L’année 2018 des jeux de société sera narrative ou ne sera pas. Et c’est une vraie bonne nouvelle

C’est une mouvement de fond qui n’aura échappé à personne. Depuis quelques années, de plus en plus de jeux de société narratifs ont fait leur irruption sur le marché du jeu de société.

Avec une tendance qui se renforce depuis quelques années, l’annonce des sorties en 2018 confirme une tendance lourde qui s’affirme et s’impose. Et tant mieux

2018. Une année particulièrement riche en jeux de société narratifs et immersifs

Avec un départ des feux qui aura gentiment commencé fin 2012 avec le reboot Ystari de Sherlock Holmes Détective Conseil, pour ensuite voir l’émergence des formats Legacy, suivie de près par l’irruption fin 2015 de Time Stories, puis Unlock ou Exit en 2017, avec le rouleau de la vague prêt à s’abattre sur le marché en 2018

Aujourd’hui, de plus en plus d’éditeurs l’auront compris, le narratif fait vendre. Certains se sont engouffrés dans la brèche pour proposer des jeux avec un thème, un univers riche, au risque parfois de tomber dans des travers un peu… benêts, factices ou artificiels (Luma des Ludonaute…)

Et pourquoi?

Comment expliquer les gros succès que sont Pandémie Legacy, SHDC ou Unlock? Qu’est-ce qui attire tellement dans, avec, pour le narratif? Dans des jeux à thèmes forts, immersifs?

Pourquoi remportent-ils autant d’adhésion, suscitent-ils autant de passion?

L’expérience. L’aventure. Le récit. L’imaginaire

Depuis la nuit des temps, nous nous sommes toujours retrouvés au coin du feu pour partager des récits. Contes, folklore, mythes, croyances et légendes, ces piliers-fondateurs universels et cosmogoniques de nos cultures

Oralité d’abord, écrit ensuite, terrassés aujourd’hui par une domination de l’image (séries, ciné).

Se retrouver pour écouter, narrer, imaginer, observer, et se propulser dans une vérité alternée, relatée ou fantasmée, chimère ou transfert de nos réalités. Pour partager et (se) construire une culture commune

Le narratif fait rêver

Et en 2018, le narratif fait vendre

Asmodée l’a bien compris en se parant en octobre 2017 d’un nouveau logo avec un nouveau slogan: « Great games. Amazing Stories. » Stories, le mot est lâché

2018 sera narrative ou ne sera pas

Dans notre liste des jeux à guetter pour 2018, cela ne vous aura pas échappé, vous aurez pu remarquer le nombre important d’éditeurs et de jeux qui vont nous proposer des univers forts et cohérents, des expériences immersives

Il y aura du Legacy bien sûr

Avec The Rise of Queensdale chez Ravensburger, crée par le couple Brand (Exit)

Et même une version Legacy de Betrayal, par Rob Daviau lui-même, le papa du format

Des jeux de plateau vont également nous proposer des variantes à campagne, pas en format Legacy mais toutefois narratifs

Le cas avec la troisième extension pour Scythe, The Rise of Fenris, avec 8 scénarios qui vont se suivre

Les « anciens » de 2015 et 2017 continueront en 2018 de nous transporter

Unlock, qui n’a pas fini de nous émerveiller et surprendre, avec Dream Adventures (titre provisoire) pour le deuxième trimestre, et une 5e boîte pour le troisième ou quatrième trimestre

Time Stories, également avec trois scénarios:

Frères de la Cote, un scénario pirates qui va sortir d’ici sous peu en mars

The Hadal Project, Q2 ou Q3, un scénario SF sous-marin

Madame, Q3 ou Q4, un scénario à la cour du roi Louis 16 qui va révolutionner la mécanique du jeu

Fallout, aussi, du FFG fun narratif et immersif

Même si sorti fin 2017 en VO, il va tout casser en VF en 2018. Jeu d’explo narratif avec des mécaniques inspirées de Dead of Winter et Scythe

Stuffed Fables. Ou quand les nounours bastonnent

Un jeu de plateau pour enfants, mais pas seulement

Un jeu d’aventures avec scénarios qui se jouera en campagne. La vignette le dit bien, a StoryBoard game. Story. Tout est dit. Ou comment initier vos enfants aux jeux de plateau et de rôle en même temps. Une pierre six coups

Le grand retour du livre dont vous êtes le héros. Mais maquillé plateau

Le livre dont vous êtes le héros de notre enfance n’est pas mort. Et c’est tant mieux

Avec un retour remarqué version bédé (Collection Makaka), il sera de retour en force en 2018 en version plateau

Ma Première Aventure, une aventure slash jeu slash livre chez Gameflow pour mai

Baiam, chez Blue Orange, une bédé slash jeu d’aventure à plusieurs

Château Aventure chez IELLO, reboot des Parsely Games, sortie en février-mars, qui reprend les jeux d’aventure à texte des années 80 sur ordi

Vous pouvez déjà voir à quoi ça ressemble et même y jouer avec un scénario démo dispo ici, Port au Singe

Les jeux à texte des années 80, c’est quoi?

C’est ça

Et aussi Legacy of Dragonholt, un Sherlock Détective Conseil méd-fan, sorte de jdr mais ultra-light

Une bonne nouvelle culturelle

Haaaa, les fameux jeux à l’allemande, froids, au thème collé, dans lesquels on collecte des cubes et on construit des bicoques avec du jambon

Si on veut que le jeu de société soit considéré comme véritable objet culturel, voire même… objet d’art, il est peut-être temps qu’il prenne son envol et propose une véritable expérience

Expérience, le mot est lâché. On se souvient de ses expériences, pas des objets. La mémoire est marquée par des moments forts, différents, riches en émotions

Alors certes, certains objets y sont parfois associés, mais comme véhicules, vecteurs d’émotion, d’expériences

Et c’est une vraie bonne nouvelle que le jeu de société entame ici en 2018 une renaissance immersive. Certes commerciale, mais culturelle, imaginative et téméraire

Les jeux de société narratifs, une tendance qui vous séduit?

 

7 Comments

  1. rôliste depuis 30 ans, ces jeux « narratifs » sont à l’identique des MMORPG et autres trucs vidéos, des carcans limitatifs pour l’imaginaire et la réelle narration, qui demande interactions et techniques. Après, c’est en effet un excellent filon commercial, et j’ai régulièrement des gens venant découvrir le jeu de rôles, persuadé de connaître le loisir après une partie de loup-garou de Thiercelieux ou de Mysterium. On va dire que je n’y vois aucun intérêt, mais que des auteurs ont bien raison de se lancer dans cette voie, car elle est vendeuse.

  2. Pour ma part, je suis également perplexe sur la possibilité de faire beaucoup de narration avec un jeu de société. Selon moi, la contrainte est matériel. On peut faire la meilleure histoire narrative que l’on souhaite, avec seulement quelques cartes, token et point on sera vite limité pour raconter une histoire et on va vite tourner en rond. La seule solution trouvé est de faire du one shot et/ou ajouter du matos.
    En fait, je pense qu’avec la démocratisation du JdS, le public n’a pas compris le principe du jeu de société et souhaite pouvoir faire la même choses que dans les jeux vidéo mais en physique. Or ce n’est techniquement pas possible.

    Pour ma part, ce que j’apprécie dans un jeu de société ce n’est pas qu’il me raconte une histoire, mais plutot qu’il me fournisse des moment marquant sur lesquels je peux me rappeler, échanger, taquiner.
    Je me souvient d’un partie de Fief mémorable qu’on évoque encore régulièrement avec mes amis, tellement elle fut animée et pleine de rebondissements… et pourtant elle date d’environ 5 ans !

    1. Perso je n’aime les jeux de société QUE quand ils m’aident à me raconter une histoire, mais bien souvent j’y arrive davantage sur de bons jeux non narratifs que sur des narratifs. 😛 Et pour rebondir sur les propos de DNS PRINT, je suis persuadé que l’animation et les rebondissements de sa partie de FIEF et bien… ça devait justement « raconter une histoire ». 😉

      1. Oui Emmanuel, en effet c’était une sombre histoire de trahison, d’amour et de vengeance rancunière digne de Game of Throne. 🙂
        Mais ce que je voulais dire par cet exemple, c’est que se sont avant tout les joueurs qui ont fait l’histoire, et nullement le jeu en lui même : ici le jeu a simplement fourni le support et un cadre.

        Je pense que les jeux ultra-narratifs ou constitués de scenarios scriptés et one-shot ne conviennent pas vraiment aux jeux de société, et qu’en dehors de rajout d’extensions apportant de nouveaux éléments, ils tournent très vite en rond.
        Toutefois vu qu’ils rapportent beaucoup et fidélisent les « clients », je pense que du narratif on va encore en bouffer des brouettes.

  3. SHDC et Unlock sont des jeux narratifs ? J’ai du mal avec la définition d’un jeu narratif. C’est un jeu qui nous raconte une histoire, ou alors un jeu qui nous fait raconter une histoire ? A mon sens narratif fait appel à l’imaginaire du joueur pour raconter une histoire à partir du matériel et des règles qu’on lui met à disposition. « Il Etait Une Fois » ou « Dixit » sont des jeux narratifs. SHDC et Unlock sont des jeux coopératifs à scénarios. Sinon Smallworld avec l’extension des événements est un jeu narratif ? Space Alert est un jeu narratif ? Claustrophobia est un jeu narratif ? En fait, un jeu qui a un thème fort et un semblant de texte d’introduction est un jeu narratif ?

    Chacun sa définition, mais il aurait peut être été bon de donner la tienne au début de l’article. Moi qui déteste les jeux narratifs (style Dixit) mais adore SHDC et Unlock, je me sens insulter ^^ J’aime écouter des histoires, mais pas en inventer 🙂

    1. Merci pour ton intervention fort pertinente, tu as amplement raison!

      Pour moi, un jeu narratif est un jeu à thème fort et scénarisé qui propose aux joueurs et joueuses de découvrir un récit, une narration, et de se plonger dans une aventure scriptée

      Excellente journée à toi et merci d’avoir pris le temps de préciser et développer ton riche point de vue

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