Nine. Le recyclage (des jeux) est bon pour la planète

Temps de lecture: 4 minutes

Clément nous présente ici la critique de Nine, le jeu de cartes de l’éditeur Sorry we are French, un remake / recyclage de Choson et Koryo, deux petits jeux de cartes de majorité sortis en 2013 et 2014 chez Moonster Games et qui ont connu un certain succès à l’époque

Nine, ça parle de quoi ?

D’immortels qui essayent d’accumuler du pouvoir, en construisant des royaumes et en utilisant des héros. Bon, j’avoue, je n’ai pas trop compris l’histoire. En réalité, Nine reprend le même thème, le même univers que l’un de leur précédent jeu, Immortal 8. Un ITHEM au ras des pâquerettes avec un thème en filigrane : 2/5.

Comment ça marche ?

Le jeu comprend des cartes de royaumes (de 1 à 9, avec autant de cartes que la valeur de la carte), et des cartes de héros. Les cartes de royaumes ont des effets lors de la distribution des cartes et de la phase de pose, mais seulement si la joueuse à la majorité des cartes de la valeur en jeu.

La partie se déroule en 8 manches. A chaque manche, les joueuses reçoivent un nombre prédéterminé de cartes. Chaque joueuse en choisit soit deux différentes, soit autant d’identiques qu’elle le souhaite. Les cartes non sélectionnées sont remises dans la pioche. Ensuite, chacune son tour, les joueuses vont poser leurs cartes, et résoudre les effets :

  • Si la joueuse a la majorité des cartes d’une valeur au moment où elle joue, elle peut activer une des actions de cette valeur (récupérer un jeton, faire un échange, …)
  • Si la joueuse joue un héros, ses effets sont résolus, et il reste ensuite devant la joueuse, et ne fera plus jamais effet.

Les joueuses doivent ensuite jeter des cartes posées devant elles (à l’exception des héros, qui ne peuvent pas être défaussés), pour arriver à une limite fixée en fonction de la manche en cours. Les cartes de royaume conservées continueront à compter dans les majorités au tour suivant.

Comment on gagne ?

A la fin de la 8ème manche, on distribue les points :

  • La joueuse ayant le plus de jetons d’une couleur obtient 4 points
  • La joueuse ayant la carte 1 devant elle obtient 4 points, si elle obtenu des points dans le point précédent
  • Les pièces valent 1 point
  • Les diamants valent 5 points
  • La joueuse ayant la majorité d’une valeur gagne autant de points que la valeur faciale de la carte. Les autres joueuses retournent les cartes de cette valeur.
  • Chaque carte retournée vaut 1 point
  • Les héros valent -1 point

A combien y jouer ?

De 2 à 4.

À 2, il y aura beaucoup plus d’interaction, les coups tordus ne pouvant être dirigés que vers une personne. À 3 ou 4, le jeu s’équilibrera plus, et chacun trouvera son compte.

Interaction ?

Chaque joueuse doit gérer son deck, mais en fonction des autres, puisqu’il faut une majorité pour pouvoir effectuer les actions. De plus, certaines cartes permettent des coups tordus, qui vont affaiblir les adversaires, sans forcément renforcer la joueuse. L’interaction n’est pas le core-concept, mais elle joue un rôle important. 4/5 sur l’IGUS.

Et alors, Nine, c’est bien ?

Comme dit précédemment, Nine reprend l’univers fantastico-poterie d’Immortal 8, en reprenant les mêmes (types de) graphismes, plutôt sombres et peu feel-good.

La mécanique de jeu n’est pas révolutionnaire, mais elle est bien mise en œuvre, et les différents pouvoirs et effets sont bien équilibrés. Il peut y avoir un peu de frottement avec certains joueurs qui vont mettre un certain temps (voir un temps certain) à faire leur choix, mais c’est inévitable avec ce genre de gestion des cartes. Mais ça reste gérable, le choix étant forcément limité. Le jeu est très stratégique, et en même temps très vivant, avec des retournements et une part de hasard qui vient mettre à mal les plans au long cours. Stratégie VS tactique.

Le décompte des points est un peu laborieux, et il est difficile de savoir qui va gagner avant la fin de la partie (peut-être avec plus d’expérience ???). Les surprises peuvent être bonnes. Ou mauvaises. Les moyens de scorer sont multiples, et il faut éviter de se disperser, au risque de ne rien avoir à la fin, à cause de ce mécanisme de majorité.

Au final, Nine est un bon jeu, à la durée de jeu assez courte, toutefois doté d’une durée de vie qui me semble assez longue.

Il y a plusieurs stratégies à tester, de façons de gérer les cartes et les effets. Les parties peuvent se suivre et ne pas se ressembler. La durée de jeu permet aussi de s’amuser sans s’essouffler, de ne pas tomber dans la routine de jeu. On n’a pas encore perdu le goût du jeu quand il se termine, et c’est une bonne chose !

Après, c’est un jeu un peu sombre qui s’adresse à un public précis. Nine n’est de loin pas le party-game pour l’apéro ou le jeu qu’on sortira avec grand-mère et tata Jacqueline. Et sur ce créneau de jeu de cartes court et tendu de majorité, un certain nombre de jeux lui font aujourd’hui déjà concurrence.

Après, comme c’est une réédition, refonte, remake, recyclage, reboot, appelez ça comme vous voulez, de Koryo qui rencontre Choson, c’est également une bonne chose. Le recyclage (des jeux) est bon pour la planète.

Vivement la réédition, refonte, remake, recyclage, reboot 2020 de Gosu !!!

Ce qui nous a plu ❤️️

✅La mécanique de jeu, avec les majorités

✅ L’incertitude sur le score final jusqu’au décompte final (ou est-ce un point négatif ?)

✅ La durée, tenue

✅ Une réédition bienvenue de Koryo, plus édité depuis un paquet de temps

Ce qui nous a moins plu ⛔️

❌ L’esthétique (mais c’est très personnel)

❌ L’absence de récapitulatif des pouvoirs pour chaque joueuse

❌ La taille de la boite, plutôt grande pour 53 cartes et 50 jetons de 1 cm de diamètre.

🔴 Nine, score final : 4/5

Et encore une chose

Vous pouvez consulter les règles de Nine ici

Vous pouvez trouver Nine chez Philibert ici

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Également chez Magic Bazar ici

Et si vous habitez en Suisse, chez Helvétia Games Shop ici

  • Auteur : Gary Kim
  • Illustrateur :  David Sitbon
  • Éditeur : Sorry we are French
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4 (mais comptez plutôt 2 à 3)
  • Age conseillé : Dès 14 ans. C’est une bonne estimation, compte-tenu de la complexité toute relative du jeu, bien plus profond qu’il en a l’air malgré quelques cartes
  • Durée : 45′ minutes, (pratiquement) montre (suisse) en main
  • Thème : Dark fantasy
  • Mécaniques principale : deck-building, majorité

22 responses to Nine. Le recyclage (des jeux) est bon pour la planète

  1. Lucas says:

    Mouais… Ça fait quand même 3 fois que le studio nous pond les mêmes illu pour ses jeux qui ne donnent pas envie.
    En commençant l’article qui parle de recyclage et vu la tête de la boîte, j’ai cru que l’éditeur avait essayé de relancer Immortal 8 avec de nouvelles règles, voire une extension on un système à la Century.

    C’est fort dommage d’avoir encore choisi cette esthétique alors que Koryo, bien que déjà pas très clair côté lore, avait le mérite de sortir du lot avec son côté steampunk du futur assumé, bien loin de cette maigre tentatives de créer des déités pour faire concurrence aux planeswalker de Magic.
    Surtout que le studio recycle ses images dans chacune de leurs récentes productions (coucou Greenville), ce qui finit de rendre la démarche franchement moyenne.

  2. Alfa says:

    Merci pour l’article, mais j’ai abandonné la lecture suite à la récurrence de l’emploi systématique du féminin ( « joueuse » …).
    Je ne sais pas si c’est une private joke ou un acte politique feministe ou lgbt mais j’ai trouvé cela épuisant d’un point de vue cognitif, à me demander s’il s’agissait d’un jeu qui jouait sur le genre de la personne qui joue.
    Si vous souhaitez être lu par le plus grand nombre, le plus simple n’est-il pas de respecter la grammaire française ?
    Si vous voulez parler de féminisme , le plus simple n’est il pas d’écrire un article sur le sujet ?

      • Alfa says:

        Merci je comprends mieux que vous souhaitiez utiliser l’écriture inclusive. Mais comme vous le mentionnez dans l’article cité , il y’a plusieurs niveaux : l’emploi de termes épicènes ne gêneraient pas la lecture et me semble une bonne idée. L’usage des points est déjà un peu plus intrusif.
        Mais le choix retenu pour
        l’article sur Nine (remplacer le masculin générique par du féminin , avec une répétition volontairement (?) exagérée du terme « joueuse ») est tout simplement illisible , rendant le texte inintelligible de mon côté.

  3. Paul says:

    Il est vrai que l’emploi du féminin est perturbant au début mais uniquement parce que nous sommes justement formatés à entendre le masculin constamment.
    En fait, on s’y fait et je m’y suis habitué également en lisant les articles de vos collègues de Vind’jeu.

    Continuez…

    • Gus says:

      En fait c’est pire que ça Paul. C’est devenu tellement endémique chez moi que quand je lis des (99,99%) règles de jeux et que je vois « joueurs » partout, ça me donne la nausée 🤢

      • Alfa says:

        Je comprends tout à fait que l’expression « le joueur fait » soit agaçante. Et je soutiens les démarches visant à employer des termes épicènes , tournures impersonnelles (« on prend une carte » ) ou des tournures exhaustives (« la joueuse ou le joueur »)…
        Par contre de là à remplacer systématiquement et exclusivement par le féminin («  la joueuse ») je trouve ça extrême comme façon de faire : On se retrouve dans le problème inverse, au lieu de proposer un compromis équilibré.

        • Gus says:

          En tout cas merci de (re)soulever le débat sur l’écriture inclusive qui continue à susciter de vives réactions au sein de la communauté de joueurs. Et de joueuses

          • Alfa says:

            Oui je découvre la problématique mais je trouve le sujet intéressant 🙂
            Vous ne trouvez pas cela extrême de réagir à l’opposé de ce qui vous dérange (transformer joueur en joueuse) ? Ne serait il pas préférable de choisir le compromis (écrire les 2, ou la forme impersonnelle) ?
            En bref , être dans l’action plutôt que la réaction 😉
            Qu’en pensez vous ?

            • Gus says:

              Clément est en réalité un pseudo, c’est unE journaliste genevoisE

              Du coup c’est pour cette raison qu’elle utilise joueuSE

              • Alfa says:

                Certes mais l’article n’est pas à la première personne, ce n’est donc pas très pertinent à mon sens …
                La façon de faire me parait centrale si l’on veut bouger les lignes, je réitère donc mes questions 😉

                • Gus says:

                  Pour faire bouger les lignes, proposons, parfois, autre chose

  4. Soundeba says:

    Pour une fois que je suis en désaccord avec un de vos tests, mais les goûts et les couleurs 🙂 Du coup comme tout bon français je donne mon avis pour râler !

    J’ai découvert le jeu par hasard et j’ai adoré. Après ça vient du fait que je ne connaissais pas Chozon et Koryo, ça doit aider.
    J’aime aussi le fait que le jeu est différent à 2/3 ou 4 et que ça reste hyper tactique. D’ailleurs j’aurais mis 5 sur l’interaction, on est obligé de jouer en fonction des autres et on peut bien aller leur casser les noix 🙂

    Pour ce qui est de l’esthétique en effet c’est personnel, j’ai déjà gens qui m’ont dit qu’ils trouvaient les cartes absolument magnifiques, d’autres qui n’accrochaient pas du tout.

    Pour la taille de la boîte vs le contenu, j’ai pesté comme vous au départ, puis je me suis dit que pour avoir de la visibilité c’est un bon point et je préfère avec une boîte vide qu’un insert pour ranger juste des cartes et des pions. Après c’est la marque de fabrique de SWAF.

    Idem pour l’aide de jeu, mais vu que tout est marqué sur les cartes, au bout d’une partie on en a plus besoin.

    Sinon j’avais même pas fait gaffe que c’était écrit joueuse au lieu de joueur :0)

    Continuez comme ça, j’adore lire vos tests 🙂

    • Gus says:

      Bonjour Camille

      Merci pour votre message, qui suscite quatre réactions :

      1. Vous prenez le temps de réagir et de donner votre avis, merci !
      2. Encore heureux que vous ne soyez pas (toujours) d’accord avec nos articles. Nous n’avons pas la prétention d’affirmer que nous avons raison. Certains éditeurs nous font la gueule parce que nous avons OSÉ mettre un « mauvais » score à leur jeu. Alors qu’au final, il n’a pas été percutant et/ou passionnant, voilà tout
      3. Nous ne publions pas de tests, mais des critiques, nuance. Un test signifie « juste » un essai. Nos articles essaient (j’ai écrit « essaient ») de décortiquer les jeux de manière plus détaillée, plus nuancée aussi. Donc non, pas des tests, mais des articles. Ou des critiques. Ou des chroniques, même, pourquoi pas, ça fait plus Grèce Antique 🙂
      4. Merci pour vos encouragements et fidélité. Nous gérons notre blog depuis 2007, avec un article par jour (environ, hein, au doigt mouillé, parfois plus, parfois moins). Savoir que vous êtes derrière votre écran à lire nos articles (pas nos tests, hein) Camille, nous fait tout chaud au coeur. Notre communauté compte beaucoup pour nous, c’est notre soutien, notre… salaire (parce que oui, nous sommes suisses, certes, mais fauchés !)

      À très vite sur Gus&Co Camille

      Revenez nous voir pour donner VOTRE avis, même si / surtout quand il est différent du nôtre !

  5. Stéphane says:

    Bonjour à Toutes(et à Tous!) Je trouve vraiment génial d’user et d’abuser en long et surtout en large du terme « joueuses ». Faire du féminin,le maitre étalon(ah,ah!) est une super chose. Continuez,Gus!!

  6. kvasir says:

    Pas fan de l’esthétique non plus. Concernant la rédaction de l’article elle n’est pas inclusive bien au contraire, comme le dit l’académie française, en français, « le genre dit couramment « masculin » est le genre non marqué, qu’on peut appeler aussi extensif en ce sens qu’il a capacité à représenter à lui seul les éléments relevant de l’un et l’autre genre » faire le choix ici du féminin qui n’a pas de valeur extensive en Français ,c’est volontairement privatif selon l’usage la langue. Pour être clair en français : Joueur = (joueur masculin, + joueuse féminine) alors que joueuse =(juste joueuse…)

    • Gus says:

      Pas faux

      Mais je trouve étrange que l’utilisation unique du terme « joueuse » dérange, visiblement, alors que celui de « joueur » partout, non

      • kvasir says:

        C’est juste la langue qui est comme ça, ça n’a rien de sexiste … quand on me dit « êtes vous LA PERSONNE que je devais rencontrer ? » Je m’offusque pas de ce mot alors que je suis un homme et que personnage existe. C’est pareil dans l’autre sens. Sinon excellente critique 😉

      • Alfa says:

        Question d’usage et de convention , ça peut être utile parfois 😉
        Mais je comprends mieux ce qui m’a gêné à la lecture : l’utilisation d’une écriture exclusive féminine. C’est plutôt contradictoire avec votre volonté affichée de pratiquer l’écriture inclusive, qu’en pensez vous ?

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