Le jeu de société est-il trop « woke » ?
💡 Le jeu de société est-il devenu trop woke ? De Puerto Rico à Codenames, retour sur la guerre culturelle qui touche l’industrie.
Le jeu de société est-il trop « woke » ? Au cœur d’une guerre culturelle
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L’essentiel en 3 points :
- Le débat sur le « wokisme » dans le jeu de société est le symptôme d’un loisir devenu massif.
- Des cas concrets cristallisent les tensions entre volonté de respect et accusations de censure.
- Loin d’être une intrusion nouvelle de la politique, ces débats révèlent que le jeu a toujours été idéologique.
On pensait que CGE avait décroché le jackpot avec Codenames Back to Hogwarts. Ils ont en réalité déclenché une guerre civile ludique.
On pensait être tranquilles, à l’abri des tumultes du monde, occupés à farmer des ressources ou à latter du monstre. On avait tort.
L’affaire a éclaté comme une bombe ludique en juillet 2025. CGE, l’éditeur de Codenames, annonce une version Harry Potter. Le jackpot, non ? Sauf que non. Au lieu de l’euphorie, c’est un tsunami de colère qui a déferlé. La raison ? J.K. Rowling et ses positions transphobes nauséabondes. Soudain, acheter un jeu de mots devient un acte politique.
Cette polémique n’est pas un accident. C’est le symptôme assourdissant d’une « guerre culturelle » qui s’est invitée à nos tables. Le jeu de société et de rôle sont devenus un terrain d’affrontement idéologique. Même France Inter s’y est collé le 8 août 2025 sur la question de l’art. La question fuse, inquiète, agressive : le jeu de société est-il devenu « trop woke » ?
Chez Gus&Co, on pense que le jeu, ce n’est pas juste du carton et des meeples. C’est un miroir de notre époque.
« Woke », le mot qui fâche
Avant de sortir les dés, mettons-nous d’accord. « Woke » (éveillé), à l’origine, c’était une prise de conscience des injustices, notamment raciales. Aujourd’hui, le terme a été « kidnappé » par les courants conservateurs pour devenir une arme rhétorique. Il sert à dénoncer tout ce qui bouge : féminisme, antiracisme, droits LGBTQIA+, décolonialisme…
Appliqué au jeu, traiter un titre de « trop woke », c’est lui reprocher d’introduire de la « moraline » là où il ne devrait y avoir que du fun. En face, on rétorque qu’un jeu n’est jamais neutre.
C’est un mot-valise. Pour les uns, il incarne la censure. Pour les autres, la critique du « wokisme » est juste une panique morale réactionnaire pour empêcher toute remise en question des privilèges. Bref, c’est le bazar.
Pourquoi maintenant ?
Comment notre loisir préféré est-il devenu l’épicentre de ces tensions ? La réponse est simple : sa propre réussite.
Le marché explose, implose, même. Et surtout, le public s’est massivement diversifié. Fini le cliché du hobby exclusivement masculin et « geek ». Aujourd’hui, tout le monde joue.
Ce passage d’un hobby de niche à un loisir de masse provoque des frictions. Une partie de la « vieille garde » peut percevoir l’arrivée de nouveaux publics et de nouvelles thématiques non comme une évolution, mais comme une intrusion politique dans « leur » espace.
Un public plus diversifié veut se voir représenté. Le héros type (souvent blanc, masculin, colonisateur) ne suffit plus. Le succès phénoménal de Wingspan, un jeu sur les oiseaux créé par Elizabeth Hargrave, l’a prouvé. Il y a une vraie demande pour des récits différents, plus inclusifs.
Quand le carton brûle
Regardons concrètement ce qui coince.
1. Décoloniser les plateaux : Le casse-tête Puerto Rico
S’il est un domaine où le débat est vif, c’est celui du thème colonial. Puerto Rico (2002) est emblématique. Ce chef-d’œuvre nous faisait utiliser des « colons » (pions marron) pour travailler dans des plantations. Avec le recul, cette abstraction ludique de l’esclavage est devenue insupportable pour beaucoup.
Le dilemme est cornélien pour les éditeurs. S’ils ne font rien, ils sont accusés d’insensibilité. S’ils modifient les jeux, ils sont accusés de révisionnisme ou de « cancel culture ».
La réponse ? Puerto Rico 1897, une version où l’action se passe après l’abolition. Alexander Pfister, lui, a préféré transformer son excellent Mombasa (Afrique coloniale) en Skymines (exploitation minière sur la Lune). Même mécanique, thème expurgé. Victoire du respect ou affadissement artificiel ?
Heureusement, des jeux comme Spirit Island (2017) montrent la voie : il inverse la perspective en nous faisant jouer les esprits locaux repoussant les envahisseurs. Un succès qui prouve qu’on peut aborder le sujet de façon engagée et intelligente.
2. La déconstruction des stéréotypes : D&D et les Orcs
Même la fantasy est touchée. Donjons & Dragons a longtemps dépeint les Orcs ou les Drows (elfes noirs) comme intrinsèquement mauvais. Une vision critiquée comme faisant écho à des idéologies racistes bien réelles (le déterminisme biologique).
Wizards of the Coast a réagi : les nouvelles éditions suppriment ces stéréotypes et complexifient le lore. Une évolution nécessaire pour certains, un lissage « politiquement correct » qui appauvrit l’imaginaire pour d’autres.
Même Frosthaven, la suite de Gloomhaven, s’y est mis.
3. Le backlash et le « Woke-Washing »
Chaque avancée s’accompagne de son retour de bâton. Quand le Scrabble retire les insultes racistes de son dictionnaire, des chaînes conservatrices hurlent que « le wokisme rend idiot ». L’affaire Antifa : le jeu à la Fnac, brièvement retiré sous la pression de l’extrême droite, montre aussi que la censure touche tous les bords.
On pointe aussi le risque de « woke-washing » : des marques qui adoptent un vernis progressiste par pur calcul marketing, sans conviction profonde.
Le mythe du jeu apolitique
Une critique revient sans cesse : on « politise » un loisir qui devrait rester un divertissement. Mais cette vision est un mythe.
Les jeux ont toujours véhiculé des valeurs. Le Monopoly est une célébration du capitalisme débridé. Risk, de l’impérialisme. S’ils ne nous apparaissent pas comme « politiques », c’est parce que l’idéologie qu’ils portaient était hégémonique, donc invisible.
La controverse ne naît pas de l’irruption de la politique dans le jeu, mais du déplacement des frontières de ce qui est socialement acceptable.
Alors, on joue ou on milite ?
Le débat sur le « wokisme » est le symptôme d’un loisir en pleine effervescence. Cette transformation est désordonnée, conflictuelle, mais elle est vitale.
Alors, le jeu de société est-il « trop woke » ?
Non. Il est devenu plus conscient. Conscient de la diversité de ceux qui le pratiquent. Conscient de l’impact culturel des histoires qu’il raconte. C’est le signe d’un média qui a atteint sa maturité.
L’important sera de trouver l’équilibre : créer des jeux qui osent aborder des sujets complexes sans tomber dans la leçon de morale, tout en préservant la liberté de création. L’univers du jeu est à la croisée des chemins. Gageons qu’il continuera de nous étonner, de nous faire réfléchir, tout en nous amusant. Au fond, le jeu de société n’est pas trop woke, il est juste enfin sorti de sa boîte.
FAQ
Qu’est-ce que le terme « woke » signifie dans le jeu de société et pourquoi est-il controversé ?
D’abord synonyme de conscience sociale, “woke” est devenu une critique conservatrice. Dans le jeu, il cristallise la tension entre diversité inclusive et accusation de “moraline”.
Pourquoi les débats autour du « wokisme » sont-ils si virulents aujourd’hui ?
Parce que le public du jeu s’est élargi et diversifié, générant une demande de représentations plus inclusives, parfois perçue comme une intrusion politique.
Comment Puerto Rico et Donjons & Dragons illustrent-ils ces tensions ?
Puerto Rico : critique des thèmes coloniaux → révisions comme Puerto Rico 1897.
D&D : suppression des races “intrinsèquement mauvaises” → évolution saluée par certains, vue comme du politiquement correct par d’autres.
Le jeu de société a-t-il vraiment été apolitique ?
Non. Monopoly glorifiait le capitalisme, Risk l’impérialisme. Le jeu a toujours véhiculé des idéologies, simplement moins visibles à l’époque.
Quels sont les risques du « woke-washing » ?
Un vernis progressiste purement marketing qui décrédibilise les vraies démarches inclusives et génère du cynisme.
Des exemples de jeux réussissant à aborder des thèmes sensibles ?
Spirit Island (2017) inverse la perspective coloniale avec intelligence et succès, prouvant qu’un jeu peut être engagé et fun.
Comment l’affaire Codenames Back to Hogwarts illustre-t-elle la complexité des débats ?
La polémique autour de Rowling a transformé un jeu dérivé en acte politique, montrant l’impact des valeurs des créateurs sur la perception d’un produit.
L’évolution actuelle du jeu est-elle “trop woke” ?
Non, plutôt plus consciente : signe de maturité, reflet de la diversité du public et de l’impact culturel du médium.
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21 Comments
Cottez Audrey
Le public a toujours été diversifié mais pas toujours accepté c’est la grosse nuance 😉
Romain Monger
Débat à la con, terrain sur lequel l’extrême droite essaie de nous entraîner pour entretenir un sentiment négatif, coupable sur un sujet qui devrait être traité sous un axe complètement différent.
En fait, l’extrême droite a trouvé la faille du débat critique et de la liberté d’expression pour faire porter insidieusement le sentiment d’un « danger » qui n’existe pas, par ceux, les journalistes ou influenceurs, qui pourraient eux-mêmes, pourtant, être les pourvoyeurs de ses politiques.
D’ailleurs, c’est exactement ce qu’il critique du « trop de wokisme dans les biens culturel » pour justement s’en servir. En créant un fond diffus de propagande partout qui va servir leurs objectifs.
Pour être clair, si je me pose la question si un produit est « malsain », c’est que déjà la question se pose. Et que peut-être que oui. Et déjà, sur un terrain inexistant, j’ai réussi à créer la « contagion » par le doute. On remplace malsain par Woke, un concept diffus, issue des rangs de l’ED pour cibler un ennemie constituer d’une catégorie de population large, indéfinissable, qui lui est hostile ou contre laquelle elle est hostile (les gauchiasses, les pédés, les arabes…). Il y a 20 ans, c’était le cosmopolitisme. Mais c’était un peu trop « daté ». Ils ont trouvé un concept plus vendeurs, trendy sur internet, le wokisme. Il y a plus longtemps encore, c’était le judéo bolchévisme, et un ensemble de dérivés.
En réalité, les termes du débat peuvent exister sur le « comment », par le jeu, réussir une politique « saine » qui consiste à élargir l’audience de biens culturels (et logique pour des biens commerciaux), et éviter la banalisation de pratiques telles que l’exclusion de catégories de populations sur la base de stéréotypes ou la banalisations d’évènements historiques qui peuvent être socialement acceptées dans certains milieux, mais qui ont néanmoins conduits à des conflits catastrophiques ou à la marginalisation et la répression de catégorie entière de population.
Donc un débat sur comment faire une politique d’inclusion, ou une réflexion sur l’histoire sans créer de nouveaux stéréotypes ou gommer justement ce qui a fait que ces évènements historiques ont pu exister.
Car si on masque comment ces évènements ont pu exister, comment éviter qu’ils ne se reproduisent. Peut-on parler d’Hitler sans évoquer la persécution historique des juifs, mais surtout le « climat » qui a permis d’arriver à la Shoah. Notamment comment l’extrême droite a envahi la sphère culturelle dans les années pour la retourner à son avantage.
En gros, tout le contraire d’un article sur ‘le jeu est-il trop Woke’ qui reproduit, j’en suis désolé, des techniques déjà utilisées par le passé par les extrêmes-droites pour marginaliser des populations sur lesquelles s’est finalement abattue la triste logique de la déshumanisation. Malheureusement, ce genre de d’article, quel que soit la réponse, porte en lui-même le stéréotype (qu’il souhaiterait éventuellement nier).
En tout cas, l’époque a changé, mais j’attends avec impatience, un futur article : le jeu est-il trop « judéo-bolchévique » qui nous aurait tous éclairé ? La question se pose…
Armand GLOP
Voilà la réponse la plus intelligente, la plus claire, la plus précise et la plus argumentée que j’ai lu depuis longtemps. Un énorme merci.
g2-57547769a05f60504a47043228781bbc
je ne pense pas qu’il évoque un sous entendu le jeu est-il malsain.
Après cela dépend les points de vue et les thématiques mais certaines controverses, comme celles sur l’appropriation culturelle sont ridicules, de même que celles sur certains thèmes qui pourraient choquer, mais cela dépend de la sensibilité de chacun.
Un thème sur l’esclavage ou la colonisation ne me choque pas tant que ça , je ne me sens qui coupable ni concerné. Après il faut accepter que les autres ne soient pas sensibles comme toi et ne pas leur imposer ton rejet… Sur les autres thèmes, il ne faudrait pas en faire trop, un peu comme les séries Netflix ou il faut un noir, un homosexuel, un asiatique etc. (rajoutez un point médian si cela vous chante 🙂 )Cela en devient risible. Mais des séries historiques comme bridgerton ça passe crème.
Les jeux sont comme les films, on veut se divertir et non recevoir une leçon de savoir vivre ou être.
Lolo
Je pense à lui versé de gus and co que tapper le carton et jouer devrait être une activité apolitique et sans idéologie. A force de vouloir tout politiser on force les gens à choisir un camps ce qui cristalise encore plus ce clivage qui nous bouffe l énergie et l esprit. Laissons donc au gens des sanctuaires, des havres de calme …à titre personnel cela me fatigue et être toujours sur la défensive aurait tendance à aller à l extrême pour que cela cesse.
xavier mornard
« La controverse ne naît pas de l’irruption de la politique dans le jeu, mais du déplacement des frontières de ce qui est socialement acceptable. »: personnellement je pense que le problème est lié à la généralisation de l’informatique et à la « virtualisation » du monde. Pour beaucoup de jeunes de la nouvelle génération, les univers virtuels ont pris tellement de place dans leur vie qu’ils n’arrivent plus vraiment à séparer le réel et le virtuel et donc pour eux ce qui se passe dans le virtuel provoque autant d’émotion que dans le réel. Ils n’arrivent plus vraiment à faire abstraction. Parce que franchement parler de racisme pour des races imaginaires de monstre, n’est-ce pas de la confusion mentale? Et si on parle d’essentialisation, pourquoi alors ne pas interdire de parler de démons qui sont essentialiser en créatures forcément maléfiques, donc qui subissent du racisme. Bref, se prendre la tête pour des cas qui n’existent pas dans la vie réel simplement parce que le virtuel contamine le réel (et prend sa place quand on a une vie réelle pas vraiment terrible) c’est à mon avis le problème numéro un…
Duarcan
Petit bug d’envoi.
C’est dommage que l’article traite le fond du sujet par une pirouette alors que la tendance actuelle risque d’autres dérives néfastes et pas uniquement marketing.
« L’affaire Codenames » a surtout mis en lumière l’impact des réseaux sociaux sur la politisation de n’importe quel non-sujet par les minorités bruyantes. La majorité silencieuse des joueurs, (comme le reflète le sondage), a d’autres préoccupations qu’une énième polémique qui n’agite que ses détracteurs.
Et finalement c’est un peu la même chose avec le débat sur le jeu qui serait wokiste. C’est très bien que le monde ludique soit plus inclusif, conscient, … mais en soi, la majorité des joueurs a envie que le ludisme soit un loisir pas un débat politique.
Fred de Gus&Co
Tout d’abord, bravo pour cet article Andariel, qui aborde un sujet important et épineux, donc forcément sujet à controverse.
Si on considère le jeu de société comme un objet culturel (et je pense sincèrement qu’il l’est), alors il ne peut pas échapper aux mêmes questionnements qu’il y a dans le domaine de la littérature, du cinéma, de l’art, etc.
Le fait que ces questions apparaissent dans le jeu de société sont à mon avis plutôt positives, elles sont le signe d’une reconnaissance, et d’un secteur qui a atteint une certaine maturité.
J’adore Puerto Rico. J’ai toujours aimé ce jeu. Il est dans mon top des jeux auxquels je ne refuserai jamais de jouer si on me propose une partie (quand bien même je perds).
Je ne me suis jamais posé de questions autrefois en y jouant. Et depuis quelques années, j’y joue différemment. La sortie de l’édition 1897 (que j’ai achetée), a contribué à cette évolution. Pas exempte de défauts, de maladresses, elle a eu le mérite d’essayer de poser le problème de la colonisation, ou en tout cas, plus ou moins malhabilement, l’amener sur le tapis.
Je connais des anciens des Antilles, et des descendants d’antillais, qui me parlent de ce qu’ils ont vécu, et vivent encore. Et je ne peux jouer à l’un de mes jeux préférés sans y penser un peu dorénavant à chaque partie. Cela n’enlève rien à mon plaisir de ce jeu, qui ne disparaîtra jamais je pense. Mais j’y joue maintenant de manière plus éclairée, contextualisée, moins « naïve » qu’avant. Et est-ce que ce n’est pas ça la solution ? Ni évacuer un problème, ni « cancel » l’objet du débat, juste permettre à tout un chacun d’avoir tous les éléments pour jouer en son âme et conscience? Ni faire l’autruche, ni boycotter. Mais ne rien occulter.
Alain Berger
C’est un non-problème, dans ce cas, il faut interdire par exemple tous les wargames, car ils « glorifient » la guerre, si en plus le thème est la 2GM, ô horreur, on a les Americains imperialistes, les nazis, et j’en passe. Donc les joueurs sont considérés comme tellement stupides qu’ils vont devenir d’horribles petits fachos parce qu’ils déplacent des pions incarnant des unités armées. De grâce, épargnez-nous la moralisation woke, et laissez-les adultes jouer, et faites confiance à leur cerveau !!
Armand GLOP
C’est dommage de finir sur l’utilisation de l’expression « moralisation woke » alors qu’on essaye justement d’expliquer que c’est une récupération de l’extrême droite et des conservateurs pour mieux instrumentaliser les gens…Le « wokisme » existe uniquement dans l’esprit de ceux qui ont peur de quelque chose (on sait pas vraiment quoi), l’extrême droite a juste fait en sorte de cristalliser cette panique en lui donnant un nom qui pointe du doigt les « méchants gauchistes islamo-bolchéviques » (même si ce nom n’a aucun rapport avec son origine).
Tata
Le blanc colonisateur. J’avoue que c’est choquant car en partie faux.
Tous les blancs n’ont pas été ni ne sont colonisateurs ou pour la colonisation.
De plus des colonisation dans l’histoire du monde il y en a eu beaucoup et de la part de toutes sortes de personnes.
Les arabes par exemple on colonisé le Maghreb qui aujourd’hui parle arabe et est musulman suite à cette colonisation. Côté asiatique aussi il y a eu colonisation entre asiatique.
Donc si l’on trouve regrettable le principe de la colonisation il faut prendre l’histoire dans son ensemble et non partiellement.
Ensuite il faut remettre les choses( et les erreurs) dans leur contexte historique pour les comprendre. Et comprendre c’est plus important que cacher si l’on veut éviter de reproduire des situations.
Armand GLOP
C’est choquant parce que c’est principalement vrai surtout. Le nier ça s’appelle du négationnisme. C’est pas parce que la colonisation a existé pendant des millénaires et pratiqué par une multitude de peuples que ça permet de l’ignorer, de la nier, de la minimiser. C’est aujourd’hui qu’on lutte contre. Un jeu qui mettrait en scène la colonisation de l’amérique du sud par les espagnoles serait tout aussi problématique parce que ce n’est pas un outil d’histoire mais bien un objet de divertissement.
niko l
Son message est complètement dingue, je sais même pas par quoi commencer.
niko l
not all white!
niko l
Plein de courage à l’autrice de l’article qui va avoir un paquet d’âneries à lire en commentaire
.
Breons
Pas sur de cet article qui élude pas mal de points. Mais en résumé cet article prend clairement partie, et on peut le résumer à : la censure c’est cool quand ce ne sont pas nos idées. Je suis un peu déçu, et après on va se plaindre qu on tourne toujours sur les mêmes thèmes…
patrikcarpentier
Les excès des uns aident aux propagandes des autres.
Extrême-Droite ou Extrême-Gauche, même combat avec +/- les mêmes méthodes, mais pas les mêmes arguments.
Si un jeu exploite un contexte historique, cet environnement n’a pas à être redéfini/dénaturé parce qu’il pique aux yeux de certaines personnes. Par exemple, l’Empire Romain fonctionnait avec des esclaves, des sénateurs vénaux et une politique de conquête pour entretenir la pyramide de Ponzi. Nous n’avons pas non plus à « payer » pour des faits et des mentalités survenus survenus, il y a longtemps. La France a été colonisatrice ? C’est un fait. Devons-nous nous excuser ? Si oui, que les Italiens s’excusent pour Jules César et sa conquête de la Gaule qui ne fut pas un modèle de gentillesse (la conquête, bien sûr).
Je pousse un peu, mais parfois, il faut incrémenter le curseur pour mieux se faire comprendre.
À ce tarif, réformons tous les ouvrages historiques, en les réécrivant à la sauce du jour. Sauce qui changera dans quelques années. Ce qui est fait est fait, mais tirons-en des leçons pour éviter de faire 2 fois les mêmes conneries. Mais bon, l’Histoire bégaie souvent 🙁
Quand on joue, on joue. Quand je jette les dés au Pickomino, je ne me prends pas pour un horrible fasciste à plumes qui asservit les pauvres vers rouges 😀
Vince D.
Je ne m’exprime que rarement sur le web et j’aurais préféré le faire sur d’autres sujets plus proche du jeu de société.
Mais, Guerre culturelle. Des mots forts qui ont un sens. Et je suis assez d’accord pour dire que l’utilisation de l’amalgame péjoratif Woke n’est pas approprié.
Alors, une guerre entre qui et qui ?
Une citation de Charlie Kirk éclairera peut-être sur ceux qui sont en première ligne de ce combat. Des gens qui en réalité cherchent à créer un « climat » pour servir leur intérêt politique en créant un ennemi très largement indéfinissable (les wokes, (et bien d’autres si vous suivez l’actualité US du jour, bientôt tous les autres…) :
« La bataille spirituelle arrive en Occident et les ennemis sont le woke-isme qui se combine avec l’islamisme pour s’attaquer à ce que nous appelons le mode de vie américain. Et le mode de vie américain est très simple. Je veux pouvoir me marier, acheter une maison, avoir des enfants, leur permettre de faire du vélo jusqu’au coucher du soleil, les envoyer dans une bonne école. Ne pas que mon enfant apprenne les ordures lesbiennes, gays, transgenres dans leur école, tout en ne les obligeant pas à entendre l’appel à la prière musulman cinq fois par jour. C’est important ! Nous voulons le mode de vie américain, qui est, soit dit en passant, le royaume du christ. » Charlie Kirk
Et dans une ‘guerre’, il semble important de ne pas trop se tromper sur la nature des belligérants ni de ne pas se laisser instrumentaliser en alimentant le conflit.
En fait, je crois qu’il faut essayer de se projeter dans 10 ans, quand séviront probablement des lois « anti-wokes » en Europe occidentale (et on en est vraiment plus très loin tant le centre de l’échiquier politique dévie vers l’extrême droite).
Et cet article plutôt « en-dessous » par rapport aux qualités d’analyse de Gus & Co, mais dans le vent d’un journalisme qui banalise l’anormal en laissant entendre que les 2 termes de cette « guerre culturelle » seraient comparables sur un même pied de comparaison, vous apparaitra peut-être sous un autre angle : une brique, une petite, mais une brique quand même, qui aura participé au « climat » général.
Rubens
Tout d’abord, je m’excuse par avance de m’exprimer, pour la première fois ici, sur un article écrit il y plus d’un mois.
Au regard de ce que je vote depuis 30 ans sans discontinuer, je crois être quelqu’un de gauche. Pour autant, j’ai un souci avec une chose en particulier, la démarche consistant à empêcher, interdire, effacer, des choses qui ne nous plaisent pas.
Si vous considérez que Puerto Rico est un jeu colonialiste, vous avez la possibilité de ne plus y jouer.
Si vous considérez que Puerto Rico 1897 est une concession à l’air du temps et un appauvrissement du jeu original, vous avez la possibilité de ne pas l’acheter.
Si les positions sociétales de J.K. Rowling vous semblent problématiques, vous avez la possibilité de ne pas lire les Harry Potter, de ne pas les faire lire à vos enfants et de ne pas acheter les jeux qui se déroulent dans cet univers.
Pour ma part, je considère que la limite de ma liberté est de ne pas empiéter sur celle des autres, et en l’espèce, de ne pas m’arroger le droit de décider à la place des autres de ce qui est acceptable ou non.
Signé : un bibliothécaire français, qui regrette profondément de ne pas proposer le prêt de jeux dans sa médiathèque. Et par ailleurs régulièrement soumis à des pressions pour retirer de ses collections les films avec Gérard Depardieu, les CD de Noir Désir, les BD de Bastien Vivès ou encore les romans de Louis-Ferdinand Céline. Et qui en a plus qu’assez.
Gus
https://gusandco.net/2025/05/04/art-artiste-jeu-ethique/
😉
RUBENS
🙂
Et j’ai oublié de souhaiter la bienvenue au jeu de société dans les débats merdiques de son époque. Car en effet, comme l’indique Andariel, le simple fait que ces débats merdiques frappent le jeu témoigne de sa place grandissante dans nos sociétés.