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Turing machine. Serez-vous capable de percer le secret d’Enigma

Dans Turing Machine, Faîtes des hypothèses. Interrogez la machine. Et soyez la personne la plus rapide à trouver le code.


Turing Machine

Turing machine est un jeu de déduction exigeant. Choisir judicieusement les questions à poser à la machine et bien interpréter ses réponses sont la clé pour déduire le code en un minimum de questions.

Le but : trouver le code à 3 chiffres. Chaque chiffre pouvant avoir l’une des valeur de 1 à 5.

Le design de la boîte est perforé. La couleur du titre provient de la règle de jeu qui se situe sur le sommet de la boîte. Si vous ne voyez pas de coche verte sur le coté de la boîte, c’est que vous n’avez pas mis le couvercle dans le bon sens.

Autre avantage de la boîte ajourée, elle est facile à ouvrir.

Turing. Ce nom me dit quelque chose

Le pitch du jeu indique ceci :

« Le mathématicien et cryptologue anglais Alan Turing a largement contribué à l’arrivée des ordinateurs.

Nous vous proposons ici d’utiliser un proto-ordinateur fonctionnant sans électricité ou électronique pour retrouver des codes secrets.« 

Alan Turing ?

Alan Turing, né le 23 juin 1912 à Londres, et décédé le 7 juin 1954 à Wilmslow, fut un mathématicien et cryptologue britannique qui a apporté des contributions majeures aux mathématiques, à la cryptanalyse, à la logique, à la philosophie et aux mathématiques. Et, surtout, aux nouveaux domaines nommés plus tard l’informatique et à l’intelligence artificielle. Oui, c’est Alan Turing qui a fondé les bases de l’information moderne.

En 1938, Turing rejoint la Government Code and Cypher School à Bletchley Park, très impliqué ensuite avec la guerre. Quelques semaines auparavant, le gouvernement polonais avait donné à la Grande-Bretagne et à la France des détails sur les succès polonais contre Enigma, la principale machine de chiffrement utilisée par l’armée allemande pour chiffrer les communications radio. Dès 1932, une petite équipe de mathématiciens-cryptanalystes polonais, dirigée par Marian Rejewski, avait réussi à déduire le câblage interne d’Enigma. Et en 1938, l’équipe de Rejewski avait conçu une machine à casser les codes qu’ils appelaient la Bomba (le mot polonais pour une sorte de… crème glacée).

La Bomba dépendait pour son succès des procédures d’exploitation allemandes, et une modification de ces procédures en mai 1940 rendit la Bomba inutile. Au cours de l’automne 1939 et du printemps 1940, Turing et d’autres ont conçu une machine de décodage connexe, mais très différente, connue sous le nom de… Bombe. Pour le reste de la guerre, la Bombe a fourni aux Alliés de grandes quantités de renseignements militaires.

Au début de 1942, les cryptanalystes de Bletchley Park décodaient environ 39 000 messages interceptés chaque mois. Un chiffre qui passa par la suite à plus de 84 000 par mois. Soit deux messages par minute. Chaque minute. Jour et nuit.

En 1942, Turing a également conçu la première méthode systématique pour casser les messages chiffrés par la machine de chiffrement allemande sophistiquée que les Britanniques appelaient « Tunny ». À la fin de la guerre, Turing a été nommé Officier de l’Ordre le plus excellent de l’Empire britannique (OBE) pour son travail de décryptage.

En 1945, la guerre terminée, Turing est recruté au National Physical Laboratory (NPL) de Londres pour créer un ordinateur électronique. Sa conception pour le moteur de calcul automatique (ACE) était la première spécification complète d’un ordinateur numérique polyvalent à programme électronique stocké.

NPL a perdu la course pour construire le premier ordinateur numérique à programme stocké électronique fonctionnel au monde, un honneur qui est allé au Royal Society Computing Machine Laboratory de l’Université de Manchester en juin 1948.

Découragé par les retards au NPL, Turing a pris le poste de directeur adjoint du Computing Machine Laboratory cette année-là. Son concept théorique antérieur d’une machine de Turing universelle avait eu une influence fondamentale sur le projet informatique de Manchester depuis le début. Après l’arrivée de Turing à Manchester, ses principales contributions au développement de l’ordinateur ont été de concevoir un système d’entrée-sortie, utilisant la technologie de Bletchley Park, et de concevoir son système de programmation.

Il a également écrit le tout premier manuel de programmation. Et son système de programmation a été utilisé dans le Ferranti Mark I, le tout, tout, tout premier ordinateur numérique électronique commercialisable (1951).

Le Ferranti Mark I, le tout premier ordinateur commercialisé de l’histoire (1951)

En 1954, Turing est découvert mort dans son lit. Empoisonné au cyanure. Le verdict officiel fut le suicide. Mais l’enquête de 1954 ne fut pas super, super concluante. D’autant qu’il avait été accusé d’homosexualité, interdite en Angleterre au début des années 50. Et qu’il fut obligé d’avaler des médicaments prescrits par la justice pour réduire sa… libido. Est-ce que ces médicaments (foireux ?) ont joué un rôle dans son décès ?

Et c’est en 2015 que sort The Imitation Game avec Benedict Cumberbatch, sur la vie d’Alan Turing.

Comment on joue ?

Revenons à nos moutons codes. Poser l’hexagone représentant la machine au centre de la table. Sélectionner une énigme dans le livret de règles ou sur le site web.

Prenez les cartes rectangulaires demandées par l’énigme et posez-les aux emplacements A à D (ou jusqu’à F, pour les énigmes les plus difficiles). Prenez également les cartes carrées indiquées. Elle vous permettront de vérifier vos propositions.

Écrivez une proposition sur votre feuille et prenez les 3 cartons perforés choisis. Les cartons avec les chiffres et les couleurs.

Lors d’un tour, vous pouvez poser jusqu’à 3 questions avec le même set de cartes perforées. Noteze les réponses obtenus sur votre feuille. Et voilà, c’est tout. Votre tour est joué.

Lorsque tout le monde a terminé, comptez jusqu’à 3 et mettez le pouce en l’air si vous voulez proposer une solution. Et la vérifier ensuite dans les règles. On peut se retrouver à plusieurs dans ce cas de figure. Sinon, un nouveau tour commence.

Si la réponse est bonne, vous gagnez si vous êtes la personne qui a utilisé le moins de questions pour y arriver.

Alors, Turing Machine, c’est bien ?

Le fonctionnement de ce jeu impressionne. On se demande comment il a pu germer dans la tête de leurs auteurs.

Le jeu est exigeant et il peut ne pas convenir à tous le monde. Il faut bien comprendre ce qu’une réponse vous donne comme information. Et ce qu’elle ne vous donne pas.

Les cartes les plus complexes demandent un peu / beaucoup de réflexion pour bien les comprendre :

  • La machine répond toujours par rapport à la proposition que vous faites.
  • La machine ne répond que pour une couleur précise (même si vous ne savez pas laquelle) et non pour toutes les couleurs.

Par exemple, un exemple.

Si une carte compare la couleur avec le chiffre 1 et que vous proposez 1 pour le bleu et que la machine répond avec une coche verte, le chiffre bleu est 1.

Si une carte vous dit si l’une des couleurs est paire ou impaire (mais sans préciser pour quelle couleur), vous n’arriverez pas à interpréter la réponse avant d’avoir une info sur l’une des couleurs. Pourtant il faut bien comprendre que la carte ne sert par exemple qu’à vous dire si la couleur jaune est paire ou impaire.

Mais si vous savez que le chiffre bleu est 2 (vous l’avez déduit avec d’autres cartes), vous savez que cette carte ne vous donne pas une information sur la couleur bleue. Sinon cette carte ne servirait à rien.

Si vous proposez 2, 1, 3, et que la réponse est juste, vous savez maintenant que c’est soit jaune, soit que violet est impair (ou les 2). Car dans notre hypothèse, cette carte ne répond que pour la couleur jaune.

Le jeu ne propose que 20 défis, allant en crescendo. Et puis c’est tout.

Vraiment ?

Non.

En vrai, si les règles n’en proposent que 20, le site de l’éditeur en met encore un tout petit peu plus à disposition. 7 millions ! De quoi jouer à Turing Machine dans son château écossais non-stop jusqu’à 96 ans,

En bref, tempête dans le cerveau ! Et ceci dès les toutes premières secondes du jeu !

Interaction ?

C’est à se demander si Turing Machine n’a pas été créé pendant le Grand confinement du printemps 2020. Car Turing Machine est (encore ?) l’un de ces jeux de société qui se joue en solo. Mais à plusieurs.

On a les yeux rivés à ses cartes, ses interprétations, ses déductions, ses codes. On peut très bien y jouer en solo. Et le jeu passe très bien ainsi.

La seule vraie (?) interaction repose sur l’effet de course. Trouver le code à 3 chiffres avant les autres. Mais c’est tout. On ne peut pas leur mettre des bâtons dans les roues, on ne communique pas. Turing Machine est donc un jeu… polaire.

À moins que.

À moins que l’on décide d’y jouer en mode coopératif.

Le jeu propose un mode coopératif, dans lequel on doit, ensemble, trouver le code en un nombre minimum de réponses. Et là, l’interaction se réchauffe !

Interview

Nous avons voulu en savoir plus sur la genèse et le développement de Turing Machine. Nous avons alors interviewé le duo d’auteurs, Fabien Gridel et Yoann Levet.

Yoann, cela fait plus de 7 ans que vous n’avez pas sorti de jeu. Qu’avez-vous fait entre ces deux sorties ?

Yoann : Myrmes était mon premier prototype de jeu et je croyais que ce serait une expérience sans lendemain. Je ne m’attendais pas au succès qu’il a eu. La réalisation d’autres jeux a donc été un peu plus longue pour moi, j’ai signé quelques autres jeux rapidement dont certains ne sont même pas encore sortis mais c’est surtout le Covid et son confinement qui m’ont décidé à vraiment me donner des objectifs. J’ai alors signé de nombreux jeux dont un de ceux dont je suis le plus fier, Turing Machine.

Fabien, on vous connaît peu comme auteur de jeux. Vous avez sorti Rest in Peace l’année passée chez l’éditeur toulousain Blue Cocker. Présentez-vous un peu à nous.

Fabien : J’ai barboté dans le microcosme ludique au début des années 2000. J’écrivais beaucoup d’avis sur Trictrac et m’amusais de polémiques. J’ai participé à ludagora.net qui permettait de jouer à quelques jeux de société sur le web (Medina, le lièvre et la tortue, Durch die Wüste…), et j’ai quelque temps écrit dans JSUP (Des Jeux Sur un Plateau). Puis, plus rien, même si la passion du jeu était là. Ce n’est que très récemment et surtout au contact de Yoann que je me suis intéressé à la création.

Parlons de Turing Machine. Quelles ont été vos inspirations ?

Yoann : Fabien et moi sommes très fans des jeux de déduction, depuis longtemps nous nous intéressons à tout ce qui se fait dans ce genre là en ayant à chaque fois des discussions passionnés sur les avantages et défauts de certains. C’est en jouant à Cryptide plus particulièrement, que nous avons trouvé fascinant, que l’idée nous est venue d’essayer de réaliser un jeu de déduction plus juste dans les chances de victoire de chacun.

Fabien : Plus que des inspirations, il y avait un désir de ce à quoi nous voulions arriver. Les jeux de déduction sont vraiment une catégorie à part. Et avec Yoann, on partage rigoureusement le même point de vue sur ce qui est bien et ce qui nous plaît dans ce genre de jeux. Turing Machine est l’aboutissement de notre vision de ce genre de jeux : Le plaisir de la déduction, la pertinence des choix qui doit être récompensée, le défi intellectuel que le jeu doit représenter. La « pureté » qui doit transpirer des règles et ne pas se masquer derrière des mécaniques artificielles. 

Pour quelque peu contextualiser le jeu, avez-vous commencé par étudier la vie, mouvementée, d’Alan Turing, ou est-ce que ce thème est venu plus tard dans la conception ?

Yoann : Fabien a réalisé le squelette du jeu en inventant ce système d’affirmations à trouver qui permet de trouver un unique code. Son jeu était coopératif, c’était le seul moyen jusque-là qu’il avait trouvé de rendre le jeu juste : tout le monde gagne ou tout le monde perd. Lorsqu’il m’a présenté son jeu, je me suis dit que le jeu serait transcendé si on le rendait compétitif et qu’on lui trouvait un thème. Mais transposer son jeu en compétitif lui apportait de nouveau le défaut d’équité dont nous parlions plus haut sur Cryptide. C’est là que j’ai lancé l’idée folle d’essayer de trouver un système pour que ce soit le jeu qui détienne toutes les infos à trouver et qui réponde aux joueurs. Sur le coup, Fabien a trouvé l’idée plutôt saugrenue mais il a décidé de tout de même me faire confiance et de me laisser creuser l’idée. Je pense que c’est la clef de notre entente avec Fabien, c’est ce qui fait que nous avons réussi à signer plusieurs jeux ensembles. Nous sommes toujours ouverts aux idées farfelues de l’autre, et nous en avons un gros paquet.

Très rapidement j’ai trouvé un système de plaquette à superposer qui rendait le matériel capable de répondre à des questions complexe. Turing Machine naissait. Et c’est une fois le matériel conçu qu’il a été pour moi une évidence de faire référence à Alan Turing. Un personnage que j’adore. On avait une sorte d’ordinateur mécanique qui allait nous permettre de décrypter un code, la référence à Alan Turing et la Bombe, la machine qu’il a créée et qui a permis de décrypter Enigma était toute trouvée.

Fabien : Pour la petite histoire, du proto initial avec un thème « digicode », en passant par un thème avec des animaux de la ferme, puis un thème seconde guerre mondiale, pour enfin arriver sur quelque chose qui est plus de l’ordre de l’hommage que du vrai thème. Je trouve qu’au final le nom du jeu est idéal. Aidé par le design de la boite, il donne une bonne image de ce que les joueurs vont trouver à l’intérieur. 

Votre jeu est en même temps extrêmement simple, en même temps extrêmement complexe. Quelles ont été les étapes de création, de développement ?

Yoann : Comme j’ai commencé à l’évoquer plus haut, tout est parti de l’algorithme de Fabien qui permettait de trouver des ensembles de lois qui permettait de trouver des codes. Après avoir transposé le jeu en compétitif le travail a surtout été de le rendre ludique.

De cette base très abstraite et très mathématique, il nous a fallu trouver les types d’affirmations qui étaient les plus simples à comprendre et travailler sur un moteur de jeu qui permettait d’exploiter tout cela.

Nous avons testé de nombreuses choses. Entre différents systèmes de jeu, différents types de codes, il nous aura fallu plus d’un an de travail pour arriver au résultat actuel.

De mon côté j’ai surtout travaillé sur l’algorithme qui a créé et classifié les parties et sur la production automatique des cartes et des tracés des plaquettes. J’ai passé plus de 1 000 heures à faire cela.

Fabien : Parmi les étapes de création, il y a une foultitude de détails qui demanderaient à être expliquée. Pourquoi un code à 3 chiffres ? Pourquoi de 1 à 5 ? Quelle taille pour les cartes ? Quelles sélections dans les « critères » et les « Vérificateurs » ? Même le choix des problèmes du livret est un défi. Les deux variantes : Extrême et Cauchemar…

Et tout cela, sans même aborder les contraintes de production, le développement du site TuringMachine.info pour générer des millions de problèmes en ligne jouables seul ou en coopération, etc…

De quoi écrire un livre !

La question que tout le monde se pose. Comment avez-vous fait pour mettre en place un million de possibilités ?

Yoann : Une fois les types d’affirmations et leur catégories établies c’est surtout l’ordinateur qui a travaillé. Mais il ne faut pas sous-estimer le nombre de paramètres qu’il nous a fallu régler pour obtenir toutes ses parties. Nous aurions pu en générer beaucoup plus et notre travail a été de ne garder que les meilleures.

Le matériel de Turing Machine et sa boîte, en particulier, sont vraiment spécifiques, innovantes et… somptueuses. Quelles ont été vos relations avec Le Scorpion Masqué ? Est-ce que vous avez pu discuter de tous ces éléments avec eux en amont ?

Yoann : Oui, bien sûr. Le Scorpion Masqué est un éditeur fantastique. Se faire éditer un jeu est toujours une aventure humaine incroyable et l’aventure Turing Machine ne déroge pas du tout à cela. Dans tous les moments clés du développement, nous avons collaboré avec tous les acteurs du Scorpion Masqué : chefs de projet, graphiste, maquettiste, communication, etc… Nous avons eu notre mot à dire à toutes les étapes importantes de l’édition et ce fut une très belle expérience. Concernant la boîte, c’est surtout à l’équipe du Scorpion Masqué que nous devons rendre hommage car nous avons suivi son évolution de loin et n’avons pu que constater l’incroyable qualité de leurs idées. La boite de Turing Machine est un très beau clin d’œil au concept et à la jouabilité du jeu.

Fabien : Les échanges avec les Scorpions, par leur expérience et le regard nouveau qu’ils portaient, ont été absolument déterminants dans les choix qui ont été faits. 

Particulièrement autour de la séquence du tour de jeu. La mécanique initiale n’était pas pleinement satisfaisante à 4 joueurs (elle pouvait limiter les choix). Yoann a eu alors une proposition de tour de jeu très dynamique et élégante, mais difficile à mettre en œuvre à deux joueurs. Les Scorpions ont amené leur éclairage et leur retour sur ces problématiques pour nous orienter vers une solution simple et efficace qui évitait la frustration aux joueurs (élément qui nous tenait à cœur avec Yoann). Pareil sur le travail général sur la sémantique, sur comment nommer les éléments pour qu’ils coïncident au mieux avec les explications. Et je pourrais multiplier les exemples.

Clairement, on ne peut être que ravi du résultat.

Yoann, puisque Turing Machine est un pur jeu de déduction, quel est votre jeu de société de déduction préféré ? Fabien, et vous ?

Yoann : J’adore Sleuth un incroyable jeu qui date de 1971 !

Fabien : Parmi tous les jeux de déduction que j’adore, j’aime citer Sherlock 13. Parce que c’est un jeu presque minimaliste et très pur. Il a des défauts, mais dans le genre « question à la Cluedo », il reste une valeur sure.

Yoann, Fabien, des prochains jeux de prévu ?

Yoann : Oui, de nombreux jeux ! Turing Machine, grâce à Fabien, m’a fait relier l’algorithmique et le game design et c’est pourquoi je vais sortir de nombreux jeux de logique.

J’ai également pas mal d’autres projets dont quelques-uns avec Fabien qui je le pense intéresseront tous les fans de jeu de déduction.

Fabien : Je suis moins un bourreau que Yoann coté création, mais nos futures collaborations à paraitre séduiront je l’espère les amateurs de déduction ! 

Merci pour vos réponses !

Turing Machine, Verdict

Pour moi, Turing Machine est un véritable coup de cœur. Un travail de création de ouf ! Et une somptueuse réalisation de l’éditeur québécois. Mais je dois l’avouer, ce genre de jeu convient bien à mon cerveau.

N’hésitez pas à faire plusieurs énigmes de chaque niveau pour apprendre les différents types de cartes pas à pas. Certaines ne sont pas évidentes au premier abord.

Si vous êtes allergique à la déduction, si vous cherchez un jeu avec un thème, car Turing Machine n’en a pas vraiment, ou si vous cherchez un jeu d’ambiance pour vous détendre ou rire un brin, passez votre chemin ! Avec Turing Machine, préparez-vous à vous faire de sacrés nœuds dans le bulbe !

Coup de cœur

Note : 5 sur 5.

  • Auteurs : Fabien Gridel et Yoann Levet
  • Illustrations : Sébastien Bizos
  • Éditeur : Le Scorpion Masqué
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4 en mode compétitif (mais on peut très jouer à plus si on se trouve un autre paravent), 1 à 10 000 (environ) en mode coopératif.
  • Âge conseillé : Dès 14 ans (pas moins. Il faut vraiment se creuser la tête et être capable de comprendre les codes)
  • Durée : 15-20′ minutes (idéal pour l’apéro)
  • Thème : Aucun. Ou alors si, un peu, les prémisses de l’informatique. Ou le décodage…
  • Mécaniques principales : Déduction. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

Et encore une toute petite chose

Dans le cadre de la Biennale Experimenta qui aura lieu à Grenoble en octobre, une pièce qui parle d’Alan Turing et de sa machine sera présentée le 21 octobre à Crolles.

Cette pièce de Benoit Solès est inspirée par la pièce de Hugh Whitemore de 1986 Breaking the code, basée elle-même sur le livre et biographie Alan Turing : The Enigma d’Andrew Hodges.

Le pitch :

Manchester, hiver 1952.

Le professeur Turing porte plainte au commissariat suite au cambriolage de son domicile. D’apparence insolite, il n’est guère pris au sérieux par le sergent Ross. En revanche, les services secrets montrent un réel intérêt pour le personnage… Et pour cause, Alan Turing est un homme dont la vie tout entière est placée sous le sceau du secret.

De son incroyable acharnement pour craquer durant la guerre le fameux code Enigma à sa course irrépressible pour comprendre comment la nature est programmée, ce génie à la fois si fragile, atypique et attachant, nous séduit et nous entraîne… De l’invention de sa machine pensante, véritable genèse de l’intelligence artificielle et des ordinateurs, à sa condamnation pour homosexualité et sa fin tragique, croquant tel Blanche-Neige dans une pomme empoisonnée : un anti-héros de génie broyé par la « machine » bien-pensante de l’Angleterre des années 50.

Une pièce primée 4 fois aux Molières 2019.


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Article écrit par Altaripa. Joueur compulsif. Fondateur d’AccessiJeux Suisse. L’un des responsables du Bar à Jeux de Genève. Animateur pour Gus & Co, Ch’piil et Ludesco.

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2 Comments

  • Laidzep

    Plus complet, plus ergonomique, plus riche, plus complexe, le jeu dématérialisé Human Resource Machine et sa suite, One Billion Humans, me semble bien mieux convenir en pratique que Turing Machine. Ayant l’occasion de m’y essayer, il s’agit d’un jeu original et bon, une très belle création, mais qui malheureusement souffre de la comparaison avec ses homologues dématérialisés.
    A réserver aux joueurs qui ne prennent aucun plaisir dans la pratique du jeu-vidéo, sinon les alternatives plus complètes et moins chères sont légions (j’ai cité deux jeux à ne pas rater pour les amateurs du genre).

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