Jeux de plateau

Jouer à des jeux est bon pour la santé mentale, selon une étude universitaire

Temps de lecture: 5 minutes

Une étude de l’Université d’Oxford suggère que jouer à des jeux est bon pour la santé mentale.


Une étude de l’Université d’Oxford a suggéré que jouer à des jeux pourrait être bon pour notre santé mentale. C’est le célèbre journal britannique The Guardian qui l’a rapporté hier, lundi 16 novembre.

Des universitaires de l’université britannique ont utilisé les données du jeu vidéo Animal Crossing: New Horizons and Plants vs Zombies: Battle for Neighborville dans l’étude en faisant passer ensuite des questionnaires. Les chercheurs ont pu alors constater qu’un plus grand temps de jeu conduit à un plus grand sentiment de bien-être chez les joueurs et joueuses.

Un plus grand temps de jeu conduit à un plus grand sentiment de bien-être.

Il s’agit de l’un des premiers cas où des chercheurs utilisent des données de temps de jeu réelles plutôt que de demander aux sujets de déclarer leurs propres heures. L’étude a démontré que nous étions beaucoup plus heureux en jouant quatre heures par jour à Animal Crossing. 4h par jour quand même. Ca veut dire que pendant ce temps, on n’est pas en train de travailler ou de remplir sa déclaration d’impôts. Alors forcément, il y a de fortes chances qu’on le soit, heureux.

Une autre étude sur les jeux et la santé mentale

Ce n’est pas la première étude qui démontre que jouer à des jeux, vidéo ou de société, est bon pour la santé mentale. Souvenez-vous de cette recherche en 2017.

Réalisée dans le Minnesota (US) auprès de 2’000 personnes âgées de 70 ans et plus, entre 2006 et 2016, elle a eu comme objectif de déterminer si certaines activités intellectuelles, comme jouer à des jeux de société, utiliser un ordinateur ou bricoler, avaient un impact sur la santé mental et les dégénérescences cognitives liées à l’âge. Et les résultats ont été significatifs !

Jouer diminuerait les risques de déficits cognitifs légers de 22%. Les déficits cognitifs légers (DCL. Ou MCI, en anglais) sont intermédiaires entre les changements cognitifs liés à l’âge et les pathologies dégénératives responsables de troubles cognitifs évolutifs, en particulier la maladie d’Alzheimer.

Jouer diminuerait les risques de déficits cognitifs légers de 22%.

En effet, quand on joue, on réfléchit, on doit mémoriser, travailler les connexions mentales et conserver une certaine agilité et plasticité neurologique. Tout un exercice vital pour garder son cerveau en pleine forme et éviter les dégénérescences.

2019

Une autre étude de novembre 2019 a également démontré que les personnes âgées qui jouent régulièrement à des jeux non numériques tels que le loto, les échecs, les cartes ou les mots croisés dans leurs 70 ans pourraient bénéficier d’une meilleure capacité cognitive.

Des psychologues de l’Université d’Édimbourg ont en effet constaté que les personnes âgées qui jouaient régulièrement aux jeux de société obtenaient de meilleurs résultats aux tests de mémoire et de réflexion que celles qui ne jouaient pas. Autrement dit, jouer, c’est bien, à tout âge.

L’équipe a testé 1’000 personnes âgées de 70 ans pour déterminer leur mémoire, leur résolution de problèmes, leur vitesse de réflexion et leur capacité de raisonnement. Les mêmes personnes ont été testées tous les trois ans jusqu’à ce qu’elles atteignent 79 ans.

Autrement dit, jouer, c’est bien, à tout âge.

Les personnes qui ont augmenté leur temps de jeu au cours de leurs 70 ans étaient plus susceptibles de conserver certaines capacités de réflexion en vieillissant.

L’étude a également révélé qu’un changement de comportement plus tard dans la vie pourrait encore faire la différence. On a également demandé au groupe combien de fois ils jouaient à des jeux comme les cartes, les échecs, le loto ou les mots croisés à 70 et 76 ans.

À l’aide d’un modèle statistique, les chercheurs ont analysé la corrélation entre l’intelligence et le jeu de société, en prenant en compte un test d’intelligence effectué par les participants quand ils avaient 11 ans, et des facteurs tels que leur mode de vie, leur éducation, leur activité et leur statut socio-économique.

L’étude a constaté que les personnes ayant développé leur pratique de jeu dans leur troisième âge avaient moins diminué leurs capacités de réflexion, en particulier leur fonction de mémoire et leur vitesse de réflexion.

Pour les personnes de 70 ans ou plus, jouer à des jeux non numériques peut donc être un comportement positif en termes de réduction du déclin cognitif.

Si cette toute nouvelle recherche de l’université d’Oxford se concentre sur les jeux vidéo et prouverait qu’y jouer serait bon pour la santé mentale, quid des jeux de société ? Car il y a un aspect essentiel dans les jeux de société, c’est le fait qu’il soit, en règle général, pratiqué en… société. Et quand on est société, il y a de fortes chances qu’on se fasse un shot d’ocytocine. En pleine pandémie, en ces temps de distanciation sociale recommandée, imposée, c’est quand même étrange d’en parler.

Qu’est-ce que l’ocytocine ?

L’ocytocine est appelée « l’hormone de l’ amour » ou « l’hormone du bonheur » pour une bonne raison. C’est l’hormone sécrétée lorsque on prend dans ses bras quelqu’un de proche, d’apprécié, d’aimé. Après la pandémie. Ou quand on fait des câlins à son chiot ou son chat. On ressent alors un sentiment doux, chaud, moelleux, flou et diffus. C’est l’ocytocine !

L’ocytocine est un neuropeptide, une molécule semblable à une protéine que vos cellules cérébrales utilisent pour communiquer entre elles. L’ocytocine est également une hormone, ce que le cerveau la libère dans la circulation sanguine pour communiquer avec le corps.

Pour une micro-mini substance chimique du cerveau, l’ocytocine fait un gros taf. Elle joue un rôle prépondérant dans le sexe, l’accouchement, les liens, les interactions sociales, les émotions et de nombreuses autres fonctions importantes pour nous, les mammifères. Notre cerveau le produit naturellement, mais il existe également de l’ocytocine synthétique qui est parfois utilisée à des fins thérapeutiques, en spray nasal par exemple.

Une fois sécrétée, ou… sniffée, l’ocytocine semble nous pousser à adopter un comportement plus prosocial. Selon des recherches, l’une qui remonte à 2005 et l’autre à 2007, l’ocytocine nous rend en effet plus généreuses et généreux, plus… humains, plus en confiance avec les autres. Et au final, l’ocytocine libère des sensations de bien-être, de bienveillance.

Dans la première étude de 2005, des étudiants qui ont sniffé de l’ocytocine ont eu plus de facilité à échanger, à s’ouvrir, à se livrer à d’autres pour partager des moments difficiles. Dans l’étude de 2007, il est cette fois question d’argent. Les gens qui avaient reçu un shot d’ocytocine se sont montrés plus généreux et ont plus de facilité à partager. Lorsque les gens avaient reçu une dose d’ocytocine via un spray nasal, ils partageaient 80% plus d’argent avec un inconnu que les personnes qui n’en avaient pas reçu ! 80% quand même !

L’ocytocine libère des sensations de bien-être.

Alors, devrions-nous tous ajouter la prise d’une dose d’ocytocine avec nos céréales du matin pour améliorer notre humeur et notre santé mentale ? Non, parce que les études ne sont pas toujours pertinentes et 100% correctes, il peut y avoir des biais d’étude.

L’ocytocine est donc un produit chimique généralement utile et efficace pour notre bien-être et notre santé mentale. Alors, comment en obtenir, sans devoir passer par un spray nasal ou des… injections ? Il y a plusieurs manières naturelles et… saines :

➡️ Les câlins, le toucher, le contact

➡️ Faire l’amour (en solo, à deux ou à plusieurs. On ne juge pas). L’orgasme libère un shot d’ocytocine

➡️ Jouer aux jeux de société, bien sûr

Et vous, est-ce que vous allez dans le sens de la recherche universitaire d’Oxford ? Est-ce que jouer vous procure un sentiment de bien-être ?

3 Comments

  • Dark Guil

    J’aime votre article ! Ça me donne aussi une dose d’ocytosine ?
    Si on joue à Cthulhu et ses nombreuses variantes, c’est vraiment bon pour la santé mentale ?

  • Dark Guil

    Comme dirait un grand site de critiques de jeux de société, je pense qu’il me reste 1D4 SAN.
    Je souffre d’une schizophrénie aiguë car hier, j’ai joué seul à L’Appel de Cthulhu JCE de Eric Lang pour le tester. A cause du confinement (dans ma tête) et de la schizophrénie, j’ai dû jouer les deux joueurs que je ne suis pas/que je suis !
    Je sais/Nous savonnette : je souffre également d’anachronisme car en effet, par rapport à votre excellent site mentionné plus haut, j’ai beaucoup de retard en découvrant seulement cet excellent jeu.
    Mais JE suis persuadé que jeu est un autre…

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