Ormuz bloqué : Pourquoi nos jeux de société vont trinquer
🚢 +10 jours de mer, +30% de fret : la crise du détroit d’Ormuz menace toute la chaîne du jeu. On décrypte la situation.
Ormuz, pétrole, conteneurs : Pourquoi la guerre peut déclencher une crise du jeu de société
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L’essentiel en 3 points :
- La paralysie du détroit d’Ormuz fait exploser le cours du brut, matière première vitale pour le plastique et l’énergie du carton.
- En contournant l’Afrique, les cargos de jeux ajoutent plus de 10 jours de trajet et 30 % de frais supplémentaires par conteneur.
- Si les gros éditeurs peuvent encaisser, les petits studios et les projets Kickstarter risquent l’asphyxie financière.
On croit que le jeu de société se joue sur une table. Faux. Il se joue d’abord sur la mer. Et la mer, là, elle est en feu.
Sur Gus&Co, on a plutôt l’habitude de vous parler mécaniques de jeu, deck-building ou placement d’ouvriers. Mais aujourd’hui, on doit parler géopolitique. Parce que oui, ce qui se passe à 5 000 kilomètres d’ici va frapper nos étagères ludiques de plein fouet.
Samedi matin, 28 février 2026, on se baladait tranquillement dans les allées du FIJ quand le monde a basculé. Des frappes coordonnées américano-israéliennes sur l’Iran. Des missiles en retour. Et un détroit, celui d’Ormuz, qui s’est refermé comme un piège à souris. Sur nous tous.
Vous allez me dire : Ormuz, c’est du pétrole, des tankers, de la géopolitique. Qu’est-ce que ça peut bien faire à nos petites boîtes en carton ?
Tout. Absolument tout.
Le détroit de tous les dangers

Commençons par poser les bases, parce que c’est important. Le détroit d’Ormuz, c’est un goulet de 34 km de large entre l’Iran et Oman, avec des voies de navigation de seulement 3 km dans chaque sens. Par ce minuscule passage transitent chaque jour environ 20 millions de barils de pétrole, soit à peu près 20% de la consommation mondiale. Ajoutez-y 20% du commerce mondial de gaz naturel liquéfié. On parle de 500 milliards de dollars d’énergie par an.
Le 28 février au soir, les Gardiens de la révolution iraniens ont diffusé un message radio sur le canal VHF : plus aucun navire ne sera autorisé à passer par Ormuz. Et ils ne plaisantaient pas. Au 2 mars, le trafic de tankers était tombé à zéro. Le Joint Maritime Information Centre a relevé son évaluation de risque au niveau CRITICAL, autrement dit : « attaque quasi certaine ». Les transits sont passés d’environ 138 navires par 24h en temps normal à 28, soit une chute de 80%.
Concrètement ? Sept grands clubs d’assurance P&I, couvrant environ 90% du tonnage mondial, ont retiré leur couverture risque de guerre à compter du 5 mars. Maersk, CMA CGM, Hapag-Lloyd, MSC, COSCO, tous les géants du transport maritime, ont suspendu leurs transits. Et pas seulement à Ormuz : les routes passant par le canal de Suez et la mer Rouge sont également compromises. À la suite des attaques contre l’Iran, les Houthis, proxi iranien, ont communiqué vouloir s’engager. Nous sommes le 5 mars, ils ne l’ont pas encore fait.
Résultat : tout le trafic conteneurs Asie-Europe passe désormais par le cap de Bonne-Espérance. Oui, le tour de l’Afrique. Comptez dix jours de mer en plus. 30% de surcoût par voyage. Minimum.

« Mais nos jeux ne passent pas par Ormuz ! »
« Mais nos jeux ne passent pas par Ormuz ! »
C’est vrai. Les conteneurs qui partent de Shenzhen ou Dongguan, là où se fabriquent 70 à 80% des jeux de société mondiaux, empruntent la mer de Chine du Sud, le détroit de Malacca, l’océan Indien, puis normalement la mer Rouge et Suez. Le golfe Persique est un cul-de-sac maritime. La route Asie-Europe passe au sud d’Oman, à des centaines de kilomètres d’Ormuz.
Alors pourquoi s’inquiéter ? Parce que la crise d’Ormuz frappe simultanément trois canaux qui irriguent toute la chaîne du jeu de société :
Le transport
Quand Suez est évité, la route Shenzhen→Rotterdam passe d’environ 10 000 milles nautiques (31 jours) à 13 000 milles (41 jours) via le cap de Bonne-Espérance. Un jeu de société, c’est lourd, volumineux, et sa valeur unitaire reste modérée. Exactement le type de marchandise qui encaisse mal les hausses de fret. Quand le fret maritime double, l’inflation augmente en moyenne de 0,7 point, avec un pic un an plus tard et des effets qui peuvent durer 18 mois.
L’énergie
Le pétrole brut est la matière première des plastiques (PVC des figurines, polystyrène des inserts, acrylique des dés, polypropylène des protège-cartes), mais aussi des encres, des vernis, des films de plastification, et du bunker fuel qui propulse les porte-conteneurs. Le Brent est passé de ~73 $ avant les frappes à 84 $ le baril ce matin, et certains analystes projettent 100 $ si le blocage dure quelques semaines, voire 120-150 $ dans un scénario prolongé. Quand le pétrole double, le prix du naphta monte de ~80%, celui de l’éthylène de ~52%, et celui du polyéthylène de ~28%. Effet domino garanti.
La finance
Les jeux se paient souvent en dollars : production, fret, assurances, licences. Or en période de crise, le dollar se renforce (valeur refuge), l’euro fléchit, et pour un éditeur européen, c’est la double peine : fret plus cher et dollar plus fort. Les marges se compriment mécaniquement. Et les prix en boutique, eux, ne suivent jamais à la même vitesse.
Le pétrole caché dans chaque boîte de jeu
On sous-estime souvent à quel point un jeu de société est un produit pétrolier. Les figs, la fierté de tant de jeux sur Kickstarter ou Gamefound, sont fabriquées en PVC (mass market), ABS ou HIPS (premium), ou résine polyuréthane (haute définition). Les inserts, c’est du PET, du PVC ou du polystyrène. Les dés : acrylique. Le film rétractable : polyoléfine ou PVC. Les sleeves : polypropylène. Les tapis néoprène : caoutchouc synthétique.
Et ce n’est pas fini. Les encres d’impression sont traditionnellement à base de pétrole. Les films de lamination qui protègent les surfaces imprimées sont des revêtements plastiques. On estime que 20 à 40% du coût matière d’un jeu dépend directement du pétrole. Et ça grimpe nettement pour les titres bourrés de figurines. Si on ajoute le carburant de transport et l’énergie de fabrication, la dépendance pétrolière totale du coût « rendu entrepôt » atteint 30 à 50%, voire plus.
Même le carton n’est pas épargné. La fabrication de pâte à papier, le séchage, la transformation, tout ça demande énormément de chaleur et d’électricité. La Cepi (confédération européenne des papeteries) alertait déjà : les prix élevés de l’électricité et du gaz affectent fortement les papeteries. Pour une industrie où le papier est au cœur de tout : cartes, livrets, punchboards, boîtes. Toute tension sur l’énergie se transforme directement en tension sur les coûts.
Quatre crises en six ans, le jeu de société à bout de force
Le plus cruel dans cette histoire, c’est que l’industrie était déjà à genoux. Depuis 2020, c’est la quatrième crise majeure de chaîne logistique. Et chacune a laissé des cicatrices. Ces derniers mois, et pour diverses raisons, plusieurs éditeurs de jeux de société ont mis la clé sous la porte (Triton Noir, Funforge, Final Frontier, Mythic Games…).
Le COVID (2020-2022) a été le plus violent. Les coûts de transport d’un conteneur 20 pieds Chine→USA sont passés d’une base de 3 000-5 000 $ à des pics de 21 000-40 000 $, soit une hausse de 300 à 700%. Anne-Marie De Witt, patronne de Fireside Games, racontait avoir eu « la chance » de sortir un conteneur à 9 000 $, avant que les suivants ne passent à 21 000 pièce. Le papier et le carton ont doublé en cinq ans. Stonemaier Games documentait des hausses de fret de 300-400%. Greater Than Games avait 50 000 exemplaires de Spirit Island bloqués en Chine pendant trois mois, impossibles à expédier.
Le blocage de Suez (mars 2021), quand l’Ever Given s’est coincé en travers du canal pendant six jours. Coût estimé : 9,6 milliards de dollars par jour pour le commerce mondial. Plus de 400 navires en file d’attente. Un créateur Kickstarter notait avec amertume que l’Ever Given était le même bateau qui avait livré son jeu au Royaume-Uni trois mois plus tôt.
La crise de la mer Rouge (2024) a forcé le reroutage de tout le trafic Asie-Europe par le cap de Bonne-Espérance, ajoutant 2 à 3 semaines de transit. Les tarifs conteneurs ont triplé entre fin novembre 2023 et février 2024. Tory Gardner, responsable fret chez GamesQuest (fulfilment UK), décrivait le chaos : les prix étaient devenus « méconnaissables » par rapport aux devis de quelques semaines plus tôt.
Les tarifs douaniers US-Chine (2025-2026) ont ajouté une couche supplémentaire. À 54% de droits de douane sur les imports chinois, certains éditeurs calculaient un surcoût d’environ 4 $ par jeu. Stonemaier estimait ses seuls droits de douane à ~1,5 million de dollars par an. Connor Alexander, de Coyote and Crow, était catégorique : « Un tarif cumulé de 54% va essentiellement tuer mon entreprise. » CMON, qui avait levé plus de 40 millions sur Kickstarter, a déclaré 2 millions de pertes en 2024, 7 millions au premier semestre 2025, stoppé tout nouveau développement, licencié du personnel et vendu ses licences phares à Asmodee.
Les petits meurent, les gros encaissent
C’est la dynamique la plus brutale, et elle va se reproduire. Asmodee, l’un des géants du secteur avec un chiffre d’affaires dépassant 1,3 milliard d’euros, a construit une résilience structurelle : seulement 12% de ses ventes américaines proviennent de Chine, l’entreprise maintient des stocks stratégiques sur ses titres clés et diversifie ses partenaires de production. Asmodee peut absorber un choc temporaire, retarder des imports, imposer des hausses de prix ciblées.
Stonemaier Games, avec 25,1 millions de dollars de revenus en 2025, représente le haut du panier des indépendants capables de résister. Jamey Stegmaier, la voix la plus transparente du secteur sur l’économie de la chaîne logistique, a absorbé tous les surcoûts douaniers, déclarés illégaux depuis, sans augmenter ses prix en 2025, même si ça lui mangeait les marges.
Mais les petits et moyens éditeurs ? Le calcul ne tient plus. Si un jeu à 50 € en boutique coûte 10 € à fabriquer, et que l’éditeur le vend 20 € au distributeur, un doublement du coût de fabrication à 20 € ne laisse zéro marge, avant même de compter le transport, le stockage, le marketing. Et sur Kickstarter, les backers paient (et estiment les frais de port) des mois ou des années avant la livraison, pendant que les coûts de production et de transport font le grand écart. Le marché combiné Kickstarter/Gamefound pour le jeu de société dépasse 375 millions de dollars par an. C’est un secteur massif exposé à toutes ces dynamiques.
Les prix de détail ont déjà grimpé d’environ 18% en quatre ans. Les jeux hobby modernes coûtent désormais 30-50 $ en boutique, contre une moyenne historique de 20-30 $. Et les consommateurs et consommatrices votent avec leur portefeuille : pendant la crise de 2021, le top 10 d’une boutique toulousaine ne contenait aucun jeu de plateau. Uniquement des jeux de cartes et petites boîtes.
La diversification est en marche, mais loin d’être achevée
Les crises à répétition ont déclenché un vrai virage stratégique. La Chine produit encore 70-80% des jeux mondiaux, concentrés dans le Guangdong autour de Shenzhen et Dongguan. Mais les choses bougent.
Panda Game Manufacturing, le géant chinois qui a produit plus de 72 millions de jeux depuis 2007 pour des clients comme Asmodee, Stonemaier et Leder Games, a franchi une étape symbolique en juin 2025 en ouvrant sa première production hors de Chine, une co-entreprise avec Kawagraf à São Paulo. Le PDG Michael Lee planifiait ce mouvement depuis la première administration Trump. Mais il le reconnaît : les titres à figurines nécessiteront toujours une production plastique chinoise.
En Europe, Ludo Fact en Allemagne sert environ 200 éditeurs dans le monde et s’est étendu aux États-Unis (Lafayette, Indiana), en République tchèque et en Roumanie. Cartamundi en Belgique opère 13 usines dans le monde.
Et puis il y a la nouvelle la plus symbolique pour nous, francophones : Game In France. Une usine à Nancy (Houdemont), portée par Blue Orange, Abeilles Éditions et le groupe de presse EBRA, avec un investissement de 5,5 millions d’euros. Timothée Leroy, président de Blue Orange, déclarait : « À Nancy, nous serons capables de tout faire, sans dépendre des aléas de la production à l’étranger. » Le tout premier jeu, Dozito (on se réjouit de le tester pour vous), devrait sortir en avril 2026, un timing qui prend soudain une résonance toute particulière. L’usine vise une production initiale de quelques centaines de milliers de boîtes, avec un objectif à terme de plusieurs millions. Rappelons que le marché français du jeu de société, c’est 37 millions de boîtes vendues et 550 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Le mouvement vers la durabilité aide aussi : Hasbro s’engage vers des emballages quasiment sans plastique ; Stonemaier utilise des matériaux certifiés FSC, des encres à base de soja et des banderolles en papier plutôt que du film rétractable ; Czech Games Edition développe le « re-wood », 80% de déchets de bois combinés à 20% de liant recyclé, comme alternative biodégradable aux figurines plastiques. Quand Awaken Realms a proposé des meeples en bois plutôt que des figurines plastique pour Great Wall, environ un tiers des backers a choisi le bois.
Scénarios pour les prochaines semaines
Et maintenant ? Et demain ? Avec les attaques sur l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, quels sont les différents scénarios possibles ? Sortons nos cartes (de Tarot pour faire de la divination).
Meilleur cas : désescalade rapide
Si la navigation reprend en 1-2 semaines, avec la défaite de l’Iran ou la protection du détroit d’Ormuz et/ou du fret par les Américains, hypothèse franchement optimiste au moment où j’écris, l’industrie subirait surtout des retards ponctuels, des surcharges temporaires et une hausse d’énergie qui se calme. Les dégâts se concentreraient sur les sorties printemps/été 2026 et les projets à trésorerie serrée.
Scénario médian : perturbation de 1-3 mois
Le risque devient structurel. Reroutage permanent par le cap, capacité immobilisée, congestion portuaire, repricing progressif. On verrait apparaître les symptômes classiques : réassorts irréguliers et « trous » en boutique, repricing des nouveautés, crowdfunding sous tension (les devis changent plus vite que les budgets de campagne).
Pire cas : crise longue, au-delà de 3-6 mois
Ce n’est plus « retard + surcoût », c’est un choc macro : inflation énergie, taux d’intérêt en hausse, demande en recul, réallocation industrielle. Pour une filière à marges serrées, l’effet peut être existentiel : ceux qui ont du stock et du cash passent ; les autres subissent une pause forcée ou se font racheter. C’est exactement ce qui s’est passé en 2020-2021. Et là, la mèche est plus courte.
Comme des chiens dans un jeu (c’est le cas de le dire) de quilles
Pour les éditeurs : scénariser les coûts avec des marges de sécurité (fret + change + assurance), négocier des clauses de révision avec les fabricants, prioriser les réassorts des titres cœur plutôt que d’étaler le cash sur trop de nouveautés, alléger les boîtes quand c’est possible.
Pour les boutiques : renforcer les assortiments sur les jeux à forte rotation déjà en stock, étaler les précommandes, communiquer très tôt sur des dates estimées (et non promises).
Pour le crowdfunding : transparence totale. Expliquer que les devis de fret ont des durées de validité de plus en plus courtes et que la facturation peut évoluer après campagne. L’incompréhension naît rarement du surcoût lui-même, mais du décalage entre prix psychologique et réalité logistique.
Et pour nous, joueurs et joueuses ? Il ne nous reste qu’une seule chose à faire : encaisser le choc (et du coup : acheter moins, et préférer des jeux à l’EcoScore vertueux / privilégier le Made in Europe, et acheter d’occaz, et se rendre dans les bars à jeux et ludothèques).

Le mot de la fin
La crise du détroit d’Ormuz de mars 2026 se distingue de ses prédécesseurs sur un point crucial : elle menace l’approvisionnement énergétique qui sous-tend tout le système manufacturier mondial, pas seulement les routes maritimes. Même si les conteneurs de jeux depuis Shenzhen n’entrent jamais dans le golfe Persique, le choc pétrolier gonflera le coût de chaque composant dérivé du pétrole, augmentera les coûts énergétiques de fabrication du carton et du papier, et fera monter le prix du fuel pour le reroutage par le cap de Bonne-Espérance.
Si on veut chercher une micro lueur d’espoir dans ce désastre, c’est peut-être l’électrochoc (encore un autre !) nécessaire pour accélérer la relocalisation. L’usine Game In France, près de Nancy citée ci-dessus, montre qu’une autre voie est possible. Réduire le « kiloplastique », produire plus près, repenser les boîtes.
Pour une industrie qui vend le plaisir de se retrouver autour d’une table, la chaîne d’approvisionnement est devenue le jeu le plus complexe de tous. Et les enchères ne cessent de monter. Aujourd’hui, la tempête est bien là. Et elle pourrait faire très mal.
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10 Comments
Nico
Vu le mépris que Trump et sa clique vouent à l’Europe, c’est à se demander si ceci : « Résultat : tout le trafic conteneurs Asie-Europe passe désormais par le cap de Bonne-Espérance. Oui, le tour de l’Afrique. Comptez dix jours de mer en plus. 30% de surcoût par voyage. Minimum », n’a pas pesé dans la balance pour prendre la décision de suivre Israël dans ce conflit, ce afin de mettre à mal l’économie européenne.
patrikcarpentier
Morale de l’histoire : vaut mieux tenter de relocaliser la production en Europe. Les Polonais sont assez compétitifs pour bien des choses dans le domaine du jeu. Les Italiens aussi pour les impressions spécialisées. Bien sûr, les pays d’Asie ont des tarifs imbattables, mais avec le prix du transport et les aléas à répétition, l’Europe n’est pas un mauvais choix, surtout quand on n’a pas les reins ultra-solides.
Marco
Comment vivre dans ce monde gouverné par le profit, la destruction de l’environnement et la déshumanisation (via les écrans) ? Heureusement il nous reste le pain et les jeux.
missbobine
Merci pour cet article très complet… Et glaçant…
Gus
De rien. Avec « plaisir » (vous apprécierez les guillemets !). Merci à vous pour votre lecture.
Du coup, nous avons passé la journée à suivre les informations sur Ormuz. Loin de nous l’envie de jouer (c’est le cas de le dire) les oiseaux de mauvaise augure, mais la situation se complique d’heure en heure…
Pascoal
Super article bravo pour toutes les recherches approfondies sur le sujet !
Juste une petite phrase pour déplorer aussi que des vraies gens meurent dans une guerre aurait été bienvenue (et pas seulement des petites producteurs de jeux). Même si cela parait evident, ça va mieux en le rappelant, nous ne sommes pas que des gamers…
Gus
Très bonne remarque, Pascal. Vous avez raison de le souligner.
Terrible tragédie. Qui s’étend à tout le Moyen-Orient 😢
Soley123
C’est plutôt le système libéral actuel qui met à genoux l’économie du jeu et même l’économie tout court. Les gens n’ont tout simplement plus d’argent car les salaires ne suivent pas l’inflation pour la majorité des travailleurs mais explosent pour les plus riches.
Bobo
Ils ont toujours bon dos, les « riches ». Ils n’ont rien demandé à personne, et sont là où ils sont simplement à force de labeur (ou de labeur de leur ancêtres, et, dans ce cas, qui pourrait blâmer quelqu’un de mettre ses enfants à l’abri du besoin).
Peut-être que si les différents gouvernements français (et sans doute d’autres) ne dépensaient pas stupidement les finances publiques, les travailleurs pourraient davantage récolter le fruit de leur travail.
Et peut-être aussi, y’a-t-il d’autres priorités, quand on est « pauvre » (par opposition à riche), que de mettre son argent dans des jeux de société.
Il y a évidemment de gros co*** parmi les riches, mais il y en a bien sûr aussi chez les « pauvres ». Mais plutôt que de vouloir une société avec des riches moins riches, ne serait-il pas plus malin de lutter pour avec des pauvres moins pauvres ?
Casugamer
« On sous-estime souvent à quel point un jeu de société est un produit pétrolier. »
Tout est un produit pétrolier quand on y regarde de plus près 😉