Peaks (deluxe) : Quand l’altitude fait mal au portefeuille
đïž Peaks (deluxe) : 90⏠pour planter des drapeaux ? Notre test complet du jeu d’alpinisme premium. Engine building & tag along au menu !
Peaks : De lĂ -haut je vois ma maisooooonâŠ

â ïž Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous nâavons reçu aucune contrepartie de la part de lâĂ©diteur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
Lâessentiel en 3 points :
- Jeu d’alpinisme premium Ă 90⏠avec matĂ©riel impressionnant mais quelques dĂ©fauts de finition
- Gameplay simple et efficace avec une mĂ©canique de « tag along » originale qui maintient l’engagement
- Note de 3,5/5 : bon jeu d’engine building gĂąchĂ© par un prix excessif et un mode solo dĂ©cevant
Ă peine ai-je eu le temps de poser mes valises, de retour de vacances, que je remarque dĂ©jĂ la silhouette massive d’une boĂźte de jeu laissĂ©e par l’Ă©quipe de rĂ©daction de Gus&Co trĂŽnant sur mon bureau⊠D’un pas rendu malhabile par mes tongs encore ensablĂ©es, je me dirige vers le colis agrĂ©mentĂ© d’un post-it jaune pastel. En soulevant mes lunettes de soleil, dĂ©voilant mes fiĂšres marques de bronzage, je lis le mot laconique : « on t’a laissĂ© ça Ă tester, j’espĂšre que ça te va ? ». Le temps d’un soupir, je dĂ©couvre le titre aussi massif que la boĂźte : Peaks. SĂ©rieux, les Suisses ? Un jeu sur la montagne, moi qui suis team plage ?
(Pour information, ce test a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© entiĂšrement sous l’influence de « Just because of you » de Pierre Bachelet, que je vous invite Ă Ă©couter pour vous mettre dans l’ambiance).
Peaks, comme son nom l’indique, c’est un jeu sur les sommets. Attendez, ne partez pas tout de suite ! Pas comme le G7 ou le G20, non, plutĂŽt comme ceux qui culminent Ă des milliers de mĂštres d’altitude. Il va vous mettre dans la peau d’alpinistes qui vont se mesurer aux plus cĂ©lĂšbres montagnes du monde, dans le but de planter leurs drapeaux tout en haut pour la beautĂ© du geste, la gloire et⊠la victoire. C’est un jeu Ă©ditĂ© chez l’amĂ©ricain Tangerine Games pour 1 Ă 6 joueurs dĂšs 12 ans et des parties annoncĂ©es entre 2 et 3h.
La montagne, ça vous gagne, et les hauteurs alpines, ça vousâŠ
(ndlr : hĂ©, c’est un site familial ici, pas de grivoiseries svp)
La premiĂšre chose qui vient quand on voit la boĂźte de Peaks (deluxe), c’est wow⊠C’est du lourd (au sens propre comme au figurĂ©).

Elle pĂšse 2,5 kg, autant que votre estomac aprĂšs une bonne raclette au chalet, pour vous faire une idĂ©e. Le visuel du couvercle de l’artiste Nilanjan Malakar est de toute beautĂ©, avec un massif et tape-Ă -l’Ćil « Peaks » en lettres gaufrĂ©es effet aluminium bleu irisĂ©. Il capture l’essence mĂȘme de l’alpinisme, le dĂ©passement de soi et l’entraide, suggĂ©rĂ©s par les personnages se tenant la main pour progresser. C’est tellement beau qu’on en pleurerait. Avant mĂȘme donc d’avoir ouvert la boĂźte, celle-ci hurle « premium » (et on entend mĂȘme « premium⊠premium⊠premium⊠» avec l’Ă©cho).
Pourtant⊠que la montagne est beeeelleuâŠ
Ă l’intĂ©rieur, les attentes ne sont de prime abord pas déçues, l’aguichage n’Ă©tait pas vain. On dirait que Marie KondĆ est passĂ©e par lĂ , chaque chose a une place et chaque place a une chose. Des rangements pour des cartes d’une belle Ă©paisseur, des dĂ©s spĂ©ciaux multicolores, des petits drapeaux, des marqueurs et des pions alpinistes en bois vernis, des plateaux individuels en carton rigide et des logements embossĂ©s pour les jetons⊠Bref, on comprend pourquoi c’Ă©tait lourd comme une blague de Bigard.
Le massif de la Touffe et la coulée du Grand Bronze
Quelques bémols toutefois.
D’abord, dommage qu’un jeu sur la montagne et la nature soit si plein de⊠plastique. MĂȘme si les boĂźtes de rangement et les petits drapeaux sont pratiques et Ă©lĂ©gants, ils sont autant d’Ă©lĂ©ments pas trĂšs Ă©cologiques ni raccords avec le thĂšme. Que dire des dĂ©s qui sont en fait de⊠simples marqueurs.
Ensuite, mĂȘme si le plateau de jeu central de Peaks paraĂźt costaud Ă premiĂšre vue, il nous a semblĂ© un peu fragile aux jointures, et on peut Ă©mettre des doutes sur sa longĂ©vitĂ© avec un usage rĂ©pĂ©tĂ©.
Enfin, le choix des couleurs pour les cubes en bois laisse perplexe : pas toujours simple Ă diffĂ©rencier, on peut les confondre dans le feu de l’action (ex : un vert foncĂ© et un vert clair, on pouvait faire mieux pour distinguer, un gris qui est dĂ©crit comme un blanc dans les rĂšglesâŠ).
Ce n’est pas bien grave tout ça, me direz-vous. Certes. Mais pour un jeu premium Ă presque 90⏠(!), on est en droit d’attendre la perfection. Bref. On y reviendra plus tard.
Le planté de bùton

Passons plutĂŽt au cĆur du jeu lui-mĂȘme. Les rĂšgles (en anglais), bien qu’assez nombreuses, sont trĂšs bien rĂ©digĂ©es, avec ce qu’il faut d’exemples pour les illustrer. De plus, un rĂ©sumĂ© bien pratique est fourni en toute fin du livret, et les aides de jeu sous forme de cartes pour chaque joueur permettent encore plus de s’y retrouver. Sur ce point, on se sent vraiment comme avec le moniteur sur une piste verte.
Succinctement, le but du jeu va ĂȘtre d’arriver Ă collecter le maximum de drapeaux qui seront autant de points de victoire en fin de partie. Ces derniers sont acquis en escaladant des sommets bien sĂ»r, mais aussi en rĂ©alisant des objectifs bonus.

Au dĂ©but de la partie, chaque joueur reçoit tous les Ă©lĂ©ments (drapeaux, cubes, marqueurs, pion alpiniste) de sa couleur ainsi qu’un plateau individuel qui gardera le compte de son Ă©volution. Bien sĂ»r, ses caractĂ©ristiques, son expĂ©rience et son Ă©quipement sont limitĂ©s au dĂ©but, mais tout cela va s’amĂ©liorer au fur et Ă mesure du jeu. On reçoit Ă©galement deux cartes « montagnes » du paquet de difficultĂ© A (il existe un paquet B, plus ardu, qui arrivera plus tard dans le jeu quand les alpinistes seront plus chevronnĂ©s). Ces montagnes sont des objectifs potentiels Ă rĂ©aliser, et on n’a pas le droit d’en possĂ©der plus de 4 (il faudra dĂ©fausser sinon).
C’est encore loin ?
Enfin, on distribue Ă chaque joueur 2 cartes « boost » qui dĂ©terminent Ă quel niveau votre alpiniste est niveau Ă©nergie, endurance, expĂ©rience et nombre de compagnons de voyage. On en choisit une et on dĂ©fausse l’autre.
Vous voilĂ enfin parĂ© ! Et votre pion alpiniste dĂ©marre sur le continent oĂč vous vous trouvez dans la vie rĂ©elle actuellement.
Le gameplay est simplissime. à chaque tour, un joueur peut réaliser UNE action parmi 3 au choix :
- Se reposer : permet de voyager vers le continent de son choix, et de restaurer son Ă©nergie Ă son niveau initial, ou de l’augmenter du niveau d’amĂ©lioration de votre dĂ© correspondant sur votre plateau individuel si elle est dĂ©jĂ au maximum.
- Se prĂ©parer : permet de choisir une « montagne » dans la riviĂšre de 4 cartes visibles, et de s’Ă©quiper Ă©ventuellement du niveau d’amĂ©lioration de votre dĂ© correspondant sur votre plateau individuel.
- Escalader : enfin de l’action ! Permet de tenter l’ascension d’une des cartes « montagne » de votre choix devant vous, pour peu que vous satisfassiez aux exigences mentionnĂ©es dessus (niveau d’Ă©nergie suffisant pour payer le coĂ»t exigĂ©, et Ă©quipement nĂ©cessaire collectĂ© Ă dĂ©penser). Attention, certaines ascensions rĂ©clament une acclimatation, c’est-Ă -dire d’ĂȘtre dĂ©jĂ prĂ©sent dĂšs le dĂ©but du tour dans le continent oĂč se trouve la montagne visĂ©e ! Cela oblige donc Ă faire le dĂ©placement le tour d’avant.
Si tu veux un conseil, oublie que t’as aucune chance. On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher

Enfin, sachez que certaines montagnes rĂ©clament un niveau d’expĂ©rience minimum pour ĂȘtre escaladĂ©es⊠Si vous ne l’avez pas, vous pouvez quand mĂȘme tenter l’ascension, mais vous devrez faire un jet de dĂ© de danger (!) pour chaque point d’expĂ©rience qui vous manque. Et il suffit d’un seul rĂ©sultat nĂ©gatif pour qu’il y ait Ă©chec. Toutefois, pas de panique, aucune tragĂ©die, vous ne dĂ©visserez pas vers une chute mortelle et Ă©liminatoireâŠ
Cela signifiera simplement que vous n’avez pas rĂ©ussi Ă atteindre le sommet et que vous avez Ă©tĂ© contraint d’arrĂȘter avant la fin, ce qui vous octroiera tout de mĂȘme une partie des rĂ©compenses proposĂ©es sur la carte. Et que l’ascension soit un succĂšs ou pas, vous gagnerez au moins 1 point d’expĂ©rience (en fonction de l’amĂ©lioration ou pas de votre dĂ© correspondant sur votre plateau individuel).
On peut pas vraiment tout miser sur notre physique. Surtout toi

La particularitĂ© amusante de l’action « escalader », c’est que quand vous vous lancez dans une expĂ©dition, n’importe quel joueur peut se joindre Ă vous pour peu qu’il remplisse les exigences requises lui aussi, et vous ne pouvez pas refuser ! ConcrĂštement, cela fera baisser l’Ă©nergie nĂ©cessaire Ă l’entreprise pour vous deux, et pour lui, cela donne accĂšs Ă quelques rĂ©compenses Ă©galement (diffĂ©rentes des vĂŽtres, choisies selon les cartes).
Donc c’est plutĂŽt un deal gagnant-gagnant. Ce systĂšme malin de « tag along » permet d’Ă©viter l’attente passive et amĂšne un peu d’interaction. Il incite chacun Ă nĂ©gocier avec les autres pour rĂ©ussir un dĂ©fi corsĂ©, et Ă ĂȘtre attentif y compris quand ce n’est pas Ă son tour de jouer !

Les rĂ©compenses sont mentionnĂ©es sur la carte et sont de diffĂ©rents types : des drapeaux (points de victoire), de l’endurance (augmentation de votre niveau maximum d’Ă©nergie), des cartes bonus (objectifs qui vous octroieront des drapeaux supplĂ©mentaires en fin de partie ou que vous pouvez dĂ©penser pour un effet spĂ©cial en cours de jeu, le cas Ă©chĂ©ant), des compagnons (PNJ Ă nombre d’usages limitĂ© qui vous octroient des bonus et avantages/dispenses), des amĂ©liorations de dĂ©s (les marqueurs gain d’Ă©nergie, d’Ă©quipement ou d’expĂ©rience sur votre plateau individuel), et de l’expĂ©rience supplĂ©mentaire pour avancer sur la piste d’expĂ©rience.
Chaque sommet gravi avec succĂšs rejoint face cachĂ©e votre pile d’accomplissements.
Quand te reverraiiiiis-je⊠pays merveilleuuuuuxâŠ
Les tours successifs s’enchaĂźnent ainsi, entraĂźnant l’aguerrissement graduel de vos alpinistes matĂ©rialisĂ© par leurs progressions sur la piste d’expĂ©rience en haut du plateau central. Certains franchissements de checkpoints sur celle-ci dĂ©clencheront des amĂ©liorations de vos actions, mais passĂ© le milieu environ, Ă©galement le changement du paquet de « montagnes » du paquet de difficultĂ© A pour le paquet de niveau B⊠et lĂ , fini les plaisanteries, on attaque dans le dur avec des sommets comme l’Everest, l’Annapurna et j’en passe !
Elle descend de la montagne Ă chevalâŠ

La fin de partie est dĂ©clenchĂ©e par la pose par l’un des joueurs de son dernier drapeau sur la carte du monde, qui ne signale pas forcĂ©ment sa victoire ! En effet, les autres joueurs en effectuent encore un dernier et ce n’est qu’alors que les comptes sont faits.
On marque un point pour chaque drapeau plantĂ© sur la mappemonde, mais aussi pour chaque continent oĂč on est majoritaire, et pour chaque adversaire Ă ses cĂŽtĂ©s ayant moins de drapeaux sur la carte que soi. Un bonus de 2 points est Ă©galement attribuĂ© quand on a escaladĂ© avec succĂšs un sommet sur chaque continent. Enfin, les cartes bonus obtenues en rĂ©compenses octroient elles aussi des points supplĂ©mentaires si l’on satisfait les objectifs particuliers dĂ©crits dessus.
Une fois la salade de points terminĂ©e, on fait le total et le plus Ă©levĂ© lâemporte. En cas d’Ă©galitĂ©, l’alpiniste possĂ©dant le pic le plus Ă©levĂ© (qui a dit que la taille ne comptait pas ?) dans sa pile d’accomplissements gagne !
La neige elle est trop molle !
Ă noter qu’il existe un mode solo bien travaillĂ© avec des cartes dĂ©diĂ©es pour simuler un joueur « automa » comme adversaire, mais ce dernier ne m’a pas sĂ©duit. L’alĂ©atoire des actions qu’il entreprend ne le rend pas trĂšs compĂ©titif, et disons qu’il a le mĂ©rite d’exister pour se familiariser tranquillement au fonctionnement du jeu, avec un vin chaud Ă©ventuellement, c’est tout.
Cet automa peut aussi se rajouter dans une partie Ă deux joueurs, mais bien que nous n’ayons pas testĂ© cette configuration, on s’interroge sur sa pertinence et on se demande si ce n’est pas parce que le jeu est plus intĂ©ressant Ă partir de 3 joueurs ou plus.
Peaks, verdict
Alors, Peaks, c’est bien ?
Oui, plutĂŽt.
Ă ma grande surprise, pas emballĂ© Ă la base par la perspective d’un jeu sur l’alpinisme, force est de concĂ©der aprĂšs les parties effectuĂ©es que le jeu est plaisant. AprĂšs une brĂšve phase d’inquiĂ©tude face aux fourmillements de petites rĂšgles et de cas particuliers Ă prendre en compte, il faut admettre que tout cela au final s’avĂšre fluide et logique.
Tout est fait qui plus est, depuis les rappels sur les plateaux jusqu’aux aides de jeu, pour contribuer Ă faciliter l’expĂ©rience pour les joueurs. Le thĂšme est particuliĂšrement bien rendu, ce qui n’Ă©tait pas forcĂ©ment Ă©vident avec un jeu qui aurait pu ĂȘtre plutĂŽt calculatoire et⊠froid (raccord avec le thĂšme pour le coup, ça).
La simplicitĂ© du trio d’actions possibles y est pour beaucoup : on se surprend Ă vraiment se demander si on ne ferait pas mieux de se reposer aprĂšs une ascension difficile, Ă prĂ©parer son Ă©quipement en lorgnant sur un nouveau dĂ©fi Ă sa portĂ©e parmi les sommets disponibles, ou Ă serrer les fesses quand on se lance dans une escalade un peu trop ambitieuse pour soi⊠Et enfin on ressent presque l’ivresse des cimes quand on plante fiĂšrement son drapeau sur la carte !
MaisâŠ
Car il y a un « mais ».
Excusez-moi mais vous ĂȘtes en train d’uriner sur ma voiture.
MĂȘme si le jeu est beau, plutĂŽt bien fichu, il y a des petits dĂ©fauts (cf. le dĂ©but de cet article) qui, sans ĂȘtre rĂ©dhibitoires, sont regrettables. Passe encore sur un jeu Ă 40 ou 60⏠(encore queâŠ), mais là ⊠90âŹ, sĂ©rieusement ? D’ailleurs, mĂȘme s’il Ă©tait parfait, on est en droit de se poser ce qui, Ă notre Ă©poque dans un contexte Ă©conomique un peu tendu (euphĂ©misme), justifie un tel prix pour ce qui n’est finalement « que »⊠un jeu de sociĂ©tĂ©.
Alors bien sĂ»r, il y a la passion me direz-vous, la recherche et le dĂ©veloppement, et le fait que le « beaucoup » de certains est le « correct » d’autres. Et cette surenchĂšre, c’est aussi peut-ĂȘtre propre Ă ces jeux issus du crowdfunding. Certes. Mais arrĂȘtons un peu lâemballement et mettons les choses un brin Ă plat. Je ne peux mâempĂȘcher de penser (et ça n’engage que moi) que pour du carton et du plastique, on atteint quand mĂȘme un seuil un peu critique du consommateur vache Ă lait.
OĂč se trouve le (votre ?) seuil d’acceptabilitĂ© du coĂ»t par rapport Ă la qualitĂ© (relative) du matĂ©riel ? Quand s’arrĂȘtera la course folle des Ă©ditions avec toujours plus d’Ă©lĂ©ments, plus de premium qui brille, plus de titres sortis Ă l’annĂ©e ? Et pourquoi pas un Peaks version DELUXE + ? Qui a volĂ© l’orange du marchand ? Qu’est-ce qui vient en premier, l’Ćuf ou la poule ? Autant de questions fondamentales qui mĂ©ritent d’ĂȘtre posĂ©es, et auxquelles je n’ai bien sĂ»r pas les rĂ©ponses.
Je sens que je vais conclure
En dĂ©finitive, pour rĂ©sumer, Peaks est un bon jeu d’engine building et de prise de risque. Vraiment.
On sent le gros boulot de game design derriĂšre, et les heures de playtesting passionnĂ©es. L’auteur, le britannique Sam Gray, sans ĂȘtre alpiniste, vit dans le Peak District au Royaume-Uni et confesse aimer la randonnĂ©e. Il avoue aussi ĂȘtre admiratif de Wingspan, et sans le copier, s’en est inspirĂ© pour tenter Ă sa façon de communiquer son goĂ»t pour les hauteurs rocailleuses.
Il s’est Ă©galement adjoint les conseils et avis de guides de haute montagne pour rester le plus fidĂšle que possible au rĂ©el. Et c’est perceptible. Le rĂ©sultat est que, mĂȘme si on n’est pas un mordu des cimes enneigĂ©es, on se laisse embarquer par le thĂšme. Et on passe un bon moment.
Donc, mĂȘme s’il n’est pas parfait comme on l’a vu, pour peu que vous en ayez l’occasion (ou le portefeuille suffisant), on ne peut que vous conseiller de chausser vos crampons, prendre votre piolet et partir Ă l’assaut de ses dĂ©fis !
On aime
- Les modules de rangement de la boĂźte
- L’immersion dans un thĂšme ardu
- La mécanique originale de « suivi » (tag along) pendant le tour des adversaires
On aime moins
- Les petits couacs du matériel
- Le mode solo et son joueur automa pas toujours efficace
- Le prix plutĂŽt excessif
C’est fait pour vous siâŠ
- Passer 2h ou plus devant un plateau plein de pions ne vous effraie pas
- Vous avez le goût de la planification du risque calculé
- La fondue savoyarde vous attire davantage que les accras
Ce n’est pas fait pour vous siâŠ
- Vous aimez les parties rapides et préférez High Risk
- Vous préférez les jeux japonais minimalistes
- Vous préférez remplir votre caddie pour la semaine plutÎt que de manger du carton
Peaks, c’est comme une vraie expĂ©dition en montagne : ça coĂ»te cher, c’est long, parfois frustrant, mais bizarrement, on a envie d’y retourner â surtout si c’est quelqu’un d’autre qui paye l’Ă©quipement.
Pas mal !
FAQ
Qu’est-ce que Peaks (Deluxe) ?
Un jeu dâalpinisme pour 1â6 joueurs (2-3h), oĂč lâon plante des drapeaux au sommet des montagnes cĂ©lĂšbres en gĂ©rant Ă©nergie et Ă©quipement.
Quelles sont les principales caractéristiques du gameplay ?
Trois actions : se reposer, se préparer, escalader. Objectif : poser des drapeaux. Mécanique originale de tag along et progression par engine building.
Quels sont les points forts du matériel et du design ?
Boßte massive (2,5 kg), couvercle signé Nilanjan Malakar, rangement optimisé, pions bois vernis, cartes épaisses, rÚgles claires et aides pratiques.
Quels sont les défauts ou points faibles notés ?
Trop de plastique, plateau fragile, cubes peu lisibles, solo dĂ©cevant, prix Ă©levĂ© (90 âŹ) pour un matĂ©riel carton/plastique.
Comment la difficulté du jeu évolue-t-elle ?
On dĂ©bute limitĂ©, puis les montagnes deviennent plus ardues (niveau B avec Everest, Annapurna) Ă mesure que lâexpĂ©rience progresse.
Comment se déroule la fin de partie et le calcul des points ?
Fin quand un joueur place son dernier drapeau. Points : drapeaux, majoritĂ©s, diversitĂ© des continents, objectifs bonus. ĂgalitĂ© dĂ©partagĂ©e par le plus haut sommet gravi.
Qu’est-ce que la mĂ©canique de « tag along » et pourquoi est-elle apprĂ©ciĂ©e ?
Permet de suivre une expĂ©dition adverse pour rĂ©duire lâĂ©nergie et partager les rĂ©compenses, Ă©vitant lâattente et stimulant lâinteraction.
à quel type de joueur Peaks est-il destiné et à quel prix ?
Pour amateurs de planification, risque et engine building. Moins adaptĂ© aux joueurs rapides/minimalistes. Bon jeu, mais cher Ă 90 âŹ.
- Date de sortie : Septembre 2025
- Langue : Anglaise
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 4 sur 5. Pour en savoir plus sur lâITHEM dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici.
- IGUS : 3,5 sur 5. Pour en savoir plus sur lâIGUS dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici.
- EcoScore : E. Si vous voulez en savoir plus sur lâEcoScore dans les jeux de sociĂ©tĂ©, câest ici

- Label DĂ© Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label DĂ© Vert, câest ici.
- Création : Sam Gray
- Illustrations : Nilanjan Malakar
- Ădition : Tangerine Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 1-6
- Ăge conseillĂ© : DĂšs 12 ans
- Durée : 2 à 3h
- ThĂšme : Nature, montagne
- MĂ©caniques principales : Cartes, engine building, prise de risque. Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, câest ici.
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6 Comments
Guillaume
Bonjour Gus and co. Avez vous tester Mountaineers sur le thĂšme de la montagne? J’avais participĂ© Ă la traduction française.
patrikcarpentier
C’est vrai qu’Ă 100-10 euros, devant un plateau qui Ă©voque le fameux Risk avec des petits cubes et diverses fiches, on peut se montrer exigeant, d’autant que j’ai la nette impression que ce jeu pourrait en valoir 3 fois moins (voire 4 fois) pour finalement le mĂȘme plaisir.
Merci Ă G&C d’avoir donnĂ© son avis pragmatique sans avoir passĂ© la brosse Ă reluire..
Oui, High Risk est trĂšs fun, et souvent mes visiteurs veulent faire plusieurs parties.
Nota : il manque la vidĂ©o de l’immortelle chanson « Quand te reverrai-je ». Un tel oubli n’est pas sĂ©rieux, je suis dĂ©ceptionnĂ© ! đ
Gus
« Nota : il manque la vidĂ©o de lâimmortelle chanson « Quand te reverrai-je ». Un tel oubli nâest pas sĂ©rieux, je suis dĂ©ceptionnĂ© ! đ »
Pour punir notre chroniqueur Fred de ce misĂ©rable oubli, on vient de l’inscrire pour un stage de ski en fĂ©vrier prochain Ă la montagne. Il apprendra le plantĂ© de bĂąton, ça lui fera les pieds / Ă©paule.
Fred de Gus&Co
Câest de la maltraitance! đ
Gus
đ
Fred de Gus&Co
Haha oui, jây avais pensĂ© mais je crois que tout le monde lâa dans la tĂȘte naturellement đ
Et je nâirai pas jusquâĂ comparer le jeu avec Risk, je respecte le travail de lâauteur qui a fait un bon boulot, mais en effet je ne souscris pas Ă la relative dĂ©mesure matĂ©rielle et lâengouement (Ă©phĂ©mĂšre?) que jâai pu lire dessus par ailleurs đ€·đ»ââïž