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Jeux de plateau,  sélection

On joue à quoi ce printemps ? 7 jeux de société à tester

🌻 Plis, déduction, combos, chaos lunaire et crise d’ado : 7 jeux en VF pour choisir le bon titre à sortir ce printemps.


7 jeux de société à tester ce printemps 2026

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L’essentiel en 3 points :

  • Sept jeux en VF pour sept envies ce printemps 2026 : déduction, plis, draft arctique, combos, dominos, gestion de dés experte et survie lunaire.
  • Chouineurs et Moon Colony Bloodbath sont les deux titres les plus marquants par leur personnalité.
  • Coming of Age apporte le gros angle expert : un eurogame de gestion de dés qui parle autant d’objectifs de vie que d’optimisation.

Coming of Age, Boréalis, Got Five!, Moon Colony Bloodbath, Kumata, Mythologies, Chouineurs : sept boîtes en français, sept façons de faire râler la table. Parfois pour de très bonnes raisons.

On voulait juste choisir un jeu pour vendredi soir. On s’est retrouvé avec une crise d’ado gérée aux dés, des dieux capricieux, une colonie lunaire condamnée et des joueurs qui chouinent avec méthode.

Il y a des années ludiques qui arrivent avec leurs grosses boîtes sous le bras. Des campagnes à 120 boules, des plateaux qui prennent la table basse, des livrets de règles qui ont presque besoin d’un marque-page. Et puis il y a 2026. Ou, plus exactement, ce drôle de printemps 2026 : beaucoup de petites boîtes, pas mal de cartes, quelques idées bien placées, et cette obsession très contemporaine de faire beaucoup avec peu.

Pas peu au sens pauvre. Peu au sens chirurgical. Une main de cartes, un pari, trois dominos qui s’empilent, huit cartes à poser dans un panthéon. La bonne idée, le bon tempo, et hop : la table se réveille.

Voici donc sept jeux de société en français à tester en ce printemps 2026 : Coming of Age, Borealis, Got Five!, Moon Colony Bloodbath, Kumata, Mythologies et Chouineurs. Certains sont déjà franchement installés dans les boutiques, d’autres déboulent tout feu tout flammen – Moon Colony Bloodbath, par exemple, débarque en VF en mai et se retrouve nommé au Kennerspiel des Jahres 2026. Rien que ça. La Lune n’a jamais été aussi proche.

Le tableau express

JeuMeilleur publicCe qui donne enviePetit bémol
Coming of AgeJoueurs experts, fans d’eurogames thématiques, solo possibleUne vie à construire année après année, avec dés, humeurs, relations et objectifsPrise en main dense ; iconographie et analysis paralysis possibles
BorealisFamilles joueuses, optimiseurs paisibles, fans de jeux natureUne course arctique où chaque carte sert à photographier, avancer, déclencherInteraction discrète ; sensations très casse-tête, pas baston polaire
Got Five!Familles joueuses, ados, fans de déduction rapideUn Mastermind moderne, lisible, pop, 15 minutes chronoPeut devenir un peu répétitif pour les cerveaux très analytiques
Moon Colony BloodbathSolo, joueurs initiés, amateurs de systèmes qui dérapentConstruire un moteur pour mieux le voir prendre feuChaos assumé, durée flottante, lâcher-prise obligatoire
KumataFamilles, duos, ludothèquesDes dominos en 3D, tactiles et méchants juste comme il fautThème surtout décoratif, hasard dans les options visibles
MythologiesInitiés qui aiment les combos courts et densesSeulement 8 cartes à poser, mais beaucoup de décisionsUn peu bavard pour les tables très casual
ChouineursAmateurs de plis, clubs, tables bruyantesParier, jouer recto-verso, chouiner au bon moment3 joueurs minimum ; allergiques aux paris, prudence

Coming of Age – La vie, c’est comme une boîte de meeples

Coming of Age est l’intrus le plus costaud de cette sélection de ces 7 jeux à tester ce printemps 2026. Pas une petite boîte à sortir entre deux cafés : un eurogame signé Dani Garcia où l’on accompagne un personnage de l’enfance à l’âge adulte, on le voit plutôt dans le créneau 1 à 2 heures.

Le jeu repose sur une gestion de dés très thématique. On visite des lieux, on développe des centres d’intérêt, on fabrique des souvenirs, on gère ses humeurs, ses relations, ses objectifs de vie. Dit comme ça, on dirait un questionnaire d’orientation avec des cubes. Sauf qu’à table, ça raconte quelque chose : chaque action donne un bonus, mais aussi un renoncement. Et la frustration n’est pas seulement un état mental, c’est quasiment une ressource. Choisir, c’est renoncer, comme disait l’autre.

Son charme vient de là : il fait entrer un sujet très quotidien – grandir – dans une mécanique experte, parfois dense, parfois bavarde, mais étonnamment touchante. Son bémol est tout aussi clair : première partie exigeante, pictos généreux, risque d’analysis paralysis si quelqu’un veut optimiser son adolescence au millimètre. À sortir avec des joueurs et joueuses experts qui aiment les jeux de gestion avec un vrai thème. Pas avec quelqu’un qui trouve déjà compliqué de choisir une filière au lycée.

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Borealis Expéditions Arctiques – le safari photo qui refroidit les neurones

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Avec Borealis : Expéditions Arctiques, chez Lucky Duck Games, on part dans le Grand Nord photographier des animaux, mais ce n’est pas un album Panini avec des moufles. Chaque carte peut servir à plusieurs choses, et vos scientifiques doivent être au bon endroit au bon moment.

Le cœur du jeu mélange collection et course. On fait glisser ses scientifiques sur son plateau, on déclenche les bons clichés, on avance ses drapeaux, on prépare ses objectifs. Rien de violent. Plutôt un casse-tête d’optimisation très lisible, familial dans l’accès, plus malin que sa neige toute douce ne le laisse croire.

Son bémol tient justement à cette froideur assumée : l’interaction reste discrète, presque polaire (oui, c’est le cas de le dire), et la rejouabilité dépendra de votre appétit pour les objectifs et les micro-optimisations. À sortir si vous aimez les jeux nature qui cachent un vrai casse-tête sous une belle couverture. Pas si vous cherchez à renverser la table avec un ours blanc.

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Got Five! – le Mastermind qui s’est enfilé une boisson énergisante (sans citer de marque)

Yoann Levet a déjà marqué la déduction moderne avec Turing Machine et le tryptique Kronologic. Avec Got Five!, il change d’échelle : moins de migraine, plus de vitesse. Le principe est limpide : retrouver vos cinq nombres secrets, ceux que les autres voient et que vous ne voyez pas. Oui, c’est toujours humiliant de savoir que tout le monde connaît votre main sauf vous.

À chaque tour, on révèle une tuile, puis on interroge les adversaires pour classer, comparer, éliminer. C’est immédiat. La table comprend vite. Les enfants jouent, les adultes froncent les sourcils, et quelqu’un finira forcément par annoncer “Got Five!” trop tôt. C’est la beauté du genre : la confiance arrive cinq secondes avant l’erreur.

Le jeu a un vrai profil de filler familial intelligent. Son bémol est presque mécanique : les profils très logiques peuvent finir par sentir la structure optimale, et les parties peuvent se ressembler si on enchaîne trop. Mais en ouverture de soirée, ou entre deux jeux plus costauds, ça fait le taf. Vite. Bien. Avec un petit goût de revanche.

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Moon Colony Bloodbath – bâtir une colonie, puis regarder l’oxygène se faire la malle

Moon Colony Bloodbath est probablement le jeu le plus singulier de cette liste. D’abord parce qu’il porte le nom de Donald X. Vaccarino, l’auteur de Dominion. Ensuite parce qu’il promet un plaisir rare : construire un moteur… pour mieux le voir se détruire sous vos yeux. On appelle ça de la stratégie. Ou une séance de thérapie lunaire.

Dans ce jeu de cartes, les joueurs et joueuses alimentent une pioche commune. Cette pioche va produire du développement, des opportunités, des robots, des crédits, mais aussi des accidents, des fuites, de la faim, de la paperasse et ce petit sentiment délicieux que l’humanité aurait peut-être dû rester sur Terre. Tout le monde agit en même temps, la colonie avance, puis craque. Le gagnant ? Celui qui garde le plus d’habitants en vie. Charmant.

La version française est l’actu forte de ce printemps : arrivée en mai 2026 dans les boutiques françaises, et nomination au Kennerspiel des Jahres 2026. C’est le jeu à sortir si vous aimez les systèmes vivants, l’humour noir, le solo, les catastrophes partagées et les moteurs qui toussent. En revanche, si vous êtes du genre à demander “mais comment je contrôle tout ça ?”, la Lune risque de vous répondre par une panne de courant.

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Kumata – les dominos au 7e ciel

Kumata part d’un objet que tout le monde croit connaître : le domino. Puis il lui fait grimper aux arbres. Ici, on ne se contente pas d’aligner. On recouvre, on empile, on protège avec des totems, on tente de laisser visibles ses propres points tout en écrasant ceux des autres. Tout ça en 15 minutes. Le genre de durée qui ment un peu : la boîte est courte, mais les petites rancunes restent.

Cosmoludo connaît bien les jeux abstraits accessibles, et Kumata a cette qualité rare : il donne envie d’être touché. On voit la canopée monter, on lit les opportunités, on bloque une zone, on espère que personne n’a vu notre prochain coup. À deux, le matériel recto-verso donne un vrai mode dédié ; à trois ou quatre, l’opportunisme devient plus joyeusement chanmé.

Le thème jungle est surtout une peau graphique sur un système abstrait, soyons honnêtes. Mais il fait très bien le taf : rendre le jeu accueillant. Pour les familles joueuses et les ludothèques, c’est probablement l’un des choix les plus faciles à conseiller.

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Mythologies – huit cartes qui se la racontent

Super Meeple n’est pas exactement l’éditeur qu’on attend sur un format nerveux de 20 à 40 minutes. Et c’est justement ce qui rend Mythologies intéressant. On est loin du gros jeu expert qui avale l’après-midi. Ici, tout se joue en quatre manches, avec seulement huit cartes posées dans son panthéon. Huit. Pas cinquante. Huit cartes pour essayer de convaincre les dieux que vous avez un plan.

Le jeu pioche dans plusieurs mythologies, assemble un sanctuaire variable, crée des objectifs différents, et pousse les joueurs à composer avec les bonnes lignes, les bonnes colonnes, les bonnes gemmes, les bonnes synergies. Le plaisir vient de cette densité : on choisit peu, donc chaque choix compte. Et chaque mauvais placement ressemble à une petite punition divine.

Mythologies vise plutôt les initiés que les familles totalement débutantes. Les cartes parlent, parfois beaucoup. Les effets demandent un peu d’attention. Mais pour une table qui aime les combos courts, les jeux ramassés et la rejouabilité, c’est un candidat très solide. Le genre de jeu qui se termine par : “Attends, on en refait une, j’ai compris.” Et hop, il est 3 plombes du mat.

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Chouineurs – pleurer au bon moment. Tout un art

Encore un jeu de plis ? Oui. Et c’est exactement la bonne question. Après The Crew, Scout, Skull King et toute la vague de jeux de plis modernes, il fallait une idée nette pour exister. Chouineurs en a plusieurs : des cartes double, un pari en début de manche, des atouts, et surtout la possibilité de “chouiner” quand on joue la plus petite carte.

L’idée est excellente parce qu’elle transforme l’échec en outil. Vous ratez le pli ? Vous n’êtes pas forcément dead. Vous pouvez gratter un point, retourner une carte, ajuster votre trajectoire. Le jeu garde la tension du pari, mais il donne un peu d’air. Il permet de râler utile. Et franchement, dans le jeu de société moderne, râler utilement devrait être une catégorie officielle.

Chouineurs est probablement le plus recommandable du lot pour une table vivante. Il demande trois joueureuses minimum et il faut accepter le principe du pari. Mais si votre groupe aime commenter chaque carte, se chambrer, rejouer vite et prétendre que tout était calculé, il a un vrai parfum de coup de coeur.

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Alors, lequel choisir ?

Pour une table familiale : Kumata si vous voulez du tactile, de la confrontation lisible et un format qui tient dans un quart d’heure. Got Five! si votre groupe aime déduire, barrer des hypothèses et lancer des “attends, je crois que je sais”.

Pour une table famille/initiés paisible : Borealis si vous aimez optimiser sans vous hurler dessus, photographier des animaux et chercher le bon timing. Kumata si vous voulez quelque chose de plus physique, plus agressif, avec cette satisfaction un peu coupable de recouvrir le domino adverse.

Pour les initiés : Mythologies si vous aimez les combos courts mais denses. Coming of Age si vous voulez une expérience plus longue, plus sensible, où la gestion de dés raconte une trajectoire de vie plutôt qu’un simple tableau de score.

Pour une soirée qui part en vrille : Chouineurs. Sans hésiter. Ce n’est pas un party game, mais il a cette capacité à faire parler la table, et parfois à faire accuser la mauvaise personne de “chouinage stratégique”.

Pour du solo ou un vrai sujet de discussion : Moon Colony Bloodbath. Parce qu’il est atypique, grinçant, nommé au Kennerspiel 2026, et parce qu’il résume très bien une tendance actuelle : le plaisir de bâtir quelque chose qui va probablement s’effondrer.


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