Analyses & psychologie du jeu,  Jeux de plateau

Ces 10 jeux de société terrifiants pour frémir à Halloween

Bouh ! Les meilleurs jeux d’horreur pour se faire peur à Halloween.


Halloween

Halloween, c’est dans deux semaines. Les jeux de société sont un moyen facile et immersif de vivre une soirée de Halloween inquiétante, effrayante. Pour les fans de films, de séries, de livres, de jeux d’horreur, Halloween est la soirée parfaite pour jouer, dans les deux sens, à se faire peur.

Nous avons sélectionné pour vous quelques jeux d’horreur qui vont vous permettre de vivre une soirée de Halloween mémorable.

Halloween, mais qu’est-ce que c’est

Halloween, c’est cette soirée passée à se faire peur. Une tradition qui nous vient des US. Via les films, les séries et le merchandising, surtout, cette tradition s’est peu à peu étendue et installée chez nous en Europe.

À l’approche de Halloween, beaucoup d’entre nous pensent aux sorcières, aux fantômes et aux zombies. Des films d’horreur se succèdent sur les chaînes de télévision et de streaming, et les devantures de magasins sont recouvertes de citrouilles, de squelettes et de toiles d’araignée. 

Pour certaines personnes, c’est une période passionnante de l’année. Une période où l’on peut savourer le frisson d’avoir peur


10 jeux de société pour passer une soirée de Halloween effrayante

Voici notre sélection des meilleurs jeux de société pour vivre une soirée de Halloween dans deux semaines terrifiante, ou presque, et mémorable, à coup sûr.

Betrayal at the House on the Hill

C’est LE jeu idéal à sortir pour votre soirée de Halloween ! Deux jeux en un, avec une montée inexorable de la tension et une fin en apothéose.

Au début, vous vous baladez dans un manoir sans connaître votre véritable but, quand tout d’un coup, une personne à la table se fait posséder et se transforme pour devenir le méchant du jeu. Et là, c’est le drame.

Le jeu propose un système malin de deux brochures séparées : une pour les survivants / gentils, et une pour le méchant, avec des scénarios et informations secrètes à lire uniquement lors de cette transformation.

Juste. Démentiel.


Scooby-Doo: Escape

Comme Betrayal, vous vous baladez dans un manoir, hanté, et vous devez trouver le moyen de vous en échapper, et de résoudre l’affaire du fantôme de Lady Fairmont.

Dans Scooby-Doo: Escape from the Haunted Mansion, vous et votre groupe incarnez le gang Mystery Incorporated, soit Fred, Daphné, Véra, Sammy et Scooby-Doo. C’est Betrayal, mais avec un petit côté cocasse.

Tout au long du jeu, vous vous déplacez de pièce en pièce du manoir, en tirant des cartes d’indices et en ouvrant des enveloppes secrètes au fur et à mesure de votre progression. Beaucoup d’enveloppes secrètes , avec du matos et des énigmes aussi surprenantes que passionnantes. Si dans certains Escape Games les énigmes sont, comment dire, cheap et plates, soyons honnêtes, celles de Scooby-Doo: Escape from the Haunted Mansion sont particulièrement réussies. Ni cucul, ni tarabiscotées.

Ce qui détonne et passionne dans le jeu, c’est qu’il est composé de plusieurs livrets souples, découpés en chapitres. Jusque-là, rien de bien surprenant. On a bien affaire à un Escape Game de salon.

Sauf que.

Chaque livret renvoie à l’un des personnages emblématiques de l’équipe de Scooby. Il y a le livret, de Fred, de Velma, de Fred, de Daphné et de Scooby bien sûr. Et chaque personnage possède son propre pouvoir spécifique. Il arrive souvent qu’on doive prendre l’un des livrets pour activer, pour contrôler l’un des personnages et réussir une tâche en fonction de la compétence nécessaire pour la réussir.

Chacun des personnages dispose donc d’une capacité propre. Et chaque fois que vous voulez l’utiliser, vous combinez son numéro unique avec l’élément avec lequel vous voulez interagir sur une tuile de carte ou une carte indice. Le résultat de ces associations de nombres vous renvoie à un chapitre correspondant du livret du personnage correspondant. Si vous vous trompez, vous prenez une pénalité, un Scooby Snack. À la fin du jeu, vous perdez des points pour chaque Scooby Snack que vous avez mangée.

Voilà.

La prise en main est extrêmement rapide, une fois cette mécanique d’association de chiffres comprises. Un élément, un objet, un personnage, un pouvoir, un livret et un paragraphe. Tout devient fluide et limpide une fois la partie lancée.

À relever que l’aventure dure bien 2 à 3h en tout. Elle est découpée en plusieurs chapitres, ce qui permet de s’interrompre pour continuer plus tard. Le jeu propose alors un système de « sauvegarde ». Malin, pratique.

Et incarner Scooby-Dooh à Halloween, c’est hype ! Sortie en français dans quelques jours, justement pour Halloween.

👉 Découvrez ici notre chronique complète.


Horreur à Arkham : Le jeu de cartes

Depuis une dizaine d’années, entre jeux de cartes, de rôle et de plateau, il faut admettre que le mythe de Cthulhu fait souvent son apparition dans les jeux de société.

Cela fait 70-80 que les écrits de Howard Phillips Lovecraft, auteur et reclus de Providence dans le Maine, ont fasciné et façonné la culture populaire. C’est lui qui a inventé le fameux mythe de Cthulhu. Au point d’inspirer de manière régulière et fréquente les auteurs de jeux contemporains à intégrer les diverses créatures et cosmogonies liées au mythe.

Les fondamentaux du mythe de Cthulhu reposent sur la terreur, l’angoisse, l’épouvante et l’horreur de la menace cosmogonique cruelle et constante. Tous les jeux Cthulhu sont des candidats idéals pour une soirée d’Halloween sur le thème de la peur.

Sorti en novembre 2016 chez FFG / Asmodée, Horreur à Arkham le jeu de cartes coopératif a remplacé l’autre jeu de cartes, compétitif L’Appel de Cthulhu, compétitif celui-ci. Et nous voici en 2021. Le jeu ressort, en version révisée, avec quelques modifications mineures, qui vous permet de continuer à jouer avec les scénarios précédentes.

Au lieu de se battre l’un contre l’autre, vous faites désormais équipe pour vous attaquer aux mystères d’Arkham au cours d’une campagne narrative. Tout au long de vos aventures, vous allez devoir résoudre des mystères et plonger dans l’horreur (d’où le titre) du mythe. C’est un jeu de cartes, certes, avec toutefois une place importante à l’aspect narratif et inquiétant.


Les Demeures de l’Épouvante, deuxième édition

C’est LE jeu de Manor-Crawling par définition. Aventure et baston, baladez-vous dans un manoir et des environnements angoissants, cherchez des indices et affrontez les bébêtes du mythe dans ce gros jeu coopératif et narratif.

Cette deuxième édition, sortie en 2016, met en place une appli qui permet de gérer tout le jeu, de la mise en place à la gestion des créatures qui se déversent sur le plateau. Dans la première édition, préférée par certaines personnes, le jeu était en mode semi-coop, tous contre un. Dans cette deuxième édition, c’est l’appli qui incarne ce rôle, comme dans le Seigneur des Anneaux, Voyages en Terres du Milieu.


Night of the Living Dead : A Zombicide Game

Night of the Living, c’est Zombicide, mais dans l’œuvre de Georges Romero, le cultissime film de zombies de 1968 qui a lancé la « mode » des morts-vivants au cinéma, et ailleurs. Terrifiant !

Night of the Living Dead : A Zombicide Game propose 10 scénarios inspirés du film, dans lesquels vous devrez survivre tout en remplissant vos objectifs.

Le matériel est de qualité : plateau personnel, figurines, avec plusieurs choix selon le type de zombie. C’est du Zombicide, un jeu de plateau coopératif de survie dans une apocalypse. Rien de mieux pour passer sa soirée de Halloween à fuir les zombies (et faire des croche-pattes aux autres pour s’en tirer). Sortie prévue pour octobre, pour Halloween, justement.


Mysterium

Un manoir. Un meurtre. Un fantôme. Les ingrédients-types du parfait film d’horreur. Mysterium propose un monde où les fantômes sont « réels » et veulent vous aider à résoudre des crimes. Plus précisément, leur meurtre à eux. 

Dans Mysterium, une personne incarne le rôle dudit fantôme, dont les méthodes de communication se limitent à un jeu de cartes magnifiquement illustrées. Avec ces cartes, le fantôme doit conduire les autres, des détectives du paranormal, vers le bon suspect avant la fin de la nuit. 

Mysterium reprend le concept initial de Dixit et lui applique un ensemble de règles plus abouties et un thème plus fort, plus angoissant, plus Halloween-friendly.


Greenville 1989

Greenville 1989 reprend les mécaniques de Mysterium à coups de déduction d’images, en lui donnant un vernis de Stranger Things (dont on attend la 4e saison pour 2022).

À relever que les illustrations sont vraiment, vraiment, vraiment terrifiantes. Coopératif, immersif, un classique des jeux d’horreur ! Parfait pour frémir à Halloween.

👉 Vous pouvez découvrir ici notre critique complète


Paris 1888

Paris 1889 est la suite de Greenville 1989. Retour dans le passé. Dans Paris 1889, on se retrouve donc 100 ans avant les évènements de Greenville. Il va falloir se balader dans ce Paris fantasmagorique qui fleure l’épouvantable pour mettre la main sur des anneaux et empêcher que L’Abomination nous rattrape.

Paris 1889 se joue, en gros, comme Greenville 1989. On commence par recevoir une carte, face visible, qu’on décrit alors à tout le monde, et on indique alors son intention d’interaction avec elle : explorer, tirer, fouiller, etc. Comme si on jouait à un jeu de rôle. Immersif, narratif, palpitant !

👉 Vous pouvez découvrir ici notre critique complète


Un petit Unlock pour Halloween

Faut-il encore présenter Unlock ? Ces Escape Games « de salon » qui tiennent dans un deck de cartes, une appli et hop, c’est parti pour 60 minutes de triturage de neurones pour réussir l’aventure le plus rapidement possible et avant la fin du chrono.

Pourquoi parler d’Unlock dans cette sélection des meilleurs jeux pour passer un Halloween terrifiant ? Parce que plusieurs scénarios proposent une aventure dans une ambiance effrayante.

Dans la 2e boîte, sortie en 2017, Mystery Adventures, dans La Maison sur la Colline, on se balade dans une Maison Hantée, avec un scénario bourré de succession de références du cinéma de genre. De loin pas le meilleur scénario Unlock, mais qui fait bien son taf pour ce Halloween 2020.

Dans la 4e boîte, sortie en 2018, Exotic Adventures, on retrouve La Nuit des Croquemitaines. Le pitch : « Dans cette aventure, vous devrez aider Guillaume, un petit garçon qui a vu ses rêves envahis par les croque-mitaines. Travaillez en équipe pour chasser ces horribles cauchemars et faire en sorte que le petit garçon retrouve des nuits plus calmes ».

Un scénario qui se déroule dans l’univers des cauchemars. Angoissant ! Halloweenesque à souhait.

Dans Epic Adventures, la 7e boîte sortie en 2019 et plutôt décevante dans sa globalité, on y retrouve un autre scénario d’horreur, 7eme Art et Décès, qui reprend l’ambiance du scénario de La Maison sur la Colline de Mystery Adventures.

Et enfin, dans Legendary Adventures, la 9e boîte sortie en début 2021, et vraiment réussie, on y retrouve Sherlock pour une enquête de tueur en série. Ambiance glauque et gothique, parfaite pour Halloween.


Exit : Les Catacombes de l’Effroi

Tout est dans le titre !

Un autre Escape Game « de salon » comme Unlock. Quelques cartes et c’est parti pour l’aventure. Dans ce scénario composé de deux parties à la suite, vous recevez la lettre d’un ami, vous êtes sur vos gardes. Celui-ci a disparu après avoir découvert quelque chose dans les catacombes de Paris. Vous vous portez à son secours, sans savoir si ces terribles secrets risquent ou non de vous submerger.

Un pitch lugubre à glacer le sang.


Et un petit 11e pour la route – Oh My Brains

Ni immersif, ni terrifiant, Oh My Brains est un petit jeu de cartes de défausse qui réinvente Le Grand Dalmuti, également connu comme Le Trou du Cul que l’on peut jouer avec un simple paquet de cartes.

Oh My Brains vous met aux prises avec des zombies. Des animaux zombies, pour être plus précis : lapins zombies, rats zombies, rhino zombies, etc. Votre but ? Réussir à garder le plus de cerveau avant la fin de la partie.

Cocasse, taquin, malin, beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît derrière ses aspects de « bête » jeu de défausse, Oh My Brains se devait de rejoindre cette liste des meilleurs jeux à jouer à Halloween comme 11e proposition.

Pas pour son immersion, inexistante, mais son thème, loufoque. Et jamais abordé dans les films ou séries de zombies, est-ce que les animaux peuvent eux aussi devenir des morts-vivants ?, hormis avec le tigre dans Army of the Dead, le nanar zombies sur Netflix dont on attend la suite pour tout bientôt, Army of Thieves.

Oh My Brains, pour se faire un petit apéro ou une pause café en compagnie des zomb’animaux. Et rien que pour son packaging, disruptif, le jeu en vaut la chandelle !


La peur, disséquée

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Puisque nous parlons de Halloween, et de jeux qui font peur, intéressons-nous ici à décrypter cette émotion.

Tous les animaux, comme les êtres humains, ressentent la peur. Une émotion extrêmement nécessaire puisqu’elle a une fonction de protection. Face à une menace soudaine et fulgurante, la peur entraîne une réaction de survie. Flight, freeze or fight. La fuite, l’immobilisation ou l’affrontement.

La peur se manifeste tout d’abord sur l’organisme de plusieurs manières autonomiques : augmentation du rythme cardiaque, pour préparer le corps à une action immédiate. Accroissement de la sudation, muscles des bras et des jambes suractivés, décharge d’adrénaline par les glandes surrénales.

Le but étant de nous alerter, d’augmenter notre éveil, notre capacité attentionnelle pour traiter les informations de notre environnement et réagir de manière adéquate et pertinente. Flight or fight.

Différences

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Quand on parle de peur, on parle d’une situation, et d’une émotion, soudaine et immédiate. Courte dans le temps. L’anxiété, elle, ne correspond pas à l’émotion fulgurante qu’est la peur. L’anxiété, l’angoisse, sont plutôt des humeurs. On n’est moins dans des manifestations physiques immédiates, mais plus dans des états d’esprit.

Ces humeurs peuvent également générer des impacts néfastes sur l’organisme, comme l’augmentation du cortisol, l’hormone du stress, qui peut alors provoquer un effet d’usure sur l’organisme.

Les phobies, elles, sont également des peurs, mais liées à un objet, à un événement très spécifique. Les phobies sont un lien entre un objet, une situation contextuelle, et un état émotionnel. Peur des araignées, des serpents, des morsures de chien… Générées par des expériences traumatiques ou ataviques (pour les araignées par exemple).

Les expériences traumatiques seront cristallisées par le complexe amygdalien du cerveau, cette zone qui est le centre émotionnel de la peur. Et qui ressemble à une amande, d’où le terme « amygdale ». Amande, en grec.

Cette cristallisation va provoquer un « flashbulb memory », un repère temporel dans la mémoire autobiographique.

C’est l’exemple des attentats, du 11 septembre 2001 ou du 13 novembre 2015. On se rappelle avec grande précision ce qu’on faisait à ce moment-là. Ces événements sont tellement incroyables, et tellement dangereux, qu’ils ont été marqués dans notre système neural.

Habituation

À force d’être exposé à des situations qui engendrent ou qui devraient engendrer de la peur, notre système va peu à peu s’habituer. Surtout si l’on n’est pas directement concerné. S’engage alors une certaine forme d’accoutumance. Un phénomène psychologique qu’on nomme l’habituation. Pensez à la pandémie…

C’est « l’effet zombie » dans les films d’horreur et dans The Walking Dead. Le premier effraie. Au bout du vingtième, c’est bon, on les a tous vus…

La peur s’acquiert

blue jeans

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, nous ne sommes pas nés avec la peur. La peur n’est pas innée. Elle est acquise. C’est un processus que nous développons avec le temps. En réalité, et selon une recherche en psychologique de 20091, les bébés manifestent leurs premières peurs pour la toute première fois aux environ de leurs 8 à 12 mois. C’est généralement en réponse à de nouvelles personnes ou à des événements, en particulier étrangères, inconnues, différentes, qui représentent alors pour l’enfant une certaine forme de menace et suscite ainsi un tout premier émoi que l’on pourrait apparenter à la peur. 

À relever toutefois que tous les bébés ne réagissent pas de la même manière et dans les mêmes situations. Cette génération de peur n’est ni générale, ni générique. Il faut également souligner que le contexte compte beaucoup dans ce phénomène de génération de première émotion. 

La peur n’est pas innée. Elle est acquise.

Selon une autre recherche en psychologie de l’enfant de 20192, pour les bébés, les réactions les plus effrayantes à des personnes ou situations étrangères interviennent surtout lorsque les bébés sont plus susceptibles de juger une situation menaçante dans un espace menaçant. En revanche, lorsque les bébés se trouvent dans un espace qu’ils jugent sécurisé, par exemple à la maison ou dans les bras de leur parent, ils sont beaucoup moins susceptibles de générer de la peur.

Puisque la peur n’est pas innée, cela signifie que la plupart de nos peurs sont acquises à un moment donné de notre vie. Et qu’elles ne sont pas toutes acquises de la même manière. Certaines peurs peuvent être acquises par conditionnement ou après avoir vécu une expérience négative. Par exemple, vous pourriez apprendre à avoir peur des chiens si vous avez été mordu par un chien. Ou vous pourriez apprendre à avoir peur des abeilles après avoir été piqué. 

La peur, comme la plupart des émotions par ailleurs, est transmissible. Un phénomène en lien avec les neurones miroir. Les neurones miroirs sont une catégorie de neurones du cerveau qui présentent une activité aussi bien lorsqu’un individu exécute une action que lorsqu’il observe un autre individu, en particulier de son espèce. C’est à cause de ces neurones miroirs que l’on se met à bâiller quand on voit quelqu’un d’autre bâiller.

Ces neurones miroirs joueraient un rôle notamment dans l’apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, tels que l’empathie. On les appelle également neurones empathiques.

C’est bien pour ces neurones miroir que nous pouvons alors également développer des peurs en regardant la réaction effrayée de quelqu’un d’autre. 

Par exemple, au lieu d’apprendre à avoir peur des chiens en se faisant mordre, nous pouvons également développer une peur des chiens en regardant un ami paniquer à la vue d’un teckel grognant. De même, nous pouvons apprendre à avoir peur des chiens en entendant des informations négatives, comme entendre de vos parents que les petits chiens (teckel), mordent.

C’est ce qu’a pu déterminer une recherche en 19963. Les parents influencent, génèrent des peurs à leurs enfants. J’en veux pour preuve la peur des insectes volants (abeilles, guêpes, mouches, papillons de nuit) que mon épouse a infusée chez nos enfants. Par ses réactions effrayées, paniquées, ils se sont mis eux aussi à avoir peur de ces petites bêtes (presque) inoffensives, sans jamais s’être faits piquer.

Les parents influencent ou génèrent des peurs à leurs enfants.

Bien que les peurs soient acquises, et de diverses manières, toutes les peurs ne sont pas égales. Certaines sont beaucoup plus courantes que d’autres. Les peurs des serpents et des araignées, par exemple, sont parmi les plus courantes au monde. À tel point que certains chercheurs en 20014 ont avancé que nous soyons nés avec elles. Ou que nous les développions très tôt, sur la base d’une prédisposition biologique ou d’un mécanisme cérébral qui a évolué spécifiquement pour réagir à de « dangereux » prédateurs. J’ai mis entre guillemets, car pour nos araignées en Europe, le terme de « danger » est peut-être exagéré… À relever que les nourrissons et les jeunes enfants détectent très rapidement les serpents et les araignées.

Une recherche de 20085 a pu déterminer que lorsqu’ils sont présentés avec un tas d’images, les enfants d’âge préscolaire détectent les serpents et les araignées plus rapidement qu’une variété d’autres éléments. Y compris des fleurs, des champignons, des grenouilles et des cafards.

Il faut toutefois préciser que les enfances ne semblent toutefois pas avoir peur d’eux. Selon une autre recherche de 20136, les bébés vont chercher et essayer de ramasser des serpents en mouvement sur un écran et les enfants de 1 à 3 ans interagissent avec un serpent et une araignée vivants tout autant qu’un poisson et un hamster vivants. En réalité, les enfants témoignent d’un vif intérêt pour tous ces animaux. Même les plus effrayants. Ce qui suggère au final que nous ne sommes pas nécessairement nés avec une peur des serpents ou des araignées.

Ces peurs des araignées et des serpents est peut-être alors générée par leur association, par leur symbolique parfois présente dans certaines iconographies et cultures. Eden, le serpent, les films d’horreur avec des araignées, tout ça.

Nous ne sommes pas nés avec une petite voix que l’on nomme la peur et qui s’allume et s’éteint en réponse à certaines situations. Les émotions sont bien plus complexes. Notre corps réagit aux changements d’environnement. Nous devons ensuite interpréter cette réponse en fonction des situations et de notre vécu. Notre corps peut réagir à l’apparition d’un serpent, le détecter rapidement, faire battre notre cœur plus vite, nous préparer à agir, flight or fight. Mais la façon dont nous interprétons cette réponse peut différer selon que nous déterminons que nous sommes dans un endroit sûr, comme un zoo, ou si nous ne nous sentons peut-être pas autant en sécurité, comme lors d’une randonnée. 

En descendant une pente raide, la plupart d’entre nous peut expérimenter une réaction corporelle que l’on pourrait apparenter à de la peur. Notons que certaines personnes apprécient cette réaction et sont en recherche de ce sentiment. Ce qui explique l’intérêt pour la varappe ou les montagnes russes dans les parcs d’attraction. D’autres, au contraire, font tout ce qu’ils peuvent pour éviter les hauteurs. Ce qui est mon cas, je vais être honnête avec vous.

La peur dépend de la façon dont nous appréhendons la menace. Comment nous l’intériorisons et quel vécu nous avons traversé. C’est pourquoi beaucoup d’entre nous apprécient les films d’horreur ou Halloween. Le sujet de cet article, justement.

Peur, plaisir et Halloween

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Qu’est-ce qui nous pousse à voir des films d’horreur ? À aller dans des parcs d’attraction ? À jouer à des jeux qui risquent de susciter de la peur ? On aime avoir peur. On aime se faire peur.

C’est une émotion que l’on recherche. On peut même dire que l‘on prend un certain plaisir à avoir peur.

Mais a-t-on véritablement peur ? Ou est-ce qu’exposés à un jeu, à un film, nous sentons que cette pseudo-peur n’est que pseudo, justement ? Le plaisir de ne pas avoir une peur réelle. Et peut-être que cette recherche de la peur est également liée à un besoin de confrontation à cette émotion pour en faire l’apprentissage.

C’est tout le plaisir ressenti lors de nos nombreuses parties de cache-cache en tant qu’enfant (ou à IKEA une fois adulte…). Partir se cacher et attendre, fébrile, que l’autre vous découvre. Le plaisir du cache-cache réside dans cette attente, cet inconnu. Quand va-t-on être découvert ? Une forme d’apprentissage de la peur, comme un entraînement ludique, contrôlé et sans danger. Pour ensuite mieux apprendre à gérer la peur, la vraie. Celle que nous vivons à l’heure actuelle en pleine pandémie, par exemple.

La peur et les jeux pour Halloween

Les lieux d’horreur classiques, telle que l’exploration d’une maison hantée ou la fuite d’un meurtrier à la hache, peuvent être efficaces lorsqu’ils sont adaptés en jeu de société. Peut-être parce qu’une histoire d’horreur est presque toujours plus effrayante lorsque le public doit interagir directement avec elle. 

Bien sûr, personne n’est réellement en danger lorsqu’on joue à un jeu effrayant. Nous pouvons toujours profiter d’une atmosphère tendue et de la possibilité d’imaginer les terribles horreurs qui s’y déroulent. C’est pourquoi jouer à des jeux de société effrayants est l’activité parfaite pour Halloween. Tous les frissons, sans la menace.

Soyons lucides deux minutes, s’asseoir autour d’une table est rarement le meilleur moyen d’avoir les fesses qui font bravo (expression suisse romande). Un jeu d’horreur n’a pas besoin d’être effrayant pour être bon. Si un jeu d’horreur sublime son thème et vous investit dans son gameplay, alors il n’y a pas de meilleur moyen de passer Halloween que d’empêcher le réveil d’un ancien dieu oublié ou de combattre des hordes de morts-vivants décharnés. À la maison. Avec les portes verrouillées.

Prenez les sorties, nombreuses, de films, de jeux vidéo ou de plateau. Les jeux qui font peur continuent à « hanter » le marché du loisir ludique. Jeux vidéo, jeux de plateau, jeux de rôle, jeux de rôle grandeur nature, Escape Game. La peur fait vendre.

Comme la peur est une émotion puissante, profonde, intense, elle génère une expérience de jeu intense et profonde. Certains jeux, quel que soit leur format, nous plongent dans une réalité alternée, effrayante et émotionnellement exigeante. Et en même temps simulée et sécurisée. C’est justement cette contradiction qui est recherchée. Ces jeux proposent de vivre une expérience forte, immersive, intense et mémorable.

Peur et jeux peuvent aller de pair. Le jeu permet la pratique factice d’une activité. L’incursion dans une autre réalité : on part en rando dans les parcs américains (Parks), en exploration mondiale et maritime (Endeavor) ou on incarne des rongeurs dans une ville ravagée (Aftermath, le Cataclysme).

Les jeunes enfants, sans autre occupation que celle de jouer, ne le font pas pour s’amuser, c’est clairement faux. Ils jouent pour s’entraîner, pour apprendre.

Jouer à des jeux de société effrayants est l’activité parfaite pour Halloween.

« Les enfants n’ont point d’affaires plus sérieuses que leurs jeux »

Michel de Montaigne.

Ou aussi

« Jeu après jeu, l’enfant devient « je » »

Arnaud Gazagnes.

Le jeu est simulation. Et rien de tel que le jeu pour apprendre à avoir peur. A ressentir cette vive émotion. Ne dit-on par avec pertinence « jouer à se faire peur » ?


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Et vous, quelles sont vos recommandations de jeux pour ce Halloween 2021 ?

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