Partez explorer une île mystérieuse. Découvrez Les Ruines Perdues de Narak, enfin sorti en VF. Le coup de cœur de la rédaction.
Les Ruines Perdues de Narak, le pitch
Est-ce que ça vous arrive de vous demander, parfois, ce qui vous attire dans les jeux de société ? Le fait de vous retrouver à plusieurs (quand, ou si c’est possible, en ces temps de pandémie) ? Le fait de faire autre chose que de vous affaler sur votre canap devant un film, une série peut-être décevante ? Le fait de vous triturer les neurones pour développer des stratégies rutilantes, pour vous dépasser et gagner ? Ou le fait de vous immerger dans un univers et, l’espace de quelques instants, de vous affranchir d’une réalité (parfois pesante en 2021) ? Le gros jeu de plateau Les Ruines Perdues de Narak coche plusieurs de ces cases.
Les Ruines Perdues de Narak, nous vous en avons déjà parlé à plusieurs reprises. Nous publions à nouveau cet article pour vous en parler, parce que le jeu vient enfin de sortir en VF chez Iello.
Les Ruines Perdues de Narak nous place dans une expédition haletante à la recherche de temples cachés pour en ramener des trésors.

Le jeu Les Ruines Perdues de Narak intègre une mécanique de deck-building. Là aussi, on va pouvoir peu à peu renforcer son deck en achetant d’autres cartes qui vont nous permettre d’effectuer de nouvelles actions. Et comme dans d’autres nombreux jeux, Les Ruines Perdues de Narak utilisent une mécanique de placement d’ouvriers d’archéologues sur le plateau. En fonction de leur positionnement, on va obtenir cette ressource-ci, découvrir ce temple-là.
Le deck-building, mais qu’est-ce que c’est ?
Pour peu que vous évoluiez dans le monde bucolique des jeux de société, vous connaissez cette mécanique de deck-building. Elle peut même être exploitée de différentes manières plus ou moins sophistiquées, tel que le bag-building (Orléans, Les Charlatans de Belcastel) ou le dice-building (Dice Forge).
Pour faire simple, le deck-building vous permet dans le jeu d’obtenir du pouvoir et de l’argent, d’améliorer votre personnage ou de débloquer des capacités. Ce sont les joies fondamentales des jeux de société de deck-building.
Contrairement aux jeux de cartes à collectionner, ou évolutif (et aussi à collectionner, soyons lucides), les deck-building ne vous obligent pas à commencer la partie avec votre propre deck « buildé ». Dans les jeux de société qui intègrent une mécanique de deck-building, tout est déjà fait, tout est déjà prévu.
Il n’est dès lors pas nécessaire d’apprendre à construire un deck Magic: The Gathering ou d’apprendre quelles cartes valent la peine d’être utilisées comme dans Pokémon ou Yu-Gi-Oh!
Dans les jeux de société de deck-building, la gestion et la génération de votre deck a lieu pendant le jeu lui-même, plutôt que hors de la table. Vous commencez souvent la partie avec une « main » personnelle « miteuse », puis, au fil de la partie, vous allez peu à peu l’améliorer en rajoutant de nouvelles, de meilleures cartes.
Pour retracer l’origine de cette mécanique dynamique, c’est l’auteur américain Donald X. Vaccarino qui l’a développée en 2008 avec son titre-culte Dominion. Un jeu qui a fini par rafler le Spiel des Jahres cette année-là. Dans Dominion, le but est d’accumuler plus de points de victoire que les autres. Pour ce faire, vous passez votre partie à acquérer de nouvelles cartes pour renforcer et améliorer votre propre jeu, votre propre deck.
Dans la très grande majorité des cas, mais pas comme ici dans Les Ruines Perdues de Narak, on en parle plus bas, à votre tour vous obtenez de nouvelles cartes que vous allez alors placer non pas dans votre main, mais dans votre pioche. Vous achetez pour… jeter.
Quand Dominion est sorti en 2008, ça faisait tout drôle. Acheter pour aussitôt défausser ! Aujourd’hui, le deck-building est une mécanique tellement courante et galvaudée dans le milieu du jeu de société qu’on s’est habitué.
Pour récupérer les nouvelles cartes, il va falloir attendre que votre pioche soit épuisée pour pouvoir alors mélanger votre défausse et ainsi constituer une nouvelle pioche. Autrement dit, les nouvelles cartes vont apparaître, plus tard, sans que vous ne sachiez quand ni comment.
La boutique de jeux Philibert s’est fendu d’une bonne vidéo pour nous expliquer le deck-building :
Retour dans nos ruines (de Narak)
Donc en résumé, dans Les Ruines Perdues de Narak, on a affaire à du deck-building, ainsi que de la gestion de ressources et du placement d’ouvriers. Jusque-là, rien de très original. Sauf que non.
Si ces mécaniques sont devenues aujourd’hui classiques et banales dans le monde du jeu de société, Les Ruines Perdues de Narak parviennent à les réinventer, à les rafraîchir. Du deck-building, oui, mais avec un twist. On ne défausse pas les nouvelles cartes obtenues, mais on les place sous sa pioche. Malin. Ce qui limite ainsi le hasard et augmente le contrôle.
Pareil pour le placement d’ouvriers, on ne dispose que de deux meeples. C’est tout. C’est peu. Et le jeu propose toutefois 6’000 actions (au doigt mouillé) disponibles à son tour. On peut les placer, et résoudre d’autres actions sans eux.
Les Ruines Perdues de Narak est extrêmement riche, profond, complexe, intense et palpitant. Préparez vous à transpirer des neurones ! Quelle ressource prendre, pour effectuer quelle action, et quand. Beaucoup de choix, beaucoup de possibilités, beaucoup de plaisir ! Depuis une bonne dizaine d’années, l’éditeur tchèque nous a habitué à de beaux, à de bons jeux. Mais là, avec Les Ruines Perdues de Narak, pour notre plus grand plaisir, il s’est dépassé !

Vous aimez les jeux stratégiques avec très peu de hasard, avec la possibilité de programmer vos prochaines actions ? Vous aimez les jeux qui vous demandent de gérer vos ressources au plus près, avec beaucoup de différentes ressources pour effectuer différentes actions ? Vous aimez les gros jeux, dans tous les sens du terme (prévoyez beaucoup de place pour y jouer) ? Vous allez adorer Les Ruines Perdues de Narak ! C’est notre cas.
Les Ruines Perdues de Narak, verdict final
Grandiose !
Des mécaniques connues pour un jeu XXL intense et palpitant
- Date de sortie : Avril 2021 pour la VF
- Langue : Française
- Assemblé en : République Tchèque
- ITHEM: 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- ECOSCORE : B. Pour en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici
- Autrice et auteur : Michaela “Mín” Štachová et Michal « Elwen » Štach
- Éditeur : Iello
- Nombre de joueurs et joueuses : Pour 1 à 4 (tourne bien à toutes les configurations)
- Âge conseillé : Dès 14 ans (pas moins)
- Durée : Pour des parties de 1h
- Thème : Exploration
- Mécaniques principales : deck-building, placement d’ouvriers, ressources
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