Photo by Joshua Tsu on Unsplash, Stonemaier Games article bannière
Jeux de plateau

Stonemaier Games attaque Donald Trump en justice

⚖️ Quand Stonemaier Games défie Trump en justice : un bras de fer inédit qui bouleverse l’univers du jeu de société. Une partie risquée ?


Stonemaier Games : « Nous poursuivons le président en justice »

En bref :

  • Le conflit : Stonemaier Games a engagé des poursuites contre Donald Trump pour contester des surtaxes douanières jugées abusives.
  • L’industrie du jeu de société est ébranlée par les tarifs douaniers introduits par Trump : prix en hausse, sorties retardées, distribution menacée.
  • Le verdict pourrait définir l’avenir économique des éditeurs et l’accessibilité des jeux.

En pleine guerre commerciale, qui aurait cru que le prochain duel épique opposerait un éditeur de jeux de société à Donald Trump ?

Le monde du jeu de société connaît un scénario digne d’une fiction : un éditeur bien connu, Stonemaier Games, a décidé de poursuivre en justice le président américain Donald Trump. Ce bras de fer inattendu, annoncé le 21 avril 2025 sur le blog de Stonemaier, est directement lié à une guerre commerciale aux conséquences dramatiques pour l’industrie du jeu. Dans cet article, nous revenons sur les raisons de cette plainte hors du commun, son contexte légal, et ses répercussions potentielles sur les éditeurs et les joueurs.

Des taxes douanières qui mettent le secteur en échec

Nous vous en parlons depuis un moment déjà. Depuis le début de l’année 2025, les éditeurs de jeux de société américains font face à une augmentation brutale des droits de douane imposés sur les produits en provenance de Chine. Le taux a grimpé jusqu’à 145 % – un niveau inédit qui a pris de court le secteur​.

Concrètement, cela signifie que pour un jeu fabriqué en Chine et importé aux États-Unis, les coûts sont plus que doublés par ces taxes. Comme près de 80 % des jouets et jeux vendus aux États-Unis sont produits en Chine, ​l’impact est massif : de nombreux nouveaux jeux pourraient ne jamais voir les étals des boutiques américaines en 2025. Les éditeurs n’ont d’autre choix que d’envisager des solutions alternatives, par exemple vendre en direct aux consommateurs ou proposer des versions Print & Play à imprimer chez soi​. Les principaux perdants de cette situation seraient les boutiques spécialisées (privées de nouveautés à vendre) et, in fine, les joueurs et joueuses passionnées. Aux US, mais pas seulement !

Cette flambée tarifaire s’inscrit dans la politique commerciale de Donald Trump. Revenant à la Maison-Blanche, celui-ci a relancé et intensifié la guerre commerciale avec la Chine : après une première hausse à 20 % en mars, il a enchaîné les surcharges jusqu’à atteindre un tarif « colossal » de 145 % sur toutes les marchandises chinoises​. Pékin a répliqué par des contre-tarifs, et une spirale de surenchère s’est engagée. Mi-avril, le taux a même été porté à 245 % pour certains produits, doublant quasiment la facture fiscale de certains éditeurs. « Ces tarifs sont un scénario apocalyptique pour l’industrie du jeu de société américaine », alerte Isaac Childres, le créateur du best-seller Gloomhaven, en soulignant qu’il n’est plus économiquement viable d’importer des jeux dans de telles conditions​.

Selon lui, l’effet pourrait être pire que celui du COVID sur le secteur. Son entreprise, Cephalofair Games, a 60 000 boîtes bloquées outre-mer, prêtes à être expédiées, mais dont l’importation coûterait 4,14 millions de $ de taxes – une somme exorbitante comparée au 1,2 million $ initialement budgété avant les tarifs​. « Nous ne recevrons pas ces jeux tant que rien ne change », a confirmé son directeur des opérations, contraint de suspendre toute vente aux États-Unis et de chercher d’autres débouchés​.

Des éditeurs pris à la gorge et des jeux bloqués

Stonemaier Games est loin d’être un cas isolé. Des dizaines d’autres éditeurs – au moins soixante d’après des témoignages – ont dû mettre un coup de frein brutal à leurs activités. Les fabriques en Chine tournent à plein régime, mais les palettes de jeux restent en entrepôt au lieu de prendre la mer vers l’Occident. Si tous ces éditeurs retiennent leurs expéditions, c’est toute la chaîne de distribution qui vacille : les boutiques ludiques locales pourraient faire face à des risques de fermeture ou de faillite d’ici la fin de l’année. « Toute notre industrie est touchée… et cela provoque un effet domino », témoigne Price Johnson, de Cephalofair.

Les conséquences se font déjà sentir. Par exemple, Greater Than Games, éditeur renommé de Sentinels of the Multiverse et Spirit Island, a annoncé en avril qu’il suspendait ses opérations et licenciait des employés en raison de l’impact insupportable des tarifs. Sa maison-mère (Flat River Group) explique avoir mis tous les projets en pause tant que « la situation mondiale des tarifs reste aussi volatile ». De même, le très attendu Gloomhaven: Second Edition est effectivement bloqué à l’étranger à cause des tarifs prohibitifs, privant des centaines de boutiques et des milliers de joueurs d’un titre phare. « Ces tarifs, est-ce une guerre commerciale contre la Chine ou contre les entreprises américaines ? », s’interroge amèrement Isaac Childres, dénonçant des exceptions accordées à certains grands secteurs (smartphones, électronique…) tandis que les petites entreprises ludiques, elles, servent de dommage collatéral dans ce bras de fer économique.

Face à cette crise, les éditeurs explorent des parades de survie. Beaucoup tentent de décaler la sortie de leurs jeux ou de limiter la casse sur le marché américain. Certains, comme Cephalofair, préviennent qu’ils n’auront d’autre choix que de se tourner entièrement vers les marchés hors des États-Unis si la situation perdure.

D’autres envisagent de relocaliser la production ailleurs qu’en Chine, mais cette solution est loin d’être immédiate : « Les infrastructures ne sont pas en place aux USA pour fabriquer nos jeux en quantité. On ne fait que punir les industries dépendantes des importations, sans plan réel pour réduire cette dépendance », explique encore Childres. En attendant, on voit fleurir des initiatives de vente directe en ligne, des offres de kits à imprimer, et des campagnes de communication pour expliquer aux joueurs la hausse inévitable des prix.

Stonemaier Games monte au front

Dans ce contexte tendu, Stonemaier Games – éditeur connu pour des succès comme Scythe, Wingspan, Finspan ou Viticulture – a décidé de passer à l’action de manière retentissante. Son fondateur, Jamey Stegmaier, habituellement peu enclin aux confrontations, l’admet lui-même : engager des poursuites judiciaires n’est pour lui qu’un « dernier recours ». Mais voyant son entreprise et tout un écosystème menacés, il a choisi de rejoindre une action en justice collective visant Donald Trump. « Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que nos moyens de subsistance – et ceux de milliers de petits commerçants et de contractuels aux États-Unis, sans parler des clients dont nous chérissons la poursuite du bonheur ludique – sont traités comme de simples pions dans un jeu politique », écrit-il dans un billet de blog au ton passionné, intitulé sans détour “We Are Suing the President”. Avec, à l’heure actuelle, plus de 300 commentaires et 25K vues.

Stegmaier détaille à quel point les nouveaux tarifs douaniers plombent son entreprise. Comme de nombreux éditeurs, Stonemaier avait lancé la production de ses jeux bien avant le changement de présidence, avec des coûts convenus et un budget calculé. Désormais, à chaque fois que la société a dépensé 10 dollars de fabrication en Chine, elle doit payer 14,50 dollars de taxe à l’importation aux douanes américaines. Près de 1,5 million de dollars de frais supplémentaires vont ainsi s’abattre sur Stonemaier Games du seul fait de ces surtaxes. Une somme colossale pour cette petite entreprise de huit employés. « Avec cette nouvelle norme de 145 % de taxe imposée par le Président sur toutes les importations depuis la Chine – y compris sur des produits en fabrication depuis des mois – nous sommes contraints d’agir », justifie Jamey Stegmaier.

Il invite d’ailleurs d’autres sociétés du secteur à se joindre à la démarche, en proposant de les mettre en relation avec le cabinet d’avocats menant la charge, sans frais pour les participants. C’est dire la gravité de la situation : même un acteur plutôt prospère comme Stonemaier (grâce à des titres vendus mondialement) se voit acculé à une bataille juridique inhabituelle.

Parallèlement à la plainte, Stonemaier Games tente de mitiger les dégâts à court terme. Le problème immédiat, ce sont des stocks entiers de jeux finis qui attendent en Asie. L’éditeur confie avoir 200 000 boîtes de réimpressions de jeux populaires et 50 000 exemplaires de Vantage (sa prochaine nouveauté annoncée pour mi-année) prêts à partir de Shenzhen. Que faire de ce tsunami de jeux « bloqués » ?

Première mesure : expédier tout ce qui est possible vers d’autres marchés non impactés. Environ 35 % des ventes de Stonemaier se font habituellement hors des USA ; ces jeux seront envoyés directement d’usine vers l’Europe, l’Australie, etc., pour être vendus normalement à l’étranger. Deuxième mesure : stocker sur place une large partie des jeux destinés au marché américain. Stonemaier paye désormais des entrepôts en Chine pour entreposer plus de 100 000 boîtes en espérant des jours meilleurs – c’est-à-dire un assouplissement futur des tarifs. Cette solution n’est pas sans coût (frais de stockage imprévus, capital immobilisé) mais elle évite de payer tout de suite des taxes rédhibitoires.

Enfin, pour les jeux dont le marché américain ne peut se passer immédiatement, Stonemaier prend des décisions difficiles. Par exemple, Wingspan (mentionné dans son extension marine Finspan), un de ses titres phares, est actuellement en rupture de stock aux États-Unis. L’éditeur a choisi de tout de même le réapprovisionner en traversant la douane, quitte à absorber l’essentiel des 145 % de taxes sur ces copies. Le but est de ne pas « pénaliser davantage les revendeurs » et d’éviter de se retrouver avec un stock invendu sur les bras.

En revanche, pour le lancement de Vantage, Stonemaier modifie sa stratégie : le jeu sera bien vendu aux États-Unis malgré la taxe, mais uniquement en vente directe sur son site, sans passer par le circuit de distribution classique. Les clients finaux auront même la possibilité (facultative) de payer un petit extra pour aider à couvrir les frais de douane. Ces ajustements témoignent de la volonté de Stonemaier de servir sa communauté de joueurs tout en tentant de survivre à la crise – un équilibre délicat entre sacrifices financiers et soutien du public.

Un combat juridique sur fond de Constitution

La plainte déposée par Stonemaier Games vise à contester la légalité des pouvoirs du Président en matière de tarifs douaniers. Concrètement, l’éditeur s’est joint à une action collective de plusieurs entreprises américaines devant la Cour du commerce international des États-Unis (U.S. Court of International Trade). Parmi les plaignants figurent par exemple un importateur de vins, une PME d’articles de pêche, un fabricant de tuyaux ou encore un vendeur de kits électroniques. Des profils très variés, mais un même constat : ces petites et moyennes entreprises subissent de plein fouet les surtaxes et estiment que Donald Trump a outrepassé son autorité en les imposant.

Sur le plan juridique, l’argument principal des plaignants est que le Président a violé la séparation des pouvoirs en instaurant ces taxes monstres sans feu vert du Congrès. Leur recours souligne que Trump s’est appuyé sur une loi permettant de prendre des mesures économiques en cas d’« urgence nationale » – alors même que rien n’autorise l’instauration de tarifs douaniers généralisés. En d’autres termes, imposer une taxe de 145 % sur la quasi-totalité des importations mondiales relèverait du pouvoir législatif (celui du Congrès), pas du pouvoir exécutif du Président.

Les avocats pointent également que le motif invoqué par Trump (le déficit commercial des États-Unis) ne constitue pas une urgence nationale au sens de la loi – « un déficit qui dure depuis des décennies sans provoquer l’effondrement de l’économie, ce n’est pas une urgence soudaine », tacle la plainte. « Aucune personne seule ne devrait avoir le pouvoir d’imposer des taxes aux conséquences économiques aussi vastes », renchérit un des juristes impliqués, rappelant que la Constitution confie le pouvoir de fixer les tarifs douaniers au Congrès, et non au Président.

Au final, la démarche vise à faire reconnaître par la justice que cette « prise de pouvoir sans précédent » est illégale. Les plaignants demandent l’annulation pure et simple de ces tarifs, ce qui permettrait aux jeux de société (et à bien d’autres produits) de retrouver des conditions d’importation normales. Pour Jamey Stegmaier, il s’agit autant de sauver son entreprise que de défendre toute une filière. « Mon empathie va à toutes les petites entreprises qui ont investi toutes leurs ressources dans des produits qu’elles ne peuvent plus se permettre d’importer », écrit-il, conscient que Stonemaier Games bénéficie d’un filet de sécurité financier que d’autres n’ont pas. Sans action collective, de nombreux éditeurs moins chanceux risqueraient de disparaître, laissant le marché exsangue.

Que pensez-vous de l’idée qu’un éditeur de jeux poursuive un Président ?

Conséquences et perspectives ?

L’issue de ce combat juridique reste incertaine. Le tribunal du commerce international donnera-t-il raison aux petits entrepreneurs face à un Président puissant ? Une victoire des plaignants pourrait signifier la fin anticipée des tarifs de 145 %, soulageant immédiatement la pression sur l’industrie du jeu. Dans ce scénario optimiste, les jeux bloqués pourraient enfin être expédiés aux États-Unis sans surtaxe, permettant aux nouveautés d’arriver sur les tables des joueurs américains (avec du retard, mais sans doublement de prix). Les éditeurs récupéreraient une bouffée d’oxygène financière et la distribution classique via les boutiques pourrait reprendre son cours normal.

Cependant, il faut rester prudent : une bataille judiciaire peut durer de longs mois, et pendant ce temps, la situation commerciale demeure chaotique. Si les tarifs ne sont pas levés rapidement, on peut s’attendre à des répercussions durables. D’abord, les prix des jeux en magasin aux USA pourraient grimper en flèche, les éditeurs n’ayant d’autre choix que de répercuter une partie des coûts sur le consommateur pour survivre. Certains titres ne sortiront peut-être qu’en éditions limitées ou via des canaux alternatifs (ventes directes, importations parallèles depuis l’Europe…). Les joueurs et joueuses les plus motivées devront redoubler d’ingéniosité pour se procurer les dernières sorties : commander à l’étranger, opter pour des versions numériques, ou profiter des fichiers Print & Play quand ils existent.

À noter que cette poursuite judiciaire par Stonemaier Games n’est pas la seule que Donald Trump doit affronter au sujet des tarifs douaniers. L’État de Californie fait pareil.

Cette crise pourrait aussi rebattre les cartes du marché du jeu à plus long terme. Des éditeurs américains pourraient décider de délocaliser leur production vers d’autres pays moins exposés aux tensions commerciales, voire relocaliser partiellement aux États-Unis si une infrastructure émerge (ce qui nécessiterait des investissements et du temps). Les campagnes de financement participatif pourraient intégrer désormais une clause d’incertitude sur les frais d’importation, et les distributeurs américains pourraient réduire les prises de risques sur les jeux indépendants. En parallèle, les éditeurs européens ou asiatiques pourraient gagner des parts de marché aux États-Unis si les jeux américains deviennent trop chers ou rares, modifiant l’offre disponible pour les passionnés.

Pour les joueurs et fans de jeux de société du monde entier, l’affaire Stonemaier vs Trump est à suivre de près. Elle démontre que même un loisir fondé sur le plaisir et la créativité peut être rattrapé par de vastes enjeux politico-économiques. Il y a quelque chose d’ironique à voir des éditeurs de jeux – habitués à créer des mondes ludiques et pacifiques – devoir se transformer en combattants juridiques pour défendre leur survie. Une pointe d’humour n’échappera pas à certains : on croirait presque au pitch d’un nouveau jeu de société, où de petits meeples défient un géant de la politique dans une bataille asymétrique ! Mais ici, la partie est très sérieuse et bien réelle.

En attendant le verdict, la communauté ludique reste solidaire. Il suffit de lire les 300+ commentaires sur le blog de l’éditeur. Les joueurs et joueuses comprennent que si Stonemaier Games et consorts n’avaient pas réagi, c’est tout un écosystème qui aurait pu être mis en échec et mat. Cette année restera sans doute dans les annales comme celle où l’industrie du jeu de société a dû monter au créneau pour défendre son droit de continuer à faire jouer le public. Et chacun espère que cette histoire se terminera, sinon par un happy end, au moins par un compromis qui permette à nos jeux préférés de franchir les frontières sans encombre. D’ici là, les dés sont jetés – et c’est devant la justice que se joue la partie la plus importante pour l’avenir du jeu de société.


Rejoignez notre chaîne WhatsApp


Gus&Co : 100% Indépendant, 0% Publicité

Vous avez aimé cet article ? Depuis 2007, nous faisons le choix difficile de refuser la publicité intrusive pour vous offrir une lecture confortable. Mais l'indépendance a un prix (hébergement, temps, achat de jeux).

Pour que cette aventure continue, vous avez deux moyens de nous soutenir :

Le soutien direct : Rejoignez nos mécènes sur Tipeee pour le prix d'un café par mois.

☕ Soutenir Gus&Co sur Tipeee
Votre réaction sur l'article ?
+1
9
+1
0
+1
2
+1
0
+1
0
+1
0

8 Comments

  • Joao

    Mais pourquoi ne pas essayer de produire des jeux aux USA? Allez, ça serait 30% ou 50% plus cher? C’est toujours mieux que 145%, nan?
    Franchement, on peut critiquer Trump, mais là c’est du bon sens. Comment forcer les entreprises à produire en local si on s’en donne pas les moyens?
    Le joueur ? Bah il aura des jeux plus chers et il devra faire des choix qu’il le forcera à acheter des meilleurs jeux ou de l’occasion. Ca sera très bon pour la planète. Trump est un écolo qui s’ignore.

    • Julian

      Cela va impacter en premier tous les millions de patriotes qui ont élus Trump, qui se retrouvent sans emploi à cause de lui et qui maintenant ne peuvent plus se permettre d’offrir un petit jeu, un petit jouet à leurs enfants. Donc seule une élite pourra se permettre de s’offrir des jeux….

      • Joao

        Même chez Gus les jeux sont notés selon un écoscore! Ce n’est pas parce que c’est spectaculaire et sans ménagement qu’il n’y a pas de raisonnement derrière. Sans bouleversement, les habitudes de ces groupes ne changeront pas. Je n’ai pas beaucoup de peine pour eux, ils délocalisent pour réduire le prix de prod et augmenter les marges. Aujourd’hui, si nous sommes incapable de produire en circuit court c’est aussi à cause de ça. Il ne faut pas faire de l’anti Trump parce que c’est la mode. Faut voir plus loin et effectivement c’est cocasse pour ceux qui l’ont élu en imaginant qu’ils allaient récupérer immédiatement du pouvoir d’achat, mais ça devrait être hyper stimulant pour les entrepreneurs locaux qui voudraient se lancer dans ce business sans concurrence déloyale venue d’Asie. Et ce sera très bon pour la planète !

    • pF

      Tout simplement car les usines et les compétences n’existent pas ou pas au niveau de qualité actuellement attendue. D’où la nécessité d’un certain délai avant que la re-industrialisation puisse avoir lieu.

    • Brunner

      La réindustrialisation d’un pays ne se fait pas par magie : c’est un processus long et qui demande des dispositifs incitatifs autrement plus complexes que les droits de douane dont l’efficacité a déjà démontré ses limites (Perte de pouvoir d’achat, perte de compétitivités (du fait d’investissements massifs), etc..)
      Les éléments ne sont quasiment plus produites aux USA parce qu’il n’y a plus les infrastructures pour les produire (comme par exemple une simple boîte de qualité).
      Par ailleurs, cela ne change rien au fait que des entreprises font face – brutalement – à des frais supplémentaires qui ne peuvent pas être résorbés par leur trésorerie et que d’autre part ces droits de douane n’ont pas eu l’aval du congrès : c’est écrit dans l’article..

      Trump faire preuve de bon sens ? (cela vaut aussi à son administration) C’est comme demander à Yann Moix de faire preuve d’humilité, à François Bayrou de ne pas mentir ou à Johnny Halliday de revenir d’entre les morts..

    • Gaël

      Sur le long terme, vous avez raison. Comme détaillé dans l’article, le problème est l’immédiateté de la décision des USA concernant les droits de douane qui vont faire couler ces sociétés américaines. Si pas d’entreprises de jeux de sociétés locales, il paraît illusoire de pouvoir produire localement.

  • Stone

    Bonjour
    Je suis curieux de l’avis que vous porteriez sur cet article :
    https://www.highnoongame.com/post/the-boardgame-industry-is-burning
    Qui est a contre-courant des messages alarmistes et qui dit en substance que le 145% est un faux problème, pour peu que le bon HTS (Harmonized Tarif Code) est appliqué. L’article est virulent mais sa conclusion est que le vrai tarif est de l’ordre de 21%, pour peu que les documents administratifs soient correctement remplis, ce qui n’est visiblement pas souvent le cas.

    • Gus

      Merci Pierre ! Cet article riche et intéressant présente un point de vue original et à contre-courant.

      Cependant, il semble que l’article soit rapidement contredit dans les commentaires. L’interprétation du code HTS semble erronée.

      Nous avons eu beaucoup de plaisir à le lire, grâce à vous. Encore un grand merci 🙏🏼

À vous de jouer ! Participez à la discussion

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Gus & Co

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture