Critiques de jeux,  Jeux de rôle

Imperator, le jeu de rôle qui exalte la Rome antique

Les jeux de rôle historiques ne sont pas pléthores au milieu de la fantasy, de l’horreur et du Space Op. Toutefois, de temps en temps, une pépite apparaît. C’est le cas avec la gamme Imperator des Français de JDR Édition.


Imperator

Commençons donc par le commencement : le livre de règles ; 200 pages d’introduction à la Rome antique avec une légère préférence pour la période impériale. Mais pas seulement.

La première moitié de l’ouvrage est basée sur le système de jeu : création de personnages, background, avantages et défauts, compétences, matériel commun. Et en vrac : reliques ancestrales, système de combat individuel et aussi de masses pour les batailles à grande échelle. Ou utilisation de la divination pour finir par les arts occultes.

Bien qu’étant proposé pour historique, le jeu peut aussi se décliner en version un peu plus… surnaturelle. Les romains étaient superstitieux et ces croyances profondément ancrées dans la culture peuvent proposer un paradigme plus ésotérique.

On peut ainsi jouer à volonté : une gladiatrice germaine, un empoisonneur gaulois, un prétorien romain, un contrebandier arabe, un médecin égyptien, un aurige macédonien ou une prêtresse d’Isis romaine. Ils pourront avoir entre 15 et 50 ans.

Mais également, être manchot ou défiguré, esclave en fuite, avoir une épouse, des enfants ou des parents âgés à gérer. Le choix est franchement large aussi bien sur l’origine que sur les carrières qui forgeront votre personnage.

En bref, la porte ouverte sur du roleplay dans tous les sens. Rappelons toutefois que hors du foyer familial, nous sommes à une époque où le rôle de la femme était quelque peu… restreint. Une section spécifique y est consacrée afin d’inclure plus facilement un personnage féminin. Ensuite ce sera au MJ de faire quelques écarts avec l’Histoire pour que les choses se déroulent au mieux pour tout le monde. Après tout, nous restons dans un jeu de rôle !

Regulae Libri

Le système de jeu d’Imperator est assez intuitif. Ressemblant à celui du Monde des Ténèbres de White Wolf, il se compose de 4 caractéristiques et d’une longue liste de compétences. En croisant une des premières avec une des secondes, on obtient un pool de d10 à lancer.

Le seuil de réussite est déterminé grâce à une table unique, par le niveau de la compétence en question. Ce qui change considérablement du système WW. Et c’est bien ! Pour une fois que le niveau de compétence entre en jeu, je ne peux que valider.

Le nombre de succès déterminera le résultat de l’action : 1 réussite donne un résultat margina , 2 réussites un résultat normal et 5+ une réussite épique permettant de gagner des points de Gloire, si du public était présent ( pour aller vendre la mèche ensuite ). Ces points de Gloire ne seront pas légion et il vous faudra, par la suite, les utiliser au bon moment : par exemple pour éviter un faux pas pouvant déclencher un conflit…

Alea jacta est

Et en parlant système, je dois avouer que malgré mon amour inconditionnel de ce jeu, le système de combat est quelque peu… bancal. Pour ne pas dire foutraque ! Il demandera quelques adaptations afin de le faire tourner correctement. Seul réel point noir, toutefois important à préciser.

Une dernière précision sur le combat. Voilà enfin un jeu qui fait la part belle au bouclier, lui rendant ainsi justice ! Le système de combat de masse, à utiliser lors d’escarmouches importantes ou de grandes batailles, est intéressant et tourne plutôt bien. Il peut ramener son lot de points de Gloire, lors d’actions héroïques, mais peut tout aussi bien sonner la déroute, voir la défaite. Au risque de finir en esclavage chez l’ennemi…

Veni, vidi, vici

La seconde partie du livre de base pour Imperator se penche sur l’histoire, la géographie ainsi qu’une description plutôt détaillée de la société romaine de l’époque. L’art des thermes, les jeux, l’architecture, les fonctions administratives et politiques, les classes sociales, la justice et bien entendu une description précise de la légion romaine.

L’ouvrage d’Imperator se termine avec une description des certains personnages historiques, un bestiaire profane mais aussi occulte. Ainsi que des caractéristiques pour moult personnages non joueurs afin de donner vie à vos futures aventures.

L’ensemble est détaillé et précis. Même si certains points peuvent prêter à confusion (le décemvir était effectivement un magistrat romain… mais pas un juge comme notre langage moderne peut le laisser entendre).

Le côté historique transpire littéralement dans l’ouvrage. Ce qui est une bonne chose pour ce genre de jeu. On sent l’amour du sujet de la part de l’auteur, Bruno Guérin, déjà auteur du jeu de rôle Antika.

Contrairement à d’autres jeux de ce type (Lex Arcana ou Praetoria Prima) les personnages peuvent être autre chose que des légionnaires. Ainsi, on peut tout à fait jouer dans les alcôves du pouvoir, au sein d’un temple ou d’une guilde marchande sans avoir à faire couler le sang. C’est en tout cas ce que l’on peut espérer.

S’ajoutent au livre de base : un écran rigide magnifiquement illustré au format paysage ainsi qu’un court livret de deux scénarios. Le premier emmène les personnages en Espagne à la suite du proconsul local pour une mission d’aide aux alliés ibères en difficultés. Le second met au jour une conspiration au cœur de Rome mettant en péril le fragile équilibre régnant entre les différents cultes étrangers. Deux bons scénarios au demeurant, demandant toutefois un peu de travail.

Orbi Mundus

Poursuivons avec les différents suppléments et aides de jeu parus à ce jour.

Roma Aquila

L’Aigle de Rome. Première campagne pour la gamme Imperator, sortie au même moment que le livre de règles. En 180 pages et 17 scénarios, les personnages suivront Jules César. De ses premiers pas en politique, ils l’accompagneront en Gaule, en Bretagne, en Egypte, en Judée et bien sûr à Rome. Ils le protégeront ou le trahiront suivant leurs choix qu’ils devront assumer par la suite.

Une grosse campagne historique qui leur fera croiser certaines des personnalités les plus influentes de l’époque. Peut-être les personnages arriveront-ils eux aussi au sommet de l’Empire. Au risque de faire de l’ombre à César lui-même !

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Africae Proconsularis

Africa. La description de l’Afrique proconsulaire du premier siècle et plus. Carthage, Leptis Magna, Volubilis, Césarée de Mauritanie. Quelques avantages et origines locales.

Les personnages historiques des différents lieux sur différentes périodes, quelques scénarios variés et une petite campagne sur la révolte de Tacfarinas au premier siècle après un barbu.

Un supplément bonus de la seconde campagne de « foulancement » qui arriva en option sur les toutes dernières heures. Ce qui ne l’empêche pas d’être vraiment intéressant pour une vision plus… exotique de l’Empire.

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Rex Iudaeorum

Judée. La description de la Judée du premier siècle pour Imperator. Jérusalem et Petra en vedettes ainsi que quelques avantages et origines locales. En bonus un liste non exhaustive de reliques locales comme les Trompettes de Jéricho, la Lance de Longinus, les clous de la Sainte Croix ou le fameux Saint Suaire.

S’en suit une grosse campagne dans les traces d’un dénommé… Jésus de Nazareth. La campagne se passe sur une période de 75 ans et prévoit que les joueurs / joueuses changent de personnages en transmettant leurs pouvoirs et leurs biens, en jouant leurs enfants ou esclaves affranchis par exemple.

Une règle au sujet de la foi chrétienne peut alors entrer en jeu et transformer les personnages en prêcheurs chrétiens. Quelques idées de scénarios se trouvent disséminées dans l’ouvrage afin de donner du relief à tel ou tel personnage ou lieu. Du très, très bon, encore une fois.

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Sub Cinere

Pompéi. Une description précise de la ville ensevelie sous les cendres du Vésuve en 79. Une foultitude de personnages, d’idées de scénarios, de lieux pour faire vivre des aventures urbaines à vos héros.

Un « must have » puisque pouvant être utilisé dans n’importe quelle grande cité avec un petit peu de travail. S’y ajoute la description d’un ludus (école de gladiateurs) et sa gestion ainsi que quatre scénarios dont le dernier permet de vivre les derniers jours de la cité et l’éruption fatale au plus près des événements. Bonne chance à vos PJs !

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Parum Extra Fabulas

Le Colisée. Une carte immense ( 1m de côté ) pour faire vivre les combats dans l’arène au plus près. Un scénario spécifique l’accompagne : les jouets du cirque.

Les personnages devront enquêter au sein et autour d’un ludus, engagés sous couvert d’être des gladiateurs ou d’autres membres de l’équipe d’encadrement, contre la gloire, la liberté, une somme conséquente en sesterces, voire peut-être des terres.

Leur enquête autour d’une révolte fomentée en secret leur fera s’attirer la confiance des esclaves combattants parmi les plus agressifs pour finalement démasquer un complot politique qui dépasse largement le Colisée, dans un final explosif. Ce gros scénario demandera plusieurs sessions de jeu pour être mené à bien.

16 idées de scénarios : un petit livret bonus de 8 pages, donnant les grandes lignes de 16 scénarios à développer à loisir selon le MJ et les backgrounds des personnages. Pleins de bonnes idées !

L’Ogre de l’Atellane : un gros scénario bonus décrivant les us et coutumes d’une troupe de théâtre itinérante ainsi que les implications politiques découlant de ses pièces militantes. Voire… subversives. Encore une aventure hors norme.

Imperator, Praesens et Futurum

Avec Imperator, vos personnages pourront donc devenir des pièces maîtresses dans l’Histoire de Rome. Selon leurs origines, leurs décisions, leurs alliés mais aussi leurs ennemis et surtout leurs actions, ils pourront donc finir par diriger une légion, une cité, le temple d’une déité majeure (après l’avoir rencontrée…), sauver les légions de Varus, négocier la paix avec les Parthes ou ramener les reliques perdues de Mithra ou Isis.

Pour finir par recevoir les lauriers de la victoire ainsi que le titre rare d’Imperator. La voie royale leur est ouverte vers l’immortalité !

En bref, de la campagne épique en prévision.

La gamme proposée, bien que récente, est déjà largement étoffée pour permettre plusieurs centaines d’heures de jeu.

Et pourtant , les Augures laissent entrevoir une nouvelle levée de fonds à l’arrivée de l’automne, pour un cadastre détaillée de la Cité Éternelle ainsi que la compilation de nombreux rapports sur le front de la Grande Germanie.

Rem sequi.


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Article écrit par Chab. Rôliste devenu platoïste par manque de temps. Pâtissier initié et fan de Robbie Williams. Patriarche de cœur d’un troupeau de gremlins. Aime qu’un jeu lui raconte une histoire.

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