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Paolo Mori, l’art de tout bousculer : 7 jeux clĂ©s

Paolo Mori, article banniĂšre

🏅 De Toy Battle au wargame napolĂ©onien, Paolo Mori change de genre sans changer de mĂ©thode. Pourquoi Lucca le sacre, et les 7 jeux Ă  connaĂźtre absolument.


Article écrit par :

Zoé

Paolo Mori, l’art de tout bousculer : 7 jeux clĂ©s

Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • Lucca Comics & Games sacre Paolo Mori auteur de jeu de l’annĂ©e 2026, devant Cathala, Goupy, Holek et Knizia.
  • C’est son deuxiĂšme titre d’auteur en cinq mois, dans le sillage de Toy Battle, As d’Or 2026.
  • Notre sĂ©lection des 7 jeux les plus incontournables de l’auteur.

SacrĂ© Board Game Designer of the Year 2026 par la convention ludique italienne Lucca Comics & Games, cinq mois aprĂšs son titre de meilleur auteur aux ioGioco Award, Paolo Mori boucle une annĂ©e hors norme portĂ©e par Toy Battle, As d’Or 2026. Mais ce que les jurys saluent, c’est surtout sa maniĂšre de changer de genre sans jamais changer de mĂ©thode. Portrait, analyse et sept jeux pour comprendre.

En moins d’un an, le mĂȘme homme a cosignĂ© un duel de jouets de quinze minutes, un wargame napolĂ©onien tirĂ© Ă  500 exemplaires numĂ©rotĂ©s et une enquĂȘte dans un cimetiĂšre de l’Illinois. Bon courage pour ranger tout ça sur la mĂȘme Ă©tagĂšre.

C’est prĂ©cisĂ©ment ce grand Ă©cart que Lucca vient de rĂ©compenser.

Deux sacres italiens en cinq mois

Le 24 septembre 2026, jour anniversaire du festival, Lucca Comics & Games a profitĂ© de la prĂ©sentation milanaise de sa soixantiĂšme Ă©dition pour dĂ©voiler le laurĂ©at de son Board Game Designer of the Year : Paolo Mori. Face Ă  lui, une liste de finalistes qui ressemblait furieusement Ă  un panthĂ©on : Bruno Cathala, Johannes Goupy, TomĂĄĆĄ Holek et Reiner Knizia. Rien que ça.

Créé en 2024 par Lucca Crea avec SAZ Italia, l’association des auteurs de jeux, ce prix ne couronne pas une boĂźte mais un parcours sur les deux derniĂšres annĂ©es. Simone Luciani l’a inaugurĂ©, GrĂ©gory Grard l’a remportĂ© en 2025
 face, dĂ©jĂ , Ă  un certain Paolo Mori, finaliste l’an dernier. On ne parlera pas de revanche. On le pensera trĂšs fort.

Le jury, prĂ©sidĂ© par Fabio Cambiaghi et oĂč siĂ©geaient notamment Harald Schrapers (prĂ©sident du jury du Spiel des Jahres) et GrĂ©gory Grard, salue la « rare aisance » avec laquelle Mori a circulĂ© entre wargame historique, jeu familial international et puzzle narratif. Sans perdre sa signature, rĂ©sumĂ©e en trois idĂ©es : des rĂšgles essentielles, des dĂ©cisions denses et un Ă©quilibre mĂ©canique qui ne flanche pas. La remise officielle aura lieu pendant le festival, du 28 octobre au 1er novembre.

C’est le deuxiĂšme titre d’auteur de l’annĂ©e pour l’Italien. Le 26 avril, la revue ioGioco l’avait dĂ©jĂ  Ă©lu meilleur game designer de ses ioGioco Award, en citant Toy Battle, Altay, Battlefields of the Napoleonic Wars et la réédition de Blitzkrieg!. Le mĂȘme soir, Toy Battle raflait le prix du meilleur jeu Ă  deux.

Petite nuance pour les accros de rĂšglements (on en est) : chez ioGioco, les finalistes sont choisis par la rĂ©daction et les gagnants dĂ©signĂ©s par le vote du public, parmi les jeux publiĂ©s en Italie l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Ce n’est donc pas le mĂȘme type de consĂ©cration qu’un jury d’experts.

Et au milieu de tout ça trĂŽne Toy Battle, cosignĂ© avec Alessandro Zucchini et publiĂ© par Repos Production : As d’Or – Jeu de l’AnnĂ©e le 26 fĂ©vrier Ă  Cannes, devant Flip 7 et Rebirth, Golden Geek du meilleur jeu Ă  deux et place sur la liste des recommandĂ©s du Spiel des Jahres 2026 (une recommandation, pas une nomination : on tient Ă  la prĂ©cision). D’aprĂšs ioGioco, c’est la premiĂšre fois que des auteurs italiens soulĂšvent la rĂ©compense principale de Cannes.

Pourquoi un prix d’auteur change la donne

Pendant longtemps, on a rĂ©compensĂ© des boĂźtes. Les prix d’auteur, eux, rĂ©compensent une trajectoire. Et celle de Mori a une particularitĂ© agaçante pour les amateurs d’étiquettes : elle ne se rĂ©sume Ă  aucun genre.

C’est lĂ  que l’affaire dĂ©passe un seul auteur ou autrice. Quand un nom rassure Ă  la fois le parent qui cherche un duel de quinze minutes pour un enfant de huit ans et le grognard qui compte ses hexagones, ce nom commence Ă  fonctionner comme une collection ou une licence : un repĂšre, avant mĂȘme d’avoir lu la rĂšgle.

On le voit dĂ©jĂ  dans le discours commercial. Stonemaier Games prĂ©sentait Libertalia : Les Vents de Galecrest en rappelant que Mori Ă©tait l’auteur d’Ethnos. Repos Production situe Toy Battle en Ă©grenant la ludographie de son auteur, de Captain Flip Ă  Augustus. Le rĂšglement de l’As d’Or dit soutenir l’identification claire des auteurices sur les boĂźtes, et Lucca a créé un prix entiĂšrement consacrĂ© aux crĂ©ateurs.

Faut-il pour autant parler de marque ? Bon OK, aucun chiffre de ventes public ne permet d’isoler un « effet Paolo Mori » en boutique. Difficile de mesurer le pouvoir d’un nom.

Le principal intĂ©ressĂ© s’en mĂ©fiait d’ailleurs. En 2014, interrogĂ© par The Opinionated Gamers, il estimait que les Ă©diteurs ne publieraient pas un mauvais jeu simplement parce qu’il porte son nom. Et il ajoutait un « heureusement » qui en dit long.

L’épisode Ethnos rappelle aussi qu’une signature ne donne pas les clĂ©s du chĂąteau. Fin 2024, Mori dĂ©couvrait sur BoardGameGeek que CMON prĂ©parait une deuxiĂšme Ă©dition de son jeu, sans l’avoir consultĂ©. Son nom figurait bien au gĂ©nĂ©rique. Nous l’avions racontĂ© Ă  l’époque : une premiĂšre pour lui en prĂšs de vingt ans de carriĂšre. Un nom peut donc aider Ă  vendre une boĂźte sans que son auteur ait son mot Ă  dire sur ce qu’elle contient.

Paolo Mori, un auteur bankable ? Je vais rester prudente : le nom de Mori a dĂ©sormais les caractĂ©ristiques d’une signature Ă©ditoriale, sans qu’on puisse encore mesurer sa puissance commerciale propre. C’est dĂ©jĂ  beaucoup.

Portrait : l’artisan de Parme

Paolo Mori est nĂ© Ă  Parme en 1977 et vit toujours dans les collines boisĂ©es qui dominent la ville. Longtemps, le jeu a Ă©tĂ© une seconde vie : il gĂšre la communication numĂ©rique de l’universitĂ© locale, poste dont il est en congĂ© depuis environ trois ans pour se consacrer Ă  la crĂ©ation, selon un entretien accordĂ© Ă  The Players’ Aid en mars 2026.

DĂšs 2005, il lance le site Inventori di giochi et s’implique dans IDEAG, la rencontre des auteurs italiens, qu’il contribue toujours Ă  organiser. Premier jeu publié : Ur, en 2006. Vingt ans plus tard, on dĂ©passe la trentaine de titres, souvent cosignĂ©s : avec Francesco Sirocchi, Remo Conzadori, Ole Steiness, Silvano Sorrentino et, de plus en plus, Alessandro Zucchini, nĂ© Ă  ModĂšne en 1964 et passionnĂ© d’histoire comme de wargames.

En 2025, il franchit un cap en fondant sa propre maison d’édition, Ingenioso Hidalgo, pour des projets qui ne trouvaient pas leur place ailleurs : Battlefields of the Napoleonic Wars et le livre-jeu Un altro passo nella neve de Manuele Giuliano.

Le paradoxe le plus savoureux concerne justement le wargame. Mori, qui signe aujourd’hui un vrai jeu d’hexagones et de pions napolĂ©onien, n’en a jamais Ă©tĂ© un pratiquant : la lecture des rĂšgles et la durĂ©e des parties l’ont toujours dĂ©couragĂ©. Quand Zucchini lui lance le dĂ©fi, son objectif est limpide : concevoir un wargame auquel il pourrait enfin jouer lui-mĂȘme.

C’est sans doute la meilleure clĂ© de lecture de toute sa carriĂšre. DĂšs 2014, il dĂ©crivait une mĂ©thode qui part d’un moteur presque nu, auquel il greffe quelques petites rĂšgles particuliĂšres pour produire de la variĂ©té : les pouvoirs des personnages de Libertalia, les effets d’Augustus. Douze ans plus tard, le jury de Lucca parle de rĂšgles essentielles et de dĂ©cisions denses. La boucle est bouclĂ©e.

Sa cohĂ©rence n’est pas dans les thĂšmes. Elle est dans la compression : faire tenir le plus de jeu possible dans le moins de rĂšgles possible. Et importer dans chaque genre les outils d’un autre : des jetons d’ordre dignes d’un eurogame dans un wargame, de la tension de front dans un duel de jouets, de la rigueur d’enquĂȘte dans un recueil de poĂšmes.

Les 7 jeux de Paolo Mori Ă  connaĂźtre

Une sĂ©lection, pas un palmarĂšs. On a retenu sept titres qui racontent chacun une facette de sa carriĂšre, prĂ©sentĂ©s dans l’ordre chronologique : chez Paolo Mori, la chronologie raconte dĂ©jĂ  une histoire. Et on crĂ©dite chaque coauteur, parce qu’un « jeu de Paolo Mori » s’écrit souvent Ă  quatre mains.

Libertalia (2012), devenu Les Vents de Galecrest (2022) : le bluff simultanĂ©

Auteur : Paolo Mori — Éditeur : Stonemaier Games (VF Matagot) — 1 à 6 joueurs — 45 à 60 min — dùs 14 ans

Tout le monde reçoit les mĂȘmes six personnages, tout le monde les joue en mĂȘme temps, et tout se dĂ©cide dans la lecture des intentions adverses. Devenu introuvable, le Libertalia de 2012 a Ă©tĂ© ressuscitĂ© par Stonemaier en 2022 (puis Matagot pour la VF) avec 40 personnages par personne, un systĂšme de rĂ©putation pour dĂ©partager les Ă©galitĂ©s et un mode solo. On avait dĂ©couvert le proto dans notre Bar Ă  Jeux de GenĂšve en 2012, puis chroniquĂ© la réédition dix ans plus tard. Ça ne nous rajeunit pas.

Libertalia : Les Vents de Galecrest : Philibert — Play-in


Augustus (2013) : le tournant

Auteur : Paolo Mori — Éditeur : Hurrican — 2 à 6 joueurs

Un principe proche du loto (on tire des symboles, on couvre des cases) transformĂ© en jeu de combinaisons par les pouvoirs des cartes. NommĂ© au Spiel des Jahres 2013 et laurĂ©at du Gioco dell’Anno la mĂȘme annĂ©e, Augustus marque le moment oĂč, selon Mori lui-mĂȘme, les Ă©diteurs ont commencĂ© Ă  venir le chercher plutĂŽt que l’inverse. Si l’on cherche l’instant oĂč son nom s’installe dans l’industrie, c’est ici. (Hurrican, l’Ă©diteur genevois, trop discret depuis quelques annĂ©es, l’avait d’ailleurs prĂ©sentĂ© en avant-premiĂšre chez nous en fĂ©vrier 2013.)


Ethnos (2017) : trois rùgles, mille dilemmes

Auteur : Paolo Mori — Éditeur : CMON — Illustrations : John Howe — 2 à 6 joueurs — env. 60 min — dùs 14 ans

Douze peuples, six par partie. On recrute un alliĂ© ou on pose un groupe de cartes pour contrĂŽler des rĂ©gions, et tout ce qu’on ne pose pas part Ă  la dĂ©fausse, sous le nez des adversaires. Trois nominations aux Golden Geek 2017 pour une leçon de conception : peu de rĂšgles, beaucoup de tiraillements. La deuxiĂšme Ă©dition de CMON (2025) ajoute un mode solo et un nouveau clan
 sans que l’auteur ait Ă©tĂ© consultĂ©. Entre-temps, Archeos Society (Space Cowboys, 2023) en avait proposĂ© une rĂ©invention, avec son accord cette fois. On vous en parlait plus en dĂ©tail ici.

Archeos Society : Philibert


Captain Flip (2024) : le jeu familial qui rend accro

Auteurs : Paolo Mori & Remo Conzadori — Éditeur : PlayPunk — 2 à 5 joueurs — 20 min — dùs 8 ans

On tire une tuile pirate du sac. Elle plaĂźt ? On la garde. Sinon, on la retourne, sans retour possible : il faudra vivre avec l’autre face. Ce petit geste crĂ©e un stop-ou-encore permanent qui fait rĂ©agir toute la tablĂ©e. NommĂ© au Spiel des Jahres 2024 et Ă  l’As d’Or 2025, laurĂ©at du Swiss Gamers Award Family 2025, le premier jeu de PlayPunk (la maison d’Ă©dition d’Antoine Bauza) montre qu’on peut faire accessible sans faire simplet.

Captain Flip : Philibert — Play-in


Battlefields of the Napoleonic Wars (2025) : le wargame pour ceux qui n’en jouent pas

Auteurs : Paolo Mori & Alessandro Zucchini — Éditeur : Ingenioso Hidalgo — 1 à 2 joueurs (mode solo) — 60 à 120 min selon la bataille

Voici le « wargame napolĂ©onien » de notre titre. Quatre batailles dans la boĂźte : Rivoli (1797), Austerlitz (1805), La Corogne (1809) et Hagelberg (1813). Chaque unitĂ© est formĂ©e de deux pions rectangulaires dont la disposition dans l’hexagone indique la formation : ligne, colonne ou carrĂ©. Pas de tables de combat, mais des dĂ©s spĂ©ciaux. Et des jetons d’ordre posĂ©s sur des cases d’action, hĂ©ritage revendiquĂ© d’un passĂ© d’auteurs de jeux de plateau.

Le premier tirage, 500 exemplaires numĂ©rotĂ©s sortis en avril 2025, est Ă©puisé ; une rĂ©impression est annoncĂ©e. Pas de version française confirmĂ©e : c’est clairement le choix pointu de cette liste, mais le plus rĂ©vĂ©lateur de la pĂ©riode rĂ©compensĂ©e par Lucca.


Toy Battle (2025) : le duel qui a tout raflĂ©

Auteurs : Paolo Mori & Alessandro Zucchini — Illustrations : Paul Mafayon — Éditeur : Repos Production — 2 joueurs — env. 15 min — dùs 8 ans

Deux actions possibles : piocher deux troupes ou en poser une, reliĂ©e Ă  son QG par une chaĂźne de bases. On recouvre une troupe plus faible, on dĂ©clenche un pouvoir, on encercle une rĂ©gion pour ses mĂ©dailles ou on fonce sur le QG adverse. En mai 2025, on lui avait donnĂ© 4/5 : on saluait la tension tactique, l’accessibilitĂ© et les huit terrains ; on regrettait une part de hasard dans la pioche et un air de dĂ©jĂ -vu. L’As d’Or a ensuite tranchĂ©.

C’est la synthĂšse de Mori : beaucoup de dĂ©cisions derriĂšre une toute petite porte d’entrĂ©e. Et l’hĂ©ritier assez Ă©vident de Blitzkrieg!, auquel notre critique le comparait dĂ©jĂ .

Toy Battle : Philibert — Play-in


Les Secrets de Warden Keene (2026) : l’incursion dans le jeu narratif

Auteurs : Paolo Mori & Silvano Sorrentino — Illustrations : Florian Belmonte — Éditeur : Bombyx — dĂšs 1 joueur, coopĂ©ratif — env. 20 min par Ă©nigme — dĂšs 10 ans

Le « puzzle narratif » saluĂ© par le jury de Lucca, c’est lui. Spoon River, 1925 : on hĂ©rite du carnet du gardien dĂ©funt et on rĂ©sout onze mystĂšres Ă  partir des Ă©pitaphes de 36 tombes. La matiĂšre vient de l’Anthologie de Spoon River d’Edgar Lee Masters (1915), et le jeu se passe de livret de rĂšgles comme de points. AssociĂ© Ă  Sorrentino, l’auteur des sĂ©ries Deckscape et Decktective, Mori sort totalement de sa zone de confort.

Notre critique de fĂ©vrier en avait fait un coup de cƓur, avec un bĂ©mol logique : une fois les onze Ă©nigmes rĂ©solues, la boĂźte n’a plus de secrets. On la fait tourner aux copains.

Les Secrets de Warden Keene : Philibert — Play-in

Ils auraient aussi pu (dĂ» ?) ĂȘtre dans notre sĂ©lection

  • Blitzkrieg! (PSC Games), la Seconde Guerre mondiale en vingt minutes : l’ancĂȘtre spirituel de Toy Battle, rééditĂ© rĂ©cemment.
  • Pandemic : La Chute de Rome (2018), cosignĂ© avec Matt Leacock.
  • Battalion: War of the Ancients (Osprey, 2024), wargame accessible cosignĂ© avec Francesco Sirocchi.
  • Altay : L’Aube de la Civilisation (VF Gigamic, 2025), avec Ole Steiness, Ă  l’accueil critique plus partagĂ©.
  • Le Match du siĂšcle, duel d’échecs sur fond de guerre froide.

Une signature, pas une étiquette

Ce que Lucca consacre, au fond, ce n’est pas un style qu’on reconnaĂźt au premier coup d’Ɠil, mais une mĂ©thode. Avec Mori, on ignore dans quel rayon on va finir. On sait seulement qu’il y aura peu de rĂšgles et beaucoup de dĂ©cisions.

Et la carte continue de s’élargir. Ingenioso Hidalgo prĂ©pare de nouveaux packs napolĂ©oniens et veut porter son systĂšme vers d’autres pĂ©riodes historiques. En mai, au salon Play de Bologne, Mori prĂ©sentait aussi 2 Giugno 1946, un duel de cartes sur la campagne du rĂ©fĂ©rendum qui a fondĂ© la RĂ©publique italienne.

Rendez-vous Ă  Lucca fin octobre pour la remise du prix. D’ici lĂ , vous avez sept boĂźtes pour comprendre pourquoi personne n’arrive Ă  ranger l’auteur dans une seule. Et si vous voulez creuser, tous nos articles sur Paolo Mori sont lĂ . Chez Paolo Mori, la seule chose qu’on range dans une boĂźte, ce sont les jeux.

✍ Sans compter le podcast (DALIA 4), cet article a un niveau de DALIA 1.


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4 rĂ©ponses Ă  « Paolo Mori, l’art de tout bousculer : 7 jeux clĂ©s »

  1. Raidden

    Prix entiĂšrement mĂ©ritĂ© mĂȘme si c’est un public italien qui vote et donc, un italien qui (re) gagne.
    En ce moment, il fait n’a que des sorties de jeux qui sont dans l’Ăšre du temps : courts mais avec une profondeur et une rĂ©flexion Ă©norme Ă  un tarif attractif et ça marche quelque soit l’Ă©diteur.

    Il faut rester prudent et ne pas attendre le prochain jeu de l’auteur mais son nom se rĂ©vĂšle ĂȘtre gage de plaisir « sĂ»r » et c’est assez rare pour ĂȘtre soulignĂ©.

    Bruno Cathala nous a habituĂ© Ă  cela il y a quelques annĂ©es et d’autres auteurs français Ă©mergent de la mĂȘme façon.

    1. Gus

      « Prix entiĂšrement mĂ©ritĂ© mĂȘme si c’est un public italien qui vote et donc, un italien qui (re) gagne. »

      Euh ouais, environ. Le prix existe depuis 2024. En 2024 c’est l’auteur
 italien, Simone Luciani qui l’emporte. Donc oui bien vu.

      Mais en 2025 ce fut
 l’auteur français GrĂ©gory Grard 😉

      Ok en 2026 c’est Paolo Mori, encore un autre auteur italien
 😅

      2-1. Balle au centre

  2. Damien

    J’ai dĂ©couvert cet auteur avec son jeu Dogs of War, publiĂ© par cmon Ă  l’Ă©poque… Et depuis, dĂšs que son nom apparait sur un jeu, j’ai l’oeil qui est irrĂ©mĂ©diablement attirĂ©…

  3. Fabio

    J’ai lu cet excellent article avec beaucoup d’intĂ©rĂȘt et de gratitude.
    Je m’appelle Fabio Cambiaghi et je suis le prĂ©sident du jury du Board Game Designer of the Year. Afin de rĂ©pondre Ă  certains commentaires, je tiens Ă  prĂ©ciser que le jury a Ă©tĂ© conçu dĂšs son origine comme un jury international, le prix n’est donc pas attribuĂ© uniquement par des jurĂ©s italiens.
    Pour l’édition 2026, le jury Ă©tait composĂ© de cinq experts du jeu de sociĂ©tĂ© et comptait notamment, comme l’article le mentionne Ă  juste titre, Harald Schrapers ainsi que GrĂ©gory Grard, laurĂ©at de l’édition prĂ©cĂ©dente.
    Ce prix, qui figure parmi les premiers au monde Ă  vouloir rĂ©compenser les auteurs plutĂŽt que les jeux eux-mĂȘmes, a une vocation rĂ©solument internationale. Chaque annĂ©e, le jury s’efforce d’identifier et de mettre en lumiĂšre des crĂ©ateurs de talent venus du monde entier.
    Je suis particuliĂšrement heureux de voir cette initiative prĂ©sentĂ©e avec autant de professionnalisme dans cet article, car notre ambition est prĂ©cisĂ©ment de faire connaĂźtre le prix Ă  l’échelle internationale, tout en mettant en valeur le travail remarquable et souvent discret des auteurs qui signent les boĂźtes des jeux que nous aimons tant.

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