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Arydia : Une épopée épique entre jeu de rÎle et jeu de plateau

Arydia Article BanniĂšre

đŸ—ș Arydia: The Paths We Dare Tread, l’épopĂ©e coopĂ©rative entre jeu de plateau et jeu de rĂŽle. Exploration, baston et libertĂ© !


Arydia: The Paths We Dare Tread

Arydia

⚠ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă  prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.


En bref :

  • ExpĂ©rience de campagne : Arydia propose un univers fantasy coopĂ©ratif Ă  explorer en libertĂ©, avec une progression de personnages.
  • Gameplay Ă©quilibrĂ© : Combats tactiques, narration immersive et matĂ©riel premium, le tout dans un systĂšme legacy rĂ©initialisable.
  • Public visĂ© : Joueurs et joueuses prĂȘtes Ă  s’investir dans une aventure longue, fans de jeux de rĂŽle ou d’épopĂ©es sur plateau.

Vous entendez le bruit des dĂ©s rĂ©sonner au loin ? Bienvenue dans Arydia, un monde ouvert oĂč chaque lancer Ă©crit votre destin.

Arydia: The Paths We Dare Tread (=Arydia : Les chemins que nous osons emprunter, en VF) est un jeu de sociĂ©tĂ© d’aventure en monde ouvert. Arydia est clairement un crossover entre jeu de plateau et jeu de rĂŽle. FinancĂ© via Kickstarter en aoĂ»t 2021 et livrĂ© aux backers (dont moi) prĂšs de quatre ans plus tard dĂ©but 2025, ce titre trĂšs attendu nous transporte dans un univers mĂ©d-fan riche en exploraion, baston et narration.

Co-créé par Ira Fay et Cody Miller (dĂ©jĂ  auteur du cĂ©lĂšbre Xia: Legends of a Drift System) et illustrĂ© par toute une ribambelle d’artistes talentueux, Arydia est Ă©ditĂ© par Far Off Games. Pour l’instant, le jeu n’existe qu’en anglais. À quand une VF ? Et chez qui ?

Arydia est un jeu de rĂŽle plateau rĂŽle plateau crossover coopĂ©ratif que l’on pourrait qualifier de “green legacy” (legacy rĂ©initialisable) jusqu’à 4, il offre une campagne Ă©volutive d’une quarantaine d’heures de jeu. Nous y avons jouĂ©. Voici notre chronique, super enthousiaste et dĂ©taillĂ©e, de ce mastodonte ludique, accessible Ă  tous les aventuriers et aventuriĂšres, nĂ©ophytes ou aguerris.

Présentation du jeu

Arydia: The Paths We Dare Tread est un jeu de plateau coopĂ©ratif qui mĂȘle exploration, combat, progression de perso et rĂ©cit interactif dans un monde fantastique original. Les joueureuses y incarnent des aventuriers parcourant librement un vaste royaume Ă  la recherche de quĂȘtes, de trĂ©sors et de rencontres mĂ©morables. La particularitĂ© du jeu est son statut de “green legacy” : il intĂšgre tous les ingrĂ©dients d’un jeu legacy (Ă©volution permanente du monde, surprises Ă  dĂ©bloquer, enveloppes scellĂ©es, etc.) tout en permettant de ne rien dĂ©truire, afin de pouvoir recommencer la campagne Ă  zĂ©ro si on le souhaite.

L’univers d’Arydia a bĂ©nĂ©ficiĂ© de plusieurs annĂ©es de dĂ©veloppement et d’illustrations franchement soignĂ©es. L’ambiance gĂ©nĂ©rale est celle d’une grande Ă©popĂ©e mĂ©d-fan, avec ses contrĂ©es verdoyantes, ses donjons obscurs et ses crĂ©atures lĂ©gendaires. L’histoire se dĂ©voile au fil des parties, mais dĂšs l’ouverture de la boĂźte, on sent la volontĂ© des crĂ©ateurs de nous immerger dans notre propre saga hĂ©roĂŻque.

Arydia

Analyse du gameplay

Le gameplay d’Arydia s’articule autour d’une campagne dĂ©coupĂ©e en chapitres, jouable en plusieurs sessions (avec une sauvegarde facile de la progression entre les sĂ©ances). DĂšs le dĂ©but, chaque joueureuse crĂ©e son personnage en choisissant une “Voie” (classe) et une espĂšce pour son hĂ©ros ou hĂ©rĂŻnes, ce qui dĂ©termine ses compĂ©tences de dĂ©part. Astucieusement, les figurines prĂ©-peintes du jeu ont des tĂȘtes et corps interchangeables, permettant de reprĂ©senter physiquement ces combinaisons uniques – un dĂ©tail apprĂ©ciable pour renforcer l’appropriation de son avatar. Une fois l’équipe constituĂ©e, allez go, c’est parti pour l’aventure !

Exploration : Le jeu propose une vĂ©ritable exploration en monde ouvert. On progresse sur une grande carte modulable, rĂ©vĂ©lant progressivement de nouvelles zones et lieux Ă  visiter. Chaque lieu dĂ©couvert s’accompagne de descriptions narratives et d’illustrations dĂ©diĂ©es, sans aucune part de gĂ©nĂ©ration alĂ©atoire. En clair, chaque endroit est unique et créé Ă  la main, avec son histoire propre, ses personnages et ses secrets. Cette structure donne une sensation de libertĂ© trĂšs apprĂ©ciable : on peut dĂ©cider de suivre une quĂȘte principale, s’écarter pour explorer une grotte mystĂ©rieuse, ou retourner en ville commercer, le tout sans rails trop visibles. L’interaction avec les PNJ (personnages non-joueurs) est Ă©galement un Ă©lĂ©ment fort : le jeu encourage mĂȘme les participants Ă  jouer le rĂŽle des personnages rencontrĂ©s (marchands, gardes, villageois, etc.) pour lire leurs rĂ©pliques et animer les dialogues. Cela ajoute une dimension jeu de rĂŽle conviviale autour de la table, chaque joueureuse pouvant prĂȘter sa voix Ă  des protagonistes du rĂ©cit.

Progression et campagne : Arydia Ă©tant un jeu de campagne, vos personnages vont monter en niveau et s’équiper au fil de l’histoire. Chaque victoire rapporte de nouveaux objets, armes ou compĂ©tences Ă  rĂ©partir, permettant de personnaliser davantage son hĂ©ros selon son style de jeu. Vos choix impactent Ă©galement l’état du monde : par exemple, aider un village pourrait influencer les rencontres futures dans cette rĂ©gion. Le jeu utilise pour cela un systĂšme d’index malin qui consigne les consĂ©quences de vos actions et modifie le contenu des sessions suivantes en consĂ©quence. Cet outil rend l’évolution du monde fluide sans nĂ©cessiter de longues mises en place entre deux parties, un trĂšs bon point pratique. Revenir en arriĂšre n’est pas possible dans la campagne (chaque Ă©vĂ©nement n’arrive qu’une fois), mais l’histoire s’adapte aux rĂ©ussites comme aux Ă©checs, assurant une continuitĂ© jusqu’au dĂ©nouement. Notons que malgrĂ© la richesse du systĂšme, les rĂšgles offrent un guide de dĂ©marrage rapide pour se lancer aisĂ©ment, ce qui est apprĂ©ciable pour un jeu de cette envergure.

Combats et dĂ©fis : Les affrontements constituent l’autre pan majeur du gameplay. Arydia adopte un systĂšme de combat tactique au tour par tour, coopĂ©ratif, oĂč la coordination entre joueureuses est cruciale. Lorsque des monstres ou ennemis surgissent (souvent en explorant un donjon ou un lieu dangereux), on passe sur une configuration de plateau de combat. Chaque ennemi est gĂ©rĂ© par un deck de cartes « IA » (pas une vraie IA, hein) couplĂ© Ă  des jets de dĂ©s, ce qui dĂ©termine leurs actions de maniĂšre semi-alĂ©atoire et offre des comportements variĂ©s.

De leur cĂŽtĂ©, les joueureuses disposent de compĂ©tences, d’équipements et de dĂ©s d’action pour attaquer ou se dĂ©fendre. Une originalitĂ© du systĂšme vient de la notion de zone d’effet et de localisation : les attaques des monstres ont des directions ou patrons particuliers, et vos personnages ont des zones du corps protĂ©gĂ©es par leur armure. Autrement dit, esquiver ou encaisser un coup dĂ©pend de l’angle de l’attaque et de la partie du corps visĂ©e, ajoutant une couche stratĂ©gique sur le placement et l’orientation des figurines. Ce fonctionnement rappelle certains jeux vidĂ©o tactiques et change agrĂ©ablement du “tout-jet-de-dĂ©s” classique. À noter que les combats ne sont pas l’unique dĂ©fi : l’aventure est ponctuĂ©e de dĂ©fis variĂ©s comme des Ă©nigmes et casse-tĂȘte Ă  rĂ©soudre en groupe, ce qui diversifie le gameplay et renforce l’impression de vivre une vĂ©ritable aventure, pas seulement une succession de baston.

Interaction et coopĂ©ration : Arydia est un jeu 100% coopĂ©ratif – tous les joueurs gagnent ou perdent ensemble. La communication et la coordination sont donc au cƓur de chaque partie. Que ce soit pour dĂ©cider quelle direction prendre sur la carte, Ă©laborer une stratĂ©gie de combat ou choisir comment aborder un personnage (plutĂŽt diplomatie ou confrontation), le jeu sollicite constamment la discussion. L’aspect narratif encourage aussi Ă  prendre des dĂ©cisions collectives qui influenceront le scĂ©nario. Heureusement, le design du jeu fait qu’aucun joueur ou joueuse n’est laissĂ©e de cĂŽtĂ© : chacun a son rĂŽle Ă  jouer, et les scĂ©narios s’adaptent au nombre de participants. MĂȘme en mode solo, l’expĂ©rience reste solide grĂące Ă  des rĂšgles d’équilibrage bien pensĂ©es – on peut jouer un seul personnage sans dĂ©sĂ©quilibrer le jeu, l’échelle des combats Ă©tant ajustĂ©e pour un hĂ©ros unique. Cet Ă©quilibre solo est suffisamment rare dans les jeux coopĂ©ratifs pour ĂȘtre soulignĂ©.

Pour rĂ©sumer, Arydia offre un gameplay complet, mĂȘlant exploration libre, combats tactiques et choix narratifs, le tout avec une fluiditĂ© Ă©tonnante compte tenu de la richesse du contenu.

Qualité du matériel et immersion

S’il y a un domaine oĂč Arydia impressionne dĂšs l’ouverture de la boĂźte, c’est bien la qualitĂ© et la profusion de son matĂ©riel. Le jeu est un vĂ©ritable trĂ©sor ludique rempli de composants somptueux. On y trouve pas moins de 60+ figurines prĂ©-peintes – un fait assez rare pour ĂȘtre applaudi – reprĂ©sentant les hĂ©ros et une foule de crĂ©atures du bestiaire fantastique. Ces figurines sont de belle facture, et le fait qu’elles soient dĂ©jĂ  peintes permet de plonger immĂ©diatement dans l’action avec des tables de jeu colorĂ©es et vivantes. Outre les figurines, la boĂźte contient plus de 900 cartes (Ă©quipement, capacitĂ©s, Ă©vĂ©nements
), 300 tuiles de carte modulaire pour construire les terrains, ainsi que des plateaux double-couche pour les personnages et des fiches de suivi de campagne.

L’édition Kickstarter (que j’ai) proposait Ă©galement du contenu additionnel et une mini-extension, signe que l’éditeur n’a pas lĂ©sinĂ© sur la gĂ©nĂ©rositĂ©.

Visuellement, Arydia est un rĂ©gal pour les yeux. Les illustrations signĂ©es David Forest et Lina Cossette, connus dans le milieu pour leur talent, donnent vie au monde d’Arydia avec brio. Chaque lieu visitĂ© est illustrĂ© avec soin, ce qui, combinĂ© aux descriptions narratives, renforce l’immersion dans l’histoire. Les picto sont clairs et la DA invite clairement Ă  l’évasion, entre paysages verdoyants inspirant l’exploration et donjons menaçants augurant de grands dangers. Mention spĂ©ciale au plateau du monde: il se rĂ©vĂšle petit Ă  petit sous forme de tuiles ou de cartes assemblĂ©es, un peu Ă  la maniĂšre d’une carte au trĂ©sor qu’on complĂšte – on ressent vĂ©ritablement le frisson de dĂ©couvrir un nouveau territoire Ă  chaque exploration.

Le soin apportĂ© Ă  l’ergonomie est Ă©galement notable. MalgrĂ© le volume de matĂ©riel, tout est organisĂ© pour rester accessible : un livret de rĂšgles bien structurĂ© (avec un guide d’initiation pour dĂ©marrer en douceur), un systĂšme de rangement intelligent et surtout le fameux systĂšme de sauvegarde rapide. ConcrĂštement, Ă  la fin d’une session, on peut ranger les Ă©lĂ©ments dans des sachets ou emplacements dĂ©diĂ©s pour reprendre la partie plus tard sans tout re-trier. Cette facilitĂ© de mise en place/repli Ă©vite que le jeu ne devienne fastidieux Ă  manipuler, et incite Ă  y revenir rĂ©guliĂšrement.

CĂŽtĂ© immersion, l’ensemble fonctionne Ă  merveille. L’histoire se dĂ©voile progressivement mais sait piquer la curiositĂ© des joueurs avec des mystĂšres et des rebondissements. On se surprend Ă  parler aux personnages comme si on y Ă©tait, Ă  frĂ©mir lors d’un jet de dĂ© crucial en combat, ou Ă  discuter longuement d’un choix moral Ă  faire dans le scĂ©nario. La prĂ©sence de tous ces Ă©lĂ©ments matĂ©riels (figurines, cartes, plateau) combinĂ©e Ă  une narration bien Ă©crite crĂ©e une ambiance “jeu de rĂŽle sur table” trĂšs aboutie. Il ne manque finalement qu’un narrateur ou une bande-son
 et ça tombe bien, le jeu propose une bande originale disponible en ligne pour accompagner vos parties, accentuant encore l’atmosphĂšre Ă©pique. En somme, Arydia offre une immersion totale grĂące Ă  un matĂ©riel de ouf et un univers cohĂ©rent, ce qui justifie amplement sa place dans la catĂ©gorie des jeux “premium”.

Alors oui, tout ça a un prix. Le jeu coĂ»te plus de 200 euros, le mĂȘme prix que Frosthaven. Gros, gros investissement, mais qui, selon moi, le mĂ©rite amplement. Pour son matos, pour l’aventure qu’on y vit.

Points forts et points faibles

Comme tout jeu ambitieux, Arydia: The Paths We Dare Tread a ses atouts exceptionnels, mais également quelques aspects perfectibles ou du moins susceptibles de ne pas convenir à tous les publics. Voici, selon nous, les principaux points forts et points faibles du jeu :

Points forts :

  • ExpĂ©rience d’aventure inĂ©dite – Arydia rĂ©ussit Ă  recrĂ©er sur table le sentiment d’un jeu vidĂ©o en mode RPG en monde ouvert, avec une libertĂ© d’exploration et une richesse narrative rarement vues. On peut mĂȘme un peu le comparer Ă  un Ultima IV version jeu de plateau, tant l’accent est mis sur les quĂȘtes et l’histoire plutĂŽt que sur le simple grind de streumons. Chaque partie apporte son lot de dĂ©couvertes et de surprises, ce qui donne envie d’y revenir sans cesse pour voir ce que le monde nous rĂ©serve.
  • Gameplay variĂ© et coopĂ©ratif – Le jeu mĂ©lange habilement les phases d’explo, de baston, de dialogues et d’énigmes, Ă©vitant toute monotonie. On peut aussi bien fouiller une crypte Ă  la recherche d’un artefact, nĂ©gocier avec un chef de clan, rĂ©soudre une devinette antique que combattre un dragon. Cette variĂ©tĂ©, couplĂ©e Ă  une vraie cohĂ©sion d’équipe (chacun a un rĂŽle tactique et narrative), maintient l’intĂ©rĂȘt et l’implication de tous les joueurs et joueuses tout au long de la campagne.
  • Matos DE MALADE – Difficile de ne pas ĂȘtre impressionnĂ©e par le contenu de la boĂźte. Figurines prĂ©-peintes (adieu la corvĂ©e de peinture, bonjour le jeu prĂȘt-Ă -jouer), illustrations superbes, Ă©lĂ©ments en carton Ă©pais, plateaux double-couche
 tout respire la qualitĂ©. C’est un plaisir de manipuler ces composants et de voir l’univers prendre vie sur la table. De plus, les figurines modulables (tĂȘtes/corps interchangeables) pour crĂ©er son perso personnalisent l’expĂ©rience jusque dans le matĂ©riel, ce qui est un vrai plus pour l’immersion.
  • AccessibilitĂ© relative et rĂšgles bien pensĂ©es – MalgrĂ© son ampleur, Arydia n’est pas un jeu aussi complexe qu’on pourrait le croire. Les mĂ©caniques de base sont intuitives pour tout habituĂ© des jeux d’aventure ou de rĂŽle. Le systĂšme d’index simplifie la gestion de campagne et les livrets fournissent des tutoriels progressifs. De plus, le jeu s’adapte au nombre de joueureuse et propose, selon moi, un mode solo parfaitement fonctionnel et Ă©quilibrĂ© – un atout pour jouer mĂȘme lorsqu’on n’a pas de groupe sous la main. Cette flexibilitĂ© permet de profiter d’Arydia dans diverses configurations, ce qui Ă©largit son public potentiel.
  • Innovation “green legacy” – Le fait de pouvoir vivre une aventure de type legacy, avec des Ă©lĂ©ments cachĂ©s Ă  dĂ©bloquer, tout en conservant la possibilitĂ© de rĂ©initialiser le jeu pour une nouvelle campagne ou pour le revendre, est un excellent compromis. On profite de toutes les surprises et de la progression comme dans Pandemic Legacy ou Gloomhaven, mais sans le « one-shot Â» dĂ©finitif. C’est Ă  la fois Ă©conomique sur le long terme et Ă©cologique (moins de gĂąchis de matĂ©riel), en phase avec les attentes modernes. Claaaaaasse !

Points « faibles » (je mets entre guillemets, car le terme de « faible » est peut-ĂȘtre un peu
 fort) :

  • DurĂ©e et engagement – Arydia demande du temps et de la rĂ©gularitĂ© pour ĂȘtre apprĂ©ciĂ© Ă  sa juste valeur. Avec environ 40+ heures de contenu annoncĂ©es, la campagne complĂšte s’étale sur de nombreuses sessions. Je prĂ©fĂšre le dire. Cela peut ĂȘtre franchement intimidant pour celles et ceux qui ont du mal Ă  maintenir un groupe de jeu rĂ©gulier ou qui prĂ©fĂšrent les expĂ©riences plus courtes. Ce n’est pas un jeu que l’on sort pour une simple soirĂ©e one-shot improvisĂ©e. Il faut ĂȘtre prĂȘt Ă  s’investir dans le long terme, ce qui peut ĂȘtre un frein pour certains publics.
  • AccessibilitĂ© linguistique – À l’heure de cette critique, le jeu n’existe qu’en anglais, aussi bien pour les rĂšgles que pour les textes narratifs. Pour un public francophone, cela signifie qu’il faut maĂźtriser un minimum l’anglais pour profiter de l’histoire et des subtilitĂ©s du gameplay. Un niveau intermĂ©diaire suffit (le vocabulaire n’est pas trop technique), mais cela limite forcĂ©ment l’accessibilitĂ© “grand public”. On espĂšre qu’une traduction française verra le jour si le jeu rencontre assez de succĂšs, car il le mĂ©rite amplement.
  • Prix Ă©levĂ© – QualitĂ© et profusion de matĂ©riel obligent, Arydia reprĂ©sente un investissement consĂ©quent. Le jeu Ă©tant issu de Kickstarter avec du matĂ©riel premium, son prix retail (s’il est distribuĂ© hors KS) risque d’ĂȘtre assez Ă©levĂ© par rapport Ă  un jeu de plateau standard. Cela rejoint le point prĂ©cĂ©dent sur le fait qu’il vaut mieux ĂȘtre certain de pouvoir y jouer en campagne pour rentabiliser l’achat. Pour certains joueurs au budget serrĂ©, cela pourrait ĂȘtre un obstacle, mĂȘme si le contenu justifie en grande partie le tarif. Selon moi.
  • ComplexitĂ© logistique – Bien que l’éditeur ait fait un excellent travail pour faciliter l’installation et le rangement, Arydia reste un gros jeu avec beaucoup de piĂšces. Il faut prĂ©voir une table suffisamment grande pour tout disposer, et accepter un temps de mise en place/dĂ©sinstallation un peu plus long qu’un jeu moyen (mĂȘme si la sauvegarde limite cet inconvĂ©nient). De plus, la prĂ©sence de nombreux composants implique un risque de perte ou d’oubli de rĂšgles lors des premiĂšres parties. En somme, Arydia n’est pas compliquĂ© Ă  jouer, mais il est lourd Ă  gĂ©rer physiquement, ce qui peut dĂ©courager les joueuses et joueurs les moins patients ou
 organisĂ©s.
  • Quelques Ă©quilibrages mineurs – CĂŽtĂ© gameplay, difficile de reprocher grand-chose Ă  Arydia tant l’expĂ©rience est maĂźtrisĂ©e. On notera peut-ĂȘtre que certains pourront trouver les combats moins “casse-tĂȘte” tactique que dans un Gloomhaven (ils sont plus narratifs et orientĂ©s ambiance, ce qui peut dĂ©plaire Ă  ceux qui cherchent un challenge stratĂ©gique trĂšs relevĂ©). Inversement, ceux qui adorent la baston pourraient trouver que l’histoire et l’exploration prennent beaucoup de place. C’est avant tout une question de goĂ»t, mais il est vrai qu’Arydia mise sur l’équilibre entre ses quatre piliers plutĂŽt que de pousser chaque aspect Ă  l’extrĂȘme. Enfin, en solo avec un seul personnage, le jeu est trĂšs bon mais peut prĂ©senter un niveau de difficultĂ© un peu plus Ă©levĂ© sur certains combats (un hĂ©ros unique encaissant moins de dĂ©gĂąts qu’un groupe) – rien d’insurmontable cependant, et la progression du personnage solo compense en partie cette duretĂ©.

En rĂ©sumĂ© des points faibles, on retiendra surtout que Arydia est un jeu exigeant de par sa nature “campagne ambitieuse”. Il s’adresse Ă  un public prĂȘt Ă  s’immerger longuement dans un univers, et capable de surmonter la barriĂšre de la langue et de l’organisation matĂ©rielle. Pour ce public cible, ces dĂ©fauts n’en seront probablement pas, mais il fallait les souligner pour les autres.

Comparaison avec d’autres jeux similaires

Dans le paysage ludique, Arydia se positionne Ă  la croisĂ©e de plusieurs genres, et je pense qu’il peut ĂȘtre intĂ©ressant de le comparer Ă  quelques rĂ©fĂ©rences pour mieux cerner son identitĂ©.

Gloomhaven et autres dungeon crawlers legacy : Gloomhaven est souvent citĂ© en comparaison, car il s’agit Ă©galement d’un gros jeu coopĂ©ratif de campagne avec des amĂ©liorations de personnages et des tuiles modulaires. Toutefois, la philosophie de jeu diffĂšre sensiblement. Gloomhaven est trĂšs centrĂ© sur les combats tactiques successifs et la gestion fine de decks de cartes, avec une narration relativement minimale. Arydia, lui, met l’accent sur la libertĂ© d’exploration et la narration filĂ©e. Comme l’exprimait un joueur, Gloomhaven donne parfois l’impression d’enchaĂźner les combats, lĂ  oĂč Arydia fait vivre une aventure globale plus variĂ©e. De plus, Gloomhaven utilise des scĂ©narios fermĂ©s (on choisit une mission sur une carte) alors qu’Arydia est un monde ouvert oĂč l’on se dĂ©place de lieu en lieu de façon organique. En termes de legacy, Arydia a l’avantage de la rĂ©versibilitĂ© (pas d’autocollants dĂ©finitifs, etc.), ce qui n’est pas le cas de Gloomhaven (mĂȘme si celui-ci reste jouable aprĂšs campagne). En somme, les deux jeux offrent du dungeon crawling coopĂ©ratif, mais Arydia conviendra mieux aux amateurs d’histoires et d’exploration, quand Gloomhaven plaira aux fans de tactique pure et de dĂ©fis combatifs relevĂ©s.

Sleeping Gods et le 7e Continent : Ces deux titres proposent Ă©galement une exploration libre sur une carte avec des Ă©vĂ©nements narratifs, ce qui les rapproche d’Arydia sur ce point. Sleeping Gods offre un monde ouvert maritime oĂč l’on voyage d’üle en Ăźle avec un carnet d’histoires, tandis que Le 7e Continent met l’accent sur la survie et l’exploration/casse-tĂȘte dans un environnement hostile. Par rapport Ă  eux, Arydia se distingue par une composante jeu de rĂŽle plus prononcĂ©e (Ă©volution de personnages, Ă©quipement, quĂȘtes structurĂ©es) et des combats tactiques dignes d’un vrai jeu de plateau figurines. LĂ  oĂč Sleeping Gods mise surtout sur la narration et peut laisser le systĂšme de combat en arriĂšre-plan, Arydia propose un Ă©quilibre plus classique entre combat et histoire. En revanche, Sleeping Gods est plus facilement jouable en one-shot ou sans le mĂȘme groupe Ă  chaque fois, grĂące Ă  une structure plus ouverte, alors qu’Arydia Ă©tant une campagne suivie, il vaut mieux les mĂȘmes joueurs tout du long pour profiter de l’histoire continue. Quant au 7e Continent, il est plus punitif et axĂ© sur les Ă©nigmes environnementales, alors qu’Arydia est plus hĂ©roĂŻque et scĂ©narisĂ©. Si vous avez aimĂ© l’un de ces jeux d’exploration, Arydia pourrait vous combler en reprenant l’idĂ©e d’un monde riche Ă  parcourir, mais avec le supplĂ©ment d’ñme d’un JDR coopĂ©ratif complet.

Pandemic Legacy et autres jeux legacy : Bien qu’ils appartiennent Ă  des genres trĂšs diffĂ©rents, les jeux de type Legacy comme Pandemic Legacy, Charterstone ou Machi Koro Legacy partagent avec Arydia le principe d’une campagne Ă  enveloppes surprises et Ă©volution du jeu. La grande diffĂ©rence est Ă©videmment que Arydia s’inscrit dans le registre aventure fantastique, avec un rĂ©cit immersif, lĂ  oĂč la plupart des legacy restent des jeux stratĂ©giques ou familiaux avec un thĂšme plus lĂ©ger. Arydia apporte l’idĂ©e intĂ©ressante du legacy rejouable : on pourrait presque parler de “jeu de rĂŽle” sur plateau Ă  campagne scĂ©narisĂ©e, plus que de legacy pur. Si vous aimez dĂ©couvrir du contenu cachĂ© et voir un jeu “vivre” et changer d’une partie Ă  l’autre, Arydia offre cette satisfaction, Ă  l’instar d’un legacy – mais attendez-vous Ă  une expĂ©rience beaucoup plus consĂ©quente en temps et en matĂ©riel qu’un Pandemic Legacy, par exemple. En termes de complexitĂ©, Arydia est plus lourd qu’un legacy traditionnel, et rejoint plutĂŽt un Tainted Grail ou Descent: LĂ©gendes des TĂ©nĂšbres dans l’échelle des jeux narratifs ambitieux.

Xia: Legends of a Drift System : Enfin, impossible de ne pas Ă©voquer Xia, le prĂ©cĂ©dent jeu de Cody Miller, pour ceux qui le connaissent. Xia Ă©tait un bac Ă  sable spatial compĂ©titif oĂč les joueurs Ă©taient libres de faire du commerce, du combat spatial, de l’exploration dans une galaxie modulable. Arydia peut ĂȘtre vu comme le « successeur spirituel Â» de Xia, transposĂ© en mode coopĂ©ratif et fantasy. On y retrouve le goĂ»t de l’exploration libre et du dĂ©veloppement de personnage. Cependant, Arydia propose un cadre narratif bien plus dĂ©veloppĂ© et une coopĂ©ration lĂ  oĂč Xia Ă©tait compĂ©titif et beaucoup plus sandbox (pas de campagne scĂ©narisĂ©e, on faisait sa vie de pilote sans trame prĂ©dĂ©finie). Les fans de Xia apprĂ©cieront le souci du dĂ©tail de Miller et la libertĂ© offerte, tout en dĂ©couvrant un jeu plus narratif et accessible Ă  un public diffĂ©rent (l’aspect coop permettant de jouer en famille ou avec des potes moins “optimisateurs”, par exemple).

En rĂ©sumĂ©, Arydia: The Paths We Dare Tread s’inspire de plusieurs grands noms (Legacy, Gloomhaven, jeux d’explo narratifs
) tout en rĂ©ussissant Ă  fusionner ces influences en un tout cohĂ©rent et original. Il occupe une place Ă  part, celle du jeu d’aventure coopĂ©ratif total, au carrefour du jeu de plateau et du jeu de rĂŽle.

Arydia, verdict

AprĂšs de nombreuses heures passĂ©es sur les sentiers d’Arydia, il est temps de livrer notre verdict. Spoiler alert : Arydia: The Paths We Dare Tread est un coup de cƓur absolu pour la fan d’aventure que je suis. Rares sont les jeux de sociĂ©tĂ© qui parviennent Ă  me faire ressentir autant d’émotions variĂ©es en cours de partie : l’émerveillement en explorant une nouvelle contrĂ©e, la tension d’un combat dĂ©sespĂ©rĂ© contre un boss, la satisfaction de rĂ©soudre une Ă©nigme en Ă©quipe, ou encore la joie de voir mon personnage gagner en puissance et en histoire. Arydia m’a fait voyager d’une maniĂšre que je n’avais pas connue depuis longtemps dans un jeu de plateau.

L’énorme point fort d’Arydia, c’est son Ă©quilibre entre fun immĂ©diat et profondeur sur la durĂ©e. DĂšs la premiĂšre session, on s’amuse grĂące au matĂ©riel somptueux et aux mĂ©caniques intuitives. Puis, au fil des sessions, on rĂ©alise l’ampleur de la campagne qui se dĂ©ploie et on s’attache de plus en plus Ă  ce monde et Ă  nos hĂ©ros. Le jeu rĂ©ussit Ă  constamment nous donner envie de voir la suite – et ça, c’est la marque des grands jeux narratifs. Chaque fin de partie appelle la suivante : « allez, la prochaine fois on retourne voir ce villageois chelou, il a peut-ĂȘtre une quĂȘte pour nous
 Â». On se surprend mĂȘme Ă  discuter des stratĂ©gies ou du scĂ©nario entre les sessions, signe que l’immersion opĂšre au-delĂ  de la table.

En termes de sensation de jeu, j’ai vraiment eu l’impression de vivre une campagne de jeu de rĂŽle classique, mais sans la nĂ©cessitĂ© d’une maĂźtresse de jeu, et avec le support visuel et tactile qu’offre le plateau. Le systĂšme de jeu est assez souple pour permettre des approches variĂ©es (combat vs infiltration vs discussion), ce qui laisse une certaine libertĂ© d’action dans la maniĂšre de rĂ©soudre les situations. J’ai adorĂ© cette flexibilitĂ©, qui nous fait sentir acteur de l’histoire. De plus, le jeu pardonne les erreurs et encourage Ă  continuer mĂȘme aprĂšs un Ă©chec relatif, un peu Ă  la maniĂšre d’un rĂ©cit dont on est le hĂ©ros – on ne “perd” jamais vraiment, on vit une aventure avec ses triomphes et ses dĂ©convenues, ce qui est bien plus engageant qu’un simple Ă©chec de mission frustrant.

Évidemment, je recommanderais Arydia les yeux fermĂ©s Ă  tout public joueur qui aime les expĂ©riences coopĂ©ratives riches. Pour une famille ou un groupe d’amis motivĂ©s, c’est une campagne inoubliable Ă  vivre ensemble, pour peu que l’anglais ne soit pas un problĂšme. MĂȘme pour des joueurs solos, le jeu vaut le dĂ©tour tant il offre de matiĂšre Ă  explorer en solitaire. Arydia n’est pas juste un jeu, c’est un voyage ludique. Certes, le voyage est long et demande un certain effort d’organisation, mais la rĂ©compense en vaut largement la chandelle.

En conclusion, Arydia: The Paths We Dare Tread s’impose comme l’un des jeux d’aventure coopĂ©ratifs les plus aboutis de ces derniĂšres annĂ©es. Par son ambition, il pourrait effrayer, mais par son exĂ©cution, il Ă©merveille. Si vous rĂȘvez d’explorer des royaumes fantastiques, de vivre des pĂ©ripĂ©ties dignes d’un roman, le tout confortablement installĂ© autour d’une table avec vos proches, alors n’hĂ©sitez plus : osez emprunter les sentiers d’Arydia. L’aventure vous y attend, et elle vaut chaque minute passĂ©e Ă  la parcourir. Bon jeu et bon voyage en Arydia !

On a aimé :

  • L’incroyable libertĂ© d’exploration dans un monde ouvert.
  • Les figurines prĂ©-peintes, idĂ©ales pour les allergiques au pinceau.
  • L’aspect coopĂ©ratif qui crĂ©e une ambiance de “table ronde” mĂ©diĂ©vale.

On a moins aimé :

  • Le prix un peu corsĂ© (il fallait bien payer tous ces dragons miniatures).
  • L’absence de version française officielle pour le moment.

C’est plutît pour vous si


  • Vous adorez les longues campagnes pleines de rebondissements.
  • Vous aimez quand chaque dĂ©cision peut changer le cours de l’histoire.
  • Vous apprĂ©ciez un mix entre jeu de plateau et jeu de rĂŽle.

Ce n’est plutît pas pour vous si


  • Vous cherchez un jeu rapide Ă  sortir pour une petite soirĂ©e.
  • Vous n’aimez pas gĂ©rer beaucoup de matĂ©riel.
  • Vous n’ĂȘtes pas fan des univers fantasy ou des grosses boĂźtes qui pĂšsent 5 kg !

Arydia, c’est la campagne Ă©pique qui vous attend, armĂ©e d’un plateau, de figurines et d’une bonne dose de bravoure : prĂ©parez-vous Ă  Ă©crire votre lĂ©gende !

Grandiose !

Note : 5 sur 5.

  • Label DĂ© Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label DĂ© Vert, c’est ici.
  • CrĂ©ation : Cody Miller, Ira Fay
  • Illustrations : Kirk Hamilton, David Forest, Tess Anderson, Lina Cossette, Philipp Ach
  • Édition : Far Off Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 Ă  4 (idĂ©alement 1-2)
  • Âge conseillĂ© : DĂšs 14 ans (accessible avant)
  • DurĂ©e : 60-120 minutes par scĂ©nar. x 40 !
  • ThĂšme : MĂ©d-fan
  • MĂ©caniques principales : ScĂ©nario, DĂ©s, CoopĂ©ratif, Narratif. Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, c’est ici.

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2 réponses à « Arydia : Une épopée épique entre jeu de rÎle et jeu de plateau »

  1. christophebridge

    Vous m’avez convaincu… Le temps qu’on finisse ISS Vanguard, Arydia aura peut-ĂȘtre Ă©tĂ© traduit en français đŸ€ž

  2. Belle dĂ©couverte, merci ! Ce qui en est dit me rappelle beaucoup d’Ă©lĂ©ments d’Oathsworn, de Jamie Jolly. Je perçois cependant un possible meilleur Ă©quilibre global entre narration, exploration et combats. Si quelqu’un qui connaĂźt les deux passe dans le coin, je suis preneur d’un petit comparatif ! 😀

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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