Back Stories : Infiltration chic ou survie choc ? Notre verdict
🕵️♂️ James Bond ou Mad Max ? On a testé les deux nouveaux Back Stories. Du point & click sur table sans appli, mais avec des trous (et du génie).
Monkey Island rencontre Mad Max : Le choc Back Stories
Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur les deux jeux. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur des jeux. Nous avons acquis et testé les deux jeux de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale des jeux, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
L’essentiel en 3 points :
- Un excellent système de cartes perforées qui superpose action et lieu pour un effet « point & click » immédiat, sans aucune appli.
- Deux salles, deux ambiances avec un Noces d’Émeraude façon espionnage classique et un L’Embrasement post-apo mature et moralement intense.
- Des expériences « one-shot » d’une heure, fluides et tactiles. Mention spéciale à L’Embrasement qui est, selon nous, le meilleur de la gamme à ce jour.
Si vous avez aimé cliquer partout sur votre écran dans les années 90 pour trouver la clé cachée sous le paillasson, asseyez-vous, on doit discuter.
Si je vous murmure à l’oreille « poulet en caoutchouc avec une poulie au milieu » ou « tentacule pourpre », deux choses peuvent se produire. Soit vous me regardez avec inquiétude en cherchant la sortie la plus proche, soit une petite larme de nostalgie pixelisée coule sur votre joue. Si vous faites partie de cette deuxième catégorie, celle qui a usé ses souris à boule sur Monkey Island ou Les Chevaliers de Baphomet dans les années 90, alors asseyez-vous. On a une pépite pour vous.
Le pari de La Boîte de Jeu avec sa gamme Back Stories ? Transposer cette sensation unique du « point & click » sur une table de salon. Sans écran. Sans appli. Juste avec du carton, des trous et beaucoup d’ingéniosité.
Après un premier voyage polaire en 2024 avec Seule sous la glace, la gamme revient en force avec deux nouvelles boîtes en 2025 et 2026 aux ambiances radicalement opposées : Les Noces d’Émeraude, pour se la jouer James Bond en smoking, et L’Embrasement, pour les fans de Mad Max qui aiment le sable et les dilemmes moraux.
Alors, Back Stories, on en pense quoi ? Simple gadget mécanique ou véritable (r)évolution narrative ? Chez Gus&Co, on a enfilé nos gants blancs (et nos masques à gaz) pour triturer ces cartes perforées dans tous les sens. Voici notre verdict, garanti sans pixels morts. Et non, rassurez-vous, on ne divulgâche rien !
Back Stories : Les Noces d’Émeraude. James Bond en carton (et c’est un compliment)

Vous avez toujours rêvé d’infiltrer une soirée de gala en smoking, un verre de Martini à la main, mais votre seule expérience de l’espionnage se résume à regarder votre voisin taper son digicode ? Rangez votre passeport, Back Stories : Les Noces d’Émeraude a peut-être quelque chose pour vous. La promesse ? Du « point & click » sur table, sans souris, mais avec des trous.
Mission : Infiltration (et gestion de trous)
Le pitch tient sur un ticket de métro, et c’est très bien comme ça. Vous incarnez l’agent Nyx. Votre cible : le Général Darcosa, un vilain très vilain qui a volé un disque dur « Top Secret » (probablement rempli de codes nucléaires ou de photos de vacances compromettantes). Votre terrain de jeu : une réception huppée sous haute surveillance.
L’objectif est clair : récupérer le disque dur sans finir en passoire. Et c’est là que le génie mécanique de Back Stories intervient. Oubliez les épais livrets de règles ou les applications mobiles qui vous mangent la batterie. Ici, tout se joue avec des cartes… à trous.
La mécanique du « clic » analogique
C’est ce qui nous a le plus plus : la sensation tactile. Le jeu reprend les codes du jeu vidéo « point & click » des années 90. Concrètement, vous avez devant vous un Panorama formé de cartes (une salle de bal, un bureau, un garde patibulaire), oui, en mode Time Stories (RIP, snif 😥). Dans votre main, des cartes Action perforées. Vous voulez « fouiller » le bureau ? Vous prenez votre carte « fouiller » (qui a une fenêtre trouée à un endroit précis), vous la superposez au dos de la carte « bureau », et vous retournez le tout.
Magie du carton : la fenêtre de votre carte Action laisse apparaître un résultat spécifique sur la carte Lieu. Parfois un numéro de carte à piocher, parfois rien (votre action a échoué). C’est fluide, c’est malin, et ça donne une satisfaction immédiate, presque physique, à chaque décision. On a vraiment l’impression d’agir sur le décor, sur les personnages, sur le scénario, sur la partie.
Un espionnage « grand public », mais pas sans risques
L’ambiance lorgne du côté des classiques : James Bond pour le glamour, Jason Bourne pour l’efficacité. Les illustrations de Gong Studio appuient ce côté « comics d’action », très lisible et coloré.
Mais attention, sous ses airs de petit jeu d’apéro, Les Noces d’Émeraude cache quelques dents. L’éditeur annonce du 12+, et pour une fois, ce n’est pas juste pour la complexité des règles. Le ton peut se durcir, avec une violence parfois sèche et un langage fleuri qui sied mieux aux ados/adultes qu’au goûter d’anniversaire du petit dernier.
Côté gameplay, c’est du « sans filet ». Le jeu vous demande de ne pas mélanger les cartes (jamais ! malheureux !) et de ne pas tricher. Chaque choix ferme des portes. Vous avez déclenché une alarme ? Tant pis pour vous, gérez la crise. Cette tension permanente est savoureuse : on pèse chaque décision, non pas pour résoudre une énigme mathématique, mais pour survivre à la situation.

Ce qui fâche (un peu)
Tout n’est pas parfait au royaume de Sa Majesté. D’abord, la manipulation. Le système est chouette, mais le matériel impose une rigueur monacale. Il faut garder le paquet en ordre, ne pas voir la carte du dessous en piochant celle du dessus… Parfois, on a l’impression de devoir être aussi délicat qu’un horloger (suisse) pour ne pas se spoiler involontairement.
Ensuite, le scénario. Il est efficace, rythmé, avec des traits d’humour référencés qui font mouche. Mais soyons honnêtes : on reste dans les rails très classiques du genre. Le méchant est méchant, la mission est linéaire malgré les embranchements. On est là pour le plaisir de l’exécution, pas pour une révolution narrative.
Enfin, la rejouabilité. C’est un « One Shot ». Il y a plusieurs fins, certes, et on peut refaire une « run » pour voir ce qu’on a raté. Mais l’effet de surprise éventé, la deuxième partie perd 50% de sa saveur. Vu le prix (très accessible), ce n’est pas un scandale, mais sachez-le : c’est une expérience à consommer, puis à prêter (louer ? Vendre ? Offrir !) à vos potes.
Back Stories : Les Noces d’Émeraude, verdict
Back Stories : Les Noces d’Émeraude réussit son pari : transformer une mécanique abstraite en sensations d’action. C’est un excellent bonbon ludique d’une heure, idéal pour un couple ou un trio (max !) de potes qui veulent se la jouer agents secrets sans sortir de chez eux. C’est tactiquement plaisant, visuellement propre et mécaniquement huilé.
On aurait aimé une histoire un poil plus surprenante, mais pour le prix d’une place de ciné et demi, on a droit à notre propre film d’action. Et ça, on valide.
Très bon !
- Date de sortie : 2025
- Langue : Français
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Anthony Perone, Nicolas Fuchs, Benoit Bannier, Jules Messaud
- Illustrations : Gong Studios
- Édition : La Boite de Jeu
- Nombre de joueurs et joueuses : 1-6 (idéalement 1-2)
- Âge conseillé : 12 ans (bonne estimation)
- Durée : 60 minutes (bonne estimation)
- Thème : Espionnage
- Mécaniques principales : Coopératif, narratif, déduction. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
Back Stories : L’Embrasement. Le jeu qui vous regarde droit dans les yeux (et ne cille pas)

Il y a deux types de jeux narratifs. Ceux qui vous prennent par la main pour vous raconter une jolie histoire avant de dormir. Et puis il y a ceux qui vous attrapent par le col, vous secouent un bon coup et vous murmurent : « Vas-y. Décide. Mais ne viens pas chialer après. »
Back Stories : L’Embrasement appartient clairement à la seconde catégorie.
Oubliez les plateaux qui prennent toute la table et les livrets de règles épais comme un annuaire (pour les moins de 20 ans, Googlez « annuaire »). Ici, La Boîte de Jeu nous propose une expérience qui tient dans la poche, mais qui pèse une tonne sur la conscience. On a testé, on a transpiré, et on ne va pas se mentir : c’est une sacrée claque ludique. Et chanmé, la claque. Dans tous les sens du terme.
Le point & click a enfin quitté votre écran
La promesse de la gamme Back Stories est simple, mais diablement efficace : transposer la sensation du jeu vidéo « point & click » de nos années ados 90s (façon Monkey Island ou Day of the Tentacle, pour les fans) sur une table de salon. Oui, on l’a déjà dit plus haut. Mais j’aime bien répépéter pour celles et ceux qui ne suivent pas.
Comment ? Par une magie ergonomique tout bête : la carte perforée. Oui, Turing Machine est passé (deux ans) avant.
C’est tactile, c’est immédiat. Pas de règle à lire pendant 20 minutes. Vous ouvrez la boîte, vous lisez la première carte, et vous êtes dedans. C’est littéralement une interface analogique : une main, une carte, une fenêtre, et l’histoire qui répond. C’est fluide comme de l’eau (radioactive, l’eau, on y vient).
Mad Max au creux de la main
Si Back Stories était une série, cet épisode L’Embrasement serait la saison classée « 16+ ». Oubliez les enquêtes polissées. Ici, on est dans du post-apo pur et dur. Dur, surtout.
Fun fact : en 2024, dans notre critique du tout premier Back Stories, on vous avait demandé de voter sur des prochains scénarios, des prochains univers possibles. Vous avez été une majorité à préférer du… post-apo. Et bim, nous voici en 2026 avec un Back Stories post-apo. Est-ce que l’éditeur nous/vous a écoutés ?

Dans ce troisième opus de Back Stories, vous incarnez Ben, un ancien milicien qui a troqué son fusil contre une vie de famille paisible. Sauf que dans un monde où la société s’est effondrée, le passé a cette fâcheuse tendance à revenir frapper à la porte avec une batte de baseball.
Le scénario, signé par le duo Benoît Bannier et Quentin Guidotti (sur une mécanique de Jules Messaud et Anthony Perone), ne fait pas de concessions. On ne cherche pas ici la « bonne réponse » comme dans un Sherlock Holmes Détective Conseil. On cherche la « moins pire ». Faut-il sauver cet inconnu au risque de compromettre sa couverture ? Faut-il négocier avec des ordures pour protéger les siens ?
Le jeu affiche un « 14 ans et plus » qui n’est pas là pour la déco. L’ambiance visuelle de Cyrille Bertin, aux teintes ocres et désespérées, finit d’installer ce climat à la The Walking Dead ou Mad Max. C’est sale, c’est rugueux, et franchement, c’est immersif.

Le coup de génie ? Le miroir final
C’est souvent là que le bât blesse dans les jeux narratifs : la fin. Soit c’est un couloir unique, soit on vous dit juste « Bravo, page 42 ».
L’Embrasement réussit un tour de force avec son système de conclusion. Sans spoiler, sachez que vous ne piochez pas une carte de fin, mais un paquet de cartes qui retrace votre parcours.
Le jeu agit comme un miroir. Il vous renvoie vos décisions à la figure. « Tu te souviens quand tu as laissé ce type sur la route ? Voici ce qu’il est devenu. » C’est puissant ! Ça donne une consistance réelle à vos choix. On ne joue pas juste pour gagner, on joue pour voir quel genre d’humain on est devenu en une heure de temps. Et ça, c’est la marque des grands jeux narratifs.
Back Stories : L’Embrasement, verdict
Back Stories : L’Embrasement, c’est la preuve qu’on n’a pas besoin de plastique par kilos pour vivre une grande aventure. C’est une boîte à 18€ qui vous offre une heure de tension, de dilemmes moraux et une fluidité mécanique exemplaire.
C’est adulte, c’est intelligent, et ça respecte votre intelligence de joueuse et de joueur. Si vous aimez qu’un jeu vous résiste un peu (difficulté estimée à 4/5 tout de même), foncez. Mais ne dites pas qu’on ne vous a pas prévenus : vos choix vous hanteront peut-être un peu après avoir refermé le couvercle (et compté les cartes pendant 32 minutes pour les remettre toutes dans l’ordre).
Excellent ! Le meilleur de la gamme, selon nous. Plus mûr, plus adulte, plus émotionnel, plus intense. Bref, en trois mots : plus mieux bien.

- Date de sortie : 2026
- Langue : Français
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Anthony Perone, Nicolas Fuchs, Benoit Bannier, Jules Messaud
- Illustrations : Cyrille Bertin
- Édition : La Boite de Jeu
- Nombre de joueurs et joueuses : 1-6 (idéalement 1-2)
- Âge conseillé : 14 ans (bonne estimation)
- Durée : 60 minutes (bonne estimation)
- Thème : Post-apo
- Mécaniques principales : Coopératif, narratif, déduction. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
Alors, on clique ou on zappe ?
Au final, cette double sortie confirme que Back Stories n’est pas qu’un simple gadget mécanique. C’est la preuve éclatante qu’on n’a pas besoin d’une usine à gaz de 4 kilos de plastique pour vivre une aventure immersive. Le système est fluide, tactile, et procure cette satisfaction immédiate, presque enfantine, de voir l’histoire changer physiquement sous ses doigts.
Si Les Noces d’Émeraude assure le spectacle et fait son taf avec une efficacité hollywoodienne idéale pour l’apéro, c’est véritablement L’Embrasement qui nous a mis KO debout. C’est rare qu’un « petit jeu » à moins de 20 euros nous pousse dans nos retranchements moraux avec autant de violence et de justesse. C’est adulte, c’est âpre, et ça reste en tête.
Notre conseil : Foncez si vous aimez les histoires interactives et que vous avez une heure devant vous. Mais pitié, on le répète une dernière fois pour les gens au fond de la salle : ne faites jamais tomber la pile de cartes. Jamais. Sinon, votre partie se transformera en puzzle de 150 pièces sans image, et là, même James Bond ne pourra rien pour vous.
On a aimé :
- La sensation physique de « cliquer » avec du carton (c’est bête, mais c’est jouissif).
- L’absence totale de règles à lire : on ouvre, on joue. Le bonheur.
- L’Embrasement qui ne nous prend pas pour des bisounours avec ses choix cornéliens.
On a moins aimé :
- La sueur froide quand on a failli faire tomber la pile de cartes (mélange interdit !).
- La rejouabilité proche du néant absolu (mais à ce prix-là, on pardonne).
- Devoir ranger les cartes dans l’ordre numérique à la fin (la punition scolaire).
C’est plutôt pour vous si…
- Vous cherchez une expérience intense d’une heure à partager en couple ou duo.
- Vous êtes nostalgique de Monkey Island mais vous voulez jouer loin d’un écran.
- Vous aimez les histoires où vos choix vous reviennent en pleine figure (littéralement).
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous êtes un compulsif du mélange de cartes (votre TOC va vous ruiner la partie).
- Vous cherchez un jeu expert de gestion de ressources sur 4 heures.
- Vous comptez y jouer avec des enfants (surtout pour l’opus post-apo, sauf si vous voulez payer leur thérapie).
Back Stories prouve qu’on peut faire de grands jeux. Avec de petits trous.
Rejoignez notre communauté :
Rejoignez notre chaîne WhatsApp
Gus&Co : 100% Indépendant, 0% Publicité
Vous avez aimé cet article ? Depuis 2007, nous faisons le choix difficile de refuser la publicité intrusive pour vous offrir une lecture confortable. Mais l'indépendance a un prix (hébergement, temps, achat de jeux).
Pour que cette aventure continue, vous avez deux moyens de nous soutenir :
☕ Soutenir Gus&Co sur Tipeee