Gaming News,  Jeux de plateau

Gaming News #23 : pour ne rien rater des annonces récentes et prochaines sorties de jeux

Toutes les infos à ne pas rater sur les prochaines sorties et annonces de jeux. C’est le Gaming News #23.


Gaming News #22

Avec la fin de l’été, à l’aube de la rentrée ludique, les annonces de sorties se font pour l’instant encore plutôt timides. Nous en avons débusquées quelques-unes pour vous, ainsi que des liens avec des articles parus sur notre site récemment. Ce Gaming News est plutôt en mode actu qu’en mode sorties de jeux. Bon Gaming News et bon weekend à vous !

Un fabricant d’accessoires de jeux accusé de harcèlement sexuel

On l’apprenait sur Medium il y a quelques jours, le fabricant d’accessoires pour jeux de société The Broken Token après que son PDG a été accusé de harcèlement sexuel par une ancienne employée.

Depuis, des grands éditeurs de jeux de société ont décidé, ou sont en train de le faire, de cesser toute relation avec The Broken Token, dont Cephalofair Games (Gloomhaven) ou Iello :

The Broken Token est un fabricant d’accessoires de jeux de société, surtout connu pour toute une gamme d’inserts en bois personnalisés et pratiques pour ranger ses jeux dans des boîtes. Fondée en 2013, le succès de l’entreprise a suivi l’essor général de l’industrie de la table au cours de la dernière décennie.

Le 18 août, une ancienne employée de The Broken Token a publié sur Medium un récit de ce qu’elle a qualifié d’agression sexuelle et d’abus commis par le PDG de l’entreprise, Greg Spence. Ces allégations ont conduit à une condamnation généralisée dans l’ensemble de l’industrie des jeux de société sur les réseaux sociaux.

Spence, quant à lui, dans une déclaration publique publiée ce jeudi soir, a déclaré qu' »aucune de ces accusations n’est vraie ».

À voir comment l’histoire va évoluer ces prochains jours. Ce n’est pas la première fois qu’un éditeur de jeux a été accusé de harcèlement, souvenez-vous l’affaire Cards against Humanity, avec son patron historique qui a été poussé à la porte.

Frosthaven prend du retard

En parlant de Cephalofair. C’est certainement le jeu le plus attendu de 2021 ! Après une campagne historique sur Kickstarter en 2020, l’éditeur, et auteur du jeu, vient tout juste d’annoncer vouloir prendre son temps pour finir de produire, et d’envoyer son jeu à tous les backers.

Et pourquoi ?

Parce que la situation économique mondiale, avec la pénurie de containers, est à l’heure actuelle très compliquée.

Plutôt que de devoir demander plus d’argent aux backers pour éponger l’augmentation, massive, des coûts du transport, Isaac Childres préfère attendre que la situation, tendue, se tasse et se dégonfle. Childres a expliqué qu’en l’état, les coûts d’expédition avaient passé de 5 à 20 dollars, avec 15 dollars qui partent ainsi en fumée. Par boîte. Pour plus de 80 000 boîtes à envoyer !

Si Childres préfère attendre, deux autres jeux lancés sur Kickstarter viennent, eux, d’annoncer augmenter leur prix : Assassin’s Creed®: Brotherhood of Venice, et Return to Dark Tower.

La pénurie de papier menace l’industrie du jeu de société

En parlant de situation économique mondiale compliquée, on vous l’annonçait cette semaine, à cause de tous ces soucis de containers, plus d’un port en Chine fermé pour cause de cas de Covid, Ludo Fact, le plus grand fabricant de jeux de société en Europe subi une pénurie de papier.

Du papier, nécessaire pour produire tous les jeux de société : cartes, plateau en carton, règles, etc. Des explosions de coûts, et maintenant une pénurie de papier. Comme si la situation n’était pas déjà assez compliquée comme cela…

Knizia met fin à sa collaboration avec Grail Games, Matagot et Kolossal Games

On vous l’annonçait le 29 juin, l’auteur de jeux de société le plus prolifique, le plus connu du marché avait pour intention d’intenter un procès contre l’éditeur australien Grail Games pour rupture de contrat.

On l’apprenait il y a quelques jours, désormais, Knizia montre les dents et a décidé de couper tous les ponts non plus seulement avec Grail Games, mais également avec Matagot et Kolossal Games, tous trois étant liés.

Selon la responsable des opérations de Knizia Games, la société de création de jeux derrière Knizia, Karen Easteal, « en raison de multiples ruptures de contrat, toutes les licences avec Grail Games, Matagot et Kolossal Games ont été résiliées », ce qui signifie, selon la chargé de comm, que « ces éditeurs n’ont plus le droit de vendre nos jeux ». Bref, la tuile !

Rappelons que l’auteur allemand de 64 ans qui a créé plus de 500 jeux (!), est connu dans l’industrie du jeu de société pour intenter des procès à la pelle et qu’il n’a pas peur d’employer les grands moyens pour faire respecter ses contrats. Si on veut signer un jeu avec l’auteur, il vaut mieux avoir les reins, et des avocats, solides, juste au cas où…

Les éditeurs de jeux de société veulent prendre part à la transition écologique

Le journal le Monde consacre ce samedi un article sur les jeux de société et la transition écologique. Sans toutefois mentionner l’EcoScore, un outil pour mesurer le bilan carbone d’un jeu, Le Monde a interviewé l’éditeur Blam! (Cartaventura) à ce sujet.

La fabrication d’une console de jeu vidéo PS4 a un impact environnemental similaire à la fabrication de vingt-deux boîtes de jeux de société, qui, par ailleurs ne nécessitent pas d’énergie ou de matériel supplémentaire pour être utilisé. Telle est l’une des conclusions d’une analyse menée depuis un an par l’union des éditeurs de jeux de société (UEJ). Représentant tous les grands éditeurs francophones qu’ils soient orientés vers les jeux familiaux ou les joueurs passionnés, cette association professionnelle a décidé de se saisir de cette question d’actualité pour réduire l’impact environnemental de la fabrication et la conception des produits, alors que la demande de jeux de société explose. Lire aussi Le confinement accentue le retour en grâce des puzzles pour adulte.

Soutenu par le besoin de recréer des moments de convivialité en pleine crise sanitaire, le marché du jeu de société a vu ses ventes augmenter de 19 % en 2020 par rapport à 2019, selon l’UEJ. Plus de 30 millions de boîtes ont été vendues en 2020 pour un chiffre d’affaires cumulé de 600 millions d’euros. Avec une croissance annuelle d’environ 15 % depuis quinze ans, la France est devenue le premier marché européen pour les jeux de société, selon le cabinet NPD. L’Hexagone compte 114 éditeurs de jeux de société qui produisent près de 1 000 nouveautés par an. Coté distribution, il existe plus de 1 200 boutiques spécialisées en France d’après le Festival international des jeux de Cannes.

« Toute notre réflexion est partie d’une volonté de plusieurs de nos membres de créer un label écoresponsable, raconte Simon Villiot, directeur éditorial de la société BLAM ! et chargé de la commission écoresponsabilité de l’UEJ. Mais on s’est rendu compte que c’était plus compliqué que le simple fait d’apposer un tampon. Nous avons voulu faire le point en commandant la première étude sur l’impact écologique des jeux de société, basée sur l’analyse du cycle de vie de trois formats de jeux de plateau. » La dernière enquête sur un sujet écologique, faite il y a dix ans, portait sur le bilan carbone d’un jeu de société.

Un trajet de 41 kilomètres en Peugeot 208

L’étude montre, de façon assez intuitive, que « plus un jeu, sa boîte et ses composants seront lourds et grands, plus ses répercussions sur l’environnement seront importantes. Les éléments ayant la part la plus importante d’impact sont d’abord le contenu puis la boîte ; le transport n’apparaissant qu’en troisième position ».

En matière d’émission de CO2 par exemple, la production en Chine d’un jeu grand format, le plus polluant, équivaut à un trajet de 41 kilomètres en Peugeot 208, contre 7 kilomètres pour un petit jeu. Les émissions de gaz à effet de serre de la fabrication d’un grand jeu en Chine restent assez faibles par rapport à de nombreuses autres pratiques de divertissement puisqu’elles équivalent à l’échange de 215 mails ou à vingt heures de visionnage de vidéos sur Youtube.

Néanmoins, l’étude a fait émerger des pistes d’amélioration, comme le fait de réduire, dès sa conception, le format d’un jeu, pour diminuer son impact environnemental. Mais aussi d’« enlever les thermoformages, ces contenants en plastique qui permettent d’avoir des jetons bien rangés, précise M. Villiot. C’est un composant qui donne un élément de grande qualité quand on ouvre la boîte mais qui ne sert à rien dans le jeu ». L’objectif étant également d’éduquer le grand public afin qu’il soit conscient qu’« un jeu plein de plastique coûte écologiquement un peu plus cher ».

Privilégier le carton et le bois

Les fabricants peuvent également adapter les choix de matériaux en privilégiant le bois et le carton, plus facilement recyclables, et préférer du papier labellisé PEFC ou FSC, qui garantissent la gestion durable des forêts, ou encore opter pour une fabrication au plus proche du lieu de distribution. Les éditeurs de jeux qui sont parvenus à fabriquer en France l’ensemble des composants divisent ainsi l’impact environnemental du transport par dix, selon l’UEJ. « Un éditeur qui fabrique en Chine faisait venir ses produits par le train en pensant que c’était meilleur que l’avion pour l’empreinte écologique. L’étude a montré que la différence n’était pas significative », raconte M. Villiot. Lire aussi Festival international des jeux de Cannes : le grand essor des jeux de société coopératifs.

D’une manière générale, les jeux de société ont une grande longévité car la plupart sont gardés ou transmis de génération en génération. Cédés, ils finissent généralement dans les circuits de seconde main, tandis que les invendus des fabricants partent souvent dans le circuit associatif. « Les cycles de vie sont aussi prolongés grâce aux services après-vente mis en place par les éditeurs, qui remplacent les pièces perdues parfois même sans frais de port », relève M. Villiot. Un point fort du jeu de société par rapport au secteur du jouet dans son ensemble.

Cécile Prudhomme, Le Monde, samedi 21 août 2021.

Des nouvelles d’Essen 2021

Et enfin, on vous le révélait l’autre jour, on en sait enfin un peu plus sur le protocole sanitaire d’Essen, qui aura bien lieu « en vrai » cette année : pass sanitaire et masque. La Gen Con, elle, impose le masque mais pas (encore ?) le pass sanitaire.

11 Comments

  • patrikcarpentier

    Ces derniers temps, je trouve que la présomption d’innocence passe souvent trop vite à la trappe. Il convient normalement d’attendre que la justice tranche. Imaginons que ce dirigeant soit innocent ? Entretemps, sa société aura peut-être mis la clé sous la porte, et les employés licenciés. Que vont faire tous ceux qui ont tourné le dos ? Des plates excuses pour réparer les dégâts ?

    Reiner Knizia ne plaisante pas avec ses droits, je le comprends. Le domaine du jeu peut paraître un truc futile, donc pas besoin de respecter qui que ce soit, et faisons du fric. Ceci étant, l’auteur lui-même est un spécialiste de refourguer ses anciennes créations sous d’autres habillages. Je me pose même la question s’il est réellement l’auteur de tous les jeux commercialisés sous son nom. Peut-être est-ce devenu une marque…

    Merci de nous tenir informer, car l’info sur le monde ludique n’est pas la priorité première des média…

    • Pierrick L

      Je suis toujours un peu hesitant pour Knizia. Il a fait plus de 500 jeux, donc très probablement beaucoup plus de 1000 contrats (droits selon les pays typiquement)
      Je crois qu’il a intenté une dizaine de procès. Donc 1%.
      Je serai étonné qu’il n’y ait que 1% des contrats de l’industrie du jeu en règle générale qui pose problème ! C’est simplement que lui peut se permettre le temps et l’argent d’une action juridique.
      Mais je pense que statistiquement, il n’est pas du tout procédurier.

      • Gus

        Merci Pierrick pour vos calculs ! Vous bossez avec les chiffres, vous. Non ? 😊

        Sur le fond, et les chiffres, vous avez raison. 1%, c’est rien ! Mais dans le milieu et l’industrie du jeu de société, c’est suffisamment rare pour être relevé, qu’on apprécie, soutient, ou pas, sa méthode.

  • Garapon Charles-Henri

    Bonjour, pensez-vous que les éditeurs pensent à réutiliser le matériel d’un jeu à l’autre ? Après tout, les blés de Clans of Caledonia ressemblent à ceux d’Agricola ou de Scythe, voire de Catane 🙂 une pièce de 10, c’est toujours une pièce de 10 et un meeple de Keyflower peut jouer à Carcassonne, non ? Qu’en pensez-vous ?
    Un grand merci au passage pour votre blog passionnant et bien écrit !

    • patrikcarpentier

      C’est logique et économique que les éditeurs essayent de minimaliser les coûts en recyclant des éléments dont ils ont déjà les moules et/ou les matrices. Ravensburger, par exemple, le faisait déjà dans les années 70, j’ai pu le constater plusieurs fois. Haba le fait aussi de façon clair et nette dans certains jeux dédiés aux enfants.

      De plus, un pion, c’est un pion. Idem pour les autres éléments. Pour personnaliser un peu, on colle un sticker… 🙂

      • Garapon

        Oui ! Je pensais carrément que finalement, Matagot (ou n’importe quel autre éditeur) pourrait concevoir des éléments « modulaires » entre ses différents jeux, pour éviter de « tout » revendre à chaque fois. C’est sans doute (très) compliqué et moins immersif, mais le jeux de 52 cartes a prouvé que le même matériel pouvait servir plusieurs jeux 🙂

  • Mycael

    Est ce qu’il est possible d’accéder à l’étude complète de la UEJ concernant l’écologie et le jeu de société ? J’ai tenté quelques recherches, mais en vain…

    • Gus

      Oui en effet, même l’article du monde ne propose pas de lien direct ou de PDF sur l’étude.

      Comme il s’agit d’une étude interne à l’UEJ, ils ne l’ont pas (encore ?) rendue publique. Dommage. Si nous l’obtenons, nous en parlerons aussitôt.

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