Votre vaisseau, vos règles : La folle odyssée de Wandering Galaxy
🚀 Entre humour galactique et gestion de deck, Wandering Galaxy nous propulse dans une coop déjantée et narratif.
Wandering Galaxy

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
En bref :
- Une aventure SF coopérative : Wandering Galaxy mise sur la narration et l’humour.
- Des mécaniques multiples : deck-building, bag-building, application web.
- Un mélange audacieux : l’univers décalé de Plaid Hat Games et une campagne semi-ouverte.
- Un entre-deux bancal : mais à force de vouloir trop en faire et contenter tous les publics, le jeu peine à convaincre, avec une app pas encore finie
La coque du vaisseau grince, l’I.A. ronchonne et le moteur fume déjà : bienvenue dans l’aventure déjantée de Wandering Galaxy.
Wandering Galaxy est un jeu de plateau narratif de science-fiction, édité par Plaid Hat Games et conçu par Jerry Hawthorne, sorti en anglais en février 2025. Il s’inscrit dans la lignée des « Crossroads Games » lancés avec Dead of Winter, puis prolongés par Forgotten Waters et l’excellentissime Freelancers qui a remporté le Gus&Co Awards du meilleur jeu narratif de 2024. Cette fois, le décor est un space opera humoristique : de 1 à 6 joueureuses (mais le jeu est meilleur à 4) incarnent l’équipage d’un vieux vaisseau (tout moisi. En tout cas au début) spatial, parcourant la galaxie pour y mener toutes sortes de missions délicates ou… loufoques.
Le jeu se présente comme un coopératif narratif, avec une structure ouverte (semi-« sandbox ») et une mécanique de deck-building et de bag-building pour résoudre les défis, le tout soutenu par une application web (omniprésente !) qui gère la narration audio et les embranchements.
Matériel et direction artistique
La boîte est bien remplie : un livre de bord illustré faisant office de plateau (chaque double-page correspond à un lieu ou une scène de l’aventure), des plateaux individuels pour chacun des postes du vaisseau (Ingénieur, Navigateur, Sécurité, etc.), un paquet imposant de cartes (plus de 300), de nombreux jetons (dont certains se piochent dans un sac pour la mécanique de « bag-building »), des figurines / standees cartonnés de personnages et un livret de règles.
L’esthétique est cartoon et colorée, dans le ton humoristique de la gamme Crossroads. On y retrouve une touche loufoque et parodique : chaque alien, chaque planche illustrée du livre-plateau dégage un air de bédé de science-fiction débridée. Le matériel est globalement de bonne qualité (carton épais, cartes toilées).
L’ergonomie est correcte : le livre-plateau permet de limiter le nombre de tuiles ou plateaux à déployer. En revanche, le jeu demande pas mal de manipulations : gérer les jetons de dégâts, piocher dans le sac, mettre à jour la fiche du vaisseau, entretenir son deck de cartes, etc. Cela peut créer une impression de jeu haché, où on coupe régulièrement l’ambiance pour déplacer ou trier du matériel. C’est un point à garder à l’esprit si vous préférez des jeux plus fluides. Ce qui n’est clairement pas le cas ici de Wandering Galaxy !
Mécaniques de jeu
Wandering Galaxy combine plusieurs systèmes :
- Deck-building : chaque joueureuse a son propre paquet de cartes (compétences, armes, objets, etc.). Au fil de l’aventure, on peut acquérir de nouvelles cartes ou retirer celles devenues inutiles, pour façonner son personnage.
- Placement d’ouvriers (coopératif) : à chaque étape (lieu, événement), les joueureuses placent leur pion-personnage sur des emplacements d’action (explorer, négocier, réparer, etc.) pour faire avancer l’histoire ou résoudre des défis.
- Bag-building : dans certains cas (voyages interstellaires, pannes, rencontres aléatoires), on pioche des jetons dans un sac pour déterminer l’incident ou l’effet subi (p. ex. trouver un trésor ou encaisser des dégâts supplémentaires). Avec des jetons qui s’ajoutent ou se retirent, en mode deck-building. Mais dans un sac.
- Narration via application : le jeu s’appuie sur une application web qui propose des paragraphes audio (ou textuels) décrivant ce qui arrive, en fonction des choix du groupe et des tests réussis ou ratés.
- Campagne en monde ouvert : le jeu propose trois grandes histoires, mais laisse aussi une liberté pour accepter diverses missions secondaires et se balader dans la galaxie (semi-« sandbox »).
Le mélange de tous ces éléments confère à Wandering Galaxy une certaine originalité, mais il faut savoir que cette richesse a un coût : le jeu est le plus complexe de la gamme (plus que Forgotten Waters et Freelancers), et il nécessite un bon temps d’apprentissage. Même si on peut tout à fait apprendre à jouer en suivant le tuto de l’app, pas besoin de lire les règles avant. Claaaasse !
Rejouabilité et équilibrage
Grâce à ses scénarios ouverts, ses multiples missions secondaires et ses événements aléatoires, Wandering Galaxy bénéficie d’une très grande rejouabilité. Chaque campagne prendra une tournure différente selon les chemins que vous empruntez, les boulots que vous acceptez, vos réussites ou échecs aux tests, etc. Le système de deck-building apporte aussi de la variété : on peut rejouer en changeant de personnage ou de rôle (Ingénieur, Pilote, Scientifique, etc.), les decks étant personnalisables.
Le jeu est annoncé pour 1 à 6, avec un mode solo réellement prévu dès la conception (gestion de sidekicks pour épauler le joueur solo). L’application s’adapte au nombre de participants, et la difficulté est modulée par les choix du groupe (missions risquées ou plus tranquilles). L’équilibrage global est plutôt pas mal : Wandering Galaxy ne se veut pas un challenge punitif, mais offre suffisamment de tension pour éviter la monotonie. Mais encore une fois, comme dit plus haut, c’est vraiment à 4 que le jeu est meilleur.
Ambiance et immersion
C’est le gros point fort du jeu : l’univers SF parodique et la narration interactive créent une ambiance légère et souvent drôle, entre Star Wars et Spaceballs / La Folle Histoire de l’Espace. L’écriture est pleine de clins d’œil, de dialogues décalés et de situations inattendues. Les joueureuses se sentent vite projetés dans une sorte de série TV de science-fiction humoristique, façon Guardians of the Galaxy ou Firefly.
L’application web, lorsqu’elle fonctionne bien, ajoute des voix off et des bruitages immersifs qui font beaucoup pour la mise en scène. On vit réellement une aventure coopérative, en prenant ensemble des décisions morales ou stratégiques, en écoutant les conséquences racontées avec humour.
Comparaison avec Freelancers et Forgotten Waters
- Thème : Forgotten Waters se déroulait dans la piraterie fantasy, Freelancers dans un univers médiéval-fantastique totalement déjanté, Wandering Galaxy reprend la formule avec un cadre science-fiction.
- Niveau de complexité : plus élevé dans Wandering Galaxy (deck-building, gestion du vaisseau, sac à jetons) que dans les deux autres, plus simples à prendre en main.
- Structure : Forgotten Waters et Freelancers se jouaient en scénarios relativement courts (2-4 heures) et indépendants. Wandering Galaxy peut s’étendre sur plusieurs sessions en mode campagne, tout en permettant une exploration semi-libre de la galaxie.
- Tonalité : toujours de l’humour, mais Freelancers est, selon moi, plus délirant en continu, tandis que Wandering Galaxy se réserve aussi des moments d’aventure plus « sérieuse ».
- Systèmes de résolution : Forgotten Waters et Freelancers misaient sur des dés spéciaux ; Wandering Galaxy introduit un deck-building et un bag-building.

Points positifs et négatifs
Points positifs
- Univers et narration immersifs : On se retrouve dans un space opera humoristique, riche en événements et en personnages hauts en couleur. L’écriture et les scènes audio (quand elles sont disponibles) renforcent l’ambiance.
- Formule coopérative efficace : Les rôles à bord du vaisseau sont bien intégrés, chacun ayant des actions spécifiques à réaliser (réparer, piloter, combattre…), ce qui encourage la collaboration.
- Variété de mécaniques : Le mélange deck-building, bag-building, placement d’actions et narration donne un ensemble dynamique et original.
- Très grande rejouabilité : Les nombreux embranchements, la liberté de déplacement (semi-sandbox), et la personnalisation des personnages rendent chaque partie ou campagne unique.
- Mode solo inclus : Contrairement à Forgotten Waters, le jeu est jouable en solitaire dès le départ, de façon assez fluide.
- Application riche : Quand elle est complète, elle apporte beaucoup de vie au récit (voix, musique, embranchements automatisés). C’est un vrai plus pour l’immersion.
Points négatifs
- Application inachevée : L’app n’est pas encore totalement finalisée. Elle ne l’était en tout cas pas la dernière fois que nous y avons joué en mars. Il reste beaucoup de texte non doublé, et certains éléments narratifs sont encore en cours d’ajout ou de correctifs. Cela peut casser l’immersion, surtout si vous vous attendiez à une expérience entièrement audio.
- Une personne mobilisée par l’app : Souvent, un joueur ou une joueuse finit par passer sa partie le nez sur l’écran à enchaîner les clics (lancer la lecture, choisir les options, etc.). Cela peut être frustrant pour la personne en question, qui s’engage moins dans le jeu réel autour de la table. Pas glop !
- Beaucoup de manip : Entre les jetons de dégâts, la gestion du sac, le suivi des cartes de deck, les fiches de personnage et du vaisseau… le jeu exige des manips constantes, ce qui hache un peu la fluidité. On interrompt régulièrement l’histoire pour gérer un point de règle ou déplacer un marqueur.
- Le mélange narration/stratégie pas pleinement convaincant : Le jeu oscille entre un récit interactif et un jeu de gestion/optimisation (avec deck-building et bag-building), sans vraiment exceller dans l’un ou l’autre. Les fans de pur narratif (clairement mon cas !) pourront trouver la mécanique trop lourde ; les fans de gros deck-builders regretteront le côté superficiel des choix. Il donne parfois l’impression d’être « le cul entre deux chaises ».
- Complexité et durée : Wandering Galaxy est plus long et plus chargé que Freelancers ou Forgotten Waters. Le livret de règles manque parfois de clarté, la mise en place est conséquente, et une campagne complète nécessite plusieurs sessions. Il faut donc un groupe prêt à s’investir.
- Dépendance à l’anglais (non traduit pour l’instant) : Le jeu n’existe qu’en VO. Il exige de comprendre des textes assez longs, voire de faire de la traduction à la volée si tout le groupe n’est pas anglophone.

À quel public le jeu s’adresse-t-il ?
Wandering Galaxy plaira aux fans de jeux narratifs coopératifs qui apprécient la science-fiction humoristique, ne craignent pas de lire/écouter pas mal de texte et aiment le concept d’une campagne semi-ouverte. Il est particulièrement adapté à un groupe régulier de 3-5, motivés pour explorer son contenu au fil de plusieurs séances. Les joueurs solitaires y trouveront aussi leur compte grâce au mode solo bien intégré.
Pour une expérience vraiment optimale, le jeu s’apprécie surtout à quatre. À ce nombre, la répartition des postes du vaisseau est idéale : chacun a suffisamment de choses à faire sans être débordé, et les tours restent fluides. L’aspect coopératif s’exprime alors pleinement, et les décisions collectives sont plus riches tout en restant faciles à gérer.
En revanche, si vous recherchez un jeu de société plus classique, centré sur la pure stratégie ou la compétition, vous risquez d’être déçu. Si vous n’aimez pas non plus multiplier les manipulations matérielles ou si vous espérez une expérience audio intégrale (sans devoir lire des pages de texte), vous risquez d’y voir un frein.
Enfin, la barrière de la langue anglaise peut être rédhibitoire pour certains groupes. Et oui, il y a beaucoup, beaucoup de texte, sur l’app surtout, et sur le matos aussi un peu. À quand une VF ? Difficile à dire, d’autant que Freelancers, sorti l’année passé, n’a toujours pas été traduit.

Wandering Galaxy, verdict
Wandering Galaxy se veut le plus ambitieux des Crossroads Games, combinant une grande liberté (semi-sandbox), un univers SF décalé et des mécaniques variées (deck-building, bag-building, etc.). Il propose une immersion narrative très appréciable, au prix d’une plus forte complexité et d’un foisonnement de matériel qui peuvent alourdir le rythme de la partie. À l’heure actuelle, l’application reste partiellement inachevée, ce qui signifie du texte non doublé et une participation numérique parfois pesante pour la personne en charge.
Malgré ces écueils, le jeu saura enchanter un public cherchant avant tout une aventure coopérative et décalée, prête à les occuper sur plusieurs sessions. On en ressort avec des moments épiques (ou cocasses) à partager autour de la table, comme dans un feuilleton SF dont on serait les héros.
Si vous avez adoré Forgotten Waters ou Freelancers et que vous recherchez une version plus vaste et plus complexe, Wandering Galaxy est fait pour vous (à condition d’accepter son statut de jeu « hybride » et le fait qu’il n’excelle ni comme pur jeu de plateau ni comme pur jeu narratif). Si, en revanche, vous préférez un format plus léger, plus rapide ou sans application, il vaudra mieux vous tourner vers des jeux moins exigeants en temps et en manipulations.
Au final, Wandering Galaxy est une belle tentative de Plaid Hat Games, un cocktail de narration, de coopération et de mécaniques hybrides, qui ravira certains et laissera d’autres sur leur faim. À vous de voir si vous êtes prêts à vous lancer dans cette épopée intergalactique, « le cul entre deux chaises » ou pas, pour vivre quelques soirées riches en fous rires et en péripéties spatiales ! Perso, je dois bien avouer qu’après la claque Freelancers, ce Wandering Galaxy m’a assez peu emballée.
On a aimé :
- La liberté d’explorer la galaxie façon « bac à sable » (surtout quand personne ne sait piloter).
- Les voix off (quand elles marchent !) et l’écriture humoristique qui donnent vie à l’aventure.
- Pouvoir dire « c’est pas moi, c’est l’I.A. du vaisseau qui a encore bugué » lorsque tout s’effondre.
- La convivialité à quatre : c’est vraiment le nombre idéal pour vivre l’expérience dans toute sa saveur. À quatre, chacun a un rôle clair sans être débordé, la dynamique de groupe est plus équilibrée et les tours sont fluides.
On a moins aimé :
- Les nombreux jetons, cartes et fiches qui transforment parfois votre table en champ de bataille chaotique.
- L’application pas tout à fait finie : on rêvait d’un doublage intégral, on se retrouve parfois à lire des pavés.
- Les joueurs trop sérieux qui risquent de s’arracher les cheveux en voyant vos manœuvres (très) approximatives.
C’est plutôt pour vous si…
- Vous adorez les histoires loufoques et les jeux narratifs qui partent dans tous les sens.
- Vous avez un faible pour la SF, même si l’humour prime sur la cohérence scientifique.
- Vous rêvez de faire une campagne en équipe, avec des moments mémorables à chaque session.
- Vous jouez généralement à 3 ou 4 : car c’est à 4 que le jeu montre pleinement sa fluidité et son fun partagé.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous préférez les jeux de plateau stratégiques au millimètre, sans récit envahissant.
- Vous fuyez les applications mobiles comme la peste.
- Vous attendez un jeu entièrement localisé en français pour suivre l’histoire sans effort.

L’espace est infini… mais les gaffes de votre équipage le sont peut-être encore plus : préparez-vous à décoller – et à vous marrer – avec Wandering Galaxy !
Sympathique, mais pas dénué d’écueils.
- Date de sortie : Février 2025
- Langue : Anglaise. À quand la VF ? Et chez qui ?
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Jerry Hawthorne
- Illustrations : Elias Stern
- Édition : Plaid Hat Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 6 (meilleur à 4)
- Âge conseillé : Dès 14 ans (pas moins !)
- Durée : 60 minutes par scénario
- Thème : Science-fiction
- Mécaniques principales : deck-building, bag-building, narratif, coopératif. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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One Comment
Bouboulaglacièreàjeux
J’aime bien ce système de livre-plateau aventure. Freelancer me botterait plus, par rapport au thème et à l’esthétique. Auriez-vous des nouvelles quand à une éventuelle vf? Merci d’avance pour votre réponse.