Photo de CHUTTERSNAP sur Unsplash Illustration article FunForge
Jeux de plateau

FunForge : L’envers du décor d’une success-story en carton

💼 4200 backers, 467 000€, 0 jeu livré. L’histoire de Monumental de FunForge révèle les failles du système Kickstarter.


Kickstarter en échec : FunForge joue sa dernière carte

Est-ce que vous avez participé en 2021 au Kickstarter du jeu Monumental de Funforge ? Entre promesses mirobolantes et réalité économique, le Kickstarter de Monumental révèle les failles d’un système à bout de souffle.

Aujourd’hui, plongeons ensemble dans les coulisses, tumultueuses, de l’industrie du jeu, en prenant comme exemple le cas épineux de FunForge et de son projet Monumental.

Le rêve Monumental qui vire au cauchemar

Nous sommes en 2020, et plus de 4 200 joueurs et joueuses trépignent d’impatience devant leurs écrans. Pourquoi ? Parce qu’ils viennent de participer à la campagne Kickstarter de Monumental, un jeu de stratégie conçu par Matthew Dunstan et édité par la société française FunForge. Au menu : une réimpression du jeu de base et une nouvelle extension alléchante, « African Empires ». Le tout pour la modique somme levée de 467 000 euros. Joli.

Monumental

Mais voilà, comme dans tout bon jeu de gestion, les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Les mois passent, les saisons défilent, et Monumental reste aux abonnés absents. Avril 2021, date de livraison initialement prévue, passe à la trappe. Les backers commencent à s’impatienter. « Où est mon jeu ? », « Quand vais-je pouvoir conquérir l’Afrique ? », peut-on lire sur les forums. Et FunForge dans tout ça ? Eh bien, disons qu’ils jouent à cache-cache avec leurs backers…

La communication, ce joker qui fait défaut

Vous connaissez ce moment gênant dans une partie de Dixit où personne ne comprend votre carte ? C’est un peu l’ambiance qui règne entre FunForge et ses backers. La société française semble avoir oublié la règle d’or du crowdfunding : communiquer, communiquer, et encore communiquer !

Tenez-vous bien : la dernière mise à jour officielle sur la page Kickstarter remonte à… huit mois, soit novembre 2023 ! Huit mois, c’est le temps qu’il faut pour faire le tour du monde à pied, ou pour apprendre à jongler avec des tronçonneuses (ne faites pas ça chez vous, les enfants). Et que disait cette mise à jour ? Que les livraisons allaient commencer en décembre 2023 pour l’Europe et l’Asie, et en janvier 2024 pour les États-Unis. Spoiler alert : on est en juillet 2024, et toujours rien à l’horizon.

Mais attendez, ce n’est pas le plus… cocasse. L’année dernière, FunForge a sorti l’excuse du siècle : ils ont reporté les livraisons pour éviter que les backers ne manquent leurs colis pendant leurs vacances d’été. Sérieusement ? Oui OK, tout ça est un peu absurde.

Les dessous financiers : quand le jeu devient sérieux

Mais trêve de plaisanteries, car la situation de FunForge est loin d’être rose. Philippe Nouhra, le CEO de l’entreprise, a récemment levé le voile sur les difficultés rencontrées. Et croyez-moi, c’est plus compliqué et chargé qu’un plateau de Terra Mystica Age of Innovation.

Tout d’abord, parlons chiffres. FunForge a dû avaler une pilule, amère, de 250 000 dollars de coûts supplémentaires pour cette campagne. Imaginez un instant : vous lancez une campagne Kickstarter pour financer votre rêve, et au final, non seulement vous ne gagnez rien, mais en plus vous perdez un quart de million de dollars. Coup dur !

Cette perte financière a eu des conséquences dramatiques pour l’entreprise. FunForge a dû se séparer de la moitié de son équipe, passant de huit à quatre employés. Parmi les personnes licenciées, on trouve Charlotte Noailles, la directrice de la communication. Ce qui explique en partie le silence radio de ces derniers mois. C’est un peu comme si, dans un jeu coopératif, vous perdiez soudainement la moitié de votre équipe juste avant d’affronter le boss final (genre Slay the Spire, dont on va tout prochainement vous parler). Autant dire que ça complique sérieusement la partie (oui c’est le cas de le dire).

Le salut par un contrat mystérieux ?

Mais tout n’est peut-être pas perdu ! Tel un deus ex machina dans un jeu de rôle ou dans un épisode foireux sur Netflix, un mystérieux contrat pourrait venir sauver la mise. Philippe Nouhra a annoncé sur le site américain BoardGameWire qu’un accord important devrait être signé dans les semaines à venir, permettant de résoudre la plupart des problèmes financiers de l’entreprise et de livrer enfin les jeux tant attendus.

Reste à savoir de quoi il s’agit exactement. Un rachat par un grand groupe ? Un partenariat stratégique ? Un prêt bancaire in extremis ? Le suspense est à son comble, et les backers retiennent leur souffle pour, enfin, recevoir leur jeu, après plus de trois ans d’attente !

Les conséquences d’un retard : quand la réputation prend un coup

Pendant ce temps-là, les retards de Monumental ont des répercussions inattendues sur d’autres projets de FunForge. Prenons l’exemple de Monumental Duel, une version pour deux annoncée en février dernier. Le jeu n’est même pas encore sorti qu’il subit déjà un « review bombing » sur BoardGameGeek.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette pratique (et tant mieux pour vous), le « review bombing » consiste à inonder un produit de mauvaises critiques, souvent pour des raisons extérieures au produit lui-même. Dans le cas présent, des utilisateurs mécontents attribuent la note de 1 sur 10 à Monumental Duel, non pas parce qu’ils y ont joué et ne l’ont pas aimé, mais pour punir FunForge des retards de Monumental. C’est un peu comme si vous donniez une mauvaise note à un restaurant parce que vous n’aimez pas la couleur de la façade. Pas très fair-play, vous en conviendrez.

Cette situation soulève des questions éthiques importantes. Est-il juste de pénaliser un nouveau produit pour les erreurs commises sur un projet précédent ? N’est-ce pas contre-productif, dans la mesure où cela pourrait empêcher l’entreprise de se redresser et donc de tenir ses engagements ? Prenez vos stylos, vous avez 4h. C’est un débat complexe, qui mériterait à lui seul un article entier.

Kickstarter : un modèle à bout de souffle ?

Face à ces difficultés, FunForge a pris une décision radicale : ne plus jamais lancer de campagne Kickstarter. Une décision qui peut sembler surprenante à première vue, tant la plateforme de financement participatif est devenue incontournable dans le monde du jeu de société. Mais est-ce vraiment si étonnant ?

Philippe Nouhra n’y va pas par quatre chemins : selon lui, le modèle économique de Kickstarter est « globalement cassé, bien trop dangereux et trompeur pour les backers ». Des mots forts, qui résonnent comme un coup de tonnerre dans le ciel apparemment serein du crowdfunding ludique.

Pourtant, si l’on y regarde de plus près, FunForge n’est pas la seule entreprise à remettre en question ce modèle. Souvenez-vous de la campagne avortée pour Far Cry: Beyond, un jeu coopératif basé sur la célèbre franchise de jeux vidéo. FunForge avait dû annuler la campagne après seulement un jour, n’ayant récolté que 30 000 euros sur les 100 000 visés. Un échec cuisant qui a sans doute pesé lourd dans la décision de tourner le dos à Kickstarter.

Mais alors, Kickstarter est-il vraiment en train de perdre de son attrait dans le monde du jeu de société ? C’est une question complexe, qui mérite qu’on s’y attarde.

Les limites du modèle Kickstarter

D’un côté, Kickstarter a indéniablement révolutionné l’industrie du jeu de société. La plateforme a permis à de nombreux créateurs indépendants de donner vie à leurs projets, et à des jeux audacieux de voir le jour alors qu’ils n’auraient peut-être jamais trouvé leur place dans le circuit traditionnel de l’édition. Des succès comme Gloomhaven, Frosthaven ou Kingdom Death: Monster n’auraient probablement pas existé sans Kickstarter.

Mais d’un autre côté, le système a aussi montré ses limites. Les retards de livraison sont devenus monnaie courante, au point que certains backers considèrent désormais qu’un délai d’un an entre la fin de la campagne et la réception du jeu est « normal ». Si Monumental de FunForge a trois ans de retard, ce n’est pas, ce n’est plus l’exception. On se souvient d’Arkeis ou de Trudvang Legends, deux jeux, deux campagnes qui ont également connu plus de trois ans de retard dans la livraison. Ou Agents of Mayhem, avec… 6 ans de retard. 6 ans !!! La liste des jeux à la bourre ne fait que s’allonger.

Les coûts de production et de livraison, souvent sous-estimés, mettent en difficulté de nombreux créateurs. Et que dire des projets qui ne voient jamais le jour, laissant les backers bredouilles ? C’est déjà arrivé. Notre chroniqueur Chab s’est fendu d’un article à ce sujet il y a quelques temps.

De plus, le succès même de Kickstarter a paradoxalement contribué à créer de nouveaux problèmes. La plateforme est devenue tellement incontournable que même les grands éditeurs l’utilisent désormais, non plus pour financer leurs projets (ils en ont les moyens), mais comme outil marketing et de précommande. Cette évolution a quelque peu dénaturé l’esprit initial de Kickstarter, censé aider les petits créateurs à se lancer.

Vers de nouveaux modèles ?

Alors, que faire ? Faut-il, comme FunForge, tourner définitivement le dos à Kickstarter ? Ou existe-t-il des solutions pour améliorer le système ?

Certains éditeurs explorent déjà des voies alternatives. On voit de plus en plus de campagnes « à l’ancienne », où le jeu est déjà produit et prêt à être livré, en mode pré-co directe. Cette approche limite certes les risques, mais elle nécessite aussi des moyens financiers importants en amont.

D’autres misent sur une communication plus transparente, en détaillant précisément les coûts et les risques potentiels. C’est l’approche adoptée par Jamey Stegmaier de Stonemaier Games, qui partage régulièrement ses réflexions sur son blog et n’hésite pas à expliquer en détail le processus de création et de production de ses jeux.

Enfin, certains créateurs explorent des plateformes alternatives, comme Gamefound, spécialisée dans les jeux de société, ou des systèmes de précommande directe via leur propre site web.

L’avenir incertain de FunForge

Revenons à FunForge. Que nous réserve l’avenir pour cette entreprise française ? Le mystérieux contrat évoqué par Philippe Nouhra sera-t-il suffisant pour redresser la barre ? Et surtout, les backers de Monumental recevront-ils enfin leurs jeux ?

Le CEO de FunForge se veut rassurant : « Nous sommes toujours là, et nous livrerons, quoi qu’en pensent les esprits les plus mécontents. » Une détermination louable, mais qui ne suffira peut-être pas à apaiser la frustration des backers qui attendent depuis plus de trois ans.

La situation de FunForge illustre bien les défis auxquels sont confrontés les petits éditeurs de jeux de société. Dans un marché de plus en plus concurrentiel, où les coûts de production et de logistique ne cessent d’augmenter, il devient de plus en plus difficile de tirer son épingle du jeu (sans mauvais jeu de mots).

Vers une industrie du jeu plus responsable ?

Au-delà du cas particulier de FunForge, cette affaire soulève des questions plus larges sur l’avenir de l’industrie du jeu de société. Comment concilier créativité et viabilité économique ? Comment gérer les attentes parfois démesurées des consommateurs tout en restant transparent sur les réalités de la production ?

Peut-être est-il temps pour l’industrie du jeu de société de faire son introspection, de repenser ses modèles économiques et ses pratiques. Après tout, n’est-ce pas ce que nous apprennent les meilleurs jeux de gestion ? Adapter sa stratégie, anticiper les risques, et parfois savoir faire machine arrière quand une approche ne fonctionne plus.

En tant que passionnés de jeux, nous avons aussi notre rôle à jouer. En étant plus patients, plus compréhensifs face aux aléas de la production, mais aussi plus exigeants en termes de transparence et d’éthique. Après tout, si nous voulons continuer à profiter de jeux innovants et de qualité, il est de notre intérêt que l’industrie reste saine et dynamique.

Conclusion : game over pour FunForge ou nouvelle partie ?

L’histoire de FunForge et de Monumental n’est pas encore terminée. Les prochaines semaines nous diront si l’entreprise parviendra à se sortir de cette situation délicate et à honorer ses engagements envers les backers.

Quoi qu’il en soit, cette affaire restera comme un cas d’école, illustrant à la fois les opportunités et les dangers du financement participatif dans l’industrie du jeu. Elle nous rappelle que derrière chaque boîte colorée se cache une réalité économique complexe et parfois impitoyable.

Pour nous, passionnés de jeux, cette histoire est aussi l’occasion de réfléchir à notre rôle en tant que consommateurs. Comment pouvons-nous soutenir l’innovation tout en restant vigilants ? Comment concilier notre envie de nouveautés avec la patience nécessaire face aux aléas de la production ? Et, question à 100 francs suisses (en euros, ça marche aussi) : a-t-on encore envie de jouer à un jeu sorti avec trois ans de retard ?


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24 Comments

  • gbkakroma

    Merci pour cette analyse intéressante.
    Un autre cas d’école qui finit bien plus mal que pour Funforge: mythic games (français egalement) avec deux expériences malheureuses : dark dungeon (un financement kickstater et un appel au don pour clore un projet qui ne voit finalement pas le jour plus de 4 ans après) et Hel (ambitieux projet aussi) qui a mis fin à leur aventure car le jeu est repris pas Cmon qui, bien que s’étant engagé à livrer un jeu au baskets, ne livrera pas le jeu et les SG attendus.

    • Olrik67

      Excellente analyse ,le même soucis pour asynchron et le jeu falling sky livré de justesse avec 4 ans de retard et un dépôt de bilan .
      Quel dommage.

  • LordZNC

    Je n’ ai pas participé à Monumental mais j’ai fait Storaxa, un NAS qui n’a jamais été livré (quasiment 400€ dépensé) et jamais remboursé car Kickstarter nous a renvoyé vers la société qui avait disparu. Kickstarter c’est un excellent point de départ historique du monde du crowdfunding mais maintenant il faut aller voir ailleurs comme KissKissBankBank, Ulule ou encore Game on Tabletop.

    • Mathieu

      J’ai eu la chance d’être livré en décembre 2023 en ce qui concerne cette seconde campagne de Monumental. Après avoir participé à la première campagne, j’ai uniquement « commandé » la seconde extension avec figurines, African Empires. Cette dernière est arrivée à ma grande surprise fin 2023, tout de même avec 2 ans et demi de retard sur le planning initial (qui était très optimiste). D’après des sondages effectués sur des groupes de contributeurs, nous serions environ 10 à 20% à avoir été livrés. J’avoue ne plus faire confiance à Funforge à cause de la communication désastreuse, aussi bien pour le manque de communication que dans le contenu. Ils ont eu des soucis mais ont aussi fait de mauvais choix.

    • Mafuike

      Merci pour cette belle analyse. Je n’avais pas participé à cette campagne pour 3 raisons : j’avais déjà été refroidi par le gros retard sur Tokaïdo Collector et par la première annulation de la 1er campagne Kickstarter de Monumental (2018), sans parler de ZNA en 2014…
      Bref, Funforge est depuis dans ma Blacklist et fait partie de ces éditeurs qui m’ont fait réfléchir sur le financement participatif…

  • Eveine

    Je rencontre même problème pour un jeu. Les 2 premières campagnes se sont bien passées, les jeux ont été livrés en temps et en heure. Puis l’entreprise a été racheté par un éditeur qui a changé l’équipe initiale et lancé une 3e campagnes en février 2021. Et puis rien, quelques actus au compte goutte une à 2 par an. La dernière m’a tuée, en gros, ils disaient qu’il avait mis un seuil de financement bas, en pensant qu’il y aurait beaucoup plus de backers qu’il n’y a eu. Résultat, il y a eu moins de financement que prévu, donc ils ont des problèmes pour financer le jeu et plus le temps passe plus l’argent disparait dans les salaires et les frais. Une mauvaise gestion, une estimation fantaisiste, un seuil de financement très bas et voilà la clef qu’une catastrophe.

  • Bike

    Il y a quelque chose que je ne dois pas comprendre dans cet article, mais personnellement, j’ai reçu l’extension African Empires pour Monumental, qui est un excellent jeu d’ailleurs, il y a plusieurs mois de cela. Suis-je le seul chanceux??

    A part ça, même si c’est la première fois que je mets un commentaire, cela fait plusieurs années que je vous suis, et je tiens à vous féliciter pour l’excellence et la pertinence de vos articles, toujours très intéressants.

    • Bike

      Alors suite à une news de FunForge reçu ce début d’après-midi, on dirait qu’en effet je suis un des rares chanceux à avoir reçu le jeu.
      Je n’avais plus suivi ce dossier ayant le jeu en mains et j’ignorais tout du problème.

      • Ghostofhelm

        Bonjour tout le monde !
        De mon point de vue, la plus grosse erreur de Funforge a été d’être trop gentil. En effet, ils avaient évoqué un surcoût de frais d’expédition à cause du Covid. Et pour ne pas passer pour les méchants de l’histoire, ils ont préféré trouver une solution pour financer, de leur poche, ce surplus financier, au lieu de demander aux Backers un petit plus.

        C’est tout a leur honneur de ne pas demander de payer un supplément, mais quand on voit comment cette histoire est partie en sucette, ils auraient mieux fait de demander de payer des frais de ports supplémentaires. J’avoue que c’est une réflexion facile à avoir quand on voit comment est la situation aujourd’hui.

        Ce qui m’ennuie personnellement, c’est le manque de communication alarmant. Dernière actu en date : 23 novembre 2023 :/
        Même une petite info informant que c’est la merde, qu’il y a tel ou tel problème serait bienvenue. Non pas pour se fiche de la situation, mais de savoir ce qu’il en est précisément. La seule chose qu’on est en droit d’imaginer sans nouvelles, c’est qu’ils se soient tirés au Bahamas avec l’argent récolté.

        De mon côté, je suis toujours dans l’espoir de recevoir un jour ce jeu ; mais très incertaint de vouloir y jouer 🙁

    • supernono

      Je l’ai également reçu il y a quelques mois. Je n’avais plus trop suivi le cas mais il m’avait semblé à ce moment qu’ils avaient planifiés des livraisons par petite quantité mais sur un longue période.
      Je pensais pas que je faisais partie de la minorité l’ayant reçu (j’aurai dû jouer au loto…)

  • Cédric CLEMENTE

    Enfin, juste pour rappel quand-même : Au moment de choisir son engagement, la règle est sans équivoque.
    Citation :
    « Aucune garantie de livraison.
    Votre contribution représente votre engagement à soutenir un créateur ambitieux qui n’a pas encore réalisé son projet. Il existe un risque que malgré tous les efforts de Kickstarter, vous ne receviez pas votre récompense. Réfléchissez-y avant de vous engager. Kickstarter ne peut être tenue pour responsable des promesses du créateur ni de la livraison des récompenses. »

    Et, au cas où le backer n’aurait pas bien compris, à l’étape suivante (avant de prépayer) :
    « Aucune garantie de livraison.
    S’engager, c’est soutenir le créateur d’un projet créatif, peu importe le résultat. »

    Avec la case à cocher (donc acceptation par le backer) :
    « Je comprends que ni Kickstarter ni le créateur ne proposent de garantie de livraison ou de remboursement. »

    Perso, je serais super déçu de ne pas recevoir un de mes jeux pledgé, mais j’ai accepté les conditions (et les risques) quand j’ai validé mon engagement…

    • Chab

      Ce sont des annotations que peu de monde garde en tête.
      Beaucoup pensent en terme de précommande avec des dates de livraison précises.
      Des tonnes de commentaires de backeurs beuglant pour avoir leur jeu alors que l’éditeur n’a que 3 mois de retard et continue de communiquer.
      Perso, le retard moyen se situe entre 12 et 18 mois mais il y a toujours des exceptions, plus sur la mauvaise surprise que sur la bonne !

    • amnesix77

      Merci pour cet article bien trouvé.

      Le financement participatif va peut être retrouvé son sens initial : aider le jeune auteur qui n a pas les fonds a se lancer. D’ailleurs j’aurais bien cite Ulule comme alternative a KS.

      La non livraison fait partie des risques, on ne doit pas oublier que ce n’est pas de la préco. Je pardonne moins l absence d information de l éditeur qui rencontre cette difficulté, quand bien même il licencié sa directrice de la communication ca n explique pas une absence presque totale de news.

    • Chab

      Il reste aussi Cyber Odyssey avant Okko, dernière news datant d’octobre 2023 avec des infos sur les boîtes promos à envoyer aux influenceurs… Coup critique !
      Perso j’ai abandonné avec eux après Oni Hunters, très bon au demeurant, mais on sentait déjà de gros problèmes sur leurs projets de l’époque… Dommage car ils avaient fait de très bons jeux.

  • supernono

    Je trouve totalement déplorable le « review bombing », je ne pense pas que cela soit la solution, je pense même que cela va à l’encontre de ce que les backers aimeraient. En mettant une mauvaise note les personnes qui auraient envie d’acheter le jeu (et qui ne sont pas au courant de ce qui se passe sur KS) ne verront que la note (peu de chance qu’ils regardent les commentaires) et n’achèteront pas le jeu. Ce qui pour moi entraîne des entrées en moins pour FunForge et n’arrange pas la situation.

    Je comprends la colère (légitime) des backers j’en faisais partie mais il faut aider FunForge à livrer les jeux et après libre à eux de boycotter cet éditeur

    • MaRRocK

      Merci pour votre article complet !
      Je fais partie des backers de African Empires.

      Je peux comprendre les problèmes financiers, mais je ne peux pas accepter un manque de communication surtout quand on peut voir que le jeu est sorti en boutique… la rage que j’ai eu. Après, quand on participe à un ks il y a un risque mais de voir le jeu en boutique… je me répète mais j’ai trouvé la pratique abusée.

      C’est comme si vous pré-commandiez un jeu vidéo et que vous le recevez après la sortie officiel, 1 an après…

      Comme indiqué dans mon commentaire de l’actu d’aujourd’hui, ils auraient pu mettre la clé sous la porte avant et nous n’aurions pu jamais avoir notre exemplaire. Là nous avons une potentielle issue, je croise donc les doigts.
      Ça fait longtemps que je n’y crois plus donc ça ne peut être qu’une bonne nouvelle.

      Par contre je me suis refusé d’accaparer Charlotte, de mettre de mauvais commentaire ou d’aller les voir lors de festivales.

      Je leur souhaite tout le bonheur et toute la réussite possible, en espérant qu’ils arriveront à survivre.

  • wag

    Au final, c’est peut être pas le modèle Kickstarter qui est en cause mais plutôt celui de Funforge. C’est bien les difficultés financières de Funforge et son manque de communication qui enrage les backers.
    J’avais suivi le projet JDR conan, j’ai pas EU d’état d’âme sur les retards tant que la communication suit, en revanche, Funforge n’a jamais suivi le reste de la gamme faute d’avoir négocié les droits de traduction.

    • Paul

      C’est ce que j’allais dire, ce n’est pas le modèle Kickstarter qui est en cause, mais la mauvaise gestion du projet par l’équipeFunForge en l’occurrence…

  • Putzeys

    Merci pour cet article.

    Juste un rectificatif, ils ne communiquaient déjà plus, ne répondaient plus aux messages même quand Charlotte était encore là.

    Je pense pour ma part que ce manque de communication et ce mépris des gens en les laissant dans le vide est indigne et je pense que le secteur aurait tout à gagner à prendre des mesures pour faire un peu le ménage et surtout donner un signal fort en excluant, par exemple, des salons genre Cannes, les entreprises qui ne respectent pas leurs clients.

    Ça en ferait peut être réfléchir certains …

  • hjamois

    Bonjour, excusez moi mais je trouve que cet article est beaucoup trop clément pour Funforge… Je ne sais pas d’où vous tenez vos sources mais personnellement j’ai participé à cette 2e campagne KS et comme je suis tenace et très perspicace j’ai obtenu des informations au fur et à mesure du temps notamment par l’une de ces personne laissée sur le carreau (licencié(e) de chez funforge; le flou sur le genre est volontaire puisque j’ai juré que ce qui se disait resterait entre nous…)

    Tout d’abord, rappelons quelques fait :
    Funforge s’est dégoté un jeu de matthew Dunstan, auteur prolifique moyen dont on ne retient que quelques galettes (Elysium, la guilde des marchands, next station). FunForge, plutôt spécialisé dans le recyclage de vieux jeu réédités à prix d’or se sent de devenir une Prod ludique plus importante. Elle lance une première campagne à coup de slogan et de kilos de plastique vendu à prix d’or et remporte un premier succès sur KS.
    La première campagne devait révéler au monde ludique une bombe atomique : le premier vrai jeu de Civilisation, 4X, mêlant le meilleur des mécaniques de jeu pour ramener la durée à moins de 2h !
    La révolution annoncée n’a évidemment jamais eu lieu, le jeu est sympathique mais trop long, presque « balourd » et pas si profond… Et surtout, certains tours, où vos adversaires se mettent à combotter peuvent durer une éternité.

    Mais quelle joli pactole amassé… et les backers n’ont pas l’air de se plaindre du manque de travail fourni. La note sur BGG peine à dépasser 7 à l’époque mais les avis sont positifs et Chaps de Vin d’jeu fait une vidéo honorable qui donne envie. L’extension sortie en simultané, à la va vite, n’apporte absolument rien sauf d’autres nations, d’autres kilos de plastique, et quelques tuiles pour ceux qui souhaiterais jouer à 5, pourvu qu’ils disposent de presque 4h devant eux. (Attention, j’adore les jeux qui durent 4h, mais souvent ils dispensent une expérience ludique très supérieure)

    J’accélère mon récit: FunForge, gonflé d’orgueil s’enhardi et lance sa 2e campagne… A laquelle je participe même si le jeu ne m’avait pas conquis : Relisez cette annonce de campagne ! Ils promettent de revoir leur copie et d’inventer un « jeu en continu » pour raccourcir la durée des parties. Ils promettent de repenser tout le jeu notamment pour introduire la dimension « économique », complètement oubliée lors de la conception du jeu originel (pas malin pour un jeu de Civ = imaginez 7wonders sans cartes jaunes).
    Enfin bref, le jeu est beau, il fait envie, nous sommes en 2020 et il n’existe pas encore de jeu véritable jeu de CIV jouable en une durée raisonnable (encore une fois, 7wonders c’est super, mais Through the ages, Twilight, Civilisation c’est tellement mieux… mais tellement trop long!)

    Là je passe la main au témoignage que j’ai recueilli auquel on peu donner le crédit que l’on veut, mais je ne voit pas pourquoi on croirait plus FunForge qui depuis 4 ans nous ment lors des 58 Actus publiées.
    Vous avez vu « le loup de Wall Street »? Et bien ce fut apparemment l’ambiance des bureaux de Funforge pendant les mois qui ont suivit le financement… Une euphorie lors de laquelle l’équipe s’est « éclaté » avec les intérêts de l’argent des « bakers » placé en banque et en bourse. Je vous laisse vous faire votre propre image mentale de décadence d’un groupe de jeunes arrivistes qui touchent le jackpot.

    Autre chose, oui, il y a eu la crise, le covid puis la crise du papier, puis celle des transports, etc… D’ailleurs on compte par centaines les autres projets impactés. Les autres projet s’en sont sortis avec des surcouts certes mais ils s’en sont sorti. Pour FunForge, n’oublions d’abord pas la marge prévue lorsque l’on vend des tonnes de plastique à prix d’or. Ensuite leur problème c’est qu’ils se sont réveillé au bout d’un an et demi avec la gueule de bois en se disant « merde, on a pas commencé à travaillé! ». On a rien lancé, rien commandé, quelques visuels de la nouvelle extension tout au plus… Ils pensaient avoir tout le temps, et il comptait déjà se prendre 1 ou 2 ans supplémentaire comme c’était devenu la norme pour les KS.

    Au final, en 2021 (date de livraison) ils ont simplement relancé la reproduction de la boite de base (sans aucun changement malgré les défaut annoncés et la promesse de revoir leur copie). Et puis quelques exemplaires test de la nouvelle extension qui ont finalement été vendu en boutique pour éponger la dette. Car oui la dette a finalement dépassé le jackpot, qui lui, avait fondu comme glace au soleil.

    Voilà les infos que j’ai recueillies, moi. Et j’en ai un peu marre que l’on trouve des excuses à Funforge : dès le début ils étaient de roublard « tricheurs ». Ils ont depuis été avalés par asmodée c’est le mieux qui pouvait leur arriver. Et si vous me permettez, en tant que Backer, je me sent autant floué que volé et permettez moi de penser que même si je ne reçoit pas le jeu, je suis vraiment content que FunForge se soit cassé la gueule !

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