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Bonfire : 7 choses que nous aimons (et 3 que nous n’aimons pas)

Temps de lecture: 5 minutes

Des farfadets, un feu, du Stefan Feld. Avec Bonfire, on a de quoi frémir et frissonner. Un jeu profond !


On connaît le goût immodéré de l’auteur allemand pour les gros jeux, pour les jeux complexes, pour les jeux exigeants. C’est le cas ici avec ce Bonfire, sorti cet automne 2020. Attention, tempête de neurones !

Voici 7 choses que nous avons appréciées dans le jeu, et 3 choses que nous n’avons pas aimées.

❤️️ 1/7

Des mécaniques succulentes

Bonfire se distingue par tout un fatras de mécaniques subtiles et ripolinées. Sans dé, le jeu s’opère grâce à des mini-micro tuiles d’actions que l’on obtient en posant d’autres tuiles sur son plateau personnel, un peu à la manière d’un domino.

Il faut souligner que le nombre d’actions possibles dans Bonfire fait tourner la tête : déplacer son bateau sur une autre partie du plateau, agrandir son plateau personnel, déplacer son gardien, déplacer la figurine sur le plateau central et concentrique pour recevoir des ressources, etc. etc. etc.

Bonfire est aussi profond et riche que fluide et instinctif. Une performance ludique !

❤️️ 2/7

Très peu de hasard

L’auteur allemand Stefan Feld est surtout connu pour ses précédentes galettes qui carburaient à coups de dés. Ils étaient alors utilisés de manière ingénieuse et disruptive. Dans Bonfire, aucun dé n’a été maltraité pendant le tournage la création.

Dans le jeu, hormis quelques cartes et pièces qui apparaissent dans le jeu pour remplir un « marché », et encore, on a toujours le choix entre 4-6 éléments, il n’y aucun hasard.

Tout se prépare, s’anticipe. On peut tout à fait planifier ses 3-4-17 prochains tours. Adeptes de jeux stratégiques, vous allez vous régaler avec Bonfire !

❤️️ 3/7

Des règles extrêmement claires

Rédiger des règles de jeu n’est pas un exercice facile. Il faut savoir être en même temps clair, didactique et proposer une mise en page ergonomique, tout en respectant un équilibre fragile entre confort, densité et exhaustivité.

Il est triste de constater que rares sont les jeux qui parviennent à proposer des règles optimales. Bonfire y parvient ! Malgré un jeu riche, complexe, exigeant, les règles sont limpides !

Vous pouvez d’ailleurs les consulter en français ici

❤️️ 4/7

Un jeu extrêmement fluide

Bonfire tourne très bien de 1 à 4 personnes. Il y a extrêmement peu de temps d’attente entre ses tours, car à son tour, on ne fait qu’une seule action possible entre trois :

  • utiliser un jeton d’actions
  • lancer un feu de joie en remplissant les conditions d’un objectif
  • poser une tuile de sa réserve sur son plateau personnel pour obtenir de nouveaux jetons d’actions.

Voilà, c’est tout.

Si le cœur du jeu repose sur les différentes actions possibles, le tour de jeu est rapide. Ce qui confère au jeu une impression de fluidité. Un pur plaisir !

❤️️ 5/7

Plusieurs stratégies possibles

Bonfire propose une quantité folle de stratégies et de voies possibles pour remporter des points : les objectifs, les gardiens, les déplacements en bateau, les trucs, les bidules. Aucune partie ne ressemblera à une autre avec tant de choix. Ce qui donne envie d’y re-re-rejouer pour tenter d’autres stratégies.

❤️️ 6/7

Des points visibles, ou presque

Dans la plupart des jeux de société récents, on joue en serrant les fesses pour espérer faire au mieux et remporter plus de points que les autres à la fin, sans avoir aucune référence pendant la partie. Bonfire propose certes un décompte final en mode « salade de points de victoire« , très à la mode et particulièrement prisé par l’auteur Stefan Feld, avec tout et n’importe quoi qui rapporte des points, en mode « L’École des Fans », tout le monde peut gagner.

En revanche, et de manière approximative, dans Bonfire on peut suivre son avancée et celle des autres. Un bon point, ce qui permet de savoir à peu près où l’on situe par rapport aux autres.

❤️️ 7/7

Un mode solo intéressant

Hasard des coïncidences des calendriers, stratégie marketing ou véritable souci des éditeurs ? Une grande majorité des jeux de société récents sortis ces dernières semaines incluent une version pour y jouer en solo. COVID et (re)confinement oblige ?

Alors qu’il y a encore 10-20 ans on pouvait oublier de jouer à un jeu de société en solo, aujourd’hui, plus que jamais, les jeux proposent une petite variante avec parfois un matériel spécifique adapté. Les fameux « automa » des jeux Stonemaier, ou ici également dans Bonfire, avec un paquet de cartes avec des actions réalisées en mode automatique pas inintéressant du tout !


⛔️ 1/3

Un thème absent et abscons

Bonfire parle d’une congrégation de gnomes qui se réunit pour allumer des « bonfires », des feux de joies. Voilà. En gros, c’est tout.

Le pitch :

« Pourquoi les Brasiers sont-ils éteints ? Tout commença il y a quelques mois, lorsque les Brasiers en haut des tours des cités environnantes s’assombrirent. Ils semblent maintenant complètement consumés. Nous, les gnomes, ne vivons pas dans ces cités, nous leur préférons les forêts voisines. Mais nous avons nous aussi besoin de la lumière et de l’énergie que les Brasiers fournissent ! Peut-être que les Gardiennes de la Lumière sauront nous en dire plus… Après tout, elles ont créé les Brasiers alors que la lueur du lointain soleil suffisait à peine pour survivre.

Nous nous rendîmes donc à la cité la plus proche afin d’obtenir des réponses, cité que nous évitions autant que possible, la population prenant de haut les habitants de la forêt. Cependant, la cité était étrangement déserte. Une unique Gardienne était encore là. Elle n’avait pas voulu nous dire exactement ce qui s’était passé, mais elle nous apprit que les Gardiennes s’étaient retirées dans les îles sacrées, emportant avec elles les Brasiers. Elles étaient parties, attendant ceux suffisamment humbles pour venir demander leur aide. Elles souhaitent évaluer notre bonne volonté en remplissant leurs missions : c’est seulement à ce prix qu’elles reprendront foi en les autres êtres vivants et qu’elles allumeront les Brasiers une nouvelle fois.

Rassurés d’être en capacité de changer notre destin, nous nous rendîmes dans les îles sacrées. Nous devions rallumer les Brasiers de la ville. Alors que nous étions en chemin, nous réalisâmes que d’autres gnomes avaient le même projet, pour d’autres cités… Mais je suis convaincu que NOUS ferons mieux qu’eux ! »

Malgré ce charabia sans queue ni tête fantastico-poterie, oubliez l’aspect narratif. Les mécaniques de jeux, certes subtiles, suaves et ripolinées, ne permettent pas au thème de s’ancrer dans une certaine logique ou cohérence. On l’oublie après 1 minute 30, montre (suisse) en main.

⛔️ 2/3

Des pictos indigestes

Des pictos, en veux-tu en voilà. Le plateau et les cartes spéciales en sont bourrées. Et ces pictos ne sont pas des plus compréhensibles. On doit alors passer sa partie le nez dans les règles.

Et est-ce que tout devient plus clair, plus fluide après X-tours, après X-parties ? Non. Car le nombre de cartes différentes oblige de se pencher constamment sur leur signification, ce qui ralentit le rythme et finit par plomber le jeu.

⛔️ 3/3

Une esthétique plate, sombre et chargée

C’est du Pegasus, donc un jeu allemand à l’esthétique allemande bien appuyée. Tout est criard, et en même temps sombre, chargé et plat. Et la quantité de picto n’améliore rien (voir plus haut).


Bonfire, Verdict final

Grandiose ! Pour qui apprécie les jeux stratégiques et complexes.

Note : 5 sur 5.

Et encore une chose

➡️ Vous pouvez consulter les règles du jeu en français ici

➡️ Vous pouvez trouver Bonfire en allemand et anglais chez Philibert ici

➡️ Vous pouvez déjà précommander la VF chez Philibert ici

➡️ Et également chez Magic Bazar ici

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  • Auteur : Stefan Feld
  • Illustrateur : Dennis Lohausen
  • Éditeur : Pegasus pour la VO, Matagot pour la VF
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4 (tourne très bien à toutes les configurations)
  • Âge conseillé : Dès 14 ans (pas moins)
  • Durée : 70-100′ (bonne estimation)
  • Thème : Fantasy (enfin bon, soyons honnêtes deux secondes, aucun thème)
  • Mécaniques principales : planification, objectifs, gestion

5 Comments

  • Guillaume

    Hello gus. Pour le point 6/7 on comprend ce que tu veux dire, mais au final la phrase ne veut rien dire, il en manque un bout. En fait elle est trop longue je pense, il faudrait la couper en 2.

    Au final je me rends compte que ce que j’apprécie danse un jeu, c’est une bonne mécanique et un thème fort. Donc ce sera sans moi

  • Rascarlo

    Gus and Co : le poids des mots, le choc (et la barre de rire) des photos! Les pics et gifs (excuse my franglisch) illustrant vos propos sont excellents. Et cette nouvelle formule pour présenter vos critiques est très sympa. Faut savoir varier un peu. Malgré l’absence de thème pas assumée du tout, le jeu me tente bien. Et même si je rêve qu’un jour Herr Feld puisse tomber sur un DA à la hauteur de la qualité de ses oeuvres…Enfin là c’est toujours mieux qu’Alea qui saccage chacun de ses jeux (même les rééditions anniversaire !).

  • thegoodthebadandthemeeple

    Je trouve ca un peu superficiel pour une revue d’un jeu si costaud.
    Moi j’aimerais connaitre combien de parties ont ete jouees et en quelle configurations.
    J’en parle parce que j’y ai joue 3 fois a 2 3 et 4 joueurs.

    Et franchement, les pictos ne sont comme souvent, jamais evident a la premiere partie, mais tres corrects a la 3eme.
    L’esthetique, excusez du peu mais c’est quand meme bien bien meilleur que Carpe Diem ou ce qu’on a l’habitude de voir chez Feld/Pegasus Spiele !!
    Ca se rapproche de Aquasphere. Et au moins c’est colore.

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