on peut s’accrocher et descendre plus vite, plus bas, i.e. avancer plus vite dans les points. Et pour cela, on utilise un système d’enchères secrètes.

Et également, pour équilibrer quelque peu le jeu, la piste des points est séparée en deux. Dans la première moitié on avance plus vite, plus facilement, et dans la seconde, toute erreur est plus punitive. Ce qui permet de ralentir toute personne qui aurait pris une vilaine avance.

Au final, Dive est un bon petit jeu, familial, qui propose plusieurs variantes pour épicer le tout.

Mais. Est-ce qu’on s’y amuse ? Oui, mais non. Tout le jeu repose sur sa capacité visuelle à discerner les éléments sur, à travers les fiches transparentes. Si on y arrive plus ou moins bien, on avance, on espère gagner. En revanche, si on a de la peine ou si on ne dispose pas d’une acuité visuelle adéquate, on patine et on souffre tout au long de la partie.

Dive est presque comme l’un de ces jeux de connaissance. On perd ou on gagne, punit ou récompensé par ses capacités, et peu pour ses prises de décisions tactiques ou stratégiques pendant la partie. Si on perd, on se sent un peu… bête, parce qu’on n’a pas su, pas vu les divers éléments. Dive est un jeu qui punit plus qu’il ne divertit.

Dive, verdict

Sympathique

Superbe thème et matériel. Pour un jeu punitif si on n’y arrive pas, et tant pis pour toi

Note : 3 sur 5.
  • Auteurs : Romain Caterdjian, Anthony Perone
  • Éditeur : Sit Down
  • Illustrateur : Alexandre Bonvalot
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1-4 (tourne bien à toutes les configurations, même en solo)
  • Âge conseillé : Dès 8 ans
  • Durée : 20-30′ par partie
  • Thème : Faune marine & plongée
  • Mécaniques principales : Observation, programmation, prise de risque, enchères secrètes

The Last Bottle of Rum

Dans The Last Bottle of Rum, on incarne des pirates des mers, sous la forme d’animaux anthropomorphiques très cartoon, et on se balade avec son galion à la recherche de… trésors enfouis sur des îles.

Des tuiles que l’on découvre peu à peu, un jeton bateau que l’on balade, et deux cartes que l’on joue à son tour pour effectuer diverses actions : explorer, se déplacer, attaquer, réparer son rafiot. Des mécaniques très classiques.

Le cœur du jeu réside dans le fait qu’on ne sait jamais sur quelle tuile on va tomber, ni sur quelle île, ni si elle va contenir un trésor. Des cartes îles sont affichées, qui indiquent les îles qui renferment un trésor.

The Last Bottle of Rum est un jeu sympathique, fluide, à la forte interaction puisque on peut attaquer les autres, et avec une menace de kraken qui peut débouler à n’importe quel moment et ralentir les pirates qui ont de l’avance dans les points.

Pour gagner la partie, il faut réussir à ramener sur l’île principale et convertir 10 trésors récupérés en point de victoire.

Sur le papier, The Last Bottle of Rum semble efficace, malin, intéressant. Et pourtant, non ! Le jeu devient répétitif : on se déplace, on récupère un trésor, on va l’amener au centre du plateau. C’est creux. Mais surtout, le gros écueil du jeu, c’est qu’il est extrêmement hasardeux : les cartes, les tuiles, les cartes spéciales, les lancers de dés, etc.

Si la chance n’existe pas, dans The Last Bottle of Rum le hasard est bien trop présent. On perd, on gagne, grâce à une tuile, une carte, un lancer qui permet de prendre de l’avance sur les autres. Au final, autant jouer à pile ou face.

The Last Bottle of Rum, verdict

Pas emballé

Sympathique, fluide, mais creux et très hasardeux

Note : 2.5 sur 5.
  • Auteur : Quentin Vernet
  • Éditeur : Lord Raccoon Games
  • Illustrateur : Baptiste Michard
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 5 (idéal à 4-5. À 2, une « IA » / joueur neutre est proposé, ce qui vient fausser et ralentir le jeu)
  • Âge conseillé : Dès 10 ans
  • Durée : 45′ par partie
  • Thème : Pirates
  • Mécaniques principales : Tuiles, affrontement, cartes

Trésors Légendaires

Les femmes autrices de jeux de société sont beaucoup, beaucoup trop rares sur le marché du jeu de société. Et c’est bien dommage ! Parmi le peu d’autrices, il y a un nom qui se distingue, Annick Lobet. C’est elle qui a sorti les deux jeux à succès Zombie Kidz Evolution et sa suite, Zombie Teenz Evolution, les deux sortis chez Le Scorpion Masqué / Hachette.

L’autrice revient ce printemps 2021 avec ce Trésors Légendaires. Il s’agit ici non pas d’un jeu coopératif, comme ses deux précédentes galettes, mais bien d’un jeu compétitif.

On balade son bateau sur un plateau juché de tuiles retournées, et on va pouvoir, devoir peu à peu les prendre comme cargaison sur son navire. Sachant que sa place est limitée, et qu’on va devoir aller vider sa cargaison sur l’une des îles situées aux quatre coins de la carte pour poursuivre le jeu et faire de la place.

Dès que toutes les tuiles ont été prises, la partie est finie. Avec, comme le jeu précédent, la possibilité d’attaquer les autres, juste en défaussant des canons sans aucun lancer de dé nécessaire.

Et c’est tout ?

Bien sûr que non.

Trésors Légendaires repose sur une mécanique de bluff. Au départ du jeu, on reçoit, cachée, une carte qui indique quelle île, quel coin on possède. En toute fin de partie, on reçoit autant de points que de trésors déposés.

Avec des trésors maudits, négatifs que l’on peut également y placer, et des tuiles neutres qui ne rapportent aucun point. Qui possède quelle île, et comment faire pour empêcher cette personne, ce pirate d’y accumuler trop de trésors, de points.

On peut attaquer, bien sûr, pour rafler des trésors présents sur le navire, ou, pire, mieux, ça dépend si ça vous arrive ou si c’est vous qui le faites, vous pouvez échanger votre carte avec d’autres.

Donc imaginez : vous passez votre partie à chercher des trésors, puis les amener sur votre île, quand patatras, votre île n’est plus la vôtre. Chaud ! Rageant ! Tendu ! Délicieux ! Car cette petite règle et mécanique introduisent une part de bluff et d’interaction suaves.

Et ce n’est pas tout.

On connaît le goût immodéré de l’autrice pour les jeux évolutifs Legacy, c’est également le cas ici dans Trésors Légendaires. Si les règles de bases sont fluides et évidentes, on dispose de 3 actions à son tour, comme dans la série des Zombies Evolution, on se déplace, on prend une tuile, on attaque, une fois la partie finie, on gratte, on révèle une case sur un plateau qui indique des éléments cachés et qui permettent d’ouvrir des enveloppes scellées.

Et comme les Zombies, au contraire d’autres titres Legacy, on ne détruit rien, on ne fait que rajouter des règles, des personnages, des tuiles, des trucs, des bidules, qui donnent furieusement de re-re-rejouer !

Trésors Légendaires ressemble beaucoup au précédent The Last Bottle of Rum. Mais là où le second jeu rate sa cible, le premier passionne ! Encore une fois, Annick Lobet nous propose ici un jeu familial captivant qui réjouira toute la famille. Un must-have de 2021 !

Trésors Légendaires, verdict

Grandiose !

Un jeu familial de chasse au trésor Legacy et passionnant !

  • Autrice : Annick Lobet
  • Éditeur : Lifestyle Boardgames Ltd
  • Illustrateurs : Douglas Giarletti, Alexander Nepogoda, Daniil Protsenko, Alexey Grishin
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4 (idéal à 4)
  • Âge conseillé : Dès 8 ans
  • Durée : 20-30′ par partie
  • Thème : Pirates
  • Mécaniques principales : Tuiles, Legacy

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