Clash of Rage. Prends ça dans tes dents

Temps de lecture: 6 minutes

Cette critique vous est proposée par Clément, membre de la Team Gus&Co

Clash of Rage, de quoi ça parle ? 

L’empire des elfes s’est étendu sur tout le territoire. Mais les elfes se sont retirés dans leurs villes et leurs forges, et sont entrés en décadence. La rumeur veut qu’ils ne soient pas aussi puissants qu’avant… De quoi attirer les convoitises des factions voisines : Nordiques, morts-vivants, hommes-loups et chevaliers. Elles vont s’affronter pour le contrôle de l’empire. Mais les elfes restent des ennemis coriaces, et surtout, il n’est pas question de partager le butin. C’est tout ou rien.

Clash of Rage est un pur jeu de baston. Les clans s’affrontent sur un terrain, pas (tellement) d’aventure ou de récit, il va y avoir du sport.

Et comment on joue?

Sur un plateau adapté au nombre de joueuses, les protagonistes prennent le contrôle d’une faction, chacune ayant trois types de guerriers, avec leurs avantages et leurs inconvénients (force, rapidité, déplacement, etc.). Les Elfes sont posés dans les villes et les forges (une ville et une forge par joueuse présente), et les factions se placent autour du plateau.

Au début de chaque tour, chaque joueuse choisit, parmi trois cartes, une carte d’initiative, qui lui permettra de se renforcer et de gagner de l’argent, et dont le chiffre déterminera l’ordre de jeu du tour, en commençant par la plus faible. Les joueuses renforcent leurs factions en posant le nombre de guerriers de la carte sur le plateau (dans leur bastion, ou sur une case contrôlée par la faction), et récupèrent le nombre de pièces d’or indiqué sur la carte, ainsi que des cristaux, si la faction contrôle une ou plusieurs villes.

Le tour se découpe alors en 4 phases :

Première action :

o   La joueuse peut acheter des équipements pour améliorer ses troupes.

o   Ou la joueuse peut forger un équipement légendaire, si sa faction contrôle au moins une forge, et qu’elle peut en payer le prix (en cristaux, et en fonction du nombre de forges contrôlées). Les équipements légendaires ne peuvent pas être perdus (contrairement aux villes et forge).

o   Ou la joueuse peut déplacer ses troupes et attaquer. Toute case traversée qui contient des unités adverses (autre joueuse ou elfes) bloque au moins le même nombre d’unités. Les combats se résolvent après le déplacement.

Renforcement :

o   Les joueuses contrôlant certaines cases se verront offrir un renfort gratuit, défini par le type de case.

Deuxième action :

o   Les choix sont les mêmes que lors de la première action.

Amélioration des elfes :

o   Les elfes reçoivent gratuitement des équipements.

Les combats se règlent aux dés. Chaque joueuse compte les malus d’initiative de ses forces en présence (en ne comptant le malus qu’une fois par type de guerrier) et celle dont le malus est plus petit commence. Si les malus sont égaux, c’est la défenseuse qui commence. Le nombre de dés à jeter correspond au score d’attaque du type de guerrier le plus puissant présent pour la joueuse.

On compte ensuite le nombre de réussites, additionné des éventuels bonus, auquel on enlève le score d’armure de la faction ennemies (toujours en ne comptant que par type de guerrier présent, sans tenir compte du nombre de guerrier). Si le nombre obtenu est supérieur au nombre de point de vie d’une unité ennemie, celle-ci meure et retourne dans la réserve de la faction.

Une attaque peut tuer plusieurs unités, mais les unités ne peuvent pas être blessées. Si l’attaque ne tue aucune unité, la joueuse gagne un bonus (cumulable) de 1 réussite pour le reste du combat, avantage aux petits nombreux face à une seule grosse brute. Une joueuse peut également décider, lors de son tour d’attaque, de prendre la fuite. Ses unités restantes rejoignent alors le bastion de la faction, et restent en jeu pour le prochain tour.

Et comment on gagne ?

Une joueuse gagne, si à la fin de sa deuxième action, elle possède 4 points de victoires, qui se comptent ainsi :

  • Un point par ville contrôlée
  • Un point par équipement légendaire possédé

Simple, clair.

Interaction ?

Sur l’IGUS, l’échelle de mesure de l’interaction dans les jeux, Clash of Rage atteint un 1/5. Aucune interaction directe. Rien.

Non je déconne bien sûr. Clash of Rage se situe à un franc 5/5 sur l’échelle : attaque des autres joueuses, gestion de leur avance, course aux ressources. Une interaction directe, franche, violente

A combien y jouer ?

De 1 à 4 joueuses pour le jeu de base.

La boite prévoit un mode solo, où la joueuse va affronter les elfes et le temps (sous la forme de points qui s’accumulent à la fin des tours). Honnêtement, cela ressemble à un coup pour pouvoir dire « on peut jouer seul », l’intérêt du jeu étant plutôt dans le PvP, et sa gestion.

A 2, on risque de s’ennuyer un peu, surtout si une des joueuses prend un avantage rapidement.

A 3 ou 4, on a de l’action en PvP, de la gestion d’alliance pour faire tomber la joueuse qui va trop vite, et du backstabbing. Tout le sel est là.

Alors, Clash of Rage, c’est bien ?

Avant la partie : 3/5

Le matériel est beau, les règles simples, ça donne un peu envie. Mais la place prise par le plateau, et la simplicité des règles refroidissent un peu. C’est tellement simple, on ne va pas s’ennuyer ?

Pendant : 3/5

Si vous ne péjorez toutes vos chances dès le premier tour de jeu (et je parle d’expérience), la gestion de l’équilibre équipement/baston et la fluidité des règles (un peu moins des combats, mais rien de dramatique) rendent le jeu intéressant, et le temps passe vite (plus vite qu’annoncé sur la boite…).

Et même si vous n’avez aucune chance de gagner, construire des stratégies pour pénaliser les autres joueuses apporte un peu de fun.

Après : 2/5

C’est bien, mais c’est pas woowww. Il y a d’autres jeux du même genre, et même s’il y a des innovations au niveau des combats, cela ne suffit pas à faire de Clash of Rage LE jeu qu’on va sortir. De plus, l’encombrement et la durée sont des critères qui font baisser la note.

🔴 Score final : 3/5

Premièrement, le nom. Clash of Rage ? Franchement ? On dirait un nom produit par un générateur aléatoire, entre Clash of Clans et Streets of Rage. Pas de point bonus pour ça.

Deuxièmement le matériel. On voit que Clash of Rage a été produit à la suite d’un Kickstarter. Des figurines dans tous les sens, un thermo pour les mettre, une boite qui pourrait contenir 3 chats, des cartes en double (français et anglais), n’en jetez plus c’est plein. En revanche, pour faire tenir tout ça, il faut une table taille XXL. La mienne n’est pas petite, et nous avons eu du mal à tout poser sur le plateau. Certaines figurines semblent fragiles, et vous avez intérêt à prendre une photo avant de les sortir si vous comptez les ranger dans le thermo à la fin de la partie.

Troisièmement, le jeu. Comme indiqué, les règles sont simples et fluides, même si les combats peuvent se transformer en compte d’apothicaires pour savoir combien de dés je lance et combien de protection tu as. L’autre problème est l’équilibre. Je trouve que les factions ne sont pas très équilibrées. Et même si les équipements sont là pour arranger le tout, ce déséquilibre peut être gênant pour des nouvelles joueuses.

Tout le sel du jeu est dans le PvP. Si vous n’aimez pas construire des stratégies contre les autres joueuses et comploter pour planter votre couteau dans le dos de votre allié, ce jeu n’est pas pour vous. Il y a des interactions, de la baston, et c’est ça qui est bien. Pas de possibilité de développement tranquille dans son coin, les ressources sont juste assez limitées pour qu’il faille aller chercher des noises sur la tuile d’à côté, où l’herbe est forcément plus verte.

Un jeu qui a le mérite d’exister, mais qui ne sortira pas souvent de la ludothèque, j’en ai peur. A ce prix-là, j’éviterais l’achat. Peut-être ne suis-je plus dans la cible ? Mais je vois mal des adolescents sortir cette somme pour un jeu (plus de 80 euros neuf. À farfouiller pour débusquer une occaz ?), même s’il est beau.

Et encore une dernière chose

Il existe un mode campagne, avec 15 scenarii. Les joueuses piochent 4 scenarii, et jouent 5 parties à la suite, en conservant certaines cartes, tout comme les elfes.

Chaque scénario apporte des modifications de règles et une récompense au vainqueur, qui l’avantagera dans la suite de la campagne. A réserver aux plus fans du concept, vu le temps de jeu d’une partie…

Et encore une chose

Vous pouvez consulter les règles du jeu ici

Et vous pouvez trouver Clash of Rage chez Philibert ici

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Et chez Magic Bazar ici

  • Auteur : Frédéric Guérard
  • Illustrateur : Igor Polouchine et Jean-Baptiste Reynaud
  • Éditeur :  La Boîte de Jeu
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4 (mais comptez plutôt 3 à 4)
  • Age conseillé : Dès 14 ans (très bonne estimation, pas moins)
  • Durée : 90′ annoncés, plutôt 120 à 150 réels.
  • Thème : Elfes et baston
  • Mécaniques principales : Dés, deck-building

7 responses to Clash of Rage. Prends ça dans tes dents

      • Liojen says:

        Je l’avais en ligne de mire depuis un moment mais le prix est très élevé. Je cherche un jeu de combat de ce genre, simple d’accès et fun.
        Auriez-vous un titre similaire à me conseiller?

    • Clément says:

      Bonjour
      J’écris toujours mes critiques au féminin. C’est un choix, et je suis content que Gus le respecte.

      On m’a appris, comme à beaucoup de personnes, que le masculin l’emporte sur le féminin. Puis j’ai découvert, plus tard, que ça n’avait pas toujours été le cas, que les accords se faisaient par proximité ou par nombre, avant que ces messieurs de l’académie française décident du contraire.
      J’ai suivi avec intérêt les discussions sur l’écriture inclusive, et ai décidé, unilatéralement, que le temps était venu de rétablir un peu la balance. C’est pourquoi, lorsque j’écris un texte de portée générale, j’utilise le féminin.

      Je suis toujours content de pouvoir expliquer ma démarche, même si c’est un peu dommage de s’arrêter sur ce détail (c’en est un), et non sur le fond de l’article.

      Bonne continuation à vous, et désolé pour le pavé.

      • Gus says:

        Merci pour ta réaction Clément

        C’est en détail en effet, mais qui fait visiblement « jaser » et interroger sur la forme. Ce qui prouve qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir…

        Repose-toi et remets-toi bien Clément. Reviens-nous vite !!!

        • Juju says:

          Bonjour,

          Ma question était purement informative et nullement pour faire jaser. Je fais parti de ceux qui sont pour une réflexion à ce sujet, une langue est vivante et elle évolue avec son temps . Pour moi , l’écriture inclusive est une bonne idée mais un peu lourde à écrire. Sinon j’aime bien l’idée de la « majorité  » donc voilà je pense faire partie de la partie « ouverte » de la population . (J’ai dans mon jardin 10 poules et 2 coq et pour moi ce sont « mes poules  » lol)
          Une fois ceci dit et pour revenir a ma question , je ne pense pas (c’est un avis personnel et non une vérité imposée ) qu’utiliser le féminin exclusivement ne résolve quoique ce soit puisqu’on remplace une règle arbitraire par une autre règle tout aussi arbitraire et injuste 🙂
          Si on se replace à l’époque où les femmes devaient demander à leur mari l’autorisation pour ouvrir un compte bancaire, heureusement qu’on ne s’est pas dit pour faire evoluer les mentalités « faisons l’inverse , maintenant ce sont les hommes qui doivent demander à leur femme l’autorisation pour ouvrir leur compte « , je suis persuadé que vous serez d’accord avec ça. Ma réflexion m’amène à la même conclusion que pour le féminin exclusif. Ça ne résous rien et ça ne fait pas évoluer la langue française dans le bon sens. Mais encore une fois ce n’est que mon avis dans un débat plein de respect.

  1. Olivier Andrys says:

    Llojen,
    Je te le recommande chaudement. Ce n’est pas que par sa taille, qu’il tire son épingle des centaines de jeux de ma ludothèque. C’est du fun en barre ! Pour peu qu’on ne soit allergique ni à Risk, ni à Smallworld… Après une partie épique de plusieurs heures (dont personne ne s’est plaint), qui hantera nos souvenirs jusqu’au retour des Elfes, nous prévoyons déjà la suivante 🙂 Un tel dosage de fun, d’interaction, de réflexion, et de maniabilité, est exceptionnel. Encore faut-il – comme toujours – réunir les bons joueurs.

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