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Slay the Spire : Du pixel au carton, l’ascension continue

🎮➡️🃏 Slay the Spire passe du pixel au carton ! Comment ce blockbuster se réinvente en jeu de société coopératif.


Slay the Spire : quand le virtuel se matérialise sur nos tables

Slay the Spire

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience


Dans le monde effervescent des jeux de société, il existe une tendance, lourde : l’adaptation de jeux vidéo populaires en versions physiques. Aujourd’hui, intéressons-nous à l’univers de Slay the Spire, ce roguelike deck-building qui a conquis les écrans et qui tente maintenant sa chance sur nos tables.

Rappelons que Slay the Spire le jeu de plateau a été lancé sur Kickstarter en 2022 et a levé la coquette somme de près de 4 millions de dollars quand même. La VO vient tout juste de sortir il y a quelques semaines chez Matagot.

Cette transition du virtuel au tangible soulève de nombreuses questions : comment adapter un jeu si profondément ancré dans le numérique ? Quels défis les créateurs ont-ils dû relever ? Et surtout, l’expérience est-elle à la hauteur des attentes des fans ?

Slay the Spire : le phénomène vidéoludique

Avant de nous pencher sur l’adaptation en jeu de société, il est essentiel de comprendre ce qui a fait le succès de Slay the Spire en tant que jeu vidéo. Lancé en 2017 par le studio indépendant Mega Crit Games, Slay the Spire a rapidement conquis les gamers du monde entier.

Le concept est simple mais addictif : vous incarnez un aventurier qui tente de gravir une tour mystérieuse, le Spire. À chaque étage, vous affrontez des monstres, prenez des décisions cruciales et améliorez votre deck de cartes (numérique !). Le jeu mêle habilement les mécaniques de deck-building et de roguelike, créant une expérience unique à chaque partie.

Ce qui fait la force de Slay the Spire, c’est son équilibre parfait entre stratégie et hasard. Chaque décision compte, mais vous devez constamment vous adapter aux cartes que vous piochez et aux ennemis que vous rencontrez.

Le jeu propose quatre personnages jouables, chacun avec son propre style de jeu et ses cartes uniques. Cette diversité, combinée à la nature aléatoire des rencontres et des récompenses, assure une rejouabilité quasi infinie.

Il faut le reconnaître, Slay the Spire a réussi là où beaucoup ont échoué : créer un jeu de cartes solo, numérique, captivant. C’est un tour de force qui a inspiré de nombreux développeurs depuis sa sortie.

Avec des millions de copies vendues et une communauté toujours active sept ans plus tard, Slay the Spire s’est imposé comme un classique moderne du jeu vidéo. C’est ce succès phénoménal qui a naturellement conduit à son adaptation en jeu de société dont on vous parle ici aujourd’hui.

Le jargon du jeu : deckbuilding et roguelike décryptés

Avant d’aller plus loin dans notre exploration de Slay the Spire, il est important de clarifier certains termes techniques qui sont au cœur de l’expérience de jeu. Deux concepts en particulier méritent notre attention : le deckbuilding et le roguelike.

Le deckbuilding : l’art de construire son jeu

Le deckbuilding, qu’on pourrait traduire par « construction de deck », est un mécanisme de jeu où les joueurs créent et améliorent leur propre paquet de cartes au fur et à mesure de la partie.

Dans un jeu de deckbuilding, vous commencez généralement avec un petit deck de base tout… pourri, puis vous acquérez de nouvelles cartes plus puissantes au fil du jeu. L’objectif est de créer des synergies et des combos pour rendre votre deck de plus en plus efficace.

Ce mécanisme ajoute une dimension stratégique importante, car chaque nouvelle carte acquise peut potentiellement modifier l’équilibre de votre deck. Faut-il privilégier la cohérence ou la diversité ? Opter pour des cartes puissantes mais coûteuses, ou préférer des cartes plus modestes mais plus flexibles ? Ces choix sont au cœur de l’expérience de deckbuilding.

Le roguelike : quand la mort n’est qu’un nouveau départ (lol ?)

Le terme « roguelike » fait référence à un genre de jeu inspiré du jeu Rogue, sorti en 1980. Les caractéristiques principales d’un roguelike sont la génération procédurale des niveaux (chaque partie est différente) et la mort permanente du personnage.

Dans un roguelike classique, quand votre personnage meurt, c’est game over. Vous devez recommencer depuis le début. Cela peut sembler punitif, mais c’est ce qui rend chaque décision si importante et chaque victoire si satisfaisante.

Cependant, de nombreux jeux modernes, comme Slay the Spire le jeu vidéo (mais le jeu de plateau / cartes également), sont plutôt qualifiés de « roguelite ». Ils conservent l’idée de génération aléatoire et de recommencement après la mort, mais introduisent des éléments de progression permanente entre les parties.

Les roguelites permettent de débloquer de nouveaux éléments ou d’améliorer son perso de façon permanente, même après une défaite. Cela rend le jeu plus accessible tout en conservant le frisson du roguelike classique.

La fusion unique de Slay the Spire

Ce qui rend Slay the Spire si captivant, c’est la manière dont il fusionne ces deux concepts. Le deckbuilding apporte la profondeur stratégique, tandis que les éléments roguelike assurent une rejouabilité quasi infinie.

Slay the Spire réussit l’exploit de combiner le plaisir de la construction de deck avec l’excitation de l’exploration aléatoire. Chaque run est une nouvelle aventure, mais vos choix de cartes restent cruciaux. C’est cette alchimie qui rend le jeu si addictif.

Cette combinaison unique pose évidemment des défis particuliers pour l’adaptation en jeu de société. Comment reproduire cette expérience sans l’aide d’un ordinateur pour gérer la génération aléatoire ? Comment équilibrer la construction de deck et la progression de la partie ? C’est ce que nous allons explorer dans les chapitres suivants.

La magie de la miniaturisation

La première chose qui frappe lorsqu’on découvre Slay the Spire en version plateau, c’est la réduction d’échelle. Finis les dégâts à deux chiffres, place à une arithmétique plus modeste mais non moins stratégique. Cette réduction des valeurs numériques rend chaque décision cruciale. C’est comme si on passait d’un jeu d’échecs classique à une variante sur un échiquier 4×4 : moins de pièces, mais une intensité décuplée.

Cette miniaturisation a des effets profonds sur le gameplay. Chaque point de vie devient précieux, chaque carte jouée peut faire basculer le cours de la partie. C’est, franchement, un sacré tour de force ! Les éditeurs ont réussi à conserver l’essence du jeu tout en le rendant plus tactile, plus… immédiat.

La coopération, nouvelle dimension du Spire

L’autre innovation majeure de cette adaptation est l’introduction d’un mode coopératif. Là où le jeu vidéo était une expérience solitaire, la version plateau permet à jusqu’à quatre personnes de grimper ensemble la tour. Cette dimension sociale transforme radicalement l’expérience de jeu.

Imagine-t-on le Soldat de Fer, la Silencieuse, le Défectueux, ou la Gardienne unir leurs forces ? C’est désormais possible, ouvrant la voie à des synergies inédites et des stratégies collaboratives passionnantes. Le mode coopératif apporte une profondeur stratégique insoupçonnée. Les discussions pour optimiser chaque tour sont aussi intenses que passionnantes. Et oui, ils peuvent parfois s’éterniser, surtout dans des parties à 4, l’un des soucis selon moi.

Cette coopération se traduit jusque dans le design des cartes. Par exemple, la carte « Défense » de base, une fois améliorée, peut protéger n’importe quelle personne à table. C’est un changement subtil mais qui ouvre des possibilités tactiques de ouf.

Le diable est dans les détails

Ce qui fait la force de cette adaptation, c’est l’attention méticuleuse portée aux détails. Les éditeurs n’ont pas simplement transposé le jeu vidéo : ils l’ont repensé pour en faire une expérience de jeu de société unique.

Le système de dé (un peu… moche et basique) unique en est un parfait exemple. Là où le jeu vidéo gérait l’aléatoire en coulisses, la version plateau intègre un dé qui influence à la fois les actions des monstres et l’activation des reliques. C’est une mécanique über-simple mais qui ajoute une couche de tension et d’anticipation à chaque tour.

La gestion des ennemis a également été repensée. Au lieu d’affronter des boss imposants, les joueurs font face à des hordes de petits monstres. Cette approche rend les combats plus dynamiques et interactifs. Chaque joueur a constamment quelque chose à faire, ce qui élimine les temps morts. Pour autant que l’on joue à moins de 4 personnes.

Slay the Spire : Un jeu pour les initiés ?

La question de l’accessibilité se pose naturellement. Slay the Spire en version plateau est-il réservé aux fans du jeu vidéo ? Les avis sont partagés.

Le jeu est magnifiquement conçu, avec des mécaniques fluides et intuitives. Toutefois, il suppose une certaine familiarité avec l’univers de Slay the Spire. Les néophytes risquent de se sentir un peu perdus au début. Et quand je dis « début », je pense aux trois premiers tours.

En effet, pour les fans du jeu vidéo, chaque carte, chaque relique est une madeleine de Proust qui réveille des souvenirs de parties épiques. Mais pour les nouveaux venus, l’expérience peut être déroutante, voire frustrante. Car il y a beaucoup, beaucoup de cartes différentes et de pictos de tous les côtés. Prévoyez de garder les règles à portée de main car vous allez très souvent y plonger le nez pour décortiquer tel ou tel picto, telle ou telle règle. Et comme les règles sont relativement peu… didactiques, on finit un peu par saigner du nez à force d’éplucher le texte à la recherche de réponses souhaitées.

Le prix de l’aventure

Un aspect qui ne manquera pas de faire débat est le prix. Le jeu de société est significativement plus cher que sa contrepartie numérique. Comptez bien 5x plus. C’est un investissement conséquent qui soulève des questions sur la valeur perçue du jeu. À près de 100 euros, ça pique un peu. Oui, clairement, les jeux de société sont en train de devenir de plus en plus chers !

Évidemment, le prix plus élevé se justifie par les coûts de production des éléments physiques et la nature limitée des tirages. Donc oui, on ne va pas se mentir, cela peut constituer une barrière pour certains publics, surtout ceux qui découvrent l’univers du jeu.

La matérialité, nouvelle frontière du jeu

Au final, que nous dit cette adaptation sur l’évolution du monde du jeu ? Elle illustre la porosité croissante entre le virtuel et le physique. Ce qui était autrefois cantonné à nos écrans prend vie sur nos tables, offrant une nouvelle dimension à nos expériences ludiques.

Cette tendance reflète un désir de tangibilité dans un monde de plus en plus numérique. Les joueurs et joueuses recherchent des expériences qui stimulent tous leurs sens, pas seulement la vue et l’ouïe.

Cette évolution ouvre des perspectives passionnantes pour l’avenir du jeu. On peut imaginer un futur où chaque grand classique du jeu vidéo aurait son équivalent en jeu de société, offrant ainsi deux façons complémentaires de vivre la même aventure.

La répétitivité, talon d’Achille du Spire ?

Malgré ses nombreuses qualités, Slay the Spire n’échappe pas à un écueil commun à de nombreux jeux de ce genre : la répétitivité. Le cycle « combat, amélioration de deck, combat, amélioration de deck » peut rapidement devenir lassant.

Après quelques tours, quelques combats, quelques parties, on peut avoir l’impression de tourner un peu en rond. Même si chaque run est techniquement différent, la structure reste la même. C’est un peu comme manger votre plat (végétarien. Coucou mon rédac’chef) préféré tous les jours : délicieux au début, mais on finit par s’en lasser.

Cette répétitivité est encore plus flagrante dans la version plateau, où l’absence d’effets visuels et sonores peut accentuer la monotonie. Les joueurs et joueuses moins… patientes ou celles et ceux qui recherchent une expérience narrative plus riche pourraient rapidement décrocher. Oui parce que pour le côté narratif, on repassera. Alors oui, il existe bel et bien les événements, avec 1-2 lignes malingres qui se courent après pour placer un choix de ressources à obtenir, mais c’est tout. Sinon tout est pareil. On avance sur une carte, le donjon, le fameux Spire, et selon la case on rencontre un marchand, un événement, un campement ou de la baston. Souvent de la baston. Allez, soyons honnêtes, presque toujours de la baston !

Oui, mais. On peut toutefois apporter ici une certaine nuance : C’est justement cette répétition qui permet de maîtriser les subtilités du jeu. Chaque run est une opportunité d’affiner sa stratégie, de tester de nouvelles combinaisons, d’enrichir et/ou épurer son deck, en pur mode deck-building.

Bref, pour faire simple, pour les fans du genre, c’est là que réside tout l’intérêt. Pour les autres, mieux vaut dépenser son pécule ailleurs !

Il est vrai que pour certains, cette structure répétitive est source d’une satisfaction quasi méditative. Mais pour d’autres, elle pourrait être un frein majeur à l’appréciation du jeu sur le long terme. C’est un aspect à prendre en compte avant de se lancer dans l’aventure Slay the Spire, que ce soit en version numérique ou physique.

Seriez-vous prêt à payer plus cher pour une version physique d'un jeu vidéo que vous aimez ?

Slay the Spire, verdict

Slay the Spire en version plateau n’est pas une simple curiosité pour fans et collectionneurs. C’est une réinvention audacieuse qui pousse plus loin les idées de l’original tout en offrant une expérience sociale inédite. C’est la preuve que le passage du virtuel au physique peut être bien plus qu’une simple transposition : c’est l’occasion de redécouvrir un univers sous un jour nouveau.

Points positifs :

✅ Adaptation fidèle du jeu vidéo 🎮➡️🃏
✅ Expérience coopérative enrichissante 🤝
✅ Mécanique de deckbuilding bien intégrée 🃏🔧
✅ Rejouabilité élevée grâce à la génération aléatoire 🔄
✅ Stratégie profonde et satisfaisante 🧠
✅ Design soigné et esthétique attrayante 🎨
✅ Accessibilité pour les fans du jeu vidéo 👨‍💻👍
✅ Matériel pléthorique avec un nombre conséquent de cartes différentes 🃏🎭
✅ Utilisation du dé : mécanique simple et efficace pour activer certains effets 🎲✨
✅ Tours joués en simultané, aucun temps d’attente ⏩👥

Points négatifs :

❌ Prix élevé par rapport à la version numérique 💰😰
❌ Potentiellement déroutant pour les néophytes 🤔❓
❌ Répétitivité pouvant lasser certains joueurs 🔁😴
❌ Temps de mise en place et de rangement conséquents ⏱️😓
❌ Perte de certains aspects dynamiques du jeu vidéo 🎬❌
❌ Complexité accrue de la gestion des ennemis et des effets 🧮😖
❌ Besoin d’espace de jeu important 📏😬
❌ Un livret de règles peu didactique, dense et touffu 📚😕
❌ Un dé qui fait cheap. Mais c’est un détail 🎲👎
❌ À 4 joueurs et joueuses, le jeu s’enlise dans de longues discussions et décisions de groupe 🐌🗣️

Au final, que dire ? Slay the Spire est méga-époustouflant, par son matos, pléthorique et la taille de sa (grosse) boîte. Mais. Avec un prix élevé, des parties et mécaniques somme toutes répétitives (qui peuvent durer plus 90 minutes, c’est looooong), clairement, le jeu n’est pas fait pour tous les publics. Il faut savoir pour quoi on s’embarque.

Reste la question à 100 euros : si on a déjà écumé le jeu numérique, pourquoi craquer pour la version analogique, bien plus chère et beaucoup moins dynamique ?

Note : 3 sur 5.

  • Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Gary Dworetsky, Casey Yano, Anthony Giovannetti
  • Illustrations : Veronica Grassi, Max Kosek, Angelica Regni, Sofia Rossi, Doris Shermadhi ,Giacomo Vichi
  • Édition : Matagot
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1-4 (mieux à 1-3)
  • Âge conseillé : Dès 12 ans (bonne estimation)
  • Durée : 60 à 90 minutes (comptez plus pour la toute première partie, le nez collé aux règles)
  • Thème : Méd-fan, roguelike
  • Mécaniques principales : Deck Building, Coopératif. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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