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Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Life of the Amazonia : La jungle qui cache un grand jeu

🩜 Cascadia rencontre Les Charlatans dans Life of the Amazonia. Un casse-tĂȘte Ă©colo superbe, profond, mais peu interactif. Notre avis.


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Life of the Amazonia : La jungle qui cache un grand jeu

⚠ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă  prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.


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L’essentiel en 3 points

  • Life of the Amazonia combine bag-building, pose de tuiles et scoring animalier avec une vraie profondeur stratĂ©gique.
  • Le matĂ©riel impressionne surtout grĂące aux ani-meeples, mais certains Ă©lĂ©ments 3D en carton divisent.
  • Excellent en solo, Ă  2 et Ă  3 ; plus lent Ă  4 et trĂšs peu interactif.

Le premier piùge de Life of the Amazonia, c’est de le prendre pour un joli jeu d’animaux.

Au dĂ©but, on croit que la boĂźte va surtout gagner la partie Ă  l’applaudimĂštre. Un ara rouge en couverture, des animaux en bois, une cascade en carton qui bombe le torse au centre de la table. TrĂšs bien. Encore un jeu qui mise tout sur la prĂ©sence, se dit-on. Et puis le sac s’ouvre. Les jetons tombent. Les tuiles s’emboĂźtent. Et lĂ , la jungle commence Ă  rĂ©flĂ©chir.

Life of the Amazonia, conçu par Jamie Bloom, illustrĂ© par Sophia Kang, Ă©ditĂ© par Bad Comet en VO, et tout bientĂŽt en juillet en VF chez Super Meeple, arrive avec un pitch simple Ă  expliquer et nettement plus fin Ă  jouer : reconstruire un coin d’Amazonie en y plaçant terrains, arbres, fleurs aquatiques et animaux, tout en amĂ©liorant peu Ă  peu son sac de ressources. On est sur un jeu pour 1 Ă  4 personnes, dĂšs 14 ans, avec des parties qui peuvent tenir en 90 minutes Ă  deux, mais qui savent aussi s’Ă©tirer quand la table se remplit.

La formule la plus rapide serait de dire : Cascadia rencontre Les Charlatans de Belcastel. Ce n’est pas faux. C’est mĂȘme plutĂŽt pratique. Mais ce serait un peu court, parce que Life of the Amazonia ne se contente pas de coller deux mĂ©caniques populaires dans une mĂȘme boĂźte. Il les fait pousser ensemble.

Une Amazonie de table, pas une carte postale

Le thĂšme est d’une limpiditĂ© agrĂ©able : on dirige une organisation de protection de la nature chargĂ©e de restaurer une parcelle de forĂȘt amazonienne. On part d’un petit territoire, on l’Ă©tend avec des tuiles hexagonales, on y plante des arbres, on ajoute des fleurs aquatiques, puis on attire des animaux qui viendront marquer des points selon leurs besoins propres.

Dit comme ça, on pourrait redouter le vernis Ă©cologique posĂ© sur une mĂ©canique abstraite. Et oui, Life of the Amazonia reste un jeu d’optimisation avant d’ĂȘtre une simulation naturaliste. Personne ne va sortir de table avec un diplĂŽme d’Ă©cologie tropicale. Mais le jeu a une qualitĂ© rare : ses dĂ©cisions mĂ©caniques racontent malgrĂ© tout quelque chose. On ne pose pas un jaguar comme on pose un toucan. On ne dĂ©veloppe pas une riviĂšre comme on dĂ©veloppe une forĂȘt. La jungle finale a une tĂȘte. Parfois un peu improbable, certes. Une jungle de meeples, pas un documentaire Arte. Mais une tĂȘte quand mĂȘme.

C’est important, parce que beaucoup de jeux naturalistes modernes se contentent d’une jolie robe. Ici, l’esthĂ©tique attire, puis la mĂ©canique retient. Et franchement, c’est tout ce qu’on demande Ă  un bon jeu de sociĂ©tĂ© : nous faire venir pour les animaux, nous garder pour les choix.

Le sac, ce petit tyran de tissu

Le coeur du jeu est un bag-building Ă  quatre ressources. Chaque personne commence avec un sac modeste, rempli de jetons qui ne paient pas encore de mine. À son tour, on en tire cinq. Ces jetons reprĂ©sentent de l’argent, des feuilles, de l’eau et des fruits. Les valeurs montent de 1 Ă  4, ce qui donne assez vite cette sensation trĂšs agrĂ©able de sac qui se muscle, tour aprĂšs tour.

L’argent sert surtout Ă  acheter de meilleurs jetons et Ă  prĂ©parer l’avenir. Les feuilles permettent d’Ă©tendre la jungle et de planter des arbres. L’eau finance notamment les fleurs aquatiques, les cartes Nature et certains progrĂšs. Les fruits, eux, sont la friandise universelle : tout animal en veut, Ă©videmment. MĂȘme autour d’une table de jeux, personne ne refuse un bon fruit gratuit.

Le dilemme est constant : est-ce qu’on investit maintenant pour amĂ©liorer le sac, au risque de retarder l’expansion ? Ou est-ce qu’on dĂ©pense tout de suite pour poser du terrain, planter, acheter un animal et marquer une prĂ©sence ? Life of the Amazonia est malin parce qu’il ne pousse pas vers une rĂ©ponse unique. Il faut lire son tirage, son territoire, les animaux disponibles, les cartes Nature, et le tempo de la partie. Le jeu n’est pas brutal. Il ne vous met pas une claque. Il vous demande plutĂŽt, avec un sourire poli, si vous ĂȘtes sĂ»r de vouloir acheter encore un jeton d’argent alors que tout le monde commence dĂ©jĂ  Ă  peupler sa jungle.

Et c’est souvent lĂ  qu’on fait la bĂȘtise. La petite bĂȘtise sans grands enjeux (que l’on croit). Celle qu’on paiera trois tours plus tard.

Des tuiles, des animaux, et cette obsession du bon voisinage

Le bag-building seul ferait dĂ©jĂ  un jeu correct. Pas mĂ©morable, mais correct. Ce qui Ă©lĂšve Life of the Amazonia, c’est son articulation avec la pose de tuiles et le scoring des animaux. Les terrains crĂ©ent les habitats. Les arbres, les fleurs et les placements donnent des bonus. Les animaux, eux, transforment le plateau personnel en grille de contraintes joyeusement pĂ©nibles.

Certains animaux veulent ĂȘtre prĂšs d’arbres. D’autres prĂ©fĂšrent un habitat d’une taille prĂ©cise. D’autres encore aiment la diversitĂ© autour d’eux, ou rĂ©compensent des conditions de placement plus spĂ©cifiques. Le jeu propose plusieurs configurations de cartes pour les animaux de base, ce qui change rĂ©ellement la texture d’une partie. Ce n’est pas le mĂȘme casse-tĂȘte avec un jaguar qui rĂ©compense une condition A qu’avec un jaguar qui rĂ©compense une condition B. MĂȘme meeple, autre cerveau.

Les cartes Nature ajoutent une couche supplĂ©mentaire. Certaines donnent des effets immĂ©diats, d’autres installent des objectifs de fin de partie. RĂ©sultat : on ne construit jamais seulement pour maintenant. On construit pour un scoring qui viendra plus tard, pour une opportunitĂ© du marchĂ© central, pour une piste de la cascade, pour un animal qui nous fait de l’Ɠil depuis trois tours. Le jeu a ce goĂ»t trĂšs particulier des jeux de gestion bien huilĂ©s : chaque dĂ©cision semble petite, mais la somme devient vite trĂšs prenante et passionnante.

Cascadia + Les Charlatans ? Oui. Mais pas juste un collage

La comparaison avec Cascadia s’impose assez vite. On agence un paysage, on respecte des prĂ©fĂ©rences d’animaux, on cherche une cohĂ©rence spatiale. Sauf que Cascadia joue l’Ă©lĂ©gance minimaliste, lĂ  oĂč Life of the Amazonia ajoute une Ă©conomie, une montĂ©e en puissance, des cartes, des pistes et un sac qui ne cesse de nous faire des promesses puis de nous trahir gentiment.

La parentĂ© avec Les Charlatans de Belcastel vient, elle, de la main plongĂ©e dans le sac. Mais attention : Life of the Amazonia n’est pas un jeu de stop-ou-encore. Il n’a pas cette tension de chaudron qui peut exploser au mauvais moment. Ici, le hasard est moins théùtral. Il est plus structurel. On fabrique les probabilitĂ©s de son prochain tour, puis on vit avec. C’est peut-ĂȘtre moins spectaculaire, mais beaucoup plus stratĂ©gique.

On pourrait aussi Ă©voquer OrlĂ©ans, pour la construction de sac plus calculatoire. Mais Life of the Amazonia se distingue par son cĂŽtĂ© visuel et organique. Il ne donne pas seulement envie d’optimiser. Il donne envie de regarder ce qu’on a optimisĂ©. Nuance capitale.

Moins d’attente, plus de planif

L’une des meilleures idĂ©es du jeu tient en une petite rĂšgle : Ă  la fin de son tour, on pioche dĂ©jĂ  les cinq jetons du tour suivant. Cela paraĂźt anodin. En rĂ©alitĂ©, c’est un choix de design trĂšs efficace. Pendant que les autres jouent, on connaĂźt sa main future. On peut donc prĂ©parer son plan, revoir ses prioritĂ©s, jurer intĂ©rieurement parce qu’il manque un fruit, puis trouver un plan B.

Ce systĂšme rĂ©duit nettement l’analysis paralysis dans les configurations idĂ©ales. À deux et trois joueurs, Life of the Amazonia peut tourner avec une fluiditĂ© surprenante pour un jeu aussi dense. Le temps mort ne disparaĂźt pas complĂštement, Ă©videmment. On parle d’un jeu oĂč chaque personne a son propre casse-tĂȘte, ses ressources, ses cartes, ses animaux et ses pistes. Mais l’attente a au moins une utilitĂ© : on pense. Et penser pendant le tour des autres, dans un jeu de sociĂ©tĂ©, c’est dĂ©jĂ  presque une forme de civisme.

La fin de partie, dĂ©clenchĂ©e par l’Ă©puisement de plusieurs animaux de base, fonctionne mieux qu’un simple nombre fixe de manches. Elle accompagne la montĂ©e en puissance. Au dĂ©but, on prĂ©pare. Au milieu, on hĂ©site. À la fin, les jungles se remplissent vite, parfois trĂšs vite, et la partie se referme avant de devenir un inventaire forestier interminable. C’est l’une des raisons pour lesquelles le jeu paraĂźt plus tendu, plus mature aussi, que Wild: Serengeti, qui souffraient de plus de longueurs.

Un waouh suivi d’un petit aïe

Parlons de ce que tout le monde regarde en premier un fois le jeu dĂ©roulĂ© sur la table : les ani-meeples. Ils sont adorables. Pas juste corrects. A-do-ra-bles. En bois, imprimĂ©s, nombreux, lisibles, immĂ©diatement manipulables. Ils donnent au jeu une prĂ©sence de table Ă©norme. À la fin, quand chaque plateau perso ressemble Ă  une petite rĂ©serve un peu trop bien rangĂ©e pour ĂȘtre rĂ©elle, on a envie de laisser le jeu installĂ© deux minutes de plus. Juste pour la photo. Juste pour le plaisir. Oui, on connaĂźt tous cette personne qui prend douze photos de sa partie pour les mettre sur Insta. LĂ , on comprend.

La DA de Sophia Kang accompagne trĂšs bien cette gĂ©nĂ©rositĂ©. Le style est doux, lumineux, colorĂ© sans devenir criard. On reste dans la nature fantasmĂ©e, trĂšs jeu de sociĂ©tĂ© moderne, mais avec une cohĂ©rence claire. Bad Comet sait vendre une table. C’Ă©tait dĂ©jĂ  vrai avec Wild: Serengeti, c’est encore plus Ă©vident ici.

Mais. Il y a un mais, et il est en carton (plus ou moins) Ă©pais, (plus ou moins) solide. La Waterfall of Life, cette cascade centrale en 3D qui sert de piste et de repĂšre visuel, divise. Elle est chouette, elle attire l’oeil, elle donne de la hauteur Ă  l’ensemble. Sauf qu’elle demande aussi Ă  ĂȘtre montĂ©e, dĂ©montĂ©e, rangĂ©e, remanipulĂ©e. La qualitĂ© de carton est toutefois moins convaincante que les piĂšces en bois : arbres qui se cornent, bateaux de dĂ©fausse qui travaillent aux jointures, tuiles un peu fines. Rien qui ruine le jeu. Mais dans une boĂźte aussi ouf, la diffĂ©rence de qualitĂ© se voit.

En clair : les animaux sont dingues, la cascade est dingue, le carton l’est un peu moins dans la main. Alors non, ce n’est pas une cata. C’est la petite moustique dans la jungle. On l’entend, surtout quand on ra(n)ge.

Chacun sa jungle, chacun ses problĂšmes

Life of the Amazonia n’est pas un jeu de confrontation. Il ne faut pas lui demander ce qu’il ne cherche jamais Ă  offrir. L’interaction existe, mais elle reste pĂ©riphĂ©rique, polaire : une course aux animaux disponibles, des cartes Nature qui disparaissent, le tempo de fin de partie, quelques opportunitĂ©s Ă  saisir avant les autres. Pour le reste, chacun cultive sa jungle dans son coin.

On peut appeler ça du solitaire multijoueur. Ce n’est pas une insulte, Ă  condition de savoir ce qu’on achĂšte. Si vous aimez les jeux oĂč l’on optimise cĂŽte Ă  cĂŽte, dans une ambiance paisible, avec juste assez de concurrence pour regarder parfois le plateau du voisin, vous serez trĂšs bien. Si vous voulez du blocage, de la nĂ©gociation, de la mĂ©chancetĂ© Ă©lĂ©gante et ce dĂ©licieux moment oĂč quelqu’un vous vole exactement la tuile que vous attendiez, vous risquez de trouver l’Amazonie un peu trop zen.

C’est probablement le plus grand dĂ©faut du jeu pour une partie du public. Et, bizarrement, l’une de ses qualitĂ©s pour l’autre partie. Life of the Amazonia est une forĂȘt calme. Elle ne mord pas. Elle vous laisse vous perdre dedans. On aime, ou pas. Perso, je suis team « on aime ».

Solo et rejouabilité

Le jeu impressionne franchement par sa rejouabilitĂ©. Les configs d’animaux, les cartes Nature, les animaux uniques, les orientations de scoring et les dĂ©cisions de dĂ©veloppement modifient suffisamment les parties pour qu’on ait envie d’y revenir. La promesse marketing des dizaines de milliers de configurations n’est pas qu’un feu d’artifice chiffrĂ© : dans les faits, les prioritĂ©s changent. On ne joue pas toujours la mĂȘme ouverture. On ne cherche pas toujours les mĂȘmes animaux. On ne valorise pas toujours les mĂȘmes tuiles.

Le solo, surtout, mĂ©rite d’ĂȘtre signalĂ©. L’automa Black Comet ne semble pas lĂ  pour cocher une case sur la boĂźte. Il apporte un cadre simple Ă  gĂ©rer et des scĂ©narios, avec une campagne et des objectifs qui donnent envie de relancer. Les retours spĂ©cialisĂ©s insistent sur cette faible lourdeur administrative : le bot agit, enlĂšve des options, progresse, mais ne prend pas toute la place. Le vrai jeu reste devant vous. C’est exactement ce qu’on attend d’un bon solo d’optimisation.

On pourrait presque dire que Life of the Amazonia a trois publics naturels : les couples joueurs, les tables de trois qui aiment les casse-tĂȘtes denses mais non agressifs, et les solistes qui veulent un jeu beau, Ă©volutif, avec une vraie sensation de progression. À quatre, c’est autre chose. Pas injouable, non. Mais plus lent, plus lourd, plus exposĂ© Ă  ces moments oĂč l’on regarde sa jungle avec amour en attendant que la mĂ©tĂ©o revienne Ă  soi.

À 2, à 3, à 4 ?

La config Ă  deux est, selon moi, la plus optimale : rapide, lisible, presque sans attente. À trois, on gagne un peu de tension sur les marchĂ©s et les animaux disponibles sans trop perdre en rythme. À quatre, le jeu montre ses coutures. Comme l’interaction reste faible, l’allongement du temps ne s’accompagne pas d’une hausse proportionnelle de drame Ă  table. On attend plus, sans forcĂ©ment vivre plus de choses ensemble.

Ce point compte. Pas parce qu’un jeu doit ĂȘtre parfait dans toutes ses configurations, mais parce que Life of the Amazonia donne son meilleur quand le tempo reste souple. Il aime la planif, mais pas l’embouteillage. Il aime l’abondance, mais pas la surpopulation. Finalement, c’est assez cohĂ©rent pour un jeu sur l’Ă©quilibre Ă©cologique. MĂȘme la boĂźte vous dit de ne pas trop peupler la table.

Life of the Amazonia, verdict

Life of the Amazonia est un excellent jeu initiĂ©/intermĂ©diaire. Pas parce qu’il rĂ©volutionne le bag-building. Pas parce qu’il enterre Cascadia ou Les Charlatans de Belcastel. Ces comparaisons sont utiles, mais un peu paresseuses si on s’y arrĂȘte. Sa force est ailleurs : dans la façon dont il transforme un sac de ressources en Ă©cosystĂšme personnel, et une sĂ©rie de petits choix Ă©conomiques en jungle qui prend forme sous les yeux.

Le jeu est beau, profond, accessible sans ĂȘtre plat, gĂ©nĂ©reux sans devenir indigeste. Il corrige une partie des problĂšmes de rythme associĂ©s Ă  Wild: Serengeti et montre que Bad Comet sait apprendre de ses propres productions. Tout n’est pas parfait. L’interaction restera trop faible pour les joueuses et joueurs qui veulent une table Ă©lectrique, tendue. Le carton frustrera les maniaques du matĂ©riel impeccable. Et Ă  quatre, le jeu transpire un peu plus qu’il ne devrait.

Mais il y a un plaisir rare ici. Un plaisir de croissance. On part d’un sac un peu pauvre et d’un bout de terrain modeste, puis on finit avec une jungle qui ressemble Ă  un plan. Pas toujours le plan initial, d’ailleurs. Parfois un plan B qui a pris racine pendant qu’on ne regardait pas. C’est souvent lĂ  que les bons jeux passionnent : quand ils nous donnent l’impression d’avoir construit quelque chose, mĂȘme aprĂšs nous avoir contrariĂ©s.

  • On a aimĂ© : la montĂ©e en puissance du sac, les animaux en bois, le casse-tĂȘte spatial, la variĂ©tĂ© des scorings et ce sentiment trĂšs satisfaisant de voir sa jungle prendre racine.
  • On a moins aimĂ© : l’interaction en mode hamac, la cascade qui fait sa diva au rangement, et le carton qui n’a pas reçu le mĂȘme traitement royal que les meeples.
  • C’est plutĂŽt pour vous si
 vous aimez optimiser dans votre coin, construire un moteur lisible et terminer une partie avec un tableau personnel qui raconte votre stratĂ©gie.
  • Ce n’est plutĂŽt pas pour vous si
 vous avez besoin de blocage, de coups bas, de nĂ©gociation et d’une table qui se parle Ă  coups de coudes.

Un jeu initiĂ©/intermĂ©diaire splendide, trĂšs malin, plus solitaire que bagarreur. Une jungle Ă  cultiver, pas une arĂšne Ă  incendier. Life of the Amazonia ne vous demande pas de sauver la planĂšte. Juste de ranger cette fichue cascade sans l’abĂźmer. Et parfois, c’est dĂ©jĂ  hĂ©roĂŻque.

TrĂšs, trĂšs bon !

Note : 4.5 sur 5.

  • Label DĂ© Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label DĂ© Vert, c’est ici.
  • CrĂ©ation : Jamie Bloom
  • Illustrations : Sophia Kang
  • Édition : Bad Comet pour la VO, Super Meeple pour la VF
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 Ă  4 (top Ă  1-2, voire 3 max)
  • Âge conseillĂ© : DĂšs 14 ans
  • DurĂ©e : 90-120 minutes
  • ThĂšme : Jungle, Amazonie, animaux
  • MĂ©caniques principales : Bag-building, pose de tuiles, placement de meeples, objectifs, scoring animalier. Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, c’est ici

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