The ART Project
Critiques de jeux,  Jeux de plateau

The ART Project : #vanlife, mais pour traquer des voleurs d’art

🚓 The ART Project, nouvelle pépite ludique coopérative dans l’univers palpitant des vols d’art internationaux. Un excellent jeu !


The ART Project

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


Dans The A.R.T. Project, luttez contre l’organisation de la Main Blanche, reconnue coupable de nombreux vols d’œuvres d’art tout autour du globe.

Plongez dans ce jeu coopératif qui va vous mettre les nerfs à rude épreuve. Vous devrez faire preuve d’une excellente coordination de vos actions mais surtout d’une parfaite communication avec vos partenaires pour espérer sortir victorieux.

Nous, des experts ?

Vous et votre équipe d’experts faites partie de l’Art Rescue Team. Votre mission est de voyager à travers les quatre coins du monde, du japon à Rio, de la Polynésie à la Scandinavie ou encore l’Égypte pour retrouver les œuvres d’art dérobées par l’organisation criminelle « La main blanche ».

Vous devrez définir ensemble vos priorités, gérer vos déplacements de manière efficace, vous battre contre les agents de la main blanche et pour cela utiliser vos ressources à bon escient. La tâche s’annonce très difficile si vous voulez réussir à récupérer les 7 œuvres d’art dans le temps imparti !

Allez ! Foncez !

The Art Projet : comment on joue ?

The Art Project est un jeu coopératif dans lequel vous allez devoir décider ensemble de vos actions pour vaincre, le jeu et la main blanche.

Au début de chaque manche tout le monde pioche 2 cartes Mission dans le Deck, une seule carte sera jouée et l’autre défaussée. Vous discuterez ensemble, sans pouvoir vous montrer vos cartes, du meilleur choix et surtout de l’ordre dans lequel vous allez jouer.

Chaque carte peut vous rapporter ou vous faire perdre des ressources essentielles à votre avancée dans le jeu : Jerricanes, Armes et talkies-walkies, mais également faire apparaitre des agents de la main blanche sur certaines villes.

Vous devrez récolter 3 indices identiques pour qu’une œuvre d’art retrouvée apparaisse sur le plan de la ville, symbolisée alors par une caisse en bois. Un ou plusieurs agents devront se déplacer sur cette ville grâce aux ressources de Jerricanes, combattre aux dés et avec vos armes récoltés les agents ennemis et appeler du renfort grâce à vos talkies-walkies.

Si une ville vient à accueillir 5 agents ennemis elle sera perdue à jamais. Vous ne pourrez plus y récupérer les œuvres d’art. Cela sera impossible également de la traverser dans vos déplacements.

Chaque agent devra être vigilant à sa réserve individuelle de Cœur, qui représente ses points de vie.

Vous l’aurez compris, la grosse tension réside dans le choix des cartes, jamais idéales – cela serait trop simple – pour réussir à faire apparaitre rapidement des indices, récupérer un maximum de ressources sans en perdre trop par ailleurs ou faire apparaitre trop rapidement des agents ennemis.

Dans The Art project la partie est gagnée dès que vous rapportez la 7ème œuvre d’art. Mais avant la victoire éclatante il y a également plusieurs manières de perdre la partie :

  • Dès qu’un des agents ART perd son dernier cœur
  • Lorsque la tuile de fin est révélée dans le Deck de pioche
  • Dès que tous les agents ennemis ou que les 3 symboles ville perdue sont joués

Rejouabilité ?

Dans The Art Project vous aurez le choix entre 6 régions du monde et pour chaque mission entre 4 niveaux de difficulté. Selon les régions vous aurez également 3 niveaux de complexité différente amenés par les ajustements de règles qui vous seront demandées. Les plateaux différents ne le sont pas qu’au niveau visuel. Chacun amène une vraie nouveauté et des stratégies différentes pour des expériences de jeu variées.

Autant dire que vous en avez pour un moment, surtout si vous souhaitez réussir chaque mission.

De plus, comme dans tout coopératif, l’équipe avec laquelle vous jouerez sera essentielle pour la réussite de votre mission.

Au cas où vous en voudriez encore plus, un mode solo et prévu, avec des règles quasiment identiques et en coordonnant un allié à vos côtés.

The Art Project plateau

Les jeux coopératifs, une tendance qui ne cesse de progresser

Le succès des jeux coopératifs ne se dément pas depuis quelques années. De Pandemic à Mysterium en passant par Magic Maze, les hits s’enchainent et rencontrent un succès croissant auprès des joueureuses. Mais au fait, qu’est-ce qui définit un bon jeu coopératif ? Voici les ingrédients, essentiels, selon nous, pour une expérience de jeu réussie !

🚑 Un objectif commun clair

La base d’un coopératif efficace est un objectif précis vers lequel tous les joueurs vont devoir œuvrer de concert. Vaincre un méchant, résoudre une enquête, s’échapper d’un lieu… plus l’objectif est explicite, mieux c’est. Le jeu Paleo par exemple nous propulse dans la peau de familles préhistoriques luttant pour leur survie. Le but est simple : nourrir tout le monde !

👥 L’interdépendance entre les joueurs et les joueuses

Un bon coopératif cultive le sentiment que chaque personne est essentielle. Pour gagner, nous devons unir nos forces, combiner nos talents (programmation, observation, stratégie…). Si un maillon faible déconnecte les joueurs, le jeu perd de son intérêt. D’où l’importance d’une complémentarité des rôles et d’une communication fluide.

⚔️ Un adversaire commun

Les meilleurs jeux coopératifs cultivent une menace extérieure qui soude le groupe : épidémie (Pandemic), criminels (Détective, Guilty)… Plus l’adversité est charismatique avec une « IA » (pas une vraie, hein) retorse, plus elle stimulera une gestion collective épique.

❓ Des défis et mécanismes qui s’emboitent

Entre les ressources à gérer, l’argent à dépenser et les dés à lancer, nos méninges sont mises à rude épreuve ! Les bons jeux coopératifs manient subtilement de nombreux mécanismes qui s’articulent de manière fluide. Leur maitrise progressive génère un sentiment de puissance et d’efficacité collective jubilatoire.

🔁 De la rejouabilité

Grâce aux nombreux plateaux, missions, extensions… les meilleurs titres coopératifs offrent une grande rejouabilité. Même en connaissant les mécanismes, le défi reste entier avec un caractère addictif certain. Le succès de Gloomhaven en est l’exemple parfait.

🕹 Un gameplay accessible

Bien qu’exigeants, les meilleurs jeux coopératifs restent abordables pour les débutants grâce à des règles bien ficelées. Fluidité, ergonomie et aides de jeu sont essentielles pour une courbe de progression efficace, permettant à chacun de trouver sa place.

❤️ De l’interaction sociale

Les jeux coopératifs offrent un formidable terrain d’entente et de complicité. On y partage des émotions communes dans un environnement bienveillant où prime l’entraide. De quoi resserrer les liens et passer un bon moment, quel que soit son niveau.

Vous l’aurez compris, un bon jeu coopératif repose avant tout sur une alchimie subtile entre challenge, interactions sociales et frissons collectifs. De nombreuses recettes existent pour procurer cette émulation commune si prenante ! Quel que soit votre style de jeu préféré, il y a fort à parier que vous trouverez chaussure à votre pied dans cet univers foisonnant.

Est-ce que The Art Project coche l’une ou l’autre de ces cases ? Oui. Oui, franchement toutes !

Mais revenons à nos moutons voleurs d’art.

Expérience de jeu

Nous avons fait notre première partie sur le plateau Japon, à 3 joueureuses, en niveau intermédiaire, comme conseillé par l’auteur.

Chaque œuvre d’art récupérée augmente le score qu’il faudra dépasser avec les jetés de dés pour combattre les ennemis et espérer récupérer la suivante.

Nous avons vite compris que sans alliés la progression serait impossible. Les alliés sont représentés par des dés supplémentaires obtenus en échange de talkies-walkies. Autant dire que pour débuter ces ressources sont de la manne sacrée…mais sacrément absente pour nous en ce début de partie.

Heureusement en échangeant nos points vitaux représentés par des cœurs et en défaussant des indices pour pouvoir relancer certains dés nous avons fini par voir, de justesse, la victoire nous sourire, de peu.

Ce n’a de loin pas été aussi simple pour les plateaux suivants où nos échecs se sont succédé.

Malgré une part de hasard dépendant de la pioche, ce jeu laisse néanmoins un sentiment de maîtrise et de recherche de stratégies possibles plus importants que dans la plupart des jeux coopératifs.

Verdict ?

La règle du jeu est faite dans l’esprit des derniers jeux Lumberjacks est c’est tant mieux. C’est clair, précis, sans flonflon inutile et classé par onglet. Du très bon travail !

La mécanique est très facile à intégrer et à expliquer.

Le matériel de très, très belle et bonne qualité. Les meeples personnalisés sont vraiment réalistes et donne tout de suite envie de jouer. Les illustrations magnifiques de Vincent Dutrait viennent ajouter au jeu un univers vraiment cohérent et immersif.

Le fait que chaque personne à ses cartes en main sans pouvoir les montrer, implique tous les joueurs et joueuses de la même manière et minimise l’émergence d’un leader. La communication est essentielle dans ce jeu mais également l’ordre de tour.

Stéphane : « J’ai besoin d’un pistolet et d’un cœur pour pouvoir rapporter 2 jerricanes et 1 talkies-walkies »

Aline : « Moi j’ai besoin d’un cœur pour gagner 2 pistolets »

Louane : « Ok alors je commence à jouer car je gagne 2 cœurs »

Aline : « Parfait je joue en second pour pouvoir gagner 1 des pistolets que Stéphane doit dépenser »

Stéphane : «  ma carte permet de compléter les indices cinéma et faire apparaitre une œuvre d’art »

Malgré une part de hasard dépendant de la pioche, ce jeu laisse néanmoins un sentiment de maîtrise et de recherche de stratégies possibles plus importants que dans la plupart des jeux coopératifs. En ce sens, il se rapproche plus de Pandemic que de Paleo.

C’est un jeu de compromis, de renoncements qui génèrent beaucoup de tensions et de frustrations.

La mécanique est plutôt équilibrée, accrocheuse avec une mise sous tension et des rebondissements importants. Néanmoins la victoire est plus de l’ordre du Graal que présente à chaque partie. Ce qui génère du challenge positif et l’envie de rejouer après un échec, à force, fini un peu par lasser.

Mon bémol se situe là. En effet, soit on aime se manger des baffes et on en redemande soit cela finit par fatiguer. Même en mode facile, ce n’est vraiment pas une sinécure de réussir à vaincre le jeu.

Néanmoins le jeu offre plusieurs manières de contrecarrer les difficultés et c’est là ou l’expérience est intéressante.

Le rythme de jeu est tendu mais fluide, les actions s’enchainent de manière cohérente. La durée d’une partie se situe entre 30 -45 min.

The Art Project apporte une expérience de jeu coopératif qui séduira les Experts par la recherche de la meilleure stratégie mais également les novices de par sa facile prise en main.

Concernant le nombre de joueuses et joueurs, il me semble vraiment compliqué de jouer à plus qu’à 3-4, bien que le jeu soit annoncé jusqu’à 6. Il est un bon exemple de ce que nous évoquions dans notre article paru pas plus tard qu’hier.

Je n’ai pas testé le mode solo mais au vu des règles il semble aussi équilibré qu’une partie à plusieurs, peut-être en un peu plus costaud. À vérifier.

À relever que le jeu offre une bonne rejouabilité avec ses 6 plateaux et niveaux de difficultés variables.

Dans une période où les jeux coopératifs sont moins représentés, The Art Project séduira sans conteste les adeptes de cette mécanique de jeu.

Conclusion : The ART Project : un chef d’œuvre à part entière

S’inscrivant dans les pas du légendaire Pandemic, The ART Project réussit le tour de force de proposer une intrigue tout aussi prenante dans un univers radicalement différent. La lutte acharnée contre les voleurs d’art qui infeste la planète génère un réel sentiment d’urgence et de péril qui captive de bout en bout.

Les mécanismes affutés, subtilement dosés entre chance et tactique, garantissent des parties intensément disputées. Mais vraiment ! Ajoutez à cela une durée contenue et une rejouabilité quasi-infinie grâce aux six cartes modulables : voilà de quoi scotcher des heures durant les aficionados comme les néophytes !

Sans conteste, The ART Project caracole d’ores et déjà dans le peloton de tête des meilleures sorties ludiques de 2023. Par l’originalité de son thème, la qualité indéniable de sa réalisation et surtout le plaisir immédiat qu’il procure, il s’impose comme une référence du genre coopératif. The ART Project : une œuvre magistrale à ne pas laisser filer !

Très, très bon (mais aussi très, très difficile).

Note : 4.5 sur 5.

  • Création : Benoit Turpin et Florian Sirieix
  • Illustrations : Vincent Dutrait
  • Édition : Lumberjacks Studio
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 6 (2 à 4 conseillés)
  • Âge conseillé : Dès 10 ans (bonne estimation)
  • Durée : 30 minutes
  • Thème : Art, policier
  • Mécaniques principales : Coopératif, collection, dés, gestion de ressources. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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Article écrit par Aline. Elle travaille dans le domaine social. Elle est tombée toute petite dans la marmite du jeu sous toutes ses formes (plateau, jeux vidéo, escape room, murder). Écrire sur le blog lui permet de découvrir de nouveaux jeux et partager de vrais coups de cœur.

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2 Comments

  • Milkov

    ¡Hola! Suite à quelques articles sur le net, c’était l’un des jeux sur ma liste à Essen et, après l’y avoir essayé, je l’ai tout de suite acheté.
    On l’a joué le soir même, à l’hôtel, avec les amis du club de jeux avec qui j’y étais parti… et on a tous accroché ! À tel point que le lendemain et surlendemain, même si on avait depuis acheté d’autres jeux aussi, on a continué de jouer The A.R.T. Project. C’étaient des parties à 4 : on a fait les 4 premiers plateaux (Japon, Egypte, USA et Scandinavie) Intermédiaire et Difficile (on a tenté un « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ! ») mais on a perdu très, très vite suite à un mauvais coup de chance avec les premières cartes mission… et du coup, on est revenus en Difficile.

    Le week-end suivant, j’ai rejoué à la maison, en famille, avec les enfants (encore des parties à 4) et plus tard, on a joué à 2 avec ma femme les plateaux restants et j’ai rejoué en solo les 3 premiers plateaux.

    @EREL > Mon expérience de jeu à 2 est donc faite avec une joueuse (ma femme) avec qui j’avais précédemment joué une partie à 4 et une autre à 3… Mais en tout cas, le jeu à 2 est tout aussi bon qu’à 3 ou 4 sauf qu’un peu plus corsé.
    En effet, piocher 2 cartes pour n’en jouer qu’une laisse de la marge pour ne pas « subir le hasard »… mais avec plus de joueurs, il y a au final un plus large choix global (4 paires de cartes dans une partie à 4 contre juste 2 paires dans une partie à 2…) et du coup les aléas de la chance peuvent vite se tourner plus dangereux à peu de joueurs…
    En dehors de ce détail (qui peut avoir son poids, mais qui peut être radouci si on part avec plus de points de vie au départ de la partie), le jeu reste tout aussi bon et immersif. Toutes les sensations décrites dans cet article sont aussi présentes dans le jeu à 2.
    Personnellement, je le recommande !

    @ALINE > Ce que je viens de dire pour la version à 2 joueurs est aussi valable pour le mode solo, avec ces quelques détails à nuancer :
    · Le joueur pioche 3 cartes et en choisit 2, là où à 4 joueurs on pioche 2 paires de cartes. On est donc plus dépendants du hasard.
    · Pour le reste, le jeu se déroule presque comme dans une partie à 2 …? Pas vraiment non plus. Le personnage du « 2ᵉ joueureuse » est réduit au rôle d’Allié et ne peut pas combattre seul. Bref, c’est comme si vous jouiez « tout seul » avec un garde de corps… qu’il faut déplacer aussi (payer son cout de déplacement).
    Au final, cela reste un bon choix pour jouer en solo (du moins, selon mon critère) sachant que le jeu sera un peu plus corsé qu’à plusieurs… mais aussi que l’on peut prendre son temps pour le joueur s’il le faut (en effet, ne piochant que 3 cartes contre 4, 6, 8… à 2, 3, 4… joueurs, on écume aussi le deck plus lentement !)

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