Finspan : Il est pas frais mon poisson ?
🐟 Entre Wingspan et Wyrmspan, Finspan se démarque par une approche épurée : placez vos poissons, plongez et émerveillez-vous sous l’océan.
Finspan

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
En bref :
- Un Wingspan sous l’eau ? Finspan reprend l’ADN de la série en proposant un engine-builder plus épuré et centré sur la défausse de cartes pour payer.
- Cycle de vie marin : œufs, jeunes, bancs de poissons, le tout coordonné avec des objectifs scientifiques et des plongées dans trois zones de profondeur.
- Un opus accessible : moins complexe que Wyrmspan, Finspan allie immersion et fluidité, avec un matériel soigné et un engagement éco-responsable.
Fini de planer avec Wingspan ! Enfilez vos palmes et préparez-vous à plonger sous les mers : bienvenue dans Finspan.
Bienvenue dans l’univers aquatique de Finspan, le tout nouveau jeu de société qui nous fait plonger sous l’océan après nous avoir fait voler avec Wingspan et rugir avec Wyrmspan. Annoncé en début d’année, ce troisième opus de la série “span” a surpris tout le monde – on a même cru à un poisson d’avril, mais non, Finspan est bien réel.
En tant que grand fan de Wingspan, je ne pouvais qu’être enthousiaste : Stonemaier Games (l’éditeur de la VO) nous propose ici un engine-builder (jeu de construction de moteur) au cœur des abysses, avec des poissons à collectionner, des œufs à pondre et bien d’autres trucs et bidules. Est-ce que Finspan va faire des vagues dans le petit monde ludique ? C’est ce que nous allons voir aujourd’hui ensemble.
Les mécaniques de jeu de Finspan
Les créateurs de Finspan (David Gordon et Michael O’Connell) ont repris la recette qui a fait le succès de Wingspan tout en y ajoutant une touche océanique (à peu près) innovante. Le jeu se déroule sur quatre “semaines” de recherche sous-marine (quatre manches), durant lesquelles chaque joueur et joueuse effectue six tours par semaine, soit 24 actions au total en plaçant ses meeples plongeurs, un par tour. Contrairement à Wingspan où le nombre d’actions diminuait à chaque manche, ici la progression est linéaire, ce qui donne un rythme de partie fluide du début à la fin. Tout le monde joue le même nombre de tours, ce qui n’était pas toujours le cas dans Wyrmspan.
Chaque joueureuse incarne un scientifique marin qui explore trois zones de profondeur : la zone photique jusqu’à 200m, la zone dysphotique entre 200 et 1000m, et enfin la zone aphotique (ou abyssale) au-delà de 1000m. Ces zones correspondent aux habitats de vos poissons et sont au cœur de vos actions de jeu. Finspan propose principalement deux types d’actions, très simples à comprendre :
- Jouer une carte Poisson : Vous ajoutez un nouveau poisson à votre océan personnel (votre tableau de cartes VERTICAL, pour le coup, pour rester cohérent, au contraire de Wingspan et Wyrmspan). Pour cela, vous payez son coût en défaussant d’autres cartes de votre main – fini les jetons Nourriture à collecter, ici on “sacrifie” d’autres poissons pour en jouer un plus intéressant Astucieusement, les cartes défaussées ne sont pas perdues définitivement : elles vont dans une défausse personnelle, un cycle qui évoque la chaîne alimentaire marine. Il faudra donc gérer sa main de cartes avec soin : quelle carte garder, laquelle jeter pour en poser une autre ? Ce système renouvelle complètement la façon de payer les cartes dans la série Wingspan, et j’ai trouvé ça brillant car très thématique – vos petits poissons “nourrissent” en quelque sorte l’arrivée des plus gros.
- Plonger : C’est l’action inédite de Finspan. Vous envoyez un de vos meeples plongeur explorer l’une des trois zones de profondeur. Concrètement, cela déclenche deux choses : d’abord le bonus du site de plongée (chaque zone a une spécialité), puis l’activation des cartes. On se sent vraiment à la tête d’une expédition scientifique sous-marine, à observer la faune marine et à récolter des spécimens. Cette mécanique de plongée rappelle le principe des habitats dans Wingspan (forêt, prairie, marais) où chaque action activait une rangée de pouvoirs, mais elle est ici parfaitement intégrée au thème marin – envoyer un plongeur, c’est plus immersif que de poser un cube Action !
La progression au fil de la partie suit d’ailleurs le cycle de vie marin : en début de partie, on se concentre sur des petits poissons faciles à jouer et sur la ponte d’œufs. En milieu de partie, on commence à faire éclore les œufs en jeunes poissons et à jouer des espèces plus imposantes. En fin de partie, on déploie de grands poissons aux effets puissants et on forme des bancs (regrouper plusieurs jeunes poissons) pour maximiser les points.
Cet enchaînement thématique est très naturel et donne vraiment l’impression de développer un écosystème au fil des 4 semaines. Au final, le vainqueur sera celui ou celle qui aura accumulé le plus de points de victoire grâce à ses poissons joués, aux œufs pondus, aux jeunes poissons élevés, aux bancs constitués, ainsi qu’aux objectifs scientifiques accomplis tout au long des semaines / manches (il existe en effet des tuiles Objectif qui rappellent les objectifs de fin de manche de Wingspan).
Finspan reste donc un jeu de collection de cartes et de combos (engine-building) dans la lignée de ses prédécesseurs, mais avec des nouveautés de gameplay marquantes : un système de coût en cartes (épurant la gestion de ressources), une action de plongée multifonction, et une gestion de la vie aquatique (œufs -> jeunes -> bancs) qui ajoute une couche stratégique inédite. Malgré ces ajouts, le jeu est relativement accessible, plus léger en complexité que Wingspan lui-même. En effet, exit les dés à lancer pour la nourriture et les bonus un peu alambiqués : Finspan n’a pas de dé du tout (plus besoin de relancer la mangeoire !), pas de pouvoir “entre tours” trop compliqué à surveiller, ni de cartes Bonus personnelles à gérer.
Tout a été fait pour que les règles soient fluides et qu’on se concentre sur l’essentiel : nos poissons, les objectifs hebdomadaires, et nos pouvoirs de fin de partie. Moins de règles ne veut pas dire moins de fun, rassurez-vous !
Avant ça, un dernier mot sur l’aspect scientifique et pédagogique du jeu. Finspan suit la voie tracée par Wingspan en intégrant de véritables informations naturalistes. Les auteurs ont collaboré avec des biologistes marins pour garantir la fidélité scientifique : les profondeurs et espèces présentées correspondent à la réalité (avec par exemple des poissons abyssaux aux propriétés bioluminescentes, etc.). Chaque carte Poisson comporte des anecdotes sur son comportement et son habitat, et des icônes de traits spécifiques (bioluminescence, camouflage, électrolocation…) qui ajoutent du gameplay tout en reflétant des caractéristiques réelles. J’adore ce souci du détail qui permet de s’instruire en jouant.
Et pour couronner le tout, l’éditeur s’est engagé concrètement en annonçant un don de 10 000 $ à des associations de protection des océans lors du lancement – la classe ! Finspan n’est pas juste un jeu sur la vie marine, c’est aussi un bel ambassadeur pour la sensibilisation environnementale.
Comparaison avec Wingspan et Wyrmspan
Difficile de ne pas comparer Finspan à ses deux aînés tant ils forment une trilogie à la fois cohérente et variée. Wingspan, sorti en 2019, a été le phénomène que l’on sait : un jeu de moteur accessible, poétique et malin, où l’on collectionne des oiseaux et leurs œufs. Wyrmspan, apparu en 2024, a pris tout le monde de court en transposant ces mécaniques dans un univers de dragons fantastiques, avec une ambition clairement affichée d’être une “évolution, pas une révolution” du gameplay Wingspan. Et voici que Finspan en 2025 nous emmène sous la mer. Quels sont les points communs entre ces jeux, et en quoi Finspan apporte-t-il quelque chose de nouveau ? Faisons le tour.
L’ADN commun
Les trois jeux partagent un cœur mécanique commun hérité de Wingspan : ce sont des jeux de cartes à effets, où l’on bâtit progressivement un moteur de ressources et de points. Dans chaque opus, on retrouve le plaisir de collectionner des espèces (oiseaux, dragons, poissons) avec leurs pouvoirs particuliers, de poser des œufs (eh oui, même les dragons y ont droit !), et de remplir des objectifs variables pour scorer.
Chaque jeu se joue de 1 à 5 personnes avec un mode solo très bien pensé par l’Automa Factory (le robot simulateur d’adversaire). La durée de partie tourne autour de 1 heure. On sent vraiment que Wingspan, Wyrmspan et Finspan appartiennent à la même famille de jeux – d’ailleurs Elizabeth Hargrave, l’autrice de Wingspan, a participé au développement des deux suivants pour assurer cette cohérence. Elle explique que ce fut « un casse-tête très intéressant que de contribuer à des jeux qui donnent l’impression d’appartenir à la même famille que Wingspan, tout en offrant une expérience de jeu différente ». L’objectif était donc de créer un “span-universe” où chaque titre garde l’esprit de l’original, mais avec sa propre identité ludique.
Wingspan vs Wyrmspan
Qu’a donc changé Wyrmspan par rapport à Wingspan ? Tout en conservant la base (3 rangées d’actions sur son plateau, cartes à comboter, œufs à pondre), Wyrmspan a complexifié et enrichi le gameplay. Par exemple, il a introduit quatre types de ressources fantastiques à la place de la simple nourriture de Wingspan : viande, lait, gemmes et or – logique pour nourrir des dragons ! Ces ressources multiples, ainsi que des pièces (monnaie) et toujours les œufs, offrent un aspect gestion plus poussé, parfois casse-tête car on jongle avec beaucoup d’éléments en même temps.
Autre changement majeur : Wyrmspan ne vous donne plus un nombre fixe d’actions par manche via des cubes à placer. À la place, les actions sont effectuées en dépensant des ressources (pièces et œufs). Cela ouvre la possibilité de faire plus d’actions si on gère bien ses ressources, et change la façon de planifier son tour. De même, l’action “Explorer” (équivalent de l’activation de ligne) se fait en déplaçant un pion dragonologue de gauche à droite sur la rangée, et non de droite à gauche comme le cube dans Wingspan – un détail qui surprend au début les habitués. Il fallait aussi excaver des cavernes avant de pouvoir y jouer un dragon , ajoutant une étape préparatoire absente de Wingspan où on peut jouer un oiseau directement.
En résumé, Wyrmspan demandait plus de réflexion : gérer un réseau de cavernes et un trésor de ressources en plus de son moteur de cartes. Cette montée en complexité a plu à de nombreux joueurs aguerris, d’autant que Wyrmspan offrait un contenu énorme (183 cartes de dragon différentes, contre 170 oiseaux dans Wingspan de base) garantissant une grande rejouabilité. Perso j’adore les dragons, mais j’ai entendu des retours trouvant les illustrations de Wyrmspan un peu trop chargées et les noms des dragons un peu farfelus, ce qui empêchait parfois de s’attacher autant qu’aux oiseaux réels de Wingspan. Question de goût ! Quoi qu’il en soit, Wyrmspan a démontré que l’univers Wingspan pouvait s’étendre avec succès vers du plus gros jeu, plus gamer, tout en restant fidèle à l’âme de la série.
Wingspan vs Finspan
Et où se situe donc Finspan dans cette évolution ? À ma surprise, Finspan est loin d’être le plus complexe des trois – au contraire, il se positionne comme un Wingspan plus simple et épuré sur certains aspects. On l’a vu, Finspan élimine les dés et les cartes bonus privées, et simplifie les coûts en utilisant les cartes elles-mêmes. Cela signifie moins de règles exceptionnelles à retenir (Wingspan avait les relances de dés, les pouvoirs roses “entre tours”, les bonus de fin de partie… que Finspan n’a plus). Finspan est donc potentiellement plus accessible à un public familial ou occasionnel, tout en conservant la profondeur de décision immédiate.
En fait, Finspan vous fait réfléchir au présent plus qu’à long terme : chaque tour, vous optimisez vos cartes en main et vos plongées pour les 2-3 prochains tours, sans avoir à anticiper dix enchaînements de combos plus tard. Wingspan incite à planifier très en avance des moteurs qui se cumulent, alors que Finspan garde votre attention sur des synergies de court terme et des objectifs immédiats, ce qui le rend plus facile à maîtriser.
Par ailleurs, Finspan introduit ses propres nouveautés qui le distinguent de Wingspan : la gestion œufs → jeunes → bancs apporte une sorte de mini-moteur interne (on peut décider de garder des œufs non-éclos pour des points ou de les faire éclore puis regrouper, selon les opportunités), et les sites de plongée thématiques changent un peu le feeling par rapport aux habitats de Wingspan. Enfin, le fait de payer les cartes en en défaussant d’autres modifie totalement la dynamique de pioche : dans Wingspan, on manquait souvent de nourriture pour jouer nos oiseaux; ici, on manque plutôt de cartes en main !
Mais la bonne nouvelle, c’est que Finspan facilite l’acquisition de cartes. Jouer des cartes et en piocher est bien plus facile dans Finspan, ce qui évite le démarrage poussif qu’on ressentait parfois dans Wingspan. Au final, selon moi, Finspan est différent de Wingspan par ses mécanismes (coût en cartes, rythme plus constant, combos moins explosifs) tout en en conservant l’essence (collectionner des bestioles, faire des combos, pondre des œufs et marquer des points).
Wyrmspan vs Finspan
Ces deux-là sont frères et pourtant presque opposés dans leur approche ! Wyrmspan a choisi la voie de la complexification et de la surenchère thématique (dragons légendaires, multiples ressources, artefacts magiques peut-être ?), tandis que Finspan revient à un thème naturaliste proche de Wingspan et opte pour la simplification intelligente de certains systèmes. Ainsi, Finspan n’a pas repris le système d’actions payantes en pièces de Wyrmspan, il a plutôt inventé sa propre façon de fluidifier le jeu (le paiement en cartes et la suppression de certains éléments superflus de Wingspan).
Le résultat, c’est que Finspan est beaucoup plus facile à prendre en main que Wyrmspan, et même un peu plus facile que Wingspan. Honnêtement, selon moi, il est bien plus aisé de convaincre des proches de jouer à Finspan, car il paraît plus digest et moins intimidant que Wyrmspan, tout en étant riche et fun.
Niveau thème, celles et ceux qui étaient un peu déroutés par les dragons imaginaires seront ravis de retrouver de vraies espèces dans Finspan, avec des illustrations et des faits réels. Si on est un peu refroidi par l’aspect fantasy de Wyrmspan, on appréciera l’idée de jouer avec des animaux marins. Cela ne veut pas dire que Wyrmspan est à oublier : il offre une expérience plus « gamer » que Finspan, et beaucoup continueront à y jouer pour relever ce défi plus corsé.
En fait, on peut imaginer que la gamme Wingspan propose désormais trois niveaux de jeu : Finspan le plus familial/fluide, Wingspan au milieu, et Wyrmspan le plus complexe. Trois jeux cousins, trois expériences différentes, à choisir selon l’humeur et le public !
Pour résumer ces comparaisons, voici un petit tableau récapitulatif des caractéristiques des trois jeux de la série :
| Aspect | Wingspan (2019) | Wyrmspan (2024) | Finspan (2025) |
|---|---|---|---|
| Thème | Oiseaux du monde (réel, nature) | Dragons et cavernes (fantastique) | Faune aquatique (réel, océan) |
| Auteurs et autrices | Elizabeth Hargrave | Connie Vogelmann (développement E. Hargrave) | David Gordon & Michael O’Connell (développement E. Hargrave) |
| Mécaniques de base | Engine-building, gestion de ressources (nourriture), dés + cartes | Engine-building ++ : multiples ressources (viande, gemmes…), dépenses de pièces pour agir, préparation de cavernes | Engine-building épuré : paiement en cartes (cycle alimentaire), actions de plongée sur 3 zones, focus court terme |
| Complexité | Moyenne (règles accessibles, combos possibles) | Élevée (plus de paramètres à gérer, stratégie plus pointue) | Intermédiaire (règles simplifiées mais choix tactiques variés) |
| Illustrations | Réalistes, oiseaux peints à la main (Natalia Rojas et al.) | Fantastiques, dragons hauts en couleur (C. Campardou) | Réalistes, vie marine détaillée (A.M. Martínez, C. Martínez, M. Schumacher) |
| Matériel notable | Œufs pastel en plastique, mangeoire-dés, plateau joueur 3 habitats | Œufs pailletés, ressources variées (pions viande, or…), plateau 3 rangées + pion explorateur | Œufs orange (jetons carton, ou pack deluxe “œufs squishy”), plateaux Océan individuels, meeples plongeurs |
| Solo | Oui (Automa) | Oui (Automa) | Oui (Automa « Nautoma ») |
On le voit, Finspan se distingue autant par son thème aquatique que par son approche mécanique allégée mais astucieuse. Il ne remplace pas ses prédécesseurs – il les complète. D’ailleurs, Jamey Stegmaier (le patron de Stonemaier Games) a assuré qu’il n’y avait pas d’autres projets en “-span” prévus pour le moment, l’éditeur souhaitant maintenant se concentrer sur ces trois jeux (oiseaux, dragons, poissons). La boucle est bouclée… du moins pour l’instant, car on ne serait pas contre un Catspan ou un Dinospan (là je dis BANCO !) un jour, juste pour le délire 😄.
Et le verdict général ? Pour l’instant, Finspan semble mettre tout le monde d’accord à la rédaction. Notre équipe a clairement souligné qu’il se démarque avec brio et intelligence. Finspan justifie son existence avec des systèmes allégés et une présentation unique. Il fait le taf, et il le fait bien ! Perso, je dois reconnaître que je n’ai pas boudé mon plaisir. Si on devait établir un classement, je dirais : JOKER ! Je pense que tout dépend du type de joueurs et de joueuses et de l’attente.
Un voyage sous-marin somptueux
Une DA qui fait plonger
Comme Wingspan et Wyrmspan, Finspan bénéficie d’un aspect visuel sublime. La boîte donne le ton avec son poisson volant argenté sur fond d’océan bleu – de quoi attirer l’œil des amoureux des mondes marins. L’équipe artistique (Ana María Martínez, Catalina Martínez et Mesa Schumacher) a réalisé un travail de ouf sur les 125 cartes de poissons, qui sont de véritables œuvres d’art détaillée.
Chaque illustration est non seulement belle à regarder, mais elle s’accompagne d’un petit texte instructif sur l’espèce, ce qui enrichit l’expérience de jeu autant visuellement que culturellement. Perso, j’imagine déjà passer de longues minutes à admirer chaque carte, tout comme je le faisais avec les oiseaux de Wingspan, tant la beauté de la nature y est bien retranscrite.

Des picto pratiques
L’iconographie sur les cartes, bien que dense, est claire une fois qu’on en a compris la signification. Les symboles (soleil pour la zone de surface, oeuf pour la ponte, etc.) s’intègrent discrètement aux illustrations sans surcharger. À noter que Finspan a fait le choix audacieux d’avoir très peu de texte explicatif sur les cartes de jeu (pour faciliter la localisation multilingue) : tout passe par des icônes et un code de couleurs. Cela peut sembler technique de prime abord, mais le livret et les aides fournies rendent le tout très abordable.
Sur la table, le jeu en jette : le mini-micro plateau principal est en fait un plateau d’objectifs (pour placer les tuiles Objectifs hebdomadaires), chaque joueur et joueuses ayant son propre plateau Océan personnel. Vertical, encore une fois. Ces plateaux individuels représentent les trois zones de profondeur, avec de superbes dégradés de bleu. Les cartes Poisson viennent s’y positionner, créant petit à petit votre écosystème marin coloré.
Un matos nature
En termes de matériel, Stonemaier Games sait y faire : la qualité est au rendez-vous. Les cartes sont au format habituel (et seront sleevables facilement pour les maniaques des protège-cartes). Les jetons Œuf et Jeune poisson sont en carton épais – de couleur orange pour les œufs, ce qui tranche un peu avec le reste du matériel plutôt dans les bleus/verts (certains trouvent que ça dénote, mais bon nombre de poissons pondent des œufs orangés, c’est thématique !
Les jetons “Banc” de poissons (pour représenter un banc formé) ont une forme rectangulaire et une teinte différente, faciles à identifier. Chaque joueur et joueuse dispose de 6 meeples Plongeur d’une couleur unique, mignons comme tout (or, rose, etc.). L’ergonomie a été bien pensée : les plateaux individuels comportent des emplacements clairs pour poser les œufs, les jeunes, etc., et un rappel des actions possibles. Un carnet de score est inclus pour comptabiliser poissons, œufs, jeunes, bancs et objectifs en fin de partie.
Côté fabrication, soulignons que Finspan est produit avec des matériaux certifiés FSC, garantissant une gestion responsable des forêts pour tout le papier et le carton utilisé. Stonemaier continue donc ses efforts éco-responsables, ce qui fait toujours plaisir. L’éditeur propose également, comme souvent, un pack d’accessoires deluxe optionnel pour les fans : on pourra se procurer séparément un pack avec des jetons en bois et même des œufs “squishy” (comprenez : de faux œufs de poisson en matière souple, probablement très fun à tripoter. Ce n’est pas indispensable pour jouer, mais les collectionneurs de belles éditions apprécieront de pouvoir pimper leur jeu avec ces composants améliorés.

Finspan, verdict
Avec tout ce qu’il propose, Finspan s’annonce comme un titre solide de 2025 pour nous, les passionnés de jeux de société et de nature. Ses mécaniques intelligentes, son thème original et immersif, ses illustrations à couper le souffle et son engagement écolo en font bien plus qu’un simple “Wingspan sous l’eau” : c’est un jeu à part entière, qui pourrait bien devenir un classique aux côtés de ses illustres prédécesseurs.
Oui, mais. Attention toutefois à trois écueils que nous avons relevés :
Une interaction polaire, un défaut récurrent ?
Comme pour Wingspan et Wyrmspan, Finspan se concentre avant tout sur la construction de son propre moteur. On joue dans son coin, et l’interaction directe se limite surtout aux objectifs communs et à la compétition pour certaines cartes disponibles. Résultat : si vous cherchez de la confrontation ou des mécanismes qui vous incitent à “gêner” vos adversaires, vous risquez d’être déçu. Dans Finspan, chacun peaufine sa stratégie de plongée, pond ses œufs, et active ses combos dans un confort assez solitaire. La “polaire” d’interaction signifie qu’elle peut sembler “froide” et cloisonnée pour celles et ceux qui aiment plus de tension. Alors oui, certes, les tuiles objectifs du plateau B ajoutent 3 points pour la personne qui a obtenu le plus de points pour cet objectif de cette manche, mais au final c’est presque cosmétique.
Tout ceci reste dans la continuité logique de la série “-span” : un certain plaisir contemplatif, couplé à la course au meilleur score, mais guère plus. Alors oui, parfois l’activation de certaines cartes adverses permet d’obtenir un truc par-ci, un bidule par-là, mais tout ceci semble bien artificiel et avoir été fait pour empêcher les gens de quitter la table hors de leur tour (pour aller faire la vaisselle, par exemple).
Pourquoi il vaut mieux oublier d’y jouer à 5
Autre bémol : Finspan supporte théoriquement jusqu’à cinq personnes, mais OUBLIEZ ! Le rythme s’alourdit trop au-delà de trois ou quatre. Les tours s’enchaînent moins vite, surtout si les participants réfléchissent longtemps. Sans parler de l’action Plonger qui peut déclencher une ribambelle d’effets et d’actions plus la partie avance.
Cette attente entre vos actions peut briser l’immersion (c’est le cas de le dire) et rendre la partie laborieuse. On pourrait même aller jusqu’à déconseiller d’y jouer à 4, considérant que l’expérience optimale se situe à 2, où l’on profite pleinement de la fluidité du moteur, sans subir d’interminables temps morts. Ainsi, si vous aviez l’intention de sortir Finspan à 5 pour une soirée animée, mieux vaut opter pour un autre jeu plus dynamique : ici, la sérénité aquatique peut vite se muer en impression de “nage en eau stagnante”.
Un jeu différent… mais (presque) pareil
Bien que Finspan introduise des nouveautés sympathiques (la Plongée, le cycle œufs → jeunes → bancs, et le paiement par défausse), non, Finspan ne révolutionne pas la formule. Oui, Finspan a sa propre identité, mais ça reste toutefois du -span. Si vous connaissiez déjà Wingspan, vous vous sentirez ici en terrain (aquatique) presque connu, avec un “habillage” marin et quelques mécaniques adaptées.
Certains diront que c’est “un stand-alone léger et original”, d’autres y verront “un simple re-skin sous l’eau”. Le ressenti dépendra donc de vos attentes : vous cherchiez du renouveau ? Ou plutôt la même recette enrichie de nouvelles saveurs ? Dans tous les cas, le feeling général reste proche de celui de la série “-span”, avec ses forces et ses limites habituelles.
De mon côté, malgré ces quelques écueils, vous l’aurez compris, j’ai été conquis par cette belle découverte et je suis impatient d’y rejouer pour tenter d’autres stratégies. Alors non, clairement, Finspan n’a pas été la même claque que Wyrmspan. Finspan est un très, très bon jeu. Mais pas nécessairement un incontournable de 2025. Est-ce à dire que le soufflé commence à retomber ? Qu’il y a une « -spanfatigue » qui commence à s’installer ? Je ne pense pas, non. Si vous avez aimé Wingspan ou Wyrmspan, ou que le monde marin vous fascine, je ne peux que vous conseiller d’y jeter un œil une palme. La communauté est déjà en ébullition – certains rêvent même déjà à des extensions ajoutant des baleines ou des crustacés dans le jeu !
Qui sait ce que l’avenir nous réserve dans l’océan de Finspan… En attendant, préparez vos masques et vos tubas ludiques, et rendez-vous au fond des océans pour vivre cette aventure bleue pleine de vies et de stratégies. Bonnes bulles !
On a aimé :
- La thématique sous-marine réaliste et ses illustrations splendides.
- L’absence de dés, remplacés par un système de paiement en cartes très thématique.
- Le cycle œufs → jeunes → bancs, original et facile à prendre en main.
- Le « marché » personnel de cartes, pour changer d’un marché « traditionnel » qui défile trop, trop vite.
- L’engagement écolo et pédagogique autour de la faune marine.
On a moins aimé :
- L’interaction relativement faible, chacun gère son écosystème dans son coin.
- Les parties à cinq, trop longues : on finit par se sentir comme un poisson rouge dans un bocal.
C’est plutôt pour vous si…
- Vous aimez Wingspan mais rêviez d’un thème marin.
- Vous cherchez un engine-builder fluide et accessible, parfait en duo ou trio.
- Vous appréciez la dimension pédagogique et le soin apporté à la direction artistique.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous préférez les jeux de confrontation directe ou de grande interaction.
- Vous espériez un jeu plus complexe dans la lignée de Wyrmspan.
- Vous détestez attendre votre tour à 4 ou 5.
Plongez dans Finspan : à défaut de trouver la cité d’Atlantis, vous pourriez bien décrocher le meilleur score sous l’océan
Très, très bon.
- Date de sortie : Mars 2025
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 3. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 2. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : David Gordon, Michael O’Connell
- Illustrations : Ana Maria Martinez Jaramillo, Catalina Martinez, Mesa Schumacher
- Édition : Matagot
- Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 5 (meilleur à 1-3)
- Âge conseillé : Dès 10 ans (bonne estimation)
- Durée : 60 minutes (17x plus à 5 😜)
- Thème : Nature, poissons
- Mécaniques principales : Engine-building, cartes, collection, placement
d’ouvriersde plongeurs. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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3 Comments
Raidden
J’ai lu que le jeu était presque un multi-solo tant les cartes qui donnent des bonus aux autres sont rares.
On peut dire ce que l’on veut, une licence, ça se travaille et se porte dans le temps et c’est ce qui est fait avec brio.
J’attends pour ma part la Frangipan l’an prochain.
Gus
Oui c’est très juste ! C’est exactement ce que relève notre chroniqueur. À 4-5 le jeu devient indigeste, surtout en 2e partie de… partie quand on possède plusieurs / beaucoup de cartes et que toutes s’activent lors d’une plongée. Les autres peuvent tranquillement se lancer une petite partie de Twilight Imperium en attendant 😛
Arnaud
J’avais ignoré Wyrmspan et après y a avoir joué il y a peu j’ai adoré.
Je peux me laisser tenter par celui-ci du coup.