Les soldes. Un piège à cons?

Les soldes sont pour tout bientôt, dans six jours. Du mercredi 11 janvier à 8h au mardi 21 février inclus. Décret ministériel français. C’est du sérieux. Alors qu’en Suisse, il n’existe pas de date de soldes fixée par le législateur. Les soldes d’hiver suisses commencent généralement un peu plus tôt qu’en France, juste parce que.

Alors oui, en dehors des périodes légales et selon la loi, les boutiques peuvent « proposer tout au long de l’année des opérations promotionnelles avec une réduction de prix, qualifiées de promotions de déstockage ou de ventes privées, sur les marchandises pour lesquelles ils ne reconstituent pas de stocks, dès lors que le terme soldes n’est pas utilisé et qu’ils ne pratiquent pas de vente à perte. Ces ventes s’adressent à une clientèle par définition restreinte (par exemple clientèle titulaire d’une carte de fidélité) et les promotions qui y sont pratiquées n’ont pas vocation à s’appliquer à l’intégralité de la clientèle. Le fait de proposer juste avant les soldes une prétendue vente privée qui s’adresse en réalité à une très large clientèle est de nature à constituer une pratique déloyale. » Donc tout est extrêmement réglementé. En France. Parce qu’en Suisse, c’est la fête à la saucisse (végétarienne). C’est « fais comme tu veux ».

Vous est-il déjà arrivé de craquer pour un jeu ou des habits, juste parce qu’ils étaient soldés? Avez-vous trouvé que vous aviez fait une bonne affaire?

Sauf que.

Les soldes, prix cassés, dégriffés, déstockage, actions spéciales 2 pour 1, ventes privées, réductions, prix bas et attractifs, etc, ne le sont jamais au profit de l’acheteur mais toujours pour celui du vendeur.

Comment où quoi quand?

Les promos, les soldes, les prix cassés reposent sur deux principes:

La boutique baisse les prix. L’objet est moins cher. Du coup on en achète plus.

La boutique offre plus. L’objet est au même prix et est accompagné d’un cadeau. On a l’impression qu’on fait une bonne affaire. Du coup on achète.

En réalité, les soldes permettent aux magasins de se défaire des invendus et de gagner ainsi de la place en stock. Tout bénéf pour le magasin, puisque:

Il réalise un (maigre) bénéfice sur la vente, même soldée.

Il récupère de la place au stock.

Win-win. Ou presque.

Les bas prix qu’exercent certains magasins, ponctuellement ou de manière plus permanente, sont uniquement là pour nous donner envie d’acheter plus. Nous connaissons tous le « syndrome de la bougie Ikea ».

Levez la main si vous n’avez jamais, jamais acheté 2-37 bougies en sortant du magasin de meubles jaune et bleu juste avant les caisses parce qu’elles n’étaient pas chères. Et que les bougies, c’est quand même super pratique en 2017.

Parce que le produit n’est pas cher, le client aura plus de probabilité de l’acheter. Voire même à en acheter plus puisque le prix n’est pas élevé. Ce qui augmente le chiffre d’affaires pour le vendeur.

Avec les soldes, l’acheteur aura l’impression de faire une bonne affaire. Mais au final, il aura acheté un produit qui ne lui sera pas forcément nécessaire. Après tout, s’il en avait eu besoin, il l’aurait acheté de toute façon.

Les promos / soldes fonctionnent toujours de la même manière. Elles nous poussent à acheter quelque chose que nous n’achèterions pas sans les soldes. Ou à en acheter plus.

Équilibre?

Si vous vous baladez souvent sur les sites de ventes privées qui proposent des prix réduits, vous aurez remarqué leurs méthodes habituelles. Proposer un produit à la vente, 20-30-50% moins cher. Mais moins cher que quoi? D’où provient le prix original indiqué? En magasin? Mais lequel, où, et surtout, quand?

D’autant que la plupart du temps, ces produits sont des fins de stock, des invendus, des invendables, parce que « trop vieux ». Le prix de base est souvent surgonflé, juste pour que la différence paraisse particulièrement intéressante pour l’acheteur. Quoi, 50% de réduction? Là ça vaut vraiment  la peine. Sauf que si la réduction est trop importante, passés les 70%, l’acheteur aura l’impression que le produit n’est pas de bonne qualité et qu’on cherche vraiment à s’en débarrasser. Tout est question d’équilibre.

Certains magasins en Suisse pratiquent d’ailleurs une remise constante. En annonçant une réduction automatique. Comment est-ce possible? Le prix de départ dépasse souvent celui de la concurrence. Ces 10-20% continuels donnent ainsi l’impression de faire une bonne affaire, que le magasin est vraiment moins cher que les autres.

My precious!

L’effet de rareté est souvent le moteur principal des soldes. Une technique (plus ou moins) subtile en marketing. Moins il y en a, plus on est tenté. Parce que le produit est rare. Les boutiques annoncent quand certains produits sont déjà épuisés, pour signifier que d’autres le seront bientôt aussi. Ce qui motive le client à se dépêcher avant de rater l’offre. Ce qui est rare est précieux. Enfin, c’est ce que l’on croit.

Des jeux des jeux des jeux.

Et les jeux de société dans tout ça?

Dans six jours à la date légale française, de nombreuses boutiques online proposeront soldes et actions. Mais tout au long de l’année, des promos et prix cassés sont également de mise: jeux d’occasion parce que très peu abîmés, offres spéciales ou prix réduits pour les préco afin de motiver les joueurs à commander tôt, et ainsi éviter tout accumulation au stock.

Beaucoup de joueurs attendent d’ailleurs les soldes pour mettre la main sur des « perles » ratées pendant l’année. Les soldes, une occasion à ne pas manquer, ou un événement futile? Il faut quand même admettre que les « meilleurs » jeux ne seront pas soldés. Ils se vendent déjà très bien tout seul de toute façon. Et que la marge est ainsi plus importante.

 

Et vous? Est-ce que vous achetez souvent des jeux en soldes? Vous vous réjouissez des soldes de janvier?

Le secret pour acheter plus de jeux en 2017? Évitez le 10-10-10

Après une semaine de dingue sur Gus&Co avec tous les Meilleurs Jeux de 2016, vous envisagez à présent d’hypothéquer votre rein gauche pour pouvoir tous vous les acheter. Mais à force d’avoir pledgé des jeux sur KS à coin 2016, vous avez fini l’année sans un rond…

Du coup, vous ne vous posez qu’une seule question: comment faire pour acheter des jeux en 2017?

D’ailleurs, vous êtes-vous déjà demandé ce qui nous poussait à acheter un jeu? Ce qui se passait dans notre tête pour nous inciter à dépenser 10, 20, 100 euros dans une boutique IRL, online, ou sur KS?

Le bouche-à-oreille bien sûr, les critiques glânées par-ci par-là, une vidéo punchy, la validation sociale (d’autres l’ont, c’est que le jeu doit forcément être bien).

Quand nous sommes face à la décision de procéder à un achat, d’emmener le jeu à la caisse ou de valider notre panier virtuel, nous sommes tous confrontés à des hésitations, des choix. Nos achats de jeux sont souvent liés à des émotions à très court terme: le désir (d’avoir), l’angoisse (de ne pas avoir), l’avidité, la jalousie.

Comment faire alors pour se débarrasser de ses propres hésitations pour acheter encore plus de jeux en 2017?

Grâce à Gus&Co, maintenant, c’est possible. Nous allons vous révéler une méthode démentielle et essentielle.

Surtout, évitez la règle des 10-10-10.

La nuit porte-jarretelles

Vous connaissez bien ce proverbe: la nuit porte conseil. En d’autres termes, ne pas se hâter pour ne pas être « esclave » de nos émotions. « A tête reposée », « garder la tête froide »… Toutes ces expressions qui confirment que pour prendre une décision il vaut mieux éviter la précipitation, souvent motivée par des émotions viscérales. Car ces émotions, furtives, puissantes, disruptives,  disparaissent souvent rapidement pour laisser place à une confusion, voire à des regrets.

D’où la règle des 10-10-10.

Qu’il ne faut donc pas suivre.

C’est la journaliste et empêcheuse-d’acheter-en-rond Suzy Welch qui a développé cette méthode en 2009. Pour améliorer notre prise de décision, elle propose cette règle des 10-10-10:

Comment je me sentirais dans 10 minutes?

Et dans 10 mois?

Et dans 10 ans?

Ces trois questions permettent de relativiser et de remettre en question toute décision.

Est-ce vraiment utile, nécessaire? Est-ce que je le fais juste parce que je suis motivé-e par mes émotions fugaces et momentanées? Ou parce que cela représente un réel apport dans ma vie?

Par exemple un exemple

Prenons l’exemple d’un jeu. Un jeu qui vous a tapé dans l’œil. Un jeu dont vous avez entendu parler sur Gus&Co.

Tiens, par exemple, Le Trône de Fer: la Main du Roi de Bruno Cathala. Un petit jeu de cartes tactique dans l’univers de George RR. C’est du Bruno Cathala. Donc vous vous dites que ça doit forcément être bien. En plus, le jeu n’est pas cher. Et qui plus est, ça se déroule dans GoT, ça tombe bien, vous adorez la série. Vous avez aperçu 2-3 photos envahir les réseaux sociaux, Twitter, FB ou Instagram. D’autres y jouaient. C’est que ça doit forcément être bien. Vous allez craquer. Vous avez envie de craquer.

Alors, faites-le. Maintenant. Vite.

Courez dans votre boutique préférée, IRL ou online, et achetez-le. Surtout, n’hésitez pas. La règle de cette pimbêche de Suzy Welch nous dit qu’il faudrait se demander comment on se sentirait 10 minutes après son achat. 10 mois plus tard. Puis enfin 10 ans après.

Si vous suiviez cette méthode, en ressortant de la boutique vous pourriez vous demander 10 minutes après si  et achat était vraiment nécessaire. Après tout, c’est un petit jeu de cartes, sympa, mais sans grande richesse ni profondeur. Un jeu qui ne casse pas trois pattes à un Stark. 10 mois plus tard, est-ce que vous y joueriez encore? Est-ce que le jeu présenterait suffisamment d’intérêt pour qu’il tourne encore? Ou serait-il immobilisé sur l’une de vos étagères à déguster de la poussière? Et dans 10 ans? Est-ce que le Trône de Fer: la Main du Roi s’avérerait comme l’un des trois meilleurs jeux de votre ludothèque, au point d’y jouer encore et toujours?

Même si au final le jeu n’est pas cher, c’est toujours une somme que vous pourriez investir ailleurs: un jeu plus conséquent, ou enfin de nouveaux sous-vêtements pas troués, ou encore un resto vegan en tête avec un autre être humain.

En appliquant cette méthode de projection future, vous risquez de remettre en question toutes vos envies d’achat et de financement participatif (tous ces SG vous semblent pourtant une bonne affaire, ça serait vraiment dommage de rater l’occasion…).

Non, surtout, évitez la règle des 10-10-10 de cette gauchiste de Suzy Welch qui ne pense qu’à saper l’économie mondiale.

Si tout le monde la suivait, on arrêterait de sauter sur n’importe quel jeu, n’importe quelle sortie jusque parce que c’est une nouveauté. On achèterait moins de jeux. Juste ceux qu’on estime vraiment passionnants, ultimes, cruciaux. Auxquels on aura toutes les chances de jouer encore dans 10 ans.

Références à ne surtout pas lire

Voici deux livres que nous vous déconseillons très fortement. Si vous les lisez vous serez foutus. Vous saurez peut-être ensuite comment prendre de meilleures décisions. Et éviter des achats de jeu que vous pourriez regretter plus tard.

Decisive: How to Make Better Choices in Life and Work, de Chip Heath et Dan Heath. 2013.

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10-10-10: A Fast and Powerful Way to Get Unstuck in Love, at Work, and with Your Family, de cette greluche de Suzy Welch. Sorti en 2010.

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 Sinon, vous pouvez toujours parler à votre banquier pour qu’il vous donne quelques conseils ultimes pour dépenser plus en 2017. Une vraie mine d’or (c’est le cas de le dire) d’information.

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Quels sont les jeux que vous avez achetés il y a dix mois auxquels vous jouez encore? Il y a dix ans? Quel jeu avez-vous regretté d’avoir acheté?

C’est bientôt Noël. Tous les bons plans pour acheter vos jeux de société

Dans quelques jours ça sera Noël, la dinde (vegan) aux marrons, le sapin (écolo et recyclé), la famille (avec ou sans belle-mère), les cadeaux, tout ça. Et comme idée de cadeau, rien de tel qu’une bétonneuse un bon vieux jeu de société.

Du coup, comment faire, où aller pour acheter des jeux de société? Voici quelques bons plans.

IRL

IRL, si vous êtes nés avant 1995, ça veut dire In Real Life, ou autrement dit, dans la vraie vie qui est réelle dans la réalité. Ailleurs que sur internet, donc.

Soyons honnêtes, la très très très grande majorité des jeux de société qui sortent chaque année, près de 3’000, ne peuvent pas être trouvés sur les étagères des centres commerciaux (FNAC) ou grandes enseignes de jeu (la Grande Récré, etc.). Seuls les titres primés (As d’Or, Spiel des Jahres) auront toutes les chances d’y être, pour le reste, il va falloir battre du pavé et se rendre dans ces repaires de joueurs infâmes, les boutiques spé (ou boutiques spécialisées, mais ça fait plus hype).

A moins d’habiter dans un hameau de moins de 25 personnes au fin fond d’une vallée de l’Ardèche, la plupart des villes francophones d’une certaine taille, disons dès 100’000 habitants, à la louche, ont une boutique de jeux, voire même parfois plusieurs pour les plus grandes villes, Paris, Lyon, Bruxelles, Genève.

Avantages

Acheter ses jeux dans les boutiques spé présente quatre avantages: 1. on fait tourner l’économie locale, c’est bon pour le moral (oui, la Compagnie Créole), 2. on bénéficie des conseils des vendeurs, même que parfois ces vendeurs sont 2.0, 3. on peut toucher, voir, humer le jeu. Donc se rendre un peu plus compte s’il va plaire ou pas. 4. on a le jeu tout de suite, pas besoin d’attendre.

Désavantages

Les boutiques, surtout en Suisse, mais c’est gentiment en train de changer, n’ont pas toutes les nouveautés, la distribution n’est pas toujours au top.

Les prix peuvent souvent être plus élevés que sur le net, mais c’est normal, il faut bien payer la surface et les vendeurs.

Habitant à Genève, ou à côté, il y a le choix. Pas moins de 4 boutiques spé en ville, sans compter celles en France voisine (Annecy, Ferney-Voltaire…)

Et vous, quelles sont vos boutiques spé préférées?

ONLINE

Aujourd’hui, 7-8% des achats se font en ligne. 2,8% sur smartphone, 5,1% sur tablette et 6,3% sur ordinateur. Des chiffres en augmentation car nos habitudes d’achat sont en train de changer.

Le net regorge de boutiques spé. Philibert, Ludibay. Pratique, parce qu’ils proposent parfois la détaxe pour la Suisse 2. parce qu’ils ont un ENORME choix 3. parce qu’ils ont des prix concurrentiels. Après, il n’y a pas que Philibert, il y en a des tonnes d’autres très pro, dont Helvétia Games Shop en Suisse, un gros choix, un super service.

Sinon, même Amazon en fait. Mais c’est moins sympa.

Avantages

Énormément de choix, prix accessibles, beaucoup de soldes.

Désavantages

Pas de conseil « humain », prix du port à rajouter et devoir attendre que la poste vous livre le colis, avec les problèmes que cela peut engendrer (blocage et frais douaniers…), surtout en période de fêtes.

OCCAZ

Plusieurs sites vous propose d’acheter des jeux « second-hand » soit directement auprès des joueurs, soit parce que la boutique d’occasion en vend elle-même.

Les deux les plus connus : Okkazeo, qui permet aux joueurs de mettre leurs jeux à la vente, ou sinon bien sûr ebay.

Sinon plus pro, les boutiques online en proposent aussi, comme Ludikbazar par exemple qui offre un énorme choix.

Enfin, troisième possibilité, les brocantes, vides-greniers et autres marchés aux puces. De quoi dégoter des pépites ludiques vintage retentissantes.

Avantages

Avoir des jeux moins chers bien sûr. Et être écolo puisqu’on « recycle » au lieu de jeter ou entreposer.

Désavantages

Des jeux d’occasion. Donc pas neufs. Pour un cadeau de Noël, ça se discute. A moins de trouver une pièce de collec.

ORIGINAL

Il y a quelques temps nous vous avions proposé deux articles:

Des abonnements de jeux: Un abonnement pour recevoir des jeux chaque mois. Une idée à creuser

Des jeux en location: Lud-o-Share. Un projet d’économie collaborative pour les jeux de plateau

Et en 2016, ces initiatives existent pour de vrai:

Coludik. C’est l’économie collaborative qui fait son entrée dans le monde des jeux. Co-achetez et partagez des jeux avec les joueurs de votre quartier ou de votre ville pour économiser et réutiliser.

Le Coffre à Jouer. Qui vous propose des boîtes remplies de jeux. Surpraïz! (et aussi des trucs à grignoter dedans).

Pelopia. Un abonnement pour recevoir des jeux, et vous ne gardez que ceux qui vous plaisent.

Avantages

Découvrir des jeux. Régulièrement. Une idée de cadeau original, offrir un abonnement à un ami ou à votre partenaire de vie (comme ça vous en profiterez aussi. Un peu comme avec les sous-vêtements en dentelle, finalement).

Désavantages

Vous ne choisissez pas les jeux. Et le renvoi pour les jeux non-désirés peut s’avérer pénible.

EDITEURS

De nombreux éditeurs vendent leurs jeux directement online. C’est le cas par exemple de Iello, qui fait aussi de la distrib, ou d’autres.

En fait c’est vite vu, même si le site de l’éditeur ne propose pas de vente en ligne, je suis persuadé que si vous lui envoyez un petit mot il vous répondra pour soit vous vendre directement une boîte soit vous dire comment faire pour vous en procurer une.

C’est surtout pratique pour les petits éditeurs indie et étrangers pas forcément toujours super bien distribués de par chez-nous. (ex Roumanie, Grèce, Japon…)

Avantages

Avoir un contact direct avec l’éditeur.

Désavantages

Étrangement, les jeux sont très rarement moins chers qu’en boutique. Enfin, quand je dis étrangement… C’est surtout pour ne pas faire concurrence aux boutiques en fait.

AMIS

Rien de tel que de parler à l’un de vos amis pour 1. connaître ses coups-de-cœur, et du coup avoir un réel conseil, pratique 2. lui racheter les jeux dont il se débarrasse. Car un joueur a, quoiqu’il vous dise, beaucoup trop de jeux. Demandez-lui combien de jeux il possède, puis demandez-lui ensuite combien de fois il y a joué. Beaucoup trop de jeux.

N’empêche, il n’est pas impossible que votre ami soit tout content de récupérer un peu de place sur ses étagères en vous vendant / offrant quelques miettes de sa collection.

Avantages

Des jeux vraiment pas chers, voire moins chers que gratuits. Et également un conseil de connaisseur.

Désavantages

Des jeux d’occasion, donc pour offrir à Noël, ça se discute. Et bien souvent, votre ami cherchera à vous fourguer les jeux qu’il n’apprécie pas tellement pour garder ses préférés. Pas folle la guêpe (excellente expression!).

Et vous, où allez-vous acheter vos jeux pour Noël? Quels sont vos bons plans?

Mais au fond, est-ce que nos habitudes d’achat de jeux ont changé? Plus online? Plus en boutique?

Dans quelques jours, c’est Noël. Pour les magasins, c’est la période avec le plus gros chiffre d’affaires de l’année. Comment achetons-nous la majorité de nos cadeaux? Nos jeux? Nous rendons-nous encore dans les boutiques? Ou est-ce que nous ne procédons qu’à des achats en ligne? Sur notre ordinateur ou via notre smartphone?

Et est-ce que cela vous est déjà arrivé de sortir votre smartphone dans un magasin pour comparer les prix entre des produits IRL et online? Une pratique de plus en plus habituelle. Et décriée par les vendeurs.

Le futur c’est has-been

Nos habitudes de consommation ont changé. Depuis Internet et les années 90, plus besoin de se déplacer IRL dans les boutiques « en dur » pour acheter des jeux. Et avec l’avènement des smartphones en 2007, ces changements se sont renforcés.

Ouverts 24h sur 24h, 7 jours sur 7, les boutiques online proposent désormais un catalogue bien fourni. Pas d’heures d’ouverture, pas de queue, pas d’intempéries. Aujourd’hui, tous les jeux sont à portée de quelques clics effleurements sur son portable ou tablette.

L’acte d’achat n’a jamais été aussi simple, fluide et rapide. Et peu coûteux. Les boutiques online proposent souvent (mais pas toujours) des prix concurrentiels.

D’autant que le parcours d’achat devient de plus en plus rapide. Le taux de conversion, i.e. le rapport entre flânerie sur le site et achat définitif est en progression. Même s’il faut relever que ce taux de conversion augmente avec la taille de l’écran. Selon les derniers chiffres de 2016 pour le weekend de Thanksgiving aux US, il était de 2,8% sur smartphone, 5,1% sur tablette et 6,3% sur ordinateur. Mais on peut s’attendre à ce que ce taux de conversion connaisse une progression avec les années.

Online, IRL. Est-ce finalement une question de génération? Est-ce que seuls les Millennials, =les gens nés entre 1982 et 2004, consomment online, habitués qu’ils sont des nouvelles technologies? Selon des études, 8 sur 10 Millennials achètent online. Mais cela ne veut pas dire que les autres générations, les Boomers, =les gens nés entre 1951 et 1981, ou les Seniors, =les gens nés avant 1950, ne le font pas. La doxa IRL est en pleine mutation et touche tous les âges, toute la société.

De beaucoup?

Quel est le pourcentage d’achat online? Aux US il était de 8% en 2015. En France, de 7%. 7-8% des achats sont effectués online. Pour tous types de produits. Cela paraît peu. Un chiffre toutefois en nette progression car d’une part les acheteurs prennent confiance et gagnent en aisance avec le processus d’achat numérique, et d’autre part parce que les boutiques en ligne font tout pour améliorer leurs services:

Achats accélérés. Comme le fameux one-click buy

Renvois facilités. Satisfait ou remboursé. Port de renvoi remboursé

Catalogue exhaustif. Parfois plus important que celui IRL, puisqu’il n’y pas besoin de surface commerciale au sol à payer mais juste un entrepôt

Prix concurrentiels. Puisque masse salariale moins importante, surface commerciale moins chère

Port offert et envoi extrêmement rapide. Dans les 2 (!) à 24h, parfois dans la soirée-même. Sans parler des livraisons par drone ou voiture autonome… De la science-fiction? On en reparle dans cinq ans

Exploitation de cookies. Ces miettes digitales qu’on laisse traîner à chaque visite. Cookies qui épient nos achats et nous proposent des titres similaires achetés par d’autres clients. Ce qui nous aide, nous conseille et nous motive à trouver/acheter d’autres articles

Points, programme de fidélité, puis réductions dans la boutique

Multiple plateformes disponibles: les éditeurs vendent souvent eux-mêmes directement (en s’affranchissant des distributeurs et boutiques, tout bénéf), les enseignes connues et généralistes (Amazon…), les pures boutiques online, les hybrides et les sites de revente.

Est-ce que ce chiffre de 7-8% atteindra un jour les 50%? Qu’est-ce que cela signifiera alors pour les boutiques en dur? Pour la poste et la gestion des colis (vous vous imaginez le joyeux bordel)? Est-ce que les magasins vont disparaître, au profit des boutiques online?

Si la concurrence est rude, les magasins offrent un aspect unique, irremplaçable. L’expérience. L’acte d’achat n’est pas seulement celui d’acquérir un produit, un jeu. Il est souvent synonyme de contact humain. De sortir de chez soi. De partager un moment en famille ou entre amis car on se rend parfois ensemble dans un magasin. Une part non-négligeable de l’aspect social de l’expérience d’achat IRL.

Une expérience sensorielle aussi. Toucher une boîte. La voir. Parler à un vendeur, lui demander son avis, se faire conseiller. Surtout avec la quantité de jeux disponibles. Comment faire le « bon » choix (encore faudrait-il définir ce qu’est un bon choix…)? En ligne, cette expérience est plutôt plate, froide, inexistante. Un article intéressant à lire sur le sujet dans le Chicago Tribune.

Une anecdote peut-être pas aussi anecdotique, Amazon vient d’ailleurs juste d’annoncer sa volonté d’ouvrir début 2017 une boutique en dur, Amazon Go, sans caissier-ère, pour l’instant uniquement à Seattle. Verra-t-on un jour Amazon devenir une enseigne mondiale de « vrai » supermarché, en plus de régner sur les achats online (avec le chinois Alibaba)? En tout cas la démarche est couillue. Avec un bataillon d’innovations technologiques qui vont rendre l’expérience expérentielle fun. Numérique. Très Millennial.

Non, les boutiques en dur ne disparaîtront jamais. Même si la concurrence est devenue impitoyable. D’autant que de plus en plus de boutiques en dur proposent elles aussi de la vente online. Pour être complémentaires, toucher une plus grande clientèle et ne pas être à la traîne. Nous en avons interviewées deux. Leurs réponses sont extrêmement intéressantes. A découvrir plus bas.

Et qui des jeux de société? Y a-t-il des catégories de joueurs, d’acheteurs différents selon les différentes expériences, online et IRL? Est-ce qu’on verrait plutôt les Core online, chasseurs, sachant exactement quoi chercher, acheter, prêts à dépenser plus, et les Casu IRL, cueilleurs, flâneurs, plus farouches à la dépense?

A ces deux modalités d’achat il faut encore en rajouter une troisième, encore plus récente que l’online: le financement participatif. Qui brasse parfois plusieurs millions quand il s’agit de jeux de société (Scythe, Zombicide…). Les joueurs passionnés sont prêts à investir plusieurs dizaines, voire centaines d’euros pour pré-commander un jeu auquel personne n’a jamais joué. Parce que. Et dont l’attente se chiffre souvent en mois, parfois en années. Avec le temps, KS et consœurs se sont greffés à des modes d’achat déjà diffus et disruptés.

Interviews

Pour en savoir plus sur l’évolution de nos habitudes d’achat de jeux, nous avons interviewé deux boutiques online qui avaient également pignon sur rue. La LudikFamily (Ludikbazar & Ludibay) et les Suisses de Helvétia Games Shop.

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Bonjour Piotr, vous êtes le gérant de Ludikbazar & Ludibay, parmi les boutiques online et « en dur » les plus importantes sur le marché du jeu de société en France. Connaissez-vous les parts de marché pour vos deux boutiques (IRL + online) entre achats « en dur », online et mobile pour 2016 (ou 2015)?

La boutique et le site sont deux sociétés différentes sans aucun rapport, donc pour ludikbay (ludikbazar et ludibay) les ventes sont 100% online et pour la boutique Ludikbazar de Paris, 100% en dur 😉

Les ventes mobile sont de plus en plus importantes, mais ne représentent pas encore un pourcentage significatif du chiffre d’affaires.

Quelles différences avez-vous relevé entre achat IRL et online?

Ce n’est pas du tout la même typologie d’achat, le client IRL achète beaucoup de petits jeux, d’accessoires ou cherche la nouveauté le jour de sa sortie. Le client Internet, lui, est généralement plus spécialisé et achète une palette plus large de jeux pas toujours disponibles en magasin. Ce profil recherche plus le prix par rapport aux boutiques IRL. De même le panier en boutique physique est plus petit que sur les sites internet.

Quelles expériences et processus cherchez-vous à offrir aux clients online?

Nous essayons de fournir le maximum d’informations sur les jeux, en insérant notamment des vidéos des différents partenaires afin que les gens puissent faire leur choix de la manière la plus agréable possible. De même nous sommes spécialisés dans l’occasion et le déstockage et essayons de proposer un choix aussi large que possible de jeux et d’opérations spéciales, ventes privées et promotions exceptionnelles.

Pour vous, quels sont les avantages et désavantages que la boutique online présente?

Les désavantages sont la difficulté de dialoguer avec les clients et de leur apporter du conseil, l’outil virtuel ne le permet pas très bien d’où une certaine dépersonnalisation de l’acte d’achat. De même il y a une très forte concurrence sur internet qui rend l’activité parfois compliquée.

Les avantages eux sont très nombreux, possibilité d’offrir un choix très large de jeux sur le marché, gestion plus fluide et informatisée des stocks et opérations spéciales, possibilité de s’adresser à un public très large etc…

Depuis que vous avez ouvert votre boutique online, quels changements avez-vous constaté sur l’acte d’achat?

Ludikbazar a ouvert en 2004 et Ludibay en 2005. Les actes d’achat ont énormément varié sur les dix dernières années avec l’arrivée des achats par mobile, de la concurrence Amazon, les gens sont devenus beaucoup plus exigeants sur la qualité de service et les délais d’expédition tout en voulant toujours avoir les meilleurs prix. Le métier est devenu plus compliqué sur un marché ou de très gros sites ont commencé à proposer les produits que nous vendions habituellement (Amazon, Cdiscount, les différentes Marketplace etc…). Mais nous sommes toujours là et n’avons jamais arrêté de nous adapter aux évolutions du marché (rires). Tel que le financement participatif, qui bien que dangereux pour les boutiques, représente pour nous une importante activité de logistique en soutien à ces opérations.

Encore une petite question. Je suis un petit curieux. A quoi vous servent les cookies sur votre site?

Globalement, à vous identifier quand vous vous connectez afin que vous puissiez retrouver vos informations ou votre panier rapidement.

Merci pour vos réponses Piotr!

HG-genève

Bonjour Vincent.

Bonjour Gus !

Oui, les Suisses sont très polis. Vous êtes le gérant de Helvétia Games Shop, l’une des boutiques online et « en dur » les plus importantes sur le marché du jeu de société en Suisse Romande. Connaissez-vous les parts de marché pour vos deux boutiques (IRL + online) entre achats « en dur », online et mobile pour 2016 (ou 2015)?

Alors non, nous ne connaissons pas nos parts de marché. Nous assurons un service pour une large gamme de joueurs allant des familles aux geeks, et nous essayons de le faire bien. Ceci nous occupe pas mal, du coup nous n’avons pas vraiment cherché à sortir des chiffres et à comparer avec les autres.

Par contre on peut te dire que les achats IRL sont encore plus importants que les achats online. Mais ce marché est en pleine expansion en Suisse…

Quelles différences avez-vous relevées entre achat IRL et online?

En terme de SAV, le site demande un vrai travail. Ceux qui croient qu’il suffit de mettre les produits en ligne et d’attendre se trompent. On échange beaucoup avec les clients, on tâche de répondre à leurs questions et besoins. Ensuite, le conseil est moins important, les clients en ligne savent généralement ce qu’ils veulent.

Quelles expériences et processus cherchez-vous à offrir aux clients online?

Sur notre site, nous essayons d’être compétitif sur les prix, ceci sans taxes d’importation ou de mauvaises surprises avec la douane et avec un franco de port très bas. Nous tâchons aussi d’être efficaces sur la livraison, pour que les clients reçoivent leur paquet dans les jours qui suivent. Généralement 48h.
Enfin nous proposons une gamme plutôt large, allant des jeux pour enfants aux jeux de figurines en passant par les jeux de plateau, jeux de cartes à collectionner et évolutifs et jeux de rôles. Ainsi, chacun peut y trouver son bonheur.

Pour vous, quels sont les avantages et désavantages que la boutique online présente?

En fait, ce n’est pas du tout le même métier que de gérer une boutique physique : vous devez être très réactifs et souvent vous armer de créativité pour répondre aux demandes ; l’aspect logistique est aussi important: taille des cartons, acheminement chez le transporteur puis vers le client, etc. Je ne parlerais donc pas de « désavantages », mais bien de tâches et contraintes différentes. Par contre, le gros avantage c’est la visibilité que cela apporte et la possibilité de toucher une clientèle plus large. Nous avons même eu une commande venant de Norvège!

Depuis que vous avez ouvert votre boutique online, quels changements avez-vous constaté sur l’acte d’achat?

Nous avons concrètement repris la boutique online en 2015. Elle existait auparavant sous le nom de LuDoKaZ.ch, mais ce n’était pas nous qui gérions. Il n’y a pas vraiment de constatation évidente quant à l’acte d’achat. Nous offrons le service de commander et venir chercher en boutique qui est pas mal utilisé par les clients. Ce qui fait qu’on connait une bonne partie de nos clients quand même.

Encore une petite question. Je suis un petit curieux. A quoi vous servent les cookies sur votre site?

Les cookies sont utilisés pour proposer aux clients en annexe des jeux qui pourraient correspondre à ce qu’ils recherchent, pour leur faire gagner du temps. Rien de plus. D’ailleurs nous vidons régulièrement le cache pour gagner en vitesse.

Merci Vincent pour ces réponses!

Et vous, joueuses, joueurs. Où, comment achetez-vous vos jeux? Sur internet? Avec votre smartphone? Dans les vraies boutiques véritables? Est-ce qu’acheter online vous fait dépenser… plus?

 

Vous achetez trop de jeux? Voici les conseils de votre banquier pour en acheter ENCORE PLUS

Combien avez-vous déjà dépensé en jeux cette année? 100 euros? 500? 1’000?

Un ou plusieurs jeux qui vous font de l’œil? Un jeu sur KS qui vient d’être lancé, vous résistez encore et vous n’avez pas encore craqué?

Comment faire pour concilier budget et envies (et place sur les étagères)? Vous vous demandez encore comment vous allez faire pour tenir avec Essen en approche fracassante dans quelques jours?

Essen, justement, et ses plus de 1’300 nouveautés qui y seront présentées… Cette fin d’année 2016 risque bien de s’avérer… coûteuse. Et douloureuse pour son budget.

Alors comment faire. Ne plus acheter de jeux?

Non!

Juste. Impossible.

Voici quelques conseils pour en acheter encore plus! Les conseils d’un vrai banquier. Enfin, à peu près. Mais des conseils efficaces.

Surtout ne pas en parler à quelqu’un de neutre

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Quand un jeu nous intéresse, c’est qu’on l’a vu partout (enfin, on a l’impression de): sur TT, sur LX, sur G&C, sur Instagram, sur Youtube, sur FB, tatoué sur le dos de sa voisine de métro… Avec la multiplication récente des canaux médiatiques cela devient de plus en plus difficile de ne pas se tenir informé et de ne pas céder à la tentation.

Le pire que l’on puisse faire, c’est d’en parler à quelqu’un de neutre, qui a forcément la tête froide et les idées claires. « Quoi, encore un jeu de majorité? Mais t’en n’a pas assez déjà comme ça? ». « Quoi, un nouveau scénario pour Time Stories? Mais on n’a même pas fini le tout premier dans la boîte? ». « Quoi, tu veux racheter une réédition d’un jeu qu’on a déjà? »

Si un jeu vous intéresse, surtout n’en parlez pas autour de vous, en tout cas pas à votre partenaire/époux/épouse, qui de toute façon ne comprend rien à rien, soyons honnêtes. Vous savez mieux que tout le monde ce qu’il vous faut à vous-même pour vous.

Surtout évitez de considérer les autres possibilités

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Un jeu, c’est, en gros, 40 euros. Une bonne moyenne, entre les plus petits à 10-15 euros et les plus gros à 80-90 euros. Donc quand vous claquez 40 euros, ce sont 40 euros que vous n’utiliserez pas pour autre chose: resto, ciné, livres, voyages, strings (pour vous, pour l’autre, ou pour les deux. Je ne juge pas). Et 40 euros, plus 40 euros, plus 40 euros… Vous me voyez venir.

Quand un jeu vous intéresse, surtout ne pensez pas à ce que vous pourriez faire d’autre avec cet argent. Ça risquerait de vous démotiver grave.

Surtout ne lisez pas de critiques négatives

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Les critiques négatives, c’est le mal absolu, la plaie d’internet, pire que les trolls et les GIF de chats. Une critique risquerait de ruiner le désir que vous entretenez pour le jeu que vous désirez.

Comment ça, à moins de 4 joueurs le jeu n’est pas terrible? Comment ça, il y une martingale? Comment ça, le jeu est déséquilibré? Non, évitez de lire les critiques négatives, tout simplement. Vous serez alors certains de toujours le vouloir, ce jeu.

Surtout ne convertissez pas

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Une typique erreur de débutant extrêmement dommageable, c’est de convertir l’argent en temps de travail nécessaire.

Combien gagnez-vous par mois, par heure? Et combien coûte ce jeu que vous désirez âprement? Il représente X temps de travail?

Dès qu’on s’amuse à convertir ses dépenses en temps de travail, ça calme tout de suite. Parce qu’on prend alors conscience de la valeur de l’argent, du temps, du travail et de l’effort.

Surtout n’attendez pas trop longtemps

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Attendre vous donnerait trop de risque de changer d’avis. Vous lancer sur un coup de tête pour l’achat d’un jeu est le meilleur moyen pour en acheter plus. Plus vous attendez, et plus vous réalisez qu’au final, il n’est pas aussi bon/vital que vous l’espériez.

C’est d’ailleurs bien pour ça que la plupart des sites d’achat en ligne ont déjà inscrit votre adresse/pointure de chaussures/numéro de carte de crédit/nombre de tatouages de dragons sur vos biceps, pour que votre achat soit le plus rapide possible et ne vous laisse pas le temps de réfléchir et de… pire que tout… changer d’avis. Hop, merci l’achat One-Click, la vraie solution. Tout devrait d’ailleurs être comme ça dans la vie. Mariage? One-Click. Avoir des enfants? One-Click.

Et pire, entre temps, des critiques négatives pourraient avoir fleuri sur le net. Voir plus haut.

Surtout ne réfléchissez pas trop. Suivez votre instinct

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Un jeu vous tente, mais vous n’êtes pas sûr:

  • que vos joueurs habituels l’apprécient
  • que vous ayez vraiment le temps d’y jouer
  • que vous ayez encore de la place sur vos étagères
  • que vous ayez l’occasion de le sortir

Surtout ne réfléchissez pas trop. Lancez-vous. Achetez-le. Après tout, vous le voulez, non? C’est la seule, la vraie raison. Pour le reste, on verra plus tard.

Surtout ne faites pas autre chose. N’arrêtez pas d’y penser

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Si vous vous mettez à penser à autre chose, à faire autre chose, comme du… sport par exemple, vous risqueriez tout d’un coup d’avoir vraiment moins envie d’acheter ce jeu qui vous intéresse.

Non, le mieux est encore d’éviter de faire autre chose pour rester vraiment bien convaincu. Pensez au jeu qui vous intéresse, que vous voulez acheter jour et nuit. Lisez des interviews dessus, des critiques (positives), des forums (qui en disent du bien), regardez en boucle des explications de règles en vidéo.

Surtout ne ratez aucune nouveauté

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Avec plus de 3’000 jeux qui sortent chaque année depuis 3-4 ans, comptant les rééditions et les extensions, ça serait triste de se priver. Pour ne pas risquer de passer à côté de LA perle. Oui, le FOMO ludique, ça existe!

Un nouveau jeu de? Vite vite, on précommande!

Une nouvelle extension pour? Même si on a que très peu joué au jeu de base? Vite vite, on achète.

Un nouveau jeu lancé sur KS (avec des SG de dingue), et qu’importe s’il sort dans 2d6 années? Vite vite on backe.

Heureusement que les nouveautés existent, sinon la vie serait bien trop triste. Les nouveaux jeux ont quelque chose de… neufs, d’excitants, de différents. Soyez le premier de vos amis à posséder le jeu. Soyons honnêtes, un jeu qui est sorti il y a deux semaines est déjà vieux et dépassé. Et surtout, n’écoutez pas les aigris qui se moquent de vous et qui vous font des reproches en vous traitant de « joueur kleenex« . Posséder des jeux à peine sortis vous donnerait presque l’impression d’être un pionnier, un aventurier, un explorateur, d’y être avant les autres, avant la meute. Un sentiment hors de prix!

Surtout n’analysez pas vos dépenses

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Le plus grave danger qui menace, c’est de commencer à tenir une compta précise sur vos dépenses, sur votre budget mensuel et/ou annuel. J’ai même entendu dire qu’il y avait des gens, des couples, qui géraient des tableurs excel. Vous vous imaginez?

Parce que tenir une telle compta aurait la fâcheuse conséquence de visualiser les dépenses parfois jamais assez importantes pour les jeux.

A vous de jouer

Avec tous ces conseils, nous espérons sincèrement que vous trouverez enfin les moyens pour acheter plus de jeux.

Et surtout, ne vous laissez pas influencer par ces bobos-écolos qui clament que les jeux, c’est le mal. Parce que ça pollue. Parce que c’est produit en Chine. Parce c’est inutile. Parce que vous dépensez trop en jeux. Bande de jaloux aigris! Ils n’ont qu’à aller vivre dans une caverne avec leur iPhone 6S (la honte, ils n’ont même pas le 7).

Et vous, avez-vous d’autres conseils à proposer pour acheter plus de jeux?

Mais au fond, qu’est-ce qui nous pousse à acheter (des jeux)?

Combien de jeux achetez-vous par mois? Lesquels?

Mais surtout, pourquoi? Qu’est-ce qui nous pousse à acheter des jeux? Qu’est-ce qui nous fait craquer pour un jeu plutôt qu’un autre?

Par impulsion? Parce que tout le monde en parle autour de vous, aka sur les réseaux sociaux? De la publicité effective? Des techniques marketing en magasin?

Il y a deux ans, en mars 2014 nous avions lancé un sondage pour savoir combien on dépensait pour des jeux. Plus de 500 personnes avaient participé.

Les résultats parlaient d’eux-mêmes. La majorité des votants (49.9%) dépensaient entre 20 et 60 euros par mois, pour une moyenne de 40 euros, donc une somme annuelle de 480 euros (environ 520 CHF aujourd’hui). Donc environ un jeu par mois, soit 12 par année, avec certainement un gros pic en octobre-novembre pendant / après Essen.

Un peu moins des 10% des votants, 46 sur 505, affirmaient quand même dépenser entre 100 et 150 euros par mois, pour un budget jeu annuel de 1’500 euros.

Mais qu’est-ce qui nous pousse à dépenser autant d’argent? Voici quelques éléments de réponse.

Impulsion VS Compulsion

Tout d’abord, on peut établir deux catégories d’achat. L’achat impulsif et l’achat compulsif. L’achat impulsif, c’est l’achat qu’on n’a pas prévu, pas planifié.

Tandis que l’achat compulsif est presque lié à l’addiction. On ne peut pas s’empêcher d’acheter parce qu’une certaine tension existe. Tension qui disparaîtra lorsque l’achat sera effectué. Tension qui réapparaîtra plus ou moins vite et qui repoussera à acheter. L’achat compulsif, c’est empiler, collectionner, c’est acheter pour acheter plutôt qu’acheter pour acquérir un certain produit.

Dans cet article, nous nous intéresserons plutôt à l’achat par impulsion. Qu’est-ce qui nous pousse à acheter un jeu plutôt qu’un autre?

Désir

L’achat de jeux repose avant tout sur le désir. Nous n’achetons pas de jeux pour vivre, pas comme la nourriture par exemple, qu’on pourrait alors appeler « achat fonctionnel ». Les jeux sont des objets de loisir, pas (vraiment?) nécessaire pour la survie.

On achète par désir, par joie, par envie. Dites-moi si je me trompe, mais des achats qui peuvent parfois ensuite entraîner une certaine forme de culpabilité.

Moment

Vous êtes-vous déjà demandé QUAND vous achetiez? Et pourquoi?

Il y a deux types d’achat, l’achat de récompense. On a réussi quelque chose, du coup on s’offre un objet, un jeu, pour se féliciter.

Le contraire est aussi valable, c’est ce qu’on appelle l’achat de compensation. On est triste, du coup pour compenser, pour se remonter le moral on va procéder à un achat.

Types d’acheteur

On recense deux types d’acheteuses et d’acheteurs. Les chasseurs et les cueilleurs. Ou les hédonistes et le stratèges. Si vous êtes déjà allés à Essen, vous savez de quoi je parle. Les chasseurs sont les acheteurs équipés d’une liste qui savent exactement ce qu’ils désirent. Ils ont leur cible. Ils ont réfléchi à leur budget. Ils ont tout rationalisé. Ils sont alors moins dans l’impulsion d’achat car leur objectif a été planifié

Les cueilleurs, eux, ne savent pas vraiment ce qui les intéresse et se laissent flâner, surprendre, captiver. Ils vont alors plus acheter par impulsion, justement.

Raison VS passion

L’achat de jeux place souvent une discussion entre raison et désir. La raison dit: « je ne devrais pas », « ce n’est pas raisonnable », « j’ai assez de jeux », « j’ai déjà trop dépensé ce mois-ci ». Tandis que le désir est plus percutant, « je veux », « j’ai envie », « j’aimerais ».

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas », comme disait Pascal. Autrement dit, dans l’acte d’achat, on achète par pulsion, par passion, par émotion, et pas toujours par raison. S’enchaîne alors un monologue intérieur pour essayer de se convaincre, pour savoir qui va finir par triompher, la raison ou la passion.

Et ce monologue peut durer plus ou moins longtemps. On a résisté d’acheter tel ou tel jeu, la raison a vaincu, mais quelques jours, semaines plus tard, finalement, on craque. Même le terme de « craquer » est pertinent ici. La passion a fini par démolir le mur solide de sa raison.

Et c’est parfois un élément exogène qui va nous pousser à acheter: soldes, les SG sur KS « wouah, là ça vaut vraiment la peine ».

Simple

L’acte d’achat n’a jamais été aussi simple qu’aujourd’hui. Il y a encore 20 ans en arrière, pour acheter, il fallait sortir de chez soi. Dehors? Se rendre dans un magasin. Lequel? Suivre des horaires. Quand? Prendre du temps pour regarder, comparer, choisir. Pendant combien de temps?

Depuis les années 90 et l’avènement d’internet l’achat est devenu extrêmement simplifié. Continu. Intrusif. Plus besoin de sortir de chez soi, de se déplacer à pied ou à vélo ou en voiture, de suivre des horaires, de « perdre » ou prendre du temps, tout est à portée de clic. Et tout est fait sur les sites de commerce en ligne pour nous simplifier la vie. Et donc faire pencher la balance du côté de l’émotion, de la passion, et éviter la raison. Compte personnel avec numéro de carte de crédit sauvegardé, procédure simplifiée, description du produit par des blogueurs « experts », vidéo d’explication de règles par Yahndrev, TT ou LudoX.

On a même droit au « d’autres acheteurs ont également acheté… », qui stimule la curiosité et l’achat. Merci les cookies.

Même si le jeu commandé sur internet n’arrivera pas tout de suite, l’attente, l’anticipation générée est également source de plaisir. L’organisation d’un voyage en amont est par exemple souvent source de réjouissance. Quel hôtel choisir? Quelle destination?

Pareil pour les jeux. Je clique, je mets dans le panier, je valide ma commande, j’anticipe l’objet chez moi. Et c’est souvent ce moment-ci qui est excitant, passionnant. Une fois le jeu reçu, la tension diminue.

envie
Un #gusgraf

Et pourquoi?

Pourquoi achetons-nous? Il y a plusieurs facteurs qui nous poussent à acheter et à choisir un jeu plutôt qu’un autre.

L’appartenance

On achète un produit, un jeu, pour appartenir à une certaine catégorie d’individus, à un certain groupe, à une certaine tribu. Tous ces types de joueurs se doivent d’avoir ce jeu, culte ou à la mode.

Validation sociale

La validation sociale, nous vous en parlons très souvent. C’est faire comme les autres parce que si d’autres l’ont fait, c’est que ça doit forcément être bien. C’est souvent ce qui est utilisé par les vendeurs, le « j’ai acheté le même », ou « ça se vend bien », ou « le top des ventes ». La validation sociale, un puissant effet en marketing.

Merchandising

Que cela soit sur internet ou IRL, les magasins font évidemment tout pour favoriser l’acte d’achat: ambiance, tables pour essayer les jeux, conseils avisés, lumière, couleurs, musique, tout est fait pour créer une atmosphère agréable (l’effet d’appréciation en psychologie sociale), pour donner envie d’acheter et de revenir.

Avez-vous déjà été confronté à des vendeurs désagréables? Avez-vous eu alors envie d’acheter dans ce magasin? D’y revenir?

Publicité

Lié au merchandising, la publicité est un facteur explicatif fort. Dans la première moitié du 20e siècle on parlait de réclame, puis avec l’avènement de la télévision, de publicité, et enfin aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, on parle plutôt de communication. La terminologie a changé, pas le principe, pousser le consommateur à acheter un produit.

La publicité a toujours été un élément majeur dans l’acte d’achat, c’est elle qui génère le désir. La publicité tente de créer un déséquilibre, un manque. Ce produit, ce jeu est vraiment bien. Tant que vous ne l’avez pas, il vous manque quelque chose.

Et depuis 2010 les publicités sont devenues de plus en plus efficaces, offensives et insidieuses. Avec le big data et les sacro-saints algorithmes, les publicités sont devenues extrêmement ciblées et tenaces. J’en veux pour preuve les pubs FB qui savent exactement quoi vous vendre. Parce que les annonceurs peuvent calibrer des tranches d’âge, des communautés, des intérêts. La pub généraliste est tellement has-been.

Rareté

Tout le pouvoir des soldes. Ce jeu a un prix bas spécial, maintenant. C’est une aubaine à ne pas rater, maintenant. La rareté peut être exprimée de deux manières, dans le temps, l’offre est limitée dans le temps, et dans le nombre, il y en a très peu.

La rareté est désinhibiteur d’achat car elle pousse à la consommation. On doit acheter le produit, le jeu, maintenant, pour ne pas passer à côté de l’occasion incroyable qui ne se présentera plus jamais dans sa vie. C’est d’ailleurs souvent ce qui est utilisé sur les sites de réservation d’hôtels en ligne. Attention, il ne reste plus qu’une seule chambre disponible dans cet établissement à ce prix-là! Ou sur KS également, avec les offres spéciales Early Birds par exemple, réservées qu’à un nombre restreint de backers.

C’est l’effet psychologique de la rareté, et notamment l’expérience du pot à biscuits qui a été menée aux US en 1975 avec 2’000 patients. Deux groupes de testeurs devant des pots de biscuits. Dans l’une des situations, un pot rempli, dans l’autre, à moitié rempli. Résultats? Les biscuits étaient toujours évalués comme beaucoup plus désirables par le second groupe, parce que plus rares.

Pionnier

Qu’est-ce qui pousse le public à aller voir un film en avant- première? A pré-commander un jeu, parfois plusieurs mois avant sa sortie? Sans savoir exactement de quoi il en retourne? N’est-ce pas sur ce facteur que repose le financement participatif, devenu aujourd’hui pré-commande participative?

Ce phénomène répond au besoin impérieux de devancer la horde. D’être parmi les premiers à posséder un jeu, un produit avant tout le monde. Le principe du pionnier. Un achat à la limite du compulsif.

Et maintenant?

Le but de cet article n’était pas de critiquer l’acte d’achat mais de le conscientiser.

La prochaine fois que vous achetez un jeu, essayez de vous poser cette question: qu’est-ce qui vous poussé à le faire? Un conseil d’un ami? Vu sur les réseaux sociaux? Un bon prix? Un achat de compensation? Vous en saurez ainsi plus sur vos motivations, vos fonctionnements.

Et baladez-vous sur le net, sur les sites de boutiques en ligne, tentez d’analyser leurs stratégies marketing. Faites pareil la prochaine fois que vous entrez dans une vraie boutique « en dur ». Décoder les moyens mis en place pourrait faire passer la raison au-dessus de la passion.

Et non, pour ceux qui s’interrogent, je ne travaille pas dans le marketing ni dans la com. Je suis théologien, philosophe et professeur de géographie. Rien à voir. Mais j’aime me poser des questions.

Mais encore?

Si vous voulez en savoir plus, je ne peux que vous conseiller l’excellent livre d’Isabelle Barth, directrice de l’école de management à Strasbourg “Voyage au cœur de lʹimpulsion dʹachat” (tiens hop, un lien Amazon pour vous donner envie d’acheter…) , paru en février 2016 chez L’Harmattan.

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Et sur ce, pour revenir sur l’achat compulsif, nous vous laissons sur la chanson de 1993 de The Cure, Never Enough. Et les Rolling Stone, évidemment.

Et vous, qu’est-ce qui vous pousse à acheter des jeux?

 

Grosses soldes Asmodée

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Loin de moi l’envie de vous pousser à la consommation, mais ce soir dimanche à 19h sur le site de Vente Privée il y aura des jeux Asmodée à la vente, et soldés.

Je ne sais évidemment pas encore lesquels, mais peut-être y trouverez-vous votre bonheur. Surtout hyper pratique pour des cadeaux de Noël.

Voilà, c’était un article ultra-court. Pardon.

Rendez-vous demain 13h pour la critique en profondeur de la nouvelle édition de Through the Ages.

Des jeux à des prix de ouf sur Amazon

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Pour fêter la Gen Con, Amazon vient de lancer des soldes-flash de folie sur les jeux de société.

Ok, il s’agit d’Amazon.com, pas .fr. Donc des frais de port peut-être élevés pour se faire livrer en Europe. A moins bien sûr que vous habitiez de l’autre côté de l’étang.

Mais des prix vraiment vraiment intéressants. Dominion Adventures & 7 Wonders à 25 dollars. Roll for the Galaxy pour 35 dollars (au lieu de 60). Alors qu’en règle générale, Amazon est plutôt cher, d’autres sites de boutiques spé sont moins chères le restant de l’année. Comme Philibert par exemple.

Les soldes sur Amazon, c’est ici

10 questions à se poser avant l’achat d’un jeu de société

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Choice Paralysis, Flickr, CC,by Lauren Macdonald

Article coécrit par Potion Rouge et Gus&Co

Vous vous posez surement des questions avant d’acheter un jeu. En voici 10:

1. Est-ce que ce jeu est fait pour moi? Explorez et apprenez à connaitre vos goûts et ceux de vos partenaires de jeu! Faites l’essai d’une variété de jeux afin de découvrir quel genre vous aimez. Quel type de joueur êtes-vous? Êtes-vous plus du genre coopératif ou compétitif? Il existe sur le marché des dizaines de mécaniques et des centaines de thèmes différents. Ne soyez pas trop critique dès les premières parties et laissez-vous le temps d’apprivoiser les rouages, la mécanique de jeu et les subtilités avant de donner une opinion trop hâtive. Découvrez vers quel type de jeux vous vous sentez le plus attiré et recherchez des jeux dans le même style.

2. Est-ce que j’achète ce jeu pour les bonnes raisons? Qu’est-ce qui m’intéresse dans ce jeu? Est-ce que je l’achète uniquement pour son thème, parce qu’il a fait un gros buzz baveux, parce que son auteur est bon et connu? Ou est-ce que je l’achète uniquement pour l’ajouter à ma collection?

3.  Est-ce le genre de jeu qui me plaira? Je ne suggérerais pas un jeu au thème qui ne vous attire pas à première vue, ni un jeu trop stratégique si vous êtes un « party gamer ». Voulez-vous rire, faire des jeux de mots, bluffer ou vous creuser activement les méninges? Votre humeur et les circonstances influencent vos goûts dans le moment. Restez ouvert d’esprit et essayez au moins le jeu avant de dire qu’il ne vous plait pas.

4. Va-t-il plaire à la majorité de mes partenaires de jeu? Mieux vaut connaître son public et son cercle habituel de jeux. Gérant du Bar à Jeux de Genève, et entouré d’un groupe habituel d’amis joueurs (oui, j’ai des amis. Enfin, je crois), j’essaie vraiment de choisir les jeux en fonction de l’audience.

5. Est-ce que le matériel est de bonne qualité et attrayant? Il est difficile de déterminer ou deviner si le matériel vous plaira sans ouvrir la boite. Vous pouvez regarder des photos du matériel sur Internet. Voyez si vous vous sentez attiré et si vous aimez les couleurs. Lisez l’avis d’experts et posez-leur des questions. Essayez une partie en boutique avec un démo si vous en avez la chance et l’occasion. Mais encore, ne vous laissez pas influencer par le matos. Des cartes aux chouettes images, des tuiles charmantes, des meeples et des jolis petits cubes de toutes les couleurs ne font pas nécessairement le succès d’un jeu!

6. Est-ce que les règles sont bien expliquées et compréhensibles? Pas facile de (bien) expliquer les règles d’un jeu. D’autant que certaines (et oui, ça arrive), parfois, sont vraiment… moisies. Avant d’acheter un jeu, pensez à jeter un rapide coup d’œil aux règles, de plus en plus d’éditeurs les mettent d’ailleurs gracieusement à disposition en PDF sur leur site, ça aide beaucoup pour se faire un avis.

7. Vais-je avoir le temps d’y jouer? On dit que l’argent est le nerf de la guerre. Dans le jeu de société, c’est plus le temps qui est le nerf de la guerre. Et pour s’en convaincre, la preuve en chiffres pour le dernier salon d’Essen. Avec autant de jeux qui sortent chaque année, est-ce que vous aurez le temps de jouer à tout, et plusieurs fois? Et si les règles prennent deux heures à lire et comprendre, que le jeu prend 45 minutes à mettre en place et que les parties durent 120 minutes, est-ce que ça vaut la peine d’acheter le jeu? Je me souviens d’un bien triste exemple, Asteroyds chez Ystari sorti en 2010: thème SF, jeu à multiples scénarios et à temps réel pour des parties tendues du slip, mais au final, on passait 15 minutes pour la mise en place de tous les astéroïdes pour des parties de… 5′. Pas glop.

8. Aurai-je des occasions d’y jouer? Il est certain que si vous achetez un jeu qui ne plaira qu’à vous seul, il sera plus difficile d’y jouer. Les jeux que vous achetez doivent aussi plaire à vos partenaires. Certains jeux se prêtent plus à des occasions que d’autres. Les jeux strictement stratégiques font moins l’unanimité lors de soirées en famille avec oncles et tantes. Si vous avez un petit cercle d’amis, méfiez-vous des jeux qui demandent un trop grand nombre de joueurs afin d’y jouer sinon votre jeu finira sur la tablette des oubliettes.

9. Est-ce un jeu à usage presque unique? Aurais-je tendance à y rejouer? On se lasse de certains jeux après seulement quelques parties. Par exemple des jeux légers qui manquent de profondeurs ou des jeux répétitifs, prévisibles et sans surprise (hé oui, ça existe!) Optez pour un jeu simple, original et polyvalent qui rejoint une grande variété de style de joueurs. Voyez s’il existe des scénarios additionnels, des variantes ou des extensions afin de prolonger sa longévité.

10. En ai-je déjà entendu parler avant? Lisez-vous des critiques avant d’acheter un jeu? Comment avez-vous entendu parler? Par un ami? Un vendeur dans un magasin? Un magazine? Via les réseaux sociaux? Potion Rouge ou Gus&Co en ont parlé? Préférez-vous acheter un jeu dont « tout le monde parle », qui buzze, qui pourrait s’avérer une valeur sûre (vous apprécierez le conditionnel)? Ou au contraire préférez-vous jouer les pionniers et taquiner de la nouveauté, au risque de vous « planter »?

Vos goûts personnels en matière de jeu ne sont pas à discuter. Même si le jeu auquel vous avez joué ne vous plaisait pas pleinement, vos souvenirs de parties jouées en bonne compagnie, vos coups mémorables et vos victoires épiques contribuent grandement à vous faire apprécier ce merveilleux hobby!

Vous posez-vous d’autres questions avant d’acheter un jeu?

Facebook rachète le site américain Boardgamegeek

FB-BGG

Après Instagram pour 1 milliard de dollars, Whatsapp en février pour 19 milliards et Oculus pour 2 milliards la semaine passée, FB vient juste de faire l’acquisition de Boardgamegeek (BGG) hier après-midi. Boardgamegeek est LA référence en matière de jeux de société, la plus grande plateforme américaine, voire même mondiale (à peine un poil plus que Gus&Co. A peine).

Et pour combien? Facebook et BGG articulent un montant total de 1.4. milliards. 1.4. milliards? OMG, ça en fait des jeux.

On peut légitimement se poser la question de savoir pourquoi Mark Zuckerberg aurait opéré une telle acquisition. Certaines mauvaises langues expliquent que FB aurait également comme projet de se lancer dans l’information ludique, et que le plus grand réseau social au monde aimerait ainsi anéantir la concurrence. Rien de tel que « d’écraser les petits pour grandir ».

Mais d’autres voix, plus positives, affirment que Markounet adore les jeux de plateau, il y jouerait même souvent avec ses collègues à la pause de midi. Il aurait trouvé que BGG serait un bon achat au vu de la croissance que ce hobby connait depuis plusieurs années.

Est-ce que BGG va perdre son « âme »? Y verrons-nous désormais des pubs FB partout? Est-ce que le site va bientôt changer de nom pour s’appeler BoardgameBook, ou FaceGeek? L’avenir nous le dira.

En tout cas, qu’on se le tienne pour dit, Gus&Co n’est pas à vendre (enfin, pas à moins de 27 euros).

Le lien vers l’article lien qui présente la transaction

Les jeux de Noël 2013

White Christmas, Flickr, by brianjmatis
White Christmas, Flickr, by brianjmatis

Vous ne savez pas encore quels jeux (vous) offrir pour Noël? Voici la liste ultime des jeux ultimes pour Noël 2013.

Pour réaliser cette liste nous nous sommes imposés 4 restrictions :

1. que tous les jeux (ou extensions) soient sortis en 2013.

2. que tous les jeux soient dispo en vf.

3. que tous les jeux rentrent dans une catégorie spécifique (mais ça peut être discutable)

4. que chaque catégorie contienne uniquement 3 jeux, ni plus ni moins. Après oui c’est vrai on aurait pu proposer une liste à la Prévert avec 2’000 jeux, mais juste 3 c’est essayer d’aller à l’essentiel.

Et au fait, super en avance, toute l’équipe de Gus&Co vous souhaite un joyeux Noël, un joyeux Hanukka et un joyeux Kwanza à tous !!!

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concept

Concept

Faire deviner des mots, personnalités ou expressions en utilisant des icônes. Toute la famille pourra y jouer, juste pour le plaisir de jouer et sans compter les points. Notre critique du jeu.

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Jungle Speed Safari

Un Jungle Speed survitaminé. Préparez-vous à crier, courir et beaucoup vous amuser.

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Rampage

Détruisez une ville avec vos monstres. Pichenettes et autres. Du gros fun.

famille

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Augustus

Reprenant la mécanique du loto, le jeu est aussi passionnant que tout public. La fiche de score pimpée.

Koryo

Koryo

Tout petit jeu de cartes très malin pour enchaîner les parties. Ne ratez pas l’aide de jeu, hyper pratique.

lost

7 wonders Lost Wonders 2

Le talentueux Shima a créé plusieurs somptueuses Merveilles non-officielles pour le cultissime 7 Wonders. De quoi se remettre à jouer à 7 Wonders cet hiver. Elles peuvent être téléchargées ici.

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le-fantome-de-l-operaLe Fantôme de l’Opéra

Le nouveau Mr Jack, avec toujours le même système mais une belle réinvention tout de même. Un joueur incarne Mr Jack / Le Fantôme de l’Opéra et l’autre l’enquêteur. Un jeu du chat et de la souris tactique et rusé.

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Que vous ayez joué à Jambo ou pas, Asante est un excellent jeu à deux de commerce et de gestion qui reprend quelques aspects de son prédécesseur.

seasons

Seasons, extension Enchanted Kingdoms

Un gros carton en 2012, l’extension rend le jeu encore plus profond et passionnant. Si Seasons peut se jouer de 3 à 4, c’est vraiment à 2 qu’il prend toute sa saveur.

coop

mice-and-mystics-vfMice and Mystics

Incarnez des souris et bravez un manoir rempli de terribles adversaires. Épique et passionnant.

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Robinson

Certainement le jeu coopératif le plus immersif de 2013. Partez tous ensemble sur une île et bravez les éléments. Un ticket pour l’Aventure (avec un grand A). Notre critique complète du jeu.

dark-darker-darkestDark Darker Darkest

Un jeu coopératif très sombre, comme son nom l’indique. Pénétrez dans un manoir à la recherche du sérum contre une épidémie zombie. Dépêchez-vous, avant que vous ne deveniez un zombie vous-même. Des illustrations gore pour une expérience horrifique.

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Suburbia

Construisez une ville en posant des tuiles. Système simple mais riche. Addictif. L’extension, Suburbia Inc, est sortie en octobre, pour l’instant qu’en anglais. Elle rajoute énormément au jeu.

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Développez votre village en achetant des tuiles que vous pourrez ensuite améliorer. L’extension, The Farmers, est sortie en octobre, ne la ratez sous aucun prétexte!

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Lewis and Clark

Traversez les États-Unis et soyez le premier à arriver de l’autre côté. Un jeu de course riche et passionnant.

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Amerigo

Partez à la découverte du nouveau continent et gérez votre avancée. Une mécanique originale avec un système de tour. Pour lire notre critique complète du jeu.

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Caverna

La nouvelle version d’Agricola. Du lourd, mais tout aussi bien. Voire mieux, en fait. Notre critique complète du jeu.

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Bruxelles 1893

Gérez Bruxelles et son patrimoine culturel et artistique. Un jeu riche et prenant, une grande réussite, comme toujours avec l’éditeur belge Pearl Games.

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Cthulhu 1890

La réédition de Cthulhu by Gaslight, un jeu de rôle d’enquête et d’épouvante dans l’Angleterre de l’époque victorienne. Un must! A sortir pour la toute fin de l’année. Une excellente idée pour passer les vacances, l’imagination plongée dans le brouillard londonien.

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Pathfinder

Pathfinder a réussi, années après années, à s’imposer comme le meilleur jeu de rôle médiéval-fantastique sur le marché actuel et à détrôner son ancêtre Dungeons and Dragons. Un système pas trop compliqué pour des aventures médiévales fantastiques hautes en couleur. Les campagnes sont juste excellentes et variées. Un manuel des races vient juste de paraître, et il vient enrichir une gamme déjà hyper complète.

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Z-Corps

Pour vivre la série The Walking Dead en jeu de rôle. Incarnez des survivants d’une épidémie zombies et tentez de… Survivre. Intense. Avec un système de règles hyper fluide et nerveux. Deux nouveaux suppléments sont sortis ces dernières semaines, Dead in Savannah et le tout récent Dead in Denver. Pour passer des nuits effrayantes.

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Perso, mon petit cadeau à moi ce Noël, c’est Pathfinder le jeu de cartes. Pour l’instant qu’en anglais. Et moche à souhait. Un vrai jeu Cacao (comment appeler les jeux moisis, ici). Pourtant, même s’il est hideux, il a l’air juste hyper prenant et riche, un crossover intriguant entre le jeu de rôle et le jeu de cartes. Nous en parlerons certainement en 2014.

Vous pouvez également voir la liste des jeux de Geeklette sur son blog ici

Et celle de Jedisjeux ici

Vous pourrez trouver la plupart de ces jeux chez nos partenaires

Philibert, la boutique online

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Et à Genève

Xenomorphe

xenoEt aussi L’Astuce, à Carouge

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