Printing press : Dans l’atelier ludique de Gutenberg
🕰️ Voyagez au 15e siècle avec Printing Press ! Stratégie, hasard et histoire s’entremêlent. Prêt à imprimer l’histoire ?
Printing press
⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
L’encre coule, les dés roulent, et l’histoire s’écrit sous vos yeux : bienvenue dans l’univers de Printing Press.
Je vous ai déjà présenté un historique de la presse à imprimer lors de la sortie de Gutenberg en 2022, expliquant comment celui qui a donné son nom au jeu n’est pas le véritable « inventeur » de cette machine. Il aura toutefois eu le mérite de la redécouvrir et de la transformer en ce que nous connaissons, participant ainsi à la démocratisation de l’écrit. Cette démocratisation est à l’origine de nombreux changements survenus entre la fin du 15e siècle et aujourd’hui, l’un d’entre eux étant la prolifération des jeux de société. Certains de ces jeux ont pour thème les débuts de l’imprimerie, comme Gutenberg ou Printing Press. La boucle est bouclée.
Printing Press est donc une nouvelle déclinaison de l’épopée des débuts de l’imprimerie et de la féroce compétition qui se jouait alors entre les différents maîtres imprimeurs. Ce n’est pas un plagiat de Gutenberg, puisqu’il s’agit du même éditeur, mais ce n’est pas non plus une extension de celui-ci. C’est un nouveau jeu à part entière, avec ses propres mécanismes et ses particularités.
Printing Press se joue en 3 manches, elles-mêmes découpées en plusieurs étapes. Ce déroulement sera suivi sur un plateau du temps, qui permettra de déterminer l’étape en cours et de récupérer des jetons initiative.
Le jeu utilise trois types de cartes : les cadres, les plaques d’impression et les cartes d’impression.
- Les cadres sont, comme leur nom l’indique, vides en leur milieu. Ils contiennent, en haut, deux conditions (une pour les encres et une pour les spécialités) et les points associés, et en bas, des emplacements pour les marqueurs de bonus.
- Les plaques d’impression contiennent deux conditions, une principale avec des lettres, et une additionnelle concernant le placement d’une lettre. Chaque condition a également des points associés.
- Les cartes d’impression contiennent 3 pictogrammes, parmi les types suivants : lettre, encre, spécialité, initiative. Les pictogrammes sont placés horizontalement ou verticalement, donnant une orientation à la carte.
On trouvera également des jetons à double face (initiative et pictogramme), qui sont placés dans un sac fermé.
Mise en place
Chaque joueur et joueuse reçoit un personnage au hasard, personnage qui possède un ou des « pouvoirs » permettant de modifier des règles ou de faciliter des actions. Il reçoit également 3 jetons initiative/pictogramme, qu’il garde face pictogramme cachée après les avoir regardés, ainsi que trois marqueurs bonus.
Déroulement d’une manche
Au début de chaque manche, on dispose sur la table des cadres et des plaques d’impression (associés), en nombre égal au nombre de joueurs et joueuses plus un. Dans l’ordre d’initiative, déterminé en comptant le nombre de cubes d’initiative de chaque joueur (cubes et représentation de cube, sur les jetons ou les plaques), les joueurs vont sélectionner un contrat, c’est-à-dire un couple cadre-plaque. La dernière personne à prendre un contrat reçoit également un cube d’initiative.
Commencent alors les 6 tours de sélection des cartes. On distribue autant de cartes que le nombre de joueurs et joueuses plus un, et chacun en choisit une, dans l’ordre de l’initiative (qui sera recalculée au début de chaque tour). Les joueurs posent alors les cartes devant eux, en respectant l’orientation. Les nouvelles cartes doivent toucher les cartes déjà posées. Elles peuvent couvrir une ou des cartes précédentes, mais pas passer en dessous. Le tableau n’est pas limité, il peut s’étendre autant que le joueur le souhaite. Si un joueur ne veut pas placer la carte, il peut l’échanger contre un jeton initiative/pictogramme, choisi parmi trois tirés du sac. Il le place alors sur son plateau, en suivant les mêmes règles que pour les cartes.
Les joueurs et joueuses peuvent également placer un ou plusieurs de leurs jetons initiative/pictogramme sur leur tableau, à n’importe quel moment de ces tours de sélection des cartes. Un jeton ou une carte posée sur le tableau ne pourra plus être déplacé.
Une fois les 6 tours de sélection de cartes effectués, on passe à la phase de fermeture des cadres. Les joueurs et joueuse vont poser leurs cadres sur leurs tableaux, en essayant de remplir les conditions des plaques et des cadres. Le cadre laissera visible 9 pictogrammes (3×3). On compte alors les contrats remplis ou non, et les points correspondants sont notés.
Les cadres des tours précédents comptent pour l’initiative s’ils contiennent un ou des cubes d’initiative.
Fin de partie
À la fin de la troisième manche, on fait le total des points pour chaque joueur, et celui ou celle ayant le plus grand score est déclarée meilleure imprimeuse.
Le matériel
Printing Press est un jeu qui parle d’impression. Qui dit impression dit papier. En cohérence avec le thème, le matériel de Printing Press est donc presque entièrement en papier et carton, à l’exception du sac contenant les jetons. Le jeu est produit en Pologne, ce qui prouve qu’il est possible de fabriquer des jeux en Europe. Comme pour Gutenberg, l’éditeur fournit des boîtes de rangement à monter soi-même, qui s’intègrent parfaitement dans la boîte principale, témoignant d’un rangement bien pensé. On pourra regretter que le matériel de Printing Press ne soit pas aussi élaboré que celui de Gutenberg, mais je ne considère pas cela comme un défaut, au contraire.
L’esthétique est en accord avec le thème et l’époque, comme pour Gutenberg. Il n’y a pas de risque de se perdre dans Printing Press, même si on trouve ici ou là quelques détails amusants, comme les traces de pattes de chat qui parsèment le livret de règles et la boîte. Ce sont des clins d’œil bienvenus, qui sont bien intégrés au reste, sans nuire à la qualité globale.
Le livret de règles est aéré et clair. Il contient des exemples parlants et souligne les règles importantes avec des manicules, encore un clin d’œil. Le livret est en accord avec le thème et bien conçu, ce qui est la moindre des choses pour un jeu sur l’imprimerie…
Printing Press, verdict
Printing Press est un jeu de contrat. Le contrat est ici formé de deux parties et évolutif. Il est possible de marquer des points de différentes manières, ce qui permet d’éviter les blocages. On peut noter une certaine originalité dans la méthode de remplissement du contrat, puisque c’est l’application du cadre qui va permettre de remplir ou non le contrat. Cela demande un peu de réflexion au début, mais l’adaptation est rapide. Ce fonctionnement permet également d’utiliser tout le potentiel de son tableau avant le remplissement du contrat, par exemple en ayant des cubes d’initiative qui ne seront pas dans le cadre à la fin du tour.
Le revers de la médaille de ce fonctionnement, c’est que le placement des cartes peut être un casse-tête. Il faut réfléchir et élaborer une stratégie. Les règles et mécanismes font qu’il est rare qu’un mauvais choix soit bloquant et irréparable. Ceci permet de se rattraper et évite trop de frustration. La gestion de l’initiative est importante, puisqu’elle change à chaque tour et permet d’avoir de meilleurs choix. Il n’y a pas de tour classique dans Printing Press, la place de chaque joueur lors de la phase de tirage est une partie intégrante du jeu et des stratégies. Il faut parfois savoir perdre un tour pour pouvoir gagner plus au tour suivant, à condition d’avoir de la chance.
La chance, ou le hasard plutôt, a une place assez importante dans le jeu, aussi bien au niveau du tirage des contrats que des cartes et des jetons. Mais les possibilités de placement offertes par le jeu font qu’il est facile de contourner un mauvais tirage. La stratégie reste pour moi la composante majeure du jeu. Il faut en particulier porter une attention particulière aux « pouvoirs » de son personnage, qui peuvent apporter un ou des avantages certains. Il est tout à fait possible de jouer sans les personnages, dans une version simplifiée du jeu, selon le public, mais c’est perdre un peu d’intérêt.
Printing Press est plus fluide que Gutenberg, plus amusant aussi. Le jeu demandera un certain apprentissage, mais il est jouable par tout le monde, si les joueurs sont prêts à faire un effort et à s’engager un peu. Nous ne sommes pas ici face à un jeu jetable, mais un jeu qui se bonifiera avec les parties, si on sait passer outre la première impression.
Un jeu plus réussi que Gutenberg, mais qui demande quand même une certaine assiduité.
On a aimé :
- La mécanique originale du placement des cadres
- La gestion de l’initiative qui ajoute une dimension stratégique
- Le matériel cohérent avec le thème
- Les petits clins d’œil historiques et les traces de pattes de chat (on soupçonne Gutenberg d’avoir eu un félin particulièrement curieux)
On a moins aimé :
- Le casse-tête occasionnel du placement des cartes (qui pourrait faire fondre le plomb de vos caractères d’imprimerie)
- La part de hasard qui peut parfois être frustrante (comme quand vous imprimez 1000 exemplaires avant de vous rendre compte d’une faute d’orthographe)
C’est plutôt pour vous si…
- Vous aimez les jeux qui demandent un peu de réflexion et de planification
- Vous êtes fasciné par l’histoire de l’imprimerie (et que vous rêvez secrètement de posséder votre propre presse Gutenberg)
- Vous appréciez les jeux qui se bonifient avec le temps, comme un bon vin (ou comme l’encre qui sèche sur une belle page imprimée)
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous préférez les jeux rapides et légers (imprimer un livre prend du temps, vous savez ?)
- Vous êtes allergique au papier (sérieusement, ce jeu n’est pas pour vous)
- Vous pensez que la meilleure invention de tous les temps est le correcteur orthographique automatique (désolé, pas de backspace au 15e siècle !)
Très bon !
- Date de sortie : Mai 2024
- Langue : Anglaise
- Fabriqué en : Pologne
- ITHEM : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : A. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici
- Label Dé Vert : Oui ! Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Maquette : Przemek Wotjkowiak, Lukasz Wozniak
- Illustrations : Rafal Szlapa
- Édition : Granna
- Nombre de joueurs et joueuses : 1 – 4
- Âge conseillé : Dès 10 ans
- Durée : 30 à 60 minutes
- Thème : Histoire, débuts de l’imprimerie
- Mécaniques principales : Contrat, tirage. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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