Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Un printemps pimpant avec Iello

Découvrez les 3 nouveautés Iello de cette fin de printemps 2021 : Unmatched : Robin des Bois vs Bigfoot, Under Falling Skies et Adventure Games – Monochrome & Cie.


En ce printemps 2021, Iello est tout feu tout flamme. Après Unmatched, Shards of Infinity et Visite Royale, l’éditeur nancéen (de Nancy) continue de nous proposer des jeux palpitants.

Découvrez aujourd’hui leurs 3 sorties pour cette fin de printemps, qui sont 3 localisations : un jeu tchèque, avec Under Falling Skies, un jeu allemand, Adventure Games – Monochrome & Cie, et enfin, un jeu américain, la toute première « extension », et/ou stand-alone pour Unmatched, avec Unmatched : Robin des Bois vs Bigfoot. Commençons par celui-ci.


Unmatched : Robin des Bois vs Bigfoot

Unmatched : Robin des Bois vs Bigfoot est donc la suite de Unmatched, sortie il y a à peine quelques semaines. Unmatched est en réalité la réédition d’un vieux jeu de 2002, épuisé deux ans plus tard, Star Wars Epic Duels, sorti à l’époque chez Hasbro. Nous vous en avons déjà parlé, en long, en large et en détails ici.

Unmatched est donc basé sur le système utilisé dans Star Wars: Epic Duels qui s’inspire de nombreux jeux classiques de figurines, tels que Warhammer, avec distance, ligne de tir, etc. avec des règles simples, fluides et surtout, accessibles. De quoi proposer une gamme de jeux non seulement accessible, mais également, comme un hommage à la culture pop avec divers personnages tirés de diverses œuvres.

Unmatched est donc d’un jeu tactique de baston, asymétrique. À l’instar d’un Disney Villainous, chaque personnage possède son propre deck, ses propres spécificités, et le tout se joue sur un mini-plateau couvert de cases multicolores pour représenter les portées. Unmatched, c’est un peu le wargame « du pauvre » (je sens que je vais me ramasser une volée de bois vert pour cette expression. Venez, je vous attends, j’ai +4 en combat et en porter des troncs massifs sur l’épaule). On se déplace, on joue une carte, on pioche, on va taquiner l’autre pour lui en mettre plein dans les gencives. Un jeu à l’IGUS au max !

Si le jeu « de base » pouvait se jouer à 3-4, par équipe, dans cette suite, Unmatched : Robin des Bois vs Bigfoot, tout est dans le titre, la boîte ne contient que deux personnages et tout ce qui faut pour se lancer une petite partie sur un coin de couverture en pleine milieu d’une clairière (de Sherwood ou du Yukon).

Cette boîte propose des parties plus incisives et rocailleuses que la boîte de base. Les deux personnages sont plus nerveux.

Robin des Bois a un mouvement assez standard de 2, 13 points de vie de départ et tire, bien sûr, à distance. Il est accompagné dec 4 acolytes hors-la-loi qui ont chacun qu’une seule vie et sont, eux, au corps à corps. Oui, il ressemble quelque peu à Méduse de la boîte d’origine. Sa capacité spéciale est de permettre à son combattant de se déplacer jusqu’à 2 cas après avoir lancé son attaque. Ce qui rend le jeu, son jeu plus dynamique. Là tu me vois, là tu me vois plus.

Son deck consiste à piocher plus de cartes, de quoi rendre ce personnage aussi furtif que souple et agile. Si vous aimez bondir partout et le parkour en forêt, vous allez vous éclater avec Robin !

Bigfoot, lui, comme vous pouvez vous y attendre, est beaucoup plus… robuste et imposant. Il dispose d’une base de 3 mouvements, 16 points de vie de départ et met des tatanes en mêlée au corps à corps. Il est accompagné avec un pote, le Jackalope qui a 6 points de vie de départ et qui est également au corps à corps.

Sa particularité est que s’il n’y a pas de combattants adverses dans sa zone à la fin de son tour, il peut piocher une carte. Si vous restez à l’écart, pour « hiberner », vous pourrez donc piocher. Avec Bigfoot, vous aurez vite instauré une tactique d’aller et retour. Je cogne, vite et fort, et je me retire ensuite, vite et loin. Avec évidemment, le souci majeur de l’exercice et de cette boîte, c’est que ce fieffé coquin de Robin tire, lui, à distance. Et pas vous ! Argh. Le Bigfoot d’Unmatched, c’est un peu le «  » »vrai » » » (avec trois guillemets, au moins), qui se cache dans les fourrés. Avec cette deuxième boîte, on sent bien le potentiel du jeu.

Avec 4 personnages « de base » proposés précédemment, ces deux nouveaux viennent se greffer au Unmatched-verse, de quoi y jouer soit à deux, juste avec la boîte, soit en piochant et en associant différents personnages issus de différentes boîtes. L’éditeur américain, Restoration Games, qui signe ici le reboot de Star Wars Epic Duels, a d’ailleurs déjà sorti moult extensions avec moult personnages aussi loufoques que cocasses : Bruce Lee, Buffy, les dino de Jurassic Park, etc.

Maintenant, soyons honnêtes. Cette boîte ne révolutionne rien. Robin est un poil plus intéressant à jouer, mais cela reste du Unmatched. Sans vouloir faire mon blasé, mais même avec deux personnages différents, l’expérience de jeu a tendance à revenir assez rapidement à la réalité. Alors comprenez-moi bien, Unmatched n’est en aucun cas un mauvais jeu, mais il reste un de ces jeux dits fillers, un jeu de… remplissage à la portée limitée. C’est fun, c’est frais, c’est fluide, mais ce n’est pas incroyable non plus. On se déplace, on bastonne, on court après ou on évite l’autre. Avec la flopée de boîtes et extensions qui nous attendent, on risque bien de faire comme 39% des Français et des Françaises et tomber dans la… collectionnite.

Unmatched : Robin des Bois vs Bigfoot, verdict

Pas mal !

Un stand-alone / extension à déguster à deux. Pas incroyable, mais pas mal quand même

Note : 3.5 sur 5.
  • Auteur : Rob Daviau
  • Éditeur : Iello
  • Illustrateur : Oliver Barrett
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 (ou plus, si on utilise la boîte comme extension et qu’on joue alors en équipe avec d’autres personnages d’autres boîtes)
  • Âge conseillé : Dès 9 ans (bonne estimation)
  • Durée : 30′ par partie
  • Thème : Fantastique
  • Mécaniques principales : Affrontement, cartes, asymétrique

Under Falling Skies

Under Falling Skies, c’est le grand « champion » du Grand Confinement du printemps 2020. Sorti en catimini, et gratuit, chez les Tchèques de CGE (Les Ruines Perdues de Narak), traduit en français de manière officieuse sur le net, Under Falling Skies est sorti en vrai quelques mois plus tard, en fin d’année. Et ce printemps en français, de manière officielle, chez Iello.

Under Falling Skies a remporté en 2019 le premier prix du concours des jeux en print and play organisé par BGG. Under Falling Skies est un jeu autant passionnant qu’innovant, à jouer en solo et créé par Tomáš Uhlíř. Et même si Under Falling Skies est prévu pour être joué en solo, on peut également y jouer à deux en coopératif pour discuter des stratégies à prendre, ensemble.

Le pitch :

« Un vaisseau-mère alien hostile approche rapidement de la Terre. L’Humanité a cherché refuge dans des bases souterraines pour se cacher du bombardement constant à la surface. En tant que commandant d’une de ces bases, vous essayez de développer une arme capable de détruire l’alien pour de bon, tout en développant votre base pour faire face aux vaisseaux ennemis. »

Under Falling Skies est donc un pur, gros, intense jeu en solo. On a clairement affaire ici à un jeu destiné aux Gamers. Riche, complexe, le jeu propose une expérience ludique intense et passionnante ! Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si nous l’avons placé dans notre liste des meilleurs jeux de société à jouer en solo.

Under Falling Skies peut être joué en tant qu’expérience unique ou en tant que campagne. Quelle que soit la manière dont vous jouez, le cœur du jeu reste le même. Le plateau de jeu, divisé en plusieurs rangées et cinq colonnes, comporte un vaisseau-mère en haut qui lancera des combattants qui descendent lentement vers votre base en bas. On se croirait, en forçant le trait, dans Space Invaders.

Tout se joue au moyen de dés. Chaque tour vous commencez par lancer cinq dés. Les dés peuvent être placés dans une pièce de votre base, pour activer plus tard son pouvoir spécial. La plupart des pièces seront aussi efficaces que le dé que vous y placez. Plus le dé est élevé est plus l’effet sera important. Oui mais. Et c’est le drame. Dès que vous y placez votre dé, c’est également à ce moment-là que ces méchants vaisseaux extra-terrestres vont ramener leur fraise intergalactique pour s’approcher de notre bonne vieille Terre. Mais que fait Pesquet ?

Tous les vaisseaux de cette colonne descendent d’un nombre de cases égal au dé que vous avez placé. Vous avez compris le principe. Plus le dé est élevé et plus ça risque de devenir tendu du slip !

Avec une autre subtilité du jeu, c’est que les dés sont de deux couleurs, blanc ou gris. Si vous placez un dé blanc, vous devez, pouvez tout relancer. C’est la seule façon de relancer les dés. Ce qui vous obligera, parfois, souvent, à devoir utiliser un dé, blanc, même si ce n’est pas votre premier choix.

Une fois les dés placés, c’est au tour du vaisseau-mère extraterrestre de s’activer. Et c’est là, encore, c’est le drame.

Bref, en un mot comme en cent, Under Falling Skies est passionnant ! Un gros jeu, à vivre en solo.

Under Falling Skies, verdict

Grandiose !

Un gros jeu solo, intense, riche, passionnant !

Note : 5 sur 5.
  • Auteur : Tomáš Uhlíř
  • Éditeur : Iello
  • Illustrateurs : Petr Boháček, Kwanchai Moriya
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 ou 2 en coop (mais tourne mieux en solo)
  • Âge conseillé : Dès 12 ans (pas moins)
  • Durée : 45′
  • Thème : SF
  • Mécaniques principales : Solo, dés, placement

Adventure Games – Monochrome & Cie

Iello, et Kosmos, dont c’est la traduction, se lancent dans une nouvelle gamme. Après les fameux Exit, ces Escape Games dits de salon, ils nous proposent un nouveau format d’aventures, de jeux narratifs avec ces Adventure Games. Petites boîtes, petite narration, quelques énigmes pour avancer, ce Adventure Games – Monochrome & Cie est la première d’une série qui en compte, pour l’instant, deux déjà, avec Le Donjon, sorti pratiquement en même temps.

Le principe : quelques pions personnages, pour indiquer leur emplacement choisi, des cartes lieux et énigmes, et un petit carnet à paragraphes pour placer la narration.

Le pitch « Il y a des trucs pas nets dans une boîte pharmaceutique. Infiltrez-vous pour en savoir plus ».

Si ces Adventures Games présentent certaines similitudes avec les Escape Games de salon, on est plutôt ici dans une sorte de point n’click de nos jeux vidéo vintage. Vous explorez des pièces, vous vous saisissez d’objets, les combinez et les utilisez, vous interagissez avec des personnages.

Le jeu, l’aventure, le scénario se découpe en trois chapitres, qui possède chacun son objectif spécifique. Chaque partie dure entre 60 à 90 minutes quand même. Donc comptez bien un grand minimum de 3h pour finir le jeu, la boîte. Oui, car comme Exit et toute la flopée du genre, on a bien affaire ici à un jeu-kleenex.

Une fois les 3-5h écoulées, le jeu ne peut plus être rejoué. Alors oui, certes, peut-être, on pourrait y rejouer pour obtenir une autre fin, c’est aussi possible, mais soyons honnêtes, qui se referait 3-5h du même jeu avec les mêmes énigmes et éléments pour débloquer une autre fin ? Vous ? Pas moi. Mais au vu de son prix, très doux, moins de 20 euros, comparé à un film au cinoche (quand ils étaient encore ouverts…), 3-5h de jeu, c’est tout à fait correct !

La mécanique de base repose sur le carnet et les paragraphes à lire. Chaque fois que vous explorez une nouvelle pièce, vous lisez le paragraphe correspondant. Les objets et caractéristiques de ces pièces ont des nombres à 3 chiffres. Vous utilisez vos actions pour interagir avec celles-ci en lisant à nouveau le paragraphe correspondant dans le livre. Les articles ont des nombres à 2 chiffres. Combinez-en, et bim, un nouveau paragraphe.

Chaque personne à la table contrôle un personnage. À votre tour, vous pouvez échanger des objets avec les autres qui se trouvent au même endroit, puis vous pouvez vous déplacez et effectuer une action.

Le jeu propose également une petite subtilité, un système d’alarme. Oui, parce que vous êtes en train de vous infiltrer, quand même. Effectuez certaines actions et vous déclenchez une alarme. Et déclenchez-en trop souvent, et là, c’est le drame ! Des trucs, des bidules pas très jojo vous arriveront et auront un impact sur la narration.

Adventures Games a les défauts de ses qualités. Je m’explique. On se trouve ici face à un micro-jeu narratif. Quelques cartes, quelques paragraphes, et c’est tout. C’est peu. C’est bien, mais c’est peu. L’avantage, c’est que le tout tient dans un petit format, dense, compact. L’inconvénient, c’est que le tout est, parfois, un peu trop léger : l’écriture est parfois bancale, minimaliste, on n’est clairement pas dans un vrai polar haletant littéraire, écrit par un ou une autrice expérimentée, et les énigmes sont parfois, comment dire… bâclées. Alors comprenez-moi bien, le jeu est bien, il se laisse jouer, mais ne vous attendez pas à vivre une aventure, une enquête épique.

Avec le gros danger, inhérent aux jeux à paragraphes, c’est de tomber, de lire, par inadvertance un paragraphe avant, après, et d’avoir des infos sur le jeu. Sur ce qui pourrait, sur ce qui va se passer après. De quoi déflorer et fausser le jeu. Au final, on a un bon jeu, qui manque peut-être de tension, de passion. Mais un bon jeu toutefois, surtout si vous aimez les jeux narratifs du genre !

Adventure Games – Monochrome & Cie, verdict

Très bon !

Un bon jeu narratif d’énigmes, petit, compact, qui a les défauts de ses qualités

Note : 4 sur 5.
  • Auteurs : Matthew Dunstan, Phil Walker-Harding
  • Éditeur : Iello
  • Illustrateur : Maximilian Schell
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4 (tourne mieux à 1-2)
  • Âge conseillé : Dès 12 ans (bonne estimation)
  • Durée : 60-90′ par chapitre, et il y en a 3 dans la boîte
  • Thème : Thriller
  • Mécaniques principales : Coopératif, narratif, énigmes

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5 Comments

  • Benjamin Jorio

    Hello Gus,

    déjà BRAVO pour ton site ! Voilà pas + pas – … et je ne vais pas rentrer dans les détails de mon émerveillement car ce n’est pas le sujet du jour 😉 !
    Je me pose beaucoup de questions sur Under falling skies : je lis partout que c’est un jeu « lourd » pour des joueurs aguerris. Est ce que je prendrai du plaisir si je suis un joueur « familial +++ » sans être expert ?
    Peut on prendre du plaisir sans forcément se « tournoyer » le cervelet… ou malheureusement le jeu est tellement exigeant que les défaites s’enchaineront obligatoirement ? 😉

    PS : pour le moment il est rupture partout donc ce n’est pas trop pressé… mais j’avoue avoir une envie incroyable d’y jouer au regard des tests « ultra positifs » de tous les joueurs

    Bonne journée.

    Benjamin

    • Gus

      Salut Benjamin, et BRAVO pour ton message ! Voilà pas + pas -… non plus 😉

      Non, pour être honnête, ça va. Si tu es F+++ (le truc qui veut rien dire) tu vas très bien te débrouiller. Croix de bois, croix de fer. Si je mens, je vais me réorienter pour devenir modérateur des commentaires sur Kickstarter.

      Tu serais F+, chaud, F++, limite, mais avec un passeport (vaccinal) à F+++ tu vas très bien te débrouiller.

      Et enfin sauver la planète. Parce que pendant ce temps, Pesquet se triture la nouille anti-gravitée https://youtu.be/QHW4Hugn-E4

    • Hazur

      Bonjour, le niveau de difficulté est réglable dans UFS donc pas de raison de ne pas prendre plaisir. Mais le mieux reste de profiter su temps d’indisponibilité pour tester le PnP gratuit. Et sinon, cela me gène un peu de voir un Ecoscore de A pour un jeu kleenex. La rejouabilité ne devrait-elle pas êtres prise en compte ? Prochain sujet de débat.

      • Aurik

        UFS un jeu kleenex???? Ce n’est pas un jeu kleenex du tout. On peut refaire le mode campagne à l’infini. Ce jeux a une joignabilité infinie.

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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