Critique de jeu: Santa Maria. Feld et Froid

Temps de lecture: 4 minutes

Gestion de ressources, utilisation de dés. Un jeu à la grammaire très « feldienne ». Hélas, rien ici ne dépasse le stade du sympathique potentiel

  • Date de sortie : octobre 2017
  • Auteur : Kristian Amundsen Østby, Eilif Svensson
  • Illustrateur : Gjermund Bohne
  • Editeur : Aporta Games (un éditeur norvégien)
  • Nombre de joueurs : 1 à 4 (optimum 4)
  • Age conseillé : dès 12 ans
  • Durée : 90-120′
  • Mécaniques principales : dés, ressources, tuiles

Santa Maria, de quoi ça parle?

De la découverte du continent sud-américain par les Espagnols au début du 17e siècle pour y établir une colonie

Et qui dit découverte, dit forcément: exploration, pillage exploitation des ressources, violence contre rencontres pacifiques avec les indigènes et imposition partage de la foi

Santa Maria est avant tout un jeu de gestion de ressources. Si le thème est bien présent, c’est surtout un véhicule pour se faire chauffer les neurones

Un jeu à l’allemande, plutôt. Un thème présent et certes historique, mais ni très immersif, ni très narratif

Et comment on joue?

Le jeu se compose de trois manches. Une manche s’achève quand tous les joueurs et joueuses passent

A son tour, on peut:

Etendre sa colonie, en achetant une tuile terrain pour la poser sur son plateau perso

Activer un des emplacements présents sur son plateau perso, sur une tuile achetée ou déjà imprimé, en payant un coût. Le premier bâtiment de la manche coûte une pièce, puis une de plus à chaque fois

Activer une ligne ou une colonne en utilisant un dé avec la valeur correspondante. Son plateau perso est en effet découpé en six lignes et colonnes, avec à chaque fois une valeur de dé spécifique

Se retirer de la manche en cour. Passer

Les bâtiments présents sur les lignes et colonnes permettent d’obtenir des ressources et d’avancer sur deux pistes: les conquistadors (le plus avancé reçoit des PB en fin de manche) ou la religion (possibilité de placer des moines et d’obtenir de nouveaux dés)

Un jeu aux règles fluides et limpides, avec une ribambelle de picto plus ou moins claires. Il faudra quand même passer quelques minutes au début pour bien comprendre ceux présents sur les tuiles spéciales, tuiles qui changent à chaque partie

Mais sinon, tout est clair et logique. Et tendu, surtout. Vous aimez la frustration? Dans Santa Maria, tout est à flux tendu: les dés, les ressources, les sous… Santa Maria, c’est vraiment « pour jouer heureux, jouons frustré »

Et on comment on gagne?

Dans Santa Maria, il est question non pas de PV mais de PB. De points de bonheur

Oui, comme au Bhutan

Le but étant de réaliser la plus heureuse des colonies

Pendant la partie, on peut grapiller quelques PB par-ci par-là, et également beaucoup lors du décompte final:

Un PB par colon par ligne et colonne complétées

Des PB selon les tuiles bonus / objectifs finaux

3 PB par set de bateaux

Les PB présents sur ses tuiles « bateau »

Des PB pour ses sous et ressources restants

Bref, pas mal d’ouvertures stratégiques différentes

On peut jouer sa toute première au petit bonheur la chance en ne s’intéressant pas au décompte final, juste pour essayer, pour découvrir le jeu, mais le mieux est encore de commencer les explications en présentant les différent décomptes finaux. Surtout le coup des bateaux et des lignes/colonnes complétées pour mieux en saisir les enjeux et orienter sa partie

Non, pas toujours facile d’expliquer un jeu. Voici quelques astuces pour mieux y arriver

Hasard?

Alors oui, comme il y a des dés, il y a du hasard. Mais un hasard extrêmement lissé. On n’est jamais bloqué

Les dés sont jetés en tout début de manche et ils ne changent plus. On peut par conséquent préparer son tour, on n’est pas sujet à un mauvais tirage ou à une mauvaise surprise de dernière minute

On peut également payer une pièce pour augmenter ou diminuer la valeur de ses dés, à raison de 1=1

Donc oui, des dés, mais pas un hasard rédhibitoire

Un pur jeu « feldien »

Interaction?

Très très froide. En apparence. On aurait tôt fait de dire, de croire que l’interaction est glaciale, inexistante

Mais en réalité, quelques petits éléments par-ci par-là placent une interaction directe. Même si on ne peut pas s’en prendre directement aux autres pour aller brûler leur colonie

La majorité/course sur la piste des conquistadors, les joueurs les plus avancés remporteront plus de PB

Les dés communs et les tuiles bateaux qu’on peut pécho avant les autres

Les emplacements « moines ». Le ou la première joueuse à s’y installer ne paie rien. Les autres devront ensuite payer deux sous aux joueurs déjà présents Monopoly-style. Ca peut rapidement devenir très/trop dispendieux

Et à combien y jouer?

Alors certes, on peut y jouer en solo avec quelques aménagements, juste en casse-tête solitaire

Mais c’est vraiment à 4 que Santa Maria prend toute sa saveur et intérêt pour l’interaction renforcée

Et comme un tour est extrêmement rapide, un peu à la Rajas du Ganges, à quatre il n’y a pas de temps d’attente / downtime

Alors, Santa Maria, c’est bien?

Oui

Tension, gestion

Mais un jeu froid et pas très vif

Encore un énième jeu de gestion de ressources à base de dés. Rien d’exaltant

Un bon jeu, mais pas incroyable non plus. Plutôt banal dans sa facture. Hélas, rien ici ne dépasse le stade du sympathique potentiel

Score final

Anticipation: 4/5. Les retours du jeu après Essen étaient bons. Donc une anticipation plutôt élevée

Pendant la partie: 4/5. Tension, gestion, planification, le tout servi par des règles claires et fluides. Pas mal, sans être incroyable non plus

Après la partie: 3/5. Un bon jeu. Mais pas une envie incroyable d’y rejouer. Déjà vu partout ailleurs. De combien de jeux de gestion de ressources avons-nous encore besoin dans notre ludo?

Score final: 4/5. Un bon jeu certes, mais qui ne réinvente rien. Le coup des lignes/colonnes à activer a déjà été vu et revu ailleurs (Cuba, par exemple)

Et l’esthétique du jeu est, comment dire, moche. On dirait presque un proto. Alors OK « beauty is in the eye of the beholder », mais hormis la couv, plutôt réussie, toutes les autres illustrations sont plutôt plates

Et encore une chose

Pour l’instant, le jeu n’existe pas encore en VF. Mais ça ne saurait tarder? Il n’y a que les règles qui sont en anglais et en allemand, le jeu ne contient aucun texte

Vous pouvez trouver Santa Maria chez Philibert

1 Comment

  1. Quand je regarde une vidéo comme Rhado , j’ai souvent envie d’acheter le jeu,
     »great game or better game of 2017 » , j’en passe et des meilleurs ,
    puis ensuite, je regarde une critique de GUS AND CO ,et là cela me donne un meilleur apperçu du jeu et j’ai plus envie de l’acheter, cela a été le cas de SANTA MARIA,

    merci à GUS,

    grâce à toi, mon portefeuille reste fournit et la ludothèque dans des limites acceptables,

    bonne année 2018

    christ

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