Eternal Decks : Haïku de génie
🎴 Eternal Decks : un haïku ludique qui cache un casse-tête infernal ! Coopération silencieuse, décisions brutales pour souffrir… avec style.
Eternal Decks ou quand le Japon réinvente le jeu coopératif !

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
L’essentiel en 3 points :
- Bijou japonais minimaliste : Coopération silencieuse intense
- Chaque action compte, concentration à 100% obligatoire
- Parfait à deux, trop cérébral pour familles
Le Japon a inventé le karaoké, le sushi et maintenant : le jeu coopératif qui transforme le silence en torture stratégique délicieuse.
L’école japonaise du jeu de société a ce talent rare : créer des jeux minuscules, élégants tels des haïkus ludiques… Mais terriblement intenses. Comme The Mind ou Hanabi, c’est le cas avec Eternal Decks, un ovni coopératif qui arrive enfin chez nous après avoir fait parler de lui dans les cafés de jeux tokyoïtes.
Au programme :
- 📦 Une boîte petite et élégante
- 🧠 Un hybride coopératif exigeant
- 💎 Des ressources précieuses à gérer
- 📈 Une campagne progressive par paliers
- 💥 Des décisions qui font mal…
Un jeu simple ? Oui. Un jeu facile ? Ohhhhh non. Pas du tout.
Un thème porté tel un voile léger
Il y a peu de contexte dans Eternal Decks. Afin de sauver l’humanité, vous allez devoir partir à la rencontre des Yōkais (les fameux éternels) pour arriver à vos fins et gagner les 4 étoiles qui symbolisent la victoire. Il y a donc peu de narration, mais plutôt du symbolisme mystique. On est dans l’ultra-essentiel, et c’est la classe.
Dans la boîte :
- Des paquets de cartes numérotées
- Des cartes Étapes (scénarios) de A à F
- Quelques beaux jetons et un dé
- Un magnifique tapis de jeu en tissu
La sobriété classieuse : car oui, c’est beau ! Le matériel reste minimaliste, mais pas par hasard : il est calibré au millimètre pour les défis qui s’offrent à vous.

Règles et mécaniques
Dans Eternal Decks, la mécanique est parfaitement huilée : chaque joueur reçoit un deck de 5 cartes de sa couleur et deux jetons pour indiquer ses intentions de jeu (on ne va pas parler, trop facile). Mais attention : une carte posée est sortie de votre deck et un jeton d’intention posé est très difficile à récupérer. On ne peut pas dire « j’ai cette carte, je vais la poser ici », mais on peut « indiquer une opportunité » sur une ligne grâce à un jeton.
Il y a 3 pistes de jeu avec 3 Yōkais endormis par piste. Il faut que les joueurs remplissent une piste de cartes en respectant les règles de base : pas deux cartes du même chiffre ou de la même couleur qui se suivent. Mais il faut aussi respecter les règles spécifiques de la piste : du plus petit au plus grand chiffre, uniquement certaines couleurs, etc. Règles qui évoluent au gré des scénarios, ou parfois de certaines de vos actions.
Une fois un Yōkais éveillé, il donne au joueur qui a fermé la piste toutes ses cartes. Elles sont puissantes et variées et renforcent grandement votre deck avec des chiffres plus élevés, une couleur inédite, des cartes bicolores et plus encore. Puis il monte dans la zone de l’éveil et vous gratifie aussi de sa malédiction : on ne peut plus jouer certaines couleurs ou certains nombres, etc. Et pour éveiller un Yōkais sur cette piste, il faudra désormais une carte de plus, car le chemin sera plus long.
On peut supprimer une malédiction : il suffit de se débarrasser d’un certain nombre de cartes dans la rivière pour obtenir un diamant que l’on offre à l’éternel, qui est alors apaisé. Mais attention, les cartes sont précieuses. Quand la piste de la rivière est pleine, vous obtenez une carte rare, une sorte d’esprit. Chouette, hein ? Mais si vous videz la rivière de tous ses esprits… C’est la défaite.
Pour gagner, il faut glaner 4 étoiles (il y a parfois des conditions annexes selon le scénario). On les gagne en éveillant 3 Yōkais, en bouclant une piste, en achetant des joyaux ou encore en utilisant les capacités octroyées par certaines cartes des éternels.
Bref, vous l’aurez compris : chaque action compte et apporte son lot d’options et de problèmes potentiels.

Les sensations de jeu
Eternal Decks offre un dépaysement surprenant : une mécanique froide, mais avec un brin de hasard (pour râler un peu) et une ambiance mystique.
Il y a de quoi perdre les joueurs les plus aguerris. Mais c’est vraiment très rafraîchissant de se perdre ! Dans Eternal Decks, chaque action a du sens : impossible de jouer avec le nez à moitié dans votre téléphone. On est dans le « hard fun », il faut être là à 100 %.
Vous allez épier vos partenaires, évaluer leurs actions, leur offrir une carte et perdre votre tour de jeu… Essayer de penser 3 coups en avance. Bref, le jeu offre une belle fluidité, mais accompagnée d’une tension de dingue.
La défaite arrive vite. Cinglante et silencieuse. Puis un : « On en refait une ? » Eternal Decks appartient à cette famille des jeux sensoriels, où l’on ressent la tension dans le silence.

Eternal Decks, verdict
Eternal Decks, c’est plus qu’un jeu : c’est un mélange singulier et savoureux qui se joue avec la précision d’un rituel !
Un rituel de stratégie, où chaque erreur est collective, et chaque victoire… aussi. Un petit bijou de design, mais à un petit prix. Un mystère qui se dévoile, lentement, subtilement. Un jeu humble, qui semble simple, mais passionnant.
Malgré sa mécanique un peu froide, c’est un jeu qui va vous faire chauffer le cerveau. Car le jeu est en constante évolution durant la partie. Sans parler de l’évolution des scénarios.
J’ai un peu moins accroché au plateau en tissu, c’est élégant mais pas si pratique (à mon goût). Mais on s’y fait, rien de gravissime.
On a aimé :
- La tension qui monte jusqu’à ce qu’on entende nos propres neurones crier à l’aide
- Le design épuré qui cache une complexité vicieuse (comme un chat qui dort)
- Les « On en refait une ? » qui fusent après chaque défaite cinglante
- Le fait que perdre ensemble crée plus de liens que gagner (thérapie de couple incluse)
On a moins aimé :
- Le tapis en tissu qui glisse comme une anguille savonnée quand on est énervé
- Le thème mystique un peu léger (les Yōkais font de la figuration, avouons-le)
- L’impossibilité de scroller Instagram entre deux tours (oui, on est accro à ce point)
- La frustration de ne pas pouvoir parler (surtout pour ceux qui adorent tout commenter)
C’est plutôt pour vous si…
- Vous aimez que vos jeux vous respectent autant qu’un prof de maths sadique
- Vous trouvez que « souffrir en silence » est une activité de couple romantique
- Vous cherchez un jeu où cinq cartes suffisent à ruiner une amitié (temporairement)
- Vous voulez impressionner vos amis gamers avec un truc obscur qui vient du Japon
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous préférez les jeux où on peut parler, rire et surtout… ne pas réfléchir
- Votre définition du fun n’inclut pas « front plissé pendant 45 minutes »
- Vous trouvez que les jeux devraient avoir plus de dragons et moins de mathématiques
- Vous êtes du genre à abandonner après une seule défaite (spoiler : elles seront nombreuses)
Bref, j’ai été bluffé par ce jeu qui est un gros coup de cœur : Pour moi, c’est la note « C’est ouf sur 5 » Mais comme ce n’est pas permis ici, on va dire 5 sur 5 !
Eternal Decks, c’est le jeu qui prouve qu’on n’a pas besoin de parler pour se comprendre… ni pour souffrir ensemble avec un sourire aux lèvres.
Excellent !

- Date de sortie : Octobre 2025. Réédition en février 2026.
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 4 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non ! Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Hiroken
- Illustrations : Mujunsha
- Édition : Tricktakers Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 1 – 4
- Âge conseillé : Dès 10 ans
- Durée : 15 minutes
- Thème : Fantastique
- Mécaniques principales : Coopératif, communication limitée. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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4 Comments
Shad
Hello, la technique avec le tapis c’est de le poser sur un autre néoprène et là magie! Il es scotché dessus en mode velcro 🙂
jean philippe thomas
Il aurait pu être nommé pour l’as d’or : formidable jeu !!!
TimeOfGames
A noter qu’il y a également un mode solo, très intéressant à jouer.
Les scénarios proposés sont déclinés en plusieurs niveaux de difficulté, la rejouabilité est bien là !
Je rejoins le « ouf sur 5 » !!
Marchou
Ce jeu est fabuleux !
Il y a une petite erreur dans la règle française qui nous dit de ne pas parler. Mais en réalité, on peut parler de tout sauf des couleurs/chiffres que l’on a en main.
Il y a aussi une condition de défaite en trop dans la première édition.
Et plein d’imprécisions dans cette VF…
Concernant l’histoire racontée, c’est dommage qu’elle ne soit pas dans le livret, mais quand on suit l’auteur sur BGG, il met des explications pour chaque choix qu’il a fait, les éternels, les symboles sur les cartes, la raison de chaque niveau et chaque mécanisme et plein d’autres choses. C’est vraiment dommage qu’il ne soit pas dans le livret.