Imperator Orbi Mundus II, Rome ne s’est pas jouée en un jour
🏛️ Voyagez au cœur de la Rome antique avec Imperator Orbi Mundus II ! Découvrez tous les secrets de la cité éternelle.
Imperator Orbi Mundus II
⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Après la découverte d’Imperator et ses premiers suppléments, cet article présente les nouveaux suppléments pour le jeu de rôle Imperator, issus d’une récente campagne de financement participatif. Au programme, de nombreuses extensions permettant d’explorer plus en profondeur l’univers de la Rome Antique : un guide détaillé sur la ville de Rome, une campagne en Germanie, des scénarios additionnels, et du matériel de jeu.
Nous passons en revue chaque supplément, leurs forces et leurs faiblesses, pour déterminer leur intérêt pour les meneurs de jeu et les joueurs. Dans l’ensemble, ces extensions sont une mine d’informations pour les fans du jeu, malgré quelques défauts mineurs. Elles devraient combler les joueurs et joueuses en quête d’aventures dans la Rome Impériale.
Cor Imperii
Chaque univers de jeu de rôle digne de ce nom se doit d’avoir sa cité mythique. Un lieu regroupant toutes les intrigues possibles de cet univers dans un même endroit, avec une multitude de portes s’ouvrant sur de nombreuses aventures vers d’autres contrées plus ou moins lointaines.
Waterdeep ou Sigil pour DnD, Seattle pour Shadowrun, Aldis pour Blue Rose, Arkham pour L’Appel de Cthulhu, Bysantium Secundus pour Fading Suns ou Otosan Uchi pour L5R.
Pour Imperator, le JDR dans la Rome antique, il ne pouvait y avoir que la cité éternelle pour remplir cette fonction. Et voici que 2 ans et demi après le lancement de la gamme, JDR Éditions nous propose de découvrir les arcanes du coeur de l’Empire. Pouvoir impérial, commerce, topographie, quartiers, cultes et religions, secrets inavoués, tout est là ou presque. Il est grand temps de plonger dans cette mégalopole d’un million d’habitants venant des quatre coins de l’empire !
Civitas Aeterna Roma
Là où Pompéi m’a surpris, c’est par son supplément sur une ville provinciale de 20 000 âmes étendu sur 180 pages. Une très bonne surprise, superbement concrétisée avec beaucoup de détails.
Ma première approche du supplément sur Rome a été plus contrastée. Je n’y ai pas retrouvé ce qui m’avait charmé dans son prédécesseur. Cependant, l’auteur nous explique la raison de cela en préambule. Contrairement à Pompéi, qui est encore en cours de découverte archéologique, Rome a eu une histoire tumultueuse et nombre de bâtiments antiques ont disparu.
On connaît l’histoire grâce aux écrits, mais leurs détails se sont volatilisés. Toutes les décorations des demeures de Pompéi sont encore en place aujourd’hui grâce, ou à cause, de l’éruption qui l’a ensevelie en 79 de notre ère. Paradoxalement, ce n’est pas le cas pour Rome.
Retour à Rome
Cette fois, le supplément s’étend sur plus de 300 pages. Il décrit, avec moult détails, les 14 quartiers administratifs de la capitale : édifices civils, temples, insulae (immeubles de l’époque), commerces, sécurité et personnages plus ou moins recommandables. Bref, des tonnes d’informations à utiliser pour vos futures aventures. Comme dans les suppléments précédents, des encadrés d’idées de scénarios sont disséminés un peu partout, en rapport avec les lieux ou les personnages des pages où ils se trouvent. Encore une fois, il va falloir du temps pour tout éplucher !
Ce supplément se veut intemporel et, même si la période de jeu recommandée est celle du début de l’Empire, l’idée ingénieuse est d’ajouter une date à une grande partie des édifices présentés. Ainsi, si vous jouez en 39 de notre ère, vous saurez que vous pourrez utiliser le Circus Maximus (datant de 600 ans avant notre ère) pour vos courses de chars, mais pas le Colisée pour vos combats de gladiateurs, puisque sa construction ne débutera qu’en 70…
Bien entendu, puisque nous sommes dans un jeu de rôle, si le côté historique ne vous plaît pas, vous pourrez toujours tout utiliser quelle que soit la période de jeu choisie. La liberté est totale.
La ville portuaire d’Ostie, principal port ravitaillant Rome, bénéficie également d’une description détaillée, ainsi que quelques informations sur la contrebande organisée localement. C’est un minimum pour cette plaque tournante du commerce romain.
Suivent 2 scénarios
Le premier, « Les Rois de Rome », fait suite à celui de la campagne de lancement du jeu : « Les Fils de Romulus ». Les choix et actions des personnages quelques mois plus tôt auront donc des conséquences lors de cette conclusion épique.
Le second, « Vampires romains », mettra au jour un mythe n’ayant pas encore d’existence à cette époque. Des mangeurs de chair maudits rôdent en ville…
Une très bonne idée ensuite : un index des près de 400 personnages non-joueurs et des 500 différents lieux décrits de la cité éternelle. Un travail colossal sur le fond. Il est facile et rapide de les retrouver dans l’ouvrage, en pratique.
On termine avec 14 idées de scénarios à développer, une par quartier, spécifiquement liée à ce dernier. Ces esquisses d’aventures sont surtout très variées : guerre des producteurs de légumes, commerce de porcs, un poète disparu, une fontaine qui pleure du sang, un accident de chariot, la flamme sacrée de Vesta qui s’éteint, les festivités de Cérès ou un meunier dans le besoin. Vos personnages verront vraiment de toutes les couleurs.
Un très bon supplément indispensable, que tout MJ d’Imperator se doit d’avoir !
Septimontium
Une vision différente, mais infiniment intéressante de la capitale se déploie sur 110 pages.
Rome a sept collines. Sept aventures différentes, chacune prenant ses racines sur l’une de ces collines.
Le seul point commun à ces aventures est le mécène romain influent pour qui les personnages travaillent. Elles peuvent constituer une seule campagne, mais sont totalement utilisables de manière indépendante, ou à insérer dans vos scénarios personnalisés.
Encore une fois, leurs sujets sont foisonnants et vous feront découvrir un aspect particulier de la ville : une croisière sur le Tibre qui tourne mal, une taverne qui suscite beaucoup d’intérêt, la découverte de druides résidant officiellement à Rome, une femme outragée, les conséquences des exactions guerrières, une arnaqueuse à tromper. Mention spéciale au pro-républicain Janus Lucius Melenquio… la république, c’est lui ! Non, non, je ne plaisante pas.
Nous avons ici sept scénarios solides, des descriptions plus précises de chaque colline et une vision différente de Rome puisque ce n’est pas l’auteur habituel qui en est le rédacteur, mais l’un de ses amis.
Ars Bellum
Ce supplément se termine par un petit jeu de plateau à monter soi-même, représentant une course de chars entre quatre factions : Romains, Grecs, Carthaginois et Syriens. On pourrait parfaitement remplacer ces derniers par les quatre factions traditionnelles. Un petit bonus à utiliser pour donner du dynamisme à vos aventures… ou pas.
Ce supplément complète superbement celui sur Rome, mais n’est en rien obligatoire pour profiter de la cité éternelle. Un petit bonus agréable, qui ne parlera pas nécessairement à tous.
Personnellement, je le valide !
Magna Germania
La Germanie a toujours été une épine dans les caligae romaines. Bien qu’ils aient eu des alliés locaux, la fameuse Pax Romana n’a jamais été mise en place dans cette région, restée aux mains des Barbares.
Justement, la première partie décrit le contexte géographique et historique des lieux. Une présentation des tribus les plus connues, pour la plupart jouables par des personnages, et une description de la religion locale complètent l’exploration de la région. On trouve aussi une description des grandes cités romaines implantées sur place, ainsi que certains personnages historiques.
Le plat de résistance suivant est une longue campagne s’étendant sur près de 10 ans. Cette campagne suit la défaite historique du légat Varus en 9 après J.-C. face à une alliance inattendue des tribus germaines habituellement ennemies. Trois légions furent anéanties, près de 25 000 hommes, dans les marécages de la forêt de Teutoburg par la trahison d’un officier romain d’origine germaine : Arminius. Si vous avez vu la série télévisée de 2020 « Barbares », vous connaissez les bases de l’histoire.
La bonne idée ici est de projeter les personnages avant cette défaite. Ils aideront Varus en amont, puis découvriront la trahison au dernier moment et tenteront de prévenir leur général… mais trop tard ! Quelques années plus tard, ils seront chargés de retrouver les aigles, emblèmes vénérés de chaque légion, en territoire ennemi. Par la ruse ou la négociation, ce sera à eux de choisir. Ils découvriront le cœur d’une forêt mythique, avec son lot de superstitions. Ce sera au MJ d’y introduire des éléments historiques ou surnaturels, selon le désir de ses joueurs.
Une très bonne campagne qui se déroule en parallèle de l’histoire, tout en s’y raccrochant à certains moments. De nombreuses possibilités de graver leurs noms dans le marbre… de la gloire ou de leur tombeau !
On termine avec quelques informations sur le coût de la vie de « l’époque » et 15 idées thématiques de scénarios à développer selon ses envies. Elles sont variées et surprenantes, comme d’habitude : l’anneau d’or des nains, une trirème au cœur de la forêt, un centaure ou une licorne, des idoles de pierre, la magie des runes, des énucléations rituelles, une ambassade qui tourne mal ou des Germains errants jetant le mauvais œil là où ils passent. Ce ne sont que quelques pistes de ce qui vous attend.
Voici un autre excellent supplément… qui n’aura d’intérêt véritable que si vous envisagez d’envoyer vos joueurs et joueuses sur place, bien sûr. Moins essentiel que les deux précédents, il est néanmoins un plaisir à lire et je pressens déjà de grandes choses en Germanie de mon côté.
Alia Adventures
Trois scénarios bonus se sont ajoutés pour notre plus grand plaisir.
Détours sur la route de l’ambre
En route vers le cœur de la Magna Germania, sur les traces d’un négociant en ambre auquel les personnages serviront d’escorte. Une embrouille inattendue et la mythique forêt hercynienne servant de lieu de refuge à deux géants issus de la mythologie nordique. Mythe ou réalité ? Une porte vers la Magna Germania s’entrouvre.
La couronne de Tarquin
Une « visite » dans le tombeau du premier roi de Rome, se poursuivant dans les bas-fonds de la cité éternelle. Un MacGuffin à la poursuite d’une couronne mythique que nombreuses personnes souhaitent récupérer pour asseoir leur pouvoir. Qui sera l’heureux élu ? Les personnages en tireront-ils les plus gros bénéfices ?
Veni, Vidi, Vixi
Un organisateur de pompes funèbres sollicite l’aide des personnages pour résoudre un problème récurrent : un fantôme apparaît lors des cérémonies funèbres qu’il organise, semant la peur parmi les invités.
Il va donc falloir faire preuve d’ouverture d’esprit pour comprendre les origines du problème, résoudre une ancienne injustice et apaiser l’esprit vengeur. Le tout sans s’aliéner une famille patricienne !
On quitte le classique montage d’arnaque pour toucher à la tragique histoire de la capitale romaine réécrite par la sombre humanité.
Populus Libellus
16 personnages pré-tirés qui permettront d’entrer rapidement et directement dans une partie ou d’être utilisés comme NPCs pour vos aventures à venir.
Chacun possède son illustration ainsi qu’un court historique, expliquant ses origines, ses avantages et ses défauts.
Tentorium 2.0
e premier écran étant en rupture de stock, un nouveau a été proposé aux contributeurs. Même format mais nouvelle illustration : cette fois on laisse de côté le style campagne militaire et on se retrouve sur l’une des collines de la cité éternelle avec vue sur le Colisée. Peut-être le palais impérial, car trois légionnaires montent la garde, accompagnés d’une riche patricienne et d’un mystique celte ou germain. Des colonnes fleuries et la ville en contrebas. L’armée prend ici un rôle secondaire, se contentant d’être clairement présente mais pas primordiale comme dans la première version.
Beaucoup plus bucolique, avec une touche féminine bienvenue, ce dernier conviendra mieux aux épisodes politiques et négociateurs. Il renouvelle l’ambiance et c’est un choix plus judicieux que celui proposé lors de la campagne qui représentait des gladiateurs combattant dans l’arène. Un très bon choix à mon humble avis. Et toujours en dur, format paysage en 3 volets. Il est conçu pour durer.
Atlas Imperium 2.0
Une nouvelle carte de l’empire est également disponible. Plus claire, elle a surtout la bonne idée de représenter les frontières de l’empire à deux époques différentes : sous Auguste aux premiers temps de l’empire et sous Trajan, environ un siècle plus tard. Les frontières étant radicalement différentes, cette carte est destinée à être utilisée dans toutes les époques. Les frontières sous Trajan devenant, peu ou prou, celles qui vont rester en place pour les deux siècles qui suivront.
C’est beaucoup plus facile à prendre en compte pour les joueurs en fonction de la période de jeu choisie.
À propos, si vous souhaitez être réaliste, ou simplement jouer, lors de vos voyages dans l’Empire, je ne peux que vous recommander le site ORBIS, mis en place par l’Université de Stanford. Il permet de calculer le temps de trajet ainsi que le coût, entre deux points de l’Empire que vous soyez à pied, à cheval, en chariot, en bateau; tout en prenant en compte les saisons. Exceptionnel et indispensable à tout visiteur de l’Empire.
Postquam ?
Au cours de cette troisième campagne de financement participatif, les contours de la suite ont été esquissés. Si la campagne était un succès, une nouvelle serait lancée fin 2023, proposant un supplément sur l’Égypte, une longue campagne sur les traces d’Auguste (premier empereur romain) et un bestiaire spécifique.
C’est de bon augure pour la suite de la gamme, puisque le succès était au rendez-vous.
On a hâte ! Même si cela devient presque boulimique. On avait déjà de quoi jouer pendant plusieurs centaines d’heures, on vient d’en rajouter un peu. Non, beaucoup plus !
Pour revenir sur l’ensemble des suppléments présentés ici, ils devraient être disponibles en boutique en septembre 2023.
Expeditionem Fama – Retours de campagne
Toutes les infos et explications se trouvent ici :
Pour inaugurer cette toute nouvelle chronique, je suis plutôt bien tombé !
JDR Éditions est très bien organisé, nous l’avons déjà constaté lors des deux précédentes campagnes.
Celle-ci a débuté en novembre 2022, avec une livraison prévue pour l’été 2023, l’écriture étant déjà bien avancée selon l’éditeur.
La livraison des PDFs a eu lieu en juin 2023 et les contreparties physiques ont été livrées fin juillet 2023. Vous devriez donner des cours aux autres éditeurs, les gars. Ils ont beaucoup à apprendre de vous !
Le matériel est somptueux, avec plein de bonnes idées, notamment ces petites pistes de scénario disséminées un peu partout pour être développées par le MJ intéressé. C’est une mine d’or sans fin !
Si je devais émettre une réserve, ce serait au sujet des illustrations. On peut retrouver les mêmes dans deux, voire trois suppléments différents. C’est un peu dommage, mais je suppose que cela contribue aussi à la réduction des coûts de production. Et tout est imprimé en France, c’est toujours bon à préciser.
La campagne de base proposait Rome et la Germanie. Les bonus supplémentaires ont été ajoutés au fur et à mesure. Ils ne sont pas gratuits, cependant les PDFs des scénarios sont offerts avec l’option d’acheter les versions papier. On est certes dans un surcoût, mais il est clairement établi dès le départ. Les choix nous appartiennent par la suite et l’éditeur ne risque pas de se mettre en difficulté financière avec des bonus offerts à la hâte. Là encore, certains devraient prendre exemple.
Une excellent campagne, parfaitement maîtrisée. J’y retournerais sans hésiter… Mais je suis un peu partial sur le thème de ce jeu, je dois bien l’avouer. J’ai hâte de découvrir la suite !
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Article écrit par Chab. Rôliste devenu platoïste par manque de temps. Pâtissier initié et fan de Robbie Williams. Patriarche de cœur d’un troupeau de gremlins. Aime qu’un jeu lui raconte une histoire.



