Critique de jeu: Scythe. La quintessence du 4X

Scythe est sorti en VF chez Morning en octobre 2016 pour Essen. Cette critique sera sur cette édition-ci et pas sur la nouvelle de Matagot, prévue pour 2017.
Scythe a été créé et édité par le talentueux Jamey Stegmaier (Euphoria), grâce à un financement participatif lancé en octobre 2015. Qui a levé un tout petit peu moins que deux millions. Deux millions, joli.

Pour 1 (!) à 5 joueurs, d’une durée de 115 minutes. Mouaif. Comptez plutôt 180.

XXXX

Non, ce n’est pas du porno.

Scythe, c’est la quintessence du 4x. 4x pour, selon Wikipedia:

  • Exploration – Le joueur doit envoyer des éclaireurs dans les territoires non découverts environnants le lieu de départ du jeu.
  • Expansion – Le joueur doit agrandir son territoire en établissant de nouvelles colonies ou en étendant son influence sur des colonies existantes.
  • Exploitation – Le joueur doit récolter les ressources des zones qu’il contrôle et maximiser leur utilisation.
  • Extermination – Le joueur doit attaquer et éliminer ses rivaux que ce soit militairement ou par un autre moyen.

Autrement dit, on se (dé)place sur le plateau, on extrait des ressources sur chaque terrain spécifique (un peu à la Colons de Catane), on se développe (améliorations, un peu à la Great Western Trail), et on met des tatanes dans les gencives de ses petits camarades. Triste fable de certaines politiques voraces et géopolitiques contemporaines…

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Et comment on joue?

Le tour d’un joueur dure trente-six secondes, voire moins. On commence par déplacer son pion « action » sur son plateau personnel. On ne peut pas le laisser sur la même action pour la refaire. Il y a quatre actions disponibles:

déplacement de ses unités sur le plateau: personnage, Mechs et ouvriers

soutien: avancer sur la piste de force militaire. Une ressource nécessaire pour les combats

commerce: acquérir des ressources à choix, n’importe lesquelles

produire des ressources sur les terrains occupés

Sachant que chaque action a un coût, souvent en pièces de monnaie, et qu’elle offre deux possibilités. La « principale », qu’on doit effectuer en premier, puis la seconde, souvent une construction: Mechs, bâtiments, amélioration de son plateau ou recrue (pour activer la mécanique de « voisinage » que nous présenterons plus tard). On peut activer l’une, l’autre, aucune ou les deux actions l’une après l’autre.

Voilà, c’est tout. Simple. Fluide.

Et comment on gagne?

Scythe reprend plusieurs mécaniques d’Euphoria, le précédent jeu du même auteur/éditeur. Le but est de placer ses six étoiles. En réalisant six objectifs sur dix: construire ses quatre Mechs. Atteindre le max en Popularité. Atteindre le max en force militaire, remporter des combats (max 2). Si dans Euphoria il fallait être le premier à placer ses dix étoiles pour remporter la partie, ce n’est pas vraiment le cas dans Scythe.

Dès qu’un joueur a placé ses six étoiles, la partie prend immédiatement fin. Sans pour autant la remporter. On fait alors le décompte des terrains occupés, des pièces de monnaie possédées, des étoiles placées et des paires de ressources produites encore présentes sur le plateau. Avec une tabelle de points indexée selon l’avancée sur la piste de popularité. Autrement dit, plus on est populaire et plus on remporte de points. Oui, comme dans la vraie vie…

Mais faisez gaffe!

Dans la plupart des jeux de civilisation, de développement, on aura parfois tendance à se concentrer sur son propre développement. Parce que ça fait drôlement plaisir de voir sa faction, son pays s’améliorer. Dans Scythe, ce n’est pas ce qui fait gagner. On parvient certes ainsi à peine placer 2-3 étoiles (toutes les améliorations débloquées, toutes les recrues engagées…), mais c’est n’est pas suffisant.

Non, dans Scythe, ce qui rapporte beaucoup de PV en fin de partie ce sont les territoires contrôlés. Ne laissez pas un joueur s’étendre en toute impunité, cela le propulserait vers la victoire.

Levez le nez de votre plateau personnel pour prendre le temps de bien observer le plateau commun. Vous pourrez y découvrir des stratégies adverses expansionnistes. Et si vous voulez gagner, faites ça. Essayez de pécho le plus de régions, mais restez discrets.

Une stratégie efficace, mais coûteuse en ressources et en temps, augmenter très rapidement le nombre de ses ouvriers et les placer un peu partout sur la carte. Triple avantage:

  1. Si les autres joueurs veulent les repousser ils perdront à chaque fois un point de popularité (sauf s’ils jouent les Polonais. L’un de leurs Mechs leur permet d’éviter cette redevance).
  2. Non seulement vous occuperez les terrains pour des PV en fin de partie mais vous pourrez en plus en extraire leur ressource.
  3. Cela ralentira les autres joueurs puisqu’ils devront interrompre leur mouvement, bloqués par vos ouvriers.

XXXXL

Scythe, c’est aussi un jeu XXXXL. Bourré d’éléments astucieux, frais et originaux.

Pour son univers, d’abord. On joue en Europe dans une première guerre mondiale uchronique, mécanique, technologique, avec des Mechs, des gros robots impressionnants. Et les illustrations sont juste incroyables. On s’y croirait presque.

Pour son aspect narratif. Le plateau propose des rencontres, des jetons qui demandent que l’on pioche des cartes et qui immergent le joueur dans une réalité bien vivante. On doit alors prendre une décision entre trois possibilités, décision qui fera gagner ou perdre des éléments selon le choix retenu. Et hormis les trois choix, aucun texte d’explication de la situation. L’auteur le précise, une image vaut mille mots. Donc un aspect narratif conséquent.

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Pour son matériel, aussi. Somptueux. De magnifiques figurines en plastique différentes selon les factions: Mechs, personnage principal. Avec des bâtiments en bois plutôt sobres (moulin, monument, etc)

Pour ses règles, ensuite. Extrêmement didactiques. Elles sont épaisses, denses. Mais au final, comme un jeu FFG, elles sont simples, claires, instinctives et ergonomiques. Difficile à croire quand on découvre le jeu pour la première fois, mais elles s’expliquent en une poignée de minutes à peine. Comptez six minutes trente-deux. Montre en main.

Pour ses différentes mécaniques de jeu, enfin. Tout est fluide et bien imbriqué.

Pour son côté presque asymétrique. En effet, chaque faction possède son propre départ, argent, bonheur, force militaire, un pouvoir générique permanent et deux pouvoirs de Mech spécifiques. Sur quatre. Deux pouvoirs étant partagés par tout le monde: déplacement amélioré et traversée des rivières. Ainsi que des actions aux coûts différents. Ce qui rend le jeu extrêmement varié. Et ce qui permet également de revenir au jeu en essayant d’autres factions.

Pour sa prise en main proposé par les éditeurs. Les règles paraissant épaisses et complexes, les éditeurs ont choisi de tout faire pour permettre aux joueurs de rentrer dans le jeu rapidement. Il y a donc: une aide de jeu par joueur, peut-être un peu trop sommaire, et surtout, des conseils pertinents de départ pour les premiers tours. Ainsi qu’un guide démarrage rapide, avec un rappel des éléments principaux: mise en place, règles. Tout est fait pour améliorer la prise en main.

Pour sa mécanique de « voisinage ». En effet, au fil du jeu on peut engager des « recrues ». Autrement dit, déplacer des pions sur son plateau personnel pour activer des bonus octroyés lorsque ses deux voisins directs effectuent certains actions spécifiques. IFTTT, If This Then That. Tu joues ceci, je gagne cela. Ce qui augmente l’interactivité du jeu.

Pour sa mécanique de combat, très très simple: une roue de dépense de force militaire et une carte militaire qu’on peut rajouter par Mech/personnage présent dans le combat. Le tout choisi secrètement. Et après révélation, la valeur supérieure remporte la rencontre. Voilà. Simplissime. Fluide. Tendu.

Pour sa mécanique d’usine. Au centre du plateau se trouve une usine. Neutre. Quand son personnage (ni Mech ni ouvrier) s’y rend pour la première fois on a alors accès à une action supplémentaire à choix qui restera disponible jusqu’à la fin de la partie. Une carte qu’on rajoute à son plateau personnel d’action. Plus vite on se rend à l’usine et plus aura de choix dans le paquet puisqu’avant la partie on tire un nombre de cartes équivalent au nombre de joueurs +1. Et qu’en toute fin de partie, l’usine compte comme trois terrains. Elle représente par conséquent un enjeu majeur et une source de tension constante.

Pour sa fiche de réussites. Pas un élément crucial, mais qui rajoute un petit côté « Legacy ». On peut y inscrire son nom quand on a « débloqué » une victoire: les premiers vainqueurs avec chaque faction, les premiers vainqueurs de l’année, les premiers vainqueurs avec la meilleure odeur de pieds, les premiers vainqueurs capables de yodler avec un accent portugais. Le tout fait très leaderboard des jeux d’arcade des années 80.

Interaction?

Evidemment omniprésente. 4X, il faudra contrôler des territoires. Faire de la place. Repousser les autres. Leur piquer des ressources. Et puisque le premier joueur à avoir placé ses six étoiles met fin à la partie, s’installe à la table une mécanique de course effrénée. Et six étoiles, c’est peu, c’est court, c’est chaud.

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Les différents personnages des cinq factions disponibles. Très organiques et animaliers.

Et à combien y jouer?

A beaucoup. Vraiment beaucoup. Car le plateau n’est pas différent selon le nombre de joueurs. Donc plus on est de Mechs et plus on rit (enfin, jusqu’à ce que l’un d’eux vous mette la misère). Oui, il y a une règle pour y jouer en solo, mais soyons lucides, c’est un joke. Donc prévoyez d’y jouer dès quatre joueurs.

Et comme le tour d’un joueur dure environ trois secondes et demie, même au max, à cinq (ou sept, avec l’extension, nous en parlerons plus bas), on ne s’embête pas entre les tours. Et encore moins avec la mécanique de « voisinage » puisqu’il faut suivre ce que font ses voisins pour ne pas louper les bonus potentiels.

Tout est bon dans le cochon tofu?

Scythe est-il aussi bon que cette critique semble l’avancer?

Oui.

Encore faut-il quand même relever trois éléments qui peuvent surprendre ou décevoir, c’est selon.

  1. Les pouvoirs adverses
  2. La toute relative offensive
  3. La myriade de mini-règles

Les pouvoirs adverses

Comme vu plus haut, l’un des aspects incroyables du jeu est la personnalisation exacerbée de chaque faction. Elles sont toutes vraiment différentes. Tellement différentes en fait que ça devient difficile de suivre et de se souvenir de toutes ces différences. Entre les deux pouvoirs de Mechs et le pouvoir générique, surtout dès quatre joueurs, on risque d’oublier ceux des autres. Faites le calcul, à cinq joueurs ça fait douze pouvoirs (4×2 + 4×1) autres à se rappeler. Plus les siens qu’on pourrait également oublier. Et encore faut-il suivre les Mechs construits par tous.

Bref.

Tout ça pour dire qu’on risque bien vite d’être dépassé et surpris quand un joueur utilisera l’un des Mechs pour apparaître d’un lac, ou disposer d’un bonus d’attaque qu’on n’aura pas vu venir.

Comment y remédier? Faites une photocopie des pages 15-17 pour tous les joueurs, pages qui présentent les différents Mechs et leur pouvoir spécifique. Ainsi que la page 21 pour les pouvoirs des factions. Ceci permettra à tout un chacun de mieux suivre la partie.

La toute relative offensive

Non, Scythe n’est pas un jeu de baston. C’est plutôt un jeu d’intimidation. On passe sa partie à gonfler ses biceps pour décourager les autres à vous chercher des noises (j’adore cette expression). On construit des Mechs, on avance dans la force militaire, on collectionne les cartes combat. Tout est fait pour dissuader ses voisins de table. D’autant que le combat est cher, très cher. Il faut dépenser de la force militaire, qu’il va falloir récupérer plus tard. Et si on attaque des ouvriers, ceux-ci vous font perdre de la popularité (parce que ce n’est pas très très gentil). Ce qui ne vous pousse pas vraiment à combattre.

De plus, seuls deux combats maximum permettent de placer une étoile (sauf si on joue les Saxons/Allemands, on n’est alors pas limité. Forcément), donc hormis le fait de ralentir et repousser les autres, les combats ne sont pas toujours avantageux.

Non, Scythe n’est pas un jeu de baston. On pourrait le penser, vu toutes les fig qui se baladent sur le plateau, mais au final, le 4e X, extermination, est très peu présent parce qu’extrêmement coûteux. C’est déroutant.

La myriade de mini-règles

Si la règle s’explique en quelques poignées de minutes, il n’en reste qu’elle est bourrée de détails. Détails qu’on ferait vite d’oublier une fois le nez dans le guidon. Notamment:

Usine: on ne peut obtenir une carte que si on y demeure avec son personnage.

Déplacement amélioré: ne concerne pas les ouvriers.

Bonus de « voisinage »: on n’en bénéficie que lorsque les voisins font l’action du bas, pas du haut.

Combat: on ne peut rajouter qu’une seule carte par unité présente. Unité = Mech + personnage. Pas ouvrier.

etc. etc.

Tant de mini-détails qui, si négligés, risquent de déséquilibrer le jeu. Pour éviter cet écueil, le mieux est de s’assurer qu’un ou plusieurs joueurs à la table connaissent la règle sur le bout des doigts.

Alors, Scythe, c’est bien?

C’est simple, Scythe est l’un des meilleurs jeux de 2016. Pour autant qu’on apprécie les gros jeux de développement et de contrôle de territoires de plus de 2h aux règles riches et denses, tout en étant extrêmement fluides et instinctives. Un énorme kudos à l’éditeur de la VO de proposer une prise en main et une ergonomie extrêmement efficaces. Un modèle dans le genre.

Les parties sont prenantes et exigent de se triturer les neurones. Quelle prochaine action choisir? Rusher sur les ressources pour s’améliorer plus tard? S’étendre sur le plateau et asseoir une hégémonie territoriale? Améliorer sa faction, et comment? Quelle stratégie suivre? Quelle est celle des autres, et comment s’y adapter? Des choix cruciaux. Douloureux. Exaltants.

Et la trad de Morning? Un seul mot: excellente!

Pour conclure, autant le matériel que les illustrations permettent une immersion conséquente. Et le thème, renforcé par les cartes rencontres, développe un aspect narratif intense. Un jeu puissant.

Et maintenant?

Fin 2016 Morning a cédé les droits pour la VF. A Matagot. Qui va donc reprendre le flambeau et sortir une nouvelle édition tout prochainement. Si vous possédez la VF de Morning, c’est donc un collector puisque cette version ne sera plus éditée.

D’autant que la VF est à l’heure actuelle épuisée un peu partout. Il va falloir attendre la nouvelle VF Matagot pour pouvoir y jouer. En parlant de Matagot, nous les avons contactés pour savoir quand leur version allait sortir et ce qui allait changer. Découvrez leur interview juste plus bas.

Mais encore

Une extension est déjà sortie, qu’en VO pour l’instant. Invaders from Afar. Envahisseurs de très loin. Elle ne fait que rajouter deux factions supplémentaires, les « Irlandais » et les « Japonais ». Deux factions très orientées combats qui viennent rajouter une tension belliqueuse autour du plateau et renforcer le 4e X.

Avec cette extension on peut désormais jouer à Scythe à six ou sept joueurs. Sept joueurs. Sur le même plateau. OMFG. Nous ne l’avons pas encore essayée, mais c’est prévu dans un avenir très, très proche. J’imagine les parties massives et épiques à sept joueurs… Miam!

Et au fait, pourquoi ce titre sibyllin, Scythe? Scythe, c’est une faucille. A prononcer Saï-th. La faucille, l’outil qui symbolise le mélange entre le travail de la terre, l’exploitation des ressources, et l’aspect belliqueux. Tout est dit.

En attendant la VF de Matagot pour avril 2017, vous pouvez encore trouver celle de Morning qui se balade.

Chez Philibert,

Et si vous habitez en Suisse, chez Helvétia Games Shop.

Interview

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Matagot vient donc de récupérer la VF. Curieux de nature, nous leur avons posé quelques questions.

Bonjour Stefan Brunelle, chargé de communication auprès de Matagot. Merci d’avoir bien voulu répondre à nos questions. Vous venez d’annoncer la réédition française pour Scythe. Alors que la VF était déjà dispo chez Morning en octobre 2016. Racontez-nous comment cela s’est passé?

Nous sommes désormais directement présents aux États-Unis via Stefan, Arnaud et Zongxiu de Surfin’ Meeple notre distributeur exclusif là-bas, nous avons donc eu l’occasion de mieux et directement connaitre Stonemaier. Nous avons aussi toujours eu de bons contacts avec l’équipe Morning. Pour des raisons qui leur appartiennent, ils ne pouvaient pas continuer à éditer le jeu en France et comme Matagot a de plus construit une petite réputation en localisation (Orleans, Brains, Animals on board, Istanbul, Junta…) les gens concernés se sont tournés vers nous. Il a fallu ensuite faire preuve de réactivité car le prochain tirage était prévu pour avril 2017.

Qu’est-ce qui vous a plu dans le jeu, au point de vouloir en proposer une nouvelle édition?

Scythe est un peu spécial, habituellement, nous participons dans la mesure du possible avec tous les éditeurs qui nous donnent l’occasion de travailler sur un de leurs titres. Nous faisons de même avec les éditeurs qui traduisent nos jeux, leurs différentes approches améliorent les chances des jeux proposés à une meilleure représentation. Ceci étant dit, chaque jeu qui mérite d’être édité a sa propre approche. Junta méritait une réédition plus moderne, Mmm ! gagne à être connu, Lanternes…Yéti…Tout ça pour en arriver à Scythe, qui a déjà bonne réputation. Le défi sera très différent, le travail autour du jeu sera nouveau. C’est un gros titre, le jeu ne vient pas de nous directement, les gens l’attendent.

En tant que joueurs, nous étions déjà convaincus. Plusieurs du staff Matagot voient arriver ce jeu avec beaucoup de joie. Ça ne répond pas vraiment à la question, mais donnez-lui une chance, jouez une partie, vous allez comprendre assez rapidement pourquoi l’offre de travailler sur ce jeu est une évidence pour qui connait l’équipe Matagot.

Qu’est-ce qui changera dans la version Matagot?

Très vite nous avons mis en place un plan avec Jamey pour rediriger une partie de la production américaine vers la France. L’équipe s’est battue jour et nuit car même si sur un planning de moins de dix jours nous ne pouvions pas introduire de gros changements, nous voulions intégrer le maximum d’errata et mettre notre petite touche sur la VF. Par exemple, nous aurons le plaisir de piloter des « Méchas », car les filles jouent aussi à Scythe! Et pas des Mechs. (rires)

Pour quand est prévue la sortie de votre version?

Nous prévoyons de l’avoir en stock fin mars, donc avril disponible partout en boutique.

Et quid des extensions, pas encore traduites? Avez-vous prévu de les sortir également en VF?

Pour Scythe nous avons l’intention d’agir comme avec nos propres jeux, si une extension est disponible, nous voulons l’offrir. Pas de dates pour l’instant, tous nos efforts vont vers le jeu de base jusqu’à nouvel ordre.

27 Comments

    1. Hello,
      Je n’ai pas encore eu l’occasion de l’essayer.
      Aussi, je me suis dit que noël était l’occasion pour me l’offrir :).
      Et là, je vois un 70 euro… Vraiment trop cher pour moi. J’en parle autour de moi, et vraiment trop cher pour eux aussi.

      Dans les critiques, il faudrait prendre en compte le prix des jeux à mon avis.

      Il est triste de payer un jeu 70 euro pour se rendre compte qu’il ne nous plait pas.
      J’en ai fait la douloureuse expérience avec Super Meeple et son incroyable Amun Ré. c’est sympa les pyramides brossées, mais j’ai amèrement regretté mes 50 euro. Et la grande majorité des personnes avec lesquelles j’ai joué ont aussi trouvé le jeu fade en comparaison de ce qui est disponible en 2016 (pour moins cher).
      Autre exemple, les 80 euro de zombicide qui sont tout de même parvenus à m’éviter d’acheter le jeu. J’ai eu l’occasion de l’essayer depuis et pffffiiiiooooouuuuu heureusement que je ne l’ai pas acheté… Je me suis amusé sans non plus avoir le sentiment de vivre un jeu exceptionnel. Et quand on voit le matos, on se demande pourquoi le jeu est aussi cher.

      C’était mon petit coup de gueule concernant les prix affolants pratiqués bien que le jeu semble sympa.

      Ced

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      1. MERCI Ced pour votre riche et très pertinent commentaire.

        Oui, 70-80 euros peuvent faire mal. Surtout quand on considère que le salaire moyen mensuel est de 2’202 euros net. À cela il faut encore retrancher en tout cas un bon tiers pour le loyer (sauf si vous habitez à Paris, là c’est certainement plus…). Moins la nourriture. Moins les diverses et coûteuses assurances. Moins le gaz, électricité, etc, etc, etc. Sans parler des sorties, voyages.

        Alors au final oui, oui Ced vous avez raison. Avec ce qui reste dans l’escarcelle à la fin du mois avec un salaire moyen, 70-80 euros représentent un gros investissement. Surtout pour un jeu parfois moyen (example Zombicide, qui est de la daube, je vous rejoins).

        La solution ultime, sans envisager l’endettement? Fréquenter les clubs, les asso, les bar à jeux, parfois gratuits, parfois payants mais jamais chers. Cela vous permettra de découvrir des jeux et de savoir s’ils valent la peine d’être ensuite achetés.

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        1. Bonjour à tous les deux,

          Je ne suis pas vraiment d’accord avec votre commentaire relatif au prix exorbitant du jeu. Effectivement, 80€ peut paraître un prix élevé mais en comparaison, une sortie ciné en famille coûte pour 5 personnes environ 60€ d’entrée plus le prix du pop corn …. et le film n’est pas toujours bon. Après une sortie ciné, il ne vous reste que les emballages de pop corn si le film était moyen ….. Alors qu’après avoir joué à un jeu qui ne vous plait pas, vous pouvez toujours le revendre pour au minimum la moitié de son prix d’achat. Donc en ce qui le concerne, il n’y a pas photo entre un jeu et une sortie ciné !

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          1. Merci Fred pour votre réaction. Oui. Vous avez amplement raison. Et entièrement tort. Ou vice versa 😜

            Oui, par rapport à une soirée ciné ou théâtre à 4 pendant laquelle le « produit » culturel n’est « consommé » qu’une seule fois, au contraire d’ un jeu de plateau, il n’y a pas photo, avantage au jeu de plateau.

            Mais mettre 80 euros sur un jeu moyen (pas le cas de Scythe hein), ça fait mal aux bourses et à la bourse.

            Exemple pour moi: Zombicide. Cher. Et minable. Mais surtout cher. Et aussi minable. Acheter un jeu moyen de Cathala à 10-20 euros auquel je ne jouerai que 2-3 fois parce que peu passionnant et vite oublié me fera toujours moins mal que de dépenser 80 euros pour un « gros » jeu bourré de fig. Même si je risque de finir par claquer pour 80 euros en jeux parfois très moyens de Cathala (pas toujours le cas bien sûr, mais vu la quantité qu’il sort chaque année, la quantité dépasse trop souvent la qualité).

            Après, tout est évidemment question de point de vue personnel. Et de valeur. Et de passion.

            Mais je doute que l’on puisse comparer les deux expériences, ciné et jeu de plateau. Si le film s’avérera NAC (ex. le calamiteux Suicide Squad de 2016), qu’on aura quand même dépensé 80 euros à 4, au final on sera sorti, on aura vécu une expérience. Jouer à un jeu de plateau décevant ou minable ne me procurera pas le même résultat dans la balance.

            On peut continuer d’en débattre Fred, mais c’est surtout une question de point de vue. Personne ne peut avoir raison.

            Prenez l’exemple de Time Stories. Les formats Legacy. Ou le bientôt Unlock. Quoi? Payer 30-50 euros pour un jeu à usage unique? Mais WTF? Certains décrieront le procédé, d’autres crieront au génie. Qui a raison? Personne. Tout le monde.

            Ceux qui sont prêts à investir le feront, et vice versa.

            Et encore bonne année Fred 🎉

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            1. Re,

              Effectivement personne ne peut avoir totalement tort ou totalement raison dans ce débat mais comme j’ai coutume de le dire, un mauvais jeu pour les uns est certainement un bon jeu pour les autres et donc la boîte peut être revendue sur le marché de l’occasion, chose impossible avec un ticket de cinéma 😉

              Pour ce qui est de Zombicide, je ne vous rejoins pas une nouvelle fois. En effet, si le jeu peut sembler fade à un pousseur de cube en bois que je suis, et que vous êtes très certainement, autant il est apprécié par mon fils de 8 ans qui en a déjà fait une trentaine de partie avec son cousin (ils y ont joué pas moins de 4 jours cette semaine). Donc effectivement c e n’est pas le meilleur jeu du monde mais quand j’y joue et que je vois les yeux de mon fils briller, je me dit que 80€ pour autant de bons moments et de bons souvenirs pour lui, je suis prêt à les investir 1000 fois.

              Car au final, que restera-t-il dans nos mémoires après quelques années? Le souvenir d’une mécanique parfaite ou le souvenir d’un agréable moment passé avec des amis autour d’un jeu d’ont on aura sans doute oublié le nom?

              Pour anecdote, un de mes amis pousseur de cube adore le jeu ‘Talisman » que pour ma part je n’apprécie pas du tout et auquel je ne trouve aucun intérêt. Sans doute est-ce sa madeleine de Proust, ce jeu lui rappelant des bons moments passé avec ses amis d’enfance.

              Enfin bon ce n’est que mon avis et je le partage (avec moi 😉 )

              Excellente année à toi également et bonne continuation dans tout ce que tu fais pour le monde ludique

              Ludiquement,

              Fred

              PS : je viens de faire une partie de Scythe cet après midi et je n’en ressort pas avec un engouement aussi grand que le vôtre :-/ J’en referai malgré tout une autre partie pour affiner mon ressenti ….

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  1. Je partage l’avis sur le jeu qui me passionne.
    Juste surpris du « excellent! » accordé à la trad française de Morning : cette trad existe depuis le KS et est disponible sur les réseaux sociaux, et donc avant même l’annonce que Morning distribuerai en France. A part de la mise en page je ne sais pas quelle est leur réelle part d’action dans ce travail ?

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    1. Alors oui, après confirmation officielle Sylvain, nous avons enquêté, il s’agit bien de Morning qu’il s’agit.

      Ha, quelle histoire!

      Voilà pourquoi ils ont perdu Scythe… Pas cool. Pour eux. D’avoir perdu un tel titre qui cartonne…

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  2. Merci pour la confirmation officielle. Et dommage pour le démenti, ils ont été plus transparents y’a 3 mois avec le même genre de mésaventure qui leur est arrivée sur Hope avec Panda (cf. https://www.kickstarter.com/projects/morningplayers/hope-the-board-game-0/posts/1673863). Ca peut arriver, faut juste assumer.

    Comme tu dis, dommage pour eux, car Scythe est une pépite, et probablement pas la dernière de Stonemaier. Mais on peut que leur souhaiter de cartonner en tant qu’éditeurs, ils font aussi de chouettes choses, et ambitieuses.

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  3. La version solo de Scythe, quoi que tirée par les cheveux, reste selon moi une excellente façon d’entrer dans le jeu avant de le tester grandeur nature avec de « vrais » adversaires. J’ai ainsi pu être cette personne qui, plongé régulièrement dans les règles, connaissait les règles (quasiment) sur le bout des doigts.
    Après, je reste d’avis qu’un jeu de société…ben ça se joue en société ! Avec des vrais gens, sur qui on peut râler, comme on peut rire.
    Scythe, la pépite ludique des ces dernières années !

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  4. Tout d’accord avec tout le monde. Scythe est vraiment l’un des jeux majeurs de cette année. Par contre j’appréhende un peu de jouer avec les Saxons sur le plateau (pas encore fait), car j’ai peur que ça ne transforme l’ensemble en un pur jeu d’affrontement dans la mesure où, comme tu le soulignais, ils ne sont pas sensibles à l’une des plus belles trouvailles de Scythe (aka « les boucliers humains » ^^). Qu’en penses-tu?

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    1. Hahahahahaha

      Justement notre partie d’hier.

      Scythe Saxons

      J’ai joué les Saxons. Oui je suis méchant. Parce que.

      Mais non, comme présenté dans l’article Nicolas, la guerre est coûteuse. En force militaire, en cartes, et surtout en risques. Non, Scythe n’est pas un wargame. Vous aurez peut-être les Saxons qui se la joueront brutes de cour de récré (je dis ça pour moi avec notre partie d’hier soir), mais les autres factions pourront s’adapter et faire autre chose. Se renforcer pour intimider, ou juste élaborer d’autres stratégies moins belliqueuses et plus industrielles, économiques.

      D’autant qu’il y a un élément crucial qui n’a pas du tout été cité dans la critique, les affrontements ne sont pas du tout dommageables pour le vaincu. Ses unités reviennent juste à leur base. C’est tout. Comme Black Fleet ou (le très moyen) Adrénaline. A part des tours dédiés au déplacement, on n’aura rien perdu. Il ne faudra pas perdre des tours pour reconstruire ses unités (pas comme dans Civilization ou le très récent, et très bon Mare Nostrum. Et bien d’autres jeux).

      Donc non, Nicolas, cela ne tournera pas à la foire d’empoigne. A moins bien sûr que les joueurs trouvent ça très drôle de se chercher des poux (foire d’empoigne, se chercher des poux. Tellement d’expressions chatoyantes…). Mais ça ne va pas durer très longtemps sur le plateau.

      La preuve, j’ai perdu hier. Contre les Vikings qui ne faisaient du mal à personne, qui se développaient gentiment dans leur coin. Et qui possédaient un pactole de ouf en fin de partie. Et aussi parce que c’est Coco ma femme qui les jouait. Et qu’elle nous met toujours la pâtée tout le temps de toute façon soyons clairs 😉

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  5. Arf ma femme aussi me met la pâtée bien régulièrement. Comme quoi elles dominent clairement le monde. Merci pour cette petite analyse sur les Saxons. Je les incorporerai à la partie de ce week-end.

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  6. bonjour,
    Quand vous dites « Oui, il y a une règle pour y jouer en solo, mais soyons lucides, c’est un joke. » cela voulait dire quoi précisément ?
    Car il a été élu au Golden geek dans plusieurs catégories dont dans le meilleur jeu solo.
    Cela veut comme même dire que cette configuration n’est pas anecdotique
    L’avez vous testé ?
    Cordialement,
    Adrien

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    1. C’est un joke Adrien, car Scythe est un jeu de conquête. De contrôle de territoires. De développement. Y jouer en solo paraît vraiment abscons.

      Ca serait comme de jouer au squash tout seul. Peut-être un bon entraînement, mais sans aucun enjeu. Ou faire de la plongée en piscine plutôt qu’en eaux vives. C’est OK, mais aucun intérêt ni fun.

      La version solo fonctionne très bien, je ne dis pas le contraire, mais elle n’a juste aucun intérêt. Ou alors porté en version numérique ou jeu vidéo, comme une campagne solo STR. Alors là, oui.

      Mais craquer 80 euros pour un gros jeu de plateau de conquête rien que pour y jouer seul, ça serait dommage.

      Ai-je répond à votre question Adrien?

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