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Power On! Un jeu qui manque d’énergie

Temps de lecture: 4 minutes

Clément nous propose ici la critique de Power On! un petit jeu indé taiwanais très peu connu de draft et de… centrales électriques. Sexy !


De quoi ça parle ?

Construire des centrales nucléaires, c’est votre kiff ? Alors Power On! est fait pour vous.

Mélange de tableau building, beaucoup, et de jeu d’adresse, un peu, Power On ! est un jeu à part, où les joueuses vont construire et activer des centrales, au charbon, au gaz ou nucléaires, pour gagner des villes, qui serviront à déterminer la gagnante.

Autant vous le dire tout de suite, l’intégration du thème au jeu est assez faible. On pourrait aisément remplacer les centrales, pour fournir de l’électricité, par des champs de patates, pour de la nourriture, et les villes par des villages. Un petit 2/5 à l’ITHEM.

Comment on joue ?

A son tour, une joueuse peut effectuer trois actions, parmi les trois suivantes :

  • Prendre l’une des 6 cartes disponibles au milieu du jeu, qu’elle ajoute dans sa main
  • Jouer une carte de sa main. Soit pour construire une centrale, soit pour activer un pouvoir temporaire
  • Lancer la construction d’une centrale, au charbon, au gaz ou nucléaire, et essayer de produire assez d’énergie pour prendre une des 3 villes à disposition

C’est tout ? Presque.

Pour lancer une centrale, la joueuse devra lui fournir de l’énergie, en défaussant une carte « charbon », ou n’importe quelle carte « gaz » ou « uranium », ou deux cartes. De plus, dans le cas d’une centrale nucléaire, la joueuse doit défausser une carte d’entrepôt des déchets, et dans le cas d’une centrale au charbon ou au gaz elle devra ajouter quatre ou deux cubes à la tour de carbone. Si celle-ci tombe, la centrale ne démarre pas.

Il est également possible de construire des centrales « renouvelables », hydroélectrique qui coûtent 1 point d’énergie, solaire ou éolienne, avec une energie produite en fonction de la valeur du dos de la carte visible sur la pioche, de 0 à 2. Les centrales « renouvelables » n’ont pas besoin d’être lancées, l’énergie produite est toujours disponible.

Si, à la fin de son tour, la joueuse atteint ou dépasse les besoins en énergie d’une des villes à disposition, elle prend la carte correspondante, et la pose devant elle.

Si, à la fin du tour d’une joueuse, il n’est plus possible de regarnir la pioche des villes disponibles, le jeu est terminé. Chaque joueuse additionne alors les valeurs de ses villes, et celle qui a le plus de point est déclarée gagnante.

Interaction ?

Si la production d’électricité participe au réchauffement climatique, ça n’est pas le cas de ce jeu. L’ambiance autour de la table est plutôt polaire. Pas d’interaction directe, la seule interaction étant la tour de carbone, qui vient ajouter un peu de hasard et d’adresse, mais ne change pas fondamentalement le système.

Chacune va s’occuper de son deck, et regarder celui des autres ne sert pas à grand-chose, en l’absence de tours pendables à jouer à ses adversaires. Sur l’IGUS, l’échelle de mesure de l’interaction dans les jeux, Power On! atteint un minuscule 1/5

A combien y jouer ?

Entre 2 et 4 selon la boîte. Chaque joueuse ayant le nez dans sa partie, ça ne changera pas grand-chose. Et en plus, il y a des cartes supplémentaires pour jouer à 4, ce qui fait que la partie ne sera pas plus courte ou longue avec plus de joueuses.

Et alors, Power On!, c’est bien ?

Non.

Si Power On! essaye d’apporter une touche particulière au tableau building, via la tour de carbone, ça reste un jeu de tableau building, avec un thème pas très bien intégré.

Oui, il y a une part de pédagogie, avec le charbon et le gaz qui polluent, et l’énergie nucléaire qui produit des déchets. Mais ces inconvénients sont faibles par rapport au gain, et l’énergie renouvelable reste beaucoup trop hasardeuse pour être une stratégie gagnante, ce qui n’en fait pas un jeu écolo.

L’absence totale de cartes permettant d’intervenir dans la stratégie des autres joueuses, en faisant exploser une centrale nucléaire, pourquoi pas, rend le jeu froid et privilégie les comptes d’apothicaires dans son coin, sans faire attention à ce qui se passe sur le reste de la table. Vous avez dit jeu de… société ? Pourquoi joue-t-on ? Pour créer du lien. Avec Power On!, on est loin du compte !

Si vraiment, vous êtes un fan de tableau building, et qu’il vous les faut tous, allez-y. Sinon, passez votre chemin, et trouvez-vous un autre jeu. Comme It’s a Wonderful World, par exemple, qui vient tout juste d’être nommé pour l’As d’Or 2020 (et qui a toutes ses chances de rafler le prix !)

Au final, ce n’est pas parce que c’est un jeu indé que c’est forcément bien, et vice versa. Parfois, un petit jeu peut très bien se révéler n’être… pas terroche

🔴 Power On! Score final : 2/5

Et encore une chose

Vous pouvez trouver Power On! en anglais et chinois (mais sans coronavirus dans la boîte) chez Philibert ici

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  • Auteurs : Tao-Tao Chen, Yen-Lin Chen, Yu-Xuan Su, An-Qi Zheng
  • Illustrateur : Masha Tace
  • Éditeur :  Homosapiens Lab
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4
  • Âge conseillé : Dès 6 ans 
  • Durée : 30′ à 50′
  • Thème : Construction de centrales électriques
  • Mécaniques principales : Draft, tableau building

P.S. : Toute réclamation vis à vis du concept de « tableau building » de cet article est à déposer auprès de Clément 😅

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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