got-five!
Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Got Five! : Le Mastermind sous stéroïdes

⏱️ Turing Machine en 15 minutes ? Yoann Levet frappe fort avec Got Five!, un jeu de déduction rapide chez Blue Orange.


Got Five! : La déduction en sprint, version pop

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • Dans Got Five!, vous voyez les tuiles des autres, mais pas les vôtres. Retrouvez vos numéros !
  • Pas de temps mort, c’est une course de 15 min où la moindre erreur d’annonce vous élimine sur-le-champ.
  • Un matériel canon avec des ardoises effaçables pour rayer vos hypothèses.

« J’ai les cinq ! » hurle votre pote avant de réaliser qu’il s’est planté d’un chiffre et de se faire virer de la table. Bienvenue dans Got Five!.

On va être honnêtes deux minutes. Les jeux de déduction, ça se termine souvent dans un silence de cathédrale, avec des cerveaux qui surchauffent et quelqu’un qui lâche un soupir parce qu’il a perdu le fil à l’indice numéro trois.

Et puis Yoann Levet déboule.

Vous remettez le bonhomme ? C’est le cerveau machiavélique derrière la saga Kronologic, et aussi Turing Machine. Un chef-d’œuvre, ouais, mais qui demande presque un diplôme d’ingénieur pour être apprécié sans migraine. Des autres jeux de déduction. Sauf que là, avec Got Five!, fraîchement débarqué chez Blue Orange, il nous prend totalement à contre-pied. Il nous balance un truc pliable en 15 minutes chrono. Dès 8 ans.

Sur le papier, on s’est carrément montrés sceptiques. Un jeu de déduction formaté pour l’heure de l’apéro ? Mouais. Sauf que… ça marche du feu de dieu.

Le syndrome du bout de salade sur les dents

Imaginez un croisement improbable entre le Mastermind et le poker indien (ou aussi Hanabi, ou Bomb Busters, ou Durian, ou Code 777). Vous piochez cinq tuiles colorées au hasard. Elles ont des petites bouilles de fantômes à la Pac-Man, c’est super choupi. Votre voisine les classe sagement par ordre croissant sur votre chevalet, face vers l’extérieur.

Résultat des courses : toute la table voit vos numéros (qui vont de 1 à 60). Sauf vous. Et votre seul but dans la vie pour le quart d’heure qui vient, c’est de retrouver votre propre code secret, et dans l’ordre, avant que les autres ne trouvent le leur.

Deux actions, pas de chichis

À votre tour, c’est d’une fluidité redoutable. Pas de palette de règles interminable. Vous révélez une tuile au centre de la table (bim, une info gratuite pour tout le monde), puis vous posez une question à un adversaire en utilisant l’une des tuiles visibles.

Soit vous lui demandez de la « classer » virtuellement parmi vos numéros cachés, ce qui vous donne des fourchettes hyper puissantes, soit vous « comparez » les petits points (1, 2 ou 3) dessinés sur la tuile avec l’une des vôtres.

C’est là que la magie opère. L’effet « entonnoir » dont on parle souvent dans ces jeux est bien là. Au début, on navigue complètement à vue. On rature des trucs au pif sur nos petites ardoises effaçables (zéro papier, merci Blue Orange au passage). Et d’un coup… le déclic. Une info lâche une réaction en chaîne, et vous passez de 20 possibilités à une seule. La dopamine, les gens. La pure dopamine de l’eurêka.

Le coup de pression

Mais attention. Got Five! n’est pas un gentil jeu où on compte ses points à la fin de la partie en se serrant la main. C’est une course à la mort.

Dès que vous pensez avoir pigé votre suite, à n’importe quel moment, oui, même pendant que votre petit cousin réfléchit à son tour, vous pouvez hurler « Got Five! ». Vous annoncez vos cinq nombres.

C’est juste ? Vous gagnez direct. Plié. Vous pouvez aller chercher une IPA en snobant le reste de la table. C’est faux ? Ne serait-ce que sur un foutu chiffre ? Élimination. Tschüss. Tu poses ton feutre et tu regardes les autres finir, une larme au coin de l’œil (et un sourire sadique au coin de la bouche de tout le monde qui reste en jeu).

C’est exactement là que se trouve le génie du jeu. Cette gestion du risque permanent. Est-ce que j’attends d’être sûr à 100 %, au risque de me faire voler la victoire sous le nez ? Ou est-ce que je tente le diable sur du 50/50 pour griller tout le monde ? On passe son temps à scruter les visages pour voir qui est sur le point de craquer (son code, ou des nerfs).

Got Five!, verdict

Got Five!, alors, on valide ? Oui, clairement. Surtout si vous kiffez les jeux de déduction. Ou surtout si vous ne les aimez pas, en vrai. Car un jeu de déduction plié en 15 minutes, c’est une belle perf. Et Got Five! ne prend pas (trop) la tête. Encore un jeu qui s’insère dans cette véritable tendance, assumée, du « snacking ludique ». Règles courtes, parties tendues et toutes aussi courtes.

Mais alors, pourquoi est-ce qu’on ne lui file pas un 5 étoiles ?

Parce que le jeu a les défauts de son audace et de son format. L’élimination sèche sur une erreur d’annonce, ça pique. Vraiment. En famille, on a vu de la grosse frustration chez celles et ceux qui n’aiment pas la pression de la course ou qui se mélangent les pinceaux, et ça arrive souvent. C’est tellement nerveux qu’on a parfois un petit goût de trop peu. On aurait presque envie de faire durer le plaisir quelques minutes de plus. Sans compter le tirage initial qui peut parfois donner une grille un peu trop facile à deviner pour un joueur ou une joueuse chanceuse.

Mais aussi, partie après partie on a toujours un peu l’impression de passer par les mêmes options, d’effectuer les mêmes opérations et enchaînements : on utilise la première action les 4-5 premiers tours, histoire d’éliminer le plus de nombres possibles, puis on finit par opter pour la deuxième, avec le coup des points (une info super maline !) pour éliminer le doute entre les 2-3 possibilités restantes. On a eu un peu la méchante impression que les parties se suivaient et se ressemblaient.

Mais franchement, je chicane. Got Five! fait exactement ce qu’il promet. C’est un filler super malin, ultra-tendu, qui s’explique en deux minutes. Le matériel donne furieusement envie de manipuler les pièces, et ça réveille tout le monde direct. Un must-have de ce printemps 2026. Un vrai bonbon ludique. Mais un bonbon qui pique.

On a aimé : L’effet entonnoir hyper prenant, l’adrénaline de la course, et ces petites tuiles colorées qui donnent envie de les croquer (votre dentiste vous remerciera, ça lui paiera ses prochaines vacances).

On a moins aimé : L’élimination punitive qui peut froisser les susceptibilités (oui, on te regarde, Jean-Michel Mauvais-Perdant), les parties qui finissent un peu par se ressembler, et cette envie frustrante de dire « déjà fini ? » après la première manche.

C’est plutôt pour vous si… Vous cherchez un filler intelligent pour lancer une soirée, ou si vous aimez regarder vos amis transpirer à grosses gouttes derrière leur paravent.

Ce n’est plutôt pas pour vous si… Vous détestez la pression, ou si la simple équation « A est plus grand que B » vous déclenche des crises d’angoisse.

Un jeu où l’on gagne en hurlant son nom avant les autres. Prends ça dans tes gencives, le Scrabble.

Très bon !

Note : 4 sur 5.

  • Création : Yoann Levet
  • Illustrations : Mathieu Clauss, Simon Douchy
  • Édition : Blue Orange
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4 (tourne bien à toutes les config)
  • Âge conseillé : Dès 8 ans (bonne estimation)
  • Durée : 15-30 minutes
  • Thème : Chiffres
  • Mécaniques principales : Déduction, poker indien. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

Rejoignez notre chaîne WhatsApp


Gus&Co : 100% Indépendant, 0% Publicité

Vous avez aimé cet article ? Depuis 2007, nous faisons le choix difficile de refuser la publicité intrusive pour vous offrir une lecture confortable. Mais l'indépendance a un prix (hébergement, temps, achat de jeux).

Pour que cette aventure continue, vous avez deux moyens de nous soutenir :

Le soutien direct : Rejoignez nos mécènes sur Tipeee pour le prix d'un café par mois.

☕ Soutenir Gus&Co sur Tipeee
Votre réaction sur l'article ?
+1
7
+1
3
+1
0
+1
0
+1
0
+1
0

3 Comments

  • Bobo

    Je n’ai fait que quelques parties, mais j’ai l’impression que plus on joue tôt dans le tour, plus on est avantagé (le premier est le plus avantagé, puis le deuxième, etc.) : vous n’avez pas eu cette impression ?

    • Gus

      Hello. Intéressant. Alors pas chez nous, non. Parce que le premier a moins d’infos que les autres, ainsi de suite.

      Après, c’est peut-être dû au fait que chez vous, le premier ou la première est plus balèze que les autres 😜

À vous de jouer ! Participez à la discussion

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Gus & Co

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture