Durian : Le jeu de bluff qui pue… mais qui régale !
🍓 Durian d’Oink Games : le jeu de bluff qui pue mais qui régale ! Gérez votre stock de fruits sans exploser. Stop ou encore malin de poche.
Durian

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
En bref :
- Durian d’Oink Games réinvente le stop ou encore avec des cartes split et information cachée
- Format ultra-portable avec matériel simple mais efficace, incluant une clochette pour appeler le gérant
- Mécanisme malin mélangeant bluff, déduction et gestion du stress pour un 5/5 mérité
Et si je vous disais qu’un fruit interdit dans les transports publics a inspiré l’un des meilleurs jeux de bluff de l’année ?
Le durian est un fruit. Mais ce n’est pas n’importe quel fruit. Aussi appelé « Roi des fruits », le durian est une grosse baie ovoïde, à la carapace recouverte de grosses épines, de couleur verdâtre. Elle contient cinq valves, qui renferment elles-mêmes jusqu’à cinq graines, enveloppées par une chair crémeuse. Imaginez un très gros litchi pour l’extérieur. Pour l’intérieur, plutôt une crème vanille très épaisse. Mais ce que personne ne peut imaginer, ni même décrire, c’est l’odeur du durian… C’est une odeur forte, puissante, qui prend au nez et aux poumons, et ne lâche pas.

Elle est capiteuse, désagréable et entêtante. Le durian se trouve seulement en Asie du Sud-Est, et plusieurs pays de la zone interdisent son transport dans les bus ou métros, ou dans les aéroports et hôtels. Singapour, réputé pour son côté libertaire (non), ne prévoit même pas d’amende pour le transport de durian, contrairement aux autres interdictions (manger ou boire dans le métro vous coûte la bagatelle de 1 000 $ singapouriens, soit une centaine d’euros), c’est juste interdit. J’imagine que celui ou celle qui s’y essaierait verrait la police débarquer et l’emmener pour un tour au poste… Mais malgré son odeur, le durian est plutôt bon. Et il se trouve assez facilement dans les marchés asiatiques : il suffit de suivre l’odeur.
Le fruit donne son nom au jeu dont nous allons parler, Durian de Oink Games, éditeur japonais.

Le jeu
Employé(e)s dans une boutique de fruits, les joueurs et joueuses vont devoir remplir des commandes, mais sans dépasser le stock de fruits disponibles. Le jeu se joue avec 31 cartes :
- 28 cartes fruits, au recto séparé en deux, chaque partie contenant un à trois fruits
- 3 cartes gorilles
Il y a quatre types de fruits : la fraise, la banane, le raisin et le durian, dans l’ordre du plus au moins courant. Les cartes fruits sont toutes composées d’une moitié avec un fruit, et d’une moitié avec deux ou trois fruits (du même type, mais différent du type sur l’autre moitié). Les cartes gorilles sont de trois types :
- Bleue, qui annule les commandes de trois fruits
- Violette, qui n’a pas d’effet
- Rose, qui annule les commandes de bananes
Toutes les cartes fruits et gorilles sont mélangées, et chaque joueur ou joueuse reçoit une carte qu’il ou elle ne regarde pas, mais montre à tous ses adversaires, chacune et chacun voyant donc les cartes de tous les autres, sauf la sienne. Les fruits sur les cartes représentent le stock du magasin.
À son tour, le joueur ou la joueuse active va pouvoir effectuer une des deux actions suivantes :
- Tirer une carte de la pile, et l’ajouter à la commande
- Appeler le gérant
Si il ou elle ajoute une carte à la commande, il ou elle choisit quelle moitié de la carte sera prise en compte, et il ou elle pose la carte au milieu, avec les autres cartes commandes. Si la carte est un gorille, le joueur ou la joueuse choisit une des cartes déjà posées dans la commande, et inverse son sens.
Le joueur ou la joueuse qui pense que la somme des fruits de la commande dépasse le stock disponible peut décider d’appeler le gérant au lieu de placer une carte dans la commande. Dans ce cas, on compte les fruits de la commande, et on compare le total au stock (chaque joueur et joueuse révélant alors sa carte). S’il y a une ou des cartes gorilles dans le stock, leur pouvoir s’applique. Si le joueur ou la joueuse a raison, le joueur ou la joueuse précédent(e) prend un jeton colère (de 1 à 7). Sinon, c’est celui ou celle qui a appelé le gérant qui prend le jeton colère. On mélange alors les cartes et un nouveau tour commence.
Fin de partie
La partie prend fin quand un joueur ou une joueuse atteint ou dépasse sept points de colère (en additionnant la valeur des jetons). Celui ou celle qui a le plus petit total remporte la partie.

Le matériel
Le matériel de Durian est simple : des cartes fruits ou gorilles, un marqueur de commande en carton, des jetons colère (en carton eux aussi), des supports en bois, et, en gadget, une petite clochette pour appeler le gérant. Tout cela dans une boîte classique chez Oink Games, c’est-à-dire (très) petite, et facilement transportable. L’esthétique est aussi simple, mais fonctionne très bien. Les fruits sont facilement reconnaissables et distincts. Pas de problème de couleur ou de forme confondables.
Comme d’habitude chez cet éditeur, le livret est compact, mais sans pour autant perdre en clarté. L’écriture est petite, mais reste lisible.
Durian, verdict
Durian est un jeu de stop ou encore avec information incomplète. Encore un, pourrait-on penser. À raison. Mais si Durian rappelle des jeux comme Coyote (2003) ou le très récent (et excellent) Flip 7, il ne tombe pas dans le piège d’une réimplémentation telle quelle. Le mélange entre les cartes représentant le stock disponible et les cartes tirées pour passer la commande, ainsi que le choix possible de la moitié de la carte commande, le rendent différent des jeux classiques de stop ou encore. Il y a ici beaucoup plus de possibilités de combinaisons, et les joueurs et joueuses pourront cacher leur stratégie plus longtemps.
Les cartes gorilles, et leur fonctionnement différent, selon leur tirage stock ou commande, ajoutent également une incertitude supplémentaire, qui peut complètement tromper même le plus fin des stratèges, ce qui rend le jeu intéressant pour toutes et tous, quel que soit l’âge ou le niveau des personnes autour de la table. Il faudra toutefois rester attentif au cours de la partie aux annonces des autres, et savoir lire leurs expressions, comme dans tout bon jeu de bluff. Il ne sera donc pas possible de faire autre chose à côté, au risque de perdre systématiquement (et je parle d’expérience).
Le déclenchement de la fin de partie dès qu’un joueur ou une joueuse atteint les sept points permet également de garder la partie vivante plus longtemps. Personne n’est à l’abri de perdre, jusqu’à la fin de la partie. C’est cela qui permet de ne pas tuer le jeu trop rapidement, ce qui ajoute un intérêt réel.
On a aimé :
Le format parfait pour emmener partout (même si l’original ne peut pas voyager en avion !), la mécanique qui twist intelligemment le genre, et cette satanée clochette qui ajoute une théâtralité délicieuse aux parties.
On a moins aimé :
L’absence totale d’odeur (on aurait pu avoir un scratch and sniff pour l’immersion), et le fait qu’on ne puisse pas vraiment faire autre chose pendant qu’on joue – bye bye le multitasking.
C’est plutôt pour vous si…
Vous aimez les jeux où il faut lire les autres comme un livre ouvert, vous appréciez les mécaniques qui font suer dans le bon sens du terme, et vous cherchez un jeu qui rentre dans une poche sans faire exploser votre budget.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
Vous détestez le bluff ou les stop-ou-encore, vous préférez les jeux où tout est visible sur la table, ou vous avez une allergie aux fruits (même en carton).
Durian prouve qu’un jeu peut sentir bon même quand il s’inspire du fruit le plus odorant du monde – et contrairement à son homonyme, celui-ci ne vous fera pas fuir les transports en commun ! Un jeu de stop ou encore malin, dans un format de poche
Excellent !

- Date de sortie : 2020
- Langue : Française
- Fabriqué en : Chine
- ITHEM : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 4 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Masato Uesugi
- Illustrations : Hirako Izumida
- Édition : Oink games
- Nombre de joueurs et joueuses : 2 – 7 (clairement meilleur à 5-7)
- Âge conseillé : Dès 7 ans (bonne estimation)
- Durée : 20 minutes
- Thème : Fruit, alimentation
- Mécaniques principales : Stop ou encore, bluff. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici
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